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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 18 juin 2026 10 min

Test de drogue, IA, Vivatech... Anne Le Hénanff est l'invitée de la matinale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Anne Lenanf. Bonjour madame. On va très largement parler intelligence artificielle ce matin, mais tout d'abord vous êtes ministre.

Est-ce que vous avez effectué votre test de dépistage de drogue ? Alors pas encore parce qu'en fait si j'ai bien compris mais comme j'étais à Vivatager, je n'ai pas lu dans le détail mais il me semble que c'est pour les collaborateurs de cabinet. Pour les ministres aussi.

Pour les ministres aussi, je ne l'ai pas encore fait mais je le ferai évidemment. Et et donc Sébastien Lecornu vous charge, vous les ministres, d'organiser ses contrôles. He donc je rappelle sera des tests salivaires auprès des membres de votre cabinet et de certains haut fonctionnaires.

Vous avez déjà commencé à organiser les choses ? Non, pas du tout. Là, je suis vraiment focalisée sur Vivatech, le plus grand salon tech de l'Europe et j'accueille en pays d'honneur l'Allemagne.

Donc, je suis à 100 % sur le salon Vivatech, mais évidemment dès que c'est terminé, je mettrai ça en place. Euh, c'est une bonne mesure pour vous. Bah écoutez, de la même manière que moi dans mon dans mon cabinet ou dans mon ministère, il y a le et et le numérique, il y a des des habilitations secret défense, euh diffusion restreinte, euh il y a une relation de confiance qu'on doit avoir et et en l'occurrence la drogue n'a pas sa place dans un cabinet, c'est certain.

Euh vous le disiez à l'instant, le salon Vivatech dédié à l'innovation technologique et au start-up se déroule en ce moment à Paris. Mais d'abord, une question toute simple. Euh qu'est-ce que vous dites aux Français et ils sont nombreux à avoir peur de l'intelligence artificielle, peur finalement d'être dépassé par la machine ?

Je comprends euh je comprends finalement que les que les citoyens qui qui pour certains ne savent pas comment fonctionne l'IA euh puissent avoir cette appréhension. Mais moi, je veux être très rassurante dans le discours que j'ai puisque de toute façon, nous n'avons pas le choix que d'intégrer l'IA dans nos modèles, dans notre société si nous le faisons pas. Et à notre manière, c'est-à-dire avec une qui nous ressemble, qui respecte nos valeurs européennes, ce sont les Chinois qui vont le faire.

À notre place, ce sont les Américains. Et je ne le souhaite pas, on a la capacité en Europe d'avoir notre propre filière IA. sur les angoisses.

Euh mon rôle justement c'est de sensibiliser, de faire la pédagogie pour rassurer les Français et de le faire notamment avec leur environnement principalement dans le travail avec leur chef d'entreprise, avec leur leur leur direction, avec leur métier pour leur dire que oui, l'IA va transformer votre métier parce que les chiffres et on comprend que les Français puissent avoir quelques quelques craintes. En France sont plus de 16 % des emplois qui sont menacés, divers secteurs, assurance, finances, juridiques, éduction, presse. fait 5 millions de personnes d'ici à la fin de la décennie.

Donc on comprend cette préoccupation. Alors en fait moi je je pense que LIA va transformer les métiers, va supprimer des métiers. C'est ce serait malhonnête de de dire le contraire.

Par contre, ça va surtout transformer les métiers et c'est là où chacun va avoir un rôle, notamment les chefs d'entreprise, les administrations, les collectivité locales qui vont intégrer l'IA pour accompagner sa son déploiement et permettre aux personnes de modifier leur façon de travailler en utilisant l'IA. L'IA, c'est avant tout, il faut le voir comme une opportunité. Je l'ai vu dans des entreprises, ça libère du temps.

Ça libère du temps administratif très fastidieux où on doit faire des résumés de 250 pages et ben, je préfère que ce soit la machine qui le fasse. Puis ça libère du temps pour que la personne fasse vraiment son métier. Euh Vivateek met l'accent donc cette année sur l'intelligence artificielle, sauf que on a le sentiment quand même que l'Europe fait un peu figure de nain.

Là où les États-Unis investissent 60 à 70 milliards de dollars par an, l'Union européenne n'investit que 7 à 8 milliards. Certains experts disent que que la que c'est trop tard, que le retard est trop important. Est-ce que la France est pas condamnée finalement à n'être qu'un simple utilisateur de technologies qui seront conçus ailleurs ?

Alors, absolument pas. Absolument pas. Si c'est si c'était le cas, ce serait grave si on se disait ça en tant que français et en tant qu'européen.

Nous devons penser en européen et nous avons une un avantage que peut-être d'autres États qui sont bien avancés sur l'IA, je pense encore à la Chine et je pense encore aux États-Unis, c'est que nous on a des valeurs en Europe et les valeurs que nous défendons, elles sont à mon sens assez rapidement vont entrer dans la compétitivité parce qu'on choisira notre IA lié à la française qu'on est à l'européenne qu'on est en train de construire en investissant massivement dans nos start-ups, dans nos entreprises, c'est qu'on a des valeurs et les valeurs que nous avons c'est de mettre l'humain au cœur de l'IA. Et on exige comme on l'a souhaité et on on en a discuté au G7 numérique une IA éthique, une IA qui respecte l'environnement et une IA qui est également transparente. Donc nous dit donc vous nous dites que l'Union européenne a vraiment la volonté de créer ce qu'on pourrait peut-être appeler un Airbus de l'IA euh avec des des moyens massifs.

C'est alors tout n'est pas une question d'argent. Il y a aussi d'autres d'autres d'autres facteurs qui qui sont pris en compte et notamment nous on a un vrai avantage compétitif, c'est que d'abord on travaille en équipe, on est 27 et la Commission européenne a une volonté très forte et met les moyens pour nous permettre d'avoir une filiaria, je dirais compétitive par rapport aux deux blocs dont je vous ai parlé tout à l'heure. Et puis et puis surtout on a une conception de l'IA qui est très intéressante pour d'autres parties du monde.

Je pense à l'Inde, je pense au Japon, je pense au aux pays du Maghreb qui ont les mêmes valeurs que nous sur la vision de l'IA. Et ça un avantage également, c'est que nous on conçoit l'IA par métier. Donc l'IA agentique se développe très vite en Europe et et on le supporte beaucoup.

Mais de manière très concrète, quand on voit l'échec du projet Scaf, hein, cet avion militaire européen, on voit mal les Européens qui seraient capables de se réunir derrière un géant de l'IA construit toute pièce. Alors là, c'est un sujet quand même très sensible qui est très régalien par définition. c'est euh c'est c'est l'équipement militaire, c'est la politique de défense et puis je dirais que le dossier SCAF euh pour avoir été membre de la commission de la défense à l'Assemblée nationale a duré tellement longtemps qu'on ne voyait pas l'issue que c'était je dirais embourbé comme on dit il y a un moment faut prendre une décision et le président de la République a décidé avec le chancelier de d'arrêter ce dossier mais on peut aussi parler des victoires de l'Europe comme Airbus par exemple mais je reviens à à ce qu'on est capable de faire nous européens et nous français on parle souvent de Mistral qui est devenu le symbole de l'IA française sauf que là encore c'est un tout petit acteur par rapport au géant américain est-ce que il n'est pas voué à rester malgré tout un acteur de niche non Mistral aujourd'hui c'est un champion c'est un autre champion européen et tous les pays européens s'accordent pour le dire et ont envie que Mistral grandisse encore.

Après c'est un géant au pied d'argile. Il faut faire très attention à nos champions. D'abord il faut pas tout miser sur ministral.

Il y a d'autres pépites et d'autres start-ups qu'on veut voir grossir dans l'IA évidemment, mais il est aujourd'hui euh très attractif. La société est très compétitive mais il faut l'accompagner. C'est ce qu'on fait avec nos politiques publiques et puis surtout Mistral.

De quoi a besoin cette entreprise ? De commande. Et c'est ce qui est en train de se passer.

J'ai rencontré des homologues, le polonais par exemple, le ministre polonais. Il y a des rapprochements entre les États européens et mistral. Ils ont envie de le faire grossir encore.

Mais soyons vigilants. C'est un mot rapide sur Anthropique qui est un floron floron de l'intelligence artificielle cette fois-ci américain qui a coupé l'accès à ses modèles les plus avancés pour les utilisateurs non non américains. Est-ce que l'Union européenne peut se priver enfin est-ce que les États-Unis plus exactement peuvent ainsi priver l'Europe et ben des technologies essentielles à l'intelligence artificielle ?

Alors, vous voyez clairement c'est c'est ce que nous ne souhaitons pas pour l'Europe. Nous ne souhaitons pas être dépendant d'État ou de d'entreprise. Donc nous misons dans l'économie, dans l'accompagnement de la filière justement pour pouvoir être autonome.

Parce qu'on n'est pas à l'abri d'une guerre froide de l'IA à ce moment-là. Mais aujourd'hui l'IA est devenu un instrument de de géopolitique et de puissance. Il faut que nous on l'intègre comme tel également dans notre façon de de d'agir.

Et puis Vivatech justement qui a lieu cette semaine qui réunit la tech du monde entier et principalement européenne, elle a cette vocation. Hier par exemple, j'ai assisté à la signature entre LINRIA, un centre de recherche français et Walix, une entreprise de cybersécurité euh française, pour justement répondre euh à des et développer des outils qui permettront de ne plus être dépendant, par exemple de d'anthropique. Euh, un mot aussi de la protection des mineurs hein parce que c'est un sujet central. 16 États membres de l'Union européenne sont partant pour fixer une limite d'âge pour l'utilisation des plateformes.

Le G7 numérique, on a validé le principe. Ça s'est passé fin mai à Paris. Pour la France, c'est 15 ans.

Il y a d'autres États qui plaident pour 14 ou 16 ans. Qui va fixer l'âge et surtout quand ? Alors le la Commission européenne et notamment un règlement européen qui s'appelle le DSA nous permet aujourd'hui en tant que nation les 27 pays de fixer un âge.

C'est une sorte de norme sociale. Nous la France, on a choisi 15 ans, nos amis espagnols 16. D'autres ce sera 13.

Vous l'avez dit. Le principal pour l'instant pour nous la priorité c'est d'appliquer une majorité en France puisque le DSA nous le permet. Évidemment, l'Europe en parallèle avance sur une majorité européenne.

Dès que ce sera acté, voté au niveau européen, on on s'alignera. Le président de la République a été clair là-dessus vis-à-vis de Ursula Van Derleen. On on se conformera à l'âge européen, mais pour l'instant, on va créer notre âge en français.

Euh, un tout dernier mot, dans un an, c'est la présidentielle. Vous êtes proche, on peut le dire comme ça, d'Edouard Philippe, hein, vous faites partie d'horizon. Il a reconnu qu'il tâonne en matière d'intelligence artificielle.

C'est pas un handicap de tâtonner dans ce domaine-là quand on veut être candidat à la présidentielle ? Euh je je peux vous dire que Édouard Philippe ne tâonne pas du tout en matière d'IA et je rappelle que c'est lui qui a lancé la stratégie nationale IA en 2018 euh sous la sous la à la volonté de de du président de la République lorsqu'il était premier ministre. Euh donc il ne t'atonne pas.

Après comme c'est un citoyen comme les autres Édouard Philippe et il utilise à ce à un niveau personnel comme chacun d'entre nous a plus ou moins des niveaux élevés et puis et puis je dirais que ce qui compte c'est ce qu'il va porter comme ambition pour la France. Après comment il l'utilise ça c'est c'est un autre sujet. Merci beaucoup Anne Leénanf.

Bonne journée à vous.