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interviewyoutube.com· 3 mars 2022 38 min

Yannick Jadot : L'interview face cachée (Présidentielle 2022)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Salut c'est Hugo, aujourd'hui j'interview Yannick Jadot, le candidat à gauche du pôle écologiste qui est mené par le parti Europe Écologie Les Verts. Le principe de l'interview face cachée c'est très simple, le candidat fait face à un écran géant sur lequel défilent des émojis. Il appuie sur le buzzer pour s'arrêter successivement sur des émojis dont la face cachée va révéler différents éléments qui seront à chaque fois le point de départ de questions de fond sur son programme et sur sa vision de la France.

Yannick Jadot en l'occurrence a été directeur des campagnes de l'ONG de défense de l'environnement Greenpeace de 2002 à 2008, il était candidat à la présidentielle en 2017 avant de se retirer pour rejoindre la candidature du socialiste Benoît Hamon et il est actuellement député européen. Voilà donc pour la présentation rapide, n'hésitez pas à vous abonner évidemment à cette chaîne YouTube pour découvrir les autres interviews des candidats ou encore les présentations de programmes. Sur mon compte Instagram on va aussi poster les comparaisons des positions des candidats sur différentes thématiques. Le nom du compte Instagram c'est Hugo Décrypte, je vous laisse avec l'interview.

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Merci beaucoup déjà d'avoir accepté mon invitation. On va commencer. Du coup avec la première question, la roue tourne, je vous laisse appuyer quand vous le souhaitez, ça va s'arrêter sur une première question. Alors c'est en l'occurrence l'émoji graphique et pour chacun des candidats derrière cet émoji graphique, à chaque fois un graphique va s'afficher. Juste ici tout va bien. Je vous laisse donc le découvrir. Qu'est-ce que vous lisez, qu'est-ce que vous voyez ? C'est une étude qui a été réalisée par Ipsos en août 2021 avec une question qui a été posée. Parmi les enjeux suivants, quels sont les enjeux ?

Quels sont les trois qui vous préoccupent le plus à titre personnel ? Vous le voyez, la protection de l'environnement arrive en seconde position. Ce qui m'amène à une première question. On voit que la protection de l'environnement fait partie des préoccupations majeures des Français. Là c'est juste derrière le coronavirus. Et pourtant, vous êtes le candidat du parti Europe Écologie Les Verts et d'autres partis écologistes. Vous êtes aujourd'hui crédité à moins de 10% dans les sondages au moment où on tourne cette interview. Alors évidemment, un sondage c'est qu'une cartographie de l'opinion. Alors évidemment, un sondage c'est qu'une cartographie de l'opinion.

C'est pas un instant T, c'est pas un pronostic, c'est pas une projection. Tout ça peut évoluer dans les prochains jours. Mais comment est-ce que vous expliquez ce décalage aujourd'hui ?

2:08
Yannick Jadot

Je crois que les Françaises et les Français ne sont pas encore dans la campagne électorale. Pour l'instant, ils regardent la campagne électorale comme un show télévisuel avec toutes les idées les plus nauséabondes, dehors les Arabes, dehors les musulmans. On va karchériser les quartiers. Et je pense que petit à petit, maintenant, les Françaises et les Français vont rentrer dans la campagne électorale.

Et ils vont voir que non seulement il y a un seul candidat, un seul projet qui porte sérieusement l'environnement, c'est-à-dire respecter ce que disent les scientifiques, maximum 1,5 degré, donc on peut encore gagner la bataille du climat, qu'il n'y a qu'un seul mouvement qui porte le bien-être animal, il n'y a qu'un seul mouvement qui porte, y compris le lien entre les différents sujets. Parce que l'avenir du système social, notamment la santé, les retraites, la question du Covid, qui est aussi un enjeu de santé, et on sait de liens avec l'environnement, vous l'avez bien dit.

Donc ils vont voir qu'il n'y a qu'un seul projet qui fait le lien entre tout ça et qui permet au fond de nous réconcilier avec l'avenir en évitant le chaos écologique.

3:19
Présentateur

Et selon vous, c'est le vôtre. Mais comment est-ce que vous expliquez ce décalage aussi, notamment avec les autres élections ? Parce qu'on a vu notamment aux élections européennes que vous aviez fait un score important, juste derrière le Rassemblement national et la République nationale. Juste derrière le Rassemblement national et la République nationale. Juste derrière le Rassemblement national et la République nationale. Avec un vote notamment important chez les jeunes. Même chose aux municipales.

3:34
Yannick Jadot

Vous étiez les premiers chez les jeunes. Premier chez les jeunes, effectivement. C'était quand même pas rien que le vote de cœur soit avant le vote de peur.

3:40
Présentateur

Mais justement, comment est-ce que vous expliquez que sur les européennes, le parti fait un score important ? Pareil aux municipales, Bordeaux, Lyon ou encore Grenoble sont maintenant des mairies écologistes. Et à la présidentielle, ça ne fonctionne pas autant pour l'instant.

3:52
Yannick Jadot

Mais ça va fonctionner, déjà, je vous le dis, je vous l'annonce. Et puis vous savez, aux municipales comme aux européennes, les sondeurs, ils nous mettaient très largement en dessous de ce qu'on a fait. Moi, j'avais encore reçu le dimanche des résultats des européennes. J'avais encore les sondeurs qui me mettaient à 7-8 et on a fait près de 14. Donc en fait, les sondeurs, on le voit à chaque élection, ils se plantent quand même beaucoup. Mais ce qui est marrant, c'est que le lendemain, ils redeviennent prescripteurs du débat politique. Moi, je fais confiance aux Françaises et aux Français qui, vous savez, en ce moment, on voit les difficultés en termes de pouvoir d'achat.

Ça, c'est un sujet qui a beaucoup monté ces dernières semaines du fait du prix de l'essence, du prix de l'énergie, des prix alimentaires. Et justement, on va voir par exemple que l'écologie, c'est la meilleure alliée du pouvoir d'achat. Parce que non seulement on augmente les revenus, mais on va baisser les dépenses de logement, les dépenses de chauffage, les dépenses de déplacement. Et ça, c'est bon.

4:50
Présentateur

On va passer à la prochaine question. Je relance du coup la roue et je vous laisse du coup l'arrêter quand vous voulez. Et ça s'arrête. Un cadeau, super. Peut-être un cadeau. Un cadeau empoisonné, on va voir tout ça. Concrètement, derrière cet émoji cadeau, il y a une vidéo qui va s'afficher à l'écran. Et dans cette vidéo, c'est un autre candidat à l'élection présidentielle qu'on a reçu avant vous qui va vous poser directement une question. Je vous laisse du coup découvrir qui est ce candidat, quelle est la question. Et après, vous allez pouvoir répondre.

5:19
Invité

Donc, Monsieur Jadot, on se pose la question de comment vous allez faire pour répondre aux urgences climatiques sans toucher au capitalisme, sans toucher à la propriété des multinationales, sans toucher à la loi du profit. On ne voit pas comment c'est possible. Nous, on pense qu'il y a juste une écologie radicale anticapitaliste qui peut commencer à répondre à tous ces problèmes-là. Donc voilà, comment vous pouvez faire ? Comment vous pouvez rendre crédible l'écologie sans lutte de classe comme quoi ce ne serait pas que du jardinage ?

5:47
Yannick Jadot

Moi, je trouve que c'est très bien le jardinage. C'est très bien les petites fleurs et les petits oiseaux. Je trouve ça toujours surprenant comment on oppose la protection de la nature et la justice sociale. L'unique, ce n'est pas suffisant. Ce que certains n'ont pas compris, c'est qu'en fait, ceux qui maltraitent les femmes et les hommes, y compris socialement, maltraitent toujours la nature. Et inversement, quand on maltraite la nature, on finit toujours par maltraiter les femmes et les hommes. Donc, nous, justement, on fait l'écologie et la justice sociale. Quand, par exemple, dans mon projet, évidemment, il faut dépasser le capitalisme, mais l'économie, il faut la réguler.

Quand on fait, par exemple, du bio, vous voyez ? Le bio, c'est un paysan. Il a des aides d'État. Il a des normes qu'il doit respecter. Il y a un label bio. Mais moi, je suis pour que le paysan bio, il vende sa production sur les marchés, par exemple, en circuit court ou dans nos magasins. Je ne suis pas pour qu'il vende ça aux sauve-causes. Donc, de la même façon, est-ce qu'il faut sortir du capitalisme ? Il faut dépasser le capitalisme. C'est incontestable. Mais le dépasser, c'est-à-dire le sortir, c'est-à-dire le... Mais non, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on voit bien que le capitalisme, aujourd'hui, est un capitalisme.

On voit bien que le capitalisme, aujourd'hui, est un système, un modèle prédateur. C'est un modèle, à la fois, qui fait de la prédation sur l'environnement. Chaque parcelle de forêt doit être marchandisée. Chaque parcelle de notre intimité, à travers nos données personnelles, doit être marchandisée. Donc, c'est destruction de l'environnement. C'est la guerre de tous contre tous. Et c'est la concentration des pouvoirs. Donc, il faut sortir de ce système-là. Mais le débat qu'il faudrait avoir, c'est... En sortir, ça dit pas où on va. C'est trop facile de toujours dire, il faut sortir, il faut sortir, il faut sortir, il faut être contre.

Le seul sujet, quand on veut gouverner, quand on veut gouverner, c'est de savoir qu'est-ce qu'on propose. Et donc, moi, je propose une économie régulée, écologiquement, socialement. C'est-à-dire que, dans mon projet, il y aura, par exemple, la règle d'or climatique. Toutes nos politiques publiques devront regarder l'impact sur le climat. Ça veut dire que Total ne recevra plus un euro d'argent public. C'est similaire à la règle verte de Jean-Luc Mélenchon, dans l'idée ? Non, je cherche pas des similarités. Je vous dis ce que je fais. C'est intéressant de voir s'il y a des points communs avec des... Non, mais très bien. Je vous invite à comparer les projets. C'est une très bonne idée.

Moi, ce que je dis, c'est que, typiquement, l'impôt sur les sociétés sera conditionné au fait de favoriser la transition écologique, d'augmenter les salaires, d'améliorer les conditions de travail, d'améliorer les statuts dans les entreprises, de garantir l'égalité femmes-hommes dans les salaires. Ça, on conditionnera l'argent public. Moi, je dis comment on fait pour réguler l'économie. Je ne suis pas simplement contre. Ma responsabilité, c'est de dire ce qu'on fait pour que ça se passe bien. Merci. C'est bien.

8:41
Présentateur

Donc, régulation pour permettre ce respect de l'environnement. Bien sûr. C'est votre position sur le sujet. On va passer à la troisième question. Je relance du coup la roue. Et toujours la même mécanique. Je vous laisse appuyer. C'est un téléphone. J'espère que tout va bien. Mais derrière ce téléphone, qu'est-ce qui se cache concrètement ? Je vous laisse le découvrir. C'est un contenu d'une application qui va s'afficher. C'est en l'occurrence un tweet aujourd'hui. Sinon, un tweet d'un autre candidat à gauche. Aujourd'hui, c'est un tweet de Fabien Roussel, le candidat du Parlement. Du Parti communiste français. Je vous laisse le lire si vous le souhaitez pour commencer ce tweet.

9:16
Yannick Jadot

Alors, je suis le seul à gauche à dire qu'il faut investir dans le nucléaire, virgule, et le renouvelable. Déjà, on sent qu'il y a une petite ambiguïté. Le renouvelable, c'est bien après. Je l'assume. On n'ouvrira pas d'usine sans cette électricité stable. On ne réduira pas le prix de l'électricité sans le nucléaire. Il en va de notre indépendance énergétique. C'est donc des propos de Fabien Roussel.

9:36
Présentateur

Oui. Si jamais vous deviez lui répondre, je pense qu'on est sur Twitter, on peut prendre trois phrases là-dessus et après on pourra développer. En deux phrases, qu'est-ce que vous répondez ?

9:43
Yannick Jadot

Il en va de notre indépendance énergétique. L'uranium, on n'en produit pas, on va le chercher au Niger. Dans des conditions qui sont parfois dramatiques. Donc, nous ne sommes pas indépendants énergétiquement. Le prix d'un EPR aujourd'hui, celui qui est en construction à Flamanville, il y a un réacteur, il devait ouvrir en 2012, il devait coûter 3,3 milliards. Il n'est toujours pas ouvert, il n'est pas prêt d'ouvrir, et il vaut déjà 20 milliards. C'est deux fois plus cher que n'importe quelle énergie renouvelable. Ce qui est dommage, c'est au fond de ne pas regarder ce qu'est la réalité énergétique aujourd'hui. Il y a dix ans, il avait presque raison.

Les énergies renouvelables, c'était un pari industriel. Aujourd'hui, le photovoltaïque, divisé par dix en dix ans. Les éoliens, par trois ou quatre. Et ça donne plus d'emplois. Je suis surpris que Fabien Roussel ne défende pas l'emploi finalement.

10:33
Présentateur

Dans l'actualité, en ce moment, il y a quelques jours, la Commission européenne, donc l'une des institutions de l'Union européenne, a classé dernièrement le nucléaire comme une source d'énergie labellisée « verte », en estimant que son utilisation était indispensable, selon la Commission européenne, pour parvenir à limiter nos émissions de gaz à effet de serre. Car selon eux, ce n'est pas jouable d'atteindre une neutralité carbone, comme on l'appelle en 2050, en misant uniquement sur les énergies renouvelables. C'est une position, en l'occurrence, de la Commission européenne.

11:02
Yannick Jadot

Qu'est-ce que vous... Au départ, la Commission européenne trouvait que le nucléaire, c'était ça là. Mais il ne vous a pas échappé, Emmanuel Macron, notre président, pour sauver le nucléaire, a fait alliance avec la Pologne du charbon, vous savez, celle qui supprime l'avortement, celle qui a une politique ouvertement anti-homosexuelle, avec Orban, en Hongrie, pour le gaz, pour que chacun défende les mêmes intérêts. Et donc, ils ont imposé à la Commission européenne et à l'Europe de mettre le nucléaire et le gaz comme énergie verte. Mais quels avantages que vous voyez au nucléaire, s'il y en a ? Non, mais je ne dis pas que le nucléaire produit... du CO2.

Je dis qu'aujourd'hui, on est dans une situation où on a toutes les infrastructures énergétiques qui sont vieillissantes. Notre parc nucléaire est très vieillissant. On a 10 réacteurs à l'arrêt, tellement il est vieillissant. D'accord ? Notre problème de prix de l'électricité, c'est notamment parce que le nucléaire ne fournit pas assez d'électricité. C'est pour ça qu'on la paye très cher, parce qu'on va l'importer et on la paye très cher. Donc, on a... Le sujet, c'est est-ce que, aujourd'hui, on construit des nouveaux réacteurs nucléaires, ou est-ce qu'on réduit nos consommations en investissant dans le bâtiment ?

Vous savez que 12 millions de Français n'ont pas de quoi se chauffer convenablement. Chez les jeunes, c'est énorme le nombre de jeunes qui n'arrivent pas à se chauffer parce qu'ils ne payent pas, donc il faut isoler. Et c'est, je finis, c'est le déploiement des énergies renouvelables. L'hydraulique, le photovoltaïque, l'éolien, la géothermie. Et au fur et à mesure qu'on déploiera les énergies renouvelables, on fermera les réacteurs nucléaires qui deviendront euh... euh...

12:40
Présentateur

non seulement obsolètes, mais inutiles. Et justement, la raison pour laquelle aussi ce tweet est assez intéressant, c'est qu'on voit que c'est un débat, y compris maintenant, au sein de la gauche, sur la question du nucléaire.

12:49
Yannick Jadot

Ouais, les communistes ont toujours été pour le nucléaire, c'est pas nouveau.

12:51
Présentateur

Mais qui là, qui a affirmé de façon, enfin on le voit, à la lumière de cette élection présidentielle, avec des arguments parfois qui sont donnés, et après on passera au sujet suivant, mais c'est intéressant de voir ce débat qui risque de beaucoup revenir, avec certains qui disent que c'est une source d'énergie donc qui n'émet pas ou très peu de gaz à effet de serre, que le nucléaire garantit la question de l'indépendance énergétique aussi. Ben non, je vous ai dit que l'uranium, on l'importe. Il n'y a pas de nucléaire sans uranium.

Alors, la question de l'indépendance énergétique, et la dernière question pour terminer là-dessus, c'est cette question de la stabilité, de la crainte de sortir trop vite du nucléaire, et de se retrouver avec du charbon ou autre, avec les critiques qui ont été faites notamment à l'Allemagne. Sauf que... En termes de timing, comment est-ce que vous voyez la chose de votre côté ?

13:30
Yannick Jadot

Eh ben je vous dis, un, on met le paquet déjà sur les économies d'énergie. Vous savez, l'énergie qui coûte la moins chère, pour les Français, comme pour le pays, c'est celle qu'on n'utilise pas. Et franchement, quand on voit l'explosion des factures d'énergie, on voit bien que cette politique pro-nucléaire, vous savez, c'est cette politique pro-nucléaire qui a empêché d'investir sur les économies d'énergie. Parce qu'il fallait trouver un débouché à la production, et donc il ne fallait pas investir sur les économies. Deuxièmement, je l'ai dit, on va déployer les énergies de nouveau là.

Et au fur et à mesure, parce qu'on aura d'autres sources d'électricité, et qu'on en aura économisé, on fermera les réacteurs nucléaires. Ça prendra 20 ans. Ça prendra 25 ans, s'il faut. Mais la France a été un grand pays qui a été capable d'installer son parc nucléaire. On peut être pour ou contre, mais quand on a voulu le faire, on a mis l'argent, on a mis les meilleurs ingénieurs, les meilleurs ouvriers du monde. Aujourd'hui, l'enjeu, c'est autre chose qu'il faut faire.

Il faut de la maintenance des centrales parce qu'on a des problèmes, mais aujourd'hui, la principale vulnérabilité de notre système électrique, c'est notre nucléaire, parce qu'il est vieillissant et qu'il manque de compétences. Et moi, je veux que la France, ne devienne pas un pays comme la Chine et la Russie, obsédé par le nucléaire. Je veux qu'on soit comme toutes les autres démocraties, qu'on se dise c'est là qu'il y a du boulot, c'est là qu'il y a de l'innovation, c'est là qu'il y a des entreprises locales, c'est là qu'on invente, c'est là qu'il y a de la pêche.

14:54
Présentateur

Donc l'objectif, pour terminer là-dessus, pour bien comprendre par rapport à votre programme, c'est une sortie d'ici quand du nucléaire ?

14:58
Yannick Jadot

Écoutez, vu notre dépendance vis-à-vis du nucléaire, il faudra au moins 20 ans, mais on s'adaptera. Le sujet, ce n'est pas on ferme et on trouve une alternative. Le sujet, c'est on met en place autre chose et progressivement on ferme. Parce qu'on a quand même des centrales qui sont aujourd'hui dangereuses. Vous savez que la centrale du Blayé à Bordeaux, elle a failli être inondée, donc elle est vulnérable au dérèglement climatique. On a beaucoup de nos centrales qui sont refroidies par les fleuves. Avec la sécheresse, avec le manque d'eau, on a un problème de refroidissement. Donc notre sécurité, ça viendra aussi de la sortie du nucléaire.

Et puis un truc qui est moral, là, on produit en quelques années, on produit des déchets pour des centaines de milliers d'années. Des centaines de milliers d'années ont ressemblé à Néandertal. Si on pouvait faire autre chose, ça serait mieux.

15:50
Présentateur

Sujet du nucléaire, du coup, on le voit qu'il est important quand même dans cette campagne présidentielle. On relance cette roue. Je vous laisse appuyer. C'est donc un chronomètre derrière cette émoji. C'est une question qui va être posée, un exercice qui va être proposé à tous les candidats à l'élection présidentielle. Concrètement, en une minute, je vais vous poser un maximum de questions. L'idée, c'est de répondre par oui ou par non à ces différentes questions. J'en suis conscient, ça peut être parfois frustrant, mais l'idée, c'est au-delà des questions où on prend le temps sur le sujet, là, de pouvoir passer en revue certaines mesures de votre programme plus rapidement.

En une minute, c'est parti. Vous êtes prêts ? On est parti. Le président de la République a-t-il trop de pouvoir aujourd'hui ? Oui. Le pass vaccinal doit-il être supprimé ? Oui. Faut-il légaliser le cannabis ? Oui. Est-ce utile d'aller sur Mars ? Non. Vous mangez du foie gras ? Ça m'arrive. Assisteriez-vous à la Coupe du Monde au Qatar, chez où vous êtes élu ? Non. C'est une dictature. Faut-il abaisser le droit de vote à 16 ans ? Oui. Est-ce que vous porterez la cravate si vous êtes président ? Oui. Les éoliennes, est-ce que c'est moche ? Non. Habiterez-vous à l'Elysée, chez où vous êtes élu ? Oui. Avez-vous déjà acheté sur Amazon ? Oui. Faut-il autoriser l'euthanasie ? Oui.

Faut-il interdire le Nutella ? Tant qu'il restera l'huile de palme, oui. C'est la question où il y a le plus d'hésitation. L'Allemagne est-elle le meilleur allié de la France ? Oui. Faut-il placer les élèves handicapés dans des établissements spéciaux ? Non. Et je pense qu'on a fait toutes les questions. J'étais plus vite. Il restait quelques secondes. Et encore, j'avais parfois des temps de latence de mon côté pour les poser. On passe à la question suivante. Je refais défiler la roue. Je vous laisse l'arrêter. Ça s'arrête sur une vidéo. Un cinéma. Un cinéma. On ne va pas regarder un film. Pas vraiment le temps, malheureusement. Mais vous êtes tombés sur l'émoji vidéo.

Alors là, c'est assez simple. Une vidéo va s'afficher à l'écran. Je vous propose de la regarder et qu'on en parle juste après.

17:47
Locuteur non identifié

Attachez les mains dans le dos, les yeux bandés. Des centaines d'hommes attendent en ligne avant d'être poussés dans des trains. Cette scène est filmée par drone en août dernier au-dessus de la province de Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, là où la minorité ouïghour musulmane subit la répression chinoise.

18:05
Présentateur

C'est donc un extrait de TV5MONDE avec des images filmées par un drone en août 2019 qui ont fait le tour du monde. On parle de notre côté sur la chaîne très régulièrement de la question des ouïghours. Vous avez dénoncé à plusieurs reprises les actions de la Chine. Yannick Jadot, concrètement, je sais bien que vous devenez président de la République. Quelles seront les relations entre la France et la Chine ?

18:27
Yannick Jadot

Il faut parler à la Chine, évidemment. C'est un pays qui existe. C'est un immense pays. Déjà, il faut commencer à lui parler au nom de la Chine. Il faut commencer à lui parler au nom de l'Union Européenne. La seule façon d'avoir un rapport de force sérieux avec la Chine, c'est d'être dans l'Union Européenne. Tous ceux qui vous expliquent qu'il vaut mieux sortir de l'Union Européenne sont en train de construire, au fond, le fait qu'on devienne des vassaux de la Chine ou de la Russie. Et leur parler, ça veut dire quoi ? Leur parler, c'est d'imposer des règles commerciales, économiques qui défendent nos valeurs. On ne va pas aller faire la guerre à la Chine.

En revanche, c'est notre combat qu'on mène avec Raphaël Glucksmann et d'autres. Au Parlement Européen. Au Parlement Européen. Interdire les importations qui utilisent le travail forcé. C'est la réalité dans le Xinjiang. Et pas simplement, parce que c'est toutes les minorités chinoises qui sont persécutées aujourd'hui. Deux, moi je suis pour l'interdiction des importations des produits qui ne respectent pas la liberté syndicale. On ne peut pas vouloir protéger les salariés ici et jouer de leur exploitation du reste du monde.

19:29
Présentateur

Donc, si on a une marque, juste pour bien comprendre sur cette mesure,

19:32
Yannick Jadot

Si on a une marque, boycott des marques.

19:34
Présentateur

C'est-à-dire que c'est interdiction sur le territoire français d'acheter.

19:37
Yannick Jadot

Moi, je suis pour, si vous voulez, le boycott des entreprises qui, effectivement, aujourd'hui, profitent du travail forcé. Mais boycott, c'est interdiction par l'État ? Là, si vous voulez, à partir du moment où j'interdirais les importations de produits issus du travail forcé, le boycott, c'est plutôt une stratégie de consommateurs ou de citoyens.

19:55
Présentateur

Mais est-ce que c'est l'État qui interdit, qui dit en fait, tel produit est interdit sur le territoire ?

20:00
Yannick Jadot

Oui. C'est-à-dire que si vous voulez, on a gagné au Parlement européen le fait d'interdire les importations issues du travail forcé. Mais c'est que les États ne veulent pas mettre en œuvre. Je remettrai les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité, de liberté fondamentale au cœur de nos échanges commerciaux. Parce que, encore une fois, on ne va pas aller faire la guerre à la Chine. En revanche, le marché européen, c'est le plus grand marché du monde.

20:26
Présentateur

Et les Chinois seront obligés de s'adapter. Et justement, c'est un grand marché. C'est notre deuxième fournisseur. On dépend beaucoup d'eux. Ils dépendent aussi beaucoup de nous. On dépend aussi d'eux, notamment en matière de dette ou autre. Il y a donc une forme d'interdépendance. Totalement d'interdépendance. Il y a une certaine forme, dans tous les cas, d'interdépendance. Ah oui, bien sûr.

20:42
Yannick Jadot

À minima économique. On est dans un monde interdépendant.

20:44
Présentateur

Vous avez raison. Et le sentiment, c'est que parfois, l'économique, du coup, prend le dessus. Et qu'on est incapable de parler des droits humains face à des pays comme la Chine, puisque les questions économiques prennent le dessus. Bien sûr. Vous, ce que vous dites, c'est qu'à l'échelle européenne, c'est possible. Et il y a une façon de répondre, y compris sur des sujets de droits humains.

21:02
Yannick Jadot

Bien sûr. Un, c'est comment... Qu'est-ce qui fait que ça ne se fait pas jusqu'ici, alors, selon vous ? Mais parce qu'on met, vous l'avez dit, parce que ceux qui nous gouvernent mettent toujours les intérêts économiques devant. Quand, il y a un peu plus d'un an, Macron et Merkel célèbrent l'accord d'investissement avec la Chine, ils le font pour le business, en même temps que commencent, que sont diffusées ces images sur le génocide des Ouïghours, ou sur le tabassage dans le sol. C'est une question de priorité, selon vous ? C'est une question de priorité. Mais c'est aussi... Ce n'est même pas efficace du point de vue économique.

Ce qui est terrible, c'est qu'ils donnent, au fond, tout le pouvoir au business, au gros business, parce que c'est les multinationales qui sont impliquées. Ce n'est pas la PME à côté de chez vous qui se dit « Waouh, le marché chinois, quel est le dorado ? » C'est le gros business. Ce qui est fou, c'est que, y compris économiquement, on le voit, on est trop vulnérable. On est trop dépendant de la Chine. Regardez sur... On peut prendre n'importe quelle industrie. L'industrie de la sidérurgie. Moi, je défends les entreprises en France plutôt que d'importer de la Chine. On est en train de fermer des usines de silicium.

Silicium, on en a besoin pour les batteries électriques, pour les panneaux photovoltaïques. Et vous savez, le gouvernement ne défend pas les entreprises françaises de silicium. Et on va l'importer du Xinjiang avec les Ouïghours. Les Ouïghours sont présents. Le numérique. Moi, je suis désolé. Moi, je veux du numérique européen. Je ne veux pas Huawei ou le numérique chinois qui va contre... C'est-à-dire l'interdiction de marques comme ça en... Bien sûr. Mais sur les réseaux. C'est impossible. On peut prendre l'énergie. On peut prendre les terres rares. Moi, je me suis toujours battu il y a quelques années au Parlement européen pour combattre le dumping chinois sur les panneaux photovoltaïques.

Ils bradaient les panneaux photovoltaïques avec des subventions publiques. Et les gouvernements européens n'ont pas défendu notre industrie. C'est des dizaines de milliers d'emplois dans une industrie du futur. Tout ça pour être dépendant. Tout ça pour être dépendant. On holders·es aux logos indépendants de la Chine et leur vendre des bagnoles atlantes.

22:59
Présentateur

O. K. Un manque de courage et un manque de priorité, selon vous, F.

23:02
Yannick Jadot

Un manque de courage, un manque de volonté de notre souveraineté économique. et on voit bien que là, notre souveraineté économique, c'est notre souveraineté démocratique. Et on ne voit pas des ministres faire les JO en Chine. On sait, pour un boycott diplomatique typiquement, là, des Européens Olympiques, ces Russes. Bien sûr. C'est quand même incroyable. Vous avez vu comment Xi Jinping et Vladimir Poutine ont utilisé les JO pour défendre leur dictature. Et on en voit des représentants officiels de la France. représentant officiel de la France, c'est honteux.

23:28
Présentateur

On reparlera peut-être d'ailleurs en matière de droits de l'homme du Qatar aussi dans les prochains mois.

23:33
Yannick Jadot

Il ne faut pas envoyer de responsable politique non plus au Qatar. Mais nous, ce que fait Macron, c'est plutôt de vendre des armes plutôt que de faire respecter les droits de l'homme. 6 500 au moins migrants, travailleurs immigrés selon des révélations du Media The Guardian pour faire des stades qui vont être climatisés. Ce truc est dingue en fait.

23:50
Présentateur

Je vous laisse arrêter la roue pour la prochaine question. Argent. Argent. Avec des ailes visiblement. Mais ça c'est l'émoji qui est comme ça. On ne le choisit pas. Très concrètement sur cet émoji, qu'est-ce qui se cache derrière ? Je vais vous poser trois questions sur des chiffres qui concernent les jeunes sous forme de QCM. Alors l'objectif, je vous le dis tout de suite, ce n'est pas de vous piéger ou de jouer un format de quiz comme ça. Surtout que les chiffres peuvent varier parfois au fil des années ou autre. C'est surtout de mieux comprendre concrètement quelle est aujourd'hui la situation des jeunes. Et après évidemment, on va voir ce que vous proposez sur chacun de ces sujets.

Première question. A votre avis, combien dépense en moyenne un étudiant chaque année en transport en commun en France ? Je précise que c'est une étude tirée, une étude de l'UNEF qui a été publiée en 2017. Donc un syndicat étudiant général.

24:38
Yannick Jadot

Pour moi, c'est le plus haut parce que même en Ile-de-France, je pense que pour les jeunes, ça doit être autour de 32 euros par mois. Pour moi, c'est 302.

24:49
Présentateur

On n'est pas à 302, mais on n'est pas si loin que ça parce qu'on est à 267 euros.

24:53
Yannick Jadot

C'est en France. Parce qu'il y a des villes où c'est un peu moins cher.

24:56
Présentateur

Qu'est-ce que vous proposez concrètement pour aider les jeunes ?

25:00
Yannick Jadot

Ce que font les maires écolos aujourd'hui, c'est que pour les jeunes, ils baissent énormément le prix, voire ils rendent gratuits les prix des transports en commun. Donc on va baisser les prix des transports en commun pour les jeunes,

25:14
Présentateur

évidemment. Les rendre gratuits ou pas ?

25:16
Yannick Jadot

Ça peut être gratuit. Ça peut être gratuit selon les circonstances. Mais surtout, moi, ce que je veux mettre en place, c'est ce que j'appelle un revenu citoyen automatique. Dès 18 ans, dès 18 ans, concerne tout le monde, mais c'est dès 18 ans, personne ne vivra avec moins de la moitié du revenu médian, ce qui est le seuil de grande pauvreté dans notre pays. C'est aujourd'hui 918 euros précisément. C'est mon revenu citoyen. Dès 18 ans, c'est à la fois lutter contre la pauvreté. Vous savez que les étudiants, notamment ce qu'on appelle les étudiants des cohabitants, c'est-à-dire qui n'habitent pas chez leurs parents, on est à 40% de seuil de pauvreté. C'est absolument dramatique.

C'est le fil d'attente qu'on voit pour aller chercher un repas gratuit. Donc, dès 18 ans, automatique. Tous les jeunes, sans condition ? Tous les jeunes. Alors, ça sera au niveau du seuil de pauvreté. Si vous habitez encore chez vos parents, ce sera un peu moins, parce que vous n'avez pas les mêmes dépenses, vous n'êtes pas autonome. Mais c'est deux choses. C'est un, lutter contre la grande pauvreté, l'éradiquer dans notre pays, enfin, et surtout, c'est créer de l'autonomie. Pour nous, les jeunes, dès 18 ans, ils doivent être autonomes et pouvoir choisir, choisir leur vie, et notamment

26:29
Présentateur

en ayant moins de contraintes financières. Pour bien comprendre, sur cette mesure-là, c'est qu'on soit étudiant, salarié ou en recherche d'emploi. Dans les trois cas, on recevrait cette somme d'argent ? Après, ça dépend du

26:41
Yannick Jadot

niveau de revenu. C'est encore, une fois, c'est comme, si vous voulez, c'est comme un RSA, mais au niveau du seuil de pauvreté, donc beaucoup plus haut, et versé de manière automatique, parce que vous savez qu'il y a, même pour le RSA, il y a 30% des gens qui ne le demandent pas. Parce qu'ils ne sont pas à l'aise, parce qu'ils sont sans médecine fixe, parce que machin. Donc là, ça, c'est automatique. Si vous gagnez votre vie à 18 ans, que vous gagnez, je ne sais pas combien, 1500 euros par mois, vous ne touchez pas le revenu

27:07
Présentateur

citoyen. Et donc, juste pour bien cerner cette mesure-là, c'est automatique dans le sens où le versement est automatique, mais ce n'est pas tous les jeunes à leurs 18 ans qui se mettent à recevoir ce montant-là. Non, c'est ceux qui en ont besoin, ceux qui en ont besoin. Et ceux qui en ont besoin, c'est ceux qui sont... Ah ben, qui n'ont pas de revenu, par exemple. Qui n'ont pas de revenu. Mais est-ce qu'un étudiant, par exemple, perçoit cette somme-là ? Oui. Si je suis étudiant et que je vis seul à Marseille pour étudier...

27:30
Yannick Jadot

Bien sûr, c'est bien l'objectif. C'est de vous rendre autonome avec... Ça ne va pas forcément toujours suffire, mais au moins, vous avez ça pour démarrer. C'est le seuil de grande pauvreté. Moi, je vais éradiquer la grande pauvreté

27:45
Présentateur

dans notre pays. On passe à la seconde question sur ce petit format-là. Selon vous, quel pourcentage d'étudiants ne se soignent pas pour des raisons financières ? Là, en l'occurrence, c'est un chiffre tiré d'une étude de l'Observatoire de la vie étudiante d'attente de 2018.

28:01
Yannick Jadot

Est-ce que vous avez une idée ? Ah ben, là aussi, les chiffres étaient énormes. Moi, je dirais 30 %. C'est 30 %, effectivement. Même question... C'est sur des sujets, en plus, majeurs, parce que ce n'est pas simplement... Quand on dit « se soigne pas », ce n'est pas simplement refuser d'aller voir un médecin quand on a une grippe. Ça peut aller plus loin que ça. Ça peut aller beaucoup plus loin que ça. Ça peut être des problèmes de santé très lourds. Qui vont être détectés très tard et créer des impacts, des dommages parfois irréversibles. C'est la question des yeux, c'est la question des dents, c'est la question de la santé mentale. Et qu'est-ce que vous proposez pour ça ?

Si vous voulez, encore une fois, à partir du moment où Joffre se met en place à un revenu citoyen, c'est évidemment pour lutter contre ça. Mais attention, nous, on est pour la santé gratuite. C'est-à-dire qu'au fond, si les étudiants ne se soignent pas, c'est aussi parce que malheureusement, parfois, la santé reste chère. Troisième question,

29:03
Présentateur

et c'est la dernière, c'est la dernière avec ce format en tout cas. Celle-ci est plus directe. On va parler de culture. Est-ce que vous connaissez le montant du pass culture mis en place par Emmanuel Macron aujourd'hui ? Je sais qu'il a encore changé, là.

29:15
Yannick Jadot

Il a encore changé ? Il a encore changé. Allez, on va dire qu'il, comme il est en campagne électorale, il distribue beaucoup d'argent, on va dire

29:20
Présentateur

300. Il est de 300 euros. Effectivement, à 18 ans, ça commence plus jeune avec des montants plus faibles, mais il est de 300 euros à 18 ans, utilisable pendant deux ans. Si vous êtes président, est-ce que ce pass culture est maintenu ?

29:32
Yannick Jadot

Je ne suis pas fan, pour vous dire la vérité. Pourquoi ? Parce qu'on voit dans l'utilisation du pass culture, un, c'est un pass qui est réservé à une toute petite partie des jeunes, au fond, ceux qui ont déjà accès à la culture. En soi, il est accessible pour tout le monde. Non, mais la question, c'est de l'utilisation. C'est ça qu'il faut regarder. Comment on l'utilise ? Un, c'est la partie. Deux, il est parfois utilisé, vous le savez, pour acheter des biens culturels, qui sont parfois revendus sitôt achetés.

30:03
Présentateur

C'est principalement des mangas. Exactement.

30:06
Yannick Jadot

Donc, moi, le système que nous privilégions, c'est, au fond, un, qu'on soit moins sur le soutien, parce que tout ce budget-là, il ne va pas aux artistes, en fait. Il va indirectement. Non, non, non. Parce que quand vous achetez un manga, ne me dites pas que vous aidez le groupe de rock, le groupe de hip-hop, ou de métal, ou de machin. Vous aidez l'auteur du bien que vous achetez. Oui, mais là, le problème, c'est que ça va souvent sur des biens culturels qui sont faits à l'étranger et qui ne renforcent pas la culture en France. Moi, je préférerais qu'à la fois, on facilite les places de théâtre, les places de cinéma, les places de concert, qu'on aide à travers ça les artistes, la création.

Vous savez, plutôt que simplement d'aller vers la consommation de culture qui exclut...

31:00
Présentateur

On passe à une autre question. Toujours la même mécanique. Vous commencez à la connaître. Je vous laisse appuyer sur le buzzer. C'est un journal. Vous êtes tombé sur l'émoji article de presse. Concrètement, il y a un article de presse qui va s'afficher. Je vous laisse du coup le lire et me dire ce que vous comptez faire pour faire face à ce problème dans le processus de recrutement qui est vu ici. Je vous laisse le lire pour commencer à voir.

31:23
Yannick Jadot

Un salarié sur cinq estime avoir été victime de discrimination à l'embauche.

31:32
Présentateur

Un sondage met donc en lumière la persistance de discrimination à l'embauche sur 4026 salariés de plus de 18 ans. 21% assurent en avoir déjà fait l'expérience. Les femmes et les jeunes seraient les plus conservées.

31:43
Yannick Jadot

C'est profondément choquant.

31:45
Présentateur

C'est un article pour donner un peu de contexte qui date de juin 2021.

31:50
Yannick Jadot

Le problème, c'est que ça n'a pas changé.

31:53
Présentateur

Qu'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce que vous proposez comme mesure pour faire face à ce problème dans le processus de recrutement ?

31:56
Yannick Jadot

C'est abominable parce que c'est des vies, c'est des ambitions, des engagements qui sont abîmés. C'est toute notre richesse collective. Quand une personne est discriminée, c'est sa vie qui est abîmée ou la personne qui est humiliée. Mais c'est toute la société qui s'appauvrit. Parce que cette richesse, cet enthousiasme, cet engagement, c'est toute la société qui le perd. Donc il faut agir. Nous, on est évidemment... Pour la généralisation de l'anonymat des CV, par exemple. C'est-à-dire quoi, concrètement, en termes de fonctionnement ?

Ça veut dire que quand vous répondez à une offre d'emploi, quand vous cherchez du boulot, vous n'avez pas à préciser, évidemment, nom, prénom, là d'où vous venez, parce que les discriminations, elles se font sur le nom, le prénom. Elles se font avec derrière l'idée que de votre origine, potentiellement, de votre religion. Ça se fait aussi sur le lieu où vous êtes né.

32:59
Présentateur

Et c'est une mesure qui devait être mise en place il y a maintenant 15 ans, qui avait été abandonnée, pour donner un peu de contexte, en 2006. En gros, il y avait une loi dessus qui avait été votée, mais ensuite, il n'y a jamais eu de décret pour la faire appliquer concrètement. Nous, on le mettra en place.

33:13
Yannick Jadot

On mettra ça en place. Et deuxièmement, après, ce n'est pas simplement sur l'embauche.

33:18
Présentateur

Simplement, juste sur ce point précis, ça avait été abandonné à l'époque parce que l'idée était... En soi, justement, on l'avait dit, ça avait été voté, mais c'était plus sur l'application que ça posait des questions. La raison avant ça, à l'époque, c'était que le CV, ce n'était plus le seul instrument de recrutement. Et ça l'est encore moins aujourd'hui avec LinkedIn et d'autres plateformes. Et donc, ce n'était pas forcément facile à mettre en place. Et par ailleurs, il y avait une question de difficulté pour les entreprises et dans les processus de recrutement à devoir anonymiser tout ça. Quand par ailleurs, la présence en ligne fait aujourd'hui partie des éléments.

Est-ce que ça vous semble applicable encore aujourd'hui ?

33:50
Yannick Jadot

Oui, ça semble applicable. Et y compris, on peut parfaitement faire vérifier les systèmes de recrutement par les salariés représentés dans les entreprises pour s'assurer que la non-discrimination, c'est bien la règle et qu'elle est appliquée. Et deuxièmement, ce n'est pas simplement à l'embauche. C'est dans la vie de l'entreprise qu'il faut s'assurer qu'il n'y a pas de discrimination. Moi, par exemple, je veux mettre en place le système à l'islandaise sur la discrimination des salaires entre les femmes et les hommes. Vous savez que dans la loi française aujourd'hui, si vous vous sentez victime de discrimination sur votre salaire, vous devez au fond prouver cette discrimination.

34:32
Présentateur

Dans la loi, il se prend votre salaire.

34:34
Yannick Jadot

J'imagine et on vérifie que à compétence et à responsabilité équivalente, le salaire est touché ou pas. Dans le système à l'islandaise, c'est beaucoup plus intelligent. Et du coup, ça va beaucoup plus vite. C'est que c'est l'entreprise qui doit prouver pourquoi elle ne met pas. Elle paye moins cher une femme qu'un homme.

34:52
Présentateur

Donc l'État a accès au salaire. Ils sont en mesure de dire et vous devez justifier les éclats.

34:55
Yannick Jadot

Et donc, c'est l'entreprise qui doit justifier les cas. Ce n'est pas le salarié qui doit réclamer. Et du coup, il y a un rattrapage des salaires des femmes sur les salaires des hommes en Islande dont on veut absolument s'inspirer.

35:10
Présentateur

La dernière question pour celle ci. Toujours le même principe. Je vais vous laisser appuyer. Ça s'arrête sur un drapeau, le drapeau français, remanié, puisque évidemment, il n'est pas, il n'est pas rectangle sur cette émoji. Certes, concrètement, derrière cette émoji, vous allez devoir reprendre la fameuse formule de François Hollande qui a été prononcée en 2012 face à Nicolas Sarkozy à l'époque. Le fameux moi président. Mais de votre façon, avec vos mots et comment ça, comment ça fonctionne ? C'est quelque chose que font tous les candidats. On a mis cinq phrases. Le but, c'est de les compléter en une phrase et de les enchaîner pour voir concrètement quelle est votre vision de la France.

Je vous laisse commencer. Faisiez à faire des phrases assez courtes sur chacun. Moi, président, les jeunes seront. Et après, je vous laisse enchaîner.

35:58
Yannick Jadot

Moi, président, les jeunes seront autonomes, maîtriseront leur vie et seront des acteurs de la victoire pour le climat, pour la biodiversité et pour la justice sociale. Moi, président, mon ennemi sera les lobbys qui pourrissent les politiques publiques. Moi, mon premier ministre sera une première ministre. Moi, président. Ma première mesure sera d'interdire l'élevage industriel. Je l'ai déjà dit. Bon, c'est toujours à la première mesure. Ça, ça a du sens et ça n'a pas de sens. Mais ça sera de de sortir de l'élevage industriel parce que c'est tout notre rapport à l'agriculture, à la nature, à notre alimentation qui s'y joue. J'aurai aussi la règle climatique et on en a parlé.

Le revenu citoyen pour sortir de la grande pauvreté.

36:49
Présentateur

Et un dernier me semble moi.

36:52
Yannick Jadot

Président, les riches seront mis à contribution pour renforcer la solidarité, la justice et la lutte contre le dérèglement climatique.

37:05
Présentateur

Merci beaucoup Yannick Jadot d'avoir accepté d'échanger avec nous pour mieux comprendre votre programme, sachant qu'en complément de cette interview, comme pour tous les candidats à l'élection présidentielle, il va y avoir aussi une vidéo qui résume et vise à décrypter votre programme et vos différentes mesures qui ont été annoncées. Super. Merci Yannick Jadot d'avoir participé il y a quelques jours et on fera ça pour...

37:24
Yannick Jadot

C'est bien de participer à la démocratie, c'est important.

37:26
Présentateur

On essaie de le faire. Encore merci Yannick Jadot. Merci. Et donc je me permets de me tourner du coup vers vous parce que c'est la fin de cette vidéo. Je le disais donc, on va avoir dans les prochains jours des interviews de tous les candidats à l'élection présidentielle et le décryptage aussi de tous les programmes des candidats. Ça se passe directement sur cette chaîne YouTube. Du coup, n'hésitez pas à vous abonner évidemment sur YouTube si ce n'est pas encore le cas pour ne pas louper les vidéos, les interviews, les décryptages suivants. Pensez à vous abonner, n'hésitez pas dans les commentaires si vous avez des questions ou autre.

37:51
Invité

Prenez soin de vous et on se dit à très vite.