L'invitée d'Apolline Matin : Agnès Pannier-Runacher - 19/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, élection municipale. L'électeur macroniste est coincé entre LFI et l'ERN. Voilà ce que dit le sondeur, le patron de l'IFOP, Frédéric Dhabi, fin connaisseur de la carte électorale française. Agnès Pannier-Runacher, bonjour. Vous êtes ancienne ministre de la transition écologiste, macroniste de la première heure, députée Renaissance aujourd'hui du Pas-de-Calais. Ils sont passés où les macronistes pendant ces municipales ?
Ils ont gagné des mairies. Moi, je suis époustouflée d'entendre ce narratif parisien sur la conquête du LFI et du ERN, alors que la vérité des chiffres, c'est que 95% des maires ont été élus dimanche dernier, 95%, avec une poussée centriste, plus de 100 maires centristes ont été élus. Dans mon département...
Dans des toutes petites villes.
Écoutez, dans mon département, je peux vous citer la ville préfecture, Arras, Saint-Omer, Béthune, qui ne sont pas des petites villes, qui sont les grandes villes de ce département. Madame Natacha Bouchard, elle est élue, alors que tout le monde disait qu'elle allait perdre face au Rassemblement National, avec non seulement notre soutien, mais des candidats sur sa liste. Nous sommes en passe... Elle est renaissance, Natacha Bouchard ? Non, j'ai dit avec notre soutien. Elle n'est pas renaissance, elle est divers droite.
Quelle mère renaissance ?
Denis Thuriot, pour prendre celui-là. Et dimanche prochain, nous sommes en très bonne posture. Pardon, mais Denis Thuriot, c'est dans quelle ville ? Nous sommes en très bonne posture, très rapidement, à Annecy et à Bordeaux. Donc ce sont des conquêtes. Pardon, vous avez cité Denis Thuriot ? Denis Thuriot, oui, qui est à Nevers. À Nevers. Voilà. Donc ce n'est pas des petites villes. Il faut sortir de ce parisiano-centrisme. Il faut aussi sortir de ce narratif des LFI et du RN qui ne correspond à rien. Et LFI, c'est moins de 0,5% des villes. Moins de 0,5%. Ils font deux fois moins de voir que la gauche modérée. Et je l'ai redis hier matin ici,
ils ne sont en réalité, en effet, arrivés en tête que dans 5 villes de France, 5 villes de plus de 30 000 habitants. Et aucune d'ailleurs dans les moins de 30 000 habitants. Donc 5 villes tout court. Sauf qu'ils sont aujourd'hui peut-être en mesure, par leur stratégie, on aime, on n'aime pas, mais enfin ils ont quand même bien pris en piège l'EPS, à Toulouse, peut-être à Limoges, en bonne position ailleurs. Est-ce que vous, vous n'avez pas péché par le fait de ne pas investir les territoires ?
Je ne crois pas, je crois surtout que c'est le Parti Socialiste qui est en voie d'effacement et qu'il y a eu une stratégie qui est délétère.
Alors si on regarde les voix, ils ont eu au Parti Socialiste et chez LR beaucoup plus de voix qu'il n'y en a eu pour un candidat Renaissance.
Alors d'abord, le bloc central, c'est plusieurs parties. Ce n'est pas que Renaissance. Deuxièmement, nous, nous sommes dans des stratégies de conquête. Nous n'existions pas il y a quelques années. Nous n'avons pas 60 ans de vie politique dans les pattes. Et nous sommes en progression. Ce n'est pas le cas du Parti Socialiste. Et le parti, la droite, se fait grignoter par le Rassemblement National. Voilà la véritable situation.
Emmanuel Macron met en garde contre les extrêmes. Ça fait maintenant presque dix ans qu'il est au pouvoir. C'est ça l'héritage qu'il laisse. Une France qui est quand même en effet extrêmement polarisée, plus qu'avant encore.
Mais parce que c'est une polarisation qui est dans toutes les, je dirais, vieille démocratie occidentale. Les extrêmes ont pris le pouvoir aux Etats-Unis. Les extrêmes ont menacé de prendre le pouvoir. Ils ont conduit à la sortie du Royaume-Uni de l'Europe au Royaume-Uni. Les extrêmes sont au pouvoir en Italie. Ils partagent le pouvoir en Suède. Ils sont au pouvoir en Slovaquie. Ils sont au pouvoir, je ne vais pas énumérer tous les endroits où les extrêmes sont au pouvoir. En Hongrie, évidemment, depuis des années. Et nous, nous luttons pied à pied. Et la ligne très claire du Bloc central et de Renaissance, avec Gabriel Attal, c'est ni l'extrême droite, ni l'extrême gauche.
Et il faut croire que nous sommes les seuls sur cette ligne-là.
Agnès Pannier-Rinaché, vous voteriez Dati sans Etat-Dame à Paris ?
Dati a fusionné avec une liste centriste. Et moi, je soutiens les candidats centristes de cette ligne. Je ne vote pas à Paris. Mais effectivement, je soutiens la liste qui porte mes candidats.
Donc, vous soutenez la liste de Rachida Dati sans Etat-Dame ?
Sans Etat-Dame, je soutiens la liste qui porte mes candidats. Vous entendez que ce sont mes candidats de Renaissance.
Et ils sont onze à avoir rejoint, en effet, la liste dans cette fusion à Paris. Le journal L'Opinion, ce matin, écrit Emmanuel Macron, déplore les effets dont il est lui-même la cause. Je n'achète pas ce narratif. En voulant recomposer la scène politique, c'était son ambition ? C'était l'ambition première du macronisme ?
L'ambition du macronisme, c'est de tirer les conséquences du fait que les deux partis qui avaient structuré la vie politique depuis des années étaient en perte de vitesse. Et que leur offre politique ne correspondait plus aux attentes des Françaises et des Français. Le Rassemblement national monte aux élections bien avant Emmanuel Macron. Moi, je suis dans une région qui est les Hauts-de-France. Les Hauts-de-France, c'est une région dans laquelle le Rassemblement national s'est implanté. Et nous luttons pied à pied, probablement dix ans d'avance sur le reste de la France avec le Rassemblement national.
Et ce qu'on voit sur le terrain, c'est exactement la stratégie du dépassement qui a été proposée par le président Emmanuel Macron. Les listes qui ont gagné avec les plus forts taux, je vous citais quelques maires qui sont du bloc central, je pense à François de Coster, 75% à l'élection. Ce sont des listes qui rassemblent des hommes et des femmes de bonne volonté, de la droite modérée jusqu'à la gauche responsable. C'est ça la réalité. Et ce fait politique est effectivement aujourd'hui incarné par le bloc central. Et je crois que les élections municipales rebattent les cartes parce que Olivier Faure avait fait de non-accords avec LFI une ligne rouge qu'il a franchie à 14 reprises lundi.
Donc on ne peut pas lui faire confiance. Il s'est décrédibilisé. Et moi, je crois qu'aujourd'hui, la droite modérée doit se réunir effectivement avec la gauche de responsabilité, celle qui est notamment portée par la classe publique. Et reconstituer un bloc qui prendrait des initiatives en ce sens.
Et acquitter donc le PS. Merci Agnès Pannier-Renaché d'être venue ce matin, ancienne ministre et députée Renaissance du Pas-de-Calais.
Agnès Pannier-Runacher