Stéphane Ravier sur la politique de la ville
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56Invité politiqueFait
« que la Cour des Comptes a maintes fois dénoncée »
- 4:05Invité politiqueFait
« il a deux ans, et dans quelques années, il faudra lancer un nouveau programme de rénovation »
- 5:45Invité politiqueChiffre
« même après avoir injecté des millions, voire des milliards d'euros »
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ne rejettent pas l'ensemble des subventions accordées aux centres sociaux. Elles les contestent lorsque les centres sociaux sortent de leur neutralité et qu'ils émettent un avis politique public, comme certains ont pu le faire et l'ont confirmé il y a encore quelques jours. Dans ce contexte-là, il est tout à fait normal que des subventions ne leur soient plus accordées. A contrario, nous en soutenons d'autres centres sociaux qui oeuvrent dans l'intérêt général et qui ne tiennent pas de discours partisans. La mairie du 7e secteur les soutient totalement.
Quant à ce qui nous est présenté aujourd'hui, le contrat de ville, qui est une énième appellation ou un appendice de cette politique dite de la ville et qui est un fiasco onéreux, coûteux, ruineux depuis 30 ans que la Cour des Comptes a maintes fois dénoncée, eh bien on nous ressort aujourd'hui une nouvelle mouture qui ne fera que confirmer l'échec constaté. Une politique, pourtant, on le voit encore aujourd'hui dans cet hémicycle, inexorablement poursuivie, malgré ces constats et ces mises en garde, tant les différents gouvernements qui se sont succédés ont acheté la paix sociale faute de pouvoir assurer un avenir à l'ensemble des Français.
La ghettoïsation, le communautarisme, le chômage, la violence, l'hyperviolence ne cessent de progresser dans ces quartiers dissensibles et aujourd'hui prioritaires. Alors Mme Fructus se félicite, elle l'a répété à plusieurs reprises, que 35 quartiers soient prioritaires à Marseille et que Marseille bénéficie le plus des financements de l'ANRU. Eh bien moi, je ne m'en félicite pas, car c'est un terrible aveu d'échec. Marseille apparaît là comme une ville véritablement en perdition, en tout cas dans de nombreux quartiers, voire des arrondissements entiers.
Alors bien sûr, là je le confirme, nous ne soutenons pas ces crédits qui sont déversés dans ces quartiers, car nous, dans ces quartiers, nous y restons, Mme Fructus.
Une fois que vous les avez visités pendant quelques minutes, une fois que vous avez coupé le ruban, eh bien vous regagnez votre domicile ou votre quartier qui lui n'est pas prioritaire, qui lui n'est pas sensible, et vous vous contentez ici devant nos collègues, devant la presse, de présenter et d'arborer le cœur qui est le vôtre, en disant, voyez comme j'ai rénové, voyez comme j'ai le cœur sur la main, mais ensuite, il y a la réalité du quotidien qui veut que derrière ces immeubles qui ont été refaits ou construits, et nous nous félicitons quand même, nous sommes heureux pour ces familles qui en bénéficient, mais la situation qui peut connaître une accalmie pendant quelques semaines ou quelques mois se dégrade très vite, car les trafics en tout genre reprennent et s'y développent.
Nous avons visité, je l'ai déjà dit dans cet hémicycle, mais la politique est en l'art de se répéter. Je vais à nouveau vous rappeler cette anecdote, Mme Fructus, quand nous sommes allés, vous, le préfet Cadot, Mme Lajus, la préfète à l'égalité des chances pour les autres, et moi-même, et les bailleurs, le commissaire de police, en fait, toutes les huiles étaient là, et nous sommes allés visiter un des quartiers prioritaires qui nous coûte le plus cher, vous vous souvenez duquel, dans le 14e arrondissement, très proche de la mairie de secteur. Et vous m'avez vous-même dit, Mme Fructus, vous m'avez vous-même dit, ça ne servira à rien.
Vous m'avez vous-même dit, nous avons visité ce quartier et le bailleur, alors que je lui demandais combien d'années avait l'immeuble qui devait être neuf. Eh bien, il m'a dit, il a deux ans, et dans quelques années, il faudra lancer un nouveau programme de rénovation. Lorsque je reçois des jeunes marseillaises dans mon bureau, la mairie de secteur, et que l'une me dit, M. le maire, est-ce que je pourrais bénéficier d'un autre logement social ? D'un autre, cela veut dire que vous bénéficiez déjà d'un logement. Dans quel quartier, dans quelle résidence ? A tel endroit, dans tel arrondissement ? Je m'en étonne.
Mais écoutez, c'est un ensemble qui a une poignée d'années, trois étages de qualité. Mais oui, tout allait très bien, jusqu'à ce qu'il nous envoie les barbares de la Savine. Voilà ce que m'a dit cette Marseillaise. Voilà ce que m'a dit la Marseillaise. Cette Marseillaise qui, une fois encore, une fois encore, une fois encore, l'on a coupé le ruban, et l'on laisse des familles, quelle que soit leur origine, ce n'est pas le problème. Ce n'est pas mon propos. Ce n'est pas mon propos. Mais des familles lourdes, des familles compliquées, qui, en quelques mois, créent des nouvelles conditions, des conditions extrêmement difficiles. On commence à jeter les poubelles par les fenêtres.
On casse les portes. On casse les portails. On ne peut rien leur dire quand la musique est à fond, à pas d'heure. Les gens ne peuvent pas se reposer. C'est ça, le quotidien. Ça vous paraît être un discours surnaturel. Bien sûr, ce n'est pas le vôtre, le quotidien. Mais c'est celui des Marseillais dans ces cités qui passe le carcan, même après avoir injecté des millions, voire des milliards d'euros. Ce n'est pas matériel. C'est culturel. Et c'est ce que... Qu'est-ce qu'il y a encore ? Est-ce qu'il y a... Je crois qu'il faut appeler un médecin. Il y a nos amis de gauche qui ont des malaises là-bas. Ce sont des habitudes. Ce sont des habitudes.
C'est un bien-vivre-ensemble que, manifestement, certains n'ont pas acquis. Eh bien, ce travail, Madame Fructus, et j'en termine là, il faut le faire jusqu'au bout. Il faut accompagner les familles, il faut leur expliquer, voire les sanctionner, car elles bénéficient de l'argent public. Et chaque euro, aujourd'hui, est précieux. et il faut être vigilant. Je vous remercie. Non, on va arrêter. Je vous en prie. Merci.
Merci.
Stéphane Ravier