Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationSébastien Gobert· 21 août 2025 13 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Quelles garanties de sécurité pour l'Ukraine?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 60 %Défensif 40 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On est toujours dans le flou quant aux prochaines étapes de la séquence diplomatique initiée par l'administration Trump pour mettre un terme à la guerre russe contre l'Ukraine. Et en premier lieu, on ne sait toujours pas si la rencontre entre Vladimir Poutine et Volodimir Zelenski aura bien lieu puisqu'on a aucune confirmation de la partie russe. Mais d'ors et déjà, on sent que les équipes en Ukraine, dans les chancelleries européennes et à Washington s'activent pour définir les contours de garantie de sécurité pour l'Ukraine.

Alors, explorons ça ensemble. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on essaie de se projeter ensemble sur des scénarios de fin de conflit, même si comme j'ai indiqué dans mes précédentes vidéos, il y a de fortes chances que cette séquence diplomatique n'aboutisse pas ou en tout cas n'aboutisse pas à quelque chose de global. Peut-être que ça va déboucher sur des accords techniques, sur des sujets très ciblés, mais peut-être pas sur un accord global qui puisse assurer une paix durable et potentiellement juste.

Alors, d'abord la garantie de sécurité la plus évidente parce qu'elle est formulée comme telle depuis 2022, c'est celle proposée par les Russes qui a encore été rappelée par Serge Lavrov hier et c'est une garantie de sécurité pour l'Ukraine comme partie prenante d'un système de sécurité européenne qui offre à la Russie un droit de vétoiev et dans l'esprit de Serge Lavrov et des propositions qui ont déjà été faites lors des négociations à Istanbul en 2022, ces garanties de sécurité seraient assurées par les cinq membres du conseil consecurité de l'ONU, la France, la Grande-Bretagne, la Chine, les États-Unis et bien sûr la Russie. Et Serge Lavrov récemment a évoqué la possibilité d'élargir ce groupe à d'autres comme l'Allemagne ou la Turquie. Et ça, c'est un système qui garantirait la neutralité de l'Ukraine car les droits de véto uns et des autres empêcheraient tout simplement Kiev de décider de ses propres orientation géostratégiques.

Ça rentre en droite ligne avec les objectifs stratégiques de l'invasion russe de l'Ukraine et c'est évidemment inacceptable en l'État pour les Ukrainiens. D'autant plus que la condition sinéquanon de l'établissement d'un système de sécurité de ce type, c'est la session de territoires ukrainiens, notamment les zones de la région de Donatkôlé par l'Ukraine et qui n'ont pas été conquises par la Russie. Mais d'une part, ça c'est sans aucun doute un piège puisque cela affaiblirait l'Ukraine et consoliderait les positions de la Russie dans la perspective d'une prochaine offensive.

C'est aussi probablement un piège politique puisque si Vladimir Zelenski en venait à vendre ce genre de scénario en Ukraine sans autre garantie de sécurité, il y aurait des risques de déstabilisation interne à l'Ukraine. Peut-être un mouvement pour renverser Volodimir Zelenski et ça offrirait autant d'opportunités à la Russie pour consolider son influence sur l'Ukraine. Et donc cette proposition de garantie de sécurité par la Russie, elle n'est pas viable en soi.

D'autant plus que sa principale base juridique, ce serait un engagement officiel de la Russie à ne plus attaquer l'Ukraine. C'est visiblement ce que Vladimir Poutine a proposé à Steve Vitkov à Moscou il y a déjà de semaines. Ce qui implique entre parenthèses que Vladimir Poutine reconnaît bel et bien qu'il a attaqué l'Ukraine, mais bon, passons.

Mais cette base juridique qu'elle soit orale, écrite ou inscrite dans une loi russe ne vaut pas grand-chose parce que elle peut être inversée à tout moment et on connaît bien la propension des Russes à ne pas tenir leurs engagements. Évidemment, on pense au mémorandum de Budapest de 1994, mais aussi ce traité d'amitié, de coopération et de partenariat en 1997, par lequel la Russie reconnaissait les frontières de l'Ukraine hérité de la dissolution de l'URSS. On a aussi eu Vladimir Poutin qui entre son arrivée au pouvoir en 2000 et la guerre de Georgie en 2008 a juré ses grands dieux à plusieurs reprises que les frontières ukrainiennes ne posaient absolument aucun problème à la Russie et ça ça incluait la Crimée.

Il a aussi assuré à plusieurs reprises que l'élargissement de l'OTAN ne lui posait aucun problème. Et toutes ces feuilles de papier et toutes ces belles paroles, on a vu ce que ça donnait en 2014. Et donc cette proposition de garantie de sécurité russe, elle n'est pas viable en soi.

Par contre le scénario d'une cession de territoire ukrainien en échange de garantie de sécurité très solide. Ça, c'est visiblement ce qui est envisagé par Donald Trump. C'est visiblement ce qui est étudié aussi par les Européens, même s'ils insistent bien de concert avec Volodimir Zelenski sur la différence entre une reconnaissance du contrôle russe des facto et une reconnaissance du contrôle russe des Yuré.

Visiblement, les Européens et les Ukrainiens ne consentiraient qu'à une reconnaissance des facto et ça ça ne concernerait que les territoires qui sont actuellement occupés par la Russie. On imagine très mal les Ukrainiens évacuer les grandes villes de Slavian Kamators, Druskifka, Constantinivka et Pokrovsk leur pleingré. Mais donc si on part sur le scénario d'une reconnaissance du contrôle russe sur environ 20 % du territoire ukrainien des facto et qui ensuite poserait les bases d'un cesser le feu et d'une tentative de résolution politique de ce conflit, que ce soit dans un ordre ou dans l'autre, et bien pour promouvoir et pour vendre ce scénario aux Ukrainiens, Volodimir Zelenski devra avoir l'assurance de garantie de sécurité très forte pour expliquer à son armée et à sa population que renoncer même de manière temporaire à ses territoires et aux populations qui y habitent, c'est une assurance pour que le reste du pays vive en sécurité pendant les prochaines années.

Et quand on parle de garantie de sécurité forte, évidemment, on parle de quelque chose qui doit être plus concret qu'un engagement de la Russie à ne plus attaquer l'Ukraine. Quand on parle de garantie de sécurité, l'éléphant dans la pièce, la garantie de sécurité la plus forte et la plus crédible, ce serait une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Mais ça, on voit que c'est plus ou moins mort et enterré par l'administration Trump et aussi par plusieurs pays européens membres de l'OTAN et que d'autre part l'OTAN n'est déjà plus qu'elle a été pendant la guerre froide étant donné que Trump a miné la crédibilité de l'article 5 qui promet une assistance mutuelle entre les Étatsmembres.

Une autre garantie de sécurité qui serait concrétisée par l'adhésion de l'Ukraine à une organisation multilatérale, c'est évidemment son adhésion à l'Union européenne. Et ça, il semble que Donald Trump semble l'avoir compris puisque dès lundi après ses réunions avec les dirigeants européens, il a décroché son téléphone pour appeler Victor Orban et le réprimander ou en tout cas essayer de le convaincre très vertement de lever son véto négociations d'adhésion que la Hongrie bloque depuis déjà plusieurs mois. Pour qui ce processus d'adhésion à l'Union européenne et l'adhésion en soi, c'est une assurance de réforme, de soutien financier et d'investissement étranger.

Et ça peut aussi être considéré comme une garantie de sécurité puisque le traité de l'Union européenne, article 427, prévoit une clause d'assistance mutuelle entre les Étatsmembres en cas d'agression. Mais on le sait tous, l'Union européenne ça n'est pas l'autemp. Et en plus de ça, le processus d'adhésion à l'Union européenne, c'est technique et ça prend du temps.

Et donc, il ne faudrait pas non plus compter là-dessus dans les mois qui viennent. Donc si l'Ukraine ne peut pas adhérer à l'OTAN et que ça prendra du temps pour elle d'adhérer à l'Union européenne, il reste un troisième format d'adhésion à une organisation multilatérale, c'est de rejoindre ce qu'on appelle la force expéditionnaire conjointe britannique qui est un groupe de réaction rapides qui unit la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, les pays nordiques, donc l'Islande, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande et les trois étabaltes l'Estonie, la Lonie, la Lituanie. Et ça c'est un groupe assez mal connu en France mais qui est très intéressant puisqu'il est composé de pays qui se posent moins de questions sur les questions de défense que beaucoup de pays européens et qui sont pour la plupart vraiment conscients de la menace russe.

Et ça fait déjà quelques années que l'Ukraine travaille étroitement avec ce groupe et si rien d'autre ne marche, il est tout à fait possible que son adhésion soit considérée. Mais pour l'instant ça ne reste qu'une option. Donc on voit que en terme de garantie de sécurité, les adhésions à des organisations multilatérales, l'autant l'Union européenne ou cette force expéditionnaire conjointe britannique serait de très bonnes options pour un pays comme l'Ukraine, mais aucune d'entre elles ne se concrétiserait dans les mois qui viennent quand l'Ukraine en aura besoin.

Et donc, on est en train de partir là sur un format hybride avec plusieurs composantes de garantie de sécurité. La première étant l'Ukraine elle-même. Emmanuel Macron a bien insisté lundi à Washington sur la nécessité d'avoir une armée ukrainienne permanente de plusieurs centaines de milliers d'hommes.

Et le maintien de cette armée doit s'accompagner du développement d'une industrie de défense qui soit très créative et très productive et aussi très insérée sur les marchés internationaux afin d'obtenir des capitaux mais aussi des opportunités d'exportation et d'importation pour des systèmes qui ne seraient pas produits par l'Ukraine. Et à cela s'ajouterait l'appui de ce qu'on appelle la coalition des volontaires qui est donc un groupe de 30 pays principalement européens mais pas que qui seraiit prêt à apporter chacun à leur échelle un soutien militaire logistique et financier à l'Ukraine sur la durée. Dans le cadre de cette coalition des volontaires, le scénario idéal pour l'Ukraine qui est mis en avant par un certain nombre d'experts, c'est le déploiement de troupes au sol, que ce soit dans des régions occidentales de l'Ukraine ou sur tout le pays, une présence en mer noire permanente et une protection aérienne qui soit assurée par ces pays.

Et ça, ce sont des détails qui sont étudiés en ce moment. Visiblement, la France et la Grande-Bretagne sont les plus à même de déployer des troupes au sol. L'Allemagne se concentrerait sur le soutien logistique et sur la protection aérienne.

On pourrait compter sur les flottes roumaines, bulgares et bien sûr turc qui sont déjà présentes en mer noire et qui font partie toutes les trois de l'OTAN. Et ensuite, on se perd dans les détails de qui ferait quoi au niveau du partage de renseignement, au niveau des formations de troupes ou encore au niveau de la logistique pour maintenir l'armée. Georgia Meloni, la présidente du conseil italien a déjà proposé il y a plusieurs mois et elle est revenue dessus récemment une formule de article 5 sans l'article 5, donc évidemment en faisant référence à l'article 5 de la charte de l'OTAN et donc d'arriver à une architecture de sécurité pour l'Ukraine qui fasse que en cas de nouvelles invasion russes, les pays de la coalition des volontaires seraient à même d'envoyer leurs troupes sur le front en moins de 24 heures.

Et ça, si jamais cette combinaison de différentes composantes de garantie de sécurité se met effectivement en place, alors ce serait la reproduction un peu d'un système à l'israélienne, c'est-à-dire une armée très forte, une industrie de l'armement très développée et très bien intégrée sur les marchés internationaux et un soutien direct et indirect de pays partenaires en cas d'agression. Mais il y a un ma, c'est que à cette force, il faut ajouter la puissance technologique, militaire et logistique des États-Unis ou en tout cas les pays européens sont persuadés qu'il faut l'y ajouter. Et c'est là où le bab blesse puisque les États-Unis disent maintenant qu'ils vont apporter leur contribution à cette force de réassurance, mais il ne le disaient pas il y a encore quelques jours, quelques semaines et peut-être que Donald Trump va encore changer d'avis dans le futur.

Aujourd'hui, Donald Trump parle d'apporter un soutien en ce qui concerne la protection aérienne. Et si les États-Unis n'apportent pas leur soutien à la coalition des volontaires dans les jours, dans les semaines qui viennent ou si à un moment donné, dans quelques mois ou dans quelques années, il le retire, alors les pays leaders de la coalition des volontaires, en premier lieu, la France et la Grande-Bretagne, ont déjà fait savoir que ils ne se déploiraient pas tout seul sans le soutien américain. Et ça ça pose un sérieux problème de crédibilité puisque ça veut dire que certains pays de la coalition des volontaires sont prêts à déployer des soldats au sol mais par contre ils refusent qu'ils prennent part au moindre combat.

Et donc sans le soutien américain, ça rabaisserait l'engagement de cette coalition des volontaires à ce que les pays européens font en fait depuis 2022, c'est-à-dire du soutien militaire et financier. Mais comme on le voit, ça ne suffit pas pour renverser la table, pour renverser le rapport de force sur le front et pour mettre fin à cette guerre. Et donc cette grosse inconnue de l'engagement américain pose quand même énormément de questions sur les contours de ces garanties de sécurité que l'Ukraine pourrait accepter en échange d'une session de ces territoires, ce qui semble être la vision partagée par Donald Trump et la plupart des dirigeants européens.

Évidemment quand je parle de session, encore une fois, je parle de reconnaissance des facto et non pas des Donc je résume ces garanties de sécurité qui pour l'instant ont l'air d'être sur la table. D'abord, une proposition russe qui n'est en fait qu'une des facettes du projet de capitulation d'une Ukraine neutralisée que le Kremelin pousse depuis déjà 2022. Pas d'adhésion à l'OTAN, une adhésion à l'Union européenne qui reste hypothétique et lointaine et des garanties de sécurité bilatérales par les pays de cette coalition des volontaires mais qui reste soumise au bon vouloir de Donald Trump.

Et donc ce qui fait que parmi toute cette liste, la garantie de sécurité qui semble en fait la plus garantie, sans mauvais jeu de mots, c'est l'armée ukrainienne. Mais même elle, et on le voit en ce moment, elle ne suffit pas pleinement à assurer la sécurité du pays et à mettre fin à la guerre. Et donc avec toutes ces questions, tous ces défis et toutes ces inconnus, il sera très intéressant de voir ce qui va ressortir des négociations qui sont en cours et il sera évidemment encore plus intéressant de voir comment la Russie va y réagir.

Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. je file et je vous retrouve très vite.