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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 18 septembre 2019 7 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéSantéTravail & emploi

Grégory Allione : "Les sapeurs-pompiers sont faits pour l'urgence, on les sollicite pour de l'assistance"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Ce que vous demandez, c'est quoi ? Arrêter de nous faire sortir pour tout et n'importe quoi ?

  • 1:46OuverteRéponse directe

    Cela veut dire qu'à travers vos propos, c'est toute la chaîne de secours qui est débordée, on le voit aussi avec les urgentistes, vous faites le lien, vous ?

  • 2:51OuverteRéponse partielle

    Pour le moment, il n'y a aucun effet, vous n'avez pas de contact, de réponse, de la part du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner ?

  • 5:04OuverteRéponse directe

    J'aimerais qu'on aborde deux points avec vous, d'abord, le numéro d'appel unique que vous réclamez, qui permettrait de faire le tri et de mieux orienter entre le SAMU, vous, la police, les forces de l'ordre.

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Et le deuxième point, c'est la caméra piéton. Christophe Castaner a annoncé que les pompiers pourraient être équipés de caméras. Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que c'est une bonne idée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « Vous êtes le président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers. »
  • 0:36Invité politiqueChiffre
    « En 1998, nous faisions 3,5 millions d'interventions, 50% concernés de l'ambulance, c'est-à-dire du secours d'urgence aux personnes. »
  • 0:44Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, c'est 4,6 millions d'interventions et nous en faisons 84% dédiés à l'ambulance. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « Les sapeurs-pompiers volontaires, qui constituent 80% de la masse des effectifs, comme les sapeurs-pompiers professionnels, en ont assez physiquement, moralement, de devoir aller finalement accompagner cette détresse de la société. »
  • 4:28Invité politiqueChiffre
    « Depuis que je parle, une intervention toutes les sept secondes. »
  • 5:56Invité politiqueChiffre
    « les sapeurs-pompiers effectuent à 95% toutes les urgences seules »

Temps de parole

  • Grégory Allione74 %
  • Présentateur26 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, le congrès annuel des sapeurs-pompiers s'ouvre aujourd'hui à Vannes, dans le Morbihan. Quatre jours pour pourmouvoir leur métier à travers des rencontres, des démonstrations, des expositions de matériel. Quatre jours aussi pour exprimer leur fatigue grandissante, fatigue physique et morale. En ligne avec nous, Grégory Allionne, bonjour.

0:19
Grégory Allione

Oui, bonjour.

0:19
Présentateur

Vous êtes le président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers. Les pompiers ont eu à gérer l'an dernier 4,5 millions d'interventions, soit une toutes les 7 secondes. Ce que vous demandez, c'est quoi ? Arrêter de nous faire sortir pour tout et n'importe quoi ?

0:33
Grégory Allione

Oui, vous avez résumé un petit peu dans votre question. C'est-à-dire qu'en 1998, nous faisions 3,5 millions d'interventions, 50% concernés de l'ambulance, c'est-à-dire du secours d'urgence aux personnes. Aujourd'hui, c'est 4,6 millions d'interventions et nous en faisons 84% dédiés à l'ambulance. Ce qui veut dire qu'il y a eu un vrai changement de champ missionnel. Nous sommes aujourd'hui passés de soldats du feu à, je dirais, techniciens du secours d'urgence aux personnes, avec un vrai élément fort, c'est-à-dire que sur le territoire, nous sommes les derniers acteurs de la santé. C'est nous qui prenons en charge tous les maux de notre société.

Et donc, effectivement, il y a des choses pour lesquelles nous sommes programmés, c'est-à-dire que nous sommes programmés pour l'urgence. Les sapeurs-pompiers volontaires, qui constituent 80% de la masse des effectifs, comme les sapeurs-pompiers professionnels, en ont assez physiquement, moralement, de devoir aller finalement accompagner cette détresse de la société, parce qu'initialement prévues pour de l'urgence, aujourd'hui, on les sollicite beaucoup pour de l'assistance. Et cela fatigue, cela exige, cela aussi met les sapeurs-pompiers dans des situations difficiles, parce que lorsqu'on sort pour tout ce qui est futile, on ne se concentre pas pour tout ce qui est utile.

1:46
Présentateur

Cela veut dire qu'à travers vos propos, c'est toute la chaîne de secours qui est débordée, on le voit aussi avec les urgentistes, vous faites le lien, vous ?

1:54
Grégory Allione

Totalement, c'est-à-dire que nous, on est en amont de l'urgence, c'est-à-dire que dans un moment, et je vous donnais deux dates, 1998 et aujourd'hui, pourquoi ? Parce qu'entre 1998 et 2018, nous avons eu une vraie mutation sociétale, c'est-à-dire que les urgences se sont reconcentrées plutôt sur des centres hospitaliers urbains, avec des urgences qui sont devenues très performantes, mais qui, dans le même temps, sont devenues de vrais dispensaires. Mais qui accompagne ces gens aux dispensaires ? Ce sont les sapeurs-pompiers, ce qui veut dire que dispensaires, ce sont des soins, ce sont des soins qui ne sont pas programmés, ce ne sont pas d'urgence.

Donc, entre les sapeurs-pompiers qui acheminent des gens qui, normalement, ne devraient pas être dans l'ambulance, et les urgences qui produisent des soins qui ne sont ni urgents, ni quoi que ce soit, et qui ne correspondent pas du tout à ce qu'attendent les collègues urgentistes, oui, effectivement, il y a une lassitude, et le mouvement des urgences, comme le mouvement des sapeurs-pompiers, est assez connecté, et très très proche en termes de constats et de causes du mouvement.

2:51
Présentateur

Oui, parce qu'il y a une grève chez les sapeurs-pompiers depuis fin juin, grève qui est toujours en cours. Pour le moment, il n'y a aucun effet, vous n'avez pas de contact, de réponse, de la part du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner ?

3:03
Grégory Allione

Alors, les sapeurs-pompiers de France, la fédération notamment, on n'est pas en grève parce que nous sommes un mouvement associatif, et nous sommes depuis 1882... Mais des syndicats ont appelé à la grève. Totalement, mais nous sommes un mouvement qui accompagne la totalité des sapeurs-pompiers dans le dialogue plutôt entre les collectivités et l'État. Nous sommes, nous, aujourd'hui, en contact très étroit avec le ministère de l'Intérieur, notamment avec Christophe Castaner et l'ensemble des élus des collectivités. Vannes sera un tournant, Vannes sera décisif.

Vannes, le discours de nos autorités attendues, et notamment le propos de Christophe Castaner samedi matin, la réponse, finalement, aux attentes des sapeurs-pompiers est très attendue. Et surtout, ce que nous souhaitons, ce n'est pas un propos... Vous savez, on a l'habitude des discours de Sainte-Barbe, où on dit que les sapeurs-pompiers, finalement, sont les meilleurs, les plus beaux, qu'ils accomplissent une mission exceptionnelle.

Nous, ce que nous attendons, ce n'est pas des petits sparadraps sur quelques petites blessures, c'est une vraie politique, une vraie ambition de sécurité civile, un vrai plan de charge pour les prochains mois, un vrai travail demandé, et finalement, se mettre en place pour avoir une vraie politique de sécurité civile. Parce que ce qui est agaçant, c'est que les médias, les politiques, s'intéressent aux sapeurs-pompiers lorsqu'il y a des catastrophes. C'est à ce moment-là qu'on perçoit que les sapeurs-pompiers sont utiles. Nous souhaiterions que l'on se préoccupe des sapeurs-pompiers au quotidien. Depuis que je parle, une intervention toutes les sept secondes.

Tout cela, c'est en dessous la ligne de flottaison de ce gros iceberg que constituent les sapeurs-pompiers, qui sont la sécurité civile du quotidien, comme la sécurité civile de l'exceptionnel, avec en plus de forts changements dans notre champ missionnel, puisque au moment où l'on parle, nous avons des collègues qui, dans le centre de la France, dans l'est de la France, dans l'ouest de la France, sont sur des feux de forêt, ce qui est assez inhabituel. Donc, pendant que l'on parle, tout le monde fait son travail, mais peu de monde parle de nous, si ce n'est que finalement dans des discours que l'on appelle les discours de Sainte-Barbe. Donc, on attend autre chose samedi matin.

5:02
Présentateur

Grégory Allion, il ne nous reste pas beaucoup de temps. J'aimerais qu'on aborde deux points avec vous, deux mesures qui sont en train d'être mises en place. D'abord, le numéro d'appel unique que vous réclamez, qui permettrait de faire le tri et de mieux orienter entre le SAMU, vous, la police, les forces de l'ordre. Pour le moment, la ministre de la Santé a annoncé, elle, la création d'un service d'accès aux soins. Est-ce que ça, ça répond à votre demande ?

5:24
Grégory Allione

En partie. Je vous expliquais que sur le secours d'urgence aux personnes, il y avait une problématique. Nous avions un certain nombre de missions qui ne correspondaient pas à de l'urgence, ce qui pourrait correspondre effectivement à ce service d'accès aux soins, à tout ce qui n'est pas programmé. Dès l'instant où on a besoin d'un médecin, d'un conseil médical, on a besoin effectivement d'avoir ce service-là.

Par contre, nous, ce que l'on réclame, c'est un 112 qui permettent justement d'orienter toutes les urgences et que nous travaillons avec les forces de police, un médecin, les sapeurs-pompiers, parce que régulièrement, les sapeurs-pompiers effectuent à 95% toutes les urgences seules et nous avons besoin des forces de police à nos côtés pour protéger nos sapeurs-pompiers et nous avons besoin de médecins 5% du temps pour techniquer, médicaliser.

6:06
Présentateur

Et le deuxième point, c'est la caméra piéton. Christophe Castaner a annoncé que les pompiers pourraient être équipés de caméras. Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que c'est une bonne idée ?

6:14
Grégory Allione

Je crois que toutes les mesures qui vont être mises en œuvre pour protéger les sapeurs-pompiers sont des mesures qui sont attendues et qui sont forcément bonnes. Aujourd'hui, nous avons une mission sénatoriale aussi qui est en train de travailler sur la partie justement des agressions. Nous attendons que tout le monde rende ses rapports et que l'on fasse évoluer finalement tout ce qui est en mesure de protéger les sapeurs-pompiers. La société évolue, le changement climatique impacte, la société devient très exigeante.

Les sapeurs-pompiers ont besoin de refonder des textes qui régissent finalement leur paradigme de fonctionnement du quotidien comme leur statut parce que les sapeurs-pompiers ont besoin de cette évolution. C'est la raison pour laquelle le ministre de l'Intérieur est très attendu samedi matin à Vannes.

6:56
Présentateur

Merci Grégory Allion, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Vous étiez l'invité du 5-7. Merci d'avoir regardé cette vidéo !