Macron : holp-up à droite #cdanslair 26.01.2018
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 28 %Attaque 45 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:16OuverteRéponse directe
Yves Tréhard, c'est grave pour lui ou pas ?
- 3:57RelanceRéponse directe
Pascal Perrineau, on a cessé de dire dans les heures et les jours qui ont précédé cette émission que c'était un test important pour Laurent Wauquiez, un mois après, un peu plus d'un mois après son élection à la tête des Républicains. Du coup, le test, il est quand même raté à cause de cette audience ?
- 6:55OuverteRéponse directe
Elisabeth Martichoux, alors on peut dire que cet échec d'audience est une mauvaise nouvelle pour Laurent Wauquiez, sans doute le signe de son impopularité, c'est peut-être aussi une très mauvaise nouvelle pour sa famille politique, pour la droite qui a du mal à se reconstruire et qui n'arrive pas forcément à convaincre en ce début de quinquennat d'Emmanuel Macron ?
- 9:30FerméeRéponse directe
Ludovic Vigone. Mais êtes-vous d'accord avec Elisabeth Martichoux ? Il a été bon hier soir ?
- 14:53OuverteRéponse directe
En s'attaquant à l'immigration, c'était un moment important de l'émission, Laurent Wauquiez n'est-il pas simplement dans la continuité de Nicolas Sarkozy ?
- 20:41OuverteRéponse directe
Vous croyez à cette stratégie et à son efficacité de Laurent Wauquiez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:08InvitéChiffre
« Moins d'un million et demi de téléspectateurs hier soir, c'est simple, c'est le plus mauvais score de l'histoire de l'émission. »
- 5:00InvitéChiffre
« il a été élu en décembre à la tête des LR par 70 000 personnes, c'est-à-dire une poignée. »
- 5:10InvitéChiffre
« 1,4 millions écoutent cette émission, 1,5 millions, et à peu près 1 sur 2 disent qu'ils l'ont trouvé relativement satisfaisant. »
- 5:30InvitéChiffre
« plus de 7 millions qui se sont retrouvés sur la candidature de François Fillon. »
- 15:21InvitéChiffre
« En 2017, elle avait augmenté quasiment 60 000 personnes. »
- 15:27InvitéChiffre
« les demandeurs d'asile sont plus nombreux que jamais, 100 000. »
- 21:32InvitéPromesse
« il a proposé de diminuer par deux l'immigration. »
- 30:15InvitéFait
« c'est quand même un discours de replique. »
- 11:48InvitéFait
« Ce que je propose, c'est qu'on remette à plat la totalité de notre politique d'immigration sur toutes ces composantes, sans tabou. »
- 11:58InvitéFait
« la France ne peut plus continuer à accueillir autant d'immigration chaque année. »
- 13:32InvitéChiffre
« l'INSEE et l'OFCE, qui ont clairement montré que cette année, les Français, notamment les classes moyennes et les Français les plus modestes, allaient perdre du pouvoir d'achat. »
- 29:03InvitéFait
« le protectionnisme comme seule arme économique »
- 35:13InvitéChiffre
« 57% des Français jugent Laurent Wauquiez incompétent. »
- 35:17InvitéChiffre
« 61% estiment qu'il est peu sympathique. »
- 38:24InvitéFait
« Il est en termes de popularité entre Nicolas Dupont-Aignan et François Hollande. »
- 43:56InvitéFait
« Ils m'ont piqué encore 15 euros sur la CSG. »
- 49:39InvitéChiffre
« 6% à la présidentielle pour leur candidat. »
- 1:00:03InvitéChiffre
« 6 Français sur 10 ne le sentent pas, quoi. Il ne le trouve pas sympathique. »
- 1:02:23InvitéFait
« Ils ont tiré les leçons de la campagne des primaires où en fait c'était une course à l'échalote à celui qui allait supprimer le plus de fonctionnaires. »
- 1:02:51InvitéFait
« il faut faire des économies il faut que la dépense publique soit moins importante contrairement à ce que fait Macron mais que eh bien on soigne les petits bobos »
Temps de parole
- Invité23 %
- Invité 222 %
- Invité 314 %
- Présentateur13 %
- Invité 413 %
- Invité 55 %
- ?4 %
- Invité 63 %
- Invité 73 %
≈ 27,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air pas facile d'incarner l'opposition. En ce début de quinquennat, le PS est en lambeaux et la droite se cherche. Les Républicains se sont bien choisis un leader, Laurent Wauquiez, mais le jeune président de la région Auvergne-Rhône-Alpes
peine
à trouver ses marques comme en témoigne son flop d'audience. Hier soir sur France 2, il faut dire que l'équation est difficile pour lui. Avec un discours très dur sur l'immigration notamment, il peine à rassembler sa famille politique. Si bien que les électeurs de droite plébiscitent aujourd'hui le duo de l'exécutif. Emmanuel Macron et Édouard Philippe, sont-ils de droite ? se demande le Figaro Magazine ce week-end. On a envie de dire que la réponse est dans la question. Quel avenir alors pour les Républicains qui ont déjà perdu des personnalités comme Xavier Bertrand et Alain Juppé ? Laurent Wauquiez a-t-il un problème d'image, de perception dans l'opinion ?
Pourquoi est-il si contesté au sein même de son parti ? On en parle ce soir avec nos invités. Yves Tréhard,
vous
êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro. On peut retrouver votre billet intitulé « Vauquiez ou les clés de la reconquête » sur votre blog Controverse. Pascal Perrineau, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po, spécialiste de la sociologie électorale en France et en Europe. Je rappelle votre dernier livre,
«
Le vote disruptif aux presses de Sciences Po ». Elisabeth Martichoux, vous êtes chef du service politique de RTL et en charge de l'interview politique chaque matin sur RTL. Ludovic Vigogne,
vous
êtes journaliste politique au quotidien L'Opinion. Vous suivez la droite depuis de nombreuses années. On peut retrouver votre article intitulé « Vauquiez face à la saignée chez LR » sur le site de votre journal. Bonsoir à tous les quatre. – Bonsoir
à vous. – Merci
beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. Alors on a l'habitude de scruter l'audience de l'émission politique de France 2. Édouard Philippe avait fait un carton, Jean-Luc Mélenchon s'en était plutôt bien sorti. Mais là, Laurent Wauquiez a fait un flop retentissant. Moins d'un million et demi de téléspectateurs hier soir, c'est simple, c'est le plus mauvais score de l'histoire de l'émission. Yves Tréhard, c'est grave pour lui ou pas ?
–
Non, c'est pas grave parce qu'il n
'y a
pas d'échéance tout de suite.
Si
vous voulez, il a été… Ce qu'il cherche à faire maintenant, Laurent Wauquiez, qui est quand même assez méconnu du grand public, même si on connaît son visage, c'est vrai qu'il a beaucoup varié dans ses idées, dans ses positionnements. En plus, hier, un sondage est tombé juste avant l'émission, vous imaginez, où il y avait six Français sur dix qui disaient « il n
'est
pas compétent, il n
'est
pas sympathique, il
n'est
pas honnête ». Vous vous rendez compte, il est habillé pour la soirée et il se pointe à cette émission qui est une émission importante. Et je pense que cette émission, pour lui, l'objectif, c'était surtout de montrer à un public de droite qu'il y avait un patron à bord et qu'il y avait quelqu'un à la barre. C'était pas du tout, il est dans une entreprise de refondation de son parti et il est dans une entreprise aussi de fondation de lui-même, de ce qu'il est, le patron qu'il veut être. Et tout ça, il fallait qu'il marque les balises hier soir. Donc, les gens n'étaient pas séduits par cette programmation, ils ne sont pas allés le voir, sauf, à mon avis, un certain public
qui
était acquis pour une partie à la droite ou alors un public de droite qui voulait voir ce qu'il donnait. Eh bien, je crois que son score, si vous voulez, est inversement proportionnel à la qualité de la prestation qu'il a faite parce que je pense qu'il s'en est plutôt pas mal sorti. Il a été assez clair, il a eu de la répartie et on ne peut pas dire qu'il était mis en difficulté dans cette émission-là. Au contraire, je pense qu'il a réussi ici ou là et plutôt plus que moins à donner une image de lui qui était une image solide
et positive. Pascal Perrineau, on a cessé de dire dans les heures et les jours qui ont précédé cette émission que c'était un test important pour Laurent Wauquiez, un mois après, un peu plus d'un mois après son élection à la tête des Républicains. Du coup, le test,
il
est quand même raté à cause de cette audience
?
Alors, comme vient de le dire Yves Tréhard, le problème pour Laurent Wauquiez, c'est sortir du quasi-anonymat. D'ailleurs, comme la plupart des leaders de l'opposition aujourd'hui qui n'existent plus. Mais lui, en dépit du fait qu'il est depuis longtemps dans la vie politique, il a commencé à être dans la vie politique comme suppléant de Jacques Barraud en 2002. Donc oui, il a 42 ans, mais il est depuis longtemps dans le job. Et il cristallise donc toute une série de rejets, on le voyait bien dans ce sondage qui a été publié à quelques heures de l'émission, de rejets de la classe politique dans son ensemble.
Parce que l'honnêteté, l'incompétence, l'honnêteté relative, etc., le reproche est adressé à un nombre impressionnant d'hommes et de femmes politiques aujourd'hui. Donc il s'agissait pour lui de sortir de l'anonymat, parce qu'il a été élu en décembre à la tête des LR par 70 000 personnes, c'est-à-dire une poignée. Là, j'ai regardé les appréciations. 1,4
millions
écoutent cette émission, 1,5
millions,
et à peu près 1 sur 2 disent qu'ils l'ont trouvé relativement satisfaisant. Ça fait 700 000, vous voyez, il y a un progrès, on passe de 70 000 à 700 000, mais on est encore extrêmement loin des 7 millions
d
'électeurs, plus de 7 millions qui se sont retrouvés sur la candidature de François Fillon. C'est ça le bassin naturel de la droite française. Donc le président de LR en est encore loin. Et le moins qu'on puisse dire, et on l'a vu encore hier soir, c'est que sa stratégie,
qui
est une stratégie à la fois sociale et identitaire, n'est pas complètement en phase avec l'électorat des Républicains. La ligne sociale, comment parler d'une ligne sociale audacieuse, parfois dans certaines propositions, à l'électorat qui est l'électorat le plus bourgeois de France ? Quand vous prenez l'électorat de François Fillon, c'est très clair et très net, c'est l'électorat le plus bourgeois. Donc à qui s'adresse-t-il ? Ou alors il s'adresse aux électeurs populaires du Front National. Et sur la ligne identitaire, on voit bien que cet électorat, LR aujourd'hui, est incroyablement divisé.
Vous savez, dans toutes les enquêtes, moi ça me frappe depuis des semaines et des semaines, quand vous regardez les faveurs accordées à la politique de Macron ou du Premier ministre Édouard Philippe, après les gens qui se sentent proches de la République en marche, qui sont, bon, c'est naturel, d'accord, quel est l'électorat dans lequel l'écho est toujours le plus positif ? Eh bien, c'est l'électorat des Républicains. Donc il faut bien voir qu'il est face à une équation extrêmement difficile, Laurent Wauquiez. Il a un électorat très divisé, un appareil très divisé, et une stratégie qui prend à rebrousse-poil toute une partie de son électorat naturel. La tâche n'est vraiment pas facile.
– Elisabeth Martichoux, alors on peut dire que cet échec d'audience est une mauvaise nouvelle pour Laurent Wauquiez, sans doute le signe de son impopularité, c'est peut-être aussi une très mauvaise nouvelle pour sa famille politique, pour la droite qui a du mal à se reconstruire et qui n'arrive pas forcément à convaincre en ce début de quinquennat d'Emmanuel Macron. –
Mais l'enjeu, ce n'était pas tellement de faire une grosse audience. Alors, pour parer les coups évidemment, et un éventuel gadin qui s'est effectivement réalisé, il y
a
un proche de Wauquiez qui me disait, mais de toute façon on le fera toujours mieux, alors il disait dix fois mieux, il rêvait un peu, qu'une matinale de BFM. C'était ça quand même l'enjeu, c'est pas d'ailleurs, j'atteins pas l'honneur de BFM, BFM fait 400 000 tous les matins, il a fait un million et demi, c'est quand même beaucoup mieux hier soir sur France 2. Mais c'est pour dire que pour lui c'était statutaire, en effet, il fallait passer un cran. Il a passé un cran, il est entré dans la cour des grands, parce que comme le disait Pascal Perrineau, ça fait quoi, 10-12 ans qu
'il
fait de la politique, mais il est encore extrêmement méconnu. Donc il a effectivement une faille d'audience hier soir, mais il crante dans l'espace médiatique, et par ailleurs il a un succès critique, si je puis dire. C'est comme au théâtre, vous savez, parfois il y
a
un succès critique et puis le
public n'est pas
tout de suite au rendez-vous. Mais il se donne du temps, je crois que ce jeune homme très impatient, il se donne du temps, il lui en faudra du temps, parce qu'il faut qu'il construise effectivement à partir d'un socle qu'il est en train de consolider sur une ligne caricaturale.
Hier soir, si vous voulez, il a été bon, il a été solide, il a été assez caricatural sur une ligne dure, sans être agressif dans le ton, et il a réussi, il a réussi la partie sur plusieurs points, par exemple face à Alain Minc, quand il a fallu qu'il explique, qu'il donne une cohérence, si c'est possible, à ce fameux parcours sinusoïdal qui lui vaut un procès en insincérité, on y reviendra peut-être, qui lui colle à la peau et dont il a beaucoup de mal, et qui explique en grande partie l'image négative qu'il a dans l'opinion. Donc hier, je dirais qu'il a une mauvaise audience, c'est pas très grave, il est au début d'un marathon,
il
a 4 ans, peut-être plus d'ailleurs, 5 et 4, 9
ans, on verra, ça dépendra de
Macron aussi, et de l'éventuel échec ou réussite de Macron. Il est en train de poser des pierres, on verra jusqu'où le mur le monte ou pas au sommet.
On verra dans quelques instants quelques extraits de cette émission, que vous n'avez pas été nombreux à regarder, donc ce sera important de regarder justement ce qu'il a dit, d'écouter ce qu'il a dit plus précisément, Ludovic Vigone. Mais êtes-vous d'accord avec Elisabeth Martichoux ? Il a été bon
hier
soir ?
Oui, il a été bon. C'était une émission d'installation pour lui en fait, il est dans une phase d'installation, il prend ses habits de nouveau président de la droite, et je dirais même que le peuple de droite le découvre en tant que nouveau patron, et est en train de l'accepter comme nouveau patron, et c'est un peu ce qui s'est passé hier. Voilà, il a rencontré son public, à mon avis, lors de cette émission. Ce qui aurait été gênant pour lui, on accuse souvent, Laurent Wauquiez, d'avoir un rapport un peu éloigné à la réalité, d'être un peu caricatural.
Ce qui aurait été gênant pour lui, c'est d'avoir aujourd'hui une polémique à la suite de cette émission, d'avoir eu hier un propos qui aurait fait un peu scandale, et d'avoir aujourd'hui un sparadrap un peu sale qui allait lui coller à la parca rouge quelques jours. Il n'a pas ça. Donc ça l'a un peu notabilisé, entre guillemets, ça a un peu cassé cette image auprès des Français
peu
nombreux qui ont regardé, peut-être, auprès des journalistes aussi, parce qu'il est très critiqué dans les médias. Et donc ça a un peu cassé cette image, c'était important pour lui. Elisabeth le disait très justement, le ton était très intéressant, il laissait le temps à ses contradicteurs de s'exprimer, il ne les interrompait pas, il faisait très attention à ne pas être brutal. Et sur ce plan-là, je pense que l'émission, lui, pour lui, est réussie.
Pendant plus de deux heures, hier soir sur France 2, Laurent Wauquiez a tenté de soigner une image mitigée dans l'opinion, interrogée sur l'immigration, le pouvoir d'achat, et tout simplement son positionnement politique. Laurent Wauquiez s'est affiché comme le nouveau chef d'une droite sans complexe. Morceau choisi par Julien Naudet.
Vous
vous attendez à ce que je laisse le monopole
du
discours sur l'immigration au Front National
? C
'est hors de question.
Ça
fait trop d'années
que
la droite a capitulé
et
qu'elle a renoncé à aborder un certain nombre de thèmes qui sont pourtant fondamentaux pour les Français. La sécurité, dont vous ne me parlez pas ce soir, alors qu'on a la problématique dans les prisons.
La
question du déclassement des classes moyennes qui sont inquiétées pour l'avenir de leurs enfants.
Et
tout simplement,
la
question de l'intégration républicaine. J'aborde des sujets qui sont importants pour les Français
et
j'essaye d'apporter les réponses dont je pense qu'elles permettront d'amener notre pays dans une meilleure direction. Et de la même manière
que
je ne veux pas laisser le monopole du social à la gauche,
je
ne veux pas laisser le monopole du discours sur l'immigration à l'extrême droite. Ce que je propose, c'est qu'on remette à plat la totalité de notre politique d'immigration sur toutes ces composantes,
sans
tabou. Et avec un objectif simple, la France ne peut plus continuer à accueillir autant d'immigration chaque année.
Vous
évoquez des échanges qu'on a pu avoir quand j'avais 28 ans.
Nous
sommes 14 ans plus tard.
Vous
n'avez pas vu la France changer autour de vous
? Vous
n'avez pas vu le terrorisme monter
? Vous
n'avez pas vu les problématiques de l'intégration se durcir
? Vous
n'avez pas vu, vous qui êtes un apôtre de la mondialisation, la détresse parfois des classes moyennes et leur paupérisation se renforcer
? Vous
n'avez pas compris ce qui s'est passé en Allemagne avec le vote sur Angela Merkel
? Vous
n'avez pas regardé ce qui s'est passé sur le Brexit
? Vous
n'avez pas vu ce qui s'est passé aux États-Unis
? Oui,
M. Minck,
j
'ai fait un choix.
Et
ce choix, je l'assume.
C
'est de m'en remettre en question.
Mais
vous avez raison.
J
'ai eu la chance de faire les grandes écoles de la République et j'en suis fier.
Mais
j'en connais aussi les limites.
J
'en connais les contours de sa pensée unique. Je sais aussi la façon dont elle formate les esprits.
Et
j'ai fait un choix qui est un choix de me libérer.
Moi,
ce qui ne me va pas,
c
'est ce que vous faites sur les retraités. Ce qui ne me va pas,
c
'est les cadeaux que vous faites pour les plus riches. Ça ne me pose pas de problème qu'on aide ceux qui réussissent. Ce qui me pose un problème, c'est qu'en faisant ça, vous ne faites aucun geste sur l'impôt, sur le revenu. Ce qui ne me va pas,
c
'est ce couple de retraités et tout le monde peut aller sur le simulateur du gouvernement
qui,
eux, vont se retrouver à payer plus.
Ce
qui ne me va pas,
c
'est les analyses qui ont été faites par des organismes indépendants, l'INSEE et l'OFCE, qui ont clairement montré que cette année, les Français, notamment les classes moyennes et les Français les plus modestes, allaient perdre du pouvoir d'achat.
Alors
vous venez ici et vous nous dites, circulez, il
n'y a
rien à voir.
Ce
que je veux dire, c'est que je pense qu'il faut qu'on tourne la page de toutes ces égrores recuites,
de
toutes ces divisions qui ont tué la droite. Petit à petit, nous avons construit une droite
dans
laquelle, au fond, pour faire semblant de garder tout le monde à bord, on a fait du filet d'eau tiède.
On
ne disait plus rien
et
on en faisait encore moins quand on était aux responsabilités.
Et
on a creusé ainsi, petit à petit, un grand fossé entre les Français et nous. Je pense que le drame de la politique française,
c'est
qu'on a des élus qui cherchent à plaire à tout le monde,
qui
cherchent à ménager la chèvre et le chou,
en
même temps, puisque c'est l'expression à la mode.
À
l'arrivée, on ne sait plus du tout ce qu'ils pensent.
Je
ne suis pas venu sur votre plateau
pour
faire du consensus mou.
Je
suis venu sur votre plateau pour défendre les convictions et les valeurs qui sont les miennes.
Et
pour qu'à l'arrivée, les gens qui nous écoutent puissent se dire,
on
ne partage pas nécessairement toutes ces idées,
mais
il
y a
une colonne vertébrale.
Une
colonne vertébrale. Voilà ce que revendique Laurent Wauquiez. Première question SMS. En s'attaquant à l'immigration, c'était un moment important de l'émission, Laurent Wauquiez n'est-il pas simplement dans la continuité de Nicolas Sarkozy ? Yves Tréhard
?
Oui, évidemment,
je dirais que c'est un peu le phare de la droite, Nicolas Sarkozy, de ces dernières années, effectivement. Mais c'est surtout qu'il avait des statistiques
qu
'il fallait qu'il exploite. Les statistiques ont montré qu'effectivement, l'immigration légale
avait
beaucoup augmenté cette dernière année. En 2017, elle avait augmenté quasiment 60 000 personnes. En plus, les demandeurs d'asile sont plus nombreux que jamais, 100 000. Donc il fallait, même si évidemment, ça ce n
'est
pas à mettre sur le compte de l'héritage de la politique d'Emmanuel Macron complètement, puisqu'il n'est arrivé qu'au mois de juin, il fallait là qu'il s'empare de quelques sujets. Vous savez, le problème de Laurent Wauquiez, c'est qu'il n'y
a
pas
une
feuille de cigarette qui sépare
le
fond idéologique de Macron et de Wauquiez et de la plupart de cette génération, je veux dire, de droite ou du centre-droit. Ce ne
sont
pas des enfants de Barès, contrairement à ce qu'a dit Alain Mink, ce sont des enfants de Mauriac et de Camus. Il n'y
a
pas beaucoup de choses qui les séparent. Donc qu'est-ce qu'il faut qu
'il
fasse, Wauquiez, puisque Macron occupe un espace très important ? Il faut qu'il se démarque. Et toute l'émission d'hier soir, c'était une émission qui était faite pour se démarquer. Il est très très loin de sa base originelle, comme l'a dit Pascal Perrineau, c'est l'enfant spirituel de Jacques Barraud. Alors pour ceux qui n
'ont
pas connu Jacques Barraud, Jacques Barraud,
c
'est un chrétien démocrate à l'origine. C'est quelqu'un qui est très très proche de ce que peut défendre aujourd'hui un Européen convaincu, qui a été commissaire européen, qui est très très proche de ce qu'est aujourd'hui Emmanuel Macron. Eh bien, pour Laurent Wauquiez, il faut qu'il se démarque de ce terrain-là. Et la seule façon
qu
'il a imaginé, lui, pour se démarquer de ça, c'est de partir sur la droite.
Et
de faire,
ce
que Yann Moix d'ailleurs a dit hier soir, et qui était plutôt assez bien vu, de faire au Front National, qui est dans une situation compliquée, ce que Mitterrand avait fait au Parti communiste dans les années 70-80. C'est-à-dire siphonner un électorat qui est clairement à droite, qui veut de l'autorité anti-émigrationniste, et de le recueillir alors que le Front National est dans une passe compliquée. Et c'est le but de Laurent Wauquiez. Tout son discours hier était fondé là-dessus avec un problème majeur qui n'a pas été contré là-dessus. Et c'est bien dommage, parce que c'est un des problèmes majeurs de la politique en France en général.
C'est comment faire des économies quand vous voulez assurer un modèle social comme le nôtre. Et Dieu sait si hier, le but de Laurent Wauquiez, c'était de s'adresser aux classes moyennes, populaires, celles qui ont peur, justement.
Pascal Pérenneau, vous êtes d'accord avec ça. La stratégie, c'est d'aller siphonner les voix du Front National, sachant que Marine Le Pen est dans
une
mauvaise passe. Bien sûr, il estime en effet qu'il y
a
un moment de faiblesse du Front National. Cependant, il faut faire attention. Toutes les enquêtes qui sont faites en ce moment montrent que le Front National, en tant qu'électorat, résiste. Il y a un malaise de l'appareil. Il y a un malaise, en effet, autour de Marine Le Pen, de son leadership sur l'organisation. Au plan électoral, il s'agit peut-être d'autre chose. Donc, le travail ne sera pas simple. Parce qu'au fond, certes, il s'adresse au FN. Il vient de condamner, on l'a entendu, le « en même temps » macronien. Mais quel est le « en même temps » que pratique Laurent Wauquiez ? C'est « en même temps » le Front, « en même temps » la gauche.
Il l'a dit, « je ne laisserai pas le monopole du social à la gauche et le monopole de l'immigration au FN ». Donc, à sa manière, il fait du « en même temps ». Bien. Mais est-ce que cela sera suffisant pour faire revenir à lui cet électorat populaire préoccupé par l'enjeu de l'immigration ? Vous savez, beaucoup s'y sont essayés depuis plusieurs décennies.
Et
la plupart ont échoué, sauf un bref moment, Nicolas Sarkozy, dans les années 2006-2007. Mais à part ce moment, la droite a toujours échoué dans ce travail de reconquête. Et même parfois, elle a nourri, en utilisant le discours du FN de manière trop collée, elle a nourri, la dynamique ou la résistance du FN. Et puis, à la fin des fins, vous savez, la politique, c'est toujours de l'incarnation.
C
'est de
l
'incarnation.
Et le problème pour Laurent Wauquiez, c'est est-ce qu'il peut incarner, on aura la réponse dans les mois qui viennent, de manière crédible, ce travail de reconquête qui se fait sur le thème de l'hostilité aux élites, alors que Wauquiez, comme Emmanuel Macron, sont issus, ce sont des produits archétypaux des élites, avec toutes les qualités, d'ailleurs des élites, le parcours scolaire de Laurent Wauquiez, universitaire de Laurent Wauquiez est tout à fait brillant, sur une thématique ensuite anti-européenne, alors qu'il a été un ministre des Affaires européennes qui ne trouvait, et c'est hier, en 2010-2011, qu'il ne trouvait que des vertus, par exemple, à l'euro, et est-ce qu'il arrivera à convaincre de son côté social, alors que c'était un homme qui, alors là, hier, avait encore des mots extrêmement durs sur l'assistanat.
Donc, il y a là, si vous voulez, un changement de pied, est-ce qu'il peut l'incarner ? En effet, tout le monde a le droit de changer, c'est bien ce qu'il a assumé hier, il a dit en effet qu'il avait changé, dans son dialogue avec Alaminque, il revendique ce droit au changement, mais ensuite, il ne suffit pas de dire ça, il faut convaincre des millions d'électeurs.
Comme par hasard, Marine Le Pen, dont on parle beaucoup depuis quelques minutes, accorde ce soir une longue interview au journal Le Monde dans laquelle elle déclare qu
'il
n'y a pas de changement de ligne au FN, c'est une menace, Elisabeth Martichoux, pour le Front National. Vous croyez à cette stratégie et à son efficacité de Laurent Wauquiez ?
Ça va dépendre d'abord du Front National, de Marine Le Pen, on va laisser passer le Congrès, on verra ensuite comment Marine Le Pen arrive ou non à surmonter ces difficultés actuelles. Ensuite, la stratégie de Laurent Wauquiez, à court terme d'abord, c'est d'apparaître, on l'a beaucoup dit, mais c'est vrai, comme le premier opposant. Hier, c'était Marine Le Pen, aujourd'hui, c'est Jean-Luc Mélenchon, demain, ce sera peut-être Laurent Wauquiez, vous l'avez dit, c'est l'enjeu des mois et peut-être des années à venir. Il va effectivement consolider ce socle avec ce discours quand même très à droite. Hier, il a fait une proposition
quand
même étonnante. Rappelez-vous sur l'immigration, sauf erreur de ma part, il a proposé de diminuer par deux l'immigration. C'est une promesse quasiment étonnable. D'ailleurs, il n'a pas dit comment il le ferait, mais c'est vous dire qu'il va très loin quand même sur cette ligne qui est évidemment au-delà du... Ce n
'est
pas aux confins du Front National. C'est complètement Front National. Hier, Laurent Wauquiez nous a dit pendant l'émission 1, il y a trop d'immigration, 2, je vais la diviser par 2. Il aurait dit ça il y
a
quelques années. Alors là, le cancer de l'Ansistana à côté, c'était de la petite bière comme on dit. Donc, il est allé très loin, il va essayer de consolider. Moi, je pense que si Emmanuel Macron, pour dire les choses de façon un peu on va dire rustique, si Emmanuel Macron réussit son quinquennat, de toute façon,
l
'espace de Laurent Wauquiez restera
assez
faible. Si Emmanuel Macron échoue, en revanche, là, il a un espace. Mais sinon, Laurent Wauquiez, est-ce qu'il n'aurait pas un parcours à la Chirac ? C'est-à-dire, très à droite pendant une période et puis petit à petit, très lentement, sur, peut-être pour 2027, il arrivera à faire ce rassemblement vers la gauche que Jacques Chirac avait réussi pour gagner la présidentielle. C'est une hypothèse que je pose là, sur la table.
Ça confirme donc
ce
qu'on peut effectivement penser concernant Laurent Wauquiez. Le vrai problème pour lui, c'est Emmanuel Macron. Et on peut même ajouter Edouard Philippe, je reviens à la une du Figaro Magazine avec cette question sont-ils de droite ? Quand il voit ça, Laurent Wauquiez, c'est terrible pour lui. On a le sentiment qu'aujourd'hui, en effet, c'est Macron et Philippe qui incarnent cette droite. Surtout aux yeux de la victoire. Oui, c'est ça le
problème
pour Laurent Wauquiez. C'est qu'il y
a
une grande partie de sa base, des militants, des adhérents, des sympathisants républicains qui soutiennent aujourd'hui l'action de l'exécutif. Donc c'est vrai que c'est un problème alors que Laurent Wauquiez, lui, pratique, même s'il s'en défend, une opposition systématique. Rien ne trouve grâce à ses yeux, il faut le dire, même s'il reconnaît quelques mérites à Jean-Michel Blanquer, c'est à peu près tout. Le reste est passé à la sulfateuse. Donc c'est vrai que ce sera une vraie difficulté pour lui. Après, il veut être le premier opposant, mais il a une première adversaire. La première adversaire, c'est évidemment Marine Le Pen qu'il veut asphyxier.
C'est dit très clairement hier lors de son émission. Il ne le cache pas. Il y va franchement sur l'immigration comme peu de prédécesseurs à droite y sont allés. Il aura pour ça un premier rendez-vous qui seront les élections européennes. Quel parti sera devant l'autre ?
Est
-ce que ce sera le Front National comme en 2014 qui est arrivé au premier parti de France ? Est-ce que ce sera les Républicains ? Est-ce que Laurent Wauquiez aura réussi à redépasser les FN ? C'est son premier rendez-vous. La difficulté de ce rendez-vous-là, c'est que ça va obliger Laurent Wauquiez à avoir une ligne assez dure, assez eurocritique, alors que là aussi,
il
y a une partie de la droite qui n'accepte pas ce discours et qui se reconnaît dans le discours extrêmement pro-européen d'Emmanuel Macron. Ce sera une difficulté de tenir les deux faire feu et on parlait du en même temps social et identitaire hier soir, le en même temps sur Je veux réconcilier Philippe Séguin et Jean Monnet. Bon courage, on a vu déjà la difficulté pour lui qu'il avait à l'expliquer.
Et
puis deuxièmement, le scrutin suivant qui viendra à peine dix mois après qui seront les municipales fait appel à une logique tout à fait différente. C'est un scrutin où les candidats des Républicains ne veulent pas du tout être trop marqués, veulent apparaître comme des candidats défendant l'intérêt général. Et donc on voit déjà toute une partie de maires des Républicains se préparer, bon an, mal an, à des accords avec la République En Marche. Donc comment Laurent Wauquiez va gérer ça, devoir passer d'une ligne assez dure au mois de mai 2019 à une ligne un peu plus souple que vont réclamer beaucoup d'élus des Républicains sur le terrain en mars 2020 ?
Ce que vous dites confirme le titre de notre émission. hold-up sur la droite pour Emmanuel Macron, ce n
'est
pas seulement, comme le disait Elisabeth Martichoux à l'instant, la réussite du président de la République, c'est qu'il y a, est-ce qu'on peut le dire, une politique de droite qui est menée aujourd'hui en France ? Pascal
Perrineau.
Bien sûr, sur certains items, en effet, on le voit avec la loi tout même Asile et Migration qui est en train de se préparer. Voilà, il a pris à contre-pied une partie de son électorat. D'ailleurs, la fronde de certains intellectuels contre cette loi est tout à fait symptomatique de la déception parmi ce qu'on pourrait appeler les soutiens de gauche de Macron. Mais en revanche, des soutiens de droite de Macron qui étaient venus sur le terrain économique et social s'aperçoivent que sur le terrain régalien même, ils peuvent être d'accord avec Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Et cela renforce, si vous voulez, l'enracinement d'Emmanuel Macron dans l'électorat de droite.
Beaucoup d'électeurs de droite et c'est cela que traduisent sur leur terrain nombre de maires LR. J'ai discuté récemment avec des maires d'importantes villes. Eh bien, ils disent, voilà, notre électorat est un électorat qui jette un œil bienveillant sur le macronisme. Nous devons prendre cela en compte dans la perspective des élections municipales et regarder la manière dont des maires importants, des maires de la jeune génération, LR, ce qui est gênant, tout même pour un homme qui veut incarner aussi le renouvellement des élites, sont en train de prendre de la distance au nord, à l'ouest, au sud et à l'est.
Il
n
'y a
pas que les élus. Parce
que vous avez aussi
tout le monde de l'entreprise. Et je veux pour preuve, alors bon, vous allez me dire, il est très particulier, mais ce matin dans le Figaro, puisque vous faites référence au Figaro, Bernard Arnault prend fait écho pour Emmanuel Macron, comme il l'avait fait d'ailleurs pour le deuxième tour de l'élection présidentielle. En disant, cette politique me va tout à fait. Et vous discutez, vous allez dans des réunions de chefs d'entreprise, ils sont acquis aux réformes d'Emmanuel Macron. Moi, je pense qu'il faut revenir, et Elisabeth a raison de le souligner, le pari
de
Wauquiez, c'est de faire effectivement une politique de siphonnage, si vous me permettez l'expression, sur sa droite. Et le pari, c'est que ça s'essouffle au centre, que les mesures, les réformes d'Emmanuel Macron ou n'aboutissent pas, ou ne donnent pas de résultats. Puisqu'on parle beaucoup du succès en qualité de réforme de la réforme du Code du Travail, faut-il encore que cette réforme, elle apporte, elle porte ses fruits contre le chômage, par exemple ? Rien ne le dit, rien ne le prouve, on va voir. Et là, les résultats, si d'ici à un an, un an et demi, effectivement, déjà à la rentrée de septembre, à mon avis, ces résultats ne sont pas acquis, et on voit que la maison est fragile aussi.
Regardez le conflit des gardiens de prison. Alors, je ne sais pas si ça intéresse beaucoup les Français, mais quand même, il a été plutôt mal géré. Et ça, tout ça, ça ternit un peu l'image quand même, où on disait ce gouvernement très méthodique, ce gouvernement bien préparé, vous voyez, il va y avoir une usure du temps. Et ça, Wauquiez, évidemment, il parie dessus. ça paraît tout à fait manifeste.
Elisabeth
Partichoux.
Il parie dessus. Il a quand même encore un peu de travail. On a dit qu'il était bon,
c
'est vrai, il était très bon hier. Il a quand même des qualités de dialecticien assez redoutables. Et je ne sais pas si d'ailleurs, il y
a
un équivalent à droite de ces qualités-là. Mais il y a eu, il m'a semblé, deux moments où là, il va falloir qu'il bosse, il va falloir qu
'il
travaille. C'est le face-à-face avec François Langlais quand il a mis en avant le protectionnisme comme seule arme économique sans savoir exactement comment il allait y travailler avec ses partenaires européens. Et d'ailleurs, c'est le même sujet sur l'Europe. Et ça, Ludovic disait que ce serait le premier test. Mais sur l'Europe, on ne sait pas encore exactement son euro-crypticisme, pas exactement ce qu'il recouvre. Hier, on a bien vu avec les questions de François Langlais sur l'Allemagne que ce n'était pas encore extrêmement solide. Donc, sur ces deux sujets-là, on va dire, il a les mois et les quelques mois devant lui, mais il va falloir qu'il s'arme et qu'il soit beaucoup plus solide.
L'immigration, ça y est, il ne
va
pas reculer, il va jusqu'au bout, il ira jusqu'au bout, etc. Sur ces sujets qui sont plus compliqués pour lui, évidemment, à droite, il va falloir qu'il s 'arme. Les élections européennes, ça peut être une difficulté pour lui parce que le parti qui est déjà très restreint par rapport à ce qu'il était peut encore davantage se fracasser. L'Europe a toujours divisé, on va dire, les deux grands partis qui ont structuré la vie politique française, le parti socialiste, bon, il n'y
en
a plus beaucoup,
et
le RPR, l'UMP, c'est toujours divisé là-dessus, entre des souverainistes affichés et le discours de Wauquiez, c'est quand même un discours de replique. Comment vous allez expliquer aux Français et à vos partenaires européens que vous voulez une Europe à 12 ? Mais qui va accepter ça aujourd'hui ? C'est compliqué. Donc ça va être une épreuve compliquée pour lui de garder son parti uni pour cette échéance électorale.
Moins de deux mois après son élection, le président des Républicains reste impopulaire dans l'opinion et son image divise jusque dans son propre camp. Alain Juppé mais aussi Dominique Bussereau ont pris du champ avec les Républicains. Xavier Bertrand, lui, a carrément claqué la porte et les tensions continuent. Marie-Charlotte Duluc et Maxime Liogier.
C
'était il y a un mois et demi. Laurent Wauquiez, élu président des Républicains dès le premier tour avec 75% des voix. Un président plein de bonnes intentions à l'image de sa nouvelle équipe. Maintenant,
la
droite se tourne vers l'avenir.
Elle
le fait avec une équipe qui est d'abord une équipe jeune.
43
ans de moyenne d'âge.
Des
nouveaux visages
et
des élus qui en sont pour un grand membre à leur premier mandat. Pour certains, ils ont soutenu des personnalités qui sont différentes par le passé
et
ils sont aujourd'hui surtout tous déterminés à laisser ces divisions derrière nous.
Des
divisions pourtant tenaces ravivées cette semaine par la nomination des membres du bureau politique et de la commission nationale d'investissement.
qui
turent la CNI.
Le
député Éric Ciotti devrait en prendre la tête. Secondé par quatre vice-présidents Nadine Morano, Michel Tabarro, Patrice Vercher et Roger Carucci, des vieux routiers du parti.
Et
dans les instances,
très
peu de place accordée au soutien des deux concurrents à la primaire des Républicains, Florence Portelli et Maëlle Decalan. Deux ex-rivaux aujourd'hui alliés pour réclamer une représentation proportionnelle à leur score de campagne, c'est-à-dire 25%. Comme Laurent Wauquiez le leur avait, semble-t-il, promis.
Je
suis chez les Républicains, j'étais avant à l'UMP, j'étais avant au RPR, c'était pas stalinien. Là, s'il leur invoquait le premier stalinien d'histoire de la droite, ce sera sans moi, je pense sans nous. Mais en tous les cas, on lui demande de retrouver la raison, d'accepter la contradiction et d'accepter surtout de tenir parole. Parce que s'il commence son mandat en crachant sur la parole qu'il nous a donnée et en ayant des propos méprisants vis-à-vis de nous, ce qui a émis, ce n
'est
pas très grave, mais vis-à-vis des militants qui ont voté pour nous, s'il méprise 25% de ce parti, c'est quand même largement inquiétant. Aujourd'hui, il envoie un signal d'exclusion, d'exclusion de
tous ceux
qui ne sont pas partis, qui ne pensent pas comme lui. Parce que la parole donnée a été reprise, parce qu'on a privilégié les combinaisons entre barons au renouvellement politique, parce qu'on s'assoit sur le résultat de décembre et parce qu'on rétrécit politiquement les républicains au moment où ils devraient s'ouvrir. Donc il y a cette espèce de grande fatigue des partis politiques en France qu'on accentue à chaque fois qu'on caricature les partis et qu'on leur fait donner le pire d
'eux
-mêmes.
Tous
deux brandissent la menace du départ, une menace déjà mise à exécution par certains. Décembre dernier, juste après l'élection de Laurent Wauquiez, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand claque la porte des républicains, suivi par plusieurs élus locaux. Alain Juppé, lui, refuse de payer sa cotisation pour cette année
et
attend de voir.
Je suis mis en position de recul et je vais observer ce qui se passe dans les prochains mois, en particulier dans la perspective des élections européennes, parce que pour moi, ce sera un point de clivage fondamental.
Même
échéance électorale pour l'ancien ministre des Transports et cofondateur de l'UMP Dominique Bussereau. Pas de cotisation non plus pour 2018 et une mise en garde au nouveau président.
La
force de parler tout le temps d'insécurité, d'immigration, etc., et de ne
pas
parler de la vie quotidienne, de l'environnement, des problèmes de transport, etc., c'est un positionnement que je juge réducteur. Je suis comme un paysan charenté, j'attends de voir, je toucherai l'animal, je toucherai la vigne, et je verrai si cette vigne produit du raisin et du vin qui sent bon l'Europe
ou
quelque chose qui sent bon un nationalisme flétri. Et si c'est le cas, je passerai de la position de congé à la position de départ. Et si le parti revient à un véritable message européen, je pourrai revenir dans cette formation politique.
D
'autres restent, mais tentent coûte que coûte de prendre leur distance avec la ligne Wauquiez. Comme la présidente d'Île-de-France Valérie Pécresse et son mouvement libre lancé en septembre dernier.
Ou
le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a lui annoncé la création de son propre parti, la France audacieuse.
Dans
un récent sondage, 57% des Français jugent Laurent Wauquiez incompétent
et
61% estiment qu'il est peu sympathique.
Question SMS, que représentent ces barons qui s'opposent à Laurent Wauquiez et Ludovic Vigone ?
On
les a vus là, évidemment, Xavier Bertrand qui est parti, Dominique Bussereau, Valérie Pécresse, d'une certaine façon.
En fait, des barons au sein des Républicains, il n'y
en
a plus tant que ça. Après tout, qui reste-t-il ? Valérie Pécresse. Vous le disiez, Xavier Bertrand est parti, François Baroin s'est mis en semi-retraite. Donc, qui reste-t-il ? Nicolas Sarkozy, François Fillon sont partis, Alain Juppé, bon, il a pris du recul comme il dit, mais il est sur le départ. Donc, finalement, il n'y a plus beaucoup de poids lourd qui est opposé à Laurent Wauquiez au sein des Républicains. Il a plutôt en cela le champ libre. Les mots utilisés par... Oui ? Alors,
il
y
a
recul et recul parce que Valérie Pécresse ne peut pas se permettre de quitter les Républicains parce qu'elle a un électorat qui ne lui pardonnerait pas. Alors, vous avez Bertrand, il avait besoin de quitter les Républicains parce qu'il a été élu par la gauche et qu'il va falloir qu'il travaille son terrain pour les prochaines élections. Donc, c'est vrai qu'il y a des stratégies différentes.
Il
y a ceux qui restent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Valérie Pécresse, elle a créé son mouvement mais elle ne peut pas... Estrosi. Estrosi
aussi. Estrosi aussi. Donc, ils
sont là sans être là avec des stratégies différentes en attendant tous, évidemment, que l'horizon se dégage ou
pas.
Ce n'est plus un parti pluriel avec différents courants, avec des centristes. C'est fini tout ça ? C
'est-à-dire la pluralité semaine après semaine est de moins en moins évidente. Le rassemblement, et on rassemble avant tout des convaincus de Laurent Wauquiez. Et c'est une préoccupation pour un parti qui est tout de même un parti dont la culture est d'être un parti de gouvernement et non pas une petite formation de caractère souverainiste, etc. Parce que là, il y a déjà un parti, c'est le parti de Nicolas Dupont-Aignan qui occupe cet espace. Et ce n'est pas l'ambition, bien sûr, d'une formation comme LR. Mais tous ces barons notables, quand vous regardez la dernière cote d'avenir publiée chaque mois par le Figaro magazine, c'est tout de
même
très intéressant.
Et
vous regardez qui est populaire dans l'électorat LR. Eh bien, vous apercevez que ces barons sont beaucoup plus populaires que le président actuel. Ils sont à des niveaux, on leur prête, 50%, à 40%, une cote d'avenir. Même chez des hommes dont la carrière politique se décline avant tout au passé. Je pense à Alain Juppé, je pense à Nicolas Sarkozy, François Baroin est également haut. Vous savez, dans cette clientèle, le patron LR, depuis son élection de décembre, a du mal à s'imposer. Il a du mal à s'imposer. Il existe, mais il a vraiment du mal à s'imposer. Et dans l'échantillon global, il a même régressé par rapport à décembre.
C'est-à-dire, il n'y a pas eu d'effet Wauquiez, d'effet de la victoire Wauquiez sur l'ensemble de l'électorat. Et dans l'ensemble de l'électorat, dans la hiérarchie, ça montre l'ampleur du travail qu'il a à accomplir, il est en termes de popularité entre Nicolas Dupont-Aignan et François Hollande. Vous voyez, donc il n'est véritablement que de classement. Et donc il a un travail devant lui qui est un travail gigantesque. Donc c'est un leader, pour l'instant, faible, mais qui a choisi, c'est peut-être le paradoxe, de diviser. Parce que l'attitude extrêmement dure qu'il a vis-à-vis de ces deux challengers qui ont réuni tout de même 25% des suffrages à eux deux, Mme Portelli, dit M.
Decalan, est étonnante parce qu'il entretient le clivage.
C
'est déjà une petite boutique, les LR. Et là, il divise dans cette petite boutique. Là, il y a peut-être une stratégie paradoxale.
C'est terrible ce qu'elle dit, Florence Portelli. Elle dit, si il est le premier stalinien de l'histoire de ce parti, ce
sera sans moi. Non mais là,
il y
a
de
l
'excès aussi. Je dirais que
à l'excès
répond l'excès. Sincèrement, bon, je veux bien qu'on parle de stalinien, mais on en est quand même assez loin et on n'est pas à Katine. Je t'en paierai un tout petit peu, Pascal, si vous me permettez, ce que vous dites. D'abord, il ne faut pas oublier une chose. C'est une boutique. Certes, une boutique qui est la première boutique en termes d'élus locaux. Alors, je veux bien que des élus locaux, pour certains, prennent un peu du champ par rapport à la maison mère, mais ils ont quand même la majorité au Sénat. Ils ont quand même la plupart des grandes villes, la plupart des régions, la plupart des départements. Ils sont quand même assis. Ça, c'est la première des choses.
La deuxième chose, ils sont populaires, les autres, tous ceux qui font
un
peu la tête ou qui ont pris de la distance du champ. Mais, ils ne représentent pas grand-chose. Pourquoi ils ne représentent pas grand-chose ? Parce que ce qu'ils disent ou ce qu'ils défendent, c'est aspiré par Emmanuel Macron. C'est-à-dire que, si vous regardez bien, je voudrais bien qu'on me donne la différence entre Valérie Pécresse et Emmanuel Macron.
Je
ne vois pas tellement de différence. Estrosi, il fait, alors, pardon du mot, son fond de commerce avec des maires de Grande Ville, M. Robinet, le maire de Reims et d'autres maires. Mais, il est dans la, je dirais, dans la roue d'Emmanuel Macron. Il ne s'en cache pas, d'ailleurs. Il dit, moi, ça me va très bien, cette politique-là. Alain Juppé, il parle même d'un axe central pour les élections européennes. Alain Juppé est plus proche d'Emmanuel Macron que de Laurent Wauquiez. Donc, ils ont du mal à exister, je dirais, par eux-mêmes, sans, s'ils devaient sortir du bois et se présenter à une élection, qui
a
fait Mme Pécresse à l'intérieur du parti Les Républicains. Elle sait qu'elle va au casse-pipe. Et hors des Républicains, elle est évidemment très inférieure, électoralement, à Emmanuel Macron. Donc,
c
'est compliqué pour eux. C'est très compliqué de trouver un positionnement d'avenir, je dirais, pour le moment.
C'est compliqué, mais Elisabeth Martichoux, est-ce qu'on peut envisager d'ici, on va dire à moyen terme, l'émergence de partis dissidents
à
droite
?
Est-ce que des groupes pourraient se constituer ?
Je vous l'ai dit, à propos de Valérie Pécresse, c'est compliqué. Elle a pris date en créant Libre et en l'adossant au parti, Laurent Wauquiez la laisse faire d'ailleurs, puisqu'on peut avoir une double appartenance, effectivement. cela dit, la rupture, pour elle, est risquée vis-à-vis de son électorat, créer un parti en dehors. Vous avez la manufacture de Xavier Bertrand, qui est une forme de mouvement qui n'est pas encore un parti, en tout cas, il ne l'assume pas comme ça pour l'instant. Donc, en gestation, il y a des possibilités, mais pour des personnes qui ont vraiment pris le large. Après, les cas, Florence Portelli et Maël Decalan, je ne
sais
pas si vous me contredirez, ce n
'est
pas la même chose. Maël Decalan, si vous voulez, il n'est vraiment pas sur la ligne de Laurent Wauquiez. Il n
'y
a vraiment, alors pour le coup, rien qui le ramène à Laurent Wauquiez sur le plan idéologique, presque pas, surtout pas l'Europe, surtout pas l'économie. Florence Portelli, en revanche, elle ne quittera pas LR. Dans le fond, elle est complètement les Républicains. Donc, pourquoi il les néglige ? Pourquoi il les divise ? Est-ce que c'est tellement important pour lui ?
C
'est surtout totalement assumé. Il a un style de management qui se veut autoritaire. Alors,
c
'est des tracteurs
des remboutables. Mais
il a un contre-exemple pour la matière.
C
'est Nicolas Sarkozy Laurent Wauquiez et il l'assume tout à fait. Nicolas Sarkozy se faisait un devoir, un challenge de récupérer ce qu'il disait du mal de lui au sein de sa famille, de leur proposer des ministères quand il était président de la République, des portefeuilles quand il est des titres, quand il était au parti. C'était sa règle. Voilà, il fallait toujours. Et donc, celui qui voulait avoir un titre, il tapait sur Nicolas Sarkozy. Laurent Wauquiez, lui, c'est exactement le contraire.
Pour lui, il récompense la fidélité. Il
prend quand même le risque
de
se retrouver assez seul.
Mais il
estime que ça a été pour Nicolas Sarkozy un aveu d'échec, que ça l'a affaibli et que ça, chez ceux qui étaient très proches de lui, plutôt suscitaient une envie de prendre de la distance plutôt que de le soutenir.
Bien, je vous propose maintenant de parler de la gauche. La situation reste compliquée pour le PS, le PS se cherche un chef, un nouveau premier secrétaire doit être élu le 8 avril et les prétendants ont jusqu'à ce soir, minuit, pour déposer leur candidature. Romain Bessnenou et Myriam Zéard.
Retour au terrain et à la politique de proximité pour Stéphane Le Folle. L'ancien ministre de l'Agriculture est candidat au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste et pour lui, la campagne se joue au plus près des électeurs et des militants comme ce matin chez lui, au Mans. Alors qu'est-ce que c'est que ce gouvernement ? Ils m'ont piqué encore 15 euros sur la CSG. Vous avez reçu votre fille, ça y est ?
Oui,
les 15 euros ? Oui, sur mon versement de retraite. Oui, donc ça y est, c'est fait. Qu'est
-ce
que c'est que ce gouvernement ? C
'est un
gouvernement pour les riches. Oui, c'est
sûr.
Première stratégie pour le candidat breton,
s
'opposer au gouvernement
et
à Emmanuel Macron. Les milliardaires ne cessent d'accroître leur richesse. Il y
a
un moment où ça ne pourra pas durer. Et donc, si on est d'accord sur ce constat, je n
'ai
toujours pas compris comment Emmanuel Macron, président de la France, a fait des choix fiscaux qui ne font
qu
'encourager ou qui vont dans le même sens que ce qu'on constate à l'échelle mondiale. Stéphane Le Foll le clame, non, le Parti Socialiste n'est pas mort. Lui qui se dit prêt à incarner le renouveau doit tout de même affronter les critiques de certains membres du PS, qui lui reproche sa proximité avec François Hollande et sa participation à l'ancien gouvernement.
Moi,
je ne
suis
pas honteux d'avoir gouverné, pas honteux d'avoir participé au gouvernement de François Hollande. Et en même temps, maintenant, j'ai ma liberté. Ma liberté, c'est de dire ce que j'ai envie, de dire, de penser ce que je pense et de m'adresser aux militants pour leur dire, vous savez, on a deux ans pour essayer
de
se relever
et
ensuite de repartir à la conquête. Deux ans, il faut être présent dans le débat public.
et
je serai présent dans le débat public.
Face
à Stéphane Le Foll, quatre autres candidats briguent la tête du PS. Olivier Faure, Delphine Bateau, Luc Carvounas et Emmanuel Morel.
Tous
ont jusqu'à ce soir minuit pour déposer leur candidature. Le vote aura lieu le 29 mars auprès des militants.
L
'objectif, redresser un parti exsangue, inaudible, défait, après l'échec de la dernière présidentielle.
Et
pour sauver le PS, le favori, c'est lui, Olivier Faure, chef de file socialiste à l'Assemblée nationale. Il a récemment reçu le soutien de Martine Aubry.
Son
programme, repartir à zéro.
Moi,
je veux
tout
changer. Je veux rénover du sol au plafond ce parti.
Je
veux faire en sorte qu'il fonctionne différemment, qu'il soit plus ouvert à la société française,
à
ses propres territoires, à ses propres militants, à ses sympathisants, au monde intellectuel, à la société civile organisée, et faire en sorte qu'il
y ait
un courant d'air qui passe, qu'il
y ait
quelque chose qui, à nouveau, donne plus que le sentiment,
qui
donne la certitude à ceux qui nous regardent
que
c
'est
là que ça se passe.
Pour
être candidat au poste de premier secrétaire, les règles ont changé et sont désormais plus strictes.
Il
faut d'abord obtenir les signatures de 16 membres du Conseil national du PS
et
déposer une motion autour de 5 thèmes imposés, comme l'Europe, ou l'écologie.
Pour
la dernière candidate déclarée, Delphine Bateau, ce changement de statut n'est rien d'autre qu'un coup d'État. On a une bunkérisation de l'actuelle direction du PS, un certain nombre de
choses
sur les méthodes qui relèvent du coup d'État statutaire, pour que le congrès du PS, qui devait donc être un moment de redémarrage, de point de départ, d'électrochoc, de Big Bang, soit en fait complètement enfermé, verrouillé, par des systèmes de clans, de courants, qui n'ont plus aucun rapport en fait avec des débats d'idées.
Le
PS va devoir écrire une nouvelle page de son histoire. Le défi pour son futur chef, empêcher le parti de disparaître. à l'image du siège historique Solferino, vendu pour raison économique, est devenu le symbole d'un paysage politique du passé.
C
'est terrible parce que cette campagne pour l'élection à la tête du PS, cette campagne illustre l'État du Parti Socialiste. Alors, on saura ce soir effectivement combien ils sont. Est-ce qu'il y a un favori qui se dégage, Yves Tréhard ? Est-ce que quelqu'un émerge ?
C
'est difficile à dire. Je pense qu'il y
en
a un, si vous voulez, qui est peut-être un peu plus implanté, qui a plus de réseau, c'est Stéphane Le Foll qui était ministre de l'Agriculture, proche de François Hollande. Mais quand je vous dis ça, je n'en ai aucune certitude. C'est vrai que les autres sont peu connus quand même. Qui il
y
a d'autres ? Olivier Faure. Alors,
il
y a Olivier Faure, mais Olivier Faure qui est le patron du groupe à l'Assemblée Nationale, mais qui est quand même un illustre inconnu pour beaucoup d'électeurs socialistes. Vous avez Emmanuel Morel qui est encore moins connu. Alors, lui, qui est plus à gauche, qui est réputé plus à gauche, un peu l'intellectuel de la bande. Vous avez Mme Delphine Bateau qui a eu son heure de gloire, je dirais son quart d'heure warolien quand elle a quitté le gouvernement,
qu
'elle a convoqué la presse en disant qu'elle avait été maltraitée comme ministre de l'Écologie. Elle déplore le débat d'idées, mais quelles sont ses idées à elle ? On ne sait rien, on ne sait pas. Elle parle de bunkerisation du Parti Socialiste, mais bunkerisation, quand déjà il n
'y a
plus personne, qu'est-ce que vous enfermez dans le bunker ? C'est quand même compliqué. Et puis, la grande inconnue qui est peut-être le plus connu médiatiquement qui s'appelle Julien Drey, visiteur du soir et Nicolas Sarkozy et d'ailleurs de François Hollande.
Et
d'Emmanuel Macron
à l'époque. Et d'Emmanuel Macron,
mais lui qui est surtout, je dirais, un causeur au bon sens du terme, c
'est
-à
-dire
que
c'est
quelqu'un qui parle, mais qui a, alors pour le coup, aucun réseau, qui est un ancien patron de SOS Racisme, mais qui est quand même très déconnecté d'une grande partie du terrain.
Pascal Perrineau
? On parlait de la crise des LR, mais alors là, la crise du Parti Socialiste est bien plus terrible parce qu'ils sortent d'un moment qui est un véritable tremblement de terre. 6% à la présidentielle pour leur candidat, un groupe de parlementaires socialistes réduit à une trentaine, que dirige d'ailleurs Olivier Faure. La crise est une crise gigantesque. On vend les meubles, on vend le siège et c'est un parti qui n'a plus ni de leader.
On voit, et ce n'est pas une insulte, que dans ce casting dont on parle ce soir, il n'y a aucun leader ayant une dimension véritablement nationale, ce qui, pour un grand parti de gouvernement porteur de la tradition qui est la tradition prestigieuse du Parti Socialiste depuis 1905, pose tout de même un problème. Deuxième problème, le problème de la stratégie. Quelle est la stratégie du Parti Socialiste
?
Entre cet énorme pôle maintenant de gauche radicale qu'est la France insoumise et le macronisme qui tout de même, au départ, du moins dans le moment présidentiel et législatif, vient avant tout d'une gauche sociale-démocrate. Où sont-ils
?
Pour l'instant, on voit bien qu'il n'y a pas de réponse sur la stratégie. Quant à l'organisation, alors là, en effet, c'est comme pour LR, il reste quelques élus locaux qui d'ailleurs sont aussi prudents parfois que les élus LR parce qu'ils se disent pour les prochaines échéances qu
'il
faudra peut-être trouver des stratégies et des stratégies d'alliance. Pourquoi pas avec une partie de La République En Marche ? Donc, vous voyez, c'est un parti. Alors là, on a affaire à un véritable champ de ruines. Alors, c'est arrivé déjà au Parti Socialiste. En 1969, le Parti Socialiste était un champ de ruines. Il s'est peu à peu relevé, mais il y avait Alain Savary et François Mitterrand. C'est-à-dire, il y avait tout de même des hommes qui parlaient à l'ensemble de ce qui reste du peuple socialiste.
Elisabeth Martichoux, là, on ne sait pas qui sera élue à la tête du parti. Après, on va dire bonne chance. Parce que,
quelle
mission ?
On
ne change pas une équipe qui gagne. J'écoutais Yves Tréard qui faisait la liste des candidats. Stéphane Le Foll, c'est compliqué, il incarne totalement François Hollande. Il inspire du rejet chez ses propres amis. Même aujourd'hui, les autres ont un déficit de notoriété. Et puis, ils ont pris le pari. Vous savez, c'est l'éternel débat. Est-ce qu'on élit un homme et qu'on construit après ou est-ce qu'on construit quand même un axe, un corpus idéologique et ensuite, on se choisit un chef pour le porter ? Là, la période est tragique. On les revoit revenir sur les plateaux.
Certains incarnent l'échec, d'autres incarnent un avenir, mais du bout des lèvres et sans nous dire vraiment ce qu'ils incarnent précisément. C'est très, très compliqué. Je pense que l'année, de toute façon, va être une année blanche. Les européennes, évidemment, il faudra aussi les passer par pertes et profits. Et ils espèrent aux municipales garder des fiefs, en conquérir.
Mais ils ont déjà parlé à l'île.
Mais là, si vous voulez, on disait que Laurent Wauquiez, il lui fallait du temps. Mais là, le Parti socialiste, aussi, énormément. Ludovic Vigone ? Non, je crois qu'il
n
'y
a
pas grand-chose
qu
'il faudra rajouter. Les deux personnalités à suivre ne seront pas candidates à ce congrès.
Je
pense qu'il y a d'abord Anne Hidalgo, qui est quand même la maire de Paris, qui a un rendez-vous important au municipal en mars 2020. Si elle est réélue, elle jouera forcément un rôle important dans la suite de l'histoire du Parti socialiste. Elle reste quand même, aujourd'hui, c'est l'élu la plus puissante. Martine Aubry étant, aujourd'hui, dans un... son avenir est derrière. Et puis,
l
'autre acteur clé, c'est François Hollande. Est-ce qu'il voudra revenir ? On sait très bien comment est François Hollande. Il ne décroche jamais que la politique est sa vie. Et quand on est un ancien président battu au bout d'un premier mandat, on a vu quelques exemples
précédents. Vous voulez dire qu'il est
imprévisible
comme un acteur ?
On n'a qu'une envie, c'est de revenir. Donc, à mon avis,
c'est deux personnages. Il y a au moins
un précédent récent, c'est Nicolas
Sarkozy. Exactement.
Avec
le
succès que l'on sait. Exactement. Mais ce sont sans doute des acteurs qui ne joueront pas un rôle ces prochains mois,
mais qui
seront assus dans la
deuxième partie du quinquennat de
Macron.
Ce
qui
peut se produire aussi,
c'est que Pascal Perrineau avait raison de parler de 1969 et 1971. En 1971, quand le parti est pris, il est pris par François Mitterrand, il n'est pas
au
Parti Socialiste François Mitterrand quand il prend ce parti.
Il
est minoritaire pendant tout le congrès d'Épinay. Il prend le parti. Ça peut être une personnalité de l'extérieur
qui
flaire, qu'on ne connaît pas. Mais ça peut arriver. Tout peut arriver aujourd'hui puisque Emmanuel Macron, après tout, est président de la République. Il y a encore deux ans, personne ne le connaissait. Donc, il peut y avoir quelqu'un qui surgisse et qui reprenne le Parti Socialiste.
Un inconnu qui surgit lors de
la nuit. Mitterrand n
'était pas tout à fait un inconnu.
C
'est vrai. Voici maintenant vos questions SMS et Internet.
Allez,
on va reparler de la droite et de ce hold-up réussi par Emmanuel Macron que Laurent Wauquiez va tenter d'éviter dans les prochains mois. Question qui est à la fois une question et un commentaire. Faire du Sarkozy, dix ans après, ça marche encore. Pascal Perrineau.
Est
-ce qu'Emmanuel Macron
fait
du sarkozisme ?
Je pense que ça s'intéresse plus à Laurent Wauquiez.
Laurent Wauquiez.
Est
-ce qu'il fait du sarkozisme ? Je crois que, si vous voulez, Sarkozy était plus en cohérence avec lui-même quand il monte à l'assaut de l'UMP et ensuite quand il remporte la victoire de 2007. Et il incarne une volonté à l'époque de rupture, de rupture par rapport au shirakiisme. Et il est à l'époque crédible. Il ne
faut
pas reconstruire, si vous voulez, le début de Sarkozy à partir de la fin de Nicolas Sarkozy. Et je crois que Laurent Wauquiez, et c'est ça le problème d'image que l'on mesure dans toute une série d'enquêtes, sa difficulté aujourd'hui à s'imposer, il est moins dans l'incarnation, il est moins en phase avec ce qu'il dit. Et c'est ce qu'on pouvait ressentir parfois dans l'émission d'hier soir. Parfois, on avait l'impression presque d'un décalage, d'un rôle. Avec Nicolas Sarkozy, on ne sentait pas ce décalage de la même manière. Nicolas Sarkozy avait un espace, alors que Wauquiez, il cherche son espace. Et puis, il n'y
avait
pas Emmanuel Macron dans
les pattes de Nicolas
Sarkozy. Et effectivement, il y
a
une différence de personnalité. Il y
a
un problème de personnalité pour Laurent Wauquiez.
Les affaires Sarkozy et Fillon n'ont-elles pas décrédibilisé pour longtemps la droite ? Ludovic Vigogne.
C'est sûr qu'elles ont fait du mal. Aujourd'hui, on parle beaucoup des départs qu'il y a eu, qu'il y a chez les cadres, chez les élus républicains. Laurent Wauquiez n'en est pas le seul responsable. C'est sûr que ce qui s'est passé au moment de la présidentielle autour de la campagne tragique de François Fillon a dégoûté un certain nombre de militants, d'élus, de cadres. Ce qui s'est passé ensuite avec l'attrait d'Emmanuel Macron a aussi fait qu'on l'a vu. Aujourd'hui, le Premier ministre était encore, il y
a
quelques mois, un membre éminent des Républicains. Donc, c'est sûr que tout ça a fait beaucoup de dégâts au sein du parti et que cela a moindri sur le plan humain.
N'est-il pas préférable de convaincre plutôt que de faire une forte audience ? Ça rejoint ce que vous disiez tout à l'heure, Elisabeth Martichoux. Succès
critique. Succès critique.
Audience faible. Je pense qu'hier,
il
a plutôt gagné des points qu'il n'en a perdus. Parce que c'est vrai, ça a été dit, d'abord, il n'y
a
pas eu d'énormes fautes qui a été faites et qui lui resteraient comme un marqueur. Il n
'y a
pas eu de phrases catastrophiques. Il y a eu... C
'était ça
le risque, vous
avez raison. Il y a eu solidité. Lorsqu'on dit que c'est un test, c'est qu
'on peut vraiment... C'est une émission
compliquée à faire. C'est une émission dure.
Deux heures et demie face à des contradicteurs, toutes les personnes qui vous sont opposées dans cette émission vous sont hostiles, entre guillemets. Toutes. Il faut tenir la distance. Certains ne l'ont pas tenu la distance. On se rappelle de François Fillon, au moment le plus difficile pour lui, en plein reportage qui apparaît, qui est pathétique face à des salariés. Vous vous rappelez ?
D
'une maison de
retraite de l'EHPAD. Voilà,
de l'EHPAD. Il est défait. Il est totalement désemparé. Et il rate complètement l'émission. C'est dur comme émission. Et hier, il a réussi le test. Il n'y avait pas beaucoup de monde, mais il construit, là. Il construit.
Avant de faire de Laurent Wauquiez un futur président, ne vaut-il pas mieux parler de son travail de chef d'un parti où tout est à refaire ? C'est ce qu'il va essayer
de commencer demain. Puisque normalement, demain, il
y
a un conseil national des Républicains qui réunit 600 à 700 personnes. C'est le Parlement pour faire vite. Et il va présenter sa nouvelle équipe qui est le Bureau national qui comporte 80 personnes à peu près. Et normalement, devrait apparaître. Et ça, je pense que c'est important aussi pour lui parce que Macron a donné le tempo maintenant des nouveaux visages, si vous voulez. On a beaucoup parlé de ceux qui avaient pris du champ, qui sont quand même pour beaucoup d'entre eux des gens de l'ancien monde, comme on dit aujourd'hui.
Et là, il va s'efforcer de montrer des jeunes maires, des jeunes élus, des gens de la société civile probablement qui sont peu connus et qui seront à sa main, en plus. C'est ça qu'il faut dire. c'est que pour le moment, le parti, il fallait qu'il le prenne. Ce n'était pas évident parce qu'il n'avait jamais été en situation de chef. Et là, c'est la première fois qu'il y a un chef qui doit savoir cheffer, comme disait Chirac. Et donc là, il va, à partir de là, construire. Et hier, c'était la première étape. Il fallait qu'il soit élu. Hier, première étape, je dirais, médiatique. Demain, c'est le parti. Et puis après, il a quand même une année sans élection. Ce qui est quand même... Mais
pas sans
émotion.
Mais
pas sans émotion. Mais une année
sans élection,
c'est quand même pratique pour lui. Wauquiez, peut-il
surprendre tout le monde comme l'a fait Donald Trump ? Est-ce que vous croyez qu'il y a du... Voilà,
la comparaison est d'osée. Ce genre de
populisme,
M. Wauquiez ? La comparaison
est d'osée d'abord.
Il n'a pas
les mêmes moyens, si on peut... Oui, c'est sûr. Ou alors, on retombe dans les travers qui ont été dénoncés. Et puis, je pense que si vous voulez autant chez Trump qu'il
y ait
une spontanéité, alors là,
c
'est pour... Parce qu'il souffre de ça, Laurent Wauquiez. Chez Trump, Trump, il est Trump. Laurent Wauquiez,
dans
le sondage, je crois que ce sondage,
il
faut quand même en venir compte, 6 Français sur 10
ne
le sentent pas, quoi. Il ne le trouve pas sympathique. Oui, oui, mais même honnête, pas honnête parce qu'il va piquer dans la caisse, honnête par rapport à ses idées aussi. Insincère. Insincère. Et ça, c'est important. Et par exemple, hier, on ne
peut
pas dire qu'il ait fait du Trump.
On le disait, il a fait
attention, pas de rapport très éloigné de la réalité, pas de provocation. C'était aussi ce qu
'il
voulait démontrer, je pense.
Ne reste-t-il pas que les sujets sociétaux pour faire la différence entre la République en marche et les Républicains ? Vous
êtes
d'accord avec ça
?
Alors, il s'efforce, en effet, depuis pas mal de temps sur la GPA, la PMA, de
cultiver, bien sûr,
mais de cultiver sa différence. Mais attention non plus à ne pas s'enfermer dans une niche qui, au sein de la culture de la droite et du centre, est vraiment une niche. Il faut faire attention.
C
'est tout de même maintenant le leader d'un grand parti de gouvernement qui a en vue l'alternance au pouvoir. Donc, il a intérêt tout de même maintenant à se décornériser, si l'on peut dire, un petit peu, parce qu'il y a dans la stratégie qu'il a adoptée un risque de cornérisation à terme. Tout de même, l'LR, ce n
'est
pas le parti de Nicolas Dupont-Aignan, ça n'est pas le Front National, c'est autre chose. L'histoire du parti est autre chose. Et puis, il y a le capital génétique du parti. Ce parti a été créé, l'UMP est créé pour rassembler la droite et le centre. Regardez par rapport à cette vocation originelle où on en est en termes de rassemblement de la droite et du centre. C'est au contraire la division maximale. C'est contre cela aussi que le nouveau patron de l'LR doit lutter.
Il
doit retrouver d'une certaine manière un peu l'esprit originel du mouvement.
Ce
qui est intéressant sur le plan économique, c'est qu'on voit monter depuis quelques mois un nouveau discours à droite au sein des Républicains porté par exemple par quelqu'un comme Guillaume Pelletier qui est un discours aux antipodes du numéro 3
du parti et
qui est
un
discours aux antipodes du discours que portait sur les questions économiques de la droite qui est très virulent vis-à-vis du libéralisme qui est même proche de certaines positions
de Jean
-Luc Mélenchon qui reprend des slogans de Nicolas Dupont-Ignant du NPA. Donc c'est quelque chose d'assez nouveau qui peut brouiller aussi beaucoup le discours de la droite française et compliquer sur le plan électoral dans des régions comme Île-de-France
grandement les choses. Ils
ont tiré les leçons de la campagne des primaires où en fait c'était une course à l'échalote à celui qui allait supprimer le plus de fonctionnaires celui qui allait faire le plus d'économies ça a été le début je dirais d'une tourmente à l'intérieur du parti en dehors des affaires vous savez sur la sécurité sociale les petits bobos les grands bobos et effectivement ils ont vu que ça ça marchait plus ce discours là c'est pour ça qu'il va avoir beaucoup de mal Laurent Wauquiez à nous persuader comme il l
'a
essayé de le faire hier en disant il faut faire des économies il faut que la dépense publique
soit
moins importante contrairement à ce que fait Macron mais que eh bien on soigne les petits bobos que tout voilà et ça c'est c'est le pari c'est l'équation très difficile en France pour tous les partis
Sur
l'immigration Wauquiez dit ce que disent les sondés pourquoi le lui reprocher
il
est proche en effet de ce que pensent les français
je
pense que c'est un discours qui porte quand même
après
il
y
a les paroles et les actes est-ce que le problème c'est les paroles et les actes et puis le problème c'est est-ce que les français attendent d'un parti de gouvernement un discours qui peut devenir parfois monomaniaque sur l'immigration et l'insécurité on lui demande autre chose à un parti de gouvernement on lui demande d'avoir un spectre beaucoup plus large
Merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air dans un instant Anne-Elisabeth Lemoyne pour C'est à vous ce soir la redif est à 23h15 très bonne soirée sur France 5 et à demain
Sous-titrage Société Radio-Canada Merci à tous