Yannick Monnet, député "Gauche Démocrate et Républicaine" de l'Allier | Politiques, à table !
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Générique --- --- Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politiques à Table. Dans notre formule du jour, on vous propose nos meilleurs reportages sur l'alimentation et l'agriculture. On a sélectionné pour vous des sujets bien frais, bien assaisonnés qu'on a la chance de partager avec Yannick Monnet.
Bonjour. -Bonjour. -Bonjour. -Bonjour. -Yannick Monnet, vous êtes né dans le chaudron de l'Allier Bourbonnet, dans la ville de Moulins, où vous habitez toujours.
Un Moulin qui brasse et répand depuis longtemps vos combats et convictions communistes. Diplômé en ingénierie sociale, vous avez d'abord enfilé le tablier d'éducateur spécialisé, avant d'intégrer et superviser une structure d'accueil pour réfugiés, le 21 avril 2002. L'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle sera pour vous le coup de fouet déterminant qui vous poussera à passer du militantisme au fourneau de la politique.
Conseiller municipal en 2008, puis conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes en 2021, vous devenez député Gauche Démocrate et Républicaine dans la première circonscription de l'Allier. En 2022, un mandat qui sera renouvelé après la dissolution de l'été 2024. Cordon bleu des affaires sociales, vous faites mijoter à l'Assemblée la défense des territoires ruraux, la protection des services publics jusqu'à proposer la constitutionnalisation de la Sécurité sociale.
Proximité, débat d'idées et pêche à la ligne que vous pratiquez peut-être au bord de la Seine, mais j'imagine surtout au bord de l'Allier. On parlera de tout cela aujourd'hui, voyons le menu du jour, Jean-Pierre. -Exactement, avec un pâté aux pommes de terre bourbonnais pour accompagner une portion de viande charolaise et en dessert, une simple semoule. -Dans Le dessous des plats, on vous emmènera faire les courses avec une maman solo qui a bien du mal à remplir son panier. -Dans Les pieds dans le plat, gros plan sur la cuisine coréenne en plein boom, célébrée par le Korean Food Week qui invite des chefs français à revisiter des plats coréens. -Je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec Cuisine et confidences.
Jingle -Ah Yannick Monnet, le débat sur le budget est arrivé jusqu'à la table de PàT. C'était inéluctable et prévisible. A force de répéter qu'il faut faire des économies à tous les étages, taxer les plus riches, vous étiez saisi par le doute.
Quel plat choisir en pleine période de disette sans se faire allumer ? Oui, la peur de la faute de goût, la hantise de la recette qui vous colle à la peau. Personne n'a oublié l'injuste affaire des crustacés et du champagne de François de Rugy.
Des homards qui l'ont tué alors qu'il est allergique aux fruits de mer. Votre chance à vous, c'est votre terroir. Quand on scrute les spécialités culinaires, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas bling bling.
On n'est jamais trop prudent. Vous avez écarté la truffade, son nom peut prêter à confusion. Que penser d'un député communiste qui a le culot en même temps de plaider pour la taxe Zucman et d'exiger une assiette remplie de truffes.
Sauf que la truffade ne contient pas de truffes. C'est juste un peu de tomes fraîches et surtout des pommes de terre. La voilà la bonne idée devant le mur de la dette.
Un pâté aux pommes de terre bourbonnais, le plat du pauvre par excellence. Et ce n'est pas le rab de viande. Réclamé au dernier moment, pour faire plaisir à votre boss viandard Fabien Roussel, qui va changer les choses.
Vous êtes en mode, on se serre la ceinture, donc menu zéro risque. C'est bien ça, Yannick Monnet ? -Oui, c'est bien ça.
Vous dire que la truffade, on peut le dire comme ça, mais ce n'est pas de chez nous. C'est pour ça que je ne l'ai pas choisie. C'est plutôt le sud de l'Auvergne.
Oui, mais... -Attention, parce qu'à un moment, on peut travailler un peu tout ça. -On dit souvent : "On est certes Auvergnat, mais on est surtout Bourbonnais." -Exactement.
Alors, pourquoi vous avez choisi ce plat ? Expliquez-nous, qu'est-ce que c'est que ce pâté bourbonnais, là ? -Ecoutez, c'est un plat de chez nous, qu'on mange, en entrée. -Géographiquement, c'est démonté comment ? -On a coutume de dire que la France, c'est le bourbonnais avec quelques terres autour. -Ils rient. -Bien joué ! -Et donc, c'est un plat que l'on mange régulièrement, soit en entrée, soit en légumes en accompagnement.
Et c'est un plat simple. Dans le Bourbonnais, comme beaucoup d'endroits... -Pas cher... -Je n'ai pas choisi pour ça, je peux vous dire qu'une bonne viande de charolais, ça goûte un peu cher.
Oui, mais ça a été rajouté par M. Roussel. -Ils rient. -Je vais tout de suite remercier le restaurant Le Bourbon qui nous a confectionné ce magnifique plat et notamment ce pâté de pommes de terre que vous allez goûter et nous dire aussi s'il est un peu comme chez vous.
Est-ce que vous savez le faire, vous ? -Alors moi, je suis un très gros mangeur, mais je suis un très mauvais cuisinier, donc je ne me hasarde pas à ce genre d'expérience, ce serait une catastrophe. Mais il y a des gens qui sont très bons pour ça, et j'honore à chaque fois leur travail et leur réussite.
Mais le pâté aux patates, c'est un plat simple. -Donc à votre portée, j'imagine. -Ah oui, non. -Quand on ne sait pas faire, on ne sait pas faire.
Un plat simple, une pâte brisée, par exemple. J'en suis incapable. Ah bah oui, vous êtes cuisinier. -Moi, je ne sais pas faire. -Non, je cuisine à mes heures perdues. -Je suis comme vous, je ne sais pas faire. -C'est pas très compliqué.
En général, à la maison, c'est ma compagne qui cuisine très bien. Et donc, moi, je suis manoeuvre. Donc, j'épluche les patates. -Commis. -Et puis, je mets les épluchures dans la poubelle.
Voilà. -C'est un plat sans viande, donc il y a le pâté de patate sans viande évidemment, mais vous avez rajouté ce steak-là de viande. Pourquoi ? -D'abord, il faut savoir que l'Allier est le deuxième département en nombre de vaches allaitantes.
Il y a une tradition de l'élevage, l'élevage bovin, du Charolais. Alors c'est Saône-et-Loire, c'est juste à côté, Charolles, c'est aussi le Bourbonnais et l'Allier. On est un gros producteur de viande.
C'est aussi pour ça que ça me paraissait important d'avoir un morceau de Charolais. Je voulais même vous en emmener un de chez nous, le fils de mon suppléant, est producteur de Charolais, qui fait de l'engraissement à la ferme. Mais au niveau sanitaire, c'était un peu compliqué. -Oui, j'imagine. -Mais le Charolais, c'est aussi une production très typique de notre département.
Très typique. Dans l'Allier, il y a 4 300 exploitations agricoles. Et principalement, c'est de l'élevage.
On est sur des exploitations environ de 110 hectares. Voilà. Mais c'est une marque de l'Allier et du Bourbonnais. -Ca reste quand même un plat un peu politique.
D'un côté, il y a ce pâté qui n'est pas très cher. Et vous faire plaisir. Ce n'est pas un reproche.
Vous voulez soutenir votre terroir. Vous soutenez vos éleveurs de viande au moment où on en mange moins en France, notamment la rouge. On en parle souvent ici. -On mange moins de viande, mais elle se vend mieux.
Aujourd'hui, les producteurs... -Surtout ceux qui font de la bonne viande. -...s'en sortent dans la période, pas trop mal, même s'il y a pas mal d'épidémies qui viennent contrarier leur production. -Justement, j'allais vous parler de ça.
Dans votre circonscription, les producteurs de viande vivent comment ? Bien ? Mal ?
Qu'est-ce qui se passe ? -Les producteurs de viande n'échappent pas à la règle. Dans l'Allier, depuis dix ans, on perd une centaine d'exploitations par an.
Donc ça veut dire qu'il y a plusieurs enjeux en matière agricole. Il y a la question de la capacité à vivre de son travail, qui est un vrai sujet. Il y a aussi la question de la transmission.
Maintenant, si vous avez le prix de la viande qui est intéressant pour les producteurs, ça veut dire que quand on veut transmettre, ça coûte plus cher puisque la bête coûte un peu plus cher. Et on a un vrai enjeu de transmission. dans quelques années, on aura la moitié des exploitations qui seront en retraite. -Que va-t-on faire ?
Qui va les reprendre ? La rentabilité n'entre pas en jeu, parce que, si c'est cher, mais si ça rapporte plus, les banques peuvent prêter plus. -Le problème de l'agriculture, c'est qu'elle est d'abord soumise aux aléas climatiques, aux épidémies, elle est aussi surtout soumise au commerce international, et quand on voit les accords, notamment le Mercosur, qui risque d'être validé alors que c'est un vrai souci...
Je suis quand même pour qu'on produise français tout ce que l'on peut produire français. Et aujourd'hui, on importe 30 % de la viande bovine. Donc, c'est un vrai sujet aussi.
Notre capacité à produire des produits qui sont de chez nous, mais surtout qui sont de qualité. Mais en matière d'agriculture, c'est aussi comment on répartit cette valeur. -La viande bovine importée n'est pas celle qui concurrence forcément celle de vos producteurs. -Ce n'est pas celle qui concurrence, mais elle est quand même présente.
Et on ne la produit pas en quantité suffisante. Donc ça, c'est un vrai...
Il y a un enjeu de renouvellement des exploitations agricoles. L'agriculture, ce n'est pas que la production de viande. C'est aussi l'aménagement du territoire.
Imaginez des campagnes sans agriculteurs. Ca serait catastrophique. Donc il y a tous ces enjeux-là qui entrent.
Je pense que le principal enjeu, c'est comment on se répartit cette valeur entre le producteur et le consommateur ? Il faut produire à des coûts qui permettent de rémunérer son travail, parce que ce n'est pas tout le temps le cas en matière agricole. Et il faut ensuite que ces produits soient vendus et accessibles. -On va y revenir, vous l'avez compris. -C'est faire en sorte qu'il y en ait qui ne s'engraissent pas au milieu. -On n'a pas bien eu la réponse.
Est-ce que les producteurs de viande dans votre département, vivent plutôt bien de leur terre ou de leur production ? -Aujourd'hui, je pense qu'ils s'en sortent. -C'est fragile. -Quand je dis qu'ils s'en sortent, ce ne sont pas des producteurs qui vont prendre des hélicoptères pour... -Ce ne sont pas les nouveaux riches.
Ils arrivent à vivre de leur travail parce qu'on est dans une période plutôt intéressante. Mais tout ça est très fragile. Mais quand vous avez de lourds emprunts sur des exploitations, le problème, c'est qu'il ne faut pas vivre bien que pendant trois ans.
Il faut vivre bien pendant 30 ans. Et l'agriculture, on voit bien les aléas qu'elle subit. -Je le disais dans votre portrait, vous habitez toujours Moulins.
Est-ce que vous avez un jardin ? Vous faites pousser vos légumes ? -Ah non, non. -Oui, un jardin, non, les légumes. -Non, mais j'habite en ville. -Surtout pas. -Non, non, je dis non.
Moi, j'en suis pas capable parce que j'ai pas cette connaissance-là. Et puis les légumes, il faut être souvent présent. -Bien sûr, c'est la suite de ma question.
Comment vous faites ? Comment vous faites vos courses ? On a- de nombreux maraîchers chez nous qui produisent de très bons légumes.
On a des marchés. On en a un à Moulins qui est présent le vendredi et le dimanche. Je fais mes courses au marché chez les producteurs locaux. -Vous privilégiez le local ou le bio ? -J'ai envie de dire : "Les deux, mon capitaine", parce que ce qui est local n'a pas forcément le label bio.
Parce que le bio, c'est un cahier des charges. Mais il y a des productions saines et bonnes où les producteurs ne requièrent pas le label bio. Moi, j'essaye de privilégier le local.
Et dans le local, il y a aussi du bio, tout simplement. Et on mange bien. Et je pense qu'on arrive aujourd'hui à avoir des prix accessibles.
Ca ne veut pas dire que tout le monde mange à sa faim. Parce qu'on sait que le panier, le budget dédié à la nourriture a considérablement baissé depuis quelques années. -Je vous sens gourmand, vous avez les yeux qui brillent quand vous parlez de l'alimentation, et de votre terroir.
Mais vous allez vous décider à passer dans les cuisines ? Ce n'est pas quelque chose que vous regrettez de ne pas savoir faire ? Ou vous êtes fataliste, je ne saurai jamais cuisiner ? -Je suis très admiratif.
J'aime bien la nourriture simple. J'aime aussi beaucoup les grands chefs. J'ai fait deux grands chefs étoilés.
Et à chaque fois, c'est un voyage. Et je suis tellement admiratif des gens qui savent bien faire les choses que je me dis, mais chacun son truc. Pour le dire sans prétention, j'essaye de bien faire de la politique.
Ceux qui savent cuisiner, qu'il fassent de la cuisine. Et chacun fait les choses. -On peut régaler ses copains sans faire un menu. -Mais moi, je ne sais pas faire, on en parle à chaque émission. -Quand ils mangent pas ce que vous avez fait... vous faites cuisiner quelqu'un d'autre. -Ca peut être compliqué.
Je le disais également, vous avez supervisé un centre pour réfugiés. Comment on fait pour s'approvisionner ? Comment on fait pour nourrir ces réfugiés ?
Et est-ce qu'on leur apprend aussi, je ne sais pas, la gastronomie française, de l'Allier ? Est-ce que ça fait partie de ce genre d'atelier ou pas du tout ? -C'était un centre où les gens étaient logés dans des appartements.
Ils avaient obtenu un statut de réfugiés, qui ont fui leur pays du fait de la guerre notamment, avec un statut de réfugiés politiques. Et donc mon travail, avec l'équipe que j'avais, consistait à travailler à leur intégration dans la société française. des Syriens, on a eu des personnes d'Afghanistan, du Soudan, bref.
Mais en fait, on n'a rien à leur apprendre. Ils ont une gastronomie tellement riche, ils arrivent à faire des choses, parce que bien sûr, quand on est responsable d'une structure et quand on travaille dans une structure comme ça, on est invité, on nous emmène des plats, et ils ont une gastronomie tellement riche, et tous les pays ont une gastronomie assez riche. Et ça, c'est assez extraordinaire.
On n'a pas besoin de leur apprendre quoi que ce soit. -Je rajouterais quelque chose. Arrêterez-moi si je me trompe, mais souvent, ces migrants, pour payer leur voyage, de pays en pays, ils ont un peu travaillé.
Et où il est le plus facile de travailler, c'est dans les cuisines. Donc ils apprennent. Regardez à Paris, il n'y a que des gens originaires du Bangladesh, de l'Inde, du Pakistan, de l'Afrique.
Ils ont déjà une culture intrinsèque de la cuisine. Et ils cuisinent...
Le mot n'est pas là, mais une formation continue dans leur long voyage vers nos pays. -Et à pas cher. -Cuisiner avec rien. -Avec rien, des plats tout à fait délicieux.
Avec une diversité, avec une richesse. -C'est chouette. C'est un vrai partage que vous avez. -Quand vous voyez des artistes, pour moi les cuisiniers sont artistes, vous les laissez pratiquer leur art et vous les regardez et goûtez. -C'est comme jouer au foot devant Messi, c'est un peu compliqué.
Dernière question, le menu politique. Roussel avait dit : "L'amour du bon vin, de la bonne viande et du bon fromage", il s'était fait laminer, tacler. Est-ce que vous trouvez qu'aujourd'hui la politique est trop présente dans la nourriture et on a l'impression que si on vous dit ce qu'on mange, on sait qui vous votez. -Non, moi, je pense qu'il a vu...
Vous connaissez le fonctionnement médiatique. Parfois, pour marquer les esprits, il faut produire quelques punchlines. Mais là où il avait raison, on avait eu un débat qui tendait à dénigrer certaines formes d'alimentation. -C'était ça. -J'aime beaucoup la viande.
Je n'autorise personne à m'expliquer qu'il ne faut pas en manger. Et je ne demande à personne d'en manger. -Et quand c'est votre copine Marine Tondelier ? -Mais même, ou d'autres élus avec qui je m'entends très bien, j'estime qu'on est dans un pays où on a une gastronomie qui est tellement riche... -Mais vous comprenez qu'on puisse défendre justement le fait de manger moins de viande pour des raisons écologiques, de santé, voire qu'on n'en mange plus aussi. -En fait, je ne le comprends pas vraiment parce qu'on fait croire que les gens mangent de la viande trois fois par jour.
Mais ce n'est pas vrai. Je suis un amateur de viande, je l'aime bien rouge, bien saignante, mais je n'en mange pas matin, midi et soir. Et même pas tous les jours.
Parce que naturellement, ce n'est pas qu'on se régule mais c'est qu'on a une telle diversité culinaire qu'on n'a pas besoin de manger de la viande tous les jours. Et j'aime bien le poisson, même si ça me...
Je suis quand même plus attiré par la viande. Et la viande rouge. Mais on n'est pas...
Voilà. Je pense que la vraie question, si on parle des questions de santé, c'est aussi notre capacité à faire une activité physique. Sur l'environnement, c'est les conditions de la production qu'il faut regarder.
Je veux dire, aujourd'hui, travaillons sur ces conditions de production plutôt que d'expliquer aux gens ce qu'il faut manger. Et ce qui est terrible, c'est que ça crée un clivage, une rupture dans notre société. C'est ce que Fabien avait voulu dénoncer, à raison.
Ne créons pas de clivage entre ceux qui mangent de la viande, ou pas, ceux qui mangent des graines...
Je suis contre personne et avec tout le monde. Je ne veux pas faire la Suisse, mais respectons les pratiques culinaires de chacun et essayons de nous attaquer aux vrais problèmes. -C'est la guerre à table aujourd'hui, on le voit ici. -Oui.
Allez, on va revenir à ce pâté de pommes de terre, et on peut même le faire chez soi, il suffit de suivre vos conseils. -Oui, c'est une chronique dédiée pour vous, celle-ci, trois choses à savoir. -Je prends des notes. -Et souvent, Valérie fait son...
Alors, le pâté, selon la légende rapportée, et ce n'est pas une blague, par la confrérie du pâté aux pommes de terre Bourbonnais, oui, il existe une confrérie, il serait né dans la campagne de l'Allier en 1789. Année marquée par la révolution et une exceptionnelle disette, donc qui dit disette, dit moyen du bord, donc dit patate. Une fermière ingénieuse a donc eu l'idée de faire une tourte avec sa pâte et des pommes de terre et un peu de crème pour que ce ne soit pas trop sec, cuit dans le four à pain communal, il y en avait toujours un au village, ça a donné ce plat du pauvre qui remplit bien l'estomac, devenu depuis une recette phare du Bourbonnais, une recette totem, comme on dit, servi le vendredi, jour de carême, et la tradition perdure aujourd'hui, paraît-il que dans votre région, les restaurants, le vendredi, font du pâté de pommes de terre Bourbonnais. -Plus le vendredi que les autres jours. -Alors ça, je ne sais pas. -C'est ce que j'ai lu. -Je pense pouvoir en manger tous les jours si je le veux. -Paraît-il que pour perpétuer cette tradition du carême, le vendredi... -Peut-être, je ne l'ai pas constaté. -Ce n'est pas compliqué à préparer.
Vous devriez faire un atelier tous les deux et vous en sortir. Prendre plutôt une pâte brisée, même si certaines recettes préconisent la feuilleté. Et celui qu'on mange est avec une pâte feuilletée.
Que vous gardiez cette pomme de terre à chair ferme coupée en très fines lamelles, avec une mandoline. Vous refermez avec la pâte en laissant un petit trou. Le petit trou, c'est important car c'est la cheminée.
Faire cuire au moins deux heures pour que les patates soient fondantes, confites. Et au dernier moment, verser la crème par le petit trou, par la cheminée. Et ça donne ça.
Et on peut dire chapeau au Bourbon, il n'est pas du Bourbonnais mais il est très bon. -Il est très très bon. -Palais Bourbon, cela dit. -C'est vrai. -Le Bourbon était obligé de bien faire.
Voilà Valérie, vous serez parée pour votre prochain dîner. -Promis, je vais essayer. Pour accompagner ce plat typique, vous nous avez apporté un vin tout aussi typique de chez vous.
C'est un Saint-Pourçain. Expliquez-nous pourquoi. Pourquoi ce vin ? -Sur ma circonscription, il y a le vignoble, le Saint-Pourcinois, qui est un des plus vieux vignobles de France, de l'époque gallo-romaine, et qui était un grand vignoble, puisque au XIXe siècle, c'est un vignoble qui faisait plus de 8 000 hectares.
Aujourd'hui, on a 600 hectares de vignes. Entre-temps, le chemin de fer est passé, aussi, le phylloxéra a considérablement réduit le vignoble. C'est un petit vignoble local, mais très dynamique, et qui fait du très bon vin.
Et donc j'ai pris du vin de l'Union des Vignerons, on a 60 viticulteurs sur ce vignoble, sur le Saint-Pourcinois. Et moi, en tant que député, ne voulant pas choisir entre un vin ou un autre, en général, je vais à la cave coopérative, à l'Union des Vignerons pour prendre le vin mais c'est vraiment un vignoble très dynamique et ils ont fait beaucoup d'efforts sur la qualité du vin, et pour avoir une démarche à haute valeur environnementale. -C'était ma question parce que vous l'avez évoqué en toute première partie, on parlait du réchauffement climatique et des conditions climatiques.
Est-ce que le terroir, il évolue chez vous et comment s'adaptent les vignerons ? -Il évolue. Surtout, ce qui est problématique, c'est les aléas climatiques.
Aujourd'hui, parce que la vigne est fragile. Et donc, quand vous avez des orages de grêle à répétition à des périodes de l'année un peu inattendues, ça abîme beaucoup le vin, les vignes. Et donc, c'est une production qui est très aléatoire.
Alors, c'est un petit vignoble. Je vous ai dit, 600 hectares. Le vignoble français, c'est 8 000 hectares.
Donc, ça reste un petit vignoble. Mais un petit vignoble qui se bat bien et qui fait du très bon produit. Je sais que Saint-Pourçain faisait il y a quelques années.
Quand je dis il y a quelques années, c'était il y a 20 ans. ...objet de moqueries comme beaucoup de la part des...
Les petits vignobles subissaient un peu la moquerie des gros vignobles. -D'accord. -Et c'est un vignoble qui a énormément progressé.
C'est un vin de table qui se tient très bien. -Qui a obtenu en 2009 l'Appellation d'Origine Contrôlée. -Tout à fait, il a eu l'AOC. -Voilà, donc ça, ça fait partie aussi des évolutions et une étiquette importante. -Mais bien sûr que c'est important.
Et vraiment, je suis très souvent en contact avec les producteurs, et les vignerons. Le sérieux du travail, j'ai envie de dire, c'est dans tout le monde agricole. Il y a une technicité, une connaissance et un sérieux qui fait qu'on a des produits qui sont d'une vraie qualité.
Et on n'a pas à rougir face à des Bordeaux ou à des Bourgogne. -Et vous parliez du Mercosur en introduction. Dis donc, là, vos vignobles, ils seraient bien contents de faire découvrir leur fabuleux vin en Amérique du Sud.
Ca pourrait être un marché considérable pour eux et un rayonnement aussi pour l'Allier, pour votre circonscription, et département. -Oui, enfin, le problème du Mercosur, il y a beaucoup de choses dedans. La vraie question, c'est la concurrence déloyale.
On ne peut pas demander à nos agriculteurs et vignerons de produire avec certaines contraintes. Que je ne renie pas. Je pense qu'il faut des règles, qu'il y ait des normes.
Il faut des normes... -Environnementales notamment. -Bien sûr.
Ce n'est pas anormal. D'ailleurs, ça protège la qualité des productions. Et faire des échanges avec des pays qui produisent n'importe comment. -Les vignerons dans l'Allier ne vous disent pas : "Le Mercosur pourrait nous aider." ?
Peut-être en sont-ils favorables. Parce que les normes sont là et on a envie de diffuser notre vin dans le monde entier. -Non.
Peut-être que si. Je dois en parler avec eux, d'ailleurs, de ça. Pour l'instant, quand même, il y a la concentration de produire de la qualité et de pouvoir le vendre dans de bonnes conditions. -Vous l'avez dit hors antenne, c'est pour l'apéro.
Mais là, on va en profiter maintenant. Qu'est-ce que c'est ? Cette couronne ? -Ca se mange sans faim. -Servez-vous, Jean-Pierre.
Qu'est-ce que c'est ? Expliquez-nous. -Ecoutez, c'est le plat bourbonnais. -D'accord.
Vous ne trouverez pas une seule cérémonie dans l'Allier qui n'a pas ce plat. -Mais qu'est-ce que c'est ? Comment ça s'appelle ? -Une pompe aux gratons.
C'est la simplicité absolue, même si ce n'est pas si simple que ça. Parce que j'ai demandé à des... -Ca, vous ne savez pas le faire. -Non !
Non, parce que d'abord, une pompe aux gratons c'est un mi-chemin entre une pâte briochée et une pâte à pain. C'est ni l'un ni l'autre, c'est un petit peu au milieu. -C'est pas une pâte levée. -Non.
Et on met des gratons. C'est quoi ? Avant, quand on tuait le cochon, on récupérait le lard blanc.
On le faisait un peu sécher. On laissait s'écouler le lard liquide. Et on le conservait dans des pots dans du gros sel.
Et quand on le sortait, il avait durci. On le coupait en petits cubes. On le faisait frire légèrement.
Et on met ça dans la pâte. -C'est délicieux. -Je suis content, c'est très nostalgique pour moi.
Je ne connais pas cette région. Je suis lyonnais. Et mon père prenait l'apéro au bistrot.
Il prenait des gratons. Et là, on ressent ce goût caractéristique. C'est du cholestérol concentré, le graton.
Ah bah si, c'est du gras frit. Les cardiologues qui arrivent à l'émission, ils tombent de leur chaise. -Mais les cardiologues bourbonnais mangent de la pompe aux gratons. -Vous faites attention à ce que vous mangez ?
Pas trop gras, trop salé, trop sucré, ça ne vous parle, ça ? -Non, je ne fais pas attention. Comme je fais la révision des 50... -Bientôt... -...peut-être que j'aurais eu tort.
Moi, personnellement, je ne fais pas attention. Je mange et je fais du sport pour pouvoir manger. J'aime le sport aussi. -Combien de kilomètres pour éliminer une pompe à gratons ?
Le problème, c'est qu'on ne peut pas courir pendant une semaine...
Mais non, non, ce qu'il faut, c'est avoir une activité physique. -C'est ce qui, pour vous, crée l'équilibre entre manger et se faire plaisir et sans altérer sa santé. -C'est ça. -Très bien.
Je vous propose de faire rissoler à feu doux nos neurones. C'est tout de suite avec les quiz. Jingle -L'Assemblée est devenue un chaudron, au langage fleuri, où les noms d'oiseaux, voire insultes fusent.
Il est loin le temps où l'on se traitait de "sale cornichon". A ce propos, c'est vraiment tiré par les cheveux, sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses, non pas à propos du chaudron, mais à propos du cornichon. Cornichon désigne donc un niais, un imbécile.
C'était le surnom qu'on donnait aux aspirants de l'ENA. -J'ai envie de dire oui. -Non, mais pas loin.
Aux aspirants de l'école de Saint-Cyr. Il est méchant. -Ils rient. -Le cornichon est un cousin de la citrouille. -Je crois que oui. -Oui, exactement.
Il fait partie de cette grande famille des cucurbitacées. Le cornichon français est connu dans le monde entier. Pourtant, 95 % des cornichons que nous consommons sont produits en Asie.
Est-ce vrai ou faux ? -Je dirais que c'est faux. -Mais non, c'est vrai, hélas.
Notamment d'Inde. Il reste encore des cornichons 100 % français, mais on les compte sur les doigts d'une main, comme ceux préparés par les maisons Marc et Albert Ménès, notamment. Donc si vous voyez ça dans les épiceries fines, vous savez que c'est du cornichon "Made in France".
Le cornichon préparé avec de l'aneth, consommé par la communauté juive de New York, s'appelle le "malossol". Un gros cornichon avec de l'aneth consommé par la communauté juive de New York... -C'est vrai. -C'est faux.
Il s'appelle le "kosher dills". On le trouve dans le hamburger et le malossol est un gros cornichon plus doux et plus gros de tradition slave que l'on mange notamment en Serbie ou en Russie ou en Hongrie. Voilà. -Très bien, pas mal.
On a appris plein de choses. Et pour accompagner le cornichon, quoi de mieux qu'une bonne terrine de sanglier. Il y a beaucoup de ces bêtes noires dans l'Allier.
C'est comme ça que les chasseurs appellent les sangliers. Vous chassez ? -Non.
Je n'ai jamais pris le temps de passer le permis de chasse. Par contre, je pêche. -OK, mais votre avis, votre regard sur la chasse ? -Ah je n'ai pas de problème, j'allais à la chasse avec mon père qui était un piètre chasseur, il tirait très mal, donc c'était plus pour se promener. -C'est dangereux, non ? -Non, il tirait très mal. -Il y a les bons chasseurs... -Il ne voyait pas trop le gibier, c'était ça son problème.
Mais non, j'ai absolument rien contre la chasse, c'est une activité de pleine nature. Après, ce qu'il faut, c'est cohabiter, tout simplement. -Vous n'avez pas peur quand vous faites une balade chez vous ? -Jamais. -Vous mettez un gilet jaune ? -Non, je mets un gilet jaune.
Mais très sincèrement, il y a des accidents de chasse, et ils sont terribles. Il faut faire en sorte qu'il n'y en ait pas. Mais moi, je n'ai jamais de crainte, parce qu'en général, c'est bien signalé. -Oui... -S'il y a une chasse en cours, je ne vais pas me promener exprès là où il y a la chasse.
Il y a tellement d'endroits où se promener. Je n'ai aucun problème avec la chasse. -Très bien. -Vraiment aucun problème. -Avant de chasser l'animal, saurez-vous nous dire si les prochaines affirmations sur le sanglier sont vraies ou fausses ?
Astérix avait vu juste, le sanglier à la broche était le plat préféré des Gaulois. C'est vrai ou c'est faux ? -J'en sais rien du tout.
A la broche, non, parce que chez nous, on ne le fait pas à la broche. -C'est faux, vous avez raison. Idée reçue.
A Assis-Romance, ancienne cité gauloise, on n'a retrouvé aucun reste culinaire de sanglier, donc ce n'était pas le plat préféré. Un sanglier mâle en France peut atteindre 500 kilos. -Oh non. -Vous avez raison.
Vous connaissez bien la bête. Non, c'est faux. C'est 200 kilos. -Un de 100 kilos, c'est déjà bien. -C'est ça.
C'est 200 kilos pour les gros spécimens. En Turquie, il peut peser jusqu'à 300 kilos. Mais enfin, c'est vraiment le max.
Le cochonglier est un croisement du sanglier et de la truie. -Non, c'est faux. C'est vrai ? -Non, c'est faux, vous avez raison. -C'est compliqué, là. -C'est du porc et de la laie, donc femelle du sanglier, et le sanglochon, en revanche, est l'hybride du sanglier et de la truie. -Vous ne saviez pas ça, vous, le chasseur ?
Vous tirez comme ça, n'importe où. -Je ne chasse pas, justement. C'est peut-être ça, mon problème. -Allez, la dernière.
La vrille désigne la queue du sanglier. Comment on appelle la queue du sanglier ? -Je ne sais pas, mais on va dire oui. -Oui, vous avez raison.
Un sans faute. Et contrairement à celle du taureau ou du boeuf, elle n'est pas très appréciée par les gastronomes. On ne mange pas la queue du sanglier.
Maintenant, on passe à la Brève de comptoir. Jingle Alors Yannick Monnet, pour cette émission, on vous a demandé de fouiller dans vos souvenirs pour nous raconter un moment à table où politique et gastronomie se sont retrouvés dans la même assiette. Et vous nous ramenez en 1981. -Oui. -Pourquoi ? -Mais parce qu'en fait...
Si je...
Vous savez, quand on vieillit, on a une mémoire qui est sélective. Et le plus vieux souvenir que j'aie de cette relation...
Alors, je ne me souviens pas ce que j'ai mangé ce jour-là. C'était le 10 mai 1981. Je me souviens qu'on était à table.
Et c'est mon plus vieux souvenir en politique : l'élection de François Mitterrand. Je suis une famille de communistes, ma grand-mère était peut-être plus socialiste. Bref, mais c'était la première fois que la gauche arrivait au pouvoir.
Et c'est la première fois, je me souviens, voir mes parents et ma grand-mère heureux devant cette émission de télé. En plus, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais quand le président apparaissait, ça avait un côté un peu anxiogène. -Ce n'est pas très sympa pour Valérie. -J'étais pas née, mais ce n'est pas grave. -J'ai bien fait de demander. -Moi, je m'en souviens très bien.
Malheureusement. -Vous avez cet écran où on voit une tête...
Ca faisait un peu... -Ca faisait un jeu vidéo Tetris parce qu'elle apparaissait.
A la dernière brique, on savait enfin qui c'était. -En plus, les deux candidats avaient un peu la même tête de loin. -Je parle au niveau capillaire.
Et du coup, ça faisait un peu bizarre. Enfant, je me souviens, c'était un peu angoissant, stressant. Et de voir cette explosion de joie autour d'un événement politique, c'était la première fois que je voyais ça.
Et moi, j'étais heureux. Parce que quand on est enfant, on mime la joie de ses parents. Et donc, ça, c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué.
On était à table un dimanche. Certainement qu'on devait manger du pâte aux patates. Et voilà, c'est le plus vieux souvenir que j'aie en politique, de ma relation à la politique.
Ce n'est pas ça qui a conditionné mon engagement. Mais en tout cas, ça m'a donné une image de la politique particulière qui crée de la joie et du bonheur. -Très bien.
On part maintenant en proche banlieue parisienne, dans les Hauts-de-Seine, pour suivre une maman qui a du mal à remplir son panier quand elle fait ses courses pour elle et ses deux enfants. On en parle maintenant dans le Dessous des plats. Jingle C'est une tendance qui a commencé pendant le Covid et la flambée des prix qui s'en est suivie.
Même si aujourd'hui, l'inflation s'est calmée, il n'empêche que de nombreux produits alimentaires restent encore trop chers pour bon nombre de foyers. Nous avons suivi Vanessa, maman de deux ados, pour qui bien manger avec des produits de qualité est devenu un véritable luxe qu'elle ne peut malheureusement pas se permettre. C'est un reportage de Maïté Frémont et Juliette Prunier. -Le mois d'octobre débute tout juste, mais déjà, pour certains, l'inquiétude du frigo vide.
A 51 ans, Vanessa est maman solo. -Il y a de la charcuterie que je trouve à des prix raisonnables, à deux euros, trois euros ici. Des nuggets, ça c'est pour mes enfants. -Deux ados à nourrir, alors son quotidien : vérifier encore et encore que rien ne manque. -Avant, j'allais au marché.
Et puis, je n'ai plus les moyens. Je n'achète plus ma viande fraîche au marché. Je vais pleurer. -Vanessa s'interdit de craquer, même si, depuis plusieurs années, elle se refuse de plus en plus de choses. -J'aimerais pouvoir m'acheter des légumes tous les jours parce que j'ai tendance à manger hyper équilibré.
J'ai de plus en plus de mal. Par exemple, les tomates cerises, elles sont à 99 centimes, mais ne viennent pas de France, elles viennent, je crois que c'est d'Espagne. J'aimerais faire vivre les agriculteurs français, oui, bien sûr que j'aimerais.
Bah... -Depuis qu'elle travaille, Vanessa a enchaîné plusieurs métiers, femme de ménage, cuisinière, et aujourd'hui, elle s'occupe de gestion de patrimoine et gagne 1 500 euros nets par mois. -Ca, c'est mon budget pour chaque mois.
Là, quand j'aurai tout payé, il me restera 494,25 euros sans course. Et ce week-end, j'ai fait 279,65 euros de courses. Voilà. -Reste donc un peu plus de 200 euros et nous ne sommes qu'au début du mois. -Quand vous comptez un loyer de 910,50 euros et encore, il va passer à 927,10 euros, sur 1 500 et quelques euros.
Ben voilà. Et en fait, c'est un engrenage. On fait très vite à toucher à l'économie, à la dépenser.
Et puis, après, on se retrouve dans un découvert et on essaie de remonter. Mais il y a toujours des imprévus, comme la machine à laver qui tombe en panne, ma cuisinière qui est cassée et ainsi de suite. En fait, ça s'enchaîne. -Vanessa réfléchit à prendre un deuxième travail, ne serait-ce que pour assurer l'avenir de ses enfants.
En attendant, c'est le système D. -Je cumule des points sur ma carte fidélité. Donc là, j'ai 75 euros.
Et ça servira pour...
Je m'en servirai pour acheter le repas de Noël. Comme ça, ça me fera des réductions. Je vais y arriver, je vais m'en sortir.
C'est obligé, je ne suis pas née pour galérer toute ma vie, ce n'est pas possible. -Dans une étude du Credoc publiée en juillet dernier, on apprend que 16 % de la population française vit une forme de précarité alimentaire. Pour vous, ce serait quoi la première mesure à mettre en place, là, tout de suite, maintenant, pour permettre à ces gens qui bossent de juste manger correctement ? -La première mesure, c'est de faire en sorte qu'ils puissent gagner leur vie et vivent de leur travail.
Soit de leur travail, ou s'ils sont empêchés de travailler, qu'il y ait un système qui leur permette de compenser leur manque de revenus. Mais c'est juste impensable que dans notre société, des gens ne puissent pas vivre dignement. On parle de la nourriture comme un élément plaisir, mais c'est aussi avant tout un besoin vital. -Bien sûr. -Et moi, je ne comprends pas cette société qui ne garantit pas à chacun le droit de vivre dignement. -Donc la première mesure pour vous, c'est d'augmenter, pour le dire vite, d'augmenter les salaires. -Les salaires, les pensions. -Oui. -Bien sûr. -Ce n'est pas aller voir les grands distributeurs, d'aller aussi voir certains agriculteurs, et de travailler sur toute la chaîne alimentaire. -Je suis pour qu'on travaille sur la répartition de cette valeur.
Je ne suis pas pour qu'on baisse les prix. Je suis pour qu'on les contrôle, qu'ils soient accessibles. Mais attention, plus on aura une politique de baisse des prix, importante, plus c'est le producteur derrière qui ne sera pas rémunéré à la hauteur de son travail.
Vous voyez ce que je veux dire ? Je suis pour que chacun, que ce soit l'agriculteur ou le consommateur, puisse vivre de son travail. -Je pensais aux grands distributeurs, qui se font des marges pas possibles. -C'est la répartition de la valeur.
Des gens, sans rien faire, se contentent de juste prendre un produit fait par d'autres et de le diffuser aux consommateurs s'enrichissent le plus. Cette répartition de la valeur...
Mon collègue André Chassaigne, avait travaillé une loi sur la répartition de cette valeur. Mais oui, ça, c'est fondamental. Mais...
Ce que dit la dame, elle a raison. Elle ne demande pas ce que ce soit moins cher. Elle demande, parce qu'elle dit : "J'aimerais faire vivre les agriculteurs de mon pays." Ce qu'elle demande, c'est de pouvoir acheter les produits de ces agriculteurs.
Et ce n'est pas possible qu'aujourd'hui, il y ait des gens qui soient mis sur le côté de la route, quelles que soient les raisons, et qui ne puissent pas vivre dignement. Vivre dignement, c'est pouvoir manger correctement à sa faim. Je regardais les chiffres, on a un nombre de jeunes très important qui sautent des repas, à peine un repas par jour. -Les étudiants. -Les gens qui sont sans activité ou privés d'emploi.
C'est juste pas possible. -Mais quand vous dites que c'est inacceptable pour notre société, la société française ou nos sociétés, parce que la France, on a l'impression que c'est, quand on vous écoute, un cas isolé. C'est pas pareil dans tous les autres pays ?
Citez-moi un pays où la précarité alimentaire n'existe pas. -Non, je suis d'accord avec vous. C'est pas que la France. -Aux Etats-Unis, le pouvoir d'achat, c'est monstrueux.
A New York, ils ont élu un maire socialiste pour essayer de faire diminuer le prix de la vie parce que les oeufs, c'est du caviar à New York. Et l'Espagne, l'Italie, il y a aussi... -Mais quand on vit dans un système... on peut faire un peu de politique, mais le système capitaliste qui met comme principale valeur la question de l'argent.
C'est ça qui pose problème. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun...
On le voit dans les débats budgétaires. On l'a vu avec le débat sur la taxe Zucman. Regardez comme c'est difficile de faire admettre qu'il y a une nécessité de répartir les richesses.
Que c'est pas possible. On produit plus de richesses aujourd'hui qu'il y a 20 ans. Et pourtant les inégalités explosent.
C'est 10 à 12 millions de personnes pauvres en France aujourd'hui. La question c'est comment on répartit ces richesses produites. Et je peux vous dire qu'il y a du boulot. -Dans les régimes communistes, l'accroissement entre les riches et les pauvres, s'agrandit encore plus vite.
En Chine, au Vietnam. -Vous avez raison, mais moi je ne suis pas un défenseur des pays chinois ou des anciens pays communistes. Moi, je me sens l'héritier du parti de la Résistance.
Le Parti communiste français c'est le parti de la Résistance. Et celui qui s'est le plus battu contre les inégalités. Donc...
Tout système totalitaire est bien évidemment néfaste et à combattre. Aucun problème. Mais la question centrale aujourd'hui, c'est comment on accepte-t-on de répartir ces richesses ?
Et ça, ça ne passera que par la volonté politique, de mobilisation populaire, mais c'est compliqué. On a un dicton : "Ventre vide n'a pas d'oreille". N'attendons pas que ceux qui souffrent le plus soient les premiers à se mobiliser car c'est plus facile quand on est bien portant que quand on est en difficulté.
Mais en tout cas il y a ce débat de fond qu'il faut continuer à porter et qu'on essaye de porter. J'essaye de porter à travers la Sécurité sociale. Comment on se répartit équitablement les richesses ? -Justement, vous parlez de la Sécurité sociale, vous avez un collègue, Charles Fournier, au groupe écologiste, qui avait pensé à la carte vitale alimentaire.
Vous avez suivi ce dossier ? Dites-moi. -J'ai suivi un peu ce dossier.
Moi, sécurité sociale alimentaire, c'est ça un peu le sujet. -Exactement. -Je suis sceptique. -Pourquoi ? -Parce que...
Le principe de la Sécurité sociale, si on reprend ses fondements, c'est qu'aujourd'hui on capte une partie de la valeur ajoutée, de la richesse produite par le travail, on la capte et en fait un système de solidarité qui permet de protéger les gens qui produisent cette richesse. -Absolument. -C'est ça la Sécurité sociale.
Je n'arrive pas et je pense que dans la question de la sécurité alimentaire, sur la question de l'alimentation, du coup je crains que l'on écarte ceux qui produisent l'alimentation. Je me méfie toujours de ces systèmes un peu slogans. Fondamentalement, il faut que les gens aient les moyens d'acheter des produits de qualité.
Et donc, on a les moyens d'acheter des produits de qualité par son travail ou par un système qui compense le fait que vous ne pouvez travailler. Mais voilà. Donc moi, je...
Sécurité sociale alimentaire, je... -Oui, vous n'étiez pas forcément fermement défenseur du principe. -Non, parce que je pense qu'on doit se battre sur la Sécurité sociale.
Et ensuite, sur la question de l'alimentation, élément important, oui, il faut se battre. Des producteurs jusqu'aux consommateurs. -Donc vous dites, il faut passer par autre chose, très bien, le chèque alimentaire ?
Est-ce que c'est une bonne solution ? -Moi, je considère qu'il n'y a aucune mauvaise solution dès lors qu'elles permettent de soulager les gens. Mais la question, ce n'est pas d'en faire un système pérenne qui va régler le problème.
J'ai été éducateur de rue, j'ai moi-même sollicité les travailleurs sociaux ou les assistantes sociales pour essayer d'obtenir des chèques alimentaires, des bons repas, etc. Mais là, on est dans un système quasi de charité. Ce qu'il faut changer, c'est qu'aujourd'hui, on doit pouvoir vivre dignement de son travail.
C'est ça l'enjeu. Oui, je ne vais jamais être contre le fait que des gens bénéficient d'un ticket restaurant, puisque c'est un peu le débat actuellement, mais ce n'est pas l'enjeu de fond. L'enjeu, ce n'est pas que tout le monde ait des chèques alimentaires.
Je ne pense pas. L'enjeu, c'est que tous puissent se payer à manger correctement. -Et pour ça, comment on fait pour redistribuer mieux la valeur ?
Qu'est-ce que demain, vous pouvez défendre dans l'hémicycle ? -On n'arrête pas de défendre des propositions. Par exemple, quand on décide de taxer les revenus du capital pour essayer d'alimenter la Sécurité sociale, quand on décide de taxer les dividendes versés aux actionnaires, je disais ce matin, c'est 98 milliards versés aux actionnaires.
Et on ne va pas leur demander...
Les dividendes, c'est typiquement le type de création de richesse qui correspond à celle du travail. -Comme ça, c'est pour remplir les caisses de l'Etat. -Mais pas du tout.
Si demain...
Vous savez pourquoi la Sécurité sociale a été créée ? C'était aussi pour protéger le monde du travail et faire en sorte que le monde du travail soit productif. Et pour qu'il soit productif, il faut qu'il soit protégé.
Et pour le protéger, il fallait mettre en place un système qui lui garantisse que demain, il aura un salaire qui lui permettra de vivre dignement et correctement. S'il est malade, il aura un revenu de substitution. Demain, s'il est en retraite, il aura contribué à créer...
Ca sert à ça, la Sécu. Voilà. La bataille qu'on doit mener aujourd'hui, c'est comment est-ce qu'on alimente cette solidarité, et puis après, moi, je suis, par exemple, tout à fait favorable à des mesures qui augmentent les salaires et réduisent les dividendes des actionnaires dans le partage de cette richesse.
Ca, c'est évident. -On avance. Si l'accès à l'alimentation reste un défi majeur pour des millions de personnes, la gastronomie est aussi un vecteur de culture et de partage.
C'est dans cet esprit qu'une fois par an, la France construit un pont entre la région parisienne et Séoul. Et on met tout de suite Les pieds dans le plat. Jingle -Après deux éditions réussies, Valérie, la K-food Week a fait son retour en octobre pour célébrer partout en France, peut-être même en Allier, la cuisine coréenne de plus en plus appréciée.
En région parisienne, treize restaurants ont participé à l'événement en intégrant des plats coréens histoire de les faire cohabiter avec le savoir-faire et des produits français. C'est le cas du restaurant La Cave, à Montreuil. C'est un reportage de Alicia Rogge et de Sophie Régis. -Dans la cuisine du chef Jim, aujourd'hui, des parfums venus d'ailleurs. -Là, on commence à avoir l'odeur de sésame. -Pas de blanquette au menu, place à la Corée, avec des sèches sautées au kimchi, un chou fermenté pimenté et cette profiterole pas comme les autres. -En prenant un dessert typiquement français, la profiterole, et l'idée c'était de l'imaginer avec des twists coréens, donc des produits coréens, des goûts coréens.
Là j'ai fait un petit gel de ginseng. C'est un goût qui se rapproche un peu de la cannelle, c'est un peu fumé. Ca c'est la pâte d'haricot rouge.
On vient en mettre un petit peu dans le fond. -Dans ce dessert, pas de glace à la vanille, mais au sésame noir et un ingrédient secret. -C'est la curiosité, c'est les voyages.
Et après, en allant dans des restaurants, dans d'autres restaurants, en regardant aussi ce qui se fait, les tendances. -Pour accompagner la sèche sautée, un riz noir asiatique. Et en entrée, un bouillon, là encore, 100 % coréen. -Je m'attendais à ce que ça soit un petit peu plus épicé avec le piment qu'on peut voir au-dessus.
Mais pas trop, c'est très bien aussi. -Le mélange et tout, c'est bien maîtrisé. Et les sèches ne sont pas du tout caoutchouteuses. -Surprendre les clients, cette semaine, est aussi un challenge pour toute l'équipe. -L'idée, c'était de la mettre en valeur, de faire travailler les équipes sur des nouveaux projets, des nouvelles saveurs, techniques.
Par contre, c'est un peu plus délicat. Tout le monde n'en fait pas, donc il faut aller chercher au bon endroit. -Avec des produits de plus en plus variés.
En bouillon, en épices ou même en glace, l'offre explose. Deux Français sur trois consomment de la cuisine asiatique au moins une fois par mois. -Alors, la question est abrupte.
Vous avez déjà fréquenté un restaurant coréen ? -Coréen, non, je ne pense pas. -Non, parce que, la cuisine asiatique, on la connaît.
La cuisine coréenne commence à émerger. Maintenant, elle est en plein boom. Donc, vous la découvrez.
Si je vous demande de me citer un plat coréen... un plat chinois, vous savez Un plat vietnamien, un plat coréen, vous n'êtes pas capable. -Un plat coréen, non. -Le bibimbap ?
C'est du riz avec un oeuf, un peu comme le... -C'est parce qu'on vit à Paris qu'on en voit quelques-uns. -Est-ce qu'au-delà du pâté bourbonnais, vous êtes intéressé, et vous avez une curiosité vous êtes très gourmand, par l'exotisme et ses cuisines étrangères ? -Oui, vraiment, moi j'aime toutes les cuisines et dès que j'ai l'occasion... -Vous avez une soif de découvrir, vous êtes audacieux ? -Je suis gourmand, plus qu'audacieux.
Et donc ma gourmandise me met n'importe où, où ça me paraît bon. -Mais une salade de méduse, vous prendriez ? -Bien sûr. -Il y a des restaurants asiatiques dans l'Allier ? -Oui, on a une communauté vietnamienne assez importante, sur ma circonscription où il y a un très bon restaurant, "Le Petit d'Asie". -Super, on les salue. -Bien évidemment.
Mais coréens spécifiquement, ça a l'air particulier. -Ca fait partie un peu du soft power coréen puisqu'ils organisent, derrière le K-food Week, ce sont l'industrie agroalimentaire coréenne qui est derrière. Et effectivement aujourd'hui, dans Paris, il y a beaucoup de restos coréens qui ouvrent et qui étaient maltraités ou sous-estimés par rapport aux hégémoniques restos thaïlandais, chinois et vietnamiens.
Dans toute cette constellation de cuisine asiatique, qu'est-ce que vous préférez ? Quels sont vos plats fétiches ? -Moi, j'en ai pas.
Moi, j'aime bien tout. J'aime bien tout ce qui est laqué, tout ce qui est frit. Vous allez me dire, c'est toujours un peu... j'aime bien les choses consistantes, effectivement.
Mais même toutes les poêlées de légumes. -Ca, c'est plus léger au wok. -C'est un peu plus léger au wok.
Mais vraiment, j'ai pas de...
Il y a quelques aliments que je n'aime pas et je me force parce que ça m'agace de ne pas aimer quelque chose. -Lesquels ? -Par exemple, le foie. -Le foie, c'est dur. -Le foie, les rognons. -Ah si, j'aime la cervelle, j'aime les gésiers.
Foie, coeur, rognons...
Et je me force, j'essaye, mais à chaque fois, il y a un goût qui me... -C'est dur. -C'est terrible.
J'ai réussi à accepter les olives. -Ah bon ? -J'aimais pas trop au départ les olives.
Si, dans le cake aux olives cuit...
Et ça m'énervait de ne pas aimer. Je me suis forcé et maintenant j'aime ça. -Moi, pardon, mais cuisine asiatique, ça me fait penser aux épices.
Pas toujours, mais quand même. Est-ce que manger épicé, ça vous pose un problème ou pas ? -Ah oui, j'aime beaucoup. -Je pensais que quand vous aviez dit, j'aime pas certains aliments, j'ai pensé aux épices.
Ca ne vous dérange pas de manger très épicé ? -Sans aucun problème. -Alors attention, moi, je mets toujours mon petit grain de sel.
Epicé, ça peut être de la cannelle et de la noix de muscade, et du coup, c'est pas fort. Pimenté, c'est très fort. Est-ce que vous aimez aussi le piment ? -J'aime le piment aussi, mais il faut que je fasse attention, car des fois, je goûte avant de réfléchir, donc ça peut être dangereux.
Mais chez nous, dans l'Allier, sur ma circonscription, il y a une moutarde très connue, la moutarde de Charroux. -Oui, bien sûr. -Des graines de moutarde.
C'est sur ma circonscription. -Elle est forte ? -Oh non, pas forcément. -Non, mais en tout cas... -C'est relevé.
Moi, les plats relevés, j'aime bien, bien sûr. -Testons le soft power coréen. Le petit restaurant vietnamien dans l'Allier, vous donne-t-il envie d'aller au Vietnam ? -Non, je ne suis pas un grand voyageur.
J'ai voyagé. -La cuisine vietnamienne, chez moi, je veux bien mais... -Je trouve que la cuisine ne me donne pas envie d'aller dans le pays concerné.
Pas nécessairement. -Les Français sont comme ça. Ils vont dans des pays à l'autre bout du monde pour aller manger. -Ah ouais, non, sinon on n'irait jamais aux Etats-Unis.
Non, franchement, non. Par contre, ça fait voyager parce que ça nous fait découvrir des saveurs, des senteurs qui sont très différentes. Mais ça ne me donne pas forcément envie d'aller dans le pays.
Non, je suis bien dans l'Allier. -Vous avez raison. Comme on ne finit jamais un repas sans une note sucrée, c'est l'heure du Péché mignon.
Jingle -C'est le temps du sucré. Je suis interdit devant ce dessert. Sans chichi, c'est le moins qu'on puisse dire.
Parce qu'au début, German, notre réélecteur en chef, m'a dit que M. Monet veut de la semoule. Comment ?
On ne savait pas bien. Donc là, il y a juste un peu de lait. C'est vraiment un dessert monacal.
Il n'y a que du lait et de la semoule. -Je vous promets qu'il n'y a aucune stratégie de communication autour de mes choix. -Loin de moi l'idée.
En fait, c'est simple. C'est ce que ma grand-mère me faisait quand j'étais petit. Souvent, c'était à 16 h 00.
On mangeait tôt. -C'est un petit goûter. -Et c'était mon goûter.
Elle faisait cuire de la semoule. Ma grand-mère cuisinait beaucoup. Elle avait fait ce qu'on appelait, je crois, l'école ménagère.
C'était une femme de domaine. Et donc, elle cuisinait beaucoup. Et mes deux grand-mères cuisinaient très bien, d'ailleurs.
Et elles me faisaient ça à 16 h 00. Et c'est toujours resté mon moment de plaisir. C'est simple, mais c'est efficace. -C'est délicieux. -Oui, c'est simple, mais efficace.
Je me suis un peu moqué, mais j'adore. -C'est vrai que c'est très bon. -Il a dû mettre peut-être un peu de cannelle. -Ou un peu de vanille. -Voilà, c'est délicieux.
Et oui, c'est tout bête. -Et rapport à votre parcours et au centre de réfugiés, ça m'a fait aussi penser aux desserts orientaux. Il y a un peu de ça aussi ?
Est-ce que c'est des desserts que vous aimez bien ? -Oui, j'aime bien. Régulièrement, pour l'Aïd El Kébir, je suis invité et il y a des repas qui sont extraordinaires et des desserts qui sont magnifiques.
Pour le coup, c'est tellement sucré qu'il faut faire attention. Quand on est gourmand, il faut faire attention. On peut finir aveugle avant d'avoir fini son plat.
Toutes les nourritures de tous les pays, il y a vraiment des choses extraordinaires. -Et les desserts, ma question c'est, est-ce que vous avez le bec sucré ? -Non, je suis plus, objectivement, je suis plus salé que sucré. -Vous pouvez ne pas terminer un repas par un dessert, c'est pas grave ? -Oui, si j'ai un bout de fromage ou que le morceau de viande était suffisamment consistant, ouais.
J'aime les desserts, quand on est gourmand, on aime le sucré et le salé. Mais j'ai une grosse préférence pour le salé. -Ah ouais ? -Mais votre grand-mère ne faisait pas que de la semoule, mais d'autres desserts ? -Elle cuisinait de façon extraordinaire. -Vous n'avez pas d'autres idées qui vous... -Elle réussissait à merveille le pâté à la viande. -Non, mais je parle de dessert.
Le bec salé. Non, vous n'avez pas dû coller du pâté de pommes de terre en dessert. Non, on dit non ici. -Ah, non, non, non. -Ah, pas la viande.
Ah, non, non. Elle faisait un pâté à la viande connu internationalement. -D'accord.
Très bien. -Mais c'est pas un dessert. -Dans une pâte avec la petite cheminée, une viande marinée plusieurs jours. -Je parlais de dessert. -Mon autre de grand-mère faisait des roulés à la confiture. -C'est chouette. -C'est ce que je me souviens.
Je me souviens moins des desserts que des plats de résistance. -On termine en musique avec quelques notes du groupe Les Vipères. Guitare électrique Batterie Musique --- Alors, c'est ce qu'on appelle du rockabilly, je crois.
Ce groupe vient de chez vous ? -C'est un groupe qui vient de chez moi. Et le créateur de ce groupe, Thomas Ferrandon, je le considère comme mon frère.
J'ai été élevé avec lui, c'est le fils de mon beau-père. C'est un très bon guitariste, pour moi, mais comme je considère tous les cuisines comme des bons cuisines. Et donc, c'est un groupe local.
Des gens qui jouent bénévolement, dans les bars, dans les petites salles. Je suis aussi très admiratif des gens qui ont cette capacité artistique à produire, que ce soit l'art culinaire, que ce soit la musique, que ce soit...
Tout un tas de produits artistiques. -Donc l'idée était de leur faire un clin d'oeil parce que vous connaissez le guitariste et qu'en plus, ils viennent de chez vous. Ca, j'avais vu un petit peu.
On peut trouver des choses sur le groupe Les Vipères. On peut même aller les voir, je crois. -Bien sûr. -Ils ont pas de tournées mondiales, je ne crois pas. -Pas encore, mais ça peut venir très vite.
C'est des gens qui ont...
Lui, il travaille aux impôts. Ils ont deux chanteuses, qui sont institutrices. Le batteur travaille à La Poste. -C'est le partage, quoi. -Oui, c'est des gens qui nous donnent du plaisir sur une passion qu'ils ont.
Et on écoute la musique. Je suis un amateur de musique. On a des choses de qualité partout, y compris sur nos territoires.
Au niveau culinaire, artistique, au niveau musical. De la peinture...
Il y a plein de choses partout. Et donc, je sais que quand on est à l'Assemblée nationale, je ne veux pas faire de démagogie, mais...
Il y a une espèce de parisianisme. On pense que tout ce qui n'est pas à Paris n'existe pas. Eh bien non. -Eh bien non, puis on est là pour en parler grâce à vous aujourd'hui.
Merci infiniment Yannick Monnet. Merci Jean-Pierre. Et puis on se retrouve très vite pour un prochain numéro de Politiques à Table. ---
Yannick Monnet