Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale - 20/11
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FM politique en compagnie de Valérie Hacot pour le Parisien Benjamin Duhamel. Nous recevons Mathilde Panot, président du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale. Vous avez peut-être lu Madame Panot l'appel à l'aide ce matin du président des Restos du Coeur, Patrice Douré, à la veille de la 38e campagne qui débute donc demain. 15% de familles supplémentaires font appel au resto depuis le mois de février, ce qui représente 25% d'enfants de moins de 3 ans en plus. En quoi ce serait différent ? Est-ce que ce serait différent si La France Insoumise était au pouvoir ?
Oui, je crois. Je crois parce que cette situation n'est pas nouvelle. Nous avons 8 millions de personnes qui dépendent de l'aide alimentaire pour vivre. Nous sommes dans un pays, 6e ou 7e pays le plus riche au monde, dans lequel il y a 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Nous alertons depuis des années sur cette question. Que proposons-nous ? D'abord, puisqu'il y a une vie chère, une inflation extrêmement forte, nous proposons un blocage des prix à la baisse sur les produits de première nécessité. Première des choses. Deuxième chose, nous demandons depuis des années qu'on augmente le SMIC et les minima sociaux ainsi que les pensions dans notre pays.
Je crois que nous sommes dans un moment où, lorsque les gens ne savent plus comment est-ce qu'ils vont remplir leur frigo, ne savent plus comment ils vont payer leur facture d'énergie, ne savent plus comment ils vont payer la cantine de leurs enfants, parce que les restos du cœur alertent à juste titre. Mais regardez le nombre d'enfants qui ne vont plus pouvoir aller à la cantine ou aller à la cantine un jour sur deux parce que les prix sont en train d'exploser.
Et quand vous dites qu'on augmente le SMIC, on augmente les minima sociaux, ça veut dire qu'on les indique sur l'inflation ? Ça veut dire qu'on met quoi ? 10% ? 8% ?
Oui, notamment. C'est ce qu'on a proposé cet été. Lorsque nous discutions de la fameuse loi pouvoir d'achat, lorsqu'on a discuté de cette loi, nous avions dit que ça ne changerait rien. La preuve, regardez l'appel au secours qui est fait, la preuve, regardez le nombre de gens qui ont faim dans notre pays, je crois que c'est indigne de notre pays et que oui, il faut réaffirmer à tout moment que nous pourrions faire tout autrement, notamment dans un pays aussi riche que le nôtre.
La France fait, malgré tout, même s'il y a bien sûr cet appel-là, partie des pays qui a le taux d'inflation parmi le plus bas en Europe. Est-ce que malgré tout, vous dites, certes, ça ne va pas, mais ça va quand même un peu moins mal que dans d'autres pays européens ?
Non, vous regardez, nous sommes dans une situation où rien n'a été anticipé par notre gouvernement. Rien n'a été anticipé. Je vais prendre la crise de l'énergie parce que la crise de l'énergie est liée à la crise alimentaire et notamment à l'inflation sur les produits alimentaires. Emmanuel Macron commence à parler de sobriété énergétique et de sobriété col-roulé, ce qui est quand même risible par rapport au reste du monde, de sobriété col-roulé en juillet.
Ce n'est pas lui, c'est Bruno Le Maire qui parle de col-roulé.
Oui, Emmanuel Macron et son gouvernement. En avril, vous aviez déjà l'Italie et l'Espagne qui prenaient des mesures pour interdire les publicités lumineuses, pour baisser le chauffage dans les bâtiments publics. Nous, nous n'avons rien fait. Et maintenant, on se retrouve le bec dans l'eau comme ça en disant « nous sommes au pied du mur à chaque fois ». Oui, nous sommes au pied du mur
parce qu'il n'y a aucune planification. Nous n'avons rien fait. Ils ont quand même mis en place un bouclier tarifaire. Il y a quand même eu des mesures sur le plus de l'essence. Oui, et nous sommes contre le bouclier tarifaire. Je vais expliquer pourquoi. Ça a quand même permis d'alléger la facture pour les Français.
Avec l'argent des Français. C'est ce qui nous pose problème. Avec l'argent des Français. Pourquoi ? Parce que le bouclier tarifaire, c'est les Français qui payent eux-mêmes pour payer les factures. D'accord ? C'est ça, le bouclier tarifaire. Vous êtes d'accord ? C'est l'argent du peuple.
Et quand on baisse la TVA, c'est l'argent des Français aussi.
Nous nous demandions à ce qu'on fasse.
Parce que c'est des baisses d'impôts.
Oui, mais c'est pour ça que nous sommes pour le blocage des prix à la baisse et pour faire payer les énergéticiens. Notamment Total, qui a fait 18 milliards de bénéfices en 6 mois. Notamment Exxon, qui a fait 18 milliards de bénéfices en 3 mois.
Justement sur l'énergie, Madame Panot.
On pourrait taxer les profiteurs de crise. Pourtant, la Commission européenne en trouve. L'ONU en trouve. Et différents pays européens en trouvent. Donc, il faut arrêter. Si on voulait trouver de l'argent pour bloquer les prix à la baisse, on aurait pu le faire si on avait voulu anticiper des décisions. Et je vais vous dire sur la question énergétique, la question, c'est la question des décisions démocratiques. Regardez juste sur la rénovation thermique des logements. Vieux serpent de mer dont on parle tout le temps, qui a un gaspillage d'énergie énorme, en plus de faire souffrir 12 millions de nos compatriotes.
La rénovation énergétique, si on continue au rythme actuel, il faut 2300 années pour la rénovation complète des logements. On nous a refusé avec un 49.3 13 milliards, enfin 15 milliards, 12 milliards sur la rénovation et 3 milliards sur le train, au titre que c'était trop. Il se trouve que l'Allemagne, dont on parle si souvent avec Adoration, a mis 56 milliards sur la table en trois ans sur la question de la rénovation énergétique des logements. Donc, nous sommes très, très loin d'être à la hauteur de la situation.
L'indemnité carburant, le coup de pouce à la pompe, il va prendre fin, il est remplacé par une indemnité de travailleurs. En gros, la première ministre dit que la moitié des travailleurs français vont pouvoir en bénéficier. Elle va être mise en place à partir du 1er janvier. Est-ce que c'est suffisant ?
Non. C'est plus ciblé ? Non, mais là encore, on revient sur la question du blocage des prix à la baisse. Alors déjà, je passe sur le symbole qui est de mettre fin à la ristourne pour l'ensemble des gens le jour de l'anniversaire des quatre années des Gilets jaunes. Je rappelle que nous sommes aujourd'hui à un niveau de l'essence plus élevé que ce qu'il y avait au moment du début de la révolte des Gilets jaunes et du mouvement populaire extrêmement fort qui a été fait. Et qu'est-ce que disaient les Gilets jaunes ? Les Gilets jaunes, ils ne disaient pas nous voulons polluer à tout prix avec notre voiture. Les Gilets jaunes, ils disaient nous n'avons pas le choix.
Lorsque les services publics ont été fermés partout, lorsque la maternité a été fermée, l'hôpital, les écoles, eh bien forcément, on est obligé de prendre sa voiture. Donc la question, c'est pourquoi est-ce qu'on n'a pas développé ? Si on voulait, on aurait dû la maintenir, la poursuivre, la prolonger cette histoire de 2,30 ans ? Nous nous avions proposé un blocage des prix à la baisse, ce que je proposais, notamment en prenant l'argent sur Total et compagnie qui sont en train de se gaver sur le malheur des gens. Ça a déjà existé dans notre pays. Au lundi, 1916, on avait fait une taxe sur les professeurs.
Alors bloquer les prix, il y a un article dans le code du commerce. C'est extrêmement précis. Il faut une situation extrêmement précise. Mais par ailleurs, il n'y a pas que Total.
Ça s'est fait sur le Covid, par exemple. Oui, ça s'est fait.
Mais par ailleurs, il n'y a pas que Total. Aujourd'hui, les stations-service, elles font ce qu'elles veulent. C'est-à-dire qu'elles mettent les prix, ce qui explique que les Français voient à un endroit 1,90 €, à un endroit 1,60 €. Donc on ne peut pas dire juste Total.
Justement, si on bloquait les prix, vous n'auriez pas à un endroit 1,90 €, à un endroit 1,60 €. Donc vous bloquez pour celui qui fabrique l'essence, pour celui qui le distribue. Pour tout le monde, le prix à 1,40 €.
C'est-à-dire que si on résume, vous préférez une mesure qui est anti-écolo et qui est d'une certaine façon antisociale parce qu'elle bénéficie de la même manière à l'infirmière libérale qui doit prendre sa voiture qu'à la personne qui prend son SUV pour aller en week-end, plutôt qu'une mesure ciblée qui vise, c'est ce que rappelait Jean-Baptiste, 50 % des travailleurs les plus modestes.
Le bouclier prix, c'est exactement la même critique que vous pouvez lui faire.
Le bouclier prix sur l'énergie ?
Oui, sur ce qui a été fait jusqu'alors. Avec l'argent des Français, vous pouvez lui faire les mêmes critiques. Sur la resto, vous avez tout à fait raison. Deuxième chose, quand même.
Deuxième chose, nous, ce n'est pas à nous que vous allez reprocher ça alors que depuis des années, nous demandons la question du développement des transports en commun et de la gratuité des transports en commun, que nous demandons de réouvrir des petites lignes et que nous venions de voter à la majorité de l'Assemblée 3 milliards pour le transport ferroviaire et que nous demandons depuis des années le 100 % énergie renouvelable alors que la France a été condamnée deux fois pour une action climatique et est quand même le seul pays en Europe à ne pas avoir respecté ses objectifs de développement des énergies renouvelables.
L'idée de cibler davantage, de cibler pour que ceux qui en ont le plus besoin bénéficient de cette aide. Pourquoi est-ce que vous vous y opposez ?
Parce que je pense qu'on pourrait faire tout autrement. Là, on est en train de cibler parce que... En fait, quelle est la raison pour laquelle ils sont en train de cibler ? Ce n'est pas pour des mesures de justice sociale. On leur a proposé, par exemple, de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune avec justement une pénalité climatique. Ça rapporterait 10 milliards par an au pays.
Mais ça, c'est un autre sujet.
On nous a dit non. Non, mais donc, ce n'est pas une question de justice sociale. Sur cette question-là, oui. En attendant qu'on donne les alternatives aux gens pour pouvoir se déplacer autrement. Et ce n'est pas une question de justice sociale pour laquelle ils le font. Ils sont en train de cibler parce qu'ils disent qu'on ne va pas pouvoir payer pendant des années. Oui, nous, nous n'avons jamais proposé que ce soit le peuple français qui paye pour les profits immenses de Total et des autres.
Madame Pannot, les suites maintenant de l'accueil d'une navire Ocean Viking en France. C'est un navire qui a secouru des migrants en mer Méditerranée. C'était plus de 200. Je précise par ailleurs qu'il y a d'autres navires d'ONG qui secourent des migrants en mer Méditerranée tout au long de l'année. Information révélée BFM TV cette semaine. En fait, plusieurs dizaines d'entre eux ont été remises en liberté après le traitement normal par la justice de leur cas. Faute de temps. Est-ce que vous dénoncez un raté, un cafouillage comme l'ont fait beaucoup d'autres ?
Non. Déjà, moi, je ne suis pas... Je trouve indignes les polémiques qui sont faites, notamment menées par l'extrême droite. Et M. Boursier, ce n'est pas à vous personnellement que j'en fais la critique. Mais il y a une petite musique à laquelle je voudrais répondre en premier qui est de dire... Alors, on nous demande souvent est-ce qu'on a eu raison d'accueillir l'Océan Viking ?
Ce n'est pas la question que je vous ai posée.
Non, mais je veux répondre quand même à cette question-là juste. Il y a un droit maritime international qui dit que dès qu'une personne est en mer, il faut la secourir. Et je voudrais juste vous pointer quelque chose qui, moi, effrayait cette semaine. Vous avez lu l'enquête du Monde sur les 27 migrants qui, en 2021, sont morts en mer avec une quinzaine d'appels qui ont été passés à des secouristes français qui n'ont pas réagi du tout, ni même l'Angleterre, en attendant qu'on dérive vers des eaux anglaises avec, en plus, des paroles extrêmement racistes qui ont été prononcées et où on a laissé mourir 27 personnes dont une fillette dans la Manche. Il y a déjà 24 000 morts en Méditerranée.
Je le dis parce qu'il faut parler de cette question avec humanité, d'abord et avant tout. Et on est en train de terminer la COP 27 avec des choses qui ne sont pas du tout à la hauteur de la situation. On va y revenir. Le GIEC dit que nous aurons 250 millions de réfugiés climatiques. Donc, il faut traiter cette question avec humanité et avec dignité. Pour répondre à votre question, ce n'est pas une surprise pour personne que nous avons un problème de, et je reprends des termes de magistrats, clochardisation de la justice dans ce pays. Vous avez une manifestation des magistrats le 22 novembre. Eh bien, nous y serons pour demander à ce qu'il y ait des moyens. Mais sur ces questions-là...
Précisément, Mme Pannot, puisqu'on fait allusion aux migrations climatiques qui seront sans doute inéluctables, accueillir 234 personnes, on n'a pas su le faire correctement. On n'a pas été capable de le faire, de traiter les dossiers dans les temps. Donc, est-ce qu'il faut s'inquiéter de ce qui va arriver pour la suite ?
Là, on parle laisser libre. C'est des choses qui reprochent. En fait, c'est des gens qui disent ça, qui reprochent au gouvernement qu'ils seraient trop laxistes. Mais laisser libre, je rappelle que ces gens et donc, la justice a décidé qu'ils pouvaient circuler. Écoutez, il faut quand même se rendre compte, pour remettre les choses à leur juste valeur, c'est une personne pour 105 000 Français, d'accord ? Donc, on ne va pas en faire une chose extraordinaire. Vous savez qui reçoit et qui accueille un quart des réfugiés dans le monde ? Je vous lis quand même. La liste, elle est intéressante.
Le Tchad, la République démocratique du Congo, l'Éthiopie, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie, l'Ouganda, le Yémen. Mathilde Panot, la moitié des gens... Non, mais je le dis pour qu'on remette des choses avec raison. On ne parle plus de la question migratoire sans avoir des arguments qui, en fait, sont en train de propager des fausses nouvelles de partout et des fausses informations de partout. Je crois qu'on vous a entendu. La moitié des gens sauvés en Méditerranée le sont par deux pays. Lesquels sont-ils ?
La Tunisie et la Libye.
La Tunisie et la Libye. Exactement. J'aimerais bien qu'on le redise et vous avez raison.
On le dit. Est-ce que, selon vous, il faut faire la différence entre ceux qui peuvent bénéficier du droit d'asile et ceux qui ne sont pas éligibles ou est-ce qu'il faut accueillir et régulariser tout le monde de façon inconditionnelle ?
Nous, on propose de régulariser les personnes, les travailleurs sans papier. Je vais vous dire...
Non, mais attendez. Là, on parle de ceux qui sortent de l'Ocean Viking. On ne parle pas de la question des travailleurs sans papier. Gérald Darmanin dit qu'il y a ceux qui sont éligibles à l'asile qui vont pouvoir rester et être relocalisés et puis les autres vont devoir quitter le territoire. Est-ce que cette division-là vous paraît pertinente ?
Non, mais pas dans un cas. Écoutez, il y a des demandes d'asile qui sont faites. Les demandes d'asile, elles sont examinées. Elles n'ont pas été examinées avec sérieux. Notamment, il y avait des interprètes qui étaient au téléphone, on n'entendait rien. C'est ce qu'ont dénoncé notamment les associations. Les demandes d'asile, ensuite, évidemment que c'est au pays de décider s'ils les acceptent ou s'ils les refusent. Mais accepter qu'il y ait des possibilités de recours, accepter qu'il puisse y avoir d'autres possibilités de demandes qui soient faites par les personnes. Donc juste, ça ne peut pas être le bateau à coste, on fait ça à la va-vite et les personnes repartent.
Ce n'est pas possible de faire comme ça.
Donc vous êtes favorable à ce qu'à minima, tout le monde, dans un premier temps, puisse rester sur le territoire français ? Bien sûr.
Comment est-ce que vous voulez examiner les demandes sinon ? Bien sûr. C'est quand même accessoirement des gens qui ont passé 20 jours en mer. Par ailleurs,
je précise, c'est le cas. Les gens arrivent, ils sont placés dans un centre fermé. Là, en l'espèce, c'est la presqu'île de Gien. La justice examine leur cas. Ils ont une possibilité de recours. La justice se prononce. Ils sont laissés libres ou ils sont expulsables. Mais en tout cas, la justice se prononce. Oui, tout à fait.
Cette semaine, concernant justement l'accostage de l'Ocean Viking, je vous cite, c'était sur France, GAS24, vous avez dit nous avons cédé à l'extrême droite par rapport à l'Italie. Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Est-ce que vous pensez que ce qui s'est passé avec l'accueil de ce bateau, ça peut créer un précédent ?
Oui. Déjà, je voudrais dire que je suis quand même très inquiète de voir que celle qu'on appelle notre nation sœur a maintenant à sa tête quelqu'un qui est d'extrême droite et qui est admiratrice de Mussolini.
Giorgia Mélonie.
Comment ?
Giorgia Mélonie.
Exactement, Mélonie. Donc ça, c'est une inquiétude extrêmement forte. Et puis, la deuxième chose, c'est que quand je vous parlais du droit maritime international, une personne qui est en mer, qui a besoin d'être succurue, quelle que soit sa nationalité, quelle que soit sa couleur de peau, quel que soit je ne sais quoi, c'est le droit maritime qui le dit. Il faut que non seulement ces personnes soient secourues, et aujourd'hui, ce sont des ONG qui le font, avant, l'Union européenne avait justement une unité de sauvetage en mer, nous ne l'avons plus, je le regrette, qu'elles doivent être secourues et qu'elles doivent ensuite être menées au port le plus proche, le plus sûr.
Et donc, ça veut dire que maintenant que nous avons cédé sur cette question-là, à chacun des bateaux va se poser la question de savoir qui doit les accueillir. qu'il y ait ensuite une solidarité européenne pour qu'ensuite des personnes exilées puissent être accueillies dans différents pays, évidemment qu'il faut le faire. Mais qu'on laisse l'Italie en quelque sorte expliquer qu'avec eux, il n'y aura plus aucun migrant qui arrivera sur les côtes et dans les ports, je trouve que c'est très dangereux.
Mais à l'inverse, c'est un argument déployé par le gouvernement italien mais qui était valable pour la Grèce. À l'époque, on se souvient des îles sur lesquelles les migrants arrivaient par milliers dans des conditions terribles. Ces pays disent mais attendez, vous nous laissez seuls. Puisque de fait, nous sommes les principaux pays qui accueillons.
Non, non, nous ne sommes pas les principaux pays qui accueillons. Je viens de vous citer dans l'Union Européenne. Dans l'Union Européenne, vous parliez de l'Union Européenne. D'accord, mais je redis la plupart des migrations, la majorité des migrations sont des migrations sud-sud. Oui, mais comment fait-on
dans l'Union Européenne ? Quand l'Italie, quand la Grèce vous disent mais attendez, vous êtes bien gentil mais nous, on accueille.
Eh bien, justement, on crée des mécanismes de coopération sur les autres pays. Évidemment que ce n'est pas normal que ce soit l'Italie ou la Grèce qui accueille l'ensemble des personnes qui arrivent puisque ce sont eux qui sont les ports les plus proches. Est-ce que c'est un nouveau bateau ? La solution ne peut pas être la stratégie du laisser mourir en mer. Voilà. Je ne veux pas de la stratégie du laisser mourir en mer.
D'un mot, s'il y a un nouvel Ocean Viking et que l'Italie refuse de nouveau d'accueillir ce bateau, ça veut donc dire si on vous suit que la France devra ouvrir un de ses ports pour accueillir ce bateau.
Que voulez-vous faire ? Que voulez-vous faire ?
Mais donc, sa réponse est oui.
Mais la question... Bien sûr, mais la question c'est que... Évidemment, mais comprenez ce que je suis en train de vous dire. Il y a un droit maritime.
Bien sûr. Non mais on entend bien mais le problème... Je veux dire,
ça ne vous fait rien vous qu'on ait laissé mourir 27 personnes dans la Manche ? Enfin, une fillette est morte parce qu'on a refusé de porter secours à ce bateau. Je veux dire, il faut quand même se rendre compte de ce qu'on dit à la fin. Qu'est-ce qu'on dit à la fin ? On va laisser mourir des gens en mer ? Moi, je ne suis pas d'accord là-dessus. Je ne suis pas d'accord et je vais vous dire, lorsque vous voyez que la France accueille 0,7% 0,7% de sa population comme réfugiés quand des pays comme le Liban c'est 12% de sa population... Tout à fait, Madame Panneau,
le risque aussi il est quand même sur le plan de la politique intérieure et le risque c'est que cette affaire l'Ocean Viking ne fasse progresser le Rassemblement National donc pour ce risque. Pourquoi ? Parce que typiquement on voit qu'au sein de l'opinion publique à l'heure actuelle ce n'est pas forcément une volonté d'accueil on voit que le Rassemblement National capitalise là-dessus et donc typiquement...
Vous savez, je vais vous dire il y a beaucoup de gens dans ce pays qui seraient très heureux par exemple qu'il y ait 5 enfants qui arrivent dans leur village pour éviter que l'école ne ferme. J'ai vu un documentaire récemment sur un petit village dans le sud qui a accueilli deux familles syriennes et un centre d'accueil avec une centaine de personnes... Vous avez vraiment
le sentiment que l'opinion publique française à l'heure actuelle... Quand on est en train
de vous parler constamment de vagues migratoires incontrôlées ou de je ne sais quoi évidemment que les gens sont en train de s'imaginer je ne sais quoi...
C'est peut-être aussi les Français qui veulent moins d'immigration ce n'est pas interdit de poser cet acte-là et c'est ce qu'on voit pour rebondir sur ce que disait Valérie dans la majorité des sondages d'opinion quoi qu'on en pense d'ailleurs...
Je vous lis l'étude de l'OCDE de 2021 je veux que ça soit dit sur ce plateau Dans tous les pays la contribution des immigrés sous la forme d'impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que le pays consacre à leur protection sociale leur santé et leur éducation Je crois qu'à chaque fois qu'il y a des sujets qui sont durs en politique intérieure à chaque fois vous avez l'extrême droite aidée par le porte-flingue d'Emmanuel Macron sur les terres d'extrême droite c'est-à-dire M.
Darmanin qui ne cesse d'agiter la peur de l'immigration Je vais vous dire moi je suis fière d'être dans un pays dans lequel des personnes sont nées à l'étranger dans lequel il y a des enfants de seconde troisième génération de personnes qui sont venues à l'étranger et qui se retrouvent autour d'un pacte politique liberté, égalité, fraternité
Fin de la première partie de cette émission La suite dans un instant en direct Nous reviendrons comme d'habitude avec trois photos liées à l'actualité Vous en choisirez deux derrière chaque photo Il y a une question A tout de suite Mathilde Panot est l'invité de BFM Politique ce midi Madame Panot je vous montre trois photos elles sont toutes liées à l'actualité elles vont apparaître derrière moi derrière chacune de ces photos se cache une question vous allez voir une photo de la COP27 qui avait lieu en Égypte un panneau disant mon corps, mon choix, mon IVG et une photo de Donald Trump quelle photo choisissez-vous ?
Je vais commencer par mon corps, mon choix, mon IVG puisque jeudi aura lieu notre niche parlementaire Vous faites la question aussi
C'est pratique
Alors non, j'ai expliqué pourquoi j'en ai choisi allez-y, posez votre question
En même temps elle n'est pas sorcière cette question évidemment pourquoi est-ce que ce texte qui vise la constitutionnalisation de l'IVG est si important ?
Alors ça aura lieu jeudi prochain dans l'hémicycle pour notre niche parlementaire c'est-à-dire le seul jour où on peut choisir l'ordre du jour et c'est important parce que dans le monde aux Etats-Unis bien sûr avec la décision de la Cour suprême mais aussi en Europe avec la Pologne la Hongrie et même maintenant l'Italie où avec l'extrême droite ce droit à l'IVG est menacé et bien le fait d'inscrire dans la constitution le droit à l'IVG et à la contraception serait je crois un signal très important pour le monde et ce serait aussi le premier état nous serions le premier pays à inscrire le droit à l'avortement dans notre constitution alors ça serait une première étape ensuite il faut un projet de loi parce que si nous ne voulons pas avoir un référendum il faut que ça vienne du gouvernement et je le dis pour une fois nous voterions ce texte si la première ministre déniait enfin le présenter
deux photos restent donc dans ce mur Donald Trump et une photo de la COP 27 qui avait lieu à Charmelchec
évidemment la COP 27 et d'ailleurs il y a Carlos Martens Bilongo qui nous y représentait ah non vous avez une question à chaque fois je pars
allez-y vous dites monsieur Bilongo qui est dans le public juste derrière vous voilà pourquoi vous citez son nom bonjour bonjour à tous par ailleurs la COP 25 elle vient de prendre fin en gros les ONG dénoncent le bilan de cette COP 27 la jugent absolument insuffisante ils pointent tout de même la création d'un fonds pour aider les pays en voie de développement qui sont victimes des impacts climatiques ça sert à quoi une COP ?
alors oui effectivement la bonne nouvelle de cette COP c'est qu'il y aurait un fonds pour aider les pays les plus vulnérables au dérèglement climatique bon avec des montants qui sont annoncés pour l'instant qui sont comme une goutte d'eau et qui ne sont pas à la hauteur pour le coup sur la question de l'exploitation des énergies fossiles et le problème de la COP en général c'est que les engagements qui sont pris par les états ne sont pas des engagements contraignants donc nous nous plaidons pour une diplomatie contraignante sur les questions écologiques comme nous l'avions fait notamment avec le gaz vous savez qui était responsable du trou dans la couche d'ozone c'est parce qu'il y avait eu des interdictions c'est parce qu'il y avait eu des choses contraignantes qu'on avait réussi à avancer le problème de la COP c'est que ce sont des engagements que les états ne le tiennent pas et si je prends cette COP-ci savez-vous par qui elle était parrainée ?
Coca-Cola ce qui pose quand même des questions et une vingtaine de projets gaziers se sont conclus en coulisses de cette COP avec 163 lobbyistes d'énergie fossile qui étaient présents je crois que ce n'est pas à la hauteur de la situation
il faut les maintenir les COP ?
oui il faut les maintenir mais du coup avec ce que je propose c'est-à-dire une diplomatie contraignante sinon on n'y arrivera pas et on aura les 250 millions de réfugiés climatiques des gens qui seront obligés de s'exiler de chez eux parce que la mer sera montée des états qui vont disparaître notamment les états insulaires bref on voit déjà d'ores et déjà la catastrophe du dérèglement climatique et je crois qu'il faut agir d'urgence pour faire bifurquer notre modèle de production et de consommation
Madame Pannot vous avez évoqué la journée de jeudi au cours de laquelle vous allez décider l'ordre du jour à l'Assemblée nationale et travaux parlementaires nous allons rester à cette journée de jeudi proposition d'Emeric Caron qui est députée membre de la NUPES qui vise à interdire la corrida en France question simple vous allez la voter vous à titre personnel ?
bien sûr et tout notre groupe la votera la corrida aujourd'hui c'est une exception le code pénal prévoit déjà que lorsqu'il y a cruauté sévices sur animaux et encore plus mises à mort et bien c'est normalement 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende donc nous voulons interdire la corrida avec mise à mort et j'espère que l'Assemblée nationale sera au rendez-vous de ce grand pas pour je crois notre humanité
dans le journal du dimanche plusieurs responsables politiques Christophe Castaner Renaud Muselier Bruno Retailleau donc de tous partis politiques refusent l'interdiction de la corrida et dénoncent je cite un éco-totalitarisme qu'est-ce que vous leur répondez ?
bien je crois que nous avons effectivement des éco-terroristes dans notre pays ils s'appellent Total et autres qui sont les multinationales qui sont responsables de 80% des émissions de CO2 et donc de la situation dans laquelle nous sommes et juste j'ai lu cette tribune ils parlent de la tradition française ils en sont extrêmement loin puisque la corrida est une tradition espagnole et d'ailleurs le Conseil d'État en 2016 avait lui-même montré que la corrida espagnole ne pouvait se prévaloir d'appartenir au patrimoine culturel immatériel de la France par ailleurs je le dis parce que c'est souvent la caricature qui est faite sur notre texte et bien les jeux taurins par exemple ne sont pas concernés nous sommes sur l'interdiction de la corrida avec mise à mort
dans cette tribune ils défendent la corrida la chasse les barbecues entre amis ce sont les mots qui sont écrits dans cette tribune ça correspond à votre vision de notre pays
je crois que c'est une vision assez archaïque de ce qui se passe je le dis parce que par exemple si on prend la question du barbecue si on prend la question de la chasse généralement des techniques les plus cruelles de chasse je pense notamment à la chasse à la glu à la chasse aux renards qui est notamment responsable du développement de la maladie de Lyme dans notre pays et bien je crois qu'à l'heure où nous savons qu'il faut fortement baisser notre consommation en protéines carnées et bien je crois que ce n'est pas à la hauteur des enjeux que nous avons et que le prendre de manière un peu moins caricaturale et où on ne dictera pas à des gens de ne pas manger de viande on dit juste que collectivement en termes de système il faut qu'on pense comment est-ce que nous pouvons être à la hauteur du plus grand défi du 21ème siècle
une question très précise vous êtes donc favorable à l'interdiction de la corrida notamment pour les souffrances que cela cause aux taureaux est-ce qu'il n'y aurait pas une forme de cohérence dans ce cas-là si on est sur le sujet de la souffrance animale à plaider pour l'interdiction de l'abattage rituel ?
non, non, parce que enfin non je ne vois pas
sans étourdissement pendant la campagne présidentielle Jean-Luc Mélenchon lui-même avait reconnu que c'était un sujet qu'il allait falloir aborder avec les responsables religieux Yannick Jadot aussi si on va sur le sujet de la souffrance animale qui est une qui est d'un sujet important
oui, vous pouvez le poser sur les questions des techniques d'abattage en général notamment vous avez vu le nombre de lanceurs d'alerte le nombre de lanceurs d'alerte qui existent dans les abattoirs et nous en avions soutenu plusieurs pendant la campagne présidentielle qui montraient par exemple des animaux qui étaient en train de s'enfuir sur des parkings parce que justement les conditions d'abattage étaient absolument atroces donc la question la question des abattoirs est posée notamment par des lanceurs d'alerte mais je crois que la question de fond qui doit se poser c'est comment est-ce qu'on réduit à la fois on interdit les fermes-usines on réduit la consommation de viande et qu'on arrive à être je crois dans un modèle qui est beaucoup moins consommateur des ressources qui je le rappelle sur cette planète sont des ressources finies
le mondial de football débute aujourd'hui au Qatar sans Karim Benzema le ballon d'or français est blessé il ne participera pas à la compétition mais avec Gérald Darmanin il ne va pas jouer le ministère de l'Intérieur mais le ministre de l'Intérieur qui va représenter en revanche la France à la cérémonie d'ouverture aujourd'hui Madame Pannot à la demande du président de la République il est troisième dans l'ordre protocolaire est-ce que c'est sa place ?
Non non non parce que nous nous demandons un boycott diplomatique de cette coupe du monde d'abord parce que l'attribution au Qatar de cette coupe du monde s'est faite dans des conditions qui montrent des certaines formes de corruption ensuite parce que 6500 ouvriers 6500 ouvriers sont morts sur les chantiers et que pour l'instant est refusé même le fonds d'indemnisation aux familles des victimes que nous avons demandé avec 120 parlementaires que vous allez avoir des stades qui sont climatisés à ciel ouvert que vous allez avoir des vols toutes les 10 minutes entre le Qatar et les capitales des pays voisins qui vont se faire puisque les supporters seront bien souvent logés dans ces pays voisins donc je crois que le minimum serait d'avoir un boycott politique de cette coupe du monde
cette semaine en revanche Emmanuel Macron lui a dit qu'il ne fallait pas politiser le sport vous êtes d'accord avec ça ?
non si vous ne politisez pas le sport vous ne parlez pas d'homophobie dans le sport vous ne parlez pas de racisme dans le sport et bien sûr que le sport est politique on l'a vu de nombreuses fois dans notre histoire
et vous à type personnel ces matchs de l'équipe de France et puis les matchs au sens large du mondial vous allez les regarder ?
non mais en fait on ne veut pas poser la question sur un plan individuel mais non mais non parce qu'en fait à la fin qu'est-ce que vous dites aux gens ? alors vous n'allez pas regarder etc il y a des grandes villes en France
par exemple qui boycottent les étrangers on n'y aura pas de faim oui mais du coup
ce n'est pas individuel c'est des décisions collectives qui je crois honorent les villes qui les prennent ce que nous demandons avec le boycott diplomatique c'est justement d'avoir un message de la France qui n'est pas silencieux sur ce qui est en train de se passer non je viens de vous répondre non et vous aimeriez que la France mais ce que je veux dire c'est que je ne veux pas passer un message de culpabilisation individuelle ça ne m'intéresse pas la question est pourquoi est-ce que c'est le Qatar qui a obtenu cette coupe du monde la question est est-ce que la France diplomatiquement va décider d'aller soutenir en quelque sorte et adhérer à cette coupe du monde en étant à la cérémonie d'ouverture en étant pourquoi pas à des matchs et bien je ne suis pas d'accord pour que mon pays participe à cela
vous aimeriez que la France gagne la coupe du monde ?
je le souhaite pour l'équipe mais c'est pas en fait c'est pas ça la question non mais il faut vous rendre compte quand même 6500 ouvriers qui sont morts enfin à un moment il faut quand même si donc vous trouvez que les joueurs
par exemple les voles risques
je vais vous dire ce qu'Alexis Corbière a dit dans la forme nationale vous l'avez entendu peut-être l'équipe de France n'a pas besoin d'Emmanuel Macron pour gagner par contre par contre les droits humains ont besoin de la France pour pouvoir être défendu et bien c'est ce que je défends aujourd'hui
quand Hugo Lloris dit par exemple il faut qu'on respecte les traditions du pays dans lequel on va jouer est-ce que ça ça vous choque que le gardien de l'équipe de France dise cela ?
écoutez je ne veux pas faire une polémique avec lui mais enfin non par exemple être un pays dans lequel l'homosexualité peut être condamnée à mort je suis désolée
Louis Boyard qui est député à la France Insoumise a déposé plainte Madame Panot pour un jure public après son altercation avec Cyril Hanenna sur le plateau de son démission est-ce que vous appuyez cette démarche en tant que présidente de la France Insoumise ?
ben oui et puis je pense qu'on ne peut pas parler d'altercation enfin ce n'est pas une altercation c'est Louis Boyard qui s'est fait copieusement insulter jusqu'à t'es une sale merde et je ne sais quoi sur un plateau de télévision et moi je vous le dis je n'accepte pas qu'un animateur quel qu'il soit insulte comme ça un des députés vous avez déposé plainte
aussi vous ou pas ?
alors moi je n'ai pas déposé plainte j'ai déposé au nom du groupe parlementaire une saisine à l'ARCOM et je suis contente de voir que l'ARCOM s'en est saisie puis d'ailleurs plusieurs téléspectateurs l'ont fait tellement ils étaient choqués de la violence de la séquence et l'ont fait en disant qu'il devrait y avoir une sanction pour la chaîne donc je m'en réjouis après ça pose une autre question et nous c'est la question que nous voulons poser c'est un des textes que nous déposons dans la niche parlementaire qui est la question des 9 milliardaires qui possèdent 90% des médias et donc de la déconcentration vous mettez quoi
comme médias ?
parce que si on inclut
la PQR par exemple ce chiffre n'est pas correct ?
oui mais non si si ce chiffre est correct je vous assure même avec la PQR je vous assure c'est un chiffre c'est 9 milliardaires 90% des médias et donc je crois qu'il est temps de libérer les médias et donc l'information démocratique de la mainmise de ces milliardaires et qu'on puisse en discuter comme il l'a fait sur Bolloré
après ce qui est étonnant ce qui a étonné aussi en partie il faut dire la vérité c'est que vous le connaissez ce programme puisque beaucoup plusieurs de vos députés ont été chroniqueurs dans cette émission que vous vous y rendez également régulièrement donc vous saviez très bien Louis Boyer
nous allons partout où nous pouvons vous savez je ne vais pas ce n'est pas parce que c'est une chaîne qui appartient à Bolloré ici je pourrais parler de Drahi etc on va partout où nous pouvons parler et je le dis si nous investissons autant les réseaux sociaux c'est parce que nous n'avons pas de médias qui appartiennent qui nous appartiennent à nous qui appartiennent au peuple et donc nous allons partout essayer de faire passer les idées et d'ailleurs je dis juste sur Cyril Hanouna qui a annoncé que la France Insoumise ne serait plus invitée que ce n'est pas à lui de choisir cela que sa chaîne a une convention avec l'ARCOM mais vous vous avez
envie de continuer à y aller ?
comment ?
vous avez envie de continuer à y aller ?
mais en fait la question ce n'est pas celle du boycott individuel ce que je vous dis c'est une question
non c'est un boycott politique vous êtes président de groupe la France Insoumise honnêtement on vous entend depuis ce qui s'est passé sur le plateau vous dites Cyril Hanouna encourage le racisme vous dites Vincent Bolloré au fond fait avancer son agenda
et vous dites non non mais par contre on peut continuer à y aller vous comprenez que c'est une question stratégique vous voulez vraiment qu'on laisse des émissions où il n'y aura que l'extrême droite et les ultra riches qui pourront s'exprimer
Jean-Luc Mélenchon lui-même dit que c'est un plateau fabriqué sur mesure pour l'extrême droite donc qu'est-ce que vous allez faire vous les insoumis sur un plateau fabriqué sur mesure pour l'extrême droite est-ce que vous pouvez vraiment faire progresser vos idées dans ce qu'elle fait lieu ?
il y a une convention entre C8 et l'ARCOM personne n'a le droit ne pas avoir un pluralisme dans les expressions donc ce n'est pas monsieur Hanouna qui décide qui vient ou non sur son plateau
Madame Pano monsieur Bilingo est sur ce plateau le soir de l'altercation à l'Assemblée Nationale le premier réflexe que vous avez vous allez en exclusivité chez Cyril Hanouna sur C8 dans Touche Pas Mon Poste avec d'ailleurs monsieur Guiraud monsieur Bilingo et vous-même pour vous exprimer pour la première fois quand vous choisissez ce plateau pour y aller et que quelques jours après quelques semaines après vous dites mais c'est un plateau autour de l'extrême droite Cyril Hanouna est insupportable vous comprenez que les gens se disent mais il y a une forme d'hypocrisie assez incroyable à critiquer des plateaux sur lesquels vous vous rendiez même parfois en exclusivité
mais nous critiquons aussi les vôtres de plateau
mais attendez mais il n'y a pas les mêmes mais en l'espèce ce n'est pas en l'espèce
mais non mais vous avez raison mais vous avez raison je ne dis pas que Cyril Hanouna n'a pas franchi une ligne rouge mais on continue à y aller mais que faites-vous des 2 millions de personnes dans ce pays notamment des jeunes qui regardent ces émissions le jour où vous ferez 2 millions de personnes on vous choisira aussi en exclusivité mais non mais
sur l'heure que vous aurez passé avec nous il y aurait eu 2 millions de personnes comme ça vous avez l'impression
je dis ça pas pour vous comprenez que ce n'est pas des choses individuelles quand je vous parle des questions systémiques de comment est-ce que le peuple pourrait reprendre la main sur les médias vous vous rendez compte que le rôle que vous avez en tant que journaliste est un rôle extrêmement important la question de l'information la question comment est-ce qu'on essaye d'appréhender de comprendre le monde la question que vous pose
Benjamin c'est celle de la cohérence en fait c'est la seule question ce que vous dites Benjamin j'entends ce que vous dites sur votre combat sur votre volonté mais c'est la cohérence de dénoncer un endroit avec beaucoup de violence et de continuer à y aller
probablement va être sanctionné ce que j'espère ensuite la question c'est si nous n'allons pas par exemple sur quel argument cela se base-t-il si nous n'allons pas sur des médias détenus par des milliardaires nous n'allons plus nulle part donc j'évacue cet argument et vous en êtes d'accord je crois ensuite la question c'est il y a un animateur spécifiquement qui a décidé de faire en quelque sorte le soutien à M. Bolloré à tel point qu'il est capable d'insulter un député du peuple évidemment que nous n'allons pas retourner demain sur TPMP ce n'est pas son choix ce n'est pas sa décision
vous n'y retournerez pas tant qu'il ne sera pas sanctionné sachant que lui-même ne veut pas vous inviter pour l'instant mais c'est à peu près ça la ligne que vous avez
oui mais ce n'est pas à lui de décider c'est ça que je veux dire mais bien sûr que vous n'allez pas nous voir demain aller sur un plateau alors que Louis Boyard a été complieusement insulté dans une séquence qui était quand même
concernant votre argumentaire sur Vincent Bolloré il y a quand même un petit souci c'est peut-être un petit peu difficile à entendre quand on se rend compte que Louis Boyard qui porte cet argument il a lui-même touché 6 784 euros de la part de Vincent Bolloré
alors que M. Hanouna en a 40 000 euros par mois juste pour son poste d'animateur non mais arrêtez ça ne gêne pas M. Boyard je vais vous dire oui mais M. Boyard qu'est-ce qu'il a fait sur ce plateau ? il a parlé de la précarité étudiante à chaque fois qu'il est invité et là il porte par exemple l'intex qui est sur la garantie d'autonomie pour tous les jeunes en formation à hauteur du seuil de pauvreté c'est-à-dire 1102 euros par mois c'est là que vous répondez pas à la question ? si parce que c'était utile que M.
Boyard soit sur ce plateau pour porter ses questions avançons s'il vous plaît non mais il faut quand même qu'il y ait des contradictions possibles dans des émissions vous êtes d'accord ?
tout à fait donc voilà Adrien Quatennin c'est toujours absent des bancs de l'Assemblée nationale Madame Panot son arrêt maladie je crois a pris fin il y a une quinzaine de jours pas le jour précis mais en gros c'est cela quand est-ce qu'il va revenir ?
nous sommes dans une discussion collective et je le dis ici aucun des médias n'est membre de mon groupe parlementaire et donc je ne veux pas mettre en danger la discussion collective que nous avons en ayant une expression sur des plateaux médiatiques sur la manière dont nous réfléchissons au retour et aux modalités de retour d'Adrien Quatennin
pardonnez-moi de se dire que vous réfléchissez aux modalités mais la question de son retour n'est pas posée il reviendra
il reviendra
est-ce que c'est une question de jours de semaines est-ce qu'il faut attendre pour cela que la justice se soit prononcée ? nous sommes en discussion collective il y a aussi des conditions à son retour qu'est-ce qui pourrait permettre ce retour ? peut-être une discussion collective non mais je l'ai vous dit je sais que ça vous énerve comme réponse non mais vous comprenez
vous comprenez que nous sommes un collectif humain de 75 que parfois les temps humains ne sont pas les temps médiatiques je comprends que vous posiez la question mais moi ma réponse c'est nous discutons avec mon groupe parlementaire
vous convenez que vous êtes un collectif humain de représentants de la nation française et d'élus qui sont payés par le peuple français donc il y a aussi une question que nous posons nous légitimement de savoir ce que cet élu qui perçoit toujours sa rémunération qui ne siège plus va faire dans les semaines qui viennent c'est pas juste une question médiatique c'est une question démocratique
j'espère que vous aviez les mêmes questionnements sur l'ensemble des députés macronistes dont les habitants étaient même obligés de mettre sur les murs des avis de recherche tellement ils ne les voyaient plus je le dis juste parce que là écoutez il y avait un arrêt maladie qui était prononcé par un médecin voilà un arrêt maladie prononcé par un médecin ni vous ni moi nous sommes médecins ici donc voilà qui vient de se finir récemment vous l'avez dit et donc je trouve normal que nous ayons un processus de dossier
vous parlez de votre groupe de 75 personnes ce sujet du retour d'Adrien Quatennens il fait consensus à l'heure actuelle chez vous tout le monde est d'accord pour qu'il revienne au sein de votre groupe à l'Assemblée
oui personne ne s'est exprimé dans le groupe parlementaire pour demander la démission d'Adrien Quatennens
au sein de l'ANUPS pour le coup un collectif plus large avec d'autres couleurs politiques c'est peut-être plus mitigé comme perception de tout ça certains plaident même pour qu'ils ne reviennent pas sous les couleurs de l'ANUPS ça pourrait être une solution envisageable ?
non je vous le dis nous travaillons nous discutons aux conditions de retour d'Adrien Quatennens dans mon groupe parlementaire de la France Insoumise NUPES et ensuite évidemment vous savez nous sommes quatre groupes parlementaires dans l'ANUPS chacun est libre de s'exprimer sur des choses nous aurons aussi des discussions avec l'ANUPS mais les conditions du retour dont nous discutons avec le groupe parlementaire sont celui du retour dans le groupe de la France Insoumise
vous avez sans doute entendu hier dans la rue parce que vous y étiez la manifestation organisée par le collectif Nous Toutes pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles les organisateurs et Tris ont demandé qu'Adrien Quatennens soit retiré du groupe parlementaire de la France Insoumise qu'est-ce que vous leur répondez ?
alors j'ai vu effectivement la conférence de presse j'ai vu y compris les différents reportages j'y étais à cette manifestation je l'ai précisé j'ai vu peut-être une pancarte ou deux pancartes je le dis juste pour qu'on remette aussi des choses sur 80 000 personnes qui étaient
non mais attendez là on parle des organisateurs on parle au fond du risque qu'il y a d'une sorte de coupure entre une base militante qui considère qu'il est inacceptable que quelqu'un qui a admis avoir giflé sa femme puisse revenir dans un collectif politique et vous qui dites certes alors on discute des modalités des conditions mais il reviendra il reviendra il reprendra la parole
parce qu'il y a vous savez les principes féministes sont exigeants et la première exigence je dis
elles ne sont pas féministes quand elles disent qu'il ne faut pas qu'il y ait rien à la France écoutez
mais c'est exigeant d'accord ça veut dire que vous devez poser des questions et y répondre et que ces questions ne sont pas faciles attendez je termine là-dessus
mais ces militantes sont féministes et elles ne veulent pas qu'un Dré 14 revient
et alors et alors des débats peuvent exister mais il y a un moment est-ce que vous voulez envoyer moi je pense qu'il est plus sain dans une société y compris sortie du patriarcat que quelqu'un dise oui j'ai fait un geste inexcusable et le dise plutôt que quelqu'un qui comme le fait monsieur Abad sur des films beaucoup plus graves Mathilde Panot pardon juste sur la différence
monsieur Abad ni les faits et donc il y a une présomption d'innocence alors qu'Adrien Cattenance
vous renvoyez toujours donc en fait le problème c'est que monsieur Cattenance a mis un geste qu'il dit lui-même être inexcusable vous ne trouvez pas que c'est plus sain en termes de société
Mathilde Panot le seul plus sain en termes de société
je vous dis la réhabilitation est aussi une question féministe
Mathilde Panot le problème que vous allez avoir avec Adria est-ce que ça ne va pas être quand même problématique Adria Cattenance revient sur vos bancs et de défendre des questions féministes avec Adria Cattenance
nous étions dans la rue pour demander les 2 milliards d'euros nécessaires vous étiez dans la rue mais Adria Cattenance il n'y était pas
quand il va revenir sur les bancs de l'Assemblée cette critique dont on fait écho Benjamin Duhamel nous étions hier
pour demander les 2 milliards qui sont nécessaires par an sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles que le gouvernement refuse depuis des années au début il fallait 1 milliard maintenant il en faut 2 tellement on a pris du retard pour demander les 15 misplaces hébergenants pour demander d'essayer une loi 4 sur la question des violences et nous continuerons à le demander
juste un mot vous avez vu la campagne contre les violences faites aux femmes à Lille je précise qu'Adrian Cattenance il est élu de Lille je vais vous montrer les panneaux cette campagne elle a fait beaucoup réagir il ne l'a frappé qu'une fois et ces panneaux là ont été dans la circonscription publié dans la circonscription d'Adrian Cattenance c'est politique ça ou pas ?
je ne sais pas
question politique pour le coup pour la suite est-ce que l'avenir d'Aléfi c'est vous ?
non c'est un collectif je crois qu'on le montre bien on est je pense notamment grâce à Jean-Luc Mélenchon le seul groupe politique dans lequel vous pouvez inviter plusieurs personnes qui sont très identifiées du grand public oui mais en l'occurrence
c'est lui le patron comment ? en l'occurrence c'est Jean-Luc Mélenchon le patron
comment ça le patron ?
c'est votre candidat c'est lui qui décide c'est lui le patron
oui je suis présidente du groupe parlementaire Manon Aubry est présidente du groupe de la gauche européenne vous n'avez pas de patron
en fait comment ? vous n'avez pas de patron
nous sommes un collectif humain qui luttons pour des idées et pour réexpliquer et redire toujours qu'un autre monde est toujours possible
est-ce que vous avez envie de diriger ce collectif humain à l'avenir ? de le représenter
je dirige le groupe parlementaire je tiens ma tâche et ma tâche c'est de faire en sorte qu'à l'Assemblée à la fois nous soyons au combat pour contrer les mauvais coups d'Emmanuel Macron et souvent d'ailleurs qui font souvent main dans la main avec le Rassemblement National comme par exemple le fait qu'ils votent ensemble contre la hausse du SMIC et surtout surtout de toujours à tout moment expliquer ce que nous nous ferions au gouvernement en faisant des propositions de loi
parce qu'on n'est pas totalement honnête il faut vous poser cette question parce qu'il y a en ce moment des velléités d'autonomisation chez Clémentine Autain chez François Ruffin qui lui dit voilà je veux me me sauce démiser qui réfléchit qui veut jouer un rôle à gauche
vous savez que vous allez me poser
ça vous agace
je vous lis 17 novembre 2022 tweet de monsieur Ruffin François Ruffin Média ne rêvez pas il n'y aura pas de duel avec mon ami Jean-Luc Mélenchon nos forces s'additionnent pour faire mieux Clémentine Autain 19 novembre 2022 je veux prendre ma part dans le mouvement et bien je crois que c'est ce que nous faisons
vous savez ce que nous faisons Madame Pannot pardon de vous entendre mais nous Média nous vous écoutons toutes et tous avec beaucoup beaucoup d'attention il se trouve que je participais à la soirée électorale présidentielle et que j'ai entendu Jean-Luc Mélenchon dire pour moi c'est terminé à vous désormais de faire mieux je crois que c'est quasiment mot pour mot ce qu'il a prononcé après sa défaite au premier tour de l'élection présidentielle
nous faisons mieux nous sommes 75 nous Média évidemment
lorsque monsieur Mélenchon qui vous a représenté au cours de plusieurs élections dit faites mieux pour moi c'est terminé nous Média pour reprendre l'expression nous vous posons la question de savoir qui sera tenté de faire mieux
et bien pour l'instant nous faisons mieux collectivement et la preuve nous avons multiplié par 5 notre nombre de députés à l'Assemblée nationale avec des victoires éclatantes comme celle par exemple de Rachel Keke qui est une femme de chambre qui a fait 22 mois de grève victorieuse et qui je crois remet un lien extrêmement fort entre le peuple et la politique et c'est ce que nous voulons faire
dans un tout autre registre madame Pannot le journal Libération cette semaine a sorti l'information que Sophia Chikirou allait être très prochainement convoquée par la justice pour escroquerie aggravée dans le cadre de l'enquête qui porte sur le financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon en gros la justice cherche à savoir si la société de cette ex-communicante de Jean-Luc Mélenchon qui a donc une société qui travaillait pour la campagne corresponde à de réelles prestations ce dossier est-ce qu'il va devenir un vrai caillou dans la chaussure pour elle et fille dans les prochaines semaines
écoutez ça fait 4 ans ça fait 4 ans qu'on est convoqués au fur et à mesure qu'on a eu une perquisition avec 100 policiers qui ont été réquisitionnés comme si nous étions extrêmement dangereux je vais vous lire une phrase de l'article de Libération les auteurs notent toutefois donc c'est rapport d'expertise comptable commandé par le juge les auteurs notent toutefois que la majorité des prestations qu'ils ont réussi à analyser ont été traitées sans ajout d'un surcoût au passage donc moi je me demande bien cela fait 4 ans j'attends qu'on nous dise ce qu'on nous reproche exactement et j'attends que vous ayez aussi la même exigence vis-à-vis des comptes de campagne d'Emmanuel Macron sur lesquels des questions sont régulièrement posées aussi dans la presse
et nous posons toutes les questions ne vous inquiétez pas c'est très bien merci d'être venu répondre au nôtre aujourd'hui sur ce plateau merci beaucoup Valérie et Benjamin voici affaire suivante Philippe Godin Dominique Rizet je vous retrouve à 18h pour BFM TV à tout à l'heure Sous-titrage Société Radio-Canada
Mathilde Panot