Nicolas Dupont-Aignan invité de L'Epreuve de Vérité sur Public Sénat
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 52 %Défensif 19 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse partielle
Le budget 2018 est-il une politique pour tous les Français ?
- 0:55OuverteRéponse directe
Avec qui poursuivrez-vous votre aventure politique après votre alliance avec Marine Le Pen ?
- 8:19OuverteRéponse directe
Le projet de budget 2018 est-il pour tous ou pour quelques-uns ?
- 10:05OuverteRéponse directe
Souhaitez-vous taxer davantage le capital et la fortune ?
- 19:36OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a-t-il donné un souffle nouveau à l'Europe ?
- 28:15OuverteRéponse directe
Schengen est-il mort et enterré selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45Invité politiqueFait
« C'est un acte de haute trahison industrielle et nationale. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Il y a eu Technip, qui nous a été vendu comme l'union fait la force. Au bout de 6 mois, les Américains avaient les 2 tiers du conseil d'administration. »
- 8:35Invité politiqueFait
« C'est un budget pour les super-riches, même pas ceux qui créent. »
- 8:54Invité politiqueChiffre
« 5 milliards à peu près pour les plus fortunés des fortunés. »
- 9:28Invité politiqueFait
« Baisse de l'ATH, augmentation de l'allocation adulte handicapé, mais qui est compensée par la hausse de la CSG, la suppression de l'APL, la réduction de l'APL, la suppression des emplois aidés, la hausse du diesel, la hausse du tabac. »
- 20:14Invité politiqueFait
« La France refuse l'application du CETA, ce traité de libre-échange totalement contradictoire avec les accords écologiques de Paris. »
- 23:15Invité politiqueFait
« Quand vous envoyez quelqu'un à la mort, un soldat, c'est quelqu'un qui donne sa vie pour la nation. »
- 26:24Invité politiqueFait
« Je considère qu'il n'y a aucune raison que les réfugiés restent en Europe. Ils doivent repartir en Syrie. »
- 30:16Invité politiqueFait
« J'ai soutenu au second tour et je ne le regrette pas un instant parce que j'ai voulu casser ce piège de François Mitterrand. »
- 35:20Invité politiqueFait
« Personne ne sait qui sera en position en 2022. »
- 36:41Invité politiqueChiffre
« On a eu 2500 adhérents supplémentaires en un mois. »
- 36:57Invité politiqueFait
« Voir un projet alternatif face à Macron. »
- 37:26Invité politiqueFait
« Les Français n'avaient pas soif de Macron. »
- 37:32Invité politiqueFait
« Ils ont voté par défaut. »
- 40:30Invité politiqueFait
« Ils veulent savoir comment on va défendre nos PME relocalisées. »
- 40:33Invité politiqueFait
« Ils veulent savoir comment on va sauver l'hôpital. »
- 42:23Invité politiqueFait
« Quel est le beau projet qui peut permettre de relocaliser 2 millions d'emplois ? »
- 42:51Invité politiqueFait
« Je suis convaincu qu'à partir du moment où les Français ne veulent pas sortir de l'euro, ça ne sert à rien de dire il faut sortir de l'euro. »
- 43:11Invité politiquePromesse
« Je veux préparer cette plateforme commune pour, dans un an, qu'on soit prêt. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan67 %
- Présentateur10 %
- ?10 %
- Présentateur 25 %
- Invité3 %
- Invité 22 %
≈ 65,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Public Sénat, en partenariat avec l'AFP, Les Echos, Radio Classique, présente... Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, est l'invité de l'épreuve de vérité. Bonsoir. Bonsoir. Et merci d'être avec nous à ce rendez-vous de Public Sénat, avec l'AFP, avec Les Echos et Radio Classique. L'actualité économique et industrielle vous donne l'occasion de réagir, de bondir même, ai-je envie de dire. Nicolas Dupont-Aignan, vous répondrez donc à trois grandes questions aujourd'hui. Un, la politique mise en œuvre avec le budget 2018, est-ce une politique pour tous les Français, comme le dit l'exécutif ? Vous répondrez à Jean-Francis Pécresse. Deux, la Sorbonne après l'Acropole.
Enfin, une ambition pour l'Europe. Mickaël Zames vous interrogera sur le discours volontariste du chef de l'État. Enfin, trois, avec qui est-ce que vous allez poursuivre votre aventure politique après votre pas de deux avec Marine Le Pen ? Vous le direz tout à l'heure à Guillaume Daudin. Mais d'abord, une toute première question d'actualité.
Et
bien sûr, le grand mécano industriel et capitalistique autour d'Alstom-Symens et des chantiers navals STX. Bruno Le Maire défend sur les sites concernés aujourd'hui et demain la garantie pour les salariés français, pour leur emploi. Notamment, le ministre de l'Économie a lancé aujourd'hui à Saint-Nazaire, mais c'était également valable pour Alstom. Comme il l'a dit, l'union fait la force. Il demande donc aux salariés français d'être confiants. Pourquoi ne pas être confiants, sachant qu'effectivement, l'union fait la force
? Mais ce n
'est
pas une union,
c
'est une absorption. C'est un acte de haute trahison industrielle et nationale. Moi, je suis pour une union style Airbus. Belle idée que de faire un Airbus ferroviaire. Mais Airbus, si vous regardez comment ça s'est fait, c'est une base d'égalité. C'est à
11
% d'actionnariats allemands, 11% français, des entreprises en plus, je parle de l'État, et puis après des entreprises. C'est une aventure collective. Ce n
'est
pas le sabordage par des autorités politiques françaises de leurs propres outils industriels.
Alors
dites-moi, haute trahison, sabordage. C'est très grave ce qui se
passe. Et vous
allez parler du patriotisme, évidemment.
Mais je
dis simplement, on ne fera pas l'Europe
sur
la destruction d'un pays.
Ce
qui se passe sur l'affaire Alstom relèvera d'une commission d'enquête parlementaire. Je la demande.
Vous
la demandez à qui
? Parce qu'il vous faut des alliés.
Le Front National,
la gauche,
vous avez des
retours déjà.
Tous
les élus qui n'acceptent pas que des autorités politiques s'abordent leur propre pays.
Parce
que sur Alstom, soyons précis, Alstom ferroviaire a plus de commandes que Siemens ferroviaire. Beaucoup plus. Et on le sait. Le chiffre d'affaires est aussi important sinon supérieur. Et surtout, les brevets, l'avance technologique française. C'est un des points d'appui fondamentaux de l'avenir.
Il
n
'y
avait aucune raison
de
donner 51%, 50% plus 1 à Siemens. Quand
vous dites trahison,
vous visez qui ?
Le chef de
l
'État. Qui
avec la banque Rothschild, comme par hasard, comme par hasard, qui officie, comme elle l'a fait sur Alstom avec General Electric.
Car
ce qui est insupportable dans cette affaire,
c
'est qu'on peut commettre une erreur une fois.
Mais
on a des exemples précis. Il y
a
eu Technip,
qui
nous a été vendu comme l'union fait la force. Au bout de 6 mois, les Américains avaient les 2 tiers du conseil d'administration, alors que Technip était plus important que l'entreprise américaine. Il y a eu Alcatel,
qui
a été bradé chez Nokia. Et maintenant, M. Macron pleure misère devant les licenciements. Il
y a
eu Lafarge,
qui
a été bradé avec l'entreprise
suisse. Et il y a eu
Alstom Energy. Ça ne fait pas beaucoup ? Alors, à propos d'Alstom
Energy...
Il
y a un moment,
on a le droit de réagir quand même. À propos d'Alstom Energy.
Et
à chaque fois, presque chaque fois, la Banque Rothschild, qui, avec la complicité de certains dirigeants
et
la faiblesse de l'État, accepte ce sacrifice industriel qui n'a rien à voir avec l'Europe. Soyons clairs. Oui au partenariat européen,
mais
pas avec la domination d'une entreprise
sur une autre. Alors, vous êtes rejoint
par
Arano Montebourg dans une tribune au Monde cet après-midi. Et il cite le cas d'Alstom Energy, effectivement, qui a été vendu à l'américain de Général Electric. Et il parle, lui, en s'abritant derrière la justice américaine, des dirigeants corrompus d'Alstom.
Alors,
vous allez jusque-là,
aujourd'hui ? Vous avez des soupçons de
corruption,
aujourd
'hui, puisque vous parlez de
sabordage, de haute trahison. Est-ce que vous parlez pour les dirigeants d
'Alstom
? Oui, aussi.
De corruption ? Souvenez-vous. De corruption. Est
-ce que vous parlez de l'argent
de cette société qui, après avoir vendu l'outil de travail
à
Général Electric, qui n'a pas respecté ses promesses et qui licencie maintenant
?
Où est passé cet argent ? Pire, dans le deal qui vient d'être signé avec Siemens, les co-entreprises qu'on nous avait promis, qui sont vitales pour l'énergie nucléaire, les co-entreprises faites entre Alstom et Général Electric,
les
2,5
milliards
vont être obtenues comment ? On va les abandonner au mépris des promesses de M. Macron, ministre des Finances, de
l
'économie
?
Corruption, enrichissement ? En tout cas, enrichissement personnel avec des stocks-options induits
et,
je le dis, faiblesse de l'État. Alors, sur
Radio Classique. Et j'ajoute,
je pèse mes mots, j'ajoute qu'il n'est pas normal qu'une grande banque, dans laquelle a travaillé le président de
la
République, organise ce démantèlement de notre industrie. Je ne l'accepterai jamais. Alors, sur Radio Classique,
en tous les
cas, le patron d'Alstom. Et le président de la République
devra en répondre.
D'accord. Alors, le patron d'Alstom, M. Poupard-Lafard, je déclarais ce matin sur Radio Classique que ceux qui critiquent le patriotisme, le manque de patriotisme, se trompent. C'est un patriotisme mal placé, dit-il. Le patriotisme, aujourd'hui, il doit être européen. C
'est ça, la
nouvelle
souveraineté
face à la Chine, face aux États
-Unis. Une chiche.
Et alors, pourquoi pas un bel Airbus ferroviaire avec une parité,
comme
l'avait fait d'ailleurs, je crois que c'est Georges Pompidou, sur les moteurs d'avion, Safran, c'était Snecma à l'époque, il y avait une entreprise américaine, une entreprise française, on a créé une co-entreprise, égalité, égalité. Et j'ajoute, je demande au président d'Alstom Ferroviaire, est-ce qu'il est prêt à renoncer à ses stock options ? Est-ce qu'il est prêt à mettre sur la table, ainsi que les dirigeants d'Alstom Energy, ce qu'ils ont touché
pour
vendre, pour brader un outil industriel français où nous sommes dans les meilleurs du monde ? Parce que ce qui est en cause, ce n
'est
pas de refuser des partenariats, il faut des partenariats. Et de toute façon, à partir du moment où ils avaient sabordé Alstom Energy, on sait très bien qu'Alstom Ferroviaire ne pouvait pas travailler seul. Ce que je demande, c'est que l'État, le gouvernement, ait une politique industrielle qui veille à la défense de nos
intérêts. Un tout dernier point, puisque votre directeur de cabinet, Jean-Philippe Tanguy, a publié un tweet insultant pour Emmanuel Macron, il l'a retiré depuis. Il
l'a retiré
parce que je lui ai demandé... Il
l'avait traité, je le dis quand même, il
avait traité
le chef de l'État d'ordure dans ce
dossier. Ce n'est pas
bien, parce que moi, je ne parlerai jamais du chef de l'État comme ça,
et
pas chez nous. Donc je lui ai dit, mais je maintiens
qu
'on ne peut pas continuer à avoir des licenciements dans notre pays,
dans
les entreprises où on est les meilleurs, parce que l'autorité politique ne les défend pas.
Et il n'est
pas normal, j'insiste sur un point. Nous avions un grand conglomérat Alstom, il ne reste plus rien, alors qu'Itachi japonais, General Electric, Américain et Siemens sont survivants. Eh bien, je vais vous dire, c'est parce que les autorités politiques françaises ont abandonné.
La
suite,
tout
de suite, avec Jean-Francis Pécresse, le directeur de la rédaction de Radio Classique et éditorialiste aux Echos. —
Bonsoir,
Jean-Francis. — Bonsoir, Michel. Bonsoir, Nicolas. — Bonsoir,
monsieur.
— Est-ce que le projet de budget 2018 présenté hier par le gouvernement, est-ce que c'est un projet de budget pour tous les Français ou est-ce que c'est un budget pour quelques-uns, pour les plus aisés, comme le dit la gauche
?
— Bien sûr, c'est un budget.
Mais
ce n
'est
même pas pour les plus aisés. C'est un budget pour les super-riches, même pas ceux qui créent, parce qu'il peut y avoir des gens qui aient des moyens en France. Et moi, je suis pour l'initiative privée. Je suis pour que ceux qui veulent gagner puissent gagner de l'argent. Mais là, ce n
'est
pas ça.
C
'est un budget de remerciement pour campagne électorale. 5 milliards à peu près pour les plus fortunés des fortunés, parce que même des gens qui ont des biens immobiliers vont continuer à payer l'ISF. Mais en revanche, ceux qui sont de la finance vont être exonérés. Donc c'est le budget le plus provocateur pour les Français qui existent. Une taxe sur le capital réduite à 30% qui fait que pire, des gens qui
ont
un petit capital vont devoir payer plus. Mais ceux qui ont un gros vont payer 2 fois moins. Et un tour de passe-passe incroyable pour les plus modestes ou les classes moyennes, où on leur fait croire qu'on va leur donner de l'argent. Baisse de l'ATH, augmentation de l'allocation adulte handicapé, mais qui est compensée
par
la hausse de la CSG, la suppression de l'APL, la réduction de l'APL, la suppression des emplois aidés, la hausse du diesel, la hausse du tabac, etc. Donc ça veut dire que quand il s'agit
de
la superclasse financière française, alors là c'est tapis rouge, et quand il s'agit des Français, dans leur grande masse, c'est on vous donne, on fait semblant de vous donner quelque chose et on vous le reprend. Moi je ne
suis
pas hostile à des mesures d'incitation à la création de richesses en France, il en faut, mais je suis scandalisé par ce budget.
Vous voudriez taxer plus le capital et
plus la fortune, c'est ça ? Non, mais non, c'est pas
ça. Vous
qui
voulez
une harmonisation
européenne,
on arrive
aux normes européennes, pas tout à fait encore en matière de fiscalité. J'avais proposé une mesure simple pendant la présidentielle,
qui
était une exonération d'ISF
lorsque
les fonds
s
'investissaient en France.
J
'avais proposé une baisse de l'impôt sur les sociétés pour les PME
lorsque
les entreprises réinvestissaient le bénéfice en France. Je ne suis pas hostile parce qu'il faut inciter à la création de richesses en France, et c'est ma différence avec la gauche. Je suis favorable à des mesures d'incitation fiscale et de baisse fiscale. Mais je veux que ces baisses fiscales, et j'ai toujours demandé, qu'elles soient conditionnées à l'investissement dans notre pays. Car, on va le voir très vite,
ce
n'est pas en donnant des milliards à une super-classe qui va aller l'investir ailleurs qu'on va résoudre les problèmes d'emploi.
Mais cette super-classe précisément, elle va... Quelques
milliers de personnes. Il faut
placer cet argent ailleurs parce qu'il y a une taxation qu'elle juge et qui est beaucoup plus élevée en France qu'elle ne l'est ailleurs. Et ce que fait le gouvernement au fond, c'est de dire, voilà, il y a un effet de ruissellement sur l'économie française, c'est-à-dire qu'on va alléger la taxation sur les plus riches pour qu'ils reviennent en France, qu'ils restent en France. C'est une aberration. Et
qu'ils investissent dans
l'économie française.
Est
-ce que vous ne partagez pas du tout ce point
-là
?
Je pense qu'il faut une baisse, oui, parce que notre niveau de fiscalité est trop élevé pour les créateurs de richesses. Donc je ne suis pas, comme M. Mélenchon, pour taxer au contraire. Mais je demande que cette baisse favorise en priorité
les PME,
ce qui n
'est
plus le cas,
et
je demande à ce que cette baisse soit conditionnée à l'investissement en France. Et je voudrais vous faire une remarque,
ce
qui est extravagant dans ce projet de budget, et vous ne l'avez pas mis dans votre journal, et il y
a
une erreur dans votre journal, et je voudrais que vous puissiez la corriger dans une prochaine édition, c'est que le CICE, l'avantage
pour
les entreprises, les PME,
va
être réduit l'année prochaine. Si, si,
c
'est dans le journal ce matin.
Non, dans ce journal, il y a une erreur dans votre journal, vous mettez, il passe de 6 à 7
% en 2017. Oui,
il
passe de 6 à 7%.
Oui, mais l'année prochaine,
en 2018, dans le projet de budget,
il passe de 7 à 6. C'est un tout petit
peu complexe,
il passe de 6 à 7% en 2017, mais en 2018, il revient à 6. Exactement.
Voilà, c'est un peu complexe, effectivement. Oui, mais c'est dommage, parce qu'il y a beaucoup de chefs de
PME qui sont lecteurs des Echos, et qui vont voir qu
'il y a une erreur. Ils y trouvent leur compte. Ce n'est pas une erreur, c
'est un... Non, ils vont voir que ce gouvernement, ils ne savent pas, ils n
'ont
pas été informés ce matin dans votre journal, que ce gouvernement qui se dit pro-business a réduit la baisse d'impôts sur les PME. C'est-à-dire que d'un côté,
pour
les copains banquiers,
quelques
centaines de personnes de la finance internationale, cadeaux, milliards,
et
de l'autre, nos patrons de PME vont avoir moins de baisse de charge.
C
'est quand même extravagant. Et donc, c'est là où je suis en désaccord. Moi, je veux des baisses de charges sur les patrons de PME, sur ceux qui créent et qui investissent dans notre pays. Alors,
vous parlez toujours d'Emmanuel Macron, c'est lui, l'ami des banquiers. Il est disqualifié pour être président comme
il
a été banquier ? En tout cas,
il
renvoie l'ascenseur à ceux qui ont financé sa campagne, à cette oligarchie, à cette super-classe, et il va faire souffrir les Français comme jamais. Je ne l'accepte pas. C'est un gigantesque manipulateur. Manipulateur sur l'affaire Alstom, qu'on fait passer pour un dossier européen, alors que c'est une prise de pouvoir de Siemens. Manipulateur sur la création d'entreprises, alors que les impôts sur les charges sur les PME vont augmenter l'année prochaine. Je n'accepte pas ces manipulations.
Alors, on
va écouter son ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui lui considère que cette politique mise à l'œuvre à travers le budget 2018 est bien et bien une politique pour tous. On écoute Bruno Le Maire, le ministre de l'économie.
Nous
voulons que ces transformations économiques, que ce soutien à l'innovation, à l'investissement, à la création d'emplois, puissent profiter à tous les Français. C'est un budget pour tous les Français, qui prend en compte les difficultés des uns et des autres, qui engage dès 2018 l'allègement de la taxe d'habitation, qui engage une baisse d'impôts de l'ordre de 10 milliards d'euros pour l'année prochaine, qui veut faire attention aux plus fragiles, à ceux qui sont le plus en difficulté.
Vous savez,
moi,
j'ai la vérité des chiffres. Je sais faire des calculs et avant de venir, j'ai fait des additions.
Parce
qu'en fait, je crois que le ministre de l'économie ne
s
'est pas compté. Alors, il fait un cadeau sur la taxe d'habitation.
Il
fait un cadeau, et c'est bien parce que je l'avais proposé,
sur
l'allocation adulte handicapé, et c'est nécessaire. Et il fait une baisse de charges sociales sur les salariés.
On
pourrait s'en réjouir.
Et
je m'en réjouirais honnêtement
si
ce qu'il donnait dans une poche n'était pas repris dans l'autre. Et quand je fais les calculs, 1,7
milliard
sur les APL qui vont être gagnés, ça veut dire que des Français modestes, qui sont au seuil de pauvreté et qui
ont
une petite aide au logement qui permet de survivre, je le vois dans ma ville, vont être assassinés. 1,7 milliard. Attendez la suite. 1 milliard sur les emplois aidés, qui permettent à des personnes qui étaient au RSA de retravailler,
vont
être supprimés. 22 milliards de CSG sur nos retraités, 22 milliards. 3,5 milliards sur la fiscalité écologique qui va augmenter la facture du gazole, du gaz et de l'essence pour aller travailler. Et cela fait 28,7.
Or,
les cadeaux, c'est 24,5. Il va alourdir sur les ménages français de 4 milliards la
fiscalité.
— Parce que vous prenez une seule partie des baisses d'impôts. Globalement, les baisses d'impôts de 2017, elles sont de 7 milliards d'euros.
—
Et parce que vous comptez la haute finance. — On a l'impression d'entendre
la haute finance. — Parce que la
France insoumise, au fond, c
'est très
étonnant de vous
entendre tenir... — Non, pas de caricature. Vous savez,
moi, je ne veux pas la surfiscalité
de
la France insoumise et de M. Mélenchon. Je suis convaincu
qu
'il faut une politique pour doper nos PME qui investissent en France. Ce que je conteste dans ce gouvernement,
c
'est que l'argent qu'il va dépenser ne va pas servir à produire en France. — Et qu'est
-ce
que vous en savez
? —
On le sait très bien. Puisqu'il n'y a aucun mécanisme incitatif et que les taxes sur les petites entreprises vont augmenter. Donc moi, j'aimerais qu
'on
m'explique comment on va produire en France quand, d'un côté, on reprend d'une main ce qu'on a donné aux Français. Donc ils ne
vont
pas pouvoir consommer plus, puisqu'ils reprennent autant d'une main que l'autre. La seule
clientèle...
—
La transformation du CICE en baisse de charges
sociales... — C'est pas cette année. Vous savez que c'est pas en
2018. — Absolument. C'est en 2019.
—
Ben oui, mais j'attends de
voir. —
Ça a été une revendication du patronat pendant plusieurs années.
— Mais ils le font pas. — C'est le
patronat qui le
demande. — Mais ils le font
pas.
—
Mais s'ils le font, puisqu'on
va le faire en 2018. — Non, non,
non.
Attendez, attendez.
2018.
Emmanuel Macron s'était engagé là-dessus. Ils ont renoncé. Et ils augmentent...
—
Déportés d'un an. Ils
le
font en 2018. — Attendez de voir. Attendez de voir. En fait, le patronat... Les patrons de PME sont les grands cocus de ce budget. Si je peux me permettre cette expression un peu vulgaire. C'est-à-dire que ce budget est fait pour la grande finance internationale, pour les copains. J'espère qu
'ils
ne sont pas coquins. Et en tout cas...
— Vous le laissez entendre
lourdement, quand même.
— Mais oui, mais c'est grave. — Vous êtes jamais content, en fait. — Mais je suis pas jamais content. C'est que je voudrais que mon pays s
'en
sorte.
— Alors
j'ai l'impression que vous n
'êtes
jamais content ni sur STX, ni sur Alstom, ni sur le budget,
ni sur la politique fiscal. — Ah ben non. Ça, je suis pas content de voir rader notre industrie. — Alors question sur les régions supplémentaires. Sur les régions. — Excusez-moi, M.
Pécresse. Revenons là-dessus. Moi, vous savez, s'il y avait des mesures qui permettent de produire en France et de rapatrier des productions, de relocaliser et d'offrir du boulot à nos salariés, vous avez peut-être vu que le chômage avait réaugmenté depuis le début d'année. — En tous les cas,
votre ambition, c'est aussi... — Moi, mon ambition, c'est pas d'avoir de la surtaxation. — Mais c'est aussi le pari du gouvernement. On
verra ce que ça donne. Dernière question. — Président de région, aujourd'hui, ont claqué la porte de la conférence des territoires. — Ben eux,
ils
sont pas contents
non plus,
voyez.
—
Ils sont pas contents non plus. Parce qu'ils protestent contre une baisse de dotation de 450 millions d'euros. On a l'impression que les efforts, c'est toujours pour les autres. — Non, il
y
a une
différence, M. Pécresse. — Est-ce que vous les comprenez ? — Oui, je les comprends parce que c'était pas de l'argent pour eux comme ça.
C
'était un fonds d'investissement. —
Je
pourrais aussi... Vous voyez, vous allez dire que
je
suis pas content. Le gouvernement réduit les investissements dans les transports, remet tout en cause. Moi, je considère qu'un pays doit investir. Je trouve
dommage... — Mais là, sur les régions,
vous vouliez supprimer l'échelon régional, si
je me souviens
bien.
— Oui.
Moi, je crois
à l'échelon de fusion de départements. Et je pense qu'une France de 70 départements serait plus efficace que d'avoir les régions,
les départements... — Non. Alors la question sur les régions,
rapidement. — Donc elles ont raison. — Elles ont raison.
—
C'est absurde. Le problème du gouvernement,
c
'est que sa politique aurait un sens s'il favorisait l'investissement productif en France. En vérité, il baisse de très grandes fortunes et il favorise pas l'irrigation dont vous parliez, qui pourrait être intéressante. Je suis pas hostile à une irrigation. Moi, je suis pas Mélenchon, contrairement à
ce
que vous croyez.
— Très bien. Merci, Jean-Francis, qui est rassuré peut-être d'une certaine manière. Je ne sais pas. En tous les cas, la suite de l'émission tout de suite...
— Non,
je crois pas, mais... — Avec Mickaël Zames, de Public Sénat. On va parler d'Europe.
— Bonsoir,
Mickaël.
—
Bonsoir, Michel. — Bonsoir,
monsieur.
— Alors de la Sorbonne, en passant par l'Acropole, est-ce que vous diriez qu'Emmanuel Macron a enfin donné un souffle nouveau à l'Europe
? — Je
suis désolé de vous
défendre. — Ah oui, voilà,
je
savais. Bon, on va lui poser
la question quand même. —
Mais non, mais parce que si Emmanuel Macron avait fait ses discours
et
que, par exemple, le 18 septembre, il avait dit solennellement
«
La France refuse l'application du CETA,
ce
traité de libre-échange
totalement
contradictoire avec les accords écologiques de Paris et qui va détruire notre agriculture, nos terroirs
et
aggraver la crise climatique ». Alors là, j'aurais dit
«
Bravo, discours à l'Acropole, prise de position ferme sur le CETA, bravo ». Non. En fait, le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il fait de très beaux discours. D'ailleurs, je crois qu'il a été apprenti comédien, ça se voit. Il a du talent. Mais le problème, c'est pas ça. C'est la cohérence, pardonnez-moi, entre les discours
et
les actes.
Et
je vois deux actes majeurs, trois même,
en
Europe, qui m'inquiètent. C'est l'application dès le 21 septembre du CETA, ce fameux traité de libre-échange avec le Canada. Alors même que pendant la campagne présidentielle, j'avais été heureux d'entendre M. Macron dire
« Je
revois ce dossier, nous allons créer une commission, je serai prêt à ne pas l'appliquer ».
La
commission a été créée. Il a respecté sa promesse sur ce point-là, il faut le dire. Mais la commission a rendu des conclusions très défavorables au CETA.
Et
le gouvernement a dit « Je ne
peux
plus rien faire, on l'applique le 21 septembre
».
Donc
comprenez que les Français,
qui
avaient cru M. Macron pendant la campagne, et qui croyaient qu'il allait changer les choses,
soient
un peu déçus. Quand ils parlent par exemple d'Europe à plusieurs vitesses, quand ils jugent que l'Europe est trop faible, tout ça,
ça
va dans votre sens ? Mais
attendez, dire... Est-ce que vous avez prôné pendant toute
la campagne
présidentielle ? Mais oui, mais
je suis ravi qu'ils le disent. Et le problème,
c
'est qu'il ne le fait pas. Le problème de fond, c
'est que des discours comme ça... Tout seul,
il tord peut-être le bras un peu en guerre
américaine.
Il
ne tord rien du tout. C'est plutôt elle qui lui tord le bras. C'est
-à-dire même qu'il est couché, il
rampe avant même qu'elle parle d'ailleurs. On le voit sur l'affaire Siemens. Il est peut-être un peu fort, non
?
Non. Vous savez, la France,
c
'est une question de volonté aussi à un moment. Et sa victoire très large pouvait lui permettre justement de revoir les choses. Mais vous savez, des discours comme ça, on en a entendu 50 depuis que je suis dans la politique. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande. De grands discours pompeux pour dire que l'Europe, c'est formidable. On en a entendu plein. Moi, j'aurais aimé un discours pratique qui nous aurait peut-être parlé de coopération industrielle sur
l'égalité.
Il a
parlé de beaucoup de
choses.
Ah non, mais beaucoup de choses. Très pratique. Non, pas du tout. Il aurait parlé
de défense. Pas du tout. Ah bah pire. Ah bah on va l'écouter sur la défense.
On va l'écouter sur la défense.
Vous allez voir
la suite. On l'écoute, on
l'écoute, on l'écoute.
Je
propose ainsi à nos partenaires
d
'accueillir dans nos armées nationales, et j'ouvre cette initiative dans les armées françaises, des militaires venant de tous les pays européens volontaires pour participer,
le
plus en amont possible, à nos travaux d'anticipation, de renseignement, de planification et de soutien aux opérations.
Alors,
au début de la prochaine décennie,
l
'Europe devra ainsi être dotée d'une force commune d'intervention, d'un budget de défense commun et d'une doctrine commune pour agir.
Ça ne
veut absolument rien dire. Non, frapper d'une seule voix... Non, mais ça ne veut rien dire. Tout ça est ridicule. Vous
savez que quand vous envoyez... Pourquoi ? Je vais vous expliquer pourquoi.
Quand vous envoyez quelqu'un
à
la mort,
un
soldat, c'est quelqu'un qui donne sa vie pour la nation. Ce n
'est
pas 28 pays, avec 28 politiques étrangères différentes, souvenez-vous de
l
'affaire irakienne, qui vont le faire. On ne prendra jamais la question de la défense nationale comme ça. Sauf à considérer qu'il n
'y a
plus qu'un pays, une élection, ce qui n'est pas le cas. Tout ça,
c
'est pour amuser la galerie. C'est n'importe quoi. La vraie question sur la défense,
c
'est de bâtir des coopérations industrielles, c'est d'éviter par exemple que les Polonais achètent des avions américains, ce qu'ils continuent à faire. C
'est aussi la collaboration
militaire
? Militaire ?
Non, des coopérations déjà, déjà,
si
on pouvait au moins
fabriquer
ensemble, sur une base d'égalité, correctement, des armements, ce serait déjà un miracle. Est-ce que vous voyez ? Attendez, et j
'ai pas
entendu... Vous pouvez retirer nos forces ? Non, mais si je peux finir, j'ai pas entendu M. Macron, qui aurait été une discussion pratique, dire, voilà, nos amis doivent payer
une
partie,
puisque
nous assurons la sécurité de nos amis européens. On pourrait très bien imaginer des coopérations concrètes. Non, on est dans ce que j'appelle le vent, on brasse de l'air.
Et
c'est tellement loin de la réalité des choses. Moi, ce que je souhaite, c'est une Europe des projets.
Est-ce que vous imaginez des militaires d'autres pays, comme ils le
proposent, dans l'armée
française ? Je vais vous
donner un exemple concret. Tout ça ne veut rien dire, mais ça
c'est du cinéma pour amuser
la galerie. C'est une proposition concrète, il ouvre l'armée française.
Mais écoutez, arrêtez, vous êtes suffisamment intelligents pour savoir que c'est pas concret. Parce que, je prends un exemple, vous croyez que tel soldat de tel pays acceptera par exemple de mourir au Mali, si c'est le président français qui engage et qu'il n
'y a
pas l'accord du président de l'autre pays
?
Et s'il
n
'y a pas l'accord du président du troisième pays, au plein milieu d'une opération, on va retirer le soldat. En avant,
s
'il vous plaît.
Il
faut arrêter les
balivaires,
s'il vous plaît. C'est pas sérieux. La Commission européenne est prête à revoir la libre circulation. Ça c'est quelque chose qui pourrait être dans votre sens. En cas de menace, nous pourrons donc rétablir les contrôles aux frontières jusqu'à trois ans. Visiblement, c'est ce que la Commission européenne... Vous dites bravo la Commission ?
Mais heureusement qu'enfin il y a un peu d'ouverture des yeux. Mais moi je ne veux pas trois ans, je veux qu'on contrôle nos frontières.
Et
je ne veux pas... C'est le cas ? Non. Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'on a l'autorisation de les contrôler. Mais il faut se donner les moyens de les contrôler.
Et
aujourd'hui, vous le savez très bien, on n'a pas suffisamment de polices de l'air et des frontières, de forces militaires, de forces
de droits, de
gendarmerie.
On
va le faire, mais pas assez vite. C'est urgent. Et j'avais proposé pendant la présidentielle un plan très équilibré, très sérieux, pour pouvoir le faire. J'ajoute parallèlement que si on veut faire cesser cette invasion migratoire qu'il y a sur notre continent, il va falloir au plus vite, maintenant que l'affaire syrienne se règle, enfin, que les Syriens qui sont venus en Europe puissent repartir en Syrie.
Moi
je considère qu'il
n'y a
aucune raison que les réfugiés restent en Europe. Ils doivent repartir en Syrie,
à
partir du moment où la paix revient en Syrie. Et donc, on est très loin du compte. Il faut réorganiser nos frontières, il faut un vrai plan d'aide à l'Afrique,
il
faut stabiliser notre flanc sud. Et il y a une bonne chose qu'a fait Emmanuel Macron, vous voyez, c'est de réunir les deux interlocuteurs,
les
deux chefs d'État, si on peut dire.
C'est
pas très précis ce que je dis là, mais
l
'un est un chef d'État officiel, l'autre libyen. Parce que la stabilité de la Libye est vitale si on veut contrôler les frontières.
Donc sur le plan international, vous lui trouvez quand même quelques succès ?
Sur
ce point-là, je suis d'accord, je le dis, sur ce point-là c'est fondamental. Mais on est très loin du compte parce qu'il faut contrôler nos frontières, il faut détruire les barques des passeurs, avant bien évidemment qu'ils prennent des migrants. Et il faut organiser, et là l'Europe pourrait être magnifique, un vrai développement en Afrique par un plan Marshall vis-à-vis de l'Afrique du Nord,
qui
devrait être la première ambition européenne, avant tout le
reste.
Sur le plan des frontières, sur la question que je vous posais à l'instant, vous estimez que là, Schengen, c'est mort et enterré ?
Mais bien évidemment, Schengen est mort et enterré, sauf qu'on n'en tire
pas les leçons. On
n'en tire pas suffisamment les leçons nous-mêmes.
Ce
qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas organiser aux frontières de l'Europe des coopérations.
Je
n'y suis pas du tout hostile. Moi, j'ai un triptyque très simple. Frontières
nationales,
coopération européenne aux frontières européennes, notamment pour détruire les passeurs,
et
puis développement de l'Afrique. Et là, l'Europe peut jouer un rôle. Vous savez, l'enjeu pour demain,
c
'est la bonne articulation entre la nation
et
l'Europe. Ce n
'est
pas d'être anti-européen, mais ce n'est pas non plus de jeter la nation,
comme
dans le discours de M. Macron.
J
'aimerais vous entendre quand même votre position sur le référendum d'indépendance qui aura lieu ce week-end en Catalogne.
C'est un
dossier
extrêmement difficile, parce que vous ne pouvez pas forcer une région à rester dans un giron national si elle ne le veut pas.
Et
en même temps, cela peut être vraiment l'explosion de l'Europe et l'arrivée vers un chaos extrêmement grave.
Vous
êtes donc d'accord avec Manuel Valls quand il dit que ce serait la fin de l'Europe
? Pas
obligatoirement. Ce serait le début de l'Europe allemande, de l'Europe des régions, et ce qui serait très dangereux pour l'Europe. Donc je pense qu'il faut absolument éviter cette séparation. Mais je ne pense pas que le gouvernement espagnol ait été très malin. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que je pense qu
'il
a manqué de finesse. Et je pense qu'on ne peut pas imposer à une région
de
rester dans un giron national si elle ne le veut plus.
Et
ce n'est pas en mettant de l'huile sur le feu, comme l
'a
fait M. Rajoy, qu'on y arrivera. Et la France qui soutient Madrid, est-ce que ça vous choque ? Non,
c
'est normal que la France soutienne Madrid. Enfin, on ne
va
quand même pas en plus mettre
le mazard.
On pourrait
parler d'un gérons
ou je ne sais pas. Attendez, attendez. Je pense que c'est une affaire suffisamment grave pour que,
quelle
que soit sa couleur politique, on ait un déraisonnement d'homme d'État.
Merci, Mickaël. Dernière partie maintenant de l'épreuve de vérité. On va parler de votre mouvement, de son avenir, des alliances que vous imaginez, après en avoir scellé certaines aux présidentielles. Tout à fait, que j'assume. Que vous assumez, qui ont fait scandale, y compris d'ailleurs dans votre partie. Et c'est avec Guillaume Daudin de l'agence France Presse que nous parlons de tout ça maintenant. Merci encore, Mickaël.
L
'épreuve de vérité avec l'AFP
Bonsoir Guillaume. Bonsoir Michel. Bonsoir M. Dupont-Aignan. Bonsoir M. Daudin. Quelques mois après cette présidentielle, vous lancez une plateforme, les amoureux de la France. On voulait vous demander avec qui vous allez poursuivre cette aventure politique que vous avez entamée. Vous êtes allié avec Marine Le Pen.
J'ai soutenu au second tour
et
je ne le regrette pas un instant
parce
que j'ai voulu casser ce piège de François Mitterrand
qui
fait que l'électeur patriote et disons de droite, au-delà de la droite même, est éternellement minoritaire parce qu'on a inventé une coupure symbolique
qui
peut-être était légitime du temps de Jean-Marie Le Pen, parce que je n'aurais jamais soutenu Jean-Marie Le Pen et vous le savez bien, mais qui n'est plus légitime
du
temps de Marine Le Pen puisque ce n'est pas le même parti et pas le même programme. Cela n'a pas abouti. Elle n'a pas gagné l'élection, vous l'avez constaté. Mais je maintiens
que
les électeurs que je croise, qui votent parfois Front National, parfois Debout la France, parfois Républicain, sont très proches et en ont assez d'avoir des dirigeants qui sont artificiellement séparés.
Et donc toute
l'idée que j'ai,
c
'est avec une grande plateforme participative Internet que nous lancerons le 25 octobre, d'aller bâtir avec les Français,
les
Français qui aiment la France, qui ne veulent pas de cette société de l'argent roi, d'aller bâtir le programme commun futur de gouvernement. Parce qu'en fait, j'ai compris un truc. J
'ai compris qu'on
se déchirait
sur
des points absurdes, alors qu'il y avait 90% qui étaient en commun entre l'électeur républicain et l'électeur du Front.
Est
-ce
que vous pensez que vous allez réussir à faire un programme commun à 5 ans d'une élection présidentielle ? Mais on a le temps, déjà,
de
parcourir la France, de faire des réunions, de passer, j'allais dire, sous la vague des appareils politiques qui chacun sont attachés à leur boutique. Alors, j'ai ma boutique Front National,
j
'ai ma boutique Debout la France,
j'ai ma boutique républicaine.
On va en parler. Mais, vous savez, le slogan de notre plateforme Internet, c'est « le pays avant les partis ». D'accord. Si les leaders, parce qu'on a quand même perdu les élections,
il
faut quand même s'en souvenir, si les leaders des Républicains,
de
ceux qui restent, parce que les autres,
ils
vont, et c'est parce qu'ils sont d'accord, ils vont avec M. Macron libre à eux, si les leaders des Républicains, de Debout la France et du Front National, ne sont pas capables de comprendre
qu
'il faut réfléchir ensemble à l'avenir, eh bien, moi, je vous prédis que la France sera coincée entre Macron et Mélenchon.
Et
je
ne veux pas
laisser la France otage
d
'un conflit Mélenchon-Macron qui aboutira à la ruine du pays, quel que soit
le
président. Attendez, quand vous dites les leaders des Républicains, nous, on comprend évidemment Laurent Wauquiez. Vous misez à fond sur Laurent Wauquiez.
Je
ne veux pas m'immiscer dans
mon ancienne famille. Ce que je constate, c'est que j'ai beaucoup d'élus républicains qui m'appellent en ce moment et qui me disent, c'est bien ce que tu fais, on pourra en parler après l'élection du président et vas-y, parce qu'il va falloir les secouer, nos chefs. Et on va secouer les chefs par la base. On va aller à la rencontre des électeurs. On va aller dans toutes les villes de France avec cette plateforme. On va dire aux électeurs, si ensemble on travaillait, et on va commencer sur du concret, quel programme pour revaloriser le travail ? Quel programme pour relancer nos PME
? Ça fait 10 ans que vous dites que les Républicains, ex-UMP, sont des adorateurs de l'Union Européenne.
Mais non, mais ceux-là, ils sont parqués avec
Macron. C
'est formidable. Donc Laurent
Wauquiez, on peut travailler avec lui.
Il
est Dupont-Aignan compatible.
Laurent Wauquiez, c'est Laurent Wauquiez. Mais moi, je ne m'adresse pas à Laurent Wauquiez, là. Je m'adresse au
cadre... Vous m'avez dit
à tous les dirigeants
de se réunir. Ceux
qui n'étaient pas compatibles sont partis avec Emmanuel
Macron. Ce que je vous dis,
c'est qu'il y a... Reprenons à la base. Il y a une révolution politique en France qu'a fait Emmanuel Macron. Je le conteste, je suis en désaccord complet avec ses choix, mais je reconnais
qu
'il a réuni
la
gauche de gouvernement et la droite de gouvernement qui faisaient la même politique depuis 20 ans à tour de rôle. Ils ont enfin compris qu'ils étaient pareils. Édouard Philippe, Collomb, en fait, c'est la
même... Eh
bien, à partir du moment où les mondialistes, les européistes,
les
fédéralistes sont ensemble, il est normal que ceux qui défendent une certaine idée de la France, une certaine idée des valeurs, se regroupent aussi. Mais donc, Laurent Wauquiez, oui, non, en fait-il partie de ce... Mais s'il veut venir, il dira le bienvenu. J'ai le sentiment qu'il hésite. Eh bien, je ne
vais
pas adresser pas à Laurent Wauquiez parce que je n
'ai
jamais vu un chef de parti qui, en général, voulait, comment dire, libérer les choses.
On
va passer sur le terrain. Il
n
'a
pas l'air d'hésiter dans sa campagne et dans son positionnement.
Oui, non, c'est pour ça qu'on ne passera pas par lui. Il a
vraiment une droite qui s'affirme.
Oui, mais en même temps, il dit, je ne
veux
pas travailler avec les autres. Or, si vous croyez,
et
c'est ce que je vais leur répéter allassablement, mais si on est très fort sur le terrain, ils entendront le message des électeurs, l'union des électeurs, ils l'entendront. Je vais leur expliquer une chose. Et je le dis à Marine Le Pen comme à Wauquiez, comme à tout le monde. Je leur dis, si vous pensez
qu
'il faut penser maintenant à 2022, vous vous trompez. Personne ne sait qui sera en position en 2022. Et si chacun repart dans sa roue comme le hamster dans sa roue qui pédale Marine Le Pen, Wauquiez, moi et des autres, eh bien, vous assisterez à la fin de la France entre Mélenchon et Macron. Donc, on a une responsabilité historique
de
repartir à la base sur le terrain et je crois aux nouvelles technologies. Je crois que cette plateforme Internet, elle va révolutionner la politique comme en marche à révolutionner la gauche et le centre et on va essayer de bousculer les choses.
Cette responsabilité historique, c'est ce qui vous fait endosser le casque bleu en allant déjeuner la semaine dernière avec Marine Le Pen. Avec Florian Philippot, aujourd'hui avec Nicolas Bay, vous essayez de réconcilier le Front National.
Je n
'ai
pas cette prétention, ce n
'est
pas ma famille politique. Contrairement à ce qu'a dit la presse
dans
l'entre-deux-tours, je n'ai pas rejoint le Front National, je reste indépendant, Debout la France reste un parti indépendant et je n'ai jamais voulu fusionner les partis. En revanche, j'estime
qu
'au moment où je veux unir tout le monde, ce n
'est
pas la peine de s'envoyer des paquets les uns les autres et quand je vois des gens qui ont travaillé ensemble pendant des années se désunir, j'essaye de comprendre.
Mais
c'est ce qui se passe aussi à ce qui s'est passé à Debout la France. Vous prétendez
faire le rassemblement plus large
et à Debout la France,
vous avez perdu des
vice-présidents et perdu les responsables. Vous
savez, on n'a jamais eu autant d'adhérents. On a eu 2500 adhérents supplémentaires en un mois parce que les gens ont compris et c'est intéressant, ils viennent à la fois du Front National et à la fois des Républicains. Mais l'enjeu, ce n
'est
pas Debout la France. L'enjeu, ce n
'est
pas le Front National. L'enjeu, ce n
'est
pas les Républicains. Voir un projet alternatif face
à
Macron parce que
tout
à l'heure, M. Pécresse pouvait avoir raison sur un point.
Il
disait, vous êtes contre.
Il
a raison, je suis contre. Mais l'enjeu, ce n
'est
pas d'être contre. L'enjeu, c'est d'être capable de proposer une alternative.
Et
je vais vous faire une confidence. Pendant cet été,
j
'ai essayé de réfléchir à l'échec
du
second tour. Et je pense que... Certains ont imputé ça au débat de Marine Le Pen, notamment. Sans doute. Mais je pense que c'est plus profond.
Je
pense qu'en vérité, les Français n'avaient pas soif de Macron. Simplement, les propositions alternatives ne les ont pas convaincues. C'est-à-dire qu'ils ont voté par défaut.
Et
donc, l'enjeu, ce n
'est
pas de critiquer Macron. L'enjeu, c'est de proposer un beau projet pour la France.
Il
rassure. Il y a aussi une question,
c'est est-ce qu'une
alliance à droite de la droite,
ça
peut faire 50% des électeurs ? Non, mais il ne s'agit pas de faire la droite de la droite. Les amoureux de la France ne s'adressent pas qu'aux gens de droite. Mais d'abord, si on pouvait réunifier les patriotes dits de droite,
mais
être patriote, ce n
'est
pas simplement être de droite. Il y
a
des patriotes à gauche. En revanche, ça ne sera pas d'extrême-gauche de Mélenchon. Parce que je ne pense pas qu'on puisse aller totalement à gauche, totalement à droite. Je pense qu'il faut rassembler déjà les gens qui pensent pareil. Ça serait déjà pas mal. Les gens qui pensent pareil. Alors,
deux petites questions très rapides. Mon micro est tombé, donc je le remets. Vous vous sentez très proche de Marine Le Pen.
Mais
je
n
'ai
pas être proche ou pas de Marine Le
Pen.
Je l'ai soutenu au second tour.
Parce qu'entre
Macron et Le Pen, je pensais qu'il valait mieux avec le programme que j'avais négocié avec elle,
qu
'il fallait mieux ce programme-là. Et je pense que les Français vont commencer à comprendre. Vous vous sentez très proche de Laurent Wauquiez aussi ? Je n
'ai
pas à me sentir proche. Mais si je vous pose la question... Excusez-moi, je ne
fais
pas de la politique.
Je vais vous faire
entendre quelqu'un
qui se dit très proche de vous. Alors, je voulais vous demander si vous étiez très proche.
C'est un coup de com'. Mais ce que je veux vous dire, c'est qu'on s'en fout que je sois proche de Mme Le Pen ou de M. Wauquiez ou du Tartempion. Qu'est-ce qui compte ? C'est la capacité à faire des réformes en France et à sauver
le pays. Donc, ce qui m'intéresse,
c'est le programme. Ce n
'est
pas les personnalités.
Je vais vous faire écouter Florian Philippot qui, lui, il le dit et il se sent très proche de vous. C'est charmant.
Dupont-Aignan, c'est autre chose. Là, on peut faire un bout de chemin ensemble parce que politiquement, nous sommes très proches.
On
n'est pas d'accord sur tout, mais nous sommes très proches. Lui et moi, et nous sommes gaullistes. C'est déjà très bien. Et puis, nous avons tous les deux cette même vision d'un rassemblement nécessaire des forces patriotiques et des patriotes français, d'où qu'ils viennent, pour l'emporter.
Oui, que
votre discours se
ressemble.
On a l'impression, voilà, que Florian Philippot fait du Nicolas Dupont-Aignan en le sachant ou sans le savoir.
Et
quel honneur ! Il est en train de parler du FN en disant je veux faire le FN mais sans ses excès. C'est un peu ce que vous avez dit
ces cinq
dernières années.
Mais moi, ce qui est curieux, c'est que j'ai jamais changé. J'ai toujours, depuis Philippe Séguin, j'ai considéré
que
la droite française avait oublié la nation,
s
'est fourvoyée dans cette mauvaise Europe parce qu'il y
a
une belle Europe à construire et que la gauche française a oublié le peuple
et
s'est fourvoyée dans cette mauvaise Europe.
On
a une chance historique. C'est qu'ils se sont tous mis ensemble. Ils vont sombrer ensemble avec Macron.
Mais
ils sombreront et les Français abandonneront Macron et tout cet aéropage qui a gouverné depuis 20 ans en fait, même s'ils ont rajeuni.
Que
si on est capable de présenter un beau projet alternatif. Et les Français sont très sages, M. Dodin, ils sont très sages.
Ils
veulent savoir comment on va gérer l'Europe. Ils veulent savoir comment on va défendre nos PME relocalisées. Ils veulent savoir comment on va sauver l'hôpital.
Et
c'est parce qu'on n'a pas été capable de les convaincre qu'on a perdu. Et
donc, il
faut en tirer les leçons. Il y
a
une chose que dit également...
Et si
M. Philippot et d'autres veulent le faire, plus on sera nombreux, plus on rassurera les Français. Et d'abord, mettons-nous d'accord sur ce programme commun. Et c'est tout l'enjeu des amoureux de la France.fr qui sera lancé le 25 octobre parce que ça va permettre de bousculer les lignes.
Alors, dites-moi, Florian Philippot dit aussi ceci. Il dit que son départ marque finalement pour le Fonds national un retour à ces vieux démons du parti d'extrême droite. Ce n
'est
pas votre vision, alors, si on vous suit bien.
Mais moi, attendez... Le
FN ne renoue pas à
ces vieux démons.
Attendez, j'ai pas été comme M. Philippot 6 ans ou 7 ans,
je
sais pas combien d'années au FN.
6
ans. Je n'ai jamais été au FN. Donc, c'est lui qui connaît le FN. Pour autant, attention à ces paroles
d
'anticipation.
Moi,
je ne
fais
pas de la politique par anticipation. Je constate aujourd'hui que, en tout cas, le FN tel qu'il l'est aujourd'hui de Marine Le Pen
et
qui a été d'ailleurs dédiabolisé avec le concours de Florian Philippot me paraît tout à fait, comment dire, capable d'évoluer dans le bon sens pour les années à venir. Mais, j'insiste sur un point. C'est que, si c'est pour reprendre le même programme
qu
'en 2017, ça ne marchera pas. Je pense que le FN doit faire un pas vers les Républicains et je pense que les Républicains doivent faire un pas. Parce que, sinon, si personne ne fait de pas, encore une fois, on sera dans les
caricatures
des caricatures. Donc,
la
question n'est pas de savoir diabolisation, dédiabolisation. La question est de savoir quel est le beau projet qui peut sortir la France du pétrin. quel est le beau projet qui peut permettre de relocaliser 2 millions d'emplois ? Quel est le beau projet qui peut permettre de concilier liberté et sécurité ?
Voilà des vraies questions. L
'une des
grandes
questions qui divise...
Mais je ne sais pas ce que deviendra
le FN comme
je ne sais
pas ce que deviendra les Républicains.
L
'une des
grandes questions qui divise dans ce... Et ce
sera la dernière
question.
Ce sera la dernière question dans ces gens à qui vous voulez parler. C'est justement la place de la sortie de l'euro. Oui. Florian Philippot en fait une ligne rouge. Vous, vous avez influé sur le programme du Front pour que ça soit moins
prépondérant. C'est un point
de désaccord que j'ai avec Florian Philippot. Je suis convaincu qu'à partir du moment où les Français ne veulent pas sortir de l'euro, ça ne sert à rien de dire il faut sortir de l'euro si les Français ne le veulent pas. Et je suis convaincu qu'à mesure que le temps passe, il y
a
des moyens de faire évoluer la politique monétaire, notamment, qui peuvent être intéressants. Il faut qu'on travaille. Et moi, je veux préparer cette plateforme commune pour, dans un an, qu'on soit prêt, ou deux ans, une vraie plateforme commune mais qui part de la base. Ce
n'est
pas les leaders qui la font.
On a compris votre stratégie.
On a compris votre
stratégie. À la base, c
'est une stratégie numérique. On a même noté la date le 25 octobre.
Merci. Il faut
du dialogue,
pas seulement
sur Internet. Merci Nicolas.
Merci à vous.
Merci beaucoup. Merci
à vous.
Nicolas Dupont-Aignan