Redresser la France : « mieux vaut le faire à l’avance, avant que ça nous soit imposé dans des conditions humiliantes » souligne Hubert Védrine
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Que vous inspire la défaillance américaine en Ukraine et en Arabie saoudite ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Sur l'Arabie saoudite, ça ne vous surprend pas que les Houthis progressent si vite ?
- 2:12FerméeÉludée
2027, le rendez-vous du courage, point d'interrogation. Ça sonne comme un programme politique, donc je suis obligé de vous poser la question : serez-vous candidat à l'élection présidentielle ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Vous dites clairement que la mer des batailles, c'est le redressement des finances publiques.
- 4:01OuverteRéponse directe
Est-ce que le scénario le plus horrible nous pend au nez ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Si on pousse la réflexion sur la faillite financière française, est-ce que vous n'avez pas peur qu'un jour les Allemands se disent qu'on revient au Deutschmark ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« Trump a été élu en promettant de jamais engager les Etats-Unis dans des guerres lointaines qui ne servent à rien et qui ne marchent pas. »
- 1:13Invité politiqueFait
« C'est une guerre qui n'aurait pas dû avoir lieu. »
- 2:48Invité politiqueFait
« La France va être obligée, obligée de mettre de l'ordre dans ses finances publiques. »
- 3:37Invité politiqueFait
« N'oubliez pas que la France vit à crédit à partir du mois de juillet, à peu près. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Et on va nous imposer des conditions, peut-être pas aussi dures que la Grèce, mais ça ressemblera. »
- 5:00Invité politiqueFait
« On ne serait pas d'intérêt pour eux. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Même les Chinois, ils ont reculé l'âge de la retraite. »
- 9:35Invité politiqueFait
« Il y a un droit d'asile qu'il faut l'exercer dans des conditions non détournées. »
- 11:15Invité politiqueFait
« Aucun pays actuellement de l'Europe ne veut en sortir. »
- 11:21Invité politiqueFait
« Mais aucun pays n'est fédéraliste. »
- 13:36Invité politiqueFait
« Je fais le pari quasiment dans tous les partis, en fait. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Présentateur36 %
- ?3 %
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La matinale de Radio Classique avec David Abiquaire.
Et
Hubert Védrine,
c
'est l'invité de la matinale ce matin à 8h16 sur Radio Classique, évidemment. Hubert Védrine, bonjour et bienvenue. Bonjour. On commence par une question d'actualité et ensuite on parlera de cet essai. Question d'actualité toute simple, en vérité, enfin toute simple. C'est l'Ukraine lâchée par les Etats-Unis, ou en tout cas les Etats-Unis, qui donne du renseignement militaire et stratégique désormais au compte-goutte à l'Ukraine. Qui n'a pas été prévenu de frappe russe. De la même façon qu'on pourrait se demander ce que font les Etats-Unis vis-à-vis de l'Arabie saoudite, qui est un allié historique.
Là encore, les Etats-Unis ne sont pas au rendez-vous pour soutenir les Saoudiens dans leur guerre contre les Houthis.
Que
vous inspire cette
défaillance
américaine ? N'oubliez pas que Trump a été élu en promettant de jamais engager les Etats-Unis dans des guerres lointaines qui ne servent à rien et qui ne marchent pas. Ça c'est l'original. Ce qui est tout à fait incomprensible chez Trump, c'est pourquoi il a suivi Netanyahou pour déclencher la guerre contre l'Iran. Et là il est presque plus conforme à ses engagements du début. Sur l'Ukraine, ça préfigure exactement ce qu'ils feront un jour, et ce qu
'ils
veulent faire depuis le début. C'est une guerre qui n'aurait pas dû avoir lieu. On s'en sortira avec un peu de menaces, mais beaucoup de promesses par rapport à la Poutine. Et ça finira pour s'arrêter, imposé par les Etats-Unis, quasiment sur la base de la ligne des combats actuels. Donc c'est très très embêtant à gérer.
Et sur l'Arabie
saoudite, ça ne vous surprend pas quand même que les outils progressent si vite sur le territoire saoudien ?
Sur l'Arabie, il
y a
un phénomène dans les deux sens,
c
'est que compte tenu du fait de l'aspect imprévisible de Trump, extravagant, même pour des pays qui ne sont pas en désaccord avec lui sur le fond, il y a plein de puissances dans le monde qui se disent qu
'on
est obligé d'assurer notre sécurité en dépendant moins des Etats-Unis. Donc l'évolution a déjà commencé. Il y
a
eu une réunion à la Mecque
entre
la Turquie, l'Arabie, le Pakistan, etc. Et donc Trump est en fait sur la même ligne, puisque les Etats-Unis n'ont plus besoin, autant qu'avant de l'Arabie, qui sont eux-mêmes très, très, très producteurs de pétrole et de gaz. Donc c'est un début d'engrenage qui va se poursuivre, indépendamment du cas immédiat sur les outils.
Hubert Védrine, j'en reviens à cette publication. 2027, le rendez-vous du courage, point d'interrogation. Ça sonne comme un programme politique, donc je suis obligé de vous poser la question. Serez-vous candidat à
l
'élection présidentielle ?
Serez-vous le
35e
candidat
? J'explique tout à fait dans l'élection. Ce n
'est
pas un programme. D'ailleurs, j'ai fait la liste des sujets très importants sur lesquels je n'avance pas. Vous
ne
serez pas candidat ? Non, je ne suis pas candidat et ce n
'est
pas un programme. Sauf que tout leader politique peut piocher des choses dedans, à mon avis. C'est très ouvert. Vous voyez, je ne suis pas enfermé dans une famille politique en particulier. Et comme mon obsession, c'est que la France va être obligée, obligée de mettre de l'ordre dans ses finances publiques, toute la question de la dette, de la fiscalité, ceci, cela, il vaut mieux le faire courageusement, à l'avance, avant que ça ne nous soit imposé dans des conditions humiliantes et traumatisantes, très mal vécues par la Banque Centrale, le FMI, etc., ce qui nous pend au nez. Donc, il vaut mieux prendre les devants, être courageux. Et pour faire ça,
je
préconise de garder nos forces pour cet affrontement démocratique normal, en faisant une sorte de trêve, pas la confusion des idées, mais la trêve sur quatre sujets qui nous empoisonnent sans arrêt. Alors,
on
va y venir, on va y venir, Hubert Verdrine, mais vous dites clairement, la mer des batailles, c'est le redressement des finances publiques, sinon on ne s'en sortira pas. Ça veut dire que, grosso modo, vous dites, si on ne redresse pas nos finances publiques, on ne sera pas souverains, et donc on ne pourra pas faire de politique ni nationale, ni européenne, ni internationale.
N'oubliez pas que la France vit à crédit à partir du mois de juillet, à
peu
près. Bon, les créanciers continuent, parce que la France,
c
'est une grande signature, mais bon, à un moment donné, ça va s'arrêter. Et on va nous imposer des conditions, peut-être pas aussi dures que la Grèce, mais ça ressemblera. Ce serait très, très, très mal vécu avec toutes les conséquences sociales, politiques, etc., en France. Donc, prenons les devants, faisons-le avec un plan de redressement sur 5 ou 10 ans, c'est ça le courage. Est
-ce que le scénario
le plus horrible... Mais on ne peut pas y arriver si
en même temps on se dispute toute la journée sur des tas de sujets périphériques, sur lesquels je pense qu'on
peut
trouver un compromis.
On y vient. Je
sais qu'il faut trouver un
compromis sur les fameux 4 sujets,
et
on va y venir. Mais au-delà du redressement des finances publiques ou de la faillite des finances publiques françaises, si on pousse la réflexion sur la faillite financière française, est-ce que vous n'avez pas peur qu'un jour les Allemands se disent qu'on revient au Deutschmark
? Tous
les pays d'Europe ont intérêt quand même à continuer dans l'affaire de l'euro, et l'Allemagne notamment. Donc on n
'en
est pas là, on n
'en
est pas à l'éclatement. La question ne se pose pas du comportement de l'Allemagne, mais de la capacité de la France à reprendre le contrôle.
Vous ne
vous
dites pas que
ça
nous pend au nez ? Les Allemands, voyant les Français se débattre dans l'orthodoxie financière qu'ils n'arrivent pas à réaliser, se disent à quoi bon nous
rester dans l'euro ? On ne serait pas d'intérêt pour eux. Ce qu'ils peuvent dire, il n
'y
a pas de raison que l'Europe aide la France
si
elle ne fait pas le minimum du travail nécessaire qu'on fait tous les autres sur la retraite et plein d'autres sujets. Même les Chinois, ils ont reculé l'âge de la retraite. Donc il se peut que l'Allemagne soit égoïste sur ce point, mais il n'y
aurait
aucun intérêt pour l'Allemagne à sortir de l'euro qui est à son avantage.
Hubert Védrine, vous
proposez une
méthode, une vraie méthode en fait, pour dire que si on veut s'attaquer à la crise des finances publiques, il faut déblayer le terrain avec quatre sujets qu'il faut démilitariser et d'une certaine façon. Le premier sujet,
c'est le
passé.
On
va dire
déshystérisé.
Déshystérisé, moi je dis démilitarisé, mais enfin, il faut essayer de trouver un consensus
sur quatre sujets. Non, parce que je parle de l'Europe de l'État
français. Oui, d'accord.
L'identité française, le passé, donc notre histoire, il faut arrêter de polémiquer, de regarder dans le rétroviseur. Le deuxième sujet, c'est l'immigration. Troisième sujet, l'idée de confédération européenne.
Il
faut qu
'on
se mette d'accord sur un minimum sur ce qu'on veut faire en Europe et comment y rester. Et puis enfin, ce que vous appelez, alors le mot est moche, c'est l'écologisation de la politique que vous estimez essentielle. Donc on peut les prendre un par un.
Pourquoi c'est moche ? Je ne
vous
rappelais pas du mot industrialisation.
Ça, c'est plus joli. L
'écologisation, c'est moche.
Ça veut dire que c'est un processus ? C'est un processus. C'est un processus. Comme c'est la seule menace globale sur l'ensemble de l'humanité, que les gens qui refusent ça, comme Trump, qui sera accusé un jour de crime contre l'humanité future, ils sont quand même sur la défensive maintenant par rapport à ça. Donc il faut arrêter de se battre sur le principe pour ou contre. L'écologisation va s'imposer de... C'est surtout...
Vous pensez que
Trump sera accusé de crime contre l'humanité ?
Il
y
aura
des gens pour le dire, mais... Sur
l'écologie ? Vous
venez de le dire.
Oui, je viens de le dire parce que je le pense, mais ce n
'est
pas le coup d'arrêt de Trump sur les financements publics américains, pas les autres. Un jour sera dépassé parce que ce n
'est
pas tenable. Et la Chine va prendre le leadership de l'écologisation, pas comme l'écologie politique à l'européenne, l'écologisation scientifique. Donc je dis, entrons là-dedans. Et il faut débattre sur le rythme et les modalités. Mais il n
'y a
pas de raison que ce soit quelque chose sur lequel on s'opposerait de façon violente. Il y a une voie moyenne, progressive que je propose.
C'est pareil pour le passé. Vous faites une liste d'historiens dans le livre. Vous dites, on a plein d'historiens en France qui sont des gens brillants, intelligents, ils ne sont peut-être pas d'accord. Mais enfin, globalement, ils appartiennent à une espèce de panthéon vivant, parce que beaucoup de ces historiens sont vivants. On doit arrêter de se quereller sur le passé, comme la guerre d'Algérie, par exemple.
Alors, on n'arrêtera pas complètement par rapport à ça. Mais ce que je préconise, c'est d'oublier le devoir de mémoire,
qui
est quelque chose de majociste et de plaintif, etc. Ça traduit le degré de malaise du pays qui le fait et de se fonder sur la vérité historique. Donc, je ne dis pas qu'il faut occulter quoi que ce soit. Mais il n
'y a
pas de raison de se poser sans arrêt à travers des positions extérieures. C
'est-à-dire
que je mets tous les historiens. Je suis très pluraliste, là, dans ma liste historienne.
Je
mets tout le monde. Donc, vérité historique.
Pas
devoir de mémoire. Et ça ne sert à rien de battre sa coupe sur des événements qu'on a
eu
lieu il
y
a 100 ans, 200 ans, 300 ans. On n'y peut rien.
Mais qu
'est
-ce qu'on dit à l'Algérie, par exemple ? On continue à se chamailler avec eux, à jouer la tension, parce que la vérité historique va nous conduire à nous opposer à ce que raconte l'Algérie et vice-versa.
Oui, au-delà, on dit à l'Algérie, parlons d'aujourd'hui et de l'avenir. À quoi ça sert de se battre sur 1830 ? Oui. On n'y peut rien. On n'était pas là, nous, en 1830. Je suis contre la responsabilité collective et transmissible. Ça, c'est des concepts préhistoriques. Troisième point. Troisième point. Il y
a
plein de choses à faire ensemble. Regardez. Rendre la Méditerranée, enfin, disons que la Méditerranée reste vivante. Par rapport à ça, ça concerne tous les riverains de la Méditerranée. Oui. Alors qu'il
y a
un cycle. Il y a plein de sujets d'avenir possibles avec l'Algérie. Parce que j'en parle, d'ailleurs.
Alors, il y a... Mais
c'est une question de... L'écologie,
l'écologisation, le passé. La question migratoire aussi, vous dites, il faut qu'on... Là encore, on dépassionne le débat. Et je le redis, vous dites, chacun de ces thèmes doit être un peu neutralisé, faire l'objet d'un consensus minimal pour qu'on puisse redresser les finances publiques. Alors, sur l'immigration, comment vous allez mettre d'accord les ultras de l'accueil permanent à l'extrême-gauche et puis les obsédés de la migration à l'extrême-droite ?
Quand je dis et quand vous dites consensus, ça ne
veut
pas dire qu'on va penser à la même chose.
Non, non, non, non. Vous dites, on
met entre parenthèses
nos distinctions. À
un moment donné, un compromis minimal pendant un certain temps pour se concentrer sur le vrai sujet. La question migratoire, soyons simples,
on
a besoin de plein de gens. Mais la question... L'immigration, ce n
'est
pas un droit, en fait. Il y a un droit d'asile qu'il faut l'exercer dans des conditions non détournées. Mais il n
'y a
pas de droit à la migration. Ce n'est pas une chance, non plus. Ça peut être une chance si c'est bien, bien géré. Ça n
'a
pas toujours été le cas. C'est une nécessité. Donc, on a besoin de plein de gens. Si on arrête, il n
'y
a plus un autobus qui circule.
Vous
le savez très bien.
Mais qui va s'occuper de nous quand on sera vieux, surtout ?
Alors, ça, c'est les robots, on dirait.
Non, non. Vous n'allez pas dire comme Zemmour que c'est des robots qui doivent laver,
nettoyer les chambres des gens dans les EHPAD. Je ne parle pas comme Zemmour. Je continue à répondre à votre question. Alors, on a besoin de plein de gens, mais ce n
'est
pas au passeur de décider. Donc, regardez ce que fait l'Europe. Après, c
'est
beaucoup discuté sur ces sujets, parce qu'évidemment, on peut les interpréter de façon morale, philosophique, théorique, etc. Ceux qui disent qu'on va renvoyer tout le monde disent n'importe quoi. Et ceux qui disent qu'il faut donner l'asile au monde entier parce qu'on a mal agi dans le passé disent n'importe quoi. Donc, on est au milieu.
Il
faut gérer les choses comme la gauche scandinave. Rokardien. Vous
dites dans le
livre. La gauche scandinave.
La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit y prendre sa part.
Il avait raison. Il s'était fait engueuler. Et quand le président Mitterrand avait dit il y
a
quand même un seuil de tolérance, à un moment donné qui peut changer d'ailleurs. Tous les moralistes étaient indignés. Il s'était rétracté légèrement et Lévi-Strauss l'avait critiqué de s'être rétracté. Quatrième point. Il faut gérer ça.
Quatrième point, c'est l'Europe. Si
on écarte les extrêmes hystériques. D'accord.
Quatrième point, c'est l'Europe. Et là encore, vous savez bien que l'échiquier politique français est divisé entre les souverainistes, les européistes, les maastrichiens, les anti-euros, etc. Comment, là encore, va-t-on chercher une concorde minimale sur l'Europe
? Aucun
pays actuellement de l'Europe ne veut en sortir.
Bon,
ils n
'en
sont pas idiots. Il y
a
l'exemple du Brexit. Mais aucun pays n'est fédéraliste.
Il
n'y
a
même pas de parti fédéraliste en Belgique. Donc le mot... Alors après,
on
peut comprendre le mot fédéraliste de façon agressive ou simplement neutre comme une sorte de répartition des compétences. Mais je pense qu'il faut viser plutôt l'axe de la Confédération. Il faut trouver un compromis. Enfin, je propose qu
'on
trouve un compromis entre les plans de compétitivité, le rapport Draghi, le rapport l'État et d'autre part des signaux souverainistes, modérés, intelligents, combinaient les deux au lieu de les opposer sans fin. Par exemple, quand on aura fait entrer les quelques pays qui se sont préparés à entrer dans l'Union depuis des années et des années avec un calendrier spécial pour l'Ukraine pour que ça ne foute pas en l'air toute la politique agricole commune, il faut supprimer le commissaire et
l
'élargissement.
Je
pense qu'il faut arrêter de répéter comme un mantra l'Union sans cesse plus étroite. Ce n
'est
pas vrai. Regardez la France et l'Allemagne aujourd'hui. Ce sont des petits signaux pour que les élites se résignent, les élites européennes européistes se résignent à envoyer au peuple européen un message comme quoi on vous a compris quand même en
partie. Oui,
oui,
oui.
Et
vous dites qu'il faut arrêter de parler de construction européenne, ça suffit, l'Europe est là, on arrête de construire, on fait avec ce qu'on a. Oui, on fait
une fête et on met des bouquets sur le...
Et
donc, une fois qu'on a traité ces quatre thèmes ou en tout cas qu'on a décidé qu'il ne soit plus un problème et qu
'il
ne nous empêche plus d'avancer,
on redresse
les finances publiques françaises. Hubert Védrine, est-ce que vous y croyez ? Est-ce qu'on a, un, le peuple pour ? Est-ce qu'on a la jeunesse pour ? Et est-ce qu'on a les tripes pour ? Moi, j'ai tendance à croire que c'est foutu. Mais vous dites qu'il faut aussi tordre le cou au déclinisme.
Alors, il
faut me convaincre que ce n
'est
pas foutu.
Non, mais le déclinisme, il y a tout un débat sur le déclinisme. Si c
'est
un constat du décrochage occidental ou européen ou français, c'est évident dans les chiffres. Mais après, ça ne doit pas être une philosophie. Personne n'est pour le déclin. Enfin, c'est un autre débat, ça pour rapport à ça. Est-ce que j'y crois ? Oui, quand même. Sinon, je n'aurais pas fait ce petit essai. Je pense que c'est la des clés pour le dire.
Et
qu'une partie de... Pas ce qu'on entend dans les débats dans le monde médiatique où ils sont obligés de traiter ce qui est le plus urgent, le plus immédiat. Mais il
y a
une partie des gens qui ont en ras-le-bol de la façon dont on ne peut plus parler dans ce pays. L'exagération, l'hystérie, les attaques personnelles au lieu de débattre. Je fais le pari quasiment dans tous les partis, en fait. Donc, ce n
'est
pas un engagement spécifique.
Vous allez l'envoyer à tous les candidats à la présidentielle
? Oui. C'est fait avec une dédicace, Hubert Védrine ? Oui, oui. Je ne
vais
pas faire de commentaire en plus, mais je signerai. Je vais l'envoyer à tous les candidats et à tous les gens qui sont importants dans le débat public contemporain.
Hubert Védrine, au micro de Radio Classique, il publie 2027 le rendez-vous du courage, point d'interrogation. Question qu'il pose aux candidats à l'élection présidentielle. Ça paraît chez Plon dans la collection Questions ouvertes,
je vous le recommande. Parce
que le courage, je suis des électeurs aussi.
Oui, c'est pour ça que je vous demandais si le peuple français, sa jeunesse, ses politiques étaient prêts et considérait que tout n'était pas foutu. Vous avez répondu à cette question. Merci Hubert Védrine. À suivre le rappel des titres, la revue de presse d'Hervé Gatégnaud et le grand retour de Franz Olivier Gisbert. Notre esprit,
notre esprit... ...