Présidentielle 2022 : l'écologiste Sandrine Rousseau appelle les Français à se mobiliser pour la primaire EE-LV
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sandrine Rousseau, vous êtes donc candidate à la primaire écologiste qui aura lieu en septembre. Vous êtes quatre avec l'eurodéputé Yannick Jadot, Éric Piolle, le maire de Grenoble et la députée ancienne ministre Delphine Bateau. C'est une primaire ouverte, ça veut dire que tout le monde pourra aller voter honnêtement. Vu l'abstention des derniers scrutins, est-ce que vous pensez que ça va mobiliser les foules ?
J'espère que ça mobilisera en tous les cas les personnes qui sont intéressées par savoir quelle écologie on porte, comment on la porte et qui l'incarne. En l'occurrence c'est une primaire qui est ouverte à toute personne de plus de 16 ans, donc on a ouvert le vote dès 16 ans. Il suffit juste de s'inscrire en ligne sur lesécologistes.fr et vraiment mobilisez-vous parce que la primaire a des défauts comme processus de désignation, mais ça a quand même un avantage, c'est qu'on demande aux citoyens et citoyennes qui le souhaitent, de choisir la personne qui incarnera le mieux les idées de l'écologie. Les inscriptions sont ouvertes ?
Les inscriptions sont ouvertes et elles sont ouvertes jusqu'au 12 septembre, mais dépêchez-vous, faites-le dès maintenant, ça sera fait.
Combien d'inscrits aujourd'hui ?
Je n'ai pas les derniers chiffres, mais visiblement il y aurait une 15 000 à peu près inscrits, ce qui n'est pas du tout suffisant, donc venez vraiment nombreux et nombreuses. Comment vous vous positionnez-vous dans cette primaire par rapport aux autres, aux trois autres ? Moi je porte une écologie qui est une écologie sociale, une écologie populaire, une écologie de protection, je porte une écologie qui s'intéresse autant aux ouvriers de l'amiante, victimes de l'amiante qu'aux personnes qui multiplient les emplois et qui ont des horaires décalés, aux mamans solos qui ont des trajets à faire importants.
Et moi je voudrais porter une écologie inclusive, vraiment, qui aille au-delà du périphérique, qui prenne aussi les quartiers populaires et qui embarque en fait dans cette espèce de dynamique écologiste, mais vraiment tout le monde pour qu'on puisse trouver des solutions ensemble et qu'on travaille sur un avenir qui nous protège, un avenir serein, un avenir même enthousiasmant, puisque l'idée c'est quand même de retrouver le sens du commun, ce qu'on a un tout petit peu perdu ces derniers jours et ces derniers temps. Et donc voilà, moi je pense que l'écologie c'est profondément une forme d'utopie réaliste, c'est-à-dire comment on invente une nouvelle société.
Parce que ça n'est pas juste, on limite des comportements, c'est comment on invente une autre manière d'être ensemble, une autre manière de consommer, une autre manière de produire, une autre manière de s'émanciper, une autre manière d'avoir accès à la culture, une autre manière de bénéficier de services publics, de services de protection, de santé partout, partout sur l'ensemble du territoire. Mais ça c'est une écologie enthousiasmante. Est-ce que c'est entendable ça aujourd'hui ? C'est non seulement entendable, mais il nous faut absolument le faire. Enfin on voit que les catastrophes écologiques partout se multiplient.
Et si on laisse ça s'installer, ça veut dire que notre avenir n'est fait que d'aléas, de catastrophes possibles, de choses ingérables. Et on a les clés aujourd'hui. On peut le faire. On a même la responsabilité de le faire pour nos enfants. Mais ce qu'il y a vraiment d'enthousiasme, c'est que ce que l'on peut faire, c'est aussi changer profondément notre société, faire en sorte que l'égalité soit le moteur de ce nouveau projet, faire en sorte que la protection soit le moteur, faire en sorte que l'on arrête d'essayer de courir après de multiples consommations que l'on accumule comme ça, mais qu'on retrouve le sens de l'émancipation, de la créativité, de la création de la culture.
On va venir à la consommation, puisqu'on va parler du jour du dépassement. Mais toujours sur cette primaire quand même, Éric Piolle, le maire de Grenoble, c'est celui qui a réuni le plus grand nombre de parrainages. C'est lui aujourd'hui qui fait la course en tête devant vous et devant les deux autres candidats ?
Quand on parle de parrainage, on parle de parrainage du Conseil fédéral d'Europe Écologie.
Donc c'est très restreint.
Qui contient 120 personnes, qui est issu du dernier congrès. C'est le candidat de la direction ? C'est le candidat de la direction ? En tous les cas, c'est un candidat qui est porté par une partie de la direction, c'est clair. Mais je ne pense pas que ce soit un gage de réussite systématique à Europe Écologie. Et dans le pôle écologiste d'une manière générale. Parce que sinon, je pense qu'on aurait eu d'autres candidats lors des dernières élections. On aurait sans doute eu Nicolas Hulot plutôt qu'Eva Joly, Cécile Duflo plutôt que Yannick Jadot. Donc je pense que vraiment, là, rien n'est fait. Personne aujourd'hui, je pense, ne peut dire qu'il gagnera assez.
Même s'il n'y a que 15 000 inscrits ? Vous regrettez que les inscriptions n'aient pas eu lieu avant, par exemple ?
Mais c'est ouvert depuis 5 jours, les inscriptions.
Oui, mais justement, vous regrettez que ce n'ait pas été ouvert depuis...
Moi, je pense qu'on aurait dû ouvrir les inscriptions dès le mois de mars, oui. Mais bon, de fait, ça n'a pas été possible. Et je ne veux pas revenir en arrière. Là, il y a une possibilité pendant les vacances. Et vous qui profitez de ces vacances, peut-être pour vous reconnecter à la nature, retrouver le sens aussi de la beauté d'un paysage, de la beauté d'une promenade en forêt ou d'un bord de mer. Mais aussi, toutes les personnes qui, malheureusement, ne peuvent pas partir en vacances et qui rêvent d'y aller, c'est le moment de vous mobiliser et de vous dire mais quelle écologie on veut. et puis de s'inscrire et de venir faire de la politique avec nous.
Parce que ça aussi, c'est quelque chose que j'ai porté fortement. Est-ce que quand vous dites l'écologie, ce n'est pas des hommes blancs à vélo dans les villes, qui vous visez ? Éric Piolle, justement, Yannick Jadot ?
Je ne vise personne, je vise un cliché. Si aujourd'hui, je vous parle d'écologie, le cliché qui vous vient, c'est un homme blanc à vélo.
Est-ce que Europe, écologie, les verts, il y a une part de cliché ? Est-ce que c'est ça que vous dites ?
Je pense qu'aujourd'hui, on doit aller au-delà du périphérique. Oui, et je pense que notre cœur électoral aujourd'hui, c'est les centres-villes et c'est des personnes qui, en effet, utilisent le vélo. Et c'est très bien, utilisons le vélo dans les centres-villes, parfait. Mais sauf que quand on est maman solo, quand on est ouvrier et qu'on a des horaires décalés, quand on est employé à domicile et que l'on cumule les employeurs, quand on est même hôtesse de caisse et qu'on commence très tôt le matin, qu'on a des pauses de 4 heures et qu'on doit repartir après, tout cela n'est pas possible à vélo.
Et donc, ce que je veux dire par là, c'est que c'est un projet social, c'est un projet sociétal et c'est un projet qui révolutionne finalement notre structure sociale. Est-ce que ça veut dire que votre parti s'est embourgeoisé, en quelque sorte ? Je ne sais pas si mon parti s'est embourgeoisé, mais je pense qu'en tous les cas, il ne faut pas qu'il le fasse. Et c'est aussi un des petits dangers, à mon sens, de l'écologie, que de parler à des gens qui, en effet, ont la possibilité de faire des choix. Les autres candidats ne portent pas cette écologie sociale ?
C'est ça que le truc de l'écologie, c'est que si vous avez la possibilité de faire les choix, alors on renvoie ça à une forme de responsabilité individuelle. C'est-à-dire que c'est à vous de choisir le comportement qui est écologiquement soutenable. Mais il y a plein de personnes qui n'ont pas le choix. Et ce que je porte, en tous les cas, dans cette primaire, c'est de tendre la main à ces personnes et de leur dire mais venez, venez faire de la politique avec nous et venez faire en sorte que vous puissiez bénéficier d'un revenu d'existence qui vous permette de ne pas tomber dans la grande pauvreté. et venez faire en sorte que l'on redessine les services publics.
Venez avec moi faire en sorte que l'on dessine ce qu'est une santé qui protège partout sur le territoire. Que vous ne soyez pas à des kilomètres du premier médecin ou du premier hôpital et travaillons ensemble à une France résistante. Ce projet-là, vos adversaires, vos concurrents ne le portent pas ? Ce projet de l'écologie sociale ? Dans tous les cas, je le porte très fortement et pour l'instant, je ne l'ai pas entendu aussi fortement dans la bouche de mes concurrents. Mais ceci dit, c'est aussi ça la primaire, c'est faire en sorte qu'il y ait un débat d'idées. C'est faire en sorte qu'on... Avec un tronc commun quand même ? Ah ben heureusement !
Heureusement qu'il y a un tronc commun parce qu'on partage les mêmes valeurs et surtout on partage l'urgence de l'écologie. Là, si on suit les experts et on voit que le groupement international des experts sur le climat logique va sortir son rapport. Ce rapport est alarmant. On va en parler, Sandrine Rousseau. C'est alarmant.
On en parle dans une minute parce qu'il est 8h40 et c'est le temps d'un passage par le fil info et c'est avec Olivia Chandiou.
Ce n'est pas le résultat espéré mais il y a une médaille à aller chercher. Teddy Rina réagit sur Twitter ce matin après son élimination à Tokyo. En quart de finale, le double champion olympique de judo battu par le russe, numéro 1 mondial, Bachayef. Le bronze est possible pour le français s'il s'impose au repêchage. Tout à l'heure, chez les femmes, on peut encore croire à la médaille d'or. Romandico se qualifie en demi-finale chez les plus de 78 kilos. Une enquête pour homicide involontaire ouverte à Paris après un accident de la route. Hier soir, une voiture a percuté la terrasse d'un café du 17e arrondissement. Bilan, un mort et un blessé grave.
Le passager du véhicule, le conducteur, lui, a pris la fuite. Un confinement partiel doublé d'un couvre-feu strict entre 18h et 5h du matin. À la Réunion, il est mis en place dès ce week-end pour freiner la quatrième vague de l'épidémie. Et puis un rebond de 0,9% pour le produit intérieur brut français. Au deuxième trimestre, il se rapproche de son niveau d'avant-crise. Le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, salue ce matin sur France Inter, une performance exceptionnelle de l'économie française.
Et nous sommes toujours avec Sandrine Rousseau, candidate d'Europe Écologie-Les Verts à la primaire en vue de la présidentielle. Vous évoquiez, Sandrine Rousseau, il y a un instant, l'urgence écologique. Hier, 29 juillet, c'était ce qu'on appelle le jour du dépassement aujourd'hui. Et jusqu'au 31 décembre, on va consommer plus de ressources naturelles que ce que la terre peut produire naturellement. Qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ?
Il faut vraiment diminuer nos émissions de carbone. Il faut vraiment diminuer notre volume de consommation et notre volume de production.
Donc ça passe par la décroissance ?
Ce n'est pas une question de décroissance. C'est une question de changement de manière de consommer. C'est-à-dire que vous pouvez consommer autant que vous voulez du théâtre et du sport et vous pouvez consommer autant que vous voulez des activités qui ne dépensent pas de carbone. Par contre, vous ne pouvez pas accumuler les téléphones, accumuler les biens de consommation. C'est un sport de décroissance. Aujourd'hui, on est dans une société qui prend, utilise et jette immédiatement. C'est ça qu'on doit changer. C'est-à-dire que là, on ne peut plus rester dans une société qui prend, utilise et jette.
En quelques minutes, en quelques secondes, cela, ça détruit la planète, mais ça détruit l'avenir de nos enfants. Et encore une fois, ce ne sont pas des efforts considérables. Par contre, ce sont des efforts à mener. Oui, il y a des efforts à mener. Mais ce sont des efforts qui, finalement, nous conduisent vers une société qui nous émancipe, où on se sort d'une espèce d'aliénation de la consommation. Mais vive cette société, vivement qu'elle arrive, parce qu'on sera plus heureux dans cette société que l'on est aujourd'hui, à courir après le dernier bidule à acheter. Si vous êtes élue présidente, pour consommer moins, quelle est la première mesure que vous prenez ?
La chose qui nous met le plus en danger aujourd'hui en France, enfin dans le monde, la chose qui nous met le plus en danger, mais vraiment, qui est extrêmement dangereuse pour notre vie même sur Terre, c'est le carbone. Aujourd'hui, le carbone n'est ni régulé, ni payant. C'est-à-dire que vous pouvez émettre du carbone autant qu'il vous plaira, vous n'aurez aucune espèce de limite. Là, on ne peut pas continuer comme ça. C'est impossible. Donc oui, le carbone doit coûter cher.
Les cimentiers, les totales, tout ça, qui consomment énormément de carbone, qui nous mettent en danger de manière imminente sur Terre, on doit absolument faire en sorte que toute émission de carbone qu'il génère soit payante, et soit payante à un prix élevé. On ne peut pas laisser ce qui nous laisse le plus en danger sans aucune régulation. Cela n'est plus possible aujourd'hui. Encore une fois, ça ne veut pas dire qu'on revienne dans des temps qui soient des temps de bougie. On invente juste une société qui soit une société de coopération, de solidarité, où on crée des choses localement.
Récemment, le président de la République était à Papette et au micro de France Info, il a vanté cette énergie décarbonée qui est le nucléaire, qui est l'énergie historique de la France. Après tout, est-ce qu'il n'a pas raison, le président de la République ?
Le nucléaire ne nous conduit pas à revoir nos modes de consommation. Le nucléaire, c'est toujours plus d'électricité. Là, il nous faut diminuer la quantité d'électricité. Parce qu'avec l'électricité que vous consommez, vous utilisez des objets qui eux-mêmes consomment du carbone. Donc aujourd'hui, la question, c'est comment on diminue la quantité d'électricité que l'on produit. Le nucléaire ne nous permet pas de faire ça. Et par ailleurs, le nucléaire aujourd'hui va nécessiter des investissements tout à fait massifs pour prolonger la durée de vie des centrales qui sont au bord de rivières, qui subissent les sécheresses et qui donc nous mettent encore une fois dans des situations critiques.
Aujourd'hui, nous devons constituer une société de résistance. On l'a vu dans la crise du Covid. Si nous ne construisons pas notre résistance, alors nous sommes dans une situation où nous ne savons pas gérer les crises qui arrivent.
Sandrine Rousseau, l'urgence, elle est effectivement aussi sanitaire, le pass sanitaire. Il devrait être obligatoire à partir du 9 août si le Conseil constitutionnel le valide. Est-ce que vous y voyez aussi, comme des élus de gauche qui ont saisi le Conseil constitutionnel, une atteinte aux libertés ?
Le pass sanitaire est une atteinte aux libertés, oui. Par contre, la vaccination est absolument indispensable. La santé est un bien commun. Et donc, on a tous et toutes une responsabilité pour garantir ce bien commun. Et ça passe par la vaccination. Je me suis fait vacciner dès le premier jour où cela a été possible. Et donc, vraiment, allez vous faire vacciner. C'est indispensable. Surtout si vous êtes en bonne santé. Parce que si vous êtes en bonne santé, alors vous protégez des personnes qui sont plus fragiles.
Mais si l'incitation ne marche pas suffisamment, qu'est-ce qu'on fait ?
Aujourd'hui, on n'a pas fait en sorte qu'elles puissent marcher. Pourquoi ? On n'a pas mis les moyens qui permettent de faire en sorte qu'elles marchent. On n'est pas allé vers les personnes qui ne peuvent pas se déplacer. On n'est pas allé dans les quartiers où il y a le moins de vaccination. On n'a pas développé toute la pédagogie et la convivialité qui leur auraient été nécessaires pour que les personnes soient convaincues de la nécessité de se faire vacciner. Il y a plein d'étudiants qui manquent d'emplois étudiants. Je propose qu'on fasse un plan d'emplois étudiants massif pour aller partout, convaincre les personnes de se faire vacciner, les emmener vers les centres de vaccination.
Aujourd'hui, pour aller dans un centre de vaccination, il faut avoir Internet, maîtriser Doctolib, pouvoir se déplacer. Il y a plein de personnes qui ne peuvent pas le faire. Ça, ça fait 7 mois qu'on le dit, Sandrine Rousseau. Visiblement, ça n'a pas suffi. Non, il n'y a pas eu de plan pour aller vers les personnes les plus fragiles depuis le début de ce Covid. Depuis mars, il y a un an et demi, il n'y a pas eu de plan pour aller vers les personnes les plus fragiles. Aujourd'hui, c'est elles qui ne se vaccinent pas. Donc, ça n'est pas en transformant chaque Français, chaque restaurateur en une espèce de contrôleur du comportement de l'autre que l'on arrivera.
On est dans une overdose d'autoritarisme et je pense que, précisément, cette crise doit nous renseigner sur ce qu'il ne faut pas faire et ce qu'il ne faut pas faire, ça n'est pas à gérer à coups.
D'un petit mot, vous le savez, vous le savez mieux que quiconque. Chez les Verts, il y a une petite tradition d'anti-vaccins. Il y a effectivement des leaders Verts qui sont contre le principe des vaccins. Aujourd'hui, vous dites que c'est une position vraiment dangereuse de leur part ?
Oui, oui, oui. On doit se faire vacciner. On doit se faire vacciner. Et plus on est en bonne santé, plus on a cette responsabilité que de protéger celles et ceux qui ne le peuvent pas. Il y a des personnes, aujourd'hui, qui sont en chimio, qui souffrent de cette chimio. Évidemment que nous, nous devons nous faire vacciner pour les protéger. Les personnes en dialyse, pareil, toutes les personnes qui ont des maladies chroniques très graves et que l'on doit protéger. C'est notre responsabilité de personnes en bonne santé. Vraiment, vraiment, vraiment.
Sandrine Rousseau, ça n'a rien à voir. C'est un sujet également grave. Vous avez créé une association en 2017 qui s'appelle En Parler, une association d'entraide entre victimes de violences sexuelles. Hier, les dernières statistiques sont tombées. En juin 2021, les violences sexuelles ont augmenté de 15% par rapport à il y a un an. Finalement, rien ne change jamais.
Rien ne change tant qu'il n'y a pas la volonté politique que ça change.
Il n'y a pas de volonté politique dans le domaine. Il n'y a aucune volonté politique. Il y a eu un Grenelle. Oui,
il y a des Grenelles, il y a des conférences, il y a des conventions citoyennes. Je pense que tous les mots possibles de la concertation ont été utilisés par ce gouvernement, mais jamais ça n'a été transformé en politique publique. Il y a eu des bracelets anti-éloignement qui sont très peu utilisés et par ailleurs, ça ne s'adresse pas aux violences sexuelles. Les bracelets anti-éloignement, c'est sur les violences conjugales. C'est un autre sujet. C'est un sujet important et il faut développer. Il peut y avoir des violences sexuelles. Mais par exemple, l'Espagne a bien plus de bracelets anti-rapprochement, a un suivi bien plus important que la France là-dessus.
Sur les violences sexuelles, je le dis ici tranquillement, mais on ne peut pas avancer tant qu'on n'aura pas un message extrêmement fort du gouvernement de volonté, de lutte contre ces violences sexuelles. Ce n'est pas Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti qui vont nous le donner, ce message. Or, on en a besoin aujourd'hui. Et on a besoin aussi de mettre de l'argent sur cette dimension-là.
Vraiment d'un mot. Vous, d'ailleurs, ceux qui vous distinguent notamment de Yannick Jadot ou d'Éric Piolle, c'est que vous faites du féminisme un combat qui est égal à la lutte pour l'environnement.
Oui, parce que je pense qu'il n'y a pas de société écologique, il n'y a pas de protection de notre avenir, il n'y a pas de protection de nos enfants, de la planète, sans une refonte profonde de nos rapports entre hommes et femmes. Sandrine Rousseau,
candidate à la primaire d'Europe Écologie Les Verts en vue de l'élection présidentielle, primaire qui a lieu en septembre et les inscriptions sont ouvertes. Tout le monde peut voter. Merci beaucoup.
Sandrine Rousseau