Lionel Jospin quitte la scène ; Le bilan politique des municipales 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 5:40OuverteRéponse partielle
Que retenez-vous de Lionel Jospin ?
- 19:35OuverteRéponse partielle
Que nous disent ces résultats sur l'état de la gauche ?
- 22:04RelanceRéponse directe
Dans l'Express, vous écrivez qu'il y a quelque chose d'impardonnable dans ces alliances avec LFI. Pourquoi ?
- 32:51RelanceRéponse partielle
LFI en 2014 ?
- 34:24OuverteRéponse directe
Dans ces deux exemples que vous évoquez, est-ce que Magali Lafourcade ça vous a choqué que certains se fassent insulter ?
- 38:17OuverteRéponse directe
Tous ceux qui sont soumis à l'inéligibilité et qui quittent la mairie immédiatement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:18PrésentateurFait
« David Lysnard, le maire de Cannes, a quitté LR cette semaine en dénonçant le vote truqué des militants censés trancher le mode de désignation de leur candidat à la présidentielle en avril. »
- 4:30PrésentateurFait
« Le PS s'embourbe dans des guerres picro-collines n'ayant pu trancher si une alliance sur sa gauche l'avait aidée ou défavorisée. »
- 6:55InvitéFait
« Lionel Jospin disait que pendant les années 80, sous Mitterrand, tous leurs discours antifascistes sur la menace fasciste avaient été du théâtre. »
- 14:00InvitéChiffre
« En 2022, 5 ans plus tard, on parle d'un réveil de la gauche. En réalité, en termes de nombre de voix, c'est exactement la même chose. Sauf que là, ils partent unis, et ils arrivent au second tour dans 375 circonscriptions. »
- 14:24InvitéFait
« Il y a d'abord la réforme constitutionnelle qui fait qu'il y a le quinquennat et que les législatives arrivent juste après la présidentielle et donc qui a quand même bouleversé pour partie le paysage politique. »
- 14:37InvitéFait
« Il y a également la loi sur la parité qu'il a mise en place, qui a permis, dans les élections à scrutin de listes, d'avoir une certaine parité au niveau des listes, mais pas vraiment au niveau des têtes de liste, des maires, etc. »
- 30:22InvitéChiffre
« elle fait 160 000 voix »
- 30:23InvitéFait
« à la présidentielle »
- 30:25InvitéChiffre
« elle fait plus que 22 000 voix »
- 30:41InvitéFait
« l'abstention elle est très socialement située »
- 30:50InvitéChiffre
« on passe de 30% d'abstention chez les plus riches à 60% chez les plus pauvres »
- 31:14InvitéChiffre
« le taux de vote blanc est nul dans les communes à une seule liste il est très élevé il est de 8% au premier tour contre 2% dans les autres types de communes »
- 31:41InvitéFait
« LFI nous a fait perdre les élections »
- 31:44InvitéChiffre
« si LFI n'avait pas dépassé les 10% des exprimés et c'était maintenu dans beaucoup de villes la question ne se serait pas posée »
- 33:48InvitéFait
« on ne peut pas avoir peur du dialogue de la confrontation si on ne veut pas cette confrontation on ne fait pas de la politique on fait autre chose »
- 33:56InvitéFait
« c'était une poignine de neige ça n'est pas bien grave »
- 37:32InvitéChiffre
« il y a 450 professions en France qui sont soumis à un casier judiciaire vierge »
- 38:04InvitéFait
« madame Chikirou au mois de mai et madame Dati en septembre pour des faits de corruption »
- 38:25InvitéFait
« un élu qui lui a été mis en examen pour viol et qui a une interdiction de paraître dans la commune dans laquelle il a été élu sauf pour aller au conseil municipal »
Temps de parole
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France Culture, l'esprit public. Astrid De Vilaine. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de l'Esprit Public. Aujourd'hui, Lionel Jospin quitte la scène et quel bilan pour les municipales 2026 ? Nous serons avec la magistrate Magali Lafourcade, le politiste Vincent Martigny, la journaliste Anne Rosencher et le statisticien Youssef Swidi. Une émission préparée par Luste Boulle, réalisée et mise en onde par Swad Bucorsa.
Ce jour, la nation rend hommage à un homme qui fut aimé des siens et respecté de tous, profondément respecté. À Paris et en Haute-Garonne, Lionel Jospin connaissait le nom des gens et les choses de la vie. Bonheur simple, plaisir français, aimer, vivre, chanter, lire, rire et vibrer. Des galeries d'art au cinéma, du tennis à l'opéra. Tel était cet homme qui se composa un grand destin français et que beaucoup aimèrent et aimeront encore pour son exigence et sa persévérance. Au soir de la mort de François Mitterrand, Lionel Jospin avait dit « La mort n'est pas pour moi une occasion de lyrisme. » De lyrisme, non. De reconnaissance de la nation, oui. Sans aucun doute.
Alors pour tout cela, merci.
Emmanuel Macron, le jeudi 26 mars, aux Invalides à Paris, lors de l'hommage de la nation à l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, mort à l'âge de 88 ans le 22 mars, jour du second tour des élections municipales, dernier scrutin avant 2027. Alors forcément des ponts formés avec l'actualité. Quel contraste cette semaine entre ce parcours républicain salué sur tous les bancs du Parti communiste au Rassemblement national et les fractures françaises qui semblent plus béantes que jamais, quelques images glanées ici ou là, des huées dans des mairies gagnées, des insultes envers les perdants ou les gagnants de Poissy à Creil en passant par le Blanc-Ménil, des plaintes déposées.
Certains recourent aussi, comme à Toulouse, où François Picmal, le candidat LFI, défait, pointe, ingérence et fausses informations à son endroit. Il a perdu avec 46% des voix face à Jean-Luc Moudinque. À Freyne, la mairie a été dégradée à la veille de l'installation du nouveau maire LR. À Nice, Éric Ciotti investit maire sans son rival Estrosi, absent du conseil municipal, et des premiers mots envers les policiers municipaux de Saint-Denis, en Ile-de-France, qui pourraient demander une autre affectation après la suspension de l'usage des LBD par le nouveau maire insoumis, Bali Bagayoko, qui concentre à lui tout seul critique, fascination, dérapage raciste et nouvel élan.
À Lyon, après une intense bataille, le doyen Ollas a remis l'écharpe au sortant réélu Grégory Doucet écologiste. À Marseille, la doyenne du RN a prononcé son discours sous les huées. À Bastia, le nationaliste Siméoni ne veut plus porter l'écharpe tricolore tant que les revendications corse ne sont pas entendues. La nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, représentée à ces élections, pourrait-elle l'emporter en 2027 ? C'est le pari des insoumis. Au RN, où les candidats potentiels sont au nombre de deux, on invente la plus grande percée de l'histoire du parti au municipal et on attend la date du 7 juillet qui fixera le sort judiciaire de la patronne Le Pen.
Les partis traditionnels qui peuvent pourtant se targuer d'un bon score n'en finissent plus de prendre l'eau. David Lysnard, le maire de Cannes, a quitté LR cette semaine en dénonçant le vote truqué des militants censés trancher le mode de désignation de leur candidat à la présidentielle en avril. Le PS s'embourbe dans des guerres picro-collines n'ayant pu trancher si une alliance sur sa gauche l'avait aidée ou défavorisée. Au centre, la voix se dégage pour Édouard Philippe réélu largement au Havre, mais avec quels alliés et quels concurrents ? Pour analyser cette situation et répondre à ces questions, j'ai le plaisir d'accueillir Anne-Rose Encher. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous.
Vous êtes la directrice déléguée de la rédaction de L'Express. Bonjour à vous, Vincent Martigny.
Bonjour.
Historien, politologue, professeur de sciences politiques à l'université de Nice et à l'école polytechnique. Je cite le numéro du 1 journal hebdomadaire dans lequel vous avez écrit un article. Il est consacré au gauche et il sera en kiosque ce mercredi. J'accueille Youssef Swidi. Bonjour. Bonjour. Merci d'être là. Docteur en économie spécialisé dans les statistiques appliquées aux phénomènes sociaux. Vous êtes le co-auteur de Nouvelle cartographie électorale de la France chez Textuel, paru cette année. Elle sera utile sans doute, cette nouvelle cartographie, pour nous aider à y voir plus clair. Et enfin, Magali Lafourcade, bonjour. Bonjour.
Merci d'être là, présidente de l'Institut français des droits et libertés. Vous venez de faire paraître la justice en procès, les populistes à l'assaut de l'état de droit aux éditions Les Petits Matins. Merci à tous les quatre d'être là ce matin en direct. Alors, première question, que retenez-vous de Lionel Jospin ?
Ah, vaste question. Anne Rosentier. Ce qui est intéressant, c'est que, forcément, avec la disparition de Lionel Jospin cette semaine, on s'est replongé tous. On a vu passer des archives. On a vu passer des archives, soit sur les réseaux, soit qu'elles ont été rediffusées. Et ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point notre monde a changé, notre politique a changé, si on peut encore appeler ça de la politique aujourd'hui. À quel point les éthos même des personnes qui la font ont changé. Il y avait quand même moins de communication. On voit à quel point il y a eu une OPA hostile de la communication sur la politique depuis, même si ça commençait à pointer son nez.
Des relations entre les impétrants, on va dire, qui étaient quand même plus calmes. Vous avez rappelé tout ce qui s'est passé cette semaine, notamment dans les mairies. On voit le niveau de violence qui a augmenté de quelques degrés. Et enfin, si je devais dire, parce que c'est toujours intéressant quand une mort comme ça survient, ça peut avoir une espèce de résonance ou un écho dans la période. Moi, je retiendrai quelque chose qui m'a interpellée dans les fameuses archives que j'ai revues passer. C'était sur cette antenne. Lionel Jospin disait que pendant les années 80, sous Mitterrand, tous leurs discours antifascistes sur la menace fasciste avaient été du théâtre.
Et je trouve ça intéressant. Alors, on se rappelle, à l'époque, c'était Jean-Marie Le Pen avec un discours d'extrême droite très clair, mais sur lequel, c'est vrai, la politique avait commencé de miser pour s'exonérer de construire des programmes, de défendre des bilans, d'aller chercher les électeurs qui étaient déçus avec les dents, notamment des électeurs populaires de gauche qui se détournaient de plus en plus.
Et donc, il y a eu ce début de recours au fameux front républicain antifasciste comme recette magique pour l'emporter aux élections qui a fonctionné, mais qui a participé à une dépolitisation majeure à tous les sens du terme, le sens de désintérêt et le sens aussi du fait de ne plus avoir à mobiliser des programmes et des idées et d'aller chercher les diagnostics, qui compris des diagnostics qui ne sont pas forcément ceux qu'on voit dans sa sociologie pour convaincre une majorité de Français. Et ça, je trouve que ça a un écho très très fort, d'abord parce qu'on est au bout de ce processus-là et ensuite parce qu'on voit encore la remobilisation de ce théâtre-là.
Et Dieu sait qu'il y a des menaces, probablement, mais tout le discours qui vise à mobiliser uniquement sur une menace fasciste est un discours qui est délétère pour la politique et le débat public, je le pense. Vincent Martigny. Moi, je pense que quand on évoque et on convoque la mémoire d'Illonais Jospin, comme on l'a beaucoup fait cette semaine, on pense au moins à trois conceptions du pouvoir, de la démocratie, de la politique, qui aujourd'hui paraissent un peu, justement, pas forcément passées de mode, mais en tout cas, je crois, mises en cause. La première, c'est une conception de la démocratie.
Léonais Jospin en a beaucoup rappelé sa probité, évidemment, mais aussi son grand respect des institutions républicaines et un sens de la dignité, de ce que ça veut dire être un homme politique. Je crois que c'est ce qui a été souligné, par y compris ceux qui l'ont combattu. Et ils ont été nombreux. Il ne faut pas l'oublier. À droite et évidemment à l'extrême droite, j'ai même vu qu'un hommage avait jailli de la bouche de Marine Le Pen, ce qui peut paraître étonnant pour quelqu'un qui a quand même consacré toute sa vie à lutter contre le Front National et son successeur, le Rassemblement National.
Deuxièmement, je dirais que c'est une conception de la politique, et ça c'est intéressant, c'est celle aussi d'un militant socialiste. Si vous étiez présent à l'enterrement de Lionel Jospin, donc je ne parle pas tant de l'hommage national du matin, mais de l'après-midi, ce qui était assez frappant, c'était que le peuple de gauche qui est venu lui rendre hommage et celui des vieux militants socialistes, on voyait des hommes et des femmes avec des roses à la main, comme on n'avait plus l'habitude d'en voir, des gens un peu unis. On était très très loin des querelles de la gauche telles qu'on les a vues dans les médias.
On était autour d'un ensemble de militants extrêmement touchés, extrêmement émus de cette période qui avait été celle d'un vieux militant. D'ailleurs, les discours qui se sont succédés, celui de Daniel Vaillant, de Martine Aubry, ils parlaient évidemment de souvenirs personnels, mais ils parlaient de Lionel Jospin comme d'un militant. C'est quelqu'un qui, très longtemps, revendiquait son statut de militant dans sa section du 18e, de quelqu'un qui croyait que le collectif était plus important que l'individu. Ça lui a coûté cher, même pendant la campagne présidentielle, puisqu'on lui a reproché probablement d'avoir été incapable de jouer le jeu de la personnalisation.
C'était peut-être lié à sa personnalité propre, mais c'était aussi lié à sa conception du collectif partisan. Et ça, c'est vrai qu'aujourd'hui, à l'heure des batailles d'égo, etc., qui existaient avant, mais qui se sont exacerbées de scrutins qui sont de plus en plus personnalisés, eh bien, c'est vrai que ça paraît un peu aujourd'hui en décalage. On peut le voir soit avec le sentiment que c'est un passé révolu et que ce n'est pas grave, soit avec un peu de nostalgie. En tout cas, le jour de son enterrement, c'est, je crois, la nostalgie qui dominait.
Et puis, troisièmement, Lionel Jospin, c'est une certaine conception du pouvoir, celle d'une transformation de la vie des Français, puisque c'est vrai qu'il a été rappelé pendant cette semaine l'ensemble des réalisations de son gouvernement, qui a été quand même un des plus efficaces, en tout cas pour le gouvernement de gauche, ça c'est sûr, et puis même droite et gauche confondus, d'un Premier ministre. Et ça, c'est son paradoxe qui arrive à l'élection présidentielle de 2002 avec une popularité quasiment sans précédent pour un Premier ministre. Il y a une immense majorité de France à l'époque qui le trouve populaire, en tout cas qui le soutiennent.
Et en même temps, c'est intéressant parce que c'est aussi quelqu'un qui va être incapable, je crois, de comprendre au moment de cette transition qu'est l'élection présidentielle de 2002, dont on s'élaborera l'année prochaine, les 25 ans. Et je pense que 2002 nous fait entrer dans un nouveau cycle de la vie politique, indépendamment de ce qui s'est joué autour de la victoire de Jean-Marie Le Pen.
C'est un nouveau cycle à la fois qui montre que, eh bien, justement, cette politique faite de vieux appareils qui structure encore cette vie politique, cette vie politique faite d'une sorte de prise en compte d'un esprit des institutions qui serait une donnée et non pas un combat, eh bien, ce monde-là un peu disparaît. Cette espèce de vie un peu plus apaisée de la fin des années 90, vous savez, c'est aussi le moment où on pensait que la démocratie, finalement, s'était imposée un peu partout dans le monde et qu'on n'était pas encore dans ce spectre du populisme. On voyait bien qu'il y avait un M. Berlusconi en Italie, mais c'était quand même très modéré.
Et donc, Lionel Jospin, c'est aussi celui qui va prendre la porte dans la figure en 2002. C'est lui qui ne va pas voir, en fait, qu'il y a des gens qui sont, à force de coups bas, capables de s'imposer face à lui. Et donc, c'est à ça que je pense aussi. C'est un homme qui disparaît. On peut avoir une certaine forme de nostalgie, mais je crains de dire que ce qu'il représente ne suivra pas forcément à nouveau demain, même si, et ça, c'est aussi un symbole, il est mort le jour où deux maires socialistes, Benoît Payan et Emmanuel Grégoire, qui se revendiquent de lui ouvertement. Benoît Payan, dans une interview au Monde, le citait expressément comme sa référence.
Emmanuel Grégoire, à Paris, lui a dédié sa victoire. Et ce n'est pas seulement, à mon avis, un symbole comme un grand socialiste. Ce sont deux personnalités, Emmanuel Grégoire et Benoît Payan, qui souhaitent se glisser dans ses pas. Reste à savoir ce qui va se passer pour eux dans les mois et les années à venir. Youssef Swidi. Alors moi, je dois bien avouer que quand Lionel Jospin quitte la vie politique, la dernière élection à laquelle j'ai participé, c'est celle des délégués de classe de CMA. Donc moi, mon souvenir de Lionel Jospin, mais c'est mon premier souvenir politique en réalité. Le premier souvenir, si je prends, comment dire, en géopolitique, c'est 11 septembre 2001.
Et mon premier souvenir politique française, c'est le 21 avril 2001.
On pourrait d'ailleurs peut-être lier, certains l'ont fait, notamment des sondeurs.
Et donc, il y a une question que j'ai beaucoup entendue cette semaine, c'est de savoir si la gauche avait tiré des leçons de 2002, et l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour. On voit actuellement, on en reparlera plus tard, dans les débats au sein de la gauche, sur la primaire, etc., que ça reste compliqué, qu'on pourrait avoir de nombreux candidats de gauche. Mais même, en réalité, quand on regarde les législatives, et pas la présidentielle, législatives de 2017, on s'est intéressé, avec mon co-auteur Thomas Wonderscher, à la qualification des candidats de gauche, en prenant tous les partis, au second tour.
Et on voit que la gauche part divisée, elle n'arrive au second tour que dans 144 circonscriptions. En 2022, 5 ans plus tard, on parle d'un réveil de la gauche. En réalité, en termes de nombre de voix, c'est exactement la même chose. Sauf que là, ils partent unis, et ils arrivent au second tour dans 375 circonscriptions. Et donc, cette question de l'union de la gauche dans ce système d'élection à deux tours, il reste important. Et en parlant de ce système électoral, peut-être, moi, sur quoi je voudrais insister, sur les réalisations de Lionel Jospin.
Il y a d'abord la réforme constitutionnelle qui fait qu'il y a le quinquennat et que les législatives arrivent juste après la présidentielle et donc qui a quand même bouleversé pour partie le paysage politique. Et puis, il y a également la loi sur la parité qu'il a mise en place, qui a permis, dans les élections à scrutin de listes, d'avoir une certaine parité au niveau des listes, mais pas vraiment au niveau des têtes de liste, des maires, etc. Et là où c'est un peu plus décevant, c'est aux élections législatives où on était à peu près à 10% de femmes à l'époque. Et là, aujourd'hui, on est à seulement un tiers.
Et donc, je voudrais mettre ça en lien pour finir avec une autre dimension de la parité qui est mise en avant en ce moment par le collectif démocratiser la politique qui est la question de la parité sociale. Et donc, ils ont fait un rapport récemment avec plein de statistiques. Donc, c'est un rapport dirigé par Taufik Valipouram et Kevin Vaché et Tara Dickman et qui montre à quel point il est difficile pour les candidats de catégorie populaire de s'imposer dans les scrutins de listes, mais aussi dans les scrutins unilomiaux et mettre en avant ce concept de parité sociale. Qui pourrait, selon vous, être un peu la nouvelle parité ? Alors, peut-être pas remplacer, et d'ailleurs... Ajouter !
Oui, voilà, c'est ça. Une nouvelle dimension qui reste importante. On pourrait mettre dans la loi, selon vous ? Alors, comment dire... Je vois bien à quel point ça a été difficile pour la parité de genre. Et à quel point on a du mal, même une fois que la loi est passée. Mais effectivement, c'est quelque chose que ce collectif met en avant. Magali Laforcade. Alors, moi, je dois dire que j'ai un souvenir très fort du 21 avril 2002, puisque je passais mon oral à Sciences Po le lendemain. Donc, j'étais allée manifester à ce moment-là comme beaucoup, beaucoup de citoyens français. Et c'était une courte nuit, en conséquence.
Ce que je pense qu'il faut voir dans ce qu'on entend aujourd'hui autour de Lionel Jolfe Soin, c'est qu'il devient un peu la mauvaise conscience de la classe politique. Il est à la fois celui qui était capable d'un grand leadership et de faire l'union sans autoritarisme, d'écouter des partis politiques qu'il y ait des divisions majeures sur l'économie, sur le nucléaire, sur l'Europe, etc. Et pourtant, être capable, dans un grand dialogue et une écoute, de pouvoir arriver à fonctionner très, très bien ensemble puisque les divisions n'ont jamais éclaté au grand jour. En tout cas, pas à ma connaissance. Et je crois même qu'il n'a jamais fait usage du 49-3.
Alors qu'on a vu, dans un gouvernement de gauche suivant, à quel point les divisions, les fraudeurs avaient été tout de suite sur le devant de la scène. C'est bien sûr l'intégrité et la probité qui résonnent étrangement aujourd'hui avec ce dernier scrutin des municipales. C'est cette référence toujours à l'union. Dans l'esprit politique, quand on parle d'union à gauche, c'est le Front populaire et la gauche plurielle. Donc voilà.
Et puis, c'est aussi une énorme stabilité puisqu'il y a eu très, très peu gouvernement dans l'histoire de la Ve République et je crois que c'est le seul à gauche qui a tenu 5 ans avec le même Premier ministre et sans, ce n'est pas une stabilité qui implique l'immobilisme, bien au contraire, puisque comme ça a été rappelé par les autres intervenants, le bilan en termes de réformation continue à nous structurer très largement.
Bien sûr, les 35 heures, des conquêtes sociales avec la CMU, l'aide médicale d'État, le PACS, la parité qui a fait doubler quand même le nombre de représentations féminines dans la représentation politique, les emplois jeunes, la loi SRU qui permettait 20% de logements sociaux dans les communes et puis une loi qui est extrêmement structurante pour les juristes, la loi sur la présomption d'innocence qui consacre les droits de la défense.
Finalement, la question, c'est surtout que c'était une politique en responsabilité, pas une politique du spectacle, du TikTok pour reprendre ce que disait Anne Rosencher sur la com qui a fait une OPA, pas une politique de posture non plus et finalement, est-ce qu'on en a vraiment tiré les leçons de cette défense ? J'en suis pas sûre puisque comme le disait Anne Rosencher tout à l'heure, moi j'ai eu l'impression que je suis rentrée dans ma vie d'électeur, d'électrice par l'idée que le Front républicain écrasait l'offre politique et les idées. Nous sommes pleinement et entièrement dans la République et nous sommes la République.
Liberté, égalité, fraternité et nous y sommes d'ailleurs beaucoup plus fidèles que tous les tenants du Rassemblement national et donc nous assumons ce que nous sommes, c'est-à-dire des héritiers à la fois de l'immigration mais aussi ouvrière avec des parcours singuliers et avec y compris des parents qui ont beaucoup fait pour notre France, notre chère France et donc c'est la raison pour laquelle nous assumons ce terme de Nouvelle France. Alors c'est pas en termes de nouveauté parce que nous existons.
Aujourd'hui, ce qui est nouveau, c'est une dynamique aujourd'hui qui est vraiment assumée avec des enfants de la République qui ressemblent forcément je veux dire à la France telle qu'elle est, à les métissiers et qui désormais ne s'invitent plus en fin de compte je veux dire à attendre que l'on donne des responsabilités. Ils prennent leurs responsabilités et je trouve que c'est ça qui est déterminant.
Bali Pagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis-Pierrefitte élu au premier tour le 15 mars dernier ici l'invité des 4V sur France 2 le mardi 24 mars et l'occasion donc d'entrer dans ce bilan que j'aimerais qu'on tire ensemble de ces élections municipales d'abord sur la gauche. Que nous disent si vous arrivez à le lire si vous arrivez à les lire que nous disent ces résultats sur l'état de la gauche Anne-Rose-Enchère ?
Pas très bien la gauche mais d'abord ce qui m'a marquée moi avec le recul maintenant parce que c'est compliqué d'analyser les choses à chaud et notamment je pense qu'il y a beaucoup de si ce n'est de bêtises de trompe-l'œil qui ont été dessinées notamment au soir du premier tour et j'en prends ma part parce que quand on est dans l'analyse à chaud parfois on se laisse emporter par un récit qui s'avère être un peu plus nuancé plus tard le récit était le soir du premier tour que c'était une percée historique de LFI que tout ça avait payé etc.
On a bien vu par la suite que même s'il y avait des choses qui sont intéressantes à regarder notamment cette victoire à Saint-Denis avec 13 600 voix il faut quand même le dire que certes c'est une ville extrêmement peuplée deuxième ville la plus peuplée d'Ile-de-France comme on le rappelle néanmoins les taux d'abstention sont énormes donc ce sont des stratégies payantes mais sur des peu d'électeurs en vérité néanmoins tout ça pour vous dire que d'abord la question de la gauche aujourd'hui est une question essentiellement métropolitaine des métropoles et de leurs banlieues ailleurs elles ne se posent quasiment plus quand on regarde la carte des municipales c'est même assez étonnant de voir à quel point toutes ces questions d'abord la gauche là où elle se déchire mais où elle est quand même assez haut mais elle se déchire c'est dans les grandes métropoles ailleurs elle est balayée ça c'est vraiment important de le dire parce que je pense que ça fait partie comment dire de le commentaire le diagnostic aujourd'hui est très largement fait par nous c'est à dire des journalistes qui habitent dans les grandes métropoles très souvent d'ailleurs à Paris et qui avons des centres d'intérêt et qui mettons le focus sur des choses qui ne concernent pas la majorité des français et notamment quand on voit par exemple le score du PS à Paris on se dit que c'est complètement inverse par rapport à ce qui se passe dans toute la France donc tout ça il faut vraiment le prendre
même si Anne Rosanchère pour compléter ce que vous dites si vous me le permettez dans le monde ils ont fait un classement des villes de plus de 30 000 habitants alors en effet c'est pas des villages mais le parti socialiste quand même avec les divers gauches ils sont à peu près à 92 villes
c'est évident que le parti socialiste d'un point de vue local résiste et même plus implanté bien plus implanté c'est la deuxième force après LR on va dire néanmoins il faut quand même se faire très attention parce que il y a ce focus qui est mis et notamment puisqu'on parlait de l'abstention tout à l'heure il y a énormément de communes où les gens ne se sont même pas déplacés car il y avait une réforme du mode de scrutin qui faisait que dans 25 000 communes il n'y avait qu'une seule liste où il n'y avait même plus la possibilité du panachage etc ce qui fait que pour les gens c'était ne vous déplacer même pas justement pour cette histoire de parité dont on parlait à l'instant avec Youssef Swidi parler des problèmes démocratiques qui ont vu le jour ces dernières décennies c'est un sujet énorme quand même quand vous ne présentez qu'une seule liste donc tout ça pour vous dire que la gauche il y a eu ce récit un petit peu en trompe l'oeil au soir de premier tour est-ce que c'est pour ça qu'Olivier Faure s'est fait avoir entre guillemets à ne pas condamner les alliances locales du PS mais je pense qu'il va le payer très cher si c'est possible encore de payer plus parce que voilà
vous vous écrivez dans l'Express cette semaine il y a quelque chose d'impardonnable dans ces alliances avec LFI si je vous ai bien lu
écoutez si vous passez une campagne à dire que LFI a fait une campagne raciste notamment et antisémite antisémite surtout parce que Jean-Luc Mélenchon a fait du Jean-Marie Le Pen objectivement en faisant des fautes soi-disant sur les non-juifs etc en choquant en fait la majorité pour mobiliser une minorité des minorités avec des sous-entendus insupportables je ne comprends pas qu'après avoir dit ça vous acceptiez de toper je veux dire soit il y a des lignes rouges soit il n'y en a pas donc soit vous dites non c'était pas antisémite et on va toper soit vous dites c'est antisémite et on ne tope pas c'est pas possible pour la plupart des gens c'est incompréhensible voilà donc je ne c'est impardonnable absolument Vincent Martigny alors avant qu'on parle juste de la gauche je voudrais dire un mot sur la question de la participation parce que souvent on a beaucoup de parler de choses
et j'apprends grâce à Luste Boulle que en effet à Saint-Denis l'abstention était de 57% tout de même
érosion de la participation alors on l'a dit de quelques points 6 ou 7 points depuis 2014 on n'a pas considéré 2020 à cause du Covid mais c'est vrai qu'il y a un chiffre assez marquant que j'ai retrouvé en 1983 la participation est de 78% aux élections municipales donc là c'est vrai qu'on a une participation qui perd 40% en maintenant 40 ans alors après les comparaisons historiques valent ce qu'elles valent les situations sont assez différentes mais je voudrais dire que dans cette participation ce qui est très intéressant par rapport à ce que disait Anne Rosencher sur la place de la gauche dans les grandes villes c'est que la participation elle reste stable voire elle augmente dans les villes de plus de 100 000 habitants il n'y a pas une seule ville où la participation s'effondre pourquoi ?
parce qu'il y a des enjeux tout simplement il y a des enjeux il y a des listes qui se confrontent là où il y a une faiblesse de la participation le déclin est réel c'est un phénomène surtout rural périurbain vous avez d'un côté certains tout petits villages où il y a 80% de participation parce qu'il y a une liste mais bon c'est une liste portée par le village la liste est le village et puis vous avez aussi une sorte de désaveu finalement de la démocratie municipale dans d'autres endroits où la liste unique est subie pour les gens c'est que les gens ont l'impression qu'il y a une liste mais ils auraient bien aimé autre chose mais en fait ils se disent à quoi ça sert parce qu'à d'aller à l'avance et l'interdiction du panachage notamment c'est un détail un peu technique mais à décourager un certain nombre d'électeurs dans les sections rurales d'aller voter donc je pense que quand on parle de participation il faut faire aussi un tout petit peu attention parce que dans un certain nombre de grandes villes dès qu'il y a l'enjeu en réalité les gens se déplacent dès qu'ils ont compris qu'il y a des enjeux qu'il y a surtout deux propos ou deux profils complètement opposés il y a en effet une mobilisation qui est assez importante peut-être on en dira un mot tout à l'heure avec Youssef Swidi qui a fait une analyse des cartes électorales et qui pourra nous dire un mot là-dessus sur la gauche en particulier plusieurs choses tout à fait d'accord avec Anne Rosencher la gauche surperforme dans les grandes villes plus de 100 000 habitants elle est aux alentours de 22 villes la droite c'est 12 pour vous donner un exemple c'est elle qui est largement en tête dans les très grandes villes c'est à peu près stable par rapport au 2014 c'est deux villes de moins enfin globalement on est dans un espace qui est à peu près identique avec des villes conquises regardez Pau par exemple où François Bayrou a perdu face à un socialiste donc vous avez là une super performance je ne dirais pas qu'elle est balayée dans les autres espaces parce qu'en fait comme vous l'avez rappelé elle est encore très importante mais elle est largement en dessous d'LR c'est pour ça qu'on dit habituellement que c'est LR qui a gagné les élections en termes de nombre de villes moyennes et importantes qui prenaient les villes de plus de 5000 habitants par exemple c'est très très net qu'il y a une victoire de LR en termes de nombre de villes mais c'est intéressant de constater que si vous regardez par exemple le nombre d'électeurs qui se sont portés sur la gauche au deuxième tour et bien il y a quand même une prime encore à la gauche qui sont portés par ton oui sur la gauche c'est 9,2 millions à gauche 8,7 millions à droite donc pour une raison toute bête c'est que encore une fois comme la gauche surperforme dans les grandes villes que c'est les grandes villes qui avaient un deuxième tour où il y avait encore un enjeu c'est normal que ce score apparaisse comme un score de façade donc je ne dirais pas un effacement mais je dirais en tout cas certes un retrait puisque quand vous regardez les dix dernières années c'est vrai que la gauche est en train de s'affaisser dans les villes moyennes et les petites villes et en effet c'est un sujet d'inquiétude dire aussi et vous avez eu raison de le souligner qu'attention pour les municipales deux tiers de la carte électorale elle est en réalité muette nous ne savons pas ce que pensent les gens pour les raisons qu'on a dites tout à l'heure il y a une seule liste elles ne sont pas dépolitisées on se souvient qu'en dessous d'un certain nombre pour 80% des villes il n'y a pas de nuancier pour nous les analystes journalistes comme les professeurs de sciences politiques on ne peut pas regarder ces listes parce qu'il n'y a pas de nuance donc on peut deviner on peut regarder les dynamiques nationales mais ce n'est pas comparable donc attention parce que tout ce qu'on est en train de dire vous avez raison de le rappeler on est obligé de se concentrer sur les villes de plus de 5 000 ou plus de 10 000 habitants ou voir les grandes villes qui sont celles dans lesquelles nous vivons ou qu'on peut regarder à cause du nuancier et puis un mot pour finir là-dessus sur les questions d'union des gauches rappelez quand même quelque chose sur celles et ceux qui ont pu critiquer ou au contraire soutenir les listes d'alliances entre LFI et le PS dire quand même que dans l'histoire de la gauche c'est la première fois que cette question se pose cette question de savoir si on va s'allier ou pas je ne dis pas qu'il n'y a pas eu des tensions évidemment qui sont très graves dans les années 70 entre les communistes et les socialistes on se souvient des élections de 1977 où là il y avait carrément une rivalité qui faisait rage malgré la vraie fausse union de la gauche qui existait à l'époque on se rappelle du programme commun qui n'empêchait pas la compétition on en dira peut-être un mot tout à l'heure mais en revanche ce qui est nouveau c'est qu'au deuxième tour lorsqu'il y avait un danger que la droite passe au pouvoir voire l'extrême droite la question ne se posait pas de l'alliance c'est aussi pour ça qu'on fait en fonction de ce qu'on a toujours fait on n'a pas compris pourquoi les élus socialistes ou les filles localement voulaient s'allier au deuxième tour mais parce qu'ils l'ont toujours fait au niveau local ce sont des gens qui se connaissent les provocations de Jean-Luc Mélenchon leur paraissent très loin de leur réalité quotidienne quand c'est des gens qui ont parfois dirigé des exécutifs ensemble quand c'est des gens qui se connaissent depuis parfois plusieurs décennies bon ben il y a ce que disent les appareils au niveau national mais il y a aussi ce que pensent les gens au niveau local et c'est là pour vous dire aussi que ce qui se manifeste là au-delà de ce qu'on pense de Jean-Luc Mélenchon du côté moral ou immoral d'une alliance des gauches sur laquelle moi je ne veux même pas rentrer c'est le fait que les appareils nationaux n'ont pas tant de pouvoir sur les militants locaux et ça ne faut pas l'oublier c'est pour ça qu'Olivier Faure rappelez-vous lorsqu'il se déplace à Limoges avec Raphaël Glucksmann qui a une position lui de principe mais aussi parce qu'il n'a pas d'appareil et bien Olivier Faure dit oula attention on verra ce qui va se passer d'un côté il critique Mélenchon parce que c'est son rôle évidemment il a raison de le faire et en même temps il sait qu'au niveau local de toute manière même s'il voulait l'imposer il ne parviendrait pas à imposer une ségrégation absolue entre l'EPS et LFI donc voilà il joue à la fois sur le fait qu'au sein du parti socialiste et ça c'est nouveau il y a une majorité des militants qui veulent encore l'alliance mais qui sont quand même très très méfiants très critiques vis-à-vis d'Elefi ce qui n'existait pas auparavant et en même temps il sait que son pouvoir est limité
Limoges perdu par la gauche et l'air qui est resté
Youssef Swidi alors j'ajoute comme l'ont déjà dit Anne Rosencher et Vincent Martini le fait qu'il faut faire attention à la comparaison avec les élections nationales pour rappel par exemple Anne Hidalgo au premier tour des élections municipales 2020 à Paris elle fait 160 000 voix à la présidentielle elle fait plus que 22 000 voix donc même dans les grandes métropoles il faut faire attention on ne peut pas forcément calquer les résultats des municipales sur les résultats des élections nationales sur l'abstention aussi peut-être quelques mots déjà l'abstention elle est très socialement située il y a la variable âge bien sûr qui compte mais également très socialement située dans des villes comme Lyon Marseille on passe de 30% d'abstention chez les plus riches à 60% chez les plus pauvres donc on a vraiment des écarts assez énormes et sur les communes avec une seule liste en réalité quand on regarde vraiment avec les données du ministère de l'intérieur l'écart il n'est pas très grand au premier tour entre les communes qui avaient une seule liste et les communes qui avaient plusieurs listes il est seulement de 4 points en revanche ce qu'on voit c'est que le taux de vote blanc est nul dans les communes à une seule liste il est très élevé il est de 8% au premier tour contre 2% dans les autres types de communes même si la comparaison avec les élections nationales elle est compliquée c'est vrai que ça détermine quand même une partie de l'agenda médiatique et le narratif des différents prétendants à l'élection présidentielle sur la gauche tout de même on voit que si ces questions-là se sont posées c'est qu'il n'y a pas d'hégémonie d'un parti politique ou d'un autre et il me semble que c'est Boris Vallaud qui a dit LFI nous a fait perdre les élections mais en fait si LFI n'avait pas dépassé les 10% des exprimés et c'était maintenu dans beaucoup de villes la question ne se serait pas posée et donc il y a quand même une question de savoir pourquoi en fait l'un ou l'autre n'est pas hégémonique et par exemple si on prend le cas de Toulouse qui a été une grosse surprise ce qu'on voit c'est que dans les bureaux de vote situés dans les quartiers populaires c'est là où le candidat LFI fait vraiment la différence avec le candidat PS dans les autres bureaux de vote ils sont à peu près égaux par contre dans les bureaux de vote au niveau de villes plus faibles là on voit un écart énorme entre le candidat LFI et le candidat PS et sur le narratif qui a suivi ces élections municipales il y a également tout ce débat autour des nouveaux maires et puis également des UE qu'il y a eu c'est vrai que ça a pris vraiment énormément de place et moi donc on a parlé un petit peu aussi de la politique spectacle etc mais en fait je me suis dit est-ce qu'en 2014 il y avait les mêmes moyens vidéo réseau la même viralité qui aurait permis même si ces phénomènes là existaient de les voir en 2020 ça ne se posait pas puisqu'on était dans un contexte de Covid mais je ne suis même pas certain en tout cas
il n'y avait pas ces percées LFI en 2014
Ah oui oui non mais là je parlais plutôt des UE qu'il y a eu dans certaines mairies et qui ont fait beaucoup parler cette semaine et enfin on parle beaucoup de brutalisation de la vie politique je me souviens et j'ai vérifié que pendant la campagne 2014 le président de l'Assemblée nationale Claude Bartholone avait traité de salopards je cite des opposants aux candidats qui se soutenaient à Montreuil parce qu'ils avaient fait fuiter une vidéo de lui comment dire qui le mettait mal à l'aise et moi quand j'ai vu ces vidéos en fait j'ai repensé aux vidéos de Yael Brown-Pivet début janvier dans les manifestations d'agriculteurs elle était devant l'Assemblée nationale elle était entourée de policiers et elle a même reçu un jet de projectiles et moi ça m'a fait quand même penser à ça il y avait des cris des huées des missions etc et j'ai cherché et j'ai cherché quelles étaient les réactions peut-être que j'ai pas bien cherché j'en ai pas trouvé beaucoup mais j'ai trouvé une réaction de la principale concernée qui avait dit on ne peut pas avoir peur du dialogue de la confrontation si on ne veut pas cette confrontation on ne fait pas de la politique on fait autre chose et à propos du jet de projectile je cite c'était une poignine de neige ça n'est pas bien grave et moi cette différence de traitement médiatique et de réaction politique elle m'interroge elle pose question j'ai quelques hypothèses pour le dire pudiquement est-ce que les caractéristiques socio-démographiques des agriculteurs et des personnes qui ont hué dans les mairies sont différentes et pour le dire de manière encore plus franche mais toujours pudique est-ce que leur taux de mélanine ou leur couleur de peau était différente et c'est ce qui fait la différence de traitement médiatique en tout cas il y a quand même une différence
dans ces deux exemples que vous évoquez Youssef Soudi qui est une manifestation et des passations normalement républicaines dans des mairies est-ce que Magali Lafourcade ça vous a choqué que certains se fassent insulter on a de la merde
ça me choque comment dire l'ambiance vous voulez dire dans le commentaire peut-être c'est plutôt le commentaire qui a suivi en réalité le fait qu'il y ait quelques huées c'est pas ce qui me choque le plus c'est par exemple quand on va suivre effectivement le maire jusqu'à sa voiture si ça bien sûr ça me choque mais après il y a quand même eu un commentaire des vidéos qui était assez partisan par exemple le maire du Blanc-Ménil quand il arrive donc déjà pourquoi il y a cette présence dans la mairie quand il arrive il est déjà entouré par des policiers et quand il traverse la mairie il n'est pas vraiment en danger il est déjà entouré par des policiers dès qu'il arrive et ensuite il y a également eu des vidéos qui ont circulé de personnes qui chantaient la Marseillaise dans cette mairie du Blanc-Ménil et ça ça a moins fait parler Magali Lafourcade oui alors c'est intéressant d'analyser un peu plus dans le long terme comment est regardé comment est analysé instrumentalisé ou pas cette idée de brutalisation lors de la passation des pouvoirs moi j'ai quand même été très choquée par un certain nombre d'invectifs qu'il y a eu pendant la campagne entre les politiques entre les candidats les propos de Thierry Meignan qui était au Blanc-Ménil ex-maire LR contre une journaliste en la traitant de pute en la menaçant etc.
sont extrêmement graves Nassira Al-Mohad voilà il y a eu l'histoire de la tête de cochon à Nice qui pose énormément de questions sur qui a fait ce geste donc il y a le côté invectif lors des passations mais il y a aussi l'attitude des politiques eux-mêmes et ça moi je trouve que là aussi on devrait le regarder de manière très précise et je trouve que cette campagne des municipales pour moi c'est une série d'échecs je suis désolée parce que j'aime bien être optimiste mais là je trouve que bon échec de la participation ça a été extrêmement bien rappelé par Vincent Martini pour moi il y a aussi un échec des partis politiques alors vous savez ici que dans le baromètre de la confiance du Cébipof ils sont à 15% de confiance donc on peut dire qu'on a touché on a touché le fond quand même ils le sont depuis longtemps oui ça fait longtemps s'accrocher au fond parfois c'est même en dessous mais là il y a un flou stratégique sur les alliances que ce soit à gauche enfin au PS et au niveau LR qu'est-ce qu'on fait avec le RN avec l'UDR qu'est-ce qu'on fait aussi avec Horizon tout ça et puis surtout ce qui m'a énormément marqué c'est à quel point ils ont investi tous ces partis des gens qui sont soit mis en examen soit poursuivis soit condamnés déjà pour corruption ou pour des atteintes graves comme des viols etc donc zéro problème à investir comme tête de liste des personnalités qui ne sont pas en lien avec ce qu'attendent ce que projettent les français en termes de respectabilité même pas d'exemplarité juste de pouvoir se dire qu'on respecte la loi il y a 450 professions en France qui sont soumis à un casier judiciaire vierge pourquoi est-ce que les partis continuent à investir des gens qui ont un casier judiciaire aussi chargé qu'à l'incarignan à Grenoble on a donc ceux qui sont dans l'attente de leur procès soit du résultat comme Louis Alliot qui est présumé innocent mais qui attend son procès 7 juillet qui sera fixé sur sa condamnation ou pas en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du RN il y avait deux têtes de lice à Paris qui vont être jugées cette année madame Chikirou au mois de mai et madame Dati en septembre pour des faits de corruption c'est quand même pas banal il y avait Jean-Christophe Lagarde Jean-Michel Bailey et puis il y a aussi
pour compléter tous ceux qui sont soumis à l'inéligibilité et qui quittent la mairie immédiatement
oui et puis il y en a aussi alors j'ai relevé un élu qui lui a été mis en examen pour viol et qui a une interdiction de paraître dans la commune dans laquelle il a été élu sauf pour aller au conseil municipal donc tout ça ça laisse un goût amer aux français qui se disent moi je suis méritant moi je respecte la loi et pourquoi est-ce que des partis c'est pour ça que je parle des partis responsabilité des partis que des gens qui sont soupçonnés de corruption ou de violer leurs proches se présentent c'est une chose mais qu'ils soient investis ça pose quand même une responsabilité et puis je dirais aussi qu'il y a un échec comme aussi de la transparence c'est ce qu'a dit très bien Vincent Martini sur la logique de se présenter sans parti enfin sans étiquette et ça ça pose un sérieux problème surtout dans les petites villes moi j'habite dans une petite ville où on ne sait pas pour qui on vote c'est très difficile est-ce qu'elles ont été
particulièrement violentes ces élections et notamment cette semaine qui vient de suivre ces installations au conseil municipal vous qui avez un peu de recul Vincent Martini j'aimerais aussi qu'on cite quand même l'ancienne maire de Creil qui dit avoir été traité de mécréante
oui alors la vérité c'est qu'il y a la brutalisation c'est pas seulement une image médiatique c'est une réalité et c'est pas seulement pendant les élections c'est plus violent qu'avant c'est beaucoup plus violent qu'avant il y a toujours eu des noms d'oiseaux politiques il ne faut pas exagérer
même au 19ème siècle
évidemment au 19ème siècle et j'ajoute même que l'histoire de la fin du 19ème et du courant du 20ème c'est une histoire de domestication de la démocratie je ne veux pas revenir sur un cours d'histoire électorale mais en gros quand on invente l'isoloir quand on fait du vote un acte individuel lorsque on organise la vie en partie c'est justement pour éviter des faits de violence des attaques des menaces parfois des meurtres il y a des pays dans le monde quand même où chaque élection c'est l'occasion d'avoir une flopée de dizaines de morts et encore une fois pas si loin de chez nous donc ça il faut quand même le rappeler notre histoire c'est celle d'une domestication de la violence en démocratie mais encore une fois cette violence n'a jamais été complètement extirpée ne fantasmons pas non plus une période qui n'a jamais existé selon laquelle tout le monde respecterait son adversaire en revanche ce qui est vrai c'est qu'il y a une augmentation de la brutalisation on a toujours dit que les maires étaient à portée de baffe sauf que là maintenant ça devient tout à fait concret c'est à dire que les gens s'en prennent aux maires il y a une augmentation brutale depuis maintenant plusieurs années des faits de violence contre les maires mais aussi contre les députés qui voient leur permanence parlementaire saccagée leur domicile parfois divulgué sur les réseaux sociaux donc ça c'est je crois une réalité et puis il y a une deuxième chose quand même et ça c'est là où j'étais pas totalement d'accord ce que vous disiez monsieur Swede c'est que ce qui est assez nouveau quand même c'est que les passations de pouvoir étaient en général des moments de suspension de l'attention c'est à dire bon une passation de pouvoir on a perdu alors pendant la campagne c'est normal ça se frotte il y a toujours eu des échauffourées encore une fois plus ou moins importantes selon les contextes mais ce que j'ai trouvé assez nouveau en effet c'est quand même cette idée que la politique ne s'arrête pas ou plutôt la violence tranchée alors dans d'autres pays c'est une contestation des élections on n'a pas eu ça pendant ces municipales globalement même s'il y a des cas de contestation parce que des fois de temps en temps il y a des recours qui sont faits c'est tout à fait normal mais je trouve que là la façon dont les vainqueurs s'acharnent sur les vaincus c'est assez nouveau et je trouve ça parfois un petit peu inquiétant dans la violence parfois des attaques qui sont proférées donc oui brutalisation je crois qu'elle est le reflet de brutalisation du discours et ce que je trouve quand même intéressant c'est qu'en revanche si vous observez le résultat des élections vous avez quand même une révolte je disais des modérés et moi j'ai le sentiment celui-là où je vois que c'est pas totalement un échec comme vous le disiez
qui sont les modérés
pas les modérés c'est-à-dire plutôt des gens qui ont une conception de la politique qui se situe pas dans les partis anti-système de certaine manière et c'est aussi pour ça que ces municipales on va voir si c'est une exception une parenthèse qui est tout à fait probable d'ailleurs dans la perspective de la prochaine présidentielle mais on a le sentiment que les électeurs de gauche ou de droite qui ont une conception de la démocratie et qui sont justes et bien finalement c'est eux c'est ces partis c'est ces candidats qui ont quand même largement dominé ces élections donc attention aussi aux petites loupes médiatiques où on insiste sur quelques cas et encore une fois on parle de 35 000 communes et on parle de plusieurs milliers de communes de plus de 10 000 habitants donc attention à ne pas aussi surinterpréter en revanche ce qui est le cas c'est-à-dire le fait que globalement les élections municipales se sont bien passées globalement l'esprit républicain a été respecté sur autour 80% 90% des mairies mais en revanche ça n'exclut pas ce fait qu'il y a une brutalisation du discours général parce qu'à la télévision c'est de la brutalisation en permanence et à ce titre-là qu'il y ait des conséquences des réseaux sociaux de la télévision de chaîne d'information en continue dans la vie réelle il ne faut pas s'en étonner évidemment entre le spectacle navrant que peut donner la politique et le je dirais le hijacking du diagnostic par les métropoles ça ressemble de plus en plus vous savez à la phrase de Jérôme Fourquet qui dit que la politique c'est un théâtre dont la salle est en train de se vider de ses spectateurs et d'ailleurs il y a une chose qui m'a marquée c'est les audiences TF1 a réalisé pour cette soirée électorale 8 à 10 points de moins qu'un dimanche normal sur TF1 pareil sur France 2 je crois que dès la publication des résultats les audiences ont chuté de moitié alors la question qui se pose c'est est-ce que c'est juste que les gens s'en détournent parce qu'ils ne sont pas intéressés par la façon dont tout cela est traité et désolés par le spectacle que la politique donne est-ce que c'est aussi que justement comme ils n'ont pas l'impression que leurs enjeux à eux sont représentés ils vont plutôt sur les réseaux sociaux et là on va reboucler avec la problématique de brutalisation parce que bien entendu que le fonctionnement algorithmique on le connaît aujourd'hui il pousse les feux des affects des bulles d'affinité etc et il fait qu'il y a un fonctionnement de brutalisation qui est évidente mais ça je dirais que c'est la chose que moi je retiendrais c'est cette espèce de grand détournement de l'attention et de l'affection vis-à-vis de la politique
S'il y a plusieurs
candidats de droite au premier tour il n'y en aura aucun au second donc je vais me battre inlassablement pour essayer de dire à tout le monde il faut se mettre ensemble il faut discuter on a plus en commun que ce qu'on a de différent je prends une droite qui est un peu plus centriste comme Edouard Philippe je prends une droite qui est un peu plus dure comme Sarah Knafo moi j'assume de vouloir remettre ensemble vous savez d'où ça allait quand c'était Nicolas Sarkozy on allait de Jean-Louis Borloo jusqu'à Philippe Devilliers et puis on a pris l'habitude de se dire en politique maintenant on va plus que travailler avec des clones si tu n'as pas exactement les mêmes idées que moi tu m'es insupportable et je ne peux pas travailler avec ton je veux lutter contre ça
Laurent Wauquiez qui appelle à une primaire de la droite d'Edouard Philippe à Sarah Knafo c'était sur RTL le mardi 24 mars est-ce que ce scrutin peut être considéré à celui des élections municipales comme un avant-goût de l'union des droites de la part des appareils ou des électeurs Youssef Swidi alors je voulais juste rebondir
sur le dossier Vincent Martini sur les moments de communion républicaine et que lorsque l'élection était tranchée ces manifestations enfin la conflictualité diminuait déjà pour le cas du Blanc-Ménil Thierry Magnan n'était plus maire en réalité il est sénateur premier adjoint et il s'est arrogé le droit d'annoncer les résultats en expliquant qu'ils étaient entachés d'irrégularité donc en fait l'élection lui-même ne la tranchait pas tout à fait ensuite sur la droite on a écouté Laurent Wauquiez mais c'est vrai que le débat qu'il y a eu dans l'entre-deux-tours c'était plutôt de savoir si le RN était définitivement un parti de droite et tendait la main à la droite c'est la ligne de Jordan Bardella ou si ligne de Marine Le Pen on était plutôt je ne sais pas comment elle appelle ça peut-être une sorte de populisme ni droite ni gauche on va brasser
surtout pas de droite en tout cas selon elle
mais c'est vrai que quand avec mon co-auteur Thomas Wonderscher on a regardé les résultats en fonction du niveau de vie pour le Rassemblement National c'est vraiment dans les catégories les plus favorisées qu'il y a des marges et les catégories favorisées c'est justement là où la droite est la plus forte et c'est vrai qu'on peut voir à quel point la tentation quand on voit ces chiffres peut être grande de donner la main à la droite pour conquérir justement cet électorat au niveau de vie
Vincent Martigny est-ce qu'on a vu dans les urnes les électorats se ressembler finalement sur les candidats se porter sur les mêmes candidats quand il y avait des desistes
oui attention c'est pas d'aujourd'hui qu'il y ait un rapprochement idéologique entre les électeurs LR et les électeurs d'extrême droite pour le dire comme ça c'est une évidence et c'est une évidence qu'on observe nous au Sévipof dans les enquêtes valeurs et fractures françaises depuis quand même assez longtemps donc faut pas on s'est pas réveillé ce matin c'est pas parce qu'on en parle aujourd'hui c'est dans les discours
que ça c'est
non c'est tout simplement quand vous faites une enquête sur les valeurs des individus et bien ça fait presque une décennie que sur les questions dites régaliennes c'est à dire l'immigration la sécurité bon bah vous avez une convergence très forte respect des valeurs traditionnelles aussi convergence très forte entre les électeurs de droite traditionnelle et les électeurs d'extrême droite ils pensent globalement la même chose jusqu'à présent l'économie les séparait c'est à dire que en gros pour le dire comme ça les électeurs LR étaient plus libéraux que les électeurs RN et puis aussi il y avait un gap social c'était souvent des électeurs plus fortunés de classes sociales plus élevées qui continuaient de voter LR et qui en gros se mélangeaient pas avec ce qui leur apparaissait comme des gens plus défavorisés sur le plan social ce qui est quand même je crois assez nouveau c'est quand même le fait que l'union elle est en train de se faire par la base ça c'est une évidence et que là c'est là où LFI a joué un rôle très important dans ces municipales c'est à dire que vous savez on a vu que les listes PS et LFI perdaient donc le premier réflexe ça a été de dire oui mais c'est parce que les électeurs socio-démocrates ont refusé de s'allier avec LFI en réalité c'est pas du tout ce qui s'est passé les électeurs socio-démocrates ont voté à peu près à l'identique pour les listes communes par rapport aux listes précédentes vous le voyez à Toulouse vous l'avez vu à Clermont-Ferrand vous l'avez vu dans des villes comme Nantes mais en revanche ce qui se joue c'est une sur-mobilisation de la droite et d'extrême droite qui là viennent j'allais dire au secours des candidats de droite et d'extrême droite pour éviter à tout prix qu'une liste composée de membres de la France insoumise puisse se poser ce qui est intéressant c'est qu'avant il y avait déjà un rapprochement idéologique mais maintenant on est en train de mettre en place l'ennemi commun et quand l'ennemi commun sur le même modèle que l'antifascisme à gauche c'est de dire LFI c'est le pire et que c'est répété toute la journée par M.
Retailleau M. Wauquiez Mme Le Pen M. Bardella et consorts et bien vous avez là tout ce qu'il faut pour à la fois mobiliser une base et désigner l'ennemi commun dans ces cas là les désistements mutuels sont possibles encore une fois ça ne veut pas dire sur des enjeux qui sont un peu différents mais ça veut dire que là on est sur une nouvelle étape de ce rapprochement entre la droite et l'extrême droite
Anne Rosanchard j'aimerais qu'on dise aussi un mot du centre
moi je pense qu'il faut d'abord regarder ce qui se passe avec le RN qui n'arrête pas de monter et de gonfler on est parti dès le début de cette émission sur ce qu'a fait en fait le front républicain la politique française ces dernières décennies ce qu'elle a fait c'est qu'elle a rendu à peu près tout le monde très flémard parce que les partis traditionnels se reposaient sur ce front républicain pour l'emporter en gros face à des candidats RN notamment à la présidentielle mais aussi aux législatives etc le seul parti qui ne pouvait pas compter sur le front républicain s'appelle le RN et donc depuis des décennies ce qu'il fait c'est que de façon très démagogique en ne s'accommandant pas d'une stabilité on va dire dans le temps il change son discours un petit peu par itération pour essayer de rencontrer un diagnostic majoritaire notamment dans cette France hors des métropoles dont on a parlé au début et aujourd'hui grosso modo il l'a s'il n'avait pas des représentants aussi mauvais jusqu'à maintenant Marine Le Pen a été une très mauvaise candidate en plus elle a hérité du nom de Le Pen qui est quand même un nom entaché dans l'histoire de France de beaucoup de l'esté de l'extrême droite etc je pense qu'elle l'aurait déjà emporté en termes de diagnostic dans les urnes en termes de poids dans les urnes mais simplement la France à chaque fois et on l'a vu encore aux dernières législatives dit non on confie pas les clés du camion comme ça ça nous fait peur néanmoins aujourd'hui c'est une force électorale extrêmement de diagnostic et de discours extrêmement forte la question désormais c'est en effet est-ce que ce sont les électeurs républicains qui s'y agrègent en se disant que finalement ça n'est plus que par là que viendra leur accession au pouvoir mais ce sera pas par les partis moi je crois pas du tout que l'alliance des partis va donner le ton
donc vous ne croyez pas à ce qu'on vient d'entendre chez Laurent Wauquiez qui tend la main jusqu'à Sarah Knafo on a l'impression en effet à l'aune de ce que vient de nous dire Anne-Rodon chère Magali Lafourcade que LR est peut-être la petite force pivot dans les élections qui se profilent en vue de l'année prochaine on a vu c'est David Lissnard qui quitte le parti en même temps Agnès Pannier-Runacher une ancienne ministre d'Emmanuel Macron qui dit mes bornes vont de Xavier Bertrand à Raphaël Glucksmann donc est-ce que ça ça ne joue pas aussi le jeu de ce que Marine Le Pen a toujours appelé l'UMPS ou au contraire il faut que ces centres-là s'unissent comme ils l'ont fait d'ailleurs en travaillant avec Emmanuel Macron à votre avis
c'est là où on voit que le mouvement de recomposition de reconfiguration n'est pas fini on a un peu l'impression à la lecture des municipales avec toutes les réserves qui ont été rappelées par Anne Rosanchère qu'on a une reprise du clivage gauche-droite laissé des extrêmes et donc on est moins dans le paysage issu des législatives de 2024 d'une tripartition de la vie publique avec un centre qui a un peu survolé ces élections et donc je crois que ce qui va se jouer là c'est aussi la bataille des sénatoriales où ce que vise le Rassemblement National c'est d'avoir un groupe pour l'instant il n'a que 3 sénateurs il en faut 7 et on va voir aussi il en faut 10 en tout voilà et on va voir si derrière tous ces conseillers au-delà des conseillers revendiqués avec l'étiquette RN on va voir si d'autres conseillers municipaux poussent pour ce groupe au Sénat et donc fait qu'il y aurait une installation parce que les équilibres au Sénat sont particuliers qu'il y aurait une installation durable dans le paysage politique du Rassemblement National dans les institutions et donc on voit la fluidité des électeurs et on voit bien aussi que les partis politiques sont particulièrement opportunistes donc ils feront les choses quand les réalités institutionnelles et les lignes de fractures auront clarifié les situations mais il y a quelque chose moi qui je voudrais juste mettre dans le débat sur un mouvement qui m'a assez intéressée c'est Sarah Knafou à Paris parce qu'elle a eu un résultat de 10% qui est quand même très élevé quand on regarde celui de Thierry Mariani qui était 1,61% c'est très inattendu compte tenu de la sociologie de Paris ce qu'on disait sur les métropoles et certains s'interrogent pour savoir si ces publications sur les réseaux sociaux n'auraient pas été poussées par des techniques peut-être artificielles ou pas des algorithmes puisqu'elle a cumulé 24 millions de vues entre janvier et février sur ses publications politiques quand Rachida Dati elle, elle plafonnait à 4,4 millions alors qu'elles ont un nombre équivalent d'abonnés donc c'est impossible à vérifier parce qu'il faudrait faire un audit de réseaux qui refusent la transparence mais c'est pas inintéressant sur ce qui peut être encore plus accentué dans les années à venir c'est-à-dire peut-être le phénomène qu'on a vu en Roumanie par exemple l'astro-turfing sur ce sujet de Sarak Tafo qui est intéressant quand même c'est que surtout je crois que la grande information sur Sarak Tafo c'est que quand vous regardez les reports de voix de Sarak Tafo vers Dati ils sont très très élevés ce qui est intéressant c'est qu'il y a beaucoup plus de fluidité entre l'extrême droite et la droite classique dans ce cas-là que entre le centre et la droite puisqu'on sait que les électeurs de Pierre-Yves Bournazel peut-être aussi mais c'est Paris
est-ce que ce serait la même chose au niveau national c'est difficile à dire
en tout cas ce qu'on constate c'est qu'il y a à mon avis une union progressive ou en tout cas une tentation de l'union par la base entre droite et extrême droite mais que c'est presque les centristes qui résistent
d'un mot Yousaf Soudi puisqu'ensuite on part sur votre
coup de cœur je suis tout à fait d'accord avec Anne Rosencher qui disait que l'union par la base elle s'est déjà faite quand on regarde les barrages républicains on voit que le parti LR est celui qui en profite le plus et qui contribue le moins c'est quand même reconquête en réalité par rapport au score d'Éric Zemmour elle fait à peu près la même chose en 2022 à la présidentielle à Paris oui et l'extrême droite reconquête est différente de celle du RN le RN très fort dans les classes moyennes alors que celui de reconquête c'est très très croissant avec le niveau de vie
merci infiniment à tous les quatre on aurait pu poursuivre ce débat encore longtemps mais il est déjà l'heure de vos coups de cœur Anne Rosencher directrice déléguée de la rédaction de l'Express
alors moi j'ai eu la chance de voir dans la tournée d'avant première le film d'Éric Toledano et Olivier Nakache s'appelle Juste une illusion qui va paraître le 14 avril qui est sur voilà l'histoire d'un jeune qui est adolescent qui rentre dans l'adolescence dans une histoire d'amour une comédie une comédie très bien on en a bien besoin en banlieue parisienne qui reconstitue un monde englouti des cadres des parents c'est absolument magnifique on en a besoin allez-y
14 avril merci beaucoup Magali Lafourcade présidente de l'Institut français des droits et libertés vous venez de publier la justice en procès les populistes à l'assaut de l'état de droit aux éditions les petits matins
moi mon coup de coeur c'est un roman qui est une utopie réaliste de Adrien Clint qui s'appelle Paresse pour tous qui résonne un peu avec les 35 heures mais là c'est la France qui passe aux 15 heures par semaine et qui décide de renverser la problématique où le travail productif est résiduel dans la vie par contre tout ce qui se passe autour est assez extraordinaire en termes de citoyenneté de démocratie de cultiver son potager
Vincent Martini historien et politologue professeur de sciences politiques à l'université de Nice et à l'école polytechnique chercheur au Cevipof et je cite bien sûr le 1 le numéro consacré au gauche qui sera en kiosque ce mercredi auquel vous avez participé il y a d'ailleurs un très beau texte de Lionel Jospin que j'ai pu lire grâce à vous
2 très rapidement La Grazia le film de Paolo Siorantino qui est sorti il y a quelques semaines dans lequel Mariano De Santis un président de la république fait face à une crise morale doit-il gracier de condamner doit-il signer cette loi qui permet de choisir la fin de sa vie c'est un film absolument magnifique parce que ça cumule les deux passions de Siorantino d'abord l'esthétique incroyable de son cinéma mais aussi la politique italienne qui est plus passionnante que jamais lorsqu'on veut observer ce qui pourrait arriver demain en France et puis rapidement une pièce de théâtre au théâtre du Splendide Le procès d'une vie une fiction historique qui rend hommage à Gisèle Halimi à travers du procès de Bobigny librement inspiré de son livre Le procès de Bobigny choisir la cause des femmes vous pouvez y aller c'est tous les jours au théâtre du Splendide
Merci beaucoup pour ces deux coups de coeur à vous Youssef Swidi docteur en économie spécialiste dans les statistiques appliquées aux phénomènes sociaux co-auteur de Nouvelle cartographie électorale de la France chez Textuel
Deux recommandations donc très vite Normalement c'est pas homologué
mais bon notre cerveau
sous influence de Nadia Gherouaou aux éditions Erol qui revient sur les évolutions récentes de l'IA et de ce qui peut nous attendre notamment elle prend l'exemple des filtres vocaux qui pourraient être mis en place notamment à la radio et on n'entendrait plus les échouffourés entre Bertrand Baddy et Thomas Godard Thomas Godard pardon et le deuxième spectacle misanthropie en scène par Tigran Mekitarian qui est un spécialiste de l'actualisation des pièces du répertoire classique c'est de fâcher avec le théâtre Allez-y et dans ces pièces vous verrez notamment Oronde Slamet à Saunet ou Alceste arrivé en scooter
C'est dans quel théâtre ?
Théâtre Antoine
à Paris toujours bien précisé pour nos auditeurs qui n'habitent pas la capitale merci infiniment à tous les quatre moi mon coup de coeur c'était un débat c'est très France Culture question du soir de Quentin Lafemme et je vous le recommande pour prolonger ce qu'on vient de se dire la France Insoumise a-t-elle raison d'occuper le terrain identitaire c'était jeudi et c'est disponible sur la chaîne YouTube de France Culture dans question du soir merci à très vite sur France Culture merci à vous de nous avoir suivis cette émission comme toutes les autres de l'esprit public est disponible sur le site et l'application de Radio France