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Conférence de presseDanièle Obono· 16 octobre 2026 76 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeEurope & internationalSolidarités & famille

👥 2/La lutte contre l'antisémitisme détournée à des fins autoritaires ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 9 %Attaque 61 %Défensif 29 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 23:16OuverteRéponse directe

    Présentation du panel et de la problématique

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Présentation de Valentina Pisanti

  • 26:12OuverteRéponse directe

    Présentation de Florian Minel

  • 48:55OuverteRéponse directe

    Présentation de François Dubisson

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:55Fait
    « Plus jamais ça. Plus jamais ça. Le nazifascisme les génocides, les persécutions raciales. »
  • 52:31Fait
    « Néanmoins ça peut se manifester à l'encontre de l'État d'Israël conçu comme une collectivité juive, c'est-à-dire que l'État d'Israël est conçu comme une sorte de symbole des juifs en général. »
  • 1:10:14non_speechFait
    « accuser Israël le génocide est une manière de minimiser la choa, de porter atteinte à la mémoire de la choa et donc relève de l'antisémitisme. »
  • 1:10:59non_speechFait
    « le Bundestac allemand en 2019 a adopté une résolution qui assimile le mouvement BDS à l'antisémitisme en se référant à nouveau à la définition ira de l'antisémitisme. »
  • 1:12:26non_speechChiffre
    « la France a été le seul état dans le monde à criminaliser l'appel au boycotte, c'est-à-dire à le réprimer par une loi pénale. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Locuteur

Bonjour à tous. Donc merci d'être resté si nombreux ou de nous rejoindre pour cet après-midi. [grognement] Euh donc la question qui va être la ligne directrice de ce second panel intitulé La lutte contre l'antisémitisme comme instrument d'une dérive autoritaire déplace la question que nous avons examiné ce matin qui était donc surtout centrée sur la généalogie, l'histoire de la définition elle-même et des questions qu'elle pose. Et donc la question que nous allons poser, c'est que se passe-t-il quand la lutte contre l'antisémitisme devient également un instrument de définition des discours légitimes, des appartences politiques, voire des populations considérées comme suspectes.

Le sociologue allemand Peter Houich a proposé récemment de parler à ce propos d'anti-antisémitisme autoritaire. Il désigne ainsi une configuration dans laquelle la lutte contre l'antisémitisme s'inscrit dans des transformations autoritaires plus générales à travers notamment des processus de sécurisation, de bureaucratisation et de juridicisation. Le 7 octobre 2023 et le génocide à Gaza ont considérablement radicalisé ce processus. Mais l'un des fils directeurs du panel sera donc précisément d'établir que ces transformations s'inscrivent dans des généalogies beaucoup plus longues où se croisent plusieurs histoires.

celle des politiques européennes de mémoire après la fin de la de la guerre froide, celle de l'antiterrorisme et de la sécurisation notamment depuis le 11 septembre, celle enfin de l'institutionnalisation progressive de certaines définitions de l'antisémitisme et de leur circulation entre espace politique, administratif et juridique. Le chercheur britannique Barnaby Rain propose de parler de new anti-antisémitisme, soit de nouvel anti-antisémitisme en miroir du nouvel antisémitisme, notion, on l'a vu ce matin, qui désigne notamment l'antisémitisme qui s'exprimerait à travers certaines formes d'antisionisme et d'hostilité à Israël. Rain renverse ainsi la perspective.

Il s'intéresse moins aux transformations de l'antisémitisme qu'à celle de la lutte contre l'antisémitisme qu'il replace dans une histoire plus générale du racisme et de l'antiracisme. Sa thèse qui se rapproche de celle qui vous a été présentée par Ellaidote ce matin est volontairement provocatrice. Ce nouvel anti-antisémitisme, écrit-il se présente de manière ambivalente comme un antiracisme tout en constituant désormais un élément important du racisme européen. Au centre de son analyse se trouve la figure de la protected minority, la minorité protégée.

L'image des juifs comme groupe vulnérable à protéger peut servir à présenter le pouvoir dominant lui-même comme protecteur des minorités tandis que d'autres populations sont constituées comme porteuses de la menace. C'est précisément cette tension que nous voudrions interroger maintenant de façon très concrète. Comment des politiques menées au nom de la lutte contre l'antisémitisme et plus largement contre le racisme peuvent-elles aussi devenir des instruments de surveillance, d'exclusion ou de restriction des libertés ? Et comment ces processus prennent-ils des formes différentes selon les contextes politiques nationaux ?

Pour en discuter, nous avons le plaisir d'accueillir trois intervenants que je vais présenter dans l'ordre de leur prise de parole. Valentina Pisanti est professeur de sémiotique à l'université de Bergam. Ces recherches portent notamment sur les rhthoriques du négationnisme, les cultures de la mémoire, le racisme fasciste, l'antisémitisme et son instrumentalisation politique. Elle a consacré de nombreux travaux à ces questions et en particulier aux usages politiques de la mémoire de la choa.

Son intervention propose une généalogie de ses transformations en interrogeant la place prise par la mémoire de la choa dans l'ordre politique qui se met en place après 1989 et dans la définition des discours politiquement légitimes. Elle évoquera également quelques développements contemporains au Royaume-Uni et surtout en Italie. Florian Minel est professeur de droits constitutionnel comparé et de sciences politiques à l'université de Götingen. Constitutionnaliste, il a notamment consacré d'importants travaux au parlementarisme allemand et aux institutions politiques allemandes. Il est également éditeur des journaux de Carl Schmidth.

Depuis 2024, il s'est engagé comme juriste dans plusieurs affaires concernant les restrictions et mesures prises à l'encontre du mouvement de solidarité avec la Palestine en Allemagne et il va nous en dire un mot. Il a également publié plusieurs textes récents sur la stats raison, donc la raison d'État allemande et ses implications constitutionnel. Son intervention portera précisément sur la spécificité du cas allemand et sur l'articulation entre lutte contre l'antisémitisme, dispositif de contrainte et définition de l'identité constitutionnelle de la République fédérale allemande.

François Dubisson enfin est professeur de droit international à l'université libre de Bruxelles et directeur adjoint du centre de droit international. Il travaille notamment sur les aspects juridiques du conflit israélo-palestinien et du Sahara occidental et sur les questions liées à la liberté d'expression. Il examinera aujourd'hui plus particulièrement les fonctions et les usages de la définition de l'IRA IRA. dont, on en a longuement parlé ce matin et la manière dont celle-ci peut permettre de placer sous le label commun de la lutte contre l'antisémitisme des dispositifs de nature différente, notamment en matière d'apologie du terrorisme ou d'appel au boycotte.

Alors, je vous laisse la parole. Pardon, [rires] je savais pas où j'en étais. [raclement de gorge] Valentina, je t'en prie. Merci Aurélia et merci pour m'avoir m'avoir invité. Alors, je travaille comme sur le négationnisme et sur les politiques et rhtoriques de la mémoire depuis ma thèse de doctorat, il y a maintenant plus de 30 ans.

C'est depuis ce poste d'observation que je voudrais résituer la bataille actuelle autour de la définition de l'antisémitisme, non comme un phénomène isolé, mais comme le dernier avatar en date d'une opération culturelle plus large qui depuis des décennies mobilise la mémoire de la choa à des fins politiques qui la dépassent, parmi lesquels mais pas seulement, le rétrécissement de l'espace de débat sur la Palestine. Cette opération répond, je crois à un besoin plus ancien encore sur lequel je voudrais revenir. Le dernier endroit au monde où l'on s'attendrait à trouver les germes d'une pensée autoritaire, c'est la mémoire de la choa.

depuis 30 ans l'ancrage moral d'une identité européenne qui se veut démocratique, libérale, ouverte et tolérante. Et pourtant, c'est précisément dans cet espace en apparence incontestable que se sont consolidés à partir des années 90 certains torsions dont les effets dépassent largement la seule politique de la mémoire. Non que la mémoire de la choa conduise nécessairement à l'autoritarisme. Les écrits de Primovi n'allait certainement pas dans ce sang. Mais parce qu'un dispositif rhtorique s'est construit autour d'elle qui transforme des valeurs historiquement circonstantiel en principes moraux présentés comme indiscutable à l'abri du conflit et de la critique.

[grognement] Après la chute du mur de Berlin, il a fallu ce un supplément de cohésion symbolique pour tenir ensemble les morceaux épart d'une Europe élargie, désormais à cour de tout projet politique autonome. Ce fut le rôle de la mémoire cosmopolite de la choa ? une mémoire vidée de signification historique spécifique adaptable à tous les passés nationaux amplifié par l'industrie culturelle surtout américaine et suffisamment abstraite pour allier quiconque souscrivait à la promesse générique. Plus jamais ça. Plus jamais ça. Le nazifascisme les génocides, les persécutions raciales.

Bien sûr, message explicite, difficilement contestable, mais surtout plus jamais de conflit idéologique radical, plus jamais d'alternative systémique au statut quo actuel, plus jamais de politique conçu comme affrontement entre des modèles de société incompatibles. Et donc implicitement plus jamais de communisme ou plutôt plus jamais de légitimité historique et moral pour un projet politique qui remettrait en cause l'ordre libéral capitaliste sorti vainqueur de 1989.

L'assimilation du nazisme au communisme et du communisme sous la catégorie indéférenciée des totalitarisme consacré par la résolution du Parlement européen de 2009 a servi précisément à ce dessin condamner les crimes soviétiques certes, mais aussi délégitimer rétroactivement jusqu'à l'idée même d'une alternative au capitalisme libéral. La mémoire cosmopolite de la CHA a ainsi fini par coïncider avec la naturalisation de l'ordre né après 1989. Démocratie libérale, l'économie de marché gouvernance technocratique 3è voériste.

La mémoire institutionnalisée de l'achat s'est peu à peu transformée passant d'une pratique politique historiquement située à une religion civile négative fondée moins sur la compréhension du nazi-fascisme que sur la surveillance morale de ce qui peut être pensé. is no alternative. Il ne s'agissait pas simplement de se souvenir du passé pour ne pas en répéter les erreurs selon la discutable équation ne jamais oublier égale plus jamais ça mais de délimiter le périmètre du conflit légitime. La mémoire a ainsi fonctionné comme un dispositif de neutralisation postpolitique de la dissidence.

[grognement] Naturellement, la rhtorique de la mémoire n'a pas produit à elle seule cette dérive autoritaire. Son rôle a plutôt été de conférer une puissante légitimité morale à des transformations bien plus vastes. L'identification même au rôle des victimes absolues a favori la suspension de toute capacité d'agir politiquement. La victime, par définition, ne transforme pas le monde. Elle subit le mal infligé par d'autres. Mieux encore si elle le fait avec résilience, alliance sur vie individuelle et éthique de l'adaptation propre au marché.

Quand des victimes réelles s'organisent collectivement, en revanche, elles cessent d'être victime selon le point de vue, elle devient résistante ou terroriste. Des sujets politiques en tout cas avec toutes les responsabilités et les ambiguïtés que cela suppose. Le schéma binaire de bureaux absolus contre les victimes absolues sur lequel repose la rhtorique de la mémoire de courage de telles initiatives. Outre qu'il rende passive la citoyenneté mondiale au nom du devoir sacré de mémoire, il tend à expulser toute dimension conflictuelle intermédiaire intérêt matériel, rapport de force responsabilité politique collective.

L'histoire se trouve ainsi moralisée et simplifiée en un vaste dispositif pédagogique. Non plus une compréhension de processus historiques peut-être en vue de l'échanger, mais une éducation sentimentale au bien et au mal. Ce dernier incarné par un ennemi absolu à abattre pour ne pas répéter l'erreur de Chamberlain en 1938. Depuis des décennies du reste, les accords de Munich servent de réflexe polémique automatique contre quiconque propose des solutions non militaires aux conflits internationaux. Dans ce cadre, la figure du témoin acquièt une autorité morale et épistémique de moins en moins contestable.

non plus une voix parmi d'autres dans le travail critique de l'histoire, mais le garant même de la vérité politique légitime. À chaque nouveau conflit, la presse se précipite pour interroger les survivants de la choa sommet de se prononcer sur les responsabilités sur les laissons attirées du passé. S'agit-il cette fois aussi d'un génocide qui mérite le titre de nouveau Hitler ? Que faut-il faire pour empêcher que l'histoire ne se répète ? Même durant les années Covid, on a souvent demandé au survivants de comparer le confinement à la réclusion concentrationnaire.

Il arrive que les intéressés se dérobent un rôle un rôle aussi paisant, mais le système symbolique dans lequel ils sont pris ne leur laisse aucune issue. Et s'ils ne parlent pas, d'autres se pressent à leur place. gardien de la mémoire, institution commémorative qui prétend parler en leur nom et jouissent à ce titre de même privilège de parole. La légitimité d'un discours dépend ainsi de moins en moins de sa solidité et de plus en plus de la position symbolique de celui qui parle. L'une des spécialités de la méthode autoritaire est de rendre insensible aux contradictions. Si la vérité est une, il n'y a pas à discuter.

Et si ce qu'il a garanti n'est pas un système de vérification, mais l'autorité de celui qui prétend en être le dépositaire, alors le court circuit logique devient des mystères de la foi plutôt que de contradiction.

On nous a dit que la choa est à la fois unique entre toutes, donc incomparable et universel, donc convertible en une grammaire morale applicable à n'importe quel conflit contemporain, à la fois irreprésentable et objet d'une prolifération incessante de représentation, symbole suprême des valeurs démocratiques et objet de vénération protégé par des lois qui établissent disent ce qui peut être dit et comment songeons aux lois antinégationnistes la loi sort en France et aux tentative actuell de redéfinir par voie législative le son même du mot antisémitisme. C'est précisément le débat au au cœur de cette table ronde.

En Italie, un projet de loi consacrant la définition niera déjà adopté par le Sénat est désormais examiné par la chambre de députés. Malheur à qui ose encore jouer le rôle de l'enfant qui s'écrit que le roi est nu. Pour appartenir à la communauté morale du présent, il faut apprendre à ne pas voir. Ce système plus vaste repose sur l'acceptation silencieuse des renversements sémantiques. Exporter la démocratie par la guerre, défendre le pluralisme en restraignant le champ du dis du disciple. combattre l'autoritarisme par des tabous discursifs et ainsi de suite. L'écart entre les moyens et les fins est la marque de la sémantique politique libérale démocratique de ce de ces dernières décennies.

Il ne faut pas donc s'étonner que la droite montante se soit appropriée ces dispositifs introduit au nom de la démocratie pour les plier à ses propres dessins. Une fois normalisé l'idée que la démocratie peut se défendre en limitant la dissidence, en surveillant ce qui peut être dit, en privatisant l'histoire, en moralisant le conflit, rien n'empêche que les mêmes outils soient brandis par d'autres acteurs contre d'autres cibles. D'où les droites radicales européennes qui se légitiment par des arguments en apparence libertaire tout en menant leur propre politique discriminatoire contre les minorités qu'elles ont choisi de viser.

Le gouvernement ethnoationaliste israélien qui drape de prétentions universelles ses ambitions farouchement particuliste de domination de fleuve à la mer quel qu'en soit le pruit le prix. La multiplication de délits d'opinion qui mobilise le droit pénal pour restreindre l'espace du débat.

les accusations croisées d'hitlérisme qui rendent impraticable toute résolution diplomatique, les politiques de surveillance rendu possible par les nouvelles technologies autrefois célébré comme l'incarnation même des sociétés ouvertes aujourd'hui transformé en champ de bataille pour le contrôle de l'opinion et le retour triomphant de nationalisme et la militarisation de la politique qui détourne l'attention des inégalités structurelles.

Le cas d'école l'éviction de Jeremy Corbin ou la définition de travail de IHR ira a servi à transformer des incidents mineurs largement puisés sur les réseaux sociaux comme autant de preuves d'une infestation antisémite du parti travailliste permettant d'écarter le programme politique le plus radical que la gauche britannique est connue depuis une génération. Une dynamique semblable, quoique bien plus modérée heureusement et à l'œuvre en Italie. Le même projet de la loi que je viens de mentionner érigerait en délit non seulement les actes antisémites, mais aussi l'hostilité envers l'État d'Israël ou la négation de son droit à exister.

Dans le fait, la version la version italienne de l'antiant antisémitisme autoritaire est bien moins radical que la version allemande allemande. Pas de déchéance de nationalité, pas de slogan interdit. Ce que l'on observe en revanche, c'est une réticence des grands médias à prendre acte du fait que l'opinion publique s'est considérablement retourné et une tendance activement encouragée par les institutions juives à condamner aussi bien ceux qui s'opposent à la loi que ceux qui manifestent pour la Palestine avec des slogans jugés antisémites. Le principal risque de cette loi est un effet dissuasif. En anglais, on dit chilling effect.

Les gens commence à s'autocensurer avant même qu'une quelconque poursuite nit lieu. Il est significatif que les sanctions pénales prévues dans les premières versions est disparu du texte adopté par le Sénat. Ce qui subsiste est un dispositif disciplinaire actif surtout dans les écoles et les université opérant en dessuil du droit pénal et de ses garanties. L'automne dernière des centaines de milliers d'Italiens ont défilé en solidarité avec la Global Sumotia. Cela serait-il encore possible une fois la loi adoptée ou les gens décideront-ils de ne pas de ne plus prendre ce risque ?

Le projet de loi porté par les partis de droite et du centre a pourtant divisé le parti démocrate en deux parties. De tranche, une petite minorité votant pour la loi et un bloc plus large votant contre.

tandis que la minuscule communauté juif d'Italie demeure institutionnellement alignée sur Israël et sur la définition Ichara et que la minorité dissidente des juifs italiens reste largement invisible dans les grands médias et pourtant quelque chose semble se fissurer une nouvelle sensibilité critique se répand sur les places en dehors des circuits officiel Il aura folie, le retour de la guerre en Europe, la dévastation de Gaza, le trampisme, l'accession au pouvoir des droits xénophobes, la crise économique qui s'annonce une était étouffant et j'oublie quelque chose pour que la contradiction accumulée atteigne un degré de visibilité que même les anciens défenseurs de l'ordre libéral ne peuvent plus ignorer.

Il est inutile de se demander aujourd'hui ce qui a maltourné si l'on n'est pas prêt à interroger les prémisses dissimulé dernière le cran moral de la mémoire institutionnalisée de la choa dont l'instrumentalisation actuelle de l'antisémitisme est le dernier avatar. Gouvernance illibérale, capital contre travail surveillance totale sabotage de toute forme de vie associative. Merci.

23:08
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

23:16
Locuteur

Merci, merci beaucoup Valentina. Euh avant de passer à la communication de Florian Minel, euh en fait, on va faire passer, on a déjà fait ça pour le panel de ce matin, on va faire circuler euh des petits papiers et des stylos pour que vous puissiez poser des questions pour que ce soit plus facile euh ensuite de gérer le le allers-retours avec la salle. Euh Floriane, c'est à toi. Oui, merci. Euh bonjour à toutes et à tous.

Euh merci de m'avoir invité à ce colloque et à contribuer quelques observations sur notamment l'Allemagne qui est, voici ma thèse, le cas le plus extrême de l'antiant antisémitisme autoritaire et je pense que non pas parce que elle réprime plus violemment forcément que d'autres pays, mais parce que elle répriment autrement par un régime qu'on pourrait qualifier de régime d'identité constitutionnelle et ce que ce régime défend premier sinon en unique lieu, ce n'est pas la sécurité des communautés juives. Et je reviendrai sur ce que Iquel a dit sur cette dynamique ce matin, mais c'est un récit que l'État allemand s'est fait de lui-même et qu'il défend contre une société en transformation.

de temps. Donc d'abord, je vais euh parler un peu de quatre terrains juridiques sur lesquels cette politique agit et ensuite je vais juste tout simplement poser la question pourquoi et ce qu'ils ont en commun. Alors d'abord premier terrain, la nationalité. Le droit de la nationalité est bien évidemment le lieu où l'État décide qui fait partie du fameux nous et qui n'ont pas.

Depuis une réforme de la loi en 2024 votée sous le choc imminent du 7 octobre, quiconque qui veut devenir allemand doit se reconnaître dans la comme le dit l'Aldois responsabilité historique particulière de l'Allemagne à l'égard de la dictature nationale socialiste et de ses conséquences en particulier pour la protection de la vie juive. Donc ça c'était les paroles de la loi. Quelques dispositifs légaux l'accompagnent. Une clause qui prévoit de refuser la nationalisation dès que des indices factuels rendent le serment suspect, c'est-à-dire ne correspondant pas à la une vraie conviction intérieure.

Des instructions ministérielles donnent contenu à ces notions en usant la définition Ichara de l'antisémitisme et la fameuse doctrine de la raison d'état. Jat raison. Mot qu'a utilisé Angela Merkel lors d'un discours devant laisset et qui est devenu le mot clé pour le soutien diplomatique et militaire d'Israël après le 7 octobre. Comme vous savez probablement, les indices en droit de nationalité peuvent donc être de nature très très diverse. Une carte de la Palestine aux couleurs du drapeau partagée sur les réseaux sociaux. un From the river to the Sea chanté lors d'une manif lors de l'entretien obligatoire d'affirmer le droit à l'existence de de l'État d'Israël.

Une autre disposition légale prévoit la possibilité de revocation de la nation naturalisation pour tout nouveau ou toute nouvelle naturalisée pendant 10 ans. Il est donc possible et permis de revoquer la nationalité même sur la base de prise de position en tant que citoyen. Jusqu'ici a pas de cas où ça a été mis en pratique mais l'effet d'intimidation sur les migrants est déjà considérable. D'abord cette norme ne vise par construction que des propos licites. Les infractions antisémites relèvent du droit pénal. Le serment exigé pour les candidats à la nationalisation n'a donc de sens que là où il n'a justement pas d'infraction.

C'est un régime d'opinion hors du droit pénal et sans ses garanties, sans juge ni présemption d'innocence. Au quotidien dans la bureaucratie, ça signifie que les fonctionnaires fouillent les réceux sociaux et font des entretiens où ils demandent aux candidats s'ils boivent de l'alcool, s'ils accomplissent leur prière, ce qu'ils pensent du Hamas et s'ils reconnaissent la légitimité d'Israël. Car même si la norme est formellement neutre, sa cible n'en est pas moins identifiable. Celles et ceux qui ont des raisons biographiques de s'exprimer sur la Palestine, notamment les personnes originaires des sociétés arabes du mashrek, ainsi que plus largement des personnes musulmanes.

Car sur elle et presque exclusivement sur elle, que porte ce soupçon ? On a d'ailleurs essayé avec d'autres par des questions parlementaires d'obtenir des chiffres qui montrent exactement ça mais le gouvernement ne les communique pas pour l'instant. L'effet immédiat de ce nouveau régime et est qu'il crée une nationalité de ce qu'on rend. En fait, un allemand naturalisé vivra désormais 10 ans sous une condition. L'extrême droite a très vite compris que le pot potentiel de cet instrument pour viser les migrants, elle annonce déjà la révocation systématique des naturalisés express sous prétexte de faux serment.

Or, la constitution allemande protège fortement la nationalité allemande contre sa déchéance en réaction notamment aux pratiques de dénaturalisation du régime national socialiste à partir de 1933. Deuxè terrain, le renseignement intérieur. L'office de protection de la constitution est historiquement chargé de surveillir et l'ordre est significatif.

les communistes puis les néonazies et plus récemment après le 11 septembre 2001 les mouvements islamistes depuis quelques années des associations qui soutiennent le mouvement proalestinien sont classées par le service de renseignement comme extrémiste avéré et dans un premier temps, cette qualification se justifiait par le fait qu'elle parlait de génocide ou d'apartide par rapport à Israël. Mais les décisions de la Cour internationale de justice ayant affaibli légèrement cette ligne de justification, les services de renseignement ont changé leur raisonnement et ont désor désormais classé comme extrémiste le soutien euh du BDS et de la résistance palestinienne en tant que tel.

Cela au titre de deux catégories très vagues de la loi. Les intérêts extérieurs de la République fédérale et la bonne entente entre les peuples. Le raisonnement interne est d'une simplicité désarmante. disent que le droit à l'existence d'Israël fait partie de la politique étrangère allemande et donc toute activité politique allant à l'encontre de cette position porte atteinte aux intérêts extérieurs. Une position gouvernementale devient ainsi le critère d'extrémisme. Et encore, les conséquences légales peuvent se produire sans aucun juge ne se ne soit saisi.

La mention d'une ONG dans le rapport annuel du façon shut de l'enseignement intérieur entraîne la perte de son statut d'utilité publique, des salles refusées, des événements annulés, des appels à l'int savoir que cette politique a même conduit à classer comme extrémiste une ONG exclusivement juive et antisioniste, la voix juive pour la paix au Prochrient. On est donc arrivé amène à une situation ou une organisation notamment composée d'enfants et de petits enfants des survivantes de la choix et déclaré extrémiste par l'État allemand au nom de la lutte contre l'antisémitisme.

On a là à mon sens un exemple presque parfait de antisémitisme autoritaire, c'est-à-dire c'est l'État qui prend le pouvoir de définir l'antisémitisme y compris à l'encontre des juifs. 3è terrain, la liberté [raclement de gorge] d'expression et de manifestation. Je prends un seul exemple, la phrase from the river to the sea, Palestine will be free. L'Allemagne, comme vous savez peut-être, est le seul pays libre au monde où cette phrase est pénalement poursuivie à très très grande échelle. On parle de milliers de cas et de condamnations. Celle-ci repose sur un article du code pénal qui interdit l'usage de signe distinctif d'organisation interdite.

C'est l'article qui banit notamment la croix gamée et le salutarien. Depuis que après le 7 octobre le ministère de l'intérieur a interdit le Hamas, il a été décrété que cette phrase était un signe distinctif du Hamas. Et malgré le fait que ce par rapport à la philologie, c'est une fiction peut fonder cette fiction produit des effets. Plus de 100 millions 10000 procédures des interdictions préventives de manif et cetera. Et même si les les juridictions sont devenues un peu plus ambigu, le pouvoir discrétionnaire administr administratif demeure en place au motif que la situation juridique n'est pas claire comme si la l'incertitude jouait contre la liberté et non pas pour elle.

4e terrain, j'en diraiis que quelques mots, le financement. C'est depuis la résolution anti BDS du Bstag de 2019 et surtout après celle du novembre 2024 que des collectivités publiques sont invité à ne plus financer d'organisation ou de projets qui selon la définition IHRA serait antisémite contesterait le droit à l'existant d'Israël ou soutiennent le boycotte. Le land Berlin a tenté une clause de ce type pour des subventions culturelles, pu la retirer. La logique a survécu dans des nombreuses pratiques administratives, les universités, l'audiovisuel public sous le nom d'obligation de neutralité que le droit bien évidemment ne connaît pas. Qu'est-ce qui traverse ces quatre terrains ?

Il y a au moins deux logiques communes. Premièrement, c'est la logique de la sécurisation. Donc un discours qui construit un enjeu comme menace existentielle qui justifiera ensuite des mesures d'exception. Et ça se produit euh dans des justifications données au niveau administratif euh sans on reconnaît bien peu spécifique et en fait inchangeable, c'est-à-dire antisémitisme, BDS, support à la violence, terrorisme, raison d'État.

Euh une fois que cette logique de sécurisation est établie, deuxièmement, une logique de bureaucratisation, donc une qualification d'extrémistes produite par un ministère ou un service de renseignement circule vers d'autres administrations et institutions et va y produire des effets rien que par le fait que qu'elle existe. La classification de groupes politiques et un mouvement entier apparaît ensuite dans les pratiques policières des administratives et administrative préventive sans qu'un juge quelconque ait établi la qualification juridique. Alors voilà un aperçu de l'état des lieux pour l'instant. Deuxème temps. Alors qu'est-ce que ça révèle ? Pourquoi tout ça ?

Qu'est-ce que ça révèle sur l'antiant antisémitisme autoritaire dans le calme ? Si je lis correctement la situation française, la répression de la solid solidarité avec la Palestine, il est passé surtout par l'accusation de l'apologie du terrorisme, c'est-à-dire un cadre d'ordre public, pénal et la tentative d'aller plus loin en pénalisant la négation d'un état ou la comparaison c'est heurté au Conseil d'État et a échoué pour l'instant. L'Allemagne bien entendu connaît aussi ce genre d'instrument sécuritaire comme des listes terroristes, mais le contenu et surtout la généalogie de son cadre légal antiantisémitisme sont différents.

À savoir plus identitaire, le droit de la sécurité est l'exécutant d'une quasi énorme d'identité nationale. Par exemple, le serment de naturalisation ne teste pas une dangerosité, il teste une appartenance historique. De manière similaire, la notion d'intérêt extérieur se trouve investie par la raison d'État et une norme antinazie peut devenir une norme servant à réprimer réprimer un slogan palestinien. D'où vient ça ? Par rapport aux libertés politiques, la République fédérale s'est construite sur un compromis.

La Constitution proclame bien sûr la liberté d'expression, mais elle a laissé intacte un droit pénale spécial contre la parole nazie propagande symbole plus tard la négation de la choix imposé notamment sous la pression des alliés contre une majorité allemande d'abord à convaincre le compromis d'après pourrait se résumer ainsi la réintégration des anciens nazis en éch change du silence politique, silence des auteurs des crimes, silence sur les auteurs des crimes. La Cour constitutionnelle a successivement libéralisé les libertés d'expression à partir des années 50, mais elle n'a jamais développé une théorie politique de cette liberté.

Elle en a fait une affaire de pondération au cas par cas selon les contextes et cela a tenu tant que la société était relativement homogène et ses règles implicites du discours public et de la parole étaient plus ou moins partagé. Cela a profondément changé. En 2009, la Cour constitutionnelle a constitutionnalisé le droit spécial antinazi avec un argument ouvertement identitaire en disant que la Constitution était le contemodèle du nationalsocialisme. L'apologie du nazisme était donc définitivement exclue de la liberté d'expression.

Et bien que la cour eut ajouté à cette exception qu'elle était unique et non transposable à d'autres conflits, elle a bien été transposée bien évidemment car entre-temps une formule politique avait fait carrière celle de la sécurité d'Israël comme raison d'état de l'Allemagne. raison d'état et identité constitutionnelle sont devenus des mots quasiment inchangeables. Ce qui est raison d'État en affaire étrangère s'appelle identité constitutionnelle à l'intérieur.

Et le meilleur exemple de ce dispositif est probablement le projet de loi déposé au Bundesrat, ce printemps qui veut pénaliser la négation du droit à l'existence d'Israël au motif que la raison d'État aurait un contenu constitutionnel dans le sens de le de l'identité de la Constitution. Que défend cette quasi norme d'identité nationale ? Il est au moins pas évident que ce soit principalement la sécurité des juifs. Personne ne peut nier la persistance dans la société allemande d'un antisémitisme réel, y compris sous des formes violentes irrit desquelles on a parlé.

Cette instrumentalisation de la lutte contre l'antissémitisme rentre, je dirais, dans un cadre dans le cadre d'une stratégie politique d'extrême centre qui défend tout d'abord ce récit d'une société homogène à la fois non juive et non musulmane, c'est-à-dire étrangère, allemande. Sur ce point, je vois pas trop de différence entre les nationalismes européens. Mais s'y ajoute dans le cas allemand un aspect supplémentaire, celui de la réhabilitation morale réussie du pays des meurtriers. Et ces enjeux politiques ont un côté normatif constitutionnel incarné dans la Constitution, d'où la l'obsession avec le droit comme l'outil principal de la lutte contre l'antisémitisme.

Et ces enjeux politiques ont aussi une dimension extérieure bien sûr l'existence de l'État Israël. Le projet de loi le dit presque littéralement. Contester la légitimité légitimité d'Israël, c'est refuser la responsabilité allemande et donc la constitution allemande. Et dans cette construction politique, Israël est en réalité, si on force légèrement le trait, une institution allemande. [grognement] La définition de l'antisémitisme fonctionne alors comme la prime morale de la société majoritaire et son image d'elle-même. Et cette prime doit être défendu par tous les moyens, y compris de police parce qu'elle est de plus en plus contestée ou bien fragilisée.

Et cette contestation voire fragilisation s'inscrit dans une transformation fondamentale de la politique allemande dont les causes dépassent très largement la question de l'antisémitisme. Pour l'instant donc cette impuissance politique du mod du de l'ancien modèle politique se tourne d'une manière plutôt violente contre une société civile qui elle refuse d'entrer dans des économies morales de la société des post d'hier.

Ici, ce sont en premier lieu les communautés migrantes qui sont ciblées, notamment celles et ceux d'origine arabe que l'Allemagne a accueilli ces dernières décennies et qui bien évidemment raconte l'histoire de la violence au Moyen-Orient depuis la Nakba autrement que le discours officiel. Mais ceux qui sont en que, c'est aussi les membres d'une communauté installé installé depuis bien plus longtemps en Allemagne, souvent devenu allemande, y compris les Palestiniens et les Libanais depuis les années 70 euh les les depuis les années 60, notamment après le début de la guerre civile au Liban, les Turcs et les Kurdes.

Je dis ça aussi parce que en comparaison avec la France, on dit souvent que l'Allemagne est différente parce que nous sommes moins habitués à vivre avec des populations arabes et ça me paraît sociologiquement faux. Et justement, c'est justement l'axe visuel d'un système politique pour lequel le génocide des juifs européens est devenu le point de référence tandis que le traumatisme original de la 5e République évidemment et la guerre d'Algérie. C'est donc [raclement de gorge] face à cette société multiethnique on n'arrête pas de nier l'existence même que l'identité constitutionnelle allemande doit servir et sert en effet comme un seuil infranchissable d'appartenance.

Pour devenir bon allemand, il faut adopter le point de vue de la politique mémorielle west allemande. C'est pourquoi la nationalité me paraître le terrain clé. On n demande pas aux nouveaux venus d'accepter la démocratie, la République. On leur demande essentiellement un serment par rapport à une histoire qui n'est pas la leure et de prendre position pour cette histoire justement en prenant position pour Israël. en tant que garantit morale allemande. Une dernière chose importante, je trouve pour un colloque qui inscrit la lutte contre l'antisémitisme dans l'antiracisme.

Ce cadre légal dont je viens de parler s'appuie sur ce qu'on appelle en dans le droit une discrimination positive, c'est-à-dire sur des règles visant à protéger la vie juive ou la remise en cause d'Israël. [raclement de gorge] Cette discrimination positive, elle aussi est une forme de ce qu'on appelle en anglaising, un dispositif qui exclut tout d'abord ceux qu'il visent directement, les minorités menaçantes, mais c'est un dispositif qui exclut tout aussi bien tout aussi bien ce qu'il prétend protégés.

C'est le chancelier même si vous avez peut-être lu qui lors d'un discours la semaine dernière la semaine dernière appelé l'antisémitisme la forme la plus perfide de xénophobie admettant alors certes sans le vouloir que [grognement] les communautés juives restaient pour lui des étrangers dans la société amande. alors le chancell est tout en nourrissant à chaque occasion lui-même comme la plupart de l'opinion publique le récit de l'antisémitisme dit importer tout le monde sait à quoi ça sert.

Donc je trouve que c'est ça en fait le drame moral d'un régime qu'on pourrait appeler un un zionisme inversé qui lie la protection des juifs allemands à l'existence d'un autre état qui les force à définir leur identité politique par la politique et le sort de cet état et tout ça se passe comme vous savez dans une situation politique qui bascule vers des majorités fascistes. Donc pour l'instant c'est l'extrême centre [grognement] qui met entre les mains de l'extrême droite un appareil prêt à à l'emploi pour la révocation rétroactive de la nationalité et la définition administrative de l'ennemi intérieur. Merci.

48:45
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

48:55
Locuteur

Merci beaucoup Floriane. Euh François, c'est à toi. Oui, j'attends peut-être que le Voilà, comme j'ai pas de clochette, je ferai un petit un petit signal pour changer les les diapositives. Alors, merci pour la l'invitation et donc on va revenir ici sur la question de la définition ira de l'antisémitisme. On va examiner plus spécialement ses usages et ses fonctions et en quoi par ces usages et ces fonctions elle constituent une menace importante pour la liberté d'expression et l'expression la solidarité avec les droits des Palestiniens. Alors, on peut passer à la suivante. On va examiner deux points principaux.

Tout d'abord, on va revenir sur certains éléments de la définition en elle-même, mais je vais pas trop m'y attarder, et la placer dans le cadre de la la liberté d'expression certains éléments pertinents de cette liberté telle que développée par la Cour européenne des droits de l'homme. Et puis dans un second temps, on va examiner alors plus concrètement les usages et les fonctions euh qu'à développé cette définition et en quoi ça entraîne un certain nombre de menaces pour la liberté d'expression et son respect. Alors, séquence suivante. Donc euh non, c'est là c'est le d'avant. Voilà, parfait.

[grognement] Euh donc il faut savoir que la définition IR l'antisémitisme qui a été adoptée donc en en 2016 par cette organisation internationale en fait elle n'a fait que reprendre une précédente définition qui avait été adoptée en 2005 par ce qu'on appelait l'EMC qui était l'organe de défense des droits humains de l'Union européenne qui entre-temps a changé non ? cette définition, elle avait été établie sans beaucoup de transparence par des dialogues avec des associations principalement États-Unis, en particulier l'Antidformation League et l'American Jewish Committee.

cette définition de travail qui avait été établie en particulier pour accompagner la récolte de données était tombé en 18 un certain moment et puis a renaît de ses cendres tout à coup en 2016 sous l'impulsion d'une troisème organisation qui est le sentimon visontal qui occupe une place particulière au sein de l'Iran et qui donc a avec un certain nombre de délégués dont le dél délégué américain qui est lui-même membre du centre Simon Visontal, qui a mis ça à l'ordre du jour et qui a été adopté en réalité sans beaucoup de débats et sans que ce soit rendu particulièrement euh public. Alors cette définition, on peut passer au point suivant. Je vais pas en analyser tous les aspects.

Il y a en réalité une définition très générique qui n'a pas beaucoup d'intérêt. Ce qu'il en a c'est la liste des exemples qui accompagnent ces définitions générales. Et parmi les exemples cités, une bonne partie, la plupart en réalité tourne autour de l'État d'Israël et des critiques ou [raclement de gorge] des propos que l'on peut tenir à l'égard de l'État d'Israël.

Alors, il y a tout d'abord une sorte de précaution oratoire qui est prise dans la définition mais qui en réalité n'a pas beaucoup d'effets puisqu'on [grognement] on précise que néanmoins ça peut se manifester à l'encontre de l'État d'Israël conçu comme une collectivité juive, c'est-à-dire que l'État d'Israël est conçu comme une sorte de symbole des juifs en général. Dès lors, les prop les gardes de l'État d'Israël peuvent dès lors devenir antisémite. Mais on dit cependant critiquer Israël comment qui créerait tout autre état ne peut pas être considéré comme de l'antisémitisme. On voit tout de suite évidemment où est le piège de cette phrase.

On peut critiquer l'état de réel, ce n'est pas de l'antisémitisme comme on critiquerait tout autre état. Ce qui veut dire que vite en réalité on va pouvoir dire oui mais vous le critiquez pas comme vous critiquez tout autre état. Et ça renvoie d'ailleurs un des exemples. On peut passer au point suivant. Je vais simplement pointer trois des exemples. Le premier vise le droit à l'autodétermination des juifs. Donc qu'on ne peut pas nier. Ce qui implique également qu'on ne peut pas dire que l'existence de l'État d'Israël serait le fruit d'une entreprise raciste. On a le second point qui est celui du double standard.

Ça nous renvoie au premier élément que j'avais déjà signalé et qui est que serait antisémite le fait de d'exiger d'État d'Israël un comportement que l'on n'exigerait pas de la part d'un autre état. Donc c'est le double standard, on le traite pas de la même manière qu'un autre état dans les critiques que l'on aimait. Et puis troisème point c'est le fait d'établir des comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des nazis. Et on va voir que cet exemple a pris beaucoup d'importance dans le contexte du génocide. euh à Gaza.

Alors, en réalité, cette résolution et cette définition ne pouront pas beaucoup de précaution vis-à-vis de la liberté d'expression à part celle que je vous ai signalé mais qui est en fait plus un piège qu'autre chose.

qu'en réalité c'est développé, on peut passer au point suivant, c'est développé toute une jurisprudence de la Cour européenne droit l'homme dans différentes affaires dans lequel la Cour a été amenée à traiter de questions de propos tenus à l'égard d'Israël ou sur le conflit aisralopalestinien et se posait la question de savoir dans quelle mesure on avait franchi des limites acceptables de la liberté d'expression et à chaque fois que la cour est finalement confirmer une condamnation pour soit négationnisme soit incitation la haine raciale ou bien au contraire qu'elle est infirmé les accusations d'antisémitisme qui étaiit faites à chaque fois elle est néanmoins soulignée tout particulièrement le fait que critiquer la politique d'Israël critiquer le sionisme fait partie intégrante de la liberté d'expression qui est tout particulièrement protégé parce que ça relève d'un débat d'intérêt général et donc il faut des raisons tout à fait impérieuses tout à fait précise pour pouvoir fonder une limitation aux expressions qu'on en a pu tenir à l'égard de l'État d'Israël.

Il faut d'ailleurs signaler que l'une de ces affaires, l'affaire Sicade contre Suisse que vous voyez ici en haut à droite et bien visait par tout particulièrement des accusations d'antisémitisme qui avaient été faites à l'encontre [raclement de gorge] d'un professeur d'université qui se trouvait être juif pour la préface qu'il avait écrite d'un livre. et la Sicade qui est un petit peu le le correspondant suisse de la licra ici en en France avait l'avait accusé en se fondant sur la définition EUMC de l'antisémitisme. Et cet élément-là avait finalement été rejeté par les juridictions suisses qui avait dit d'ailleurs que cette définition n'avait aucune valeur particulière et aucune légitimité.

[grognement] Et puis ça a été confirmé par la Cour européenne des droits de l'homme qui n'a en fait pas tenu compte de la définition a examiné les propos pour dire que de toutes les manière possibles, en aucune manière ça relevait de l'antisémite. Donc on avait déjà la un usage de la définition pour essayer de fonder une accusation d'antisémitine qui s'était avéré totalement absurde en réalité. Alors passons maintenant, on peut passer à la di suivante à la question euh des usages et des fonctions euh de la définition IRA. Alors ici vous avez un certain nombre d'usages qui sont ici.

Ce qu'il faut particulièrement souligner c'est qu'en réalité là aussi un des une des autres garanties qui sont parfois mises en avant pour dire ne vous en faites pas la définition n'a pas d'effet négatif sur la liberté d'expression c'est de dire c'est une définition de travail elle n'a pas de valeur juridique. Là aussi c'est en réalité un piège parce que elle est d'autant plus dangereuse qu'elle n'a pas d'effet juridique.

Si elle avait un effet juridique, on pourrait beaucoup plus facilement l'attaquer devant un juge, essayer de la mettre de côté parce qu'elle serait intrinsèquement contraire à la liberté d'expression, mais en réalité, on va l'utiliser de manière beaucoup plus flexible pour fonder toute une série d'usage qui n'a pas besoin d'une valeur juridique formelle qui serait inscrite dans une loi. Par exemple, ben comme la Fericate contre Suisse l'a illustré, on peut se baser sur la définition IRA pour fonder une accusation d'antisémitisme. En réalité, la liste des exemples constitue une sorte de checklist.

C'est-à-dire que c'est tellement ouvert, il y a tellement de possibilités et notamment la plus ouverte, c'est ce fameux double standard. Je critique l'État d'Israël. Il est très facile de dire vous le critiquez mais pourquoi vous ne critiquez pas la Chine ? Pourquoi vous ne critiquez pas la Russie ? Pourquoi vous ne critiquez pas le Soudan et cetera ? Vous voyez que si vous singularisez l'État d'Israël, c'est en fait un double standard. c'est qu'en fait vous avez des intentions antisémites qui sont cachées. Donc ça c'est pratiquement un exemple qui permet pratiquement de tout inclure dans une accusation d'antisémitisme.

Et comme on le verra à travers d'autres exemples, les autres exemples particuliers peuvent également servir de checklist pour dire "Bon ben, j'ai un discours, mais je le fais correspondre à un des exemples et ça me permet de fonder une accusation d'antisémitisme et c'est à la personne qui est accusée de devoir se défendre, éventuellement d'attaquer en diffamation." C'est elle qui est dès lors en situation plutôt délicate avec cette stigmatisation évidemment très forte qui est l'accusation d'antisémitisme.

Ça peut être également être intégré dans des codes de conduite ou dans des codes disciplinaires, par exemple dans des universités, des fédérations sportives, des partis politiques et cetera et on en a de nombreux exemples. Ça peut servir d'outil de formation et d'éducation puisqu'il s'agit d'éduquer à la lutte contre l'antisémitisme. Il faut des outils pour se faire. Et en réalité dans les préconisations pour mettre en œuvre la définition de l'IRA, on dit ça doit servir de référence pour toute formation éducation en ce compris celle des forces de l'ordre lorsqu'ils doivent repérer des actes d'antisémitisme.

Ça va permettre également de fonder des signalements de contenu sur internet, de dire "Ah ben regardez, ça correspond à l'un des exemples, donc il faut retirer le contenu." Et on sait que dans le système européen, il y a ce qu'on appelle les signaleurs de confiance, c'est-à-dire des organisations, des associations nationale qui se voi octroyer un statut privilégié où on va le faire de prime à bord confiance lorsqu'elle signale un contenu et donc euh le réseau social concerné va plus immédiatement encore supprimer le contenu. On sait que la LICRA a été désigné signaleur de confiance qui est un grand promoteur de la définition IRA.

Ça peut fonder des conditionnalités de financement public, on l'a vu notamment avec le cas de l'Allemagne. Pouvoir aussi conditionner l'organisation d'événements. On va dire attention, il y a des risques de ceci, de cela, on va interdire certains événements. Et puis ce n'est que un usage parmi beaucoup d'autres, des poursuites pour incitation à la haine antisémite. Et en réalité, c'est l'usage le moins fréquent parce que justement le plus légalisé, le plus judiciarisé où il y a le moins de chance qu'un juge finalement accepte sur base de la définition de décréter qu'un contenu est antisémite si selon les standards plus généraux, il ne le serait pas.

Euh et donc en réalité, on a je n'ai que très peu d'exemples de cas où la définition a été invoquée devant un juge pour essayer de d'appuyer des accusations euh d'incitation euh à la haine raciale. Alors pour vérifier tout ça, on peut passer au point suivant. Si on examine le handbook que la Commission européenne a commandité à un d'association for practical use of the Working Definition Antisemitism, lorsqu'on voit la table des matières et bien on constate que ça correspond effectivement à ces usages.

On voit que ce qui est préconisé dans la mise en ee de la définition IRA qui a été avalisé par la Commission, par le Conseil, par le Parlement européen et bien il s'agit en réalité he de law enforcement, donc d'utiliser la définition pour mettre en œuvre certains de législation dont l'incitation la haine raciale pour les juges à des fins d'éducation, pour euh les le les les fonds les financements par le gouvernement ou bien pour la société. civile que la société civile puisse s'en emparer et utiliser dans différentes activités la définition. On peut passer au point suivant.

Alors, examinons maintenant un certain nombre de fonctions que la mise en œuvre de la résolution de la définition remplit. Et il y a deux grandes fonctions qu'on peut identifier. tout d'abord une fonction d'intimidation dont on a déjà parlé tout à l'heure ou bien d'occultation d'occultation de ce qu'est la politique de l'État d'Israël. Un premier exemple évidemment qui sera familier pour un certain nombre d'entre vous euh c'est la proposition de résolution qui avait été déposée par un certain nombre de députés qui visait à condamner l'institutionnalisation par Israël d'un régime d'apartête à l'encontre du peuple. palestinien.

Alors cette proposition de résolution a été accueillie pour le moins fraudement par un certain nombre d'autres députés ou de forces politique ou d'acteurs en France, notamment le groupe Renaissance qui a considéré que cette résolution relevait de l'antisionisme le plus exercer qui se dispute avec l'antisémitisme. Et pour se faire, il se référait à la nouvelle définition de l'antisémitisme qui avait été justement approuvé par une résolution du Parlement en 2019. Et donc voilà, on ne va pas parler de la politique israélienne de ségrégation dans les territoires palestiniens occupés. On va juste brandir la carte. C'est de l'antisémitisme, c'est de l'antisionme, tout ça, c'est la même chose.

Regardez d'ailleurs, on a une définition qui le dit, c'est le fameux exemple. On ne peut pas dire que la création de l'État d'Israël est une entreprise raciste. Lorsque Amnestie Internationale a sorti son rapport, on peut passer également sur l'APartide. Et bien le CRIF a également tout de suite sorti un communiqué disant que c'était un rapport antisémite. Et son président d'alors Francis Khalifa, a bien dit que ce qui était notamment visé, c'était un double standard appliqué à Israël, référence [grognement] directe à l'un des exemples de la définition IRA qui permet très facilement donc à nouveau de viser n'importe quelle accusation ou n'importe quelle critique visant l'État d'Israël.

On voit qu'il aurait d'ailleurs pu utiliser l'autre exemple, dire que la création de l'État d'Israël est une entreprise raciste. Euh ça aurait pu fonctionner euh également. Point suivant. Alors, [grognement] Shanon Sebban qui est je crois porte-parole de LR notamment qui plus récemment a stigmatisé Greta Tunberg qui avait parlé de camp de concentration qui était prévu à Gaza. a également, elle a considéré que ça correspondait à un des éléments de la définition, c'est-à-dire comparer la politique de l'État d'Irraël avec celle des nazis en disant si elle dit compte concentration, c'est forcément une référence à la choa. Donc elle convoque la mémoire de la choa pour stigmatiser l'état d'Israël.

Euh et tout ça est dès lors antisémite. Donc on voit qu'à nouveau c'est une question d'occultation. On n'examine pas la politique réelle de l'État d'Israël. le projet qui était porté par Israël 4 qui disait "On va établir des villages humanitaires entre guillemets à Gaza et on va y parquer euh les Palestiniens et ceux qui ne le veulent pas, on va les éjecter ou on va même les tuer. Euh on ne parle pas de ça, on parle simplement la définition hop c'est terminé, c'est antisémite." Or, au même moment euh on peut passer à la suivante, au même moment Etudolmert parlait également de de camp de concentration pour le projet porté par Israël 4.

Évidemment, c'était plus compliqué probablement de considérer que Eouudolmert violait la définition irale d'antisémitisme. Donc c'est plutôt réservé aussi à des personnes qui sont plus aptes à être accusé d'antisémitime. Nous savons simplement que ce qu'a dit Greta Thunber n'avait rien d'extraordinaire et que d'ailleurs le concept de camp de concentration n'est absolument pas propre à la choa mais est d'ailleurs bien antérieur à la choa et a été appliqué dans toute une série d'autres contextes. Donc ne renvoyait pas du tout nécessairement à la mémoire de la choa pour comparer la situation à Gaza avec celle de la choa on peut passer à celle suivante.

On voit également que les activités académiques sont directement visées. Ici c'est un petit quiz qui l'on trouve sur le site de l'American Jewish Committe. Donc l'American Jewish Committee qui est l'un des rédacteurs de la définition de 2005 qui a été reprise en 2016. [grognement] Et ici ce que l'on voit à travers ce cuis, c'est que le simple fait de qualifier le projet sioniste de projet colonial de peuplement est considéré ipsopacto comme étant nécessairement antisémite. Ça renvoie en réalité au même exemple dire que l'établissement de l'État d'Israël est un projet raciste ou ni le droit de l'autodémination du peuple juif euh avec des justifications que je vais pas analyser.

ça prendrait trop de temps mais qui sont assez farfelus en réalité et qui consistent corrélativement à nier d'ailleurs tout droit des Palestiniens sur cette terre puisqu'on dit simplement on était là avant donc ne venez pas dire qu'on ait pu établir un projet colonial à partir de l'Europe fin du 19e du début du 20e siècle puisqu'on était là 3000 ans plus tôt. Mais donc alors que le concept de colonie de peuplement pour viser le projet sioniste est assez consensué en réalité chez la plupart des historiens, ici on voit qu'on le qualifie immédiatement d'antisémite.

Il y a également une autre fonction qui est celle une d'une fonction donc plutôt de répression et de criminalisation euh à la fois du discours critique de l'État d'Israël et du mouvement de solidarité.

Et ici, on peut revenir quelques instants sur la proposition de loi Yad puisque dans l'exposé des motifs de la proposition de loi Yadan, premier élément de l'effet état, c'est la définition ira de l'antisémitisme en regrettant justement qu'elle n'est pas une valeur juridique tout à fait euh certaine et que dès lors il faut la traduire là dans une loi en bon du forme et que dès lors à ça que s'attelle le la proposition de loi Et on va voir que ça a eu un champ initialement extrêmement large puisque sous couvert de viser le nouvel antisémitisme, on a en réalité intégré une accroissement du champ de l'apologie du terrorisme qui a priori ne relève pas de l'antisémitisme.

Ce sont des concepts euh sont des concepts différents. On a un élargissement également de la notion de négationnisme. On va le voir dans un instant. Et euh on avait également des délits nouveaux qui visaient à la fois le fait de nier l'existence d'un état, sachant que c'était l'État d'Israël qui était visé ou appelé à la destruction d'un état. Et là, comme en Allemagne, de manière sous-jacente, il y avait l'idée d'un certain nombre de slogans comme From the River to the Sea, voire même Free Palestine, voir même simplement parfois brandir un drapeau palestinien qui serait interprété comme un appel à la destruction euh de l'État d'Israël.

Et pour revenir un instant sur euh l'élargissement du négationnisme, on peut passer à celle voilà celle-là. Donc, on voit que dans l'exposé des motifs, on indiquait bien que la comparaison de l'État d'Israël au régime nazi serait de ce fait sanctionnée comme une banalisation ou transière de la cho qu'en réalité, il ne s'agit pas de de minimiser la choix si même on fait certaines comparaisons. À nouveau, c'est souvent certaines comparaisons, c'est pas dire c'est la même chose. [toux] Mais en réalité, ce qui était sous-jacent, c'était même de dire que accuser Israël le génocide est une manière de minimiser la choa, de porter atteinte à la mémoire de la choa et donc relève de l'antisémitisme.

L'Alicra a d'ailleurs consacré un dossier entier qui parutu au mois de juillet à cette thèse selon laquelle accusé il serrait le génocide serait à la fois farfelu et donc nécessairement antisémite. Et puis on peut passer au voilà au point suivant. Comme on l'a déjà évoqué dans la précédente présentation, le Bundestac allemand en 2019 a adopté une résolution qui assimile le mouvement BDS à l'antisémitisme en se référant à nouveau à la définition ira de l'antisémitisme. Et puis séquence suivante, on voit que dans la justification qui en est donnée, c'est le fait que en réalité appelé au boycott des produits israéliens, ça rappelle le boycotte des produits juifs sous le régime nazi.

Bon, évidemment, ça n'a rien à voir, mais c'est le raccourci qui est fait immédiatement et dès lors, il y a criminalisation du mouvement BDS en dépit du fait que une année plus tard, la Cour européenne et droits de l'homme dans l'arrêt Baldasie contre France va dire très clairement que ça relève intégralement de la liberté d'expression. Ce n'est que s'il y avait des propos authentiquement antisémites qui accompagnaient le l'appel au boycotte que ça pourrait alors relever. euh de loi pénale qui limiteraient la liberté d'expression, mais quand son principe ça relève de la liberté d'expression.

Pourtant, la résolution a été maintenue et même confirmée encore par une autre résolution adoptée en 2024. Signalons quand même que jusqu'à la Rébal d'Assassie, la France a été le seul état dans le monde à criminaliser l'appel au boycotte, c'est-à-dire à le réprimer par une loi pénale. Même en Israël, ce n'était pas une loi pénale qui réprimait l'appel au boycotte. C'était une loi civile avec des réparations mais pas une loi pénale. Alors, on en arrive à à quelques conclusions.

Comme on le voit, la définition euh irantémitisme, lorsqu'on en examine les pratiques, les usages et les fonctions, on voit bien que en tout cas de manière assez massive et je n'ai donné qu'un très petit nombre d'exemples par rapport à toute la base de données que j'ai à cet égard euh conduit à des usages tout à fait abusifs de l'accusation d'antisémitisme et donc à des menaces fondamentales pour la liberté d'expression. Et ce qui frappe tout particulièrement, c'est le fait qu'il y a un décalage complet qui existe sur cette définition. Donc on connaît exactement tous les défauts de ces définitions. Il y a de très très nombreux experts qui se sont exprimés à cet égard.

Néanmoins, le monde polinique continue comme si de rien n'était. C'estàd chaque fois qu'on en parle, chaque fois qu'on l'utilise ou qu'on veut l'utiliser à des nouvelles fins, on fait comme si les débats n'existaient pratiquement pas. Et donc ça a un effet absolument délétaire sur la nécessaire lutte contre l'antisémitine parce que ça divise complètement, ça dilue complètement la notion d'antisémitine. Donc si pratiquement tout est antisémite, plus rien n'est antisémite. Et donc ça évite également d'ailleurs les mouvements de solidarité à avec la Palestine de faire de de balayer devant sa porte.

C'est-à-dire qu'on a un tel réflexe de refus que même quand il y a d'authentiques actes antisémites et il y en a aussi au sein de discours proalestinien pour faire simple et bien en réalité c'est beaucoup plus difficile de faire le travail. Vous n'avez évidemment pas envie d'aller manifester au côté du CRIF ou au côté du BNVCA et donc ça divise la lutte au lieu de permettre une lutte consensuelle et qui effectivement serait intégrée plus globalement dans une lutte antiraciste. Je vous remercie. [applaudissements] D'ailleurs au au sujet de ce détournement de la mémoire, c'est la première fois que j'ai donc entendu Valentina Pisanti.

C'était à un colloque à Berlin organisé en 2021, Hijacking Memory, donc sur ce détournement de la mémoire de la Choa les mouvements d'extrême droite en Europe. Et je pense qu'on pourra peut-être quand on mettra en ligne le colloque mettre un certain nombre de ressources, on pourra aussi mettre certains liens dont les liens vers ce colloc avec beaucoup d'interventions aussi en anglais. Voilà, vous pourrez. Donc je vous remercie beaucoup tous les trois pour ce panel.

1:15:24
Non speech

[applaudissements]