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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 26 juin 2025 20 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

RETAILLEAU, PECRESSE ET « LES HOMOSEXUELS DE DROITE » : LEUR PLAN POUR SABOTER LA PRIDE (LE RECAP)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:52PrésentateurFait
    « « Femme voilée, homme blanc martyrisé et caricaturé en fachos, soutien à la Palestine alors que les homos, bi et trans y sont massacrés ». »
  • 7:56PrésentateurChiffre
    « « Au total, c'est une perte sèche de 50 000 euros pour le collectif organisateur. » »
  • 9:51Clara PrivéFait
    « « Cette décision ouvre la porte pour s'en prendre à des associations plus petites qui dépendent des subventions. » »
  • 14:48Locuteur non identifiéFait
    « « En Russie, en novembre 2023, la Cour suprême a classé le mouvement LGBT parmi les organisations extrémistes, criminalisant tout engagement en sa faveur. » »
  • 15:05Locuteur non identifiéFait
    « « En Hongrie, la police a tout bonnement interdit la Pride de Budapest cette année. » »
  • 17:22Locuteur non identifiéChiffre
    « « Le témoignage mensonger fait sous serment est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. » »
  • 18:11Locuteur non identifiéChiffre
    « « Les hommes perçus comme Noirs ou Arabes ont 20 fois plus de risques d'être contrôlés par la police française. » »
  • 18:48Locuteur non identifiéChiffre
    « « Les membres de l'Alliance Atlantique se sont engagés à consacrer 5% de leur PIB à des dépenses et à la défense d'ici 2035. » »

Temps de parole

  • Présentateur65 %
  • Locuteur non identifié14 %
  • Présentateur 29 %
  • Invité7 %
  • Invité 24 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, Le Média TV et Le Média 24-7, et d'activer la cloche. Bonjour à toutes et à tous, ravie de vous retrouver sur Le Média pour le récap. Du lundi au jeudi, on revient sur un sujet sans filtre et sans langue de bois. Avant de commencer, un message important, nous avons besoin de vous. Le Média a lancé Ripost, une campagne de financement citoyen, pour nous permettre de continuer à vous proposer une information libre, indépendante et populaire.

Dans un contexte où des fortunes privées comme celle de Pierre-Edouard Sterrin cherchent à influencer l'opinion à coût de millions d'euros, nous devons nous organiser collectivement. Alors aidez-nous à riposter, parlez-en autour de vous, et soutenez-nous si vous le pouvez, rendez-vous sur campagne.lemédiatv.fr. Et maintenant, place à l'épisode 60 du récap, c'est parti ! Le mois de juin est traditionnellement un mois de célébration, de visibilisation et de défense des droits LGBT+, dans le monde. On l'appelle le mois des fiertés. Mais cette année, sous les paillettes, la fierté se heurte à un climat social et politique plutôt nauséabond.

L'offensive réactionnaire cible particulièrement la pride parisienne. Plus que jamais, la lutte est nécessaire. En France, quand les communautés LGBT+, investissent la rue, avec leurs chars colorés, leur musique entraînante et des tenues flamboyantes, tout va bien. Rappelons que c'est déjà une victoire, parce qu'à l'heure de ce qui s'apparente aux premières pride en France, dans les années 70, les participants risquaient encore la prison. La dépénalisation de l'homosexualité ne date que de 1982, avec l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Désormais, les marches des fiertés sont vues comme festives, presque folkloriques.

Alors la panique morale est relativement sous contrôle, mais quand les organisations LGBT+, ont le malheur de remettre un peu de politique dans tout ça, quand elle signifie un peu trop fort que l'intersectionnalité et la convergence des luttes sociales sont indispensables, alors là, ça déraille. C'est exactement ce qu'il s'est passé à Paris cette année, et ça a commencé avec une simple affiche pour annoncer la marche de ce week-end, le 28 juin. Cette année, le mot d'ordre de la mobilisation, c'est la lutte contre l'international réactionnaire. De quoi mettre Routel Kriyev dans tous ses états sur LCI ?

2:19
Invité

Trop, c'est trop. Moi, je pense que les militants d'extrême-gauche intersectionnelle sont arrivés un peu au bout de leur logique, au maximum de leur contradiction, et ça suscite, heureusement, de nombreuses réactions. Alors, on va parler de cette affiche, celle qui choque, là voilà. Je vais vous la montrer, mais vous la voyez juste à côté. C'est l'affiche qui appelle, comme chaque année, à la Marche des Fiertés, à la Gay Pride. Un rendez-vous joyeux, revendicatif, pour les droits des LGBT+. Cette marche, elle existe depuis plusieurs années, jusqu'à présent, elle ne se trompait pas d'objectif. Mais cette affiche, regardez-la.

Elle montre tout en haut une femme voilée brandissant le slogan « Contre l'international réactionnaire ». Elle montre une femme aux lunettes portant sur sa veste des pins, symbolisant les gilets jaunes, les combats féministes, la retraite à 60 ans, et un sac qui a rappelé à certains, mais on y reviendra, le drapeau palestinien. Et puis, enfin et surtout, on voit un homme pendu par une cravate. Et ce dernier, vous allez voir, vous avez vu la couleur qu'il a ? Blanche. Et son corps est tatoué d'une croix celtique, symbole de l'ultra-droite. Apologie de la violence, symbole hors de propos.

Le pot pourri qui a été publié en une de l'humanité hier a immédiatement suscité l'écœurement d'un certain nombre de personnes. Et devinez qui sont ces personnes qui ont réagi très vite ?

3:41
Présentateur

Je vous le donne en mille. Jean-Philippe Tanguy, Julien Audoule et Sébastien Chenu du Rassemblement National. Qui d'autre ? Tanguy nous a pondu un tweet aussi mensonger que caricatural, où il écrit « Femme voilée, homme blanc martyrisé et caricaturé en fachos, soutien à la Palestine alors que les homos, bi et trans y sont massacrés ». Voilà les marqueurs d'extrémistes qui se moquent des violences bien réelles que subissent les homos en France, comme tant d'autres Français. Alors c'est le pot pourri des obsessions du RN ce tweet, à la fin on n'y comprend plus rien.

Pourtant ça ressemble étrangement à un élément de langage, puisqu'on le retrouve la même formule sur d'autres communications du RN. Notamment chez Sébastien Chenu, en éternelle nostalgie, qu'il noie tout ça dans un flot de bavardage inutile. Il se remémore, je cite, « Un temps pas si lointain où la marche des fiertés était un moment de gaieté, tantôt populaire, tantôt gentiment snob ». Bref, vous connaissez la chanson « C'était mieux avant ». Et il ajoute, comme tout ce que touche l'extrême gauche, c'est désormais un cloaque de gens aigris qui détestent tout le monde, y compris, voire surtout, tous ceux qui aiment la France.

Alors c'est audacieux quand on vient d'un parti historiquement homophobe et dont les alliés européens font reculer drastiquement les droits LGBT+. La seule personne détestée sur cette affiche est celle qui porte une croix celtique dans le cou, un symbole nazi par ailleurs, et ça, ça ne changera jamais. Alors on écoute Yanis Rames, porte-parole de la Pride des banlieues, qui a été reçue sur le plateau de la contre-matinale du Média, dispo sur la chaîne YouTube Le Média 24-7. Il a réagi à la polémique. Alors nous, on a des critiques à adresser à l'intérieur LGBT, mais pour autant, cette année, et c'est tout à leur honneur, ils marchaient contre quoi ?

Ils marchaient contre la fascisation de la société. Et la réaction et la panique morale autour de cette affiche, qui est, ma foi, si c'est ça de la violence, il va falloir un peu mettre de l'eau dans son main, parce qu'il y a des gens qui vivent vraiment des violences et il va falloir peut-être adresser plutôt leurs problématiques à eux, eh bien, c'est exactement parce que, justement, les logiciels des politiques et de l'extrême droite réussissent à faire de ça un sujet. Et ce que j'aimerais dire aussi, c'est qu'à l'intérêt LGBT, il y a des organisations qui ont critiqué l'affiche, qui sont membres de l'intérêt LGBT.

Il y a deux organisations qui sont Beith Avrim, qui est une organisation de LGBT juifs qui a la particularité d'avoir... qui est particulièrement sioniste. Et en parallèle, le FLAG, qui est une association de policiers LGBT pro-fliques. Donc aussi, ça peut poser la question à l'intérêt LGBT, c'est est-ce que ces organisations ont encore leur place, ont-ils vraiment leur place dans l'inter ? Donc nous, on va leur poser la question et moi, je pense que la réponse doit être non. Parce que s'ils sont contre cette affiche, eh bien, ils sont contre les valeurs de la marge de la fierté.

Et en dernière instance, je pense qu'il y a aussi quelque chose qui a beaucoup parlé dans cette affiche, c'est la question qu'il y ait une femme qui porte un voile. Et ça, je pense que c'est aussi un vrai sujet. Parce que si aujourd'hui, en France, juste le fait d'avoir un voile sur une affiche, ça puisse faire une polémique qui aille jusqu'à des médias télévisés, jusqu'à des médias papiers, eh bien, ça montre à quel point, ça montre à quel point on est à un niveau avancé de théorie, d'un ennemi intérieur complètement fantasmagorique qui serait là pour faire flancher la civilisation occidentale.

Dès la publication de l'affiche sur les réseaux sociaux, c'est toute la stratégie de harcèlement de l'extrême droite qui s'est déployée contre la pride parisienne, ciblant ses organisateurs, l'inter-LGBT, mais aussi ses partenaires, notamment la région Île-de-France. Et, ô surprise, Valérie Pécresse, la présidente de région LR, n'a pas mis longtemps avant de céder aux pressions de l'extrême droite. Elle a déclaré refuser que sa collectivité soit associée à cette affiche qui incite à la violence avec son cadavre renversé, dit-elle.

L'inter-LGBT a beau expliquer que l'affiche ne mettait pas en scène un cadavre, mais l'allégorie de l'international réactionnaire mise en chaos technique avec la référence au cartoon et au manga, rien à faire, n'est jamais plus aveugle que celui ou celle qui ne veut pas voir. Et au-delà de l'aveuglement, Valérie Pécresse s'enfonce dans l'acharnement, désormais clairement sous la coupe de l'extrême droite. Après avoir coupé une première fois la subvention à l'inter-LGBT le 5 juin, Valérie Pécresse armissa le 19. Au total, c'est une perte sèche de 50 000 euros pour le collectif organisateur.

Dans un communiqué, les élus du groupe de la France Insoumise et Apparenté au Conseil régional d'Île-de-France affirment que plus rien ne sépare désormais la droite régionale du parti de Jean-Marie Le Pen. Étrangement, quand il s'agit de financer l'établissement Stanislas et son climat homophobe et raciste, aucune levée de bouclier. Mais c'est un hasard, probablement. Yann Brossat, sénateur communiste et longtemps élu à la Ville de Paris, a réagi à cette polémique sur notre antenne. Je vous propose de l'écouter.

8:27
Invité

Je pense qu'elle cherche en réalité des prétextes pour s'en prendre à la marge des fiertés. Mme Pécresse, pas plus d'ailleurs que la droite de manière générale, n'ont été des alliés de l'égalité des droits. Elle a y compris à l'époque manifesté avec la manif pour tous, contre le mariage pour tous. Donc en réalité, tout ça est assez cohérent. Ce que je trouve scandaleux, c'est de s'en prendre à la marge des fiertés, c'est de s'en prendre à la subvention à la marge des fiertés, qui est un grand événement populaire à Paris.

Et puis il y a quand même une hypocrisie, parce que ces gens nous expliquent qu'ils ne sont pas Victor Orban, qu'ils ne sont pas les mêmes, qu'ils n'adhèrent pas à la même idéologie. Et en réalité, ils finissent par se comporter de la même manière. Je vous rappelle que, vous l'avez dit tout à l'heure, qu'à Budapest, la marge des fiertés a été interdite. Elle n'ose pas interdire la marge des fiertés, et donc elle s'en prend au financement de la marge des fiertés.

9:17
Présentateur

La suppression de la subvention régionale ne remet pas en cause l'organisation de la marche. D'autant qu'en réponse, l'inter-LGBT a lancé une campagne de dons. Mais le podium des fiertés, lui, est menacé. Alors c'est la scène installée en fin de parcours qui vise à la visibilisation de la culture LGBTI et queer, au moyen d'une programmation culturelle, politique et musicale. Pour Clara Privé, la vice-présidente, l'inter-LGBT organise la marge depuis 25 ans. Elle s'en remettra, estime-t-elle. Ses craintes sont ailleurs, je la cite. Cette décision ouvre la porte pour s'en prendre à des associations plus petites qui dépendent des subventions.

Tout cela démontre que le camp réactionnaire progresse de jour en jour, déplore-t-elle. Alors, raison de plus pour lutter, encore et encore. Mais l'offensive ne s'arrête pas là. Après l'extrême droite politique, c'est au tour de l'extrême droite militante de jouer sa partition. Et comme souvent, elle veut s'incruster, alors que personne ne l'a invitée, pour accaparer l'attention médiatique. C'était déjà le cas lors de la manif contre le patriarcat, le 8 mars dernier par exemple. Ces micro-collectifs exigent d'être intégrés aux manifs au nom de la pluralité des opinions. Et ça marche.

De plus en plus, avec la complicité des autorités qui plaident eux la liberté de circuler, ils obtiennent gain de cause, voire même une protection rapprochée des forces de l'ordre. En Italie, cette stratégie d'infiltration forcée a été victorieuse. Là, de toujours devoir se battre pour les exclure, les manifestants ont baissé les bras et les parasites ont gagné du terrain. Cette dynamique a littéralement brisé les mouvements militants de l'intérieur. Ce samedi, à la Marche des Fiertés de Paris, ce sont les groupuscules nationalistes Eros, qui se présentent comme gay patriotes, et les pseudo-féministes de Nemesis qui s'invitent.

L'année dernière, ils avaient bien tenté un coup d'éclat à la Pride, notamment en présence de Mila, l'influenceuse d'extrême droite. Mais la déroute avait été rapide. On se souvient d'eux couverts de farine par les manifestants. Mais cette année, tout sera différent, fanfaronne le fondateur d'Eros. On l'écoute.

11:14
Invité

Oui, je suis en contact depuis quelques semaines avec l'un des conseillers de Bruno Retailleau. Et la bonne nouvelle, c'est que nous aurons avec nous une cinquantaine de CRS pour nous protéger.

11:22
Présentateur

Selon Mediapart, l'entourage de Bruno Retailleau, dont les accointances avec l'extrême droite ne sont plus à démontrer, confirme. Des conseillers du ministre de l'Intérieur ont expressément demandé à la préfecture de Paris que la sécurité de ces groupuscules, pourtant non désirée par l'organisation, on le rappelle, soit assurée. Encore une fois, le pouvoir envoie sa police protéger l'extrême droite. Alors Street Press rapporte que le fondateur d'Eros a prévu une banderole, mais aussi des pancartes qui seront, je cite, assez choquantes, mais très réelles sur ce que vit la France aujourd'hui. On va faire énormément de bruit, on va reproduire l'affiche de l'inter-LGBT, prévient-il.

D'après les informations de nos confrères, les organisateurs de la Marche des Fiertés ont été convoqués à la préfecture de police de Paris pour évoquer notamment l'éventualité de la présence des militants d'Eros. Au cours de l'entrevue de presque deux heures, le préféré Nunez aurait assuré qu'on ne pouvait interdire à quiconque de marcher ce jour-là. Ce à quoi l'inter-LGBT a répondu qu'Eros n'avait pas suivi la procédure d'inscription classique à l'événement et qu'aucun cortège sauvage ne saurait être accepté. L'organisation de la prête de Paris a d'ores et déjà annoncé que le cortège ne démarrera pas en cas de présence du collectif raciste, islamophobe et transphobe, entre autres.

Elle revendique le droit de sélection sur qui participe ou non à son événement. Pour Clara Privé, la vice-présidente, cela témoigne, je cite, d'une évolution préoccupante, l'idée de plus en plus présente au sein des pouvoirs publics que les manifestations publiques pour les droits humains devraient être des lieux ouverts à la participation de l'extrême droite, indépendamment de sa compatibilité avec les valeurs portées par les luttes elles-mêmes. Elle ajoute qu'au nom du respect du pluralisme, on tend à effacer les frontières entre les mouvements d'émancipation et ceux qui en nient les fondements.

Pour situer, Johan Power, le fondateur des roses, qui s'exprimait dans la vidéo tout à l'heure, a d'ailleurs été candidat au législatif 2022 sous l'étiquette reconquête le parti d'Éric Zemmour. Opposé aux droits des personnes trans, aux détracteurs du mouvement drag, cet homo nationaliste surnomme régulièrement la Pride la marche des déchets. Ça donne le ton.

Autre collectif dans le viseur de l'inter-LGBT, Fierté citoyenne, un collectif cité par Ruth Elkrieff notamment parce qu'il s'est tout de suite empressé de dénoncer l'affiche de la Pride parisienne qui l'a décrite comme, je cite, un pastiche militant où l'universalisme est abandonné, la laïcité sacrifiée et les droits des personnes LGBT+, transformés en accessoires d'une farce idéologique. Bref, une analyse digne d'un édito de Pascal Praud sous acide.

Fierté citoyenne se revendique d'un universalisme républicain et animé par la défense de la laïcité, mais ce qui pose problème à l'inter-LGBT et aux 130 structures associées à la marche de samedi, c'est surtout ces positions transphobes répétées à l'intérieur des mouvements LGBT+, eux-mêmes. Personne n'a accepté la participation de ce collectif qui, lui, a pourtant suivi le processus normal d'inscription à la différence d'Héros et Némésis. Pour autant, suite à la fin de non-recevoir de l'organisation, Fierté citoyenne a déclaré refuser d'être tenu à l'écart d'un, je cite, événement qui ne saurait être privatisé et accaparé par un petit cercle militant.

Alors, l'année dernière, la marche des fiertés parisiennes a réuni plus de 100 000 participants. Et aujourd'hui, plus de 300 personnalités, journalistes et artistes, ont signé une tribune s'opposant à la participation des groupes identitaires au sein de la Pride. Aux États-Unis, plus de 400 projets de loi visant à restreindre les droits des personnes trans ont été déposés en 2023. En Russie, en novembre 2023, la Cour suprême a classé le mouvement LGBT parmi les organisations extrémistes, criminalisant tout engagement en sa faveur. En Hongrie, la police a tout bonnement interdit la Pride de Budapest cette année. Elle invoque une loi anti-LGBT+, du gouvernement nationaliste de Viktor Orban.

Elle interdit toute représentation de l'homosexualité ou de la transidentité dans les médias destinés aux mineurs. Et les études de genre y sont désormais proscrites. En Italie, le gouvernement Mélonie tente d'entraver la reconnaissance parentale des couples de même sexe. Dans ce climat d'hostilité, la tentative d'un groupe d'identitaires français d'investir la marche des fiertés de Paris s'inscrit dans une stratégie plus vaste de banalisation de l'extrême droite et de ses codes, y compris au sein de mobilisations historiquement construites contre elle, expliquent les signataires de la tribune.

Pour eux, accepter la présence d'un groupe identitaire au sein de la Pride revient à acter une forme de renoncement non seulement à l'égard des luttes passées mais aussi de celles à venir. Car l'extrême droite ne cherche pas à dialoguer, elle avance pour conquérir. Et si l'on ne marque pas une ligne claire, elle finira par être la seule à pouvoir occuper le terrain. Alors on ne construit pas un avenir en reniant les combats du passé. La marge des fiertés est héritière d'un siècle de résistance. Elle ne sera jamais l'alibi des réactionnaires ni le terrain de jeu de ceux qui piétinent les droits humains. Aucun espace pour l'extrême droite, ni dans nos luttes, ni dans nos vies.

On poursuit avec le reste de l'actualité politique et des nouvelles concernant l'affaire Betaram et la récente commission d'enquête parlementaire qui a eu lieu à ce sujet. Le co-rapporteur

16:34
Locuteur non identifié

de la commission Betaram demande que la justice soit saisie à l'encontre de François Bayrou pour faux témoignages. Paul Vannier, député de la France Insoumise, estime que le Premier ministre s'est contredit pendant son audition en mai dernier, alors que certains de ses propos sous serment ont été démentis par d'autres personnes entendues dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire. Celle-ci étudie les cas de violences qui se sont déroulées au sein de l'établissement Betaram entre 1993 et 1997.

Depuis le début de l'affaire, François Bayrou a affirmé plusieurs fois devant l'Assemblée ne pas avoir eu connaissance des faits de violence quand il était ministre de l'éducation à cette époque. Des affirmations qu'il a réitérées lors de son passage devant la commission. Dans sa lettre publiée aujourd'hui, Paul Vannier affirme que François Bayrou a changé de discours au fil des mois à mesure que l'affaire Betaram a pris de l'ampleur. S'il est peu probable que la présidente de la commission suive les recommandations de la lettre, le témoignage mensonger fait sous serment est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.

17:35
Présentateur

Toujours dans le reste de l'actualité, la France a été épinglée par la CEDH dans le domaine des contrôles au faciès.

17:41
Locuteur non identifié

La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France ce jeudi pour 3 contrôles d'identité discriminatoire sur un Français en l'espace de 10 jours. Les faits ont eu lieu en 2011 à l'encontre de Karim Thuil qui a subi 3 contrôles policiers répétés à Besançon sans justification objective et raisonnable selon la Cour européenne. Elle souligne une présomption de traitement discriminatoire à son égard que le gouvernement n'est pas parvenu à réfuter. Dans son arrêt, la Cour européenne souligne que les contrôles policiers discriminatoires ne sont pas des cas isolés en France.

Selon une enquête de la Défenseur des droits, les hommes perçus comme Noirs ou Arabes ont 20 fois plus de risques d'être contrôlés par la police française. Dans le cadre de cette plainte auprès de la Cour européenne, 6 Français d'origine africaine ou nord-africaine Roubaix, Marseille, Vaux-en-Velins, Saint-Ouen et Besançon dénonçaient des contrôles aux faciès subis entre 2011 et 2012. Si la Cour a validé la condamnation de l'État qui doit verser 3 000 euros à Karim Thouïde pour dommage moral, elle a aussi rejeté la requête des 5 autres français.

18:38
Présentateur

On termine avec l'actualité internationale et le sommet de l'OTAN qui a pris fin hier.

18:43
Locuteur non identifié

Réunis au sommet de l'OTAN cette semaine, les membres de l'Alliance Atlantique se sont engagés à consacrer 5% de leur PIB à des dépenses et à la défense d'ici 2035. Les alliés ont aussi accepté de se soumettre à plus de contraintes pour respecter cet objectif et ainsi satisfaire le président américain dont il souhaitait à tout prix conserver l'engagement au sein de l'OTAN. En contrepartie, Donald Trump a accepté de signer un communiqué mentionnant la menace que la Russie fait peser pour le long terme sur la sécurité euro-atlantique ainsi qu'un engagement des États membres à soutenir l'Ukraine dans la durée.

Pour les pays membres qui craignaient une remise en cause de la solidarité entre alliés de la part du président américain, c'est le soulagement. Pour brosser le président américain dans le sens du poil, les pays membres ont déroulé le tapis rouge acceptant de réduire le sommet à une seule journée conformément aux exigences de Donald Trump. Celui-ci a également eu droit à un hébergement dans un palace royal assorti d'un petit déjeuner avec le souverain des Pays-Bas.

19:35
Présentateur

Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé. Et n'oubliez pas, les milliardaires financent la haine, Le Média lance riposte une campagne de financement citoyenne pour riposter sur les réseaux sociaux et la TNT francilienne. Parlez-en autour de vous et rejoignez la lutte sur campagne.lemédiatv.fr et abonnez-vous aussi à nos deux chaînes YouTube Le Média TV et Le Média 24-7 pour ne rien rater de nos programmes. Très bonne soirée sur Le Média. Le Média TV