"On a encore le pouvoir d'agir" estime le maire de Thann qui se bat contre la disparition des services publics
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Comment lutter contre la fermeture des commerces et des services publics dans nos communes ?
- 0:11ComplaisanteRéponse partielle
Le maire de Thann est notre invité ce matin. Bonjour Charles Schnebelen.
- 0:19OuverteRéponse directe
Le maire et les habitants de Dannemarie se battent contre la fermeture d'une agence bancaire. Vous comprenez ce combat ?
- 1:08OuverteRéponse directe
Menace de fermeture de l'école d'infirmière, ouverte il y a trois ans. Vous avez été touché par plusieurs fermetures de services publics.
- 1:58FerméeRéponse partielle
Vous l'avez senti, cette perte d'attractivité pour accueillir de nouveaux habitants ? Ça se chiffre ?
- 3:01OuverteRéponse directe
Un espace France Service a ouvert dans votre commune. Est-ce que ça compense la perte des antennes de ces services publics ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« Je pense notamment à l'IFSI de Tannes, l'Institut de formation en soins infirmiers, qui menace de fermer à peine trois ans après son ouverture. »
- 0:45Invité politiqueFait
« ça répond à des besoins de santé, de soins, qui sont des métiers non délocalisables, qui ne sont pas menacés normalement par l'IA »
- 1:26Invité politiqueFait
« On a eu la maternité, on a également eu le service d'urgence, on a eu le service de chirurgie. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Quand on a moins de gens qui viennent sur le territoire, c'est aussi plus difficile de faire vivre le commerce de centre-ville. »
- 2:16Invité politiqueFait
« notamment sur la vallée, une baisse du nombre d'habitants ces dernières années. »
- 4:20Invité politiqueChiffre
« on a 26% de logements vacants. »
- 4:56Invité politiqueFait
« C'est ce qu'on a pu trouver récemment pour La Poste. Puisqu'on nous avait proposé une évolution des horaires d'ouverture qui ne nous convenait pas. Et en bonne intelligence avec La Poste, on a réussi à trouver une solution de compromis. »
- 5:17Invité politiqueFait
« Tout comme on a réussi à rouvrir une classe qui avait fermée. »
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7h47, comment lutter, Sophie, contre la fermeture des commerces et des services publics dans nos communes ?
Le maire de Tannes, dans le Haut-Rhin, est notre invité ce matin. Bonjour Charles Schnebelen.
Bonjour.
Pour répondre à cette question très difficile, je commence avec cet exemple de Danemarie, dont on a parlé ce matin sur ICI Alsace, à 25 km à peu près de chez vous. Le maire et les habitants se battent contre la fermeture d'une agence bancaire. J'imagine que vous comprenez ce combat.
Tout à fait. D'une part, je comprends ce combat et je suis solidaire du combat de nos collègues élus. Et d'autre part, on mène d'autres combats chez nous, pour les services publics. Je pense notamment à l'IFSI de Tannes, l'Institut de formation en soins infirmiers, qui menace de fermer à peine trois ans après son ouverture. Pour nous, c'est un besoin essentiel, parce que ça répond à des besoins de santé, de soins, qui sont des métiers non délocalisables, qui ne sont pas menacés normalement par l'IA, et donc du coup, en plus, ça nous permettrait de former localement des jeunes sur le terrain, pour soigner des anciens sur le territoire.
Donc clairement, oui, c'est des combats pour les services publics qu'on partage totalement.
Venons-en donc à votre commune. Menace de fermeture de l'école d'infirmière, qui a ouvert, vous l'avez dit, il y a seulement trois ans. Et vous avez été touché par plusieurs fermetures d'autres services publics.
Je
pense à la maternité en 2019, notamment.
Tout
à fait. On a eu la maternité, on a également eu le service d'urgence, on a eu le service de chirurgie. Donc c'est des services qui fragilisent l'attractivité du territoire, qui réduisent potentiellement la qualité, la variété des services publics qu'on peut offrir. Ça nuit aussi. Donc quand ça nuit à l'attractivité, on a peut-être moins de population. Ça pénalise aussi le tissu commercial derrière, puisqu'à un moment donné, quand on a moins de gens qui viennent sur le territoire, c'est aussi plus difficile de faire vivre le commerce de centre-ville.
Vous l'avez senti, cette perte d'attractivité, notamment pour accueillir de nouveaux habitants, je ne
sais
pas sur les chiffres de la population depuis 5-6 ans. Ça se chiffre, ça, Charles Schneebelen ?
C
'est toujours des éléments qui ont plusieurs causes. Je pense qu'on ne peut pas se reporter sur un seul élément. Néanmoins, oui, on ressent, pas seulement sur Tannes, mais un
peu
sur l'ensemble du territoire, notamment sur la vallée, une baisse du nombre d'habitants ces dernières années. Alors évidemment, il y
a
le facteur démographique qui touche l'ensemble de la France. Mais je pense qu'à force de grignoter les services publics, que l'emploi aussi s'éloigne, forcément, c
'est
les territoires qui sont en souffrance. Et je pense que c'est nécessaire qu'il
y ait
une impulsion forte des pouvoirs publics aujourd'hui pour aider ces territoires, afin de préserver leur attractivité.
Et
puis, juste pour répondre avec un exemple concret sur l'exemple de l'hôpital, aujourd'hui, l'un des secteurs ces dernières années, à Tannes, qui était le plus en souffrance, c'est le secteur de la place de l'Atre de Tassigny, qui était le plus proche de l'hôpital. Donc, de là à tirer un lien de cause à effet, ce n
'est
pas toujours évident. Néanmoins, dans les faits, ça se constate que c'est le secteur qui, commercialement, a le plus souffert.
Un espace France Service a ouvert ses portes, justement, dans votre commune, où on trouve un guichet avec pêle-mêle, les services de la CAF, des impôts de France Travail. C'est une ouverture qui a été décidée par l'État. Est-ce que ça compense un peu, en tout cas, la perte des antennes de ces services publics
?
Tout d'abord, la ville de Tannes est partenaire de ce dispositif. Elle met du personnel à disposition, ce qui représente un coût pour la commune de Tannes. Donc, c'est un effort volontariste. Oui, ça compense en partie. Après, moi, je suis toujours partisan d'avoir plutôt un service à part entière qu'un service où on agglomère différentes unités, où on fait un peu de tout. Je veux dire,
c
'est parce qu'on a moins cet effet de spécialisation. Alors, évidemment, on a des agents formés et qui sont volontaires pour aider la population. Néanmoins, c'est peut-être plus compliqué pour eux comme pour l'usager de s'y retrouver. Toutefois, on ne peut que souhaiter le succès de ce service. Je veux dire, demain, pour le Tannes et pour l'ensemble de notre territoire.
Monsieur le maire, qu'est-ce que vous pouvez faire en tant qu'élu local ? On sent une forme d'impuissance, parfois, chez certains de vos collègues.
Alors, certes,
ce
n
'est
pas facile, mais je pense qu'on a quand même le pouvoir d'agir sur les deux volets. Parce que vous m'avez parlé du volet de l'attractivité du commerce et du service public. Ce qu'on peut faire, déjà, nous, en centre-ville, on a 26% de logements vacants. Je ne
parle
pas seulement du commerce. Donc,
ce
qu'on peut faire, d'une part, pour soutenir le commerce, c'est animer la ville. Et d'autre part, c'est lutter contre la vacance, lutter contre l'habitat indigne pour recréer de
l
'attractivité. Parce qu'on peut aussi créer un choc d'offres pour être à la hauteur de la demande. Parce que c'est bien beau de vouloir créer de
l
'attractivité. Derrière, il faut tenir la promesse. Donc, premier point. Et deuxième point sur les services publics. Il y a deux choses. Un, il faut se battre. Faire valoir les arguments. Et deux, travailler en partenariat avec les institutions, avec les partenaires. Et essayer de trouver des compromis en bonne intelligence. C'est ce qu'on a pu trouver récemment pour La Poste. Puisqu'on nous avait proposé une évolution des horaires d'ouverture qui ne nous convenait pas. Et en bonne intelligence avec La Poste, on a réussi à trouver une solution de compromis. Pour éviter une réduction forte des horaires d'ouverture. Voilà.
Et
demain, c'est ce qu
'on essaiera de faire. C'est un exemple
de réussite pour vous, en tout cas, en cette année 2026 ?
C
'est un exemple de réussite. Tout comme on a réussi à rouvrir une classe qui avait fermée. Donc oui, il y a des réussites aussi. On se bat. Mais voilà. Mais c'est un travail de chaque instant. Et c'est aussi ce qu'on essaiera de faire pour l'IFSI. Mais on a besoin d'avoir en face un partenaire, la région à l'espèce, qui soit à l'écoute. On espère qu'elle le soit. Pour l'instant, on est un peu dans l'expectative.
Merci Charles Schneebelen d'avoir été l'invité d'ici Alsace en direct ce matin. Je rappelle que vous êtes le maire de Tannes. Merci beaucoup.
Merci à vous. Bonne journée. Et tout à l'heure, de 9h à 9h30, on échangera sur ces commerces de proximité qui peuvent fermer dans votre commune, ces services publics qui disparaissent aussi du côté de chez vous. Est-ce que vous les voyez disparaître, ces commerces, ces services ? Est-ce que votre village se désertifie ? Vous viendrez, ça se dit ça, se désertifier
? Est
-ce qu'il y a une forme de désertification dans votre village ? On contourne l'obstacle.
Oui, c
'est une façon de faire. Mais je vais mener l'enquête.
Je
vais demander. Ce
n
'est pas mon... Becherel, ce
n
'est pas mon deuxième prénom, vous voyez. Donc, ces services qui disparaissent. Tout à l'heure, on en parle, 9h, 9h30, aux côtés de Charlie Weber. Elle est 7h53, ici Alsace. Give me love.
C'est pas
mon deuxième prénom,
vous voyez.