Entretien d'actualité n°30 - 18/07/2016
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
{Bonjour, François Asselineau. Quelle est votre analyse de l'attentat de Nice ?} Eh bien bonjour à toutes et à tous.
Nous sommes aujourd'hui le lundi 18 juillet 2016. L'affaire de Nice, qui s'est passée il y a 4 jours, est encore dans tous les esprits. Et le bureau national de l'UPR a publié le lendemain des faits un long, un très long communiqué qui a été très largement diffusé sur Internet, et très largement approuvé, ce dont je me félicite.
Au moment même où je parle, le bilan est encore provisoire. Il y a 84 tués et plus de 200 blessés, avec parmi les blessés plusieurs dizaines dont le pronostic vital est encore réservé. Bien entendu, c'est une abomination.
Rien, jamais, nulle part, à aucune époque, ne peut justifier de procéder à une telle tuerie de masse. Nous l'avons condamné avec la dernière énergie, comme d'ailleurs tout le monde, bien entendu. Rien ne peut justifier cela.
Et il faut évidemment prendre des mesures qui essayent d'empêcher la réédition de ce genre de forfaits. J'y reviendrai dans un instant. Il y a néanmoins quelques éléments que je voudrais apporter à cette affaire.
Le premier élément sur lequel je voudrais insister...
Et d'ailleurs, je m'étonne que seule l'UPR insiste à ce point. Je n'ai vu aucune réaction politique qui en parle. C'est qu'il y a, compte tenu du lieu où ça s'est passé, il y a une proportion très importante d'étrangers, de non-Français.
Au moment même où je parle, on sait qu'il y a au moins 34 personnes de nationalité étrangère parmi les tués. Et il y en a encore un certain nombre dont on ne connaît pas la nationalité. Ça veut dire qu'il y aura, lorsque les comptes seront effectués, au moins 40% des personnes décédées qui sont de nationalité étrangère.
Et parmi celles-là, on sait qu'il y a d'ores et déjà à peu près 16 personnes qui sont à coup sûr des musulmans. Il y a notamment 4 Kazakhstanais, 4 Algériens, plusieurs Tunisiens, des Marocains qui sont morts dans cette affaire. La première victime, d'ailleurs, est une mère de famille, une Marocaine vivant en France, qui avait 7 enfants et qui a été la première fauchée par le camion.
Alors je suis...
Évidemment, c'est un décompte macabre sur lequel, normalement, il faudrait jeter un voile pudique. Mais compte tenu de la situation et compte tenu de la lecture extrêmement particulière visant à jeter de l'huile sur le feu de la société française qui est...
Cette lecture qui est diffusée à satiété à la fois par le gouvernement et par tous les partis politiques, de l'extrême-droite jusqu'à la gauche comprise, je trouve quand même qu'il eut été...
Et il est de la responsabilité du gouvernement et des responsables politiques de calmer le jeu et d'insister sur le lourd tribut payé par les musulmans dans cette affaire. Il y a eu 16 musulmans qui sont morts dans cette affaire. Alors j'insiste là-dessus, parce qu'on a de plus en plus l'impression quand on voit les médias qu'il s'agit d'une guerre livrée d'un seul coup par des musulmans au monde occidental.
C'est exactement présenté comme cela. Alors ça nécessite qu'on regarde ça d'un petit peu plus près. Bien sûr, je n'ignore pas qu'il y a dans le Coran des versets qui, si on les prend au pied de la lettre, incitent à la violence et à la tuerie dans le cadre de ce qu'on appelle le djihad.
Je ne l'ignore pas. J'ai donné quand j'étais plus jeune, j'ai donné des cours en fac ou dans des grandes écoles où je présentais les grandes civilisations du monde et où je parlais notamment du Coran. Ce que je n'ignore pas non plus, c'est que dans le Coran, il y a des versets qui disent également le contraire.
Il y a notamment le verset (NDLR : 256) de la sourate 2 : البقرة (Al-Baqara), qui est l'adage qui dit : « لَا إِكْرَاهَ فِي الدِّينِ قَد تَّبَيَّنَ الرُّشْدُ مِنَ الْغَيِّ فَمَن يَكْفُرْ بِالطَّاغُوتِ », c'est-à-dire : « Nulle contrainte en religion ». Donc on peut trouver dans le Coran des versets qui poussent au crime et des versets qui poussent au contraire à une religion de paix. Je n'ignore pas non plus que c'est également ce que l'on trouve dans la Bible, notamment dans l'Ancien Testament et dans la Torah.
Il suffit de lire le Lévitique ou le Deutéronome pour voir qu'il y a dans la Bible...
Et il y a également des appels à la lapidation de la femme adultère, par exemple, des appels au meurtre. Seulement, voilà, les religions sont une chose. Et puis l'application que les hommes en font en est une autre.
Or, actuellement, s'il y a effectivement un problème dans le monde musulman, c'est parce qu'il y a un pays, l'Arabie saoudite pour ne pas le nommer, qui depuis le XIXe siècle, avec le soutien constant des États-Unis d'Amérique, pousse à une lecture ultra littérale. Le régime wahhabite, et avec également les salafistes qui sont derrière, poussent à une lecture ultra littérale du Coran, que ne partage pas 90% du monde musulman. Voilà la situation.
J'ajoute que le tueur de cette affaire se révèle être à l'examen quelqu'un qui mangeait du porc, qui buvait de l'alcool, qui avait – paraît-il – une sexualité débridée, qui ne respectait pas le ramadan, qui ne se rendait pas à la mosquée, donc qui en fait n'était pas musulman. Alors aux dernières nouvelles, il paraît que si. Il s'était radicalisé dans les trois semaines ou les quinze jours précédant la tuerie.
Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Nous avons affaire à des gens qui...
Il y a 16 musulmans qui sont morts dans cet attentat. Et puis il y a un assassin qui est là, qui – lui – n'a pas une pratique musulmane, semble-t-il, et qui est mis en avant pour faire croire au peuple français qu'en fait, la France serait attaquée par l'islam. Alors moi, je voudrais être très clair sur cette affaire, parce qu'un vent mauvais s'est levé sur notre pays.
Maintenant, on ne peut plus écouter quelque information que ce soit sans qu'on ait des prophètes de malheur qui nous expliquent que la France va vers la guerre civile, que la France serait attaquée, que la France serait en guerre. J'ai lu des déclarations insensées, insensées de la part de prétendus responsables politiques de niveau national qui demandent quasiment l'ouverture de camps de concentration, quasiment un flicage généralisé de toute la population, comme si – d'ailleurs – ce qui est pratiqué sous l'état d'urgence s'était révélé efficace, ce qui n'est pas le cas. Je rappelle que ça fait quand même...
Que nous sommes sous l'effet de l'état d'urgence depuis le mois de novembre de l'année dernière. Donc on a affaire en réalité à une caste politique qui a perdu la tête, au premier rang de laquelle le président de la République française et le Premier ministre, qui ont totalement failli à leur tâche. Leur tâche, c'est quoi ?
C'est d'abord d'assurer la sécurité des Français, et de rassurer les Français, et d'œuvrer à l'union nationale. Il faut dire à nos compatriotes de confession musulmane qu'ils sont français comme les autres. Et comme les autres, ils doivent appliquer les lois de la République, ce qui est le cas de la grande majorité d'entre eux, d'ailleurs.
Il faut expliquer à nos compatriotes de confession musulmane comme d'ailleurs à nos compatriotes de toutes les autres confessions que la République française ne connaît pas le communautarisme, que la République française ne connaît que des citoyens. Il faut évidemment en ces temps où la France est menacée prendre des mesures autrement plus sérieuses que ce qui a été fait. On reste confondu par tant d'amateurisme.
Quoi ? Voilà des milliers et des milliers de personnes qui étaient sur la promenade des Anglais à Nice. Et voilà que quidam a réussi à se faufiler – si j'ose dire – avec un camion de 19 tonnes.
Il n'y avait pas de chevaux de frise. Il n'y avait pas de contrôles. Il n'y avait pas des plots en béton que l'on pouvait mettre pour sécuriser toute cette zone.
L'affaire reste d'ailleurs extrêmement peu claire, parce qu'on n'a toujours pas bien compris comment ce camion avait réussi à se faufiler jusqu'à cet endroit. Il y a forcément eu des failles énormes dans le système de sécurité, ce qui prouve d'ailleurs au passage que tous les effets d'annonce sur l'état d'urgence, sur ci et sur ça ne pèsent rien face au poids des réalités. La réalité, c'est que beaucoup de fonctionnaires sont surchargés d'activité, sont là, très fatigués de protéger les déplacements notamment de ces excellences que sont le président de la République, le Premier ministre ou M.
Macron, parce qu'à chaque fois que les ministres sortent, il faut des dizaines et des centaines parfois de policiers pour protéger leur auguste personne, alors que finalement, à Nice, il y avait finalement moins de policiers pour peut-être 20 000 ou 30 000 personnes massées sur la promenade des Anglais. Mais maintenant, il y a quelque chose de beaucoup plus grave encore, qui est la présentation générale qui est faite de cette affaire. On présente cette affaire...
Je ne l'invente pas. D'ailleurs, il suffit de lire. C'est ce que M.
Sarkozy nous a dit. M. Sarkozy a dit : « Nous sommes en guerre !
Maintenant, plus jamais rien ne sera comme avant ! ». Il a même osé dire que de 2002 à 2011, du temps où il était aux affaires, c'est-à-dire au ministère de l'Intérieur ou à la présidence de la République, il n'y avait jamais eu le moindre attentat, ce qui est totalement faux.
Il y a eu plusieurs attentats : l'attentat contre l'ambassade d'Indonésie, l'attentat contre le préfet du Jura. En 2012, il y a eu rien moins que l'affaire Mohammed Merah. Etc, etc.
Mais nous avons donc des responsables politiques qui disent que nous sommes en guerre, que la France est attaquée. C'est également les idées développées par M. Hollande et par M.
Valls. Alors moi, je voudrais dire...
Et je crois que je me fais le porte-parole de beaucoup de Français. Qui a commencé ? Qui a commencé à aller bombarder les populations qui ne demandaient rien ?
Comment se fait-il que la France n'était absolument pas la proie au terrorisme voici encore 10 ans et que désormais, nous sommes devenus le pays en Europe qui subissons le plus d'actions terroristes, si action terroriste il est confirmé pour cette affaire de Nice, puisqu'il y a encore une ambiguïté pour savoir exactement quel était le personnage qui a commis ça et quelles étaient ses caractéristiques psychiatriques, qui avaient l'air assez chargées. Il ne faut pas s'étonner que lorsque la France appartient à l'OTAN et à l'UE...
Et que de ce fait, nous nous alignons sur les États-Unis d'Amérique. Nous nous alignons sur une politique agressive. Nous sommes un pays qui...
Et M. Sarkozy en sait quelque chose, puisque c'est M. Sarkozy qui, sans demander l'avis des Français, est allé bombarder la Libye, détruire le régime libyen, faire assassiner Kadhafi, avec comme beau résultat...
Je ne suis pas là pour défendre bien entendu le régime de Kadhafi, qui n'était pas forcément quelque chose de très démocratique – c'est un fait –. Mais est-ce que le régime saoudien, est-ce que le régime du Qatar, est-ce que le régime de Bahreïn, qui sont des régimes qui sont tenus à bout de bras par l'Occident, et avec lesquels d'ailleurs M. Sarkozy ou M.
Hollande font leurs affaires quotidiennement...
Est-ce que ces régimes sont plus démocratiques que celui de Kadhafi ? La réponse est non ! Ce sont des régimes plus dictatoriaux et qui ont une attitude – notamment, je pense à l'Arabie saoudite vis-à-vis des femmes, par exemple, ou de toutes les minorités – qui est absolument contraire à toutes les conventions des droits de l'homme et à la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Le résultat, c'est que M. Sarkozy a détruit, a fait détruire la Libye. Deux tiers des habitants de la Libye ont fui leur pays et ont alimenté notamment cet effet de château de cartes qui s'est effondré au Machrek, et au Maghreb, et au Sahel, avec notamment l'arrivée de ces réfugiés de guerre que l'on baptise des migrants.
Ce qui s'est passé en Libye, on l'a constaté également au Soudan. Je rappelle que M. Juppé, en 2011, s'est rendu comme un toutou, à la remorque des Américains, s'est rendu à Djouba, la capitale du nouveau pays appelé le Sud-Soudan.
M. Juppé, qui était à l'époque ministre des Affaires étrangères, avait toujours son inénarrable façon de prendre ses interlocuteurs pour des cons. M.
Juppé avait expliqué que...
Voilà, on apportait la paix avec la création de ce nouvel État. En fait, ça sentait le pétrole au Sud-Soudan, comme en Libye, comme en Syrie, comme en Irak, et j'en passe. Le résultat du Sud-Soudan, depuis que maintenant, le Sud-Soudan est devenu indépendant : c'est une des guerres les plus meurtrières qui soit, dont personne, jamais, ne parle.
On estime qu'il y a eu au Sud-Soudan depuis l'indépendance qu'est allée fêter M. Juppé...
On estime qu'il y a eu entre 50 000 et 300 000 morts. Et ça continue en ce moment même, avec des crimes contre l'humanité qui défient l'imagination. Je signale d'ailleurs au passage qu'il ne s'agit pas en l'espèce de populations musulmanes mais de populations chrétiennes qui s'entretuent.
Je signale également que l'Occident, dans la foulée des États-Unis d'Amérique, porte une responsabilité écrasante dans ce qui se passe en Syrie. Je rappelle que l'origine du problème syrien vient tout simplement du fait qu'il devait y avoir un pipeline qui devait relier le Qatar à la Turquie pour expédier du gaz vers l'Europe de l'Ouest et ainsi contourner l'approvisionnement russe. Et je rappelle que Bachar el-Assad s'y est opposé.
Et c'est à partir du moment où ce projet de pipeline, voulu bien entendu par Washington contre la Russie...
C'est à partir du moment où Bachar el-Assad s'y est opposé que, d'un seul coup, les États-Unis d'Amérique – nommons-les directement –, avec un certain nombre de leurs supplétifs au Moyen-Orient, ont décidé la déstabilisation du régime de Bachar el-Assad. Et la France s'est pliée à ce jeu : un jeu détestable, un jeu avec le feu, puisque tout le monde sait depuis plus de 2 000 ans que le Moyen-Orient est une poudrière avec une infinité d'ethnies, de religions et de pays qui ont une tradition de violence et une tradition qui n'est pas une tradition démocratique. L'Occident a donc décidé la déstabilisation du régime de Bachar el-Assad.
Tout le monde le sait. Et tout le monde sait également que selon des manœuvres tortueuses venues des États-Unis d'Amérique, où on a des fins stratèges qui finissent par se prendre les pieds dans leurs propres intrigues...
On va le voir tout à l'heure sur l'affaire de la Turquie. Tout le monde sait que ce sont les États-Unis d'Amérique et leurs supplétifs qui ont commencé à avoir partie liée avec des mouvements terroristes. Tout le monde sait que M.
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, avait dit que Bachar el-Assad ne méritait pas d'être sur la terre, et qu'il avait dit que le front al-Nosra, qui ensuite a été classifié officiellement parmi les mouvements terroristes, faisait du bon boulot. Allez demander, si vous connaissez des gens qui travaillent dans les services de renseignement français...
Allez leur demander ce qu'ils savent du trafic d'armes et du trafic d'argent dont a bénéficié le prétendu État islamique. Allez leur demander. Il est devenu désormais de notoriété publique que derrière le prétendu État islamique se cachent à la fois les États-Unis d'Amérique, l'Arabie saoudite, le Qatar et également la Turquie, qui a assuré notamment l'évacuation du pétrole vendu par Daesh sur les champs pétroliers, notamment du côté de Kirkouk.
Ça a été d'ailleurs confirmé par un grand magazine bulgare qui s'appelle Trud, qui a expliqué il y a quelques semaines qu'une partie de l'essence qui était vendue en Bulgarie, pays membre de l'UE, était livrée en provenance de l'État islamique via la Turquie. Et paraît-il que c'était le fils du président Erdogan qui avait partie liée dans toute cette affaire. En réalité donc, ça, de plus en plus de Français le savent, parce que grâce à Dieu, il y a maintenant Internet qui permet aux Français de se renseigner.
Et c'est ça qui a fait que lorsque M. Valls s'est rendu à Nice, aujourd'hui même le 18 juillet, il a été accueilli par des sifflets. Parlez autour de vous comme je le fais.
Renseignez-vous. Vous verrez que beaucoup de Français commencent à comprendre ce qui se passe. Ce qui se passe, c'est que la France a une responsabilité écrasante dans toutes ces opérations.
Voilà ce qui se passe. Ce qui est très inquiétant, c'est que l'UPR est le seul mouvement politique français à le dire et à dire que la priorité des priorités, c'est que la France se retire de ces pays où elle n'a rien à faire. Qui sème les révolutions de couleur récolte le terrorisme.
Qui verrouille la démocratie récolte le désespoir. Qui manipule les opinions politiques récolte la violence. Le drame dans lequel nous sommes...
Et pas seulement la France. C'est également le drame de l'ensemble de l'Europe occidentale et des États-Unis d'Amérique, où les tueries de masse sont quotidiennes. Le drame, c'est que dans nos sociétés, tous les mots ont perdu leur sens, ont été vidés de substance par des escrocs de la politique et des escrocs de la pensée politique.
Les mots sont vides de sens. On a les États-Unis d'Amérique, la France, etc. qui n'ont à la bouche que les mots de démocratie.
Mais lorsqu'un pays s'exprime comme ça a été le cas des Britanniques qui ont à une majorité de 52% décidé de sortir de l'UE, examinez ce qui s'est passé, en Europe et en France en particulier, dans les grands médias, où l'on a agoni d'injures les Britanniques pour avoir fait ce choix parfaitement démocratique, et où on a d'ailleurs considéré que ce choix devait être remis en cause. On a mis en ligne, on a fait circuler, on a contribué à faire circuler à ce propos les déclarations de Mme Ségolène Royal à la BBC. À la BBC, où Mme Ségolène Royal est présentée comme une femme très dangereuse. {(Ségolène Royal, interrogée par la BBC sur l'idée de tenir un référendum sur le Frexit) Nous ne ferons pas l'erreur de David Cameron.
Rassurez-vous. Nous n'allons pas faire de référendum pour la sortie de la France de l'UE. Ça, je puis vous l'affirmer.
Parce que nous savons comment ça marche. Nous savons, nous savons... — Vous voulez dire que vous n'autoriserez jamais le peuple français d'exprimer leur opinion profonde sur leur appartenance à l'UE ? — Nous ne le ferons pas.
En tout cas, les responsables politiques qui sont... — Vous ne croyez pas en la démocratie ? — Non, nous ne...
Nous croyons à la démocratie. Mais nous croyons aux bonnes questions par rapport aux bonnes réponses, parce que la bonne question, ça aurait pas été : « Est-ce que vous êtes pour ou... »... — Je ne pense pas que ce soit la démocratie, si vous pensez qu'une seule réponse soit bonne et que l'autre serait inacceptable. — Si, si, si.
Je vais vous expliquer. La bonne question, c'est pas de savoir : « Oui ou non, est-ce que vous voulez sortir pour l'Europe ? », parce qu'à ce moment-là, les gens votent pour autre chose.
Ils votent pour changer de gouvernement. Ils votent parce qu'ils ont compris qu'ils sont instrumentalisés dans un vote, etc. La bonne question, c'est : « Quelle Europe voulez-vous ?
Est-ce que vous voulez une Europe qui s'occupe de ceci ? Est-ce que vous voulez une Europe qui s'occupe de cela ? Est-ce que vous voulez une Europe approfondie ?
Est-ce que vous voulez une Europe qui s'engage sur telle et telle valeur ? ». Là, ça aurait un sens.
Donc là, à ce moment-là, on peut faire des débats démocratiques au sein d'un pays pour savoir ce que veulent les citoyens par rapport à l'Europe.} Mme Ségolène Royal, avec un mépris de classe, avec quelque chose qui est révulsant...
Mais qui est cette dame pour décider que les Français n'ont pas le droit à la parole ? Qui est-elle, Mme Royal ? Elle n'est que le mandataire du peuple français, comme M.
Hollande et comme M. Valls, et comme M. Sarkozy et comme M.
Juppé ! C'est tout ceci mis bout à bout qui mène au sentiment que vit le peuple français, mais aussi le peuple britannique, le peuple allemand, le peuple américain, qui est que tout a été verrouillé par une oligarchie impitoyable qui a mis la main sur le pouvoir politique, le pouvoir économique, et qui force petit à petit le peuple français par exemple à s'accommoder d'un retour à un esclavage des temps modernes, où l'on fera voler en éclats tout ce que nos parents, nos grands-parents, nos arrière-grands-parents avaient obtenu. Je m'adresse ici aux plus jeunes.
Quel est le monde dans lequel veulent nous enfoncer les euro-atlantistes ? Un monde où il n'y aura plus aucune loi que la loi de la jungle, où on pourra jeter quelqu'un à tout moment parce qu'il n'est plus assez productif. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler.
Un monde où, en France, il y a plus de 20% des jeunes qui sont au chômage. Et je ne retiens encore que les comptes avec des chiffres officiels. Donc c'est tout ceci qui, mis bout à bout, fait que la marmite est en train de bouillir en France, et que de plus en plus de Français – il suffit de dresser l'oreille – disent que ça ne peut plus durer, que tant de cynisme, que tant d'aveuglement, tant de surdité vis-à-vis du peuple français ne peut déboucher que sur sinon une révolution, du moins des actes de plus en plus désespérés.
Alors c'est dans ce cadre que, malheureusement...
Malheureusement, eh bien il y a des laissés pour compte, des désaxés, des malades – comme semble-t-il c'est le cas du tueur de Nice, dont le pedigree montre qu'il était très violent, etc. – qui d'un seul coup veulent faire une action d'éclat et s'emparent de ce qu'ils ont. C'est pas nouveau.
On a déjà connu ça en France. Il y avait eu à d'autres moments de notre histoire collective...
On a connu Action directe. On a connu la bande à Bonnot. On a connu comme ça des gens qui ont le sentiment que tout est perdu, que la société les a rejetés, qui rejettent eux-mêmes l'ensemble de la société, qui se mettent à commettre des actes de violence, des espèces de suicides théâtralisés.
On a vu d'ailleurs ceci, ce phénomène, aux États-Unis. Aux États-Unis, en 2014, il y a 2 ans, en Californie, (NDLR : Elliot Rodger) a été un jeune qui a pris sa voiture et qui a foncé dans le tas, et qui a fait 6 morts en visant les passants sur les routes. Il y a quelques mois – c'était en 2015 –, un pilote allemand de 27 ans : Andreas Lubitz, pilote de la Germanwings, a volontairement plongé l'Airbus A320 dans les montagnes des Alpes-de-Haute-Provence avec 150 personnes à bord qu'il a tuées : une espèce de suicide hyperbolique d'un esprit malade, mais d'un esprit qui ne sait plus comment faire.
Et puis je voudrais à ce propos insister sur l'univers dans lequel se développe toute cette violence. Est-ce que M. Sarkozy, qui est le grand champion des États-Unis d'Amérique, M.
Hollande, M. Valls, M. Juppé et tout le toutim qui ne jurent matin, midi et soir et la nuit que par les États-Unis d'Amérique...
Est-ce qu'ils se sont rendu compte de la société qui nous est proposée par les États-Unis d'Amérique ? Est-ce que vous avez regardé les séries, les films américains, où ça tire dans le tas tout le temps ? Tout le temps, dans tous les films, ça tire dans le tas.
Tout le temps, c'est des sujets d'hyperviolence. Comment est-ce que vous pouvez imaginer un instant que tout ceci ne finit pas par percoler dans les esprits fragiles ou dans les esprits malades de gens qui sont par ailleurs des laissés pour compte ? Alors voilà le constat que nous, nous faisons.
Et nous sommes les seuls à le faire, parce que sur toute la scène politique française, c'est haro sur plus de mesures sécuritaires et haro sur plus de bombardements en Syrie. En gros, voilà, tout le monde dit à peu près ça. « On va faire plus de mesures sécuritaires », comme si les mesures qui avaient été prises avaient eu quelque effet.
C'est impossible. Un désespéré, un acte de terreur peut intervenir. Il aura toujours 5 ou 6 coups d'avance.
Comment voulez-vous qu'avec les effectifs dont nous disposons, qui sont par ailleurs – je le disais tout à l'heure – fatigués et suroccupés...
Comment voulez-vous qu'avec ces effectifs-là, on puisse par exemple...
Une soirée comme le 14 juillet où il y a des feux d'artifice dans un très grand nombre de communes de France...
Comment voulez-vous qu'il y ait quasiment un policier derrière chaque personne ? C'est évidemment impossible. C'est pourtant cette espèce de fausse solution que le gouvernement met en avant.
D'ailleurs avec un cynisme achevé, puisque M. Valls claironne à qui veut l'entendre que de toute façon, il y aura d'autres victimes. C'est du jamais vu.
Les Français n'ont pas élu un président de la République pour que le chef du gouvernement qu'il nomme ensuite explique aux Français que de toute façon, il ne peut rien pour eux, que de toute façon, il paraît qu'on dit aux enfants des écoles : « Maintenant, il va falloir vivre avec le terrorisme », et que de toute façon, il y aura d'autres victimes. Et puis alors à la droite et à l'extrême-droite, en particulier...
Alors là, c'est évidemment : haro sur l'islam, haro sur le grand remplacement en France, et ceci, et cela. On ne dit pas un mot comme je le soulignais tout à l'heure que parmi – malheureusement – les 84 morts, il y en a quand même au moins 16 qui étaient des musulmans. Pas un mot !
On ne dit pas un mot de ce que la France fait partie de coalitions qui sont extrêmement meurtrières. Je rappelle d'ailleurs au passage, si les gens ne le savent pas, que le nombre de morts qui a été commis par les Américains et leurs alliés européens en Irak...
Alors fort heureusement, la France n'y était pas grâce à Jacques Chirac et à Dominique de Villepin. Mais en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, c'est 1,3 million de morts civiles minimum selon les estimations les plus fiables et les plus sérieuses. 1 300 000 civils.
Ça fait quelque chose comme 15 000 à 16 000 fois plus que la tuerie qui est arrivée sur la promenade des Anglais. Est-ce que les Français peuvent réaliser ce que peuvent penser de l'Occident les peuples du Moyen-Orient, en particulier en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, qui depuis maintenant plusieurs années ont vécu 15 800, 15 700 ou 15 800 tueries de civils comme celle que nous venons d'avoir ? 15 800 !
Est-ce que les Français peuvent le comprendre et peuvent comprendre que nous sommes lancés dans une politique de dingue et que la France doit absolument cesser au plus vite notre participation à cela ? D'ailleurs, il suffit de regarder les pays du monde qui ne font pas partie des coalitions menées par les docteurs Folamour de la Maison-Blanche. Il n'y a pas d'attentat en Suisse.
Il n'y a pas d'attentat en Suède. Il n'y a pas d'attentat en Finlande, en Autriche, dans les pays qui ne sont pas de l'OTAN. J'en terminerai donc sur nos propositions à nous.
Nous, lorsque nous serons arrivés au pouvoir...
Je prends ici l'engagement que le nombre d'attentats en France diminuera de façon drastique et quasiment disparaîtra en quelques semaines ! Et pourquoi je peux le dire ? Eh bien tout simplement parce que nous appliquerons cette belle maxime de Charles de Gaulle qui disait : « Il ne peut pas y avoir de paix dans le monde s'il n'y a pas de justice entre les nations ».
Nous allons donc, lorsque nous serons arrivés au pouvoir...
Notre premier souci sera de dire que nous sortons de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Je l'ai expliqué dans ma conférence « Le jour d'après ». Mais notre premier souci sera également de dire que si nous sortons de l'UE et de l'OTAN, c'est pour rétablir la justice entre les nations.
Nous voulons – nous – refaire de la France le pôle des droits de l'homme au niveau planétaire, le droit des peuples et des nations à être libres et indépendantes chacune chez elle. Nous voulons redevenir le pays vers lequel se tourneront tous les peuples du monde avec reconnaissance en disant : « Il y a un espoir. Cet espoir, c'est le grand peuple français ».
Nous voulons – nous – rétablir la justice entre les nations. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que lorsque l'UPR sera arrivée au pouvoir, les premières décisions que nous prendrons seront de rapatrier au plus vite toutes les troupes que nous avons dans des pays où nous n'avons rien à faire, seront de sortir de l'OTAN.
Ça sera également de présenter nos excuses pour les peuples que nous sommes allés bombarder pour des raisons ignobles ! Pourquoi M. Sarkozy est-il allé faire assassiner Kadhafi ?
Tout le monde le sait. Notre position sera également de rétablir le règne du droit. Je note qu'il y a au Royaume-Uni un grand mouvement qui se développe ces jours-ci.
Des familles des victimes de soldats envoyés en Irak par Anthony Blair, le Premier ministre de l'époque...
Il y a un grand mouvement qui se développe au Royaume-Uni pour essayer de traîner M. Tony Blair devant le tribunal pénal international. Lorsque nous serons au pouvoir, nous soutiendrons les pays qui voudront déférer leurs responsables devant le tribunal pénal international.
Parce que de toute façon, la justice finira par passer. De toute façon, il faudra que ceux qui ont déclenché des guerres qui ont fait des millions de morts rendent compte à la justice des hommes et à la justice internationale. Et puis s'agissant de la France, ce que nous ferons aussi, c'est que comme nous sortirons de l'UE et de l'euro, nous ferons d'un seul coup baisser drastiquement le chômage, et en particulier le chômage des jeunes.
Nous mettrons un terme à la libre circulation des mouvements de capitaux, ce qui permettra de mettre un terme immédiat à l'effondrement des emplois industriels en France. Nous redonnerons confiance aux Français dans leur propre pays. Nous redonnerons à tous les Français, quelles que soient la couleur de leur peau, leur origine ethnique, leur confession ou leur religion, qu'ils en aient ou qu'ils n'en aient pas, d'ailleurs...
Nous leur redonnerons confiance dans le fait que la France est un grand pays. J'ai déjà eu l'occasion de le dire. Il y a parmi les innombrables proverbes chinois que je cite...
Il y en a un qui est très célèbre et que je cite de nouveau. « Le poisson pourrit par la tête ». Si l'on veut que la violence cesse en France, il faut que la France soit aimée et respectée par son propre peuple.
C'est-à-dire : il faut que la classe politique qui est une espèce de mafia tenue par l'oligarchie dégage, et que ce soit désormais des Français venus de l'ensemble du peuple français qui reprennent les manettes et qui réimposent une démocratie et un avenir à notre pays. Eh bien je peux vous dire qu'à partir de ce moment-là, à partir du moment où dans le monde entier, on saura que la France s'est dégagée de l'étreinte mortifère venue de Washington, à partir du moment où le monde entier aura vu que la France, de nouveau, est le porte-parole de la liberté des peuples et des nations, qu'elle ne participe plus à aucune guerre d'agression, eh bien je peux vous assurer qu'à partir de ce moment-là, les attentats s'effondreront en France. Je peux vous assurer aussi que beaucoup de jeunes, y compris beaucoup de jeunes de l'immigration...
Et je suis heureux de saluer beaucoup de jeunes Français originaires de l'immigration qui rallient l'UPR, parce qu'ils ont confiance en moi, ils ont raison d'avoir confiance en moi, parce que je leur redonne foi en la France, que ce soit d'ailleurs des Français de souche ou des Français originaires de l'immigration. Nous nous opposons totalement à ce discours vénéneux qui prolifère au FN, chez LR, au centre, à gauche et un peu partout maintenant, qui voudrait que la France soit au bord de la guerre civile. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Avec l'UPR, nous, nous ne menaçons pas, nous ne nous délectons pas d'une probable ou d'une possible guerre civile qui rôderait. Il faut être totalement irresponsable pour développer ce genre de comportements et ce genre d'attitudes. Nous, nous disons que non, il n'y aura pas de guerre civile si nous arrivons au pouvoir.
Nous, nous sommes là pour que tous les Français se reconnaissent en un seul et même peuple, comme le fameux 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération, où le peuple français s'est reconnu comme un seul et même peuple quelles que soient ses origines, quelle que soit sa religion, quelles que soient ses opinions politiques, quelle que soit sa catégorie sociale. Si vous ne voulez pas suivre les Juppé, les Le Pen, les Valls, les Sarkozy et tous ceux qui, en fait, non seulement ne vous protègent pas, mais sont en train de vous dire que finalement, il n'y a pas d'autre solution que d'aller vers la guerre, eh bien dites-leur non et rejoignez l'UPR immédiatement !
François Asselineau