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interviewyoutube.com· 23 janvier 2026 42 min

ENTRETIEN AVEC MARION MARÉCHAL @MarionMarechalOfficiel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Alors on commence avec vous, bonjour Marion Aréchal, merci d'être avec nous, alors vous avez fait votre rentrée politique la semaine dernière à Paris avec un thème central, donc je le disais, en Europe la droite qui gagne et qui gagne avec l'union des droites, alors avant peut-être d'arriver à ce sujet, vous avez eu, on le sait c'est public, vous avez eu un grave accident de voiture cet été, alors pardonnez-moi de faire m'aller à Salamé mais comment allez-vous ?

0:28
Marion Maréchal

Ecoutez je serai plus aimable que l'actrice qui lui a répondu en l'occurrence, enfin j'espère, écoutez je vais bien mieux, comme je le disais j'ai eu un ange gardien d'élite puisque survivre à un choc frontal à 100 km heure en effet c'est, certains diront de la chance, d'autres de la providence, je ne sais pas, mais en tout cas voilà, par quelques côtes cassées et quelques mauvaises contusions je suis devant vous et plus motivée que jamais.

0:49
Présentateur

Bon alors justement, c'était un peu la suite de la question, quand on a un accident de ce genre, politiquement ou dans la vie, est-ce que ça a un impact sur votre vie politique ? Est-ce qu'on se dit en fait maintenant plus rien ne compte à part peut-être mes enfants, mon mari et je m'éloigne un peu de ces enjeux peut-être un peu superficiels ou au contraire est-ce qu'on se dit tout le reste maintenant est du bonus et je suis totalement libéré parce que j'ai vu la mort de tellement près, parce que c'est quand même objectivement à 100 km heure, c'est effectivement miraculeux, qu'on se dit en fait maintenant bon ben...

1:23
Marion Maréchal

Écoutez, quand on dit qu'en effet on voit sa vie défiler devant ses yeux, c'est pas simplement une formule, je sais pas, la sécrétion d'adrénaline dans ces moments-là font que le quart de seconde où on voit la voiture arriver vers soi, semble une éternité, les secondes s'étirent et on a le temps de voir sa mort et de la penser et d'en appréhender les conséquences. Donc c'est vrai que quand on sort de cela, on sort pas indemne, j'ai envie de dire évidemment physiquement, mais surtout psychologiquement et je trouve que ça fait appréhender la vie différemment.

Moi j'en suis, je ne sais pas comment les gens l'appréhendent après, peut-être certains ont-ils après des pulsions nihilistes, voilà, c'est pas mon cas. Au contraire, je me suis dit bon tu as la chance d'avoir quelques années supplémentaires devant toi, tâche d'en faire quelque chose d'utile ou d'encore plus utile.

2:05
Invité

D'accord. Jean-Yves Le Galou, plus utile que Chirac, qui avait eu un accident de voiture aussi avant d'être élu président de la République, qui n'a pas été très utile par la suite.

2:14
Marion Maréchal

Je l'espère, avec un bilan plus glorieux c'est certain.

2:16
Présentateur

Alors justement, on arrive peut-être à votre rentrée et à vos grands projets, donc vous avez prôné l'union des droites la semaine dernière, c'était le thème de votre rentrée, donc pour quelles raisons concrètement ?

2:29
Marion Maréchal

J'ai envie de vous dire des raisons un peu d'optimisme, enfin de volonté en tout cas de redonner peut-être un peu d'optimisme aux français qui sont bien légitimement un peu désespérés par cette situation de blocage, dans lequel tout semble nous condamner à l'impuissance. J'ai voulu donner l'exemple d'un certain nombre de nos alliés au niveau européen qui appartiennent au groupe des conservateurs et réformistes, qui est mon groupe actuel au Parlement européen, puisque nous avons à nos côtés pas moins de six gouvernements qui participent justement aux affaires dans leurs pays respectifs, plusieurs chefs d'État et évidemment la plus connue d'entre elles étant l'italienne Georgia Meloni.

Et elle nous a fait l'honneur d'ailleurs de nous transmettre un message vidéo à l'occasion de cet événement, dans lequel elle explique finalement que l'une des recettes de ses succès, ses réussites, c'est d'abord une méthode de gouvernement, c'est-à-dire une coalition des droites la plus large possible, qui va en l'occurrence du centre droit jusqu'à la droite nationale, c'est comme si aujourd'hui vous aviez similement une partie d'horizon qui pouvait aller jusqu'à Éric Zemmour, donc ça semble de la politique fiction en France, mais en Italie c'est une réalité, ça ne l'a pas toujours été, il faut quand même le dire, parce que moi j'entends beaucoup des oppositions expliquant « oui mais enfin l'Italie c'est pas la France », bien sûr, les modes de scrutin évidemment ne sont pas les mêmes, mais enfin puisqu'on parlait de Chirac, parfois la petite histoire dans la grande histoire fait la différence, et la différence entre les Italiens et la France c'est que nous avons eu Chirac, et eux ils ont eu Berlusconi, et Berlusconi dans les années 80 fait le choix de briser le cordon sanitaire avec la droite nationale, là où à l'inverse Chirac fait le choix de le renforcer, donc il n'y a rien d'inéluctable, il y a eu des stratégies politiques, il y a eu des choix humains, et c'est vrai que Jean-Jean Meloni était à 4% face à un Salvini à 30% avant de renverser la vapeur, donc je crois qu'il y a des leçons à tirer, et j'ai voulu utiliser aujourd'hui un peu l'autorité, la morale c'est peut-être un peu fort, mais en tout cas la référence qui est devenue de Jean-Jean Meloni dans toutes les droites, pour que ce message soit plus fortement entendu.

4:21
Invité

Jean-Yves Le Gallou, je pense effectivement que l'un des principaux problèmes de la France au cours des 30 dernières années, et sans doute d'autres pays européens, ça a été le cordon sanitaire. Or il se trouve que quand il y a eu des tentatives pour briser le cordon sanitaire, pour franchir le Rubicon, l'accueil n'a pas toujours été très bon. Je vais prendre 4 exemples, Nicolas Dupont-Aignan qui a essayé de franchir le cordon sanitaire, franchir le Rubicon en 2017, il n'a pas été très très bien traité après. Éric Zemmour en 2022, au deuxième tour, a aussi franchi en quelque sorte le cordon sanitaire.

En 2024, ça a été le cas d'Éric Ciotti, et d'un certain point de vue de vous-même, même si vous aviez un passé de l'autre côté du cordon sanitaire. Or à chaque fois, on ne peut pas dire que l'accueil ait toujours été très bon, aussi bon qu'on aurait pu l'espérer, de la part de la formation principale, à savoir le Rassemblement national, qui aurait tout intérêt à ce que le cordon sanitaire se rompe, mais qui n'a pas forcément très bien traité les gens qui étaient prêts à rompre le cordon sanitaire. Comment vous l'expliquez ?

5:33
Marion Maréchal

Alors déjà, Jean-Yves Le Gallou, je ne vais pas vous surprendre sur ce sujet, puisque vous n'êtes pas sans savoir que c'était justement l'une des divergences fondamentales que j'ai pu avoir, y compris avec le Front National, quand j'y étais, puisque j'ai toujours, moi, milité pour la coalition des droites.

Donc je n'ai pas changé d'avis, mais je n'ai pas changé d'avis par, on va dire, orgueil intellectuel, ou parce que, je ne sais pas, je me complais dans les histoires sans lendemain, et tout ce que vous voyez et décrivez, je le vois et je m'en désespère aussi, mais pourquoi je continue de militer pour cela, et je pense d'ailleurs qu'un certain nombre d'étapes ont été franchies, je vous en parlerai après, ce qui me rend peut-être un peu plus optimiste que vous, c'est parce que je ne vois pas d'autres chemins. J'aimerais en trouver d'autres, j'aimerais qu'il en existe d'autres.

Moi aussi, j'ai longtemps entendu la Grande Alliance, par exemple, potentielle des souverainistes de droite et de gauche, je trouve ça très sédisant intellectuellement, mais je n'en ai jamais vu le débouché politique, si vous voulez. Ce que je vois à chaque fois chez les souverainistes de gauche, les Montebourg, les Chevènements, c'est qu'in fine, ils sont les premiers à courir pour voter Emmanuel Macron dès qu'ils le peuvent. J'entends d'ailleurs régulièrement Jordan Bardella et Marine Le Pen expliquer qu'ils ne sont pas là pour sauver la droite, mais pour sauver la France.

Je pense que ça nous fait un point commun, moi je ne me lève pas tous les matins en me disant que mon projet dans la vie, c'est de sauver la droite, mon projet dans la vie, c'est de sauver mon pays et accessoirement l'avenir de mes filles. Sauf que pour sauver la France, il faut battre la gauche. Et pour battre la gauche, je ne vais pas d'autre chemin que la coalition des droites. Et donc c'est pour ça que je n'en démords pas et malgré tout, je vois quelques raisons d'être optimiste. Même si, vous avez raison, évidemment, on voit qu'encore les logiques partisanes continuent de dominer, mais enfin il reste deux ans avant 2027 et les choses peuvent encore évoluer.

Je vous donne juste simplement ces raisons d'être optimiste très rapidement. La première, c'est ce qui se passe au Parlement européen. Je sais que ça intéresse assez peu les Français en général et les journalistes, mais c'est très intéressant. Parce que c'est essentiel. Parce que déjà, beaucoup de choses se décident là, évidemment, mais de surcroît, parce que le groupe, justement, des conservateurs et réformistes européens auxquels j'appartiens a donc une délégation française, dont je suis la chef, et qui a permis que la première fois dans toute l'histoire du Parlement européen, la droite nationale, à laquelle de fait j'appartiens, ne souffre pas du cordon sanitaire.

C'est-à-dire que j'ai pu, moi et d'autres, avec les élus, faire passer des résolutions, des amendements. C'est la première fois que ça arrive. Parce que le groupe, justement, européen auquel j'appartiens, avec les Italiens de Fratelli d'Italia, sont intégrés dans les institutions européennes, ont des vice-présidents de commission, des présidents de commission, j'en passe, mais surtout font des coalitions régulièrement avec le groupe dit PPE, de centre droit, auquel appartient l'ELR.

Et ce travail de coalition, de négociation avec le PPE, permet que, régulièrement, une majorité à droite se constitue grâce à l'ajout des voix du groupe du Rassemblement national ou du groupe ESN auquel appartient Sarah Knafow. Ce qui permet, pour la première fois encore dans l'histoire du Parlement européen, que soit mise à mal la traditionnelle majorité qui dominait jusque-là, qui est officiellement la majorité d'Ursula von der Leyen, qui est censée aller du centre droit jusque aux socialistes, voire même aux écologistes, en passant par les macronistes. Eh bien, régulièrement, nous faisons tomber cette majorité grâce à une alternative à droite.

Et ça, c'est ce groupe des conservateurs qui le permet parce que, justement, sans sacrifier sur le fond, eh bien, ils sont des interlocuteurs du centre droit. Et donc, si ça marche au Parlement européen pour la première fois, j'ai la faiblesse de penser qu'on peut tirer ça vers la France. Et enfin, l'autre chose qui, me semble-t-il, doit nous rendre optimistes, c'est aussi que, l'air de rien, les lignes ont bougé au LR. Enfin, vous, vous avez connu une époque, Jean-Yves Le Galou, où il y avait des choses irréconciliables sur le plan idéologique avec les Républicains.

On se souvient de Nathalie Kosciusko-Morizet qui allait, comment dire, dans les manifestations antifa à Paris pour les soutenir, même sur les questions européennes, sur les questions du libre-échange. Il y a quand même aujourd'hui une convergence idéologique. Et moi, j'ai entendu Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, j'en finirai par là, lors de la campagne interne, expliquer que dorénavant, le seul cordon sanitaire qui existait était face à LFI. Pardonnez-moi, c'est quand même pas une petite chose. C'est la première fois que c'est dit.

Et la deuxième chose, que finalement, la seule chose qui est obligée d'empêcher aujourd'hui de s'allier au Rassemblement national, c'était les questions économiques. Objectivement, si c'est la seule raison, je pense qu'on va trouver un modus bien dit.

9:28
Présentateur

Normalement. Alors, le problème, on en revient à ce môle principal qui est le RN, et on a l'impression qu'eux ne la souhaitent pas tellement, l'union des droites. Alors, Bardella, d'après ce qu'on peut savoir, a un problème littéralement avec vous, Marion Maréchal, et Marine Le Pen, elle n'a jamais caché qu'elle pensait qu'il fallait dépasser le clivage droite-gauche en prenant un modèle, en fait, sur sa propre circonscription à Hénin-Beaumont, où elle avance régulièrement qu'elle a 60% d'électeurs de gauche.

Alors, est-ce que vous pensez qu'il y a moyen de les convaincre et de leur montrer, peut-être, que l'intérêt, effectivement, c'est, si on considère que l'objectif, c'est de réunir 51% des électeurs dans un duel, ou d'arriver premier dans une triangulaire, si ce n'est pas une présidentielle, mais une législative, est-ce qu'ils peuvent, selon vous, comprendre ça, ou en tout cas, évoluer vers ça ?

10:16
Marion Maréchal

Là où vous avez raison, c'est qu'aujourd'hui, indéniablement, tous les responsables politiques de droite se trouvent des bonnes raisons pour ne pas travailler avec les uns et les autres. Est-ce que c'est une raison pour, finalement, baisser les bras et dire, bon, de toute façon, ils ne veulent pas, donc lâchons l'affaire ? Je ne crois pas, puisque démonstration est faite jusqu'ici qu'aucun parti politique, aussi puissant soit-il comme le RN, ne peut gagner seul. Et d'ailleurs, c'est l'une des remarques que je fais régulièrement. Je fais partie de ceux qui appellent à un retour nos urnes.

Dans l'idéal, d'ailleurs, même une démission d'Emmanuel Macron, mais à défaut, une dissolution de l'Assemblée nationale. Mais je pose quand même une question préalable. Pourquoi faire ? Parce que c'est très bien de dire, on appelle à une dissolution, mais si c'est pour qu'au lendemain, l'élection, on se retrouve dans la même situation de blocage, avec peut-être un RN qui aura gagné encore quelques députés, mais sans majorité absolue, nous sommes exactement dans la même configuration. Or, c'est ce que nous prédisent les sondages qui ont été faits sur ce sujet.

Moi, je crois malgré tout que, en tout cas, c'est la mission que je me donne pour les deux ans à venir jusqu'en 2027, je crois malgré tout qu'il faut forcer à mettre ce sujet sur la table, parce que je ne suis pas seule à le vouloir. La réalité, c'est que l'immense majorité des électeurs de droite le souhaitent. Tous les sondages qui ont été faits sur ce sujet, le démontrent, et c'est vrai au Rassemblement National, l'immense majorité, plus de 80% des électeurs du RN veulent cette alliance. C'est vrai aussi chez LR, c'est évidemment chez Zemmour, c'est vrai chez les autres formations. Donc moi, je pense qu'il faut continuer à mettre l'impression.

Et pourquoi, d'ailleurs, je crois pertinent que Georgia Méloni porte aussi ce message, parce que moi, j'ai été très seule pendant les européennes à défendre Georgia Méloni, le RN, de trouver toutes les raisons de la critiquer. D'ailleurs, c'était le cas aussi pour Reconquête et d'autres. Aujourd'hui, tout le monde l'érige en modèle, parce que la fermeté migratoire, parce que les résultats économiques, parce que la stature internationale. Utilisons cela. Si c'est un modèle, alors ça doit aussi être un modèle sur la méthode de gouvernement et ce qui a permis de gagner. Donc moi, je pense que petit à petit, quand même, des étapes sont passées, des dics tombent.

C'est certainement pas le moment de baisser les bras, parce que de toute façon, il n'y a pas d'autre alternative.

12:08
Présentateur

Alors, est-ce qu'on peut, pour continuer un peu là-dedans, pour la compréhension, en fait, est-ce que vous savez, vous me direz que je n'ai qu'à leur poser la question, mais bon, est-ce que vous savez pourquoi ils ne veulent pas ?

12:19
Marion Maréchal

Je pense qu'il y a la tentation de se dire que finalement, ils se suffisent à eux-mêmes, ou en tout cas que l'alliance aujourd'hui avec UDR et l'UDR d'Éric Ciotti est suffisante, mais bon, je pense que c'est faux.

12:33
Présentateur

En fait, c'est faux, parce qu'il y a Zemmour, il y a vous, il y a Dupont-Aignan, ça fait déjà trois formations.

12:39
Marion Maréchal

Mais surtout qu'au-delà, on va dire, des personnes et des parties, le sujet, en tout cas, et c'est le mien, et je pense que c'est le sujet de la plupart, évidemment, des gens qui militent en politique, c'est d'abord de s'assurer que son courant politique soit représenté. Moi, si je me bats aujourd'hui, ce n'est pas pour avoir un mandat, c'est parce que j'ai une ligne politique que je ne considère pas absolument défendue par les autres, et donc je souhaite qu'elle existe dans le débat, parce que je pense qu'il y a beaucoup de Français qui la partagent. Et moi, je crois illusoire d'imaginer qu'un seul parti politique puisse absorber toutes les sensibilités des électeurs de droite.

Je crois qu'il y a des familles assez différentes, il y a des complémentarités, et que l'objectif d'une coalition, ce n'est pas de fusionner, ce n'est pas de renoncer à ces singularités, c'est d'additionner les forces et de trouver un compromis. Voilà, et ça implique de faire, d'accepter, de moduler aussi, peut-être, son programme. Et je pense que tout le monde a la tentation de se dire, et elle est encore plus grande évidemment quand on est puissant, de se dire « Moi, je refuse de toucher aux positions de mon programme. »

13:36
Présentateur

En fait, il faudra un programme commun, un peu comme l'avait fait le Parti Socialiste, ou comme l'a fait le NFP finalement, c'est-à-dire quelques points essentiels sur lesquels

13:42
Marion Maréchal

on s'entend tout et on avance. De fait, on peut réfléchir à une autre méthode, mais si on part ensemble dans une coalition, c'est ce que fait d'ailleurs l'extrême-gauche et LFI évidemment à l'époque, c'est quand même de s'accorder sur quel programme commun évidemment on propose aux Français, mais ça demande du dialogue, ça demande oui, de renoncer à un certain nombre de choses, ça demande de faire un pas vers l'autre. Voilà, c'est vrai que c'est la culture à droite en France quand même assez éloignée de ça mais une fois de plus, je pense qu'il n'y a pas d'autre solution que celle-ci, donc il ne faut pas lâcher.

14:10
Invité

Arthur de Vatrigan. Justement, sur ce programme commun, si on prend votre idée de coalition, alors on sort des logiques partisanes, on reste sur des idées donc Horizon, LR, vous, le Rassemblement National reconquête. Sur des sujets de société, il y a des conservateurs, pas beaucoup, des progressistes un peu plus, des gens qui ne pensent rien, c'est peut-être la majorité vous avez des libéraux, vous avez des étatistes il y a quand même des grosses divergences donc sur quel sujet toutes ces parties se rejoignent et comment concrètement choisir un programme commun parce que ça ne se décrète pas, ça se passe par une plateforme, ça passe par des réunions comment on peut se faire ?

14:44
Marion Maréchal

Ça passe déjà par s'asseoir autour de la table, s'enfermer dans une pièce et partir du principe qu'on ne sortira pas sans un accord donc c'est sûr que déjà il faut une volonté, c'est évident maintenant vous parlez des différences je ne vais pas vous les nier puisque si moi-même aujourd'hui je ne suis pas au Rassemblement National, ça ne vous aura pas échappé, c'est que bien que j'ai un certain nombre de divergences mais on peut aussi parler de ce qui rassemble, ce qui rassemble non seulement les électeurs mais y compris disons-le si on est objectif, les partis il y a quand même aujourd'hui une grande convergence de diagnostics c'est certain mais même à certains égards de propositions, même si on peut évidemment toujours rentrer dans le détail, entre les Républicains, le Rassemblement National moi-même avec Identité Liberté et Éric Zemmour de Reconquête et je dirais même sur le Régalien une partie d'Horizon je ne parle pas de l'ensemble d'Horizon parce que bon j'aurais quand même du mal à vous expliquer que demain je peux me mettre autour de la table avec Nathalie Loiseau, soyons quand même lucides

15:32
Invité

mais avec Mme Morancet

15:34
Marion Maréchal

voilà, par contre c'est ce que j'allais dire, je peux me mettre à la table me semble-t-il avec Mme Christelle Morancet et parmi les points de convergence qui me semblent quand même être une base de discussion essentielle, quand même la question de l'immigration, la question de la sécurité qui objectivement fait consensus, tout le monde s'accorde pour dire qu'il faut réformer la politique pénale, le fonctionnement de la justice en France et le troisième sujet qui est quand même globalement d'expliquer qu'il faut réduire les dépenses publiques et trouver un moyen de baisser les impôts sur les classes moyennes, ça fait quand même consensus, donc ça me semble être une base de discussion qui est un très très bon point de départ et au contraire plutôt positif, donc non moi je suis plutôt optimiste là-dessus, je vois rien qui soit irréconciliable je vous aurais peut-être pas dit ça une fois de plus avec les républicains d'il y a 10 ou 15 ans

16:19
Présentateur

Est-ce qu'on a des questions d'auditeurs pour Marion Maréchal ?

16:22
Locuteur non identifié

Oui, si une coalition des droites n'avait pas lieu d'ici 2027 pourriez-vous être candidate à la présidentielle sous l'étiquette identité et liberté ?

16:30
Marion Maréchal

Comme je vous l'ai dit à l'instant moi mon objectif dans la vie c'est de faire en sorte que les idées que je porte et auxquelles je crois depuis maintenant près de 13 ans soient représentées Je vous l'ai dit aujourd'hui je soutiens Marine Le Pen à l'élection présidentielle parce que je considère que c'est celle qui est selon moi la mieux placée moyennant évidemment le fait qu'il y ait cette logique de coalition et d'ouverture donc je ne me projette absolument pas aujourd'hui dans une élection présidentielle et j'espère ne pas avoir à le faire d'ailleurs parce qu'une fois de plus je pense qu'aujourd'hui je suis utile au flanc et je ne démords pas sur l'idée qu'on y parviendra

17:07
Locuteur non identifié

D'accord Alors les autres questions tombent toutes autour de la même chose c'est ne faudrait-il pas créer une UDF de droite vous défendez l'union de droite mais si on dialogue avec les parties de droite qui en avancera comment fédérer la droite et faire entendre nos voix autrement dit est-ce qu'il ne faut pas inventer un nouveau parti ?

17:24
Marion Maréchal

Je crois que des parties on en a suffisamment pour le coup une fois de plus toutes les sensibilités de cette droite là elles sont aujourd'hui organisées structurées elles ont des représentants donc non la question maintenant c'est quel est le déclencheur moi je veux dire ce qui me rend aussi optimiste parmi tous les membres que j'ai peut-être pas encore que j'ai déjà donné pardon il y a aussi la LFisation de la gauche il me semble quand même qu'aujourd'hui le fait que l'extrême gauche radicale anti-nationale qui promeut le grand remplacement et qui aujourd'hui a comme drapeau non pas le drapeau évidemment français mais le drapeau palestinien force quand même malgré tout une clarification dans le jeu à droite entre l'allié potentiel et l'adversaire existentiel et à certains égards même les LR finissent par l'admettre dans ce que je vous ai dit tout à l'heure quand ils disent finalement que le seul cordon sanitaire aujourd'hui qui vaut et bien se trouve face à LFI et ses alliés donc je pense qu'une fois de plus on va se trouver face à une polarisation de la vie politique qui fait qu'il n'y aura plus d'espace ou de moins en moins idéologiquement évidemment pour un centre techno-bureaucratique tel qu'on l'a connu pendant des décennies et on va avoir d'ailleurs pour le meilleur comme pour le pire probablement un phénomène d'américanisation de ce point de vue là et donc la droite va être forcée finalement dans ce grand combat idéologique qui arrive de se positionner et il me semble et en cela d'ailleurs Éric Zemmour avait raison de le dire qu'aujourd'hui le clivage droite-gauche se recompose il a longtemps été construit autour de le point central de l'économique et du social aujourd'hui il se recompose autour de l'identité et de ce point de vue là il me semble que les camps sont très clairement définis

18:57
Présentateur

Alors comment est-ce que vous envisagez d'ailleurs l'arrivée l'irruption même quasiment d'un vrai corpus doctrinal américain avec des il y a beaucoup de conservateurs américains qui arrivent en Europe ce espèce de courant méga make Europe great again qui est fort sympathique au demeurant mais qui arrive quand même avec un espèce de kit doctrinal tout près et appliqué un peu dans tous les pays quels qu'ils soient

19:20
Marion Maréchal

Oui alors moi je crois pas à l'international à l'international conservatrice comme une internationale socialiste a pu exister parce que justement le propre du socialisme c'est d'avoir une doctrine toute faite qu'on intègre au forceps dans les nations quelles qu'elles soient et la plupart du temps d'ailleurs de manière extrêmement violente voire meurtrière donc je pense précisément que le propre du conservatisme c'est de se développer dans une singularité nationale qui lui est propre en revanche

19:51
Présentateur

C'est du localisme politique

19:52
Marion Maréchal

Voilà exactement ce qui ne veut pas dire par ailleurs qu'il n'y ait pas évidemment des choses qui se recoupent tout simplement parce qu'il y a des défis communs aujourd'hui bon je vais vous l'apprendre le défi de l'immigration le défi de l'islamisation le défi du wokisme un certain nombre de défis anthropologiques avec l'arrivée de l'IA du transhumanisme bon alors maintenant moi je vois dans cette révolution politico-culturelle à l'oeuvre une forme d'aubaine déjà parce que moi je ne vais pas vous mentir je prends quand même une forme de grand plaisir à voir Donald Trump les humilier tous dans son discours à l'ONU voilà quand je vois Ravier Milley leur parler comme il leur parle à Davos enfin je trouve que voilà même si c'est toujours un peu humiliant côté européen parce qu'évidemment ça ne se fait pas forcément à notre bénéfice mais je trouve qu'il y a quelque chose d'extrêmement jouissif à aller voir comme ça bousculer tous les dogmes mondialistes et donc et puis même les grands interdits moraux que sont aujourd'hui la transition écologique et le wokisme

20:47
Présentateur

pour le coup là on peut vraiment considérer qu'ils nous ont rendu un immense service

20:50
Marion Maréchal

évidemment le wokisme et c'est ça aussi qui doit nous rendre optimistes c'est qu'il y a quand même des victoires des victoires culturelles de cette droite des victoires politiques c'est le grand retour quand même alors je ne dirais pas du césarisme politique c'est un peu excessif mais en tout cas du retour de la volonté politique sur justement le gouvernement des juges sur justement l'administration des choses et donc ça c'est très intéressant maintenant il y a une autre opportunité me semble-t-il c'est que Donald Trump est tellement honni pour ce qu'il incarne et pour ce qu'il porte par la plupart des élites européistes et bruxelloises que du coup pour la première fois il force ses élites à se penser comme entité autonome et c'est vrai que depuis cette législature on entend pour la première fois parler d'autonomie de souveraineté d'indépendance voilà et donc c'est c'est une opportunité pour nous de surfer là-dessus maintenant les américains sont les américains je veux dire ils n'ont pas attendu Donald Trump de façon pour défendre bec et ongle leurs intérêts moi j'ai pas oublié l'affaire Alstom j'ai pas oublié l'espionnage massif des dirigeants européens j'ai pas oublié l'amende monstrueuse à BNP Paribas tout ça c'était sous la gauche c'est pas nouveau en fait nous en réalité la droite nationale on a toujours été conscient de ça c'est les autres qui à l'époque feignaient de ne pas le voir et qui d'un coup semblent le découvrir parce que c'est Donald Trump

22:01
Invité

parce que c'est aujourd'hui justement vous parliez d'autonomie en effet le mot autonomie qui revient dans la bouche notamment de Van der Leyen c'est assez amusant mais si on regarde le réflexe en tout cas la parade qu'elle a au Trumpiste dans son discours qu'on a entendu il y a quelques semaines c'est encore plus d'autonomie mais qui se passe par un effacement encore plus grand de la nation c'est à dire qu'on veut plus d'autonomie plus de pouvoir à l'Union Européenne plus de pouvoir à Bruxelles sur l'armée sur les affaires étrangères en gros tout ce qui restait un peu dans les prérogatives des états-nations là elle veut carrément dépecer les états-nations alors comment on fait pour lutter contre ça aujourd'hui ?

22:35
Marion Maréchal

ça va être en effet vous avez raison le grand enjeu de quelle réponse parce que ce qui est intéressant c'est de voir par exemple des personnalités comme Mario Draghi qui sont l'incarnation physique de l'européisme mondialiste post-national qui fait un diagnostic qui pour l'essentiel se rapproche d'une autre parce que sur tous les grands sujets de société qui ont été à l'agenda européen je pense par exemple au pacte vert avec ses objectifs climatiques maintenant il lui-même admet que c'était une erreur qu'il faut revenir dessus la bureaucratisation enfin j'en passe c'est des meilleurs mais c'est vrai que lui sa réponse c'est quoi ?

c'est le fédéralisme européen donc c'est la fin définitive du système d'unanimité entre autres choses et c'est évidemment une convergence des compétences vers Bruxelles mais là où on va dire la donne change c'est que petit à petit on voit que malgré tout une droite nationale comment dire plutôt critique de l'Union Européenne telle qu'on la connaît est en train de progresser partout au sein de l'Union Européenne c'est vrai au Conseil Européen c'est vrai dans les urnes donc cette volonté se heurte quand même aujourd'hui à des équilibres dans le Conseil Européen et dans les nations diverses et variées qui forcent quand même la droite dite européiste à être plus mesurée qu'elle ne l'aurait été par le passé donc je ne crois pas que cela puisse aboutir si facilement ce qui est sûr c'est que l'élection présidentielle française n'a probablement pas été aussi importante depuis très longtemps parce que vous l'avez dit le grand enjeu de l'Union Européenne dans les années à venir c'est le sujet de défense or la France de par évidemment la première armée européenne de par sa place comme membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU de par son disposition de l'arme nucléaire sera absolument incontournable là où on aurait pu s'en passer dans les années à venir sur le sujet c'est vrai aussi en matière énergétique puisque c'est elle qui produit évidemment qui fournit pour l'essentiel ses voisins et donc Paris redevient au centre du jeu et donc évidemment que les dirigeants européens vont regarder avec une extrême attention quel sera celui qui pourra prendre toutes ses décisions d'où le fait qu'on ne peut pas rater ce rendez-vous

24:32
Présentateur

Alexis Poulin

24:33
Locuteur non identifié

Oui bonjour Mario Maréchal alors c'est très bien d'entendre tout ça mais il y a toujours cette question évidemment de dire mais pourquoi ne pas utiliser un terme connu de tous le Frexit et dire on ne peut pas continuer dans cette Union Européenne parce qu'on vient de l'évoquer mais une Union des Droites avec Edouard Philippe c'est l'assurance de l'échec et aujourd'hui on a l'impression qu'on est un peu tous somnambules il y a encore eu des élections en Moldavie on a vu comment ça s'est passé en Roumanie vous parlez des élections françaises en 2027 clairement ce sera à peu près la même stratégie soit vous votez pour le candidat du parti unique européiste mondialiste soit on refait le match qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter ça et aujourd'hui comment vous envisagez l'Union Européenne d'après l'Union Européenne parce qu'aujourd'hui l'Union Européenne de Funderlion c'est impossible

25:19
Marion Maréchal

alors déjà je précise je n'ai pas dit une alliance avec Edouard Philippe pour que je sois clair j'ai dit partie d'horizon vous avez parlé quand même de Mme Morancet qui fait partie d'horizon pour ça clarifier moi je ne suis pas absolument d'accord avec cette vision un petit peu binaire de en gros tous nos problèmes viennent de l'Union Européenne et si on n'en sort pas de toute façon on est condamné et si on sort tout va d'un coup être révolutionné et bien se passer je pense qu'à certains égards ce qui se passe en Angleterre devrait nous intéresser parce que la réalité quand même c'est que les aides sociales à l'immigration aujourd'hui ce n'est pas l'Union Européenne le droit du sol ce n'est pas l'Union Européenne la politique fiscale et le choix des impôts et de la dépense publique ce n'est pas l'Union Européenne donc à un moment donné je veux dire tous ces sujets là qui sont quand même très prégnants dans notre quotidien et qui font l'essentiel de notre actualité ce n'est pas l'Union Européenne qui est décisionnaire ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas évidemment des impacts forts des choix européens mais je pense que l'essentiel de notre problème aujourd'hui il est intérieur c'est-à-dire que moi je crois que le sujet du Conseil constitutionnel et le sujet du Conseil d'Etat sont bien plus graves et bien plus problématiques encore que ce qu'on prête aujourd'hui à l'Union Européenne je ne peux pas aujourd'hui malheureusement répondre dans le détail par ailleurs il ne vous aura pas échappé que pour l'instant rien n'est prévu dans les traités de sortir de l'Union Européenne sans traiter la question de la sortie de l'euro et je le dis c'est une position que je tiens depuis longtemps je pense qu'aujourd'hui sortir de l'euro dans les conditions économiques qui sont les nôtres serait probablement plus toxique que positif mais ça ça demanderait presque trois heures de débat

26:50
Présentateur

pour y répondre en résumé le juge excite le juge excite exactement vous êtes plutôt pour une tendance qui se passe d'ailleurs en Europe c'est-à-dire que des gouvernements de droite prennent le contrôle de leur pays et ensuite réforment l'Union Européenne de l'intérieur

27:05
Marion Maréchal

je pense qu'il faut viser une majorité de droite en Europe pourquoi l'Union Européenne est aussi toxique parce que c'est une Union Européenne de gauche et je pense qu'aujourd'hui nous sommes dans une mécanique qui petit à petit tire vers la droite vous allez me dire c'est très insatisfaisant mais la réalité aujourd'hui de l'évolution du Parlement Européen et du Conseil Européen c'est clair de rien Van der Leyen est en train petit à petit d'accepter le détricotage du pacte vert de proposer une directive retour dans quelques semaines qui va être beaucoup plus dure pour renvoyer les clandestins alors on est dans quelque chose qui va plutôt vers le mieux même si évidemment ça reste très insatisfaisant et j'en finirai par là parce que je pense que c'est important de le préciser moi j'ai pas un tabou moral avec le Frexit attention je veux dire si un jour ça doit être une arme qui doit être utilisée pour obtenir gain de cause ou parce que finalement monsieur vous aviez raison tout ça et sans lendemain bon pourquoi pas mais j'essaye de mesurer les avantages et les inconvénients et surtout de ne pas me tromper sur l'origine des problématiques

27:55
Présentateur

on a encore des questions d'auditeurs

27:57
Locuteur non identifié

juste pour rebondir parce que je vois si on parle de la Grande-Bretagne le succès de Nigel Farage pour dire que finalement il est en train de ridiculiser le labor et les conservateurs aussi montre que si on tient la ligne il y a peut-être quelque chose aussi à jouer en matière programmatique quelque chose de clair et enfin de clivant parce que clairement le juge exit c'est la base mais on voit bien où va aujourd'hui l'Union Européenne et c'est vers un déclin assuré de nos sociétés

28:24
Marion Maréchal

j'ai raté le début donc j'ai pas compris quelle était la question pardon

28:27
Locuteur non identifié

c'était sur Nigel Farage et le succès en Grande-Bretagne

28:30
Présentateur

c'était avec Nigel Farage et son succès en Grande-Bretagne

28:32
Locuteur non identifié

et le fait d'avoir une proposition claire et au-delà du Frexit le dire juge exit certes mais c'est sur la proposition de société on voit bien qu'aujourd'hui personne ne veut remettre en cause finalement les lois de plus en plus folles alors vous dites qu'on avance sur le pacte vert mais sur la question migratoire il se passera rien ça va être très difficile dans le cadre des traités actuels et c'est pareil pour des choix économiques on est quand même très tenu par les traités

28:59
Marion Maréchal

oui enfin une fois de plus j'y reviens la question du regroupement familial c'est pas un sujet stricto census européen ça avait été d'abord bloqué évidemment et sanctuarisé par le conseil constitutionnel bien avant ça et dans des conditions beaucoup plus strictes regardez ce qui s'est passé suite à l'affaire l'affaire Philippine dans le cadre évidemment de la censure par le conseil constitutionnel de la loi qui consistait à vouloir justement allonger le durée de rétention des clandestins dangereux ce qui aurait permis en l'espèce de sauver de sauver Philippine et bien il se trouve que le conseil constitutionnel a censuré un texte qui aurait été permis par le droit européen c'est quand même important de le dire si vous voulez une fois de plus je suis pas en train d'écarter toutes les problématiques que peuvent poser l'Union Européenne je suis au Parlement européen donc je les suis de près et je les combats suffisamment pour le savoir je pose juste la question une fois de plus de l'origine des problèmes et je dis simplement que la facilité aujourd'hui de dire aux français bon bah c'est bon on va faire le Frexit et puis ensuite tous nos problèmes sont réglés je n'y crois pas et l'air de rien la question de l'euro pour moi est un sujet qui ne peut pas être contourné parce que en l'occurrence les Anglais n'avaient pas cette problématique

30:04
Présentateur

alors on va devoir avancer parce que le temps presse pour finir peut-être avec ce pack si je puis dire quelle est votre stratégie pour les municipales parce que là on n'est pas au présidentiel les municipales c'est bientôt comment est-ce que vous envisagez ça par rapport justement à tous les partenaires qu'ils soient gros ou plus modestes à droite est-ce que vous êtes prête à parler à tout le monde est-ce qu'il y a des liens qui se mettent en place vous avez fait un message fort sympathique pour Nicolas Dupont-Aignan la semaine dernière est-ce que ça rentre dans cette logique ?

30:33
Marion Maréchal

c'est ce que j'ai dit dans mon discours de rentrée si le prix à payer pour que mes filles demain ne finissent pas voilées et de travailler avec des gens qui ont pu être des concurrents hier ou avec des gens avec qui je n'ai pas d'affinité personnelle je vous dis ce prix je le paye mille fois sans aucune espèce de difficulté et en plus il y a des gens avec qui par ailleurs je prends plaisir à travailler donc évidemment le but de ces municipales pour moi c'est qu'il y aura des candidats idéels mais que sur ces listes idéales il y ait des personnes issues de tous les partis possibles que nos propres candidats d'ailleurs puissent être intégrés là des listes qui soient tirées par d'autres candidats issus du RN et inversement donc là non moi pour le coup la ligne de conduite au sein d'identité liberté c'est précisément d'aller partout où on peut renforcer cette coalition des droites et non pas être un acteur de division

31:19
Présentateur

d'accord alors est-ce qu'il reste une question ou deux après on passe à Nicolas Sarkozy une question

31:23
Locuteur non identifié

soutenez-vous des remigrations ciblées ciblées pourquoi ciblées je suis la voix de Radio Courtoisie et de ses auditeurs

31:34
Marion Maréchal

très clairement je suis pour évidemment réduire drastiquement l'immigration légale lutter contre l'immigration illégale et organiser une remigration sur les profils de nationalités étrangères qui n'ont rien à faire sur le territoire français les clandestins évidemment en faisant partie mais c'est vrai aussi pour les délinquants et criminels étrangers et c'est vrai aussi d'ailleurs pour les chômeurs longue durée qui pèsent sur la communauté nationale et qui de ce fait là n'ont pas resté sur le territoire français

31:57
Présentateur

entendu alors on passe à notre sujet suivant Nicolas Sarkozy donc condamné à 5 ans ferme avec exécution provisoire comme ça devient un peu la mode comme c'est arrivé en tout cas à Marine Le Pen dans un registre évidemment tout à fait différent comment est-ce que vous jugez cette condamnation et quelle interprétation vous en tirez pour la justice en France en général ?

32:16
Marion Maréchal

déjà moi j'en parle d'autant plus librement que bon ça ne vous aura pas échappé j'ai été plutôt très critique du bilan de Nicolas Sarkozy et extrêmement dure sur l'intervention libyenne donc je fais la part des choses dans cette affaire mais je constate quand même j'ai utilisé cette expression à plusieurs reprises que on condamne pour association de malfaiteurs mais moi je vois aussi une association de malfaisants parce qu'on voit quand même une mécanique systématique se mettre à l'oeuvre qui part de Mediapart qui passe par le parquet national financier qui aboutit au juge rouge c'est chaque fois la même mécanique ça a été celle-ci pour François Fillon ça a été celle-ci pour Marine Le Pen c'est celle-ci pour Nicolas Sarkozy on constate d'ailleurs que c'est toujours la même petite équipe puisque c'est la même magistrate du parquet national financier qui est intervenue dans l'affaire de Marine Le Pen c'est la même magistrate qui a jugé Nicolas Sarkozy qui était dans l'affaire de François Fillon on découvre d'ailleurs qu'il y a un officier de police judiciaire du PNF qui like des publications de Mediapart au passage et on constate par ailleurs que en effet la magistrate qui a jugé qui est cadre syndical a organisé des manifestations contre Nicolas Sarkozy donc tout ça quand même sans un climat de suspicion politique qui est incroyable et moi je vais vous dire je suis un peu ennuyé quand je vois certains responsables politiques à droite jusque chez LR d'ailleurs ne pas dire clairement les choses parce que hier c'était François Fillon Marine Le Pen peut-être demain aujourd'hui Nicolas Sarkozy et c'est sûr qu'il y aura des suivants voilà parce qu'ils ont compris que ça marchait et donc c'est vrai que c'est extrêmement inquiétant pour la suite des choses

33:47
Présentateur

Arthur Devatrigan alors je fais une toute petite parenthèse mais c'est aussi la même chose qui arrive en ce moment même à SOS Chrétien d'Orient qui n'est pas une organisation politique mais associative mais qui subit exactement le même processus c'est-à-dire un article à charge de Mediapart qui alerte un parquet qui se sent obligé de déclencher une information judiciaire ou une enquête préliminaire et ensuite Mediapart dit aha nous avions raison et ensuite ça débouche sur des perquisitions des mises en examen

34:13
Invité

et ce qu'on n'a pas dans le schéma parce que c'est avant Mediapart c'est probablement les cellules d'informations de renseignements ou de barbouserie qui sont en amont Mediapart et qui nourrissent Mediapart c'est évident

34:28
Marion Maréchal

et rappelons juste pour conclure quand même que tout ça est parti manifestement d'un document faux qui a été publié par Mediapart et qui a probablement eu une influence et une incidence déterminante lors de la dernière présidentielle dans laquelle on a vu Nicolas Sarkozy perdre donc tout ça est quand même extrêmement grave sur le plan démocratique

34:44
Invité

Arthur de Vatrigan il n'est pas vraiment faux c'est à dire que le juge ne la trouvait pas suffisamment crédit pour l'enlever de la procédure mais lorsqu'il y a eu une attaque je crois que c'est Sarkozy qui ont dû attaquer Mediapart il n'est pas attesté comme véridique donc ça veut dire qu'il n'est pas attesté comme véridique mais ça ne signifie pas que c'était une fabrication de Mediapart et que ça a été enlevé de la procédure les procès en diffamation c'est ce qui est le plus difficile à gagner c'est sûr il faut mieux être attaqué en diffamation je partage votre crainte d'un pouvoir des juges mais pardon Fillon était coupable Sarkozy vous lisez 380 pages c'est ce que je me suis tapé ce week-end et c'était pas évident je vous promets que je pense comme la juge Marine Le Pen c'est un peu différent c'est à dire s'ils sont tous nets ils peuvent avoir 300 magistrats aux fesses 400 policiers ben ils sortiront pas comme ça personne n'est net avec ce type de responsabilité pardon François Fillon ce qui peut surprendre c'est le sens du timing et la rapidité je vous l'accorde pour Nicolas Sarkozy ce sont les moyens développés mais pardon ils sont pas blancs ils sont pas innocent

35:50
Marion Maréchal

je rentre pas d'ailleurs sur le fond de l'affaire c'est pas ce que je suis en train de vous dire mais c'est vrai que quoi qu'on en pense ce qui interpelle quand même c'est le fait de vouloir en l'occurrence sur Marine Le Pen indépendamment du fond et de ce que j'en pense parce que moi je conteste les accusations sur l'utilisation des assistants parlementaires mais c'est l'exécution provisoire et c'est vrai aussi pour Nicolas Sarkozy avant l'appel au prétexte qu'il y aurait un risque de trouble à l'ordre public je veux dire objectivement là on se moque du monde voilà c'est factuel

36:18
Présentateur

et ce sont des enquêtes qui ne sont pas infligées ni des mesures qui sont infligées à des personnalités de gauche

36:22
Marion Maréchal

et j'allais y venir pourquoi le PNF ne s'autosaisit pas des robes d'or d'Anne Hidalgo pour où en est l'affaire des assistants parlementaires de Jean-Luc Mélenchon j'ai fait la liste il n'y a pas très longtemps je constate qu'il y a 26 ou 27 ministres d'Emmanuel Macron qui ont été inquiétés dans des enquêtes sans qu'elles n'aboutissent jamais ou toujours à des relax alors je veux bien que la vertu se trouve toujours du côté du centre et de la gauche et que la droite soit toujours coupable enfin permettez-moi quand même d'être interpellé par ceux de poids de mesure

36:47
Présentateur

encore un mot sur la question de la justice on y reviendra ensuite dans les débats alors on peut peut-être passer à la question de la famille durant votre rentrée vous avez affirmé que l'un des premiers devoirs des français et des patriotes était de faire des enfants alors les chiffres des avortements viennent de tomber je vous les donne donc c'est la direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques donc l'adresse qui nous annonce pour 2024 251 270 IVG et avec un ratio de 38 avortements pour 100 naissances en France et parmi ces naissances là c'est le parisien qui nous l'offre c'est le palmarès des noms qui ont été le plus donnés en 2024 en Seine-Saint-Denis alors je dois vous le donner c'est quand même étonnant chez les filles Inaya Mariam Fatoumata Nour Aminata Aïcha Fatima Lina Mariam encore avec une autre orthographe Sophia ça c'est peut-être une italienne et chez les garçons Mohamed Adam qui est un nom à consonance musulmane contrairement à ce qu'on pourrait croire Ibrahim Issa Imran Isaac Moussa Ismaël Noah Ali alors voilà je sais pas ce que cette comparaison entre les avortements et les noms les plus donnés parmi les naissances non-avortées vous inspire

38:02
Marion Maréchal

donc indéniablement la France est le pays dans lequel les progressions d'avortement sont les plus importantes on n'a pas d'équivalent en Europe soit on assiste à des baisses soit des augmentations qui sont beaucoup plus relatives donc ça interroge quand même en effet cette politique auquel se doublent des chiffres de dénatalité historique vous l'avez rappelé je m'étonne d'ailleurs que dans un moment où on est obsédé par la question budgétaire et économique ce sujet soit si peu abordé parce que tout indique d'après les chiffres que si on continue sur la trajectoire actuelle en 2050 on pourrait perdre 2% de PIB et si on rejoint ce qui semble être la trajectoire la natalité italienne on perdrait 5 points de PIB donc c'est quand même quelque chose d'incontournable pourquoi je dis aux jeunes italiens mais je pourrais le dire aussi aux jeunes français j'étais face à des militants de droite dans un événement de la jeunesse de Fratelli d'Italia faites des enfants c'est parce que je pense que souvent j'ai des jeunes qui viennent me voir en me disant mais je ne sais pas quoi faire j'ai conscience de la problématique de mon pays je peux m'engager politiquement mais qu'est-ce que je peux faire d'autre je les appelle à la responsabilité individuelle c'est-à-dire que la première chose que doit faire quelqu'un qui a conscience de la situation c'est de faire des enfants parce que la meilleure manière encore de lutter contre grand remplacement c'est bien de faire des enfants et de faire des enfants qui soient porteurs de la culture de la civilisation des mœurs évidemment qu'ils soient les nôtres et ça passe aussi bien sûr par la transmission aussi d'un certain nombre de prénoms qui sont des prénoms européens et français et voilà il n'y a pas de conservation sans transmission donc c'est bien d'être conservateur mais c'est bien d'être transmetteur aussi

39:19
Présentateur

Alors encore une ou deux questions d'auditeurs et ensuite un ultime sujet avant de libérer Marion Maréchal

39:24
Locuteur non identifié

Pourquoi ne proposez-vous pas une mobilisation anti-immigration pour défendre notre identité et notre liberté inspirée de ce qui se passe en Angleterre le dialogue et l'unité sont essentiels une action visible changerait tout ?

39:35
Marion Maréchal

Je vais vous dire par ailleurs je soutiens toutes les initiatives qui vont dans le bon sens si demain il faut une manifestation on gérer la manifestation j'ai signé la pétition de Philippe de Villiers en faisant feu de Toubois maintenant est-ce qu'aujourd'hui c'est une manifestation qui changerait fondamentalement les choses je ne sais pas même si après tout moi je regrette un peu que les parties de droite et abandonner cet outil de la rue parce que je le crois nécessaire et utile mais ce qui est vrai sur l'immigration c'est que le diagnostic je crois et la conscience elle existe il faut le transformer maintenant en victoire politique mais tout indique que les français sont très lucides sur le sujet et on voit dans les discours politiques en général qu'il y a une forme de consensus donc maintenant il me semble beaucoup plus important de trouver le chemin pour que ça passe d'un constat à une réponse politique

40:17
Présentateur

et dernier sujet donc le gouvernement de Lecornu donc d'ici lundi prochain le nouveau premier ministre doit détailler son budget budgétaire affronter une nouvelle journée de grève qui aura lieu jeudi suivre le renouvellement des instances à l'assemblée former éventuellement s'il y arrive son nouveau gouvernement et éventuellement présider un potentiel premier conseil des ministres alors qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui de Sébastien Lecornu

40:44
Marion Maréchal

j'en attends rien il est le dernier représentant probablement d'un macronisme agonisant pour lequel les français ont déjà tourné la page d'ailleurs je note que dans son interview absolument inintéressante qu'il a fait dans la presse il ne parle pas une seule fois d'immigration et d'insécurité ce qui est quand même interpelle dans un moment où on a encore d'ailleurs une affaire monstrueuse c'est à New York où on a une femme de 80 ans Marie France de son prénom qui a été violée à mort elle est morte de ce viol par un afghan donc c'est vrai que c'est un sujet qui devrait mobiliser toutes les énergies donc moi j'en attends pas grand chose je vois même qu'il est déjà dans la logique de en même temps puisqu'il annonce qu'il renonce à l'attaque Zuckman et c'est heureux mais dans le même temps il dit qu'il ne s'interdit pas d'augmenter certains impôts

41:29
Présentateur

en gros un rétablissement masqué de l'ISF

41:33
Marion Maréchal

en tout cas ce sera un bricolage c'est pour ça que je vous dis de toute façon tant que malheureusement on ne retournera pas aux unions il faut accepter le fait qu'on sera probablement dans une situation

41:43
Présentateur

et bien écoutez sur ces paroles encourageantes espérons que ce sera avec une union des droites en tout cas

41:48
Marion Maréchal

on y travaille

41:49
Présentateur

merci beaucoup Marion Maréchal d'être venue et à bientôt

41:53
Marion Maréchal

à bientôt