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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 20 août 2026 9 minAutoproduitDivertissementAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieCulture, médias & sport

Fred Sancère - Chorégraphies pastorales

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Comment vont les brebis, les vaches et les bergers en cet été caniculaire ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Comment préparez-vous les animaux pour ces chorégraphies ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Comment vous préparez avec le berger la façon qu'ils auront de se déplacer ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous souhaitez que ça aille toucher en nous, cette chorégraphie animale ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça se transmet encore beaucoup de père en fils ce métier ?

  • 6:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que le massif central fait valoir ses propres techniques à l'occasion de la COP17 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:01Invité politiqueFait
    « De l'herbe grasse, elle est moins grasse que d'habitude, c'est-à-dire que les bêtes souffrent comme les humains en fait et comme les paysans »
  • 1:53Invité politiqueFait
    « Effectivement, pour le spectacle Nima, c'est la première fois que le public en tout cas pourra assister à ces performances »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « On a choisi des lieux et des diversités géologiques, de lumière, de végétation, etc. »
  • 6:25Invité politiqueFait
    « Alors, on a plusieurs cas, nous on travaille avec des paysans qui ne gardent pas, on travaille avec des bergers qui sont bergers mais qui n'ont pas leurs troupeaux. »
  • 7:16Invité politiqueFait
    « Le projet ANIMA est inscrit dans l'année internationale du pastoralisme en 2026 »
  • 7:34Invité politiqueFait
    « le massif central revendique être la plus grande prairie d'Europe »

Temps de parole

  • Invité politique64 %
  • Présentateur36 %

≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Voilà déjà deux, trois mois que les bergers ont éloigné leurs bêtes des plaines et des garigoulots se faisaient rares dès le printemps pour les conduire vers l'herbe grasse des montagnes, la transhumance, ce sont surtout les oiseaux qui en profitent. Dans haut le spectacle est beau, chorégraphique même quand les bergers les guident d'une parcelle à l'autre et notre invité voudrait nous en faire profiter aussi. Bonjour Fred Sancerre. Bonjour.

Merci d'être avec nous, vous êtes le directeur de la compagnie Derrière le Hublot, vous êtes en train de préparer des chorégraphies pastorales que vous donnerez à voir en septembre dans cette lue en plein air du Cantal, de l'Ardèche, de l'Aveyron, on redonnera les dates et les lieux tout à l'heure. D'abord comment vont les brebis, comment vont les vaches en cet été caniculaire, les bergers avec lesquels vous travaillez ont pu leur trouver des pâturages, de l'herbe grasse ?

1:01
Invité politique

De l'herbe grasse, elle est moins grasse que d'habitude, c'est-à-dire que les bêtes souffrent comme les humains en fait et comme les paysans, y compris d'ailleurs dans le massif central, puisque le projet que l'on mène à Nima se déroule dans le massif central, on imagine ce grand plateau gorgé d'eau, etc. C'est plus le cas en fait, ça n'arrive plus. Donc on a des endroits dans lesquels les bêtes mangent du foin qui étaient plutôt des réserves pour les mois à venir, mais qui commencent déjà dans ces réserves-là, sachant que c'est pas... les bêtes en mauvaise santé produisent moins, donc c'est beaucoup de tracas aussi pour le monde paysan là-dessus.

1:35
Présentateur

Des paysans, des bergers qui vont devoir leur demander, leur murmurer à l'oreille de ces bêtes pour faire quelques chorégraphies très simples. Le spectacle, le plaisir du spectacle ne sera pas là dans la performance de ces agneaux. Où est-ce qu'il faudra grimper d'ailleurs pour profiter du spectacle dont d'habitude seuls les oiseaux profitent ?

1:53
Invité politique

Effectivement, pour le spectacle Nima, c'est la première fois que le public en tout cas pourra assister à ces performances, à ces chorégraphies qui vont associer un paysage, des troupeaux, des éleveurs, éleveuses, paysans, paysannes et bergers-bergères, et des centaures, cette figure mythologique en tout cas. Et pour cette occasion, du coup, on a imaginé et on a trouvé des paysages qui permettent au public de voir la performance en direct et non plus à travers le prisme de la vidéo ou de la photographie. En fonction des lieux, il y a sept lieux différents, mais on aura toujours une marche d'approche qui ira d'une vingtaine de minutes à deux heures et demie parfois.

En tout cas, on aura besoin de ce temps pour aller trouver dans les endroits d'estive et de pâturage, du coup, les lieux à propos pour découvrir le travail des artistes et des animaux.

2:42
Présentateur

Et des animaux qui vont se mouvoir. Comment vous préparez avec le berger la façon qu'ils auront de se déplacer, de se mouvoir pour former ce que vous appelez des animaglyphes ?

2:53
Invité politique

Oui, alors c'est sept lieux différents, sept paysages très différents dans le massif central. On a choisi des lieux et des diversités géologiques, de lumière, de végétation, etc. Sept troupeaux différents aussi. Et du coup, on a travaillé à partir de ce que savent et de ce que développent les paysans bergers eux-mêmes, en fait, avec leurs chiens de troupeaux parfois. Et on a dessiné finalement entre eux les chorégraphies qui peuvent être portées par le théâtre du Centaure et du coup, ces Centaures de Marseille, voilà. Et Camille qui peut faire danser ses chevaux, etc.

Et on a travaillé à partir des gestes, des mouvements que peuvent mettre aussi en œuvre les paysans avec leurs troupeaux dans ces paysages-là. Donc chaque fois, ce sera très différent. Et ce sera pour, en ce qui concerne les paysans bergers et les troupeaux, ce sera surtout basé sur les mouvements qui sont ceux du quotidien pour ces troupeaux-là. On n'est pas au cirque, on ne va pas faire sauter les troupeaux de brebis dans des cerceaux de feu. Non, on sera vraiment en train de... Un peu comme les murmurations des oiseaux quand on les regarde dans le ciel, quand ils bougent.

On va essayer de retrouver ces énergies-là et cette matière chorégraphique finalement dans les champs, dans les prairies.

4:05
Présentateur

Et qu'est-ce que vous souhaitez que ça aille toucher en nous, cette chorégraphie animale ?

4:09
Invité politique

Ce qu'on souhaite en tout cas et ce que ça touche, on pense là, c'est qu'en fait c'est une autre façon de s'immerger dans un paysage. C'est une autre façon pour nous de regarder aussi ces métiers et ces savoir-faire très particuliers qui sont ceux des bergers avec leurs chiens de troupeaux qui sont un élément essentiel aussi de ces chorégraphies-là. Que ça puisse nous permettre de voir l'animal dans son espace aussi, puisqu'il sera respecté dans son espace. On n'ira pas les toucher, on les regardera nous d'assez loin, pendant le spectacle en tout cas.

Et ce qu'on a envie c'est qu'il y ait cette rencontre entre nous autres humains et ces non-humains-là et puis pouvoir s'immerger pleinement dans ces sept lieux très emblématiques en tout cas.

4:54
Présentateur

Vous parlez beaucoup avec les bergers pour préparer, ils vous disent et bergères, ce qui est possible ou ce qui ne l'est pas. Ils et elles vous en disent aussi plus sur leur métier, qui est un métier de solitude, qui est quand même beaucoup un métier d'homme encore, mais qui est aussi un métier de solitude.

5:08
Invité politique

Oui, c'est passionnant en fait quand on entre et ça c'est assez magnifique puisqu'en fait on n'essuie pas de refus avec ce projet-là. C'est-à-dire que les gens avec lesquels on travaille, les bergers, les bergères, il y a essentiellement effectivement beaucoup d'hommes aujourd'hui encore, mais sont passionnés de leur métier et ont à cœur de le partager. Donc en fait, à bien des égards, nos ambitions sont souvent dépassées par leur désir en fait. Et du coup, ils nous accompagnent à aller plus loin en fait parce qu'ils ont envie simplement de partager avec nous leur savoir-faire, leur passion, de montrer ce qu'ils savent faire.

Et ils acceptent assez facilement aussi ce décalage puisqu'en fait ce qu'ils vont faire, ils ne l'ont jamais fait, ils ne le referont probablement jamais. Mais en tout cas, ils aiment jouer aussi. Voilà, on va jouer ensemble à faire danser un paysage et des troupeaux.

6:00
Présentateur

Des hommes et des femmes confrontés par ailleurs chaque année aux caprices de la météo, aux épidémies dans les troupeaux, à l'urbanisation qui grignote leur terre, à une administration qui les connaît très peu, aux renards. Et c'est avec eux et elles que vous allez travailler. Est-ce que ça se transmet encore beaucoup de père en fils, de père en fille, de mère en fils ce métier ou il s'apprend à l'école du maire là-Aix-en-Provence et suscite des vocations nouvelles ?

6:25
Invité politique

Alors, on a plusieurs cas, nous on travaille avec des paysans qui ne gardent pas, on travaille avec des bergers qui sont bergers mais qui n'ont pas leurs troupeaux.

6:33
Présentateur

Des entrepreneurs de transhumance.

6:35
Invité politique

Voilà, mais en tout cas, je dirais que c'est effectivement un métier qui se transmet, qui ne se transmet pas toujours au sein de la famille mais qui se transmet. Il y a beaucoup d'accompagnement, c'est des professions qui sont quand même assez structurées.

6:50
Présentateur

Les pures coïncidences ou pas, Fred Sancerre, la COP 17 sur la lutte contre la désertification se tient cette semaine en Mongolie et parmi les sujets sur la table, il y a le pastoralisme, l'idée que le pastoralisme contribue à préserver la biodiversité, à s'adapter au changement climatique. 500 millions de personnes dans le monde en vivent. Est-ce que le massif central fait valoir ses propres techniques à l'occasion de cette COP ou de l'année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux ?

7:16
Invité politique

Le projet ANIMA est inscrit dans l'année internationale du pastoralisme en 2026 et d'ailleurs qui a été proposé et imaginé par la Mongolie, cette année internationale du pastoralisme. Et le massif central, justement, ce projet ANIMA, c'est pas le hasard, le massif central revendique être la plus grande prairie d'Europe. Et du coup, finalement, le projet ANIMA s'inscrit dans cette plus grande prairie d'Europe et il existe parce que tout un programme d'action artistique et culturelle s'est imaginé sur toute l'année 2026. Ça s'appelle Prairie Nomade, c'est imaginé avec l'agence d'urbanisme clairement massif. Et du coup, on a imaginé comme ça une série d'événements tout au long de l'année 2026.

Et ANIMA est finalement un des temps forts de cette histoire-là. Oui, parce qu'en fait, aujourd'hui, on est obligé de parler de ces histoires du pastoralisme parce qu'en même temps, c'est une façon très vertueuse de faire de l'agriculture et d'être paysan aujourd'hui.

8:15
Présentateur

D'où l'idée de faire entrer le pastoralisme dans le patrimoine immatériel de l'UNESCO. Merci beaucoup Fred Sancerre, directeur de la compagnie Derrière le Hublot. Vos chorégraphies pastorales, le spectacle ANIMA, commenceront ces chorégraphies le 5 septembre jusqu'au 20. Ensuite, il faudrait bien que les bêtes redescendent vers les basses prairies. Rendez-vous à Pradebou dans le Cantal, la Croix de Beaux-en-Ardèche, Croix-Saint-Robert dans le Puy-de-Dôme, Royer de Vassivir dans la Creuse et d'autres dates aient lieu à retrouver sur le site des Matins d'été notamment. Merci d'avoir été avec nous.

8:43
Invité politique

Merci beaucoup.