1936-2026 : comment le Front populaire continue d’inspirer la gauche – La Fête de l'Humanité 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 3:05OuverteRéponse directe
Est-ce que le nouveau Front populaire de 2024 avait vraiment quelque chose de commun avec celui de 1936 ?
- 6:49RelanceRéponse partielle
Pourquoi les mêmes causes ne produisent-elles pas les mêmes effets en termes d'union ces derniers temps ?
- 8:53OuverteRéponse directe
Est-ce plus difficile de faire un Front populaire dans des institutions présidentielles ?
- 13:01OuverteRéponse partielle
Un vrai front antifasciste demain doit-il dépasser les frontières de la gauche ?
- 17:03OuverteRéponse directe
Est-ce que la gauche seule suffira pour battre l'extrême droite en 2027 comme en 1936 ?
- 19:53OuverteRéponse directe
Pouvez-vous décrire la société en mouvement de 1934-1935 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:30InvitéFait
« L'élection d'un président de la République au suffrage universel direct, c'est une crapulerie, cette histoire-là. »
- 11:21Invité politiqueFait
« Quand j'entends Mme Berger dire que le grand remplacement est un objet de débat, non, c'est un objet raciste, point barre. »
- 11:48Invité politiqueFait
« Ils n'ont pas raison de dire que l'immigration ne serait pas une chance pour la France. C'est l'inverse. L'immigration est une chance pour la France et il faut l'affirmer aussi fermement que cela. »
- 15:50InvitéPromesse
« Le SMIC à 1700 euros net, l'attaque Zuckmann, la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, un grand plan pour la santé environnementale. »
- 27:31InvitéFait
« c'est un travail pour construire une conscience de classe »
- 27:37InvitéFait
« la xénophobie c'est pas une nouveauté de la part de l'extrême droite d'aujourd'hui, c'est une constante dans ce que propose l'extrême droite »
- 27:47InvitéFait
« si on vire des étrangers peut-être que là votre ressort à vous pourra s'améliorer »
- 27:59InvitéFait
« quand les françaises et les français et les étrangères et les étrangers quand les personnes qui vivent sur cette terre se disent on peut changer les choses on va s'organiser pour obtenir des choses et bien ils peuvent obtenir des choses considérables »
- 28:53InvitéFait
« Léon Blum c'était une gauche radicale de gouvernement »
- 34:12Invité politiqueFait
« il y a d'abord une question de rapport de force »
- 34:22Invité politiqueFait
« on n'obtient jamais rien sans rapport de force dans ce pays »
- 34:38Invité politiqueFait
« on a jamais dit qu'on essayait de faire une avant-garde révolutionnaire éclairée etc »
- 35:29Invité politiqueFait
« Léon Blum il faisait super peur il avait des campagnes antisémites tous les matins il avait des campagnes en disant que c'était un agent de l'étranger »
- 44:00Invité politiquePromesse
« on maintient la 6ème semaine de congés payés dans les objectifs de notre programme »
- 44:10Invité politiquePromesse
« retour à la retraite à 60 ans »
- 44:36Invité politiquePromesse
« le SMIC à 1700 euros »
- 50:57Invité politiqueFait
« il était contre les 40 heures »
- 51:09Invité politiqueFait
« il faut rassurer les capitalistes »
- 51:12Invité politiqueFait
« j'assume de mener une politique libérale et orthodoxe sur le plan économique »
- 51:16Invité politiqueFait
« je ne veux pas taxer les plus riches »
- 51:19Invité politiqueFait
« je ne veux pas taxer les profits les dividendes etc »
- 51:24Invité politiqueFait
« il faut les faire revenir en France »
- 51:27Invité politiqueFait
« au dessus de la gauche et de la droite il y a les intérêts du pays »
- 51:32Invité politiqueFait
« les capitalistes ils n'ont pas réinvesti dans l'économie française à cette époque »
- 51:41Invité politiqueFait
« les prolétaires n'ont pas de patrie mais les capitalistes non plus »
- 52:11Invité politiqueFait
« deux piliers majeurs c'est d'une part la redistribution des richesses »
- 52:25Invité politiqueFait
« c'est ce qu'on appelle de plus en plus les communs »
Temps de parole
- Clémentine Autain22 %
- Antoine Léaument20 %
- Invité15 %
- Invité 215 %
- Présentateur13 %
- Invité 313 %
- ?2 %
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Il
y a donc un peu plus de 90 ans, la gauche unie obtenait une de ses plus belles victoires en France.
Il
y a 90 ans, les partis communistes, socialistes, radicals, rassemblés dans le front populaire ont reputé une nette majorité aux élections législatives. Grâce aux grèves qui devaient succéder à ce succès en juin 38, les droits sociaux font un bond énorme. Liberté syndicale, hausse majeure des salaires et en particulier des petits salaires, semaines de 40 heures. Il y a 90 ans, quasiment jour pour jour, les travailleurs et travailleuses revenaient de leur tout premier congé payé. Ce sont les deux premières semaines de congé payé qui ont été obtenues de haute lutte quelques semaines plus tôt.
Vous
le voyez un petit peu partout sur la fête, il
y
a des hommages, des expositions sur le front populaire. Ici même, vous pouvez admirer des photos à l'Agora qui rappellent ces moments du printemps et de l'été 36. C'est particulièrement émouvant et là, on a été plutôt mis dans l'ambiance par la chorale populaire de Paris, évidemment. À quelques mois d'élections, plus que majeures, évidemment, souvenir y donne envie. Mais comment le front populaire inspire encore les partis de gauche aujourd'hui ? Pour tenter de répondre à cette question, nous sommes cinq personnalités ce soir à l'Agora.
D
'abord, Guillaume Roubaud-Kouachi, bonsoir. Vous êtes directeur de la maison Aragon Triolet, membre de la direction du Parti communiste et historien, ce qui ne gâche rien pour un débat comme celui-là. Chloé Ridel, vous êtes eurodéputée socialiste et vous étiez notamment chargée de la coordination du nouveau projet socialiste publié avant l'été. Antoine Léaumant, vous êtes député de la France insoumise de l'Essonne. Vous jouez ici,
j
'allais dire vous jouiez à domicile, mais je ne pensais pas si bien dire. Nous sommes Marine Tondelier, malheureusement excusée et remplacée par Jean-Baptiste Pejon. Vous êtes conseiller régional d'Île-de-France, les écologistes et membres de la direction des écologistes chargés des élections. C'est bien ça, des élections de 2027. Et puis enfin, nous avons une historienne qui n'est pas une responsable politique de premier plan, Ludivine Bantini, qui
a
aussi son petit fan club. Vous avez publié il y a quelques mois la Bourse ou la vie, le Front populaire histoire pour aujourd'hui, aux éditions La Découverte. Je n'ai pas ramené le livre,
mais
Antoine Léaumant sait faire de la communication. Nous sommes cinq, nous avons une heure. Je vous demanderai de faire des réponses plutôt courtes, même si je sais que c'est très frustrant. Justement, pour y aller directement et mettre les pieds dans le plat, évidemment, la référence au Front populaire, elle est évidente ces dernières années, puisque la dernière Union de la gauche, elle s'est appelée le nouveau Front populaire en 2024. Mais pour y aller directement, Ludivine Bantini, est-ce que ce nouveau Front populaire, il avait vraiment quelque chose de commun avec le Front populaire de 1936
?
Oui, bonjour à toutes et à tous. Je suis heureuse de participer à ce débat, honorée aussi, mais surtout, oui, déterminée, faire en sorte qu'il soit utile pour aujourd'hui. Ce n
'est
pas juste un fétichisme du passé, ce n
'est
pas juste pour retourner en arrière, mais c'est vraiment pour que ça nous soit précieux, que ça nous donne de l'énergie, avec aussi beaucoup de lucidité. C'est ça qui me paraît important, c'est de ne pas avoir uniquement des mythologies en tête sur cette histoire, mais qu'on en tire vraiment des conséquences pratiques, stratégiques, de projets, avec de la force et aussi de la joie, parce qu
'il
y
a
eu beaucoup de joie sous le Front populaire. Oui, les points communs, c'est qu'il y avait à l'époque, comme aujourd'hui, une grave crise du capitalisme, qui faisait aussi la démonstration de ces contradictions terribles, parce qu'à l'époque, dans les années 30, il y avait une crise de surproduction. Alors du coup, une partie des grandes entreprises détruisaient des marchandises, des denrées alimentaires, alors que d'un autre côté, il y avait des gens qui se couchaient le ventre vide.
Donc, à gauche, dans les partis qui, à l'époque, dans les organisations, les syndicats, le peuple de gauche, parce que ça allait bien au-delà des partis politiques, le peuple de gauche, c'est un peu comme aujourd'hui, c'est vous toutes et vous tous, c'est-à-dire des organisations syndicales, politiques, associatives, des coopératives, des ligues, comme la Ligue des droits humains, désormais. Et c'était ça la force, c'était d'avoir un projet émancipateur, de justice, et se tenir à ce programme. Donc ça, je pense qu'on l'a retrouvé en 2024, dans cette décision d'être unitaire, dans cette perspective, et bien sûr, on ne comprend pas le Fonds populaire de l'époque, si on n
'a
pas en tête sa puissance antifasciste. Parce que ce peuple de gauche qui s'est soulevé dès 1934, en s'organisant dans des comités, des collectifs, toutes sortes de mouvements, des manifestations, des rassemblements, et interpellant les organisations politiques et syndicales pour qu'elles s'unissent, alors que franchement, même si on déplore aujourd'hui le niveau de division des gauches, à l'époque, si ça peut nous rassurer, le niveau d'hostilité entre les différents partis de gauche était encore bien plus élevé aujourd'hui. Voilà, donc il faut bien l'avoir en tête pour peut-être se donner là aussi de la force.
Et justement, il y a eu une puissance de l'auto-organisation populaire par tous ces collectifs que, me semble-t-il, il faut reproduire aujourd'hui, et qui, pour aller dans le sens de votre question, Rachel,
et
je m'arrêterai peut-être là sur le premier point, c'est ce qui s'est passé aussi en 2024. C'est-à-dire que, en fait, tous autant que nous sommes, nous ne nous disons pas, on attend un sauveur suprême, ou même on attend que la gauche gagne, on veut que la gauche gagne. Mais on ne se le dit pas passivement en se disant, si la gauche gagne, on va les laisser faire. Et c'est ce qui s'est passé en 1934-1936, c'est qu'au-delà de ces comités, ce qui s'est passé en mai, en juin 1936, et dans les semaines et les mois qui ont suivi, c'est que cette auto-organisation ouvrière populaire, elle s'est poursuivie.
Elle s'est poursuivie dans des grèves, elle s'est poursuivie dans des comités de lutte, en se disant, c'est pas parce que la gauche arrive au pouvoir qu'on se contente de la laisser faire. On garde notre capacité d'agir.
On
va revenir, évidemment, sur ça. Mais je veux d'abord quand même insister sur le front antifasciste. Le front populaire, il se crée après la manifestation des ligues de 1934. Donc la menace d'une prise de pouvoir imminente par l'extrême droite, on peut dire qu'aujourd'hui, on est dans une situation comme ça. Peut-être, Guillaume Roubault-Kouachy, j'ai l'impression que les mêmes raisons ne produisent pas les mêmes effets au niveau unitaire ces derniers temps. Comment ça s'explique
? Ce
n
'est
pas facile de répondre à cette question. Il n
'y
a pas de question facile ici. Les
mêmes causes
produisent-elles les mêmes effets
?
En tout cas, ce qui est certain, c'est que la période dans laquelle on vit, elle est évidemment une période où on est confronté d'une manière
peut
-être inédite par sa gravité, son intensité, à quelque chose comme le risque d'un retour de l'extrême droite au pouvoir. Je dis un retour parce qu'en ce moment, on nous invente l'idée selon laquelle le Rassemblement national, évidemment, et l'extrême droite, ça n'a rien à voir, elle ne s'inscrit pas dans une histoire. L'extrême droite a une histoire dans notre pays, et si l'extrême droite gagnait les élections, ce serait un retour au pouvoir parce qu
'ils
l'ont déjà exercé. C'était en 1940 et 1944, on le sait bien. Alors maintenant, la question est, parmi les éléments qui font la différence, ici je vais faire le parallèle avec la question de 2024, 2024, c'est intéressant, qu'est-ce que c'est ? C'est des élections législatives. C'est un point intéressant à noter, quand même. Ça veut dire que des élections législatives, ça veut dire que vous avez toute une série, vous
avez
une pluralité de candidats. Il faut d'ailleurs rappeler qu'au moment du Front populaire, il y a d'ailleurs plusieurs candidats au premier tour, lors de ces élections législatives. Je le dis comme ça, par ailleurs. Parce que sinon, on ne comprendrait pas d'ailleurs... Il
y a
un autre mode de scrutin aussi. Non, c'était un scrutin d'arrondissement aussi. Mais on pouvait se qualifier beaucoup plus facilement, enfin bon, on
ne va
pas rentrer dans
les détails de chiffre. En tout cas, ce qui est
certain, c'est que... C'est d'ailleurs ce qui a permis que la seule force qui est montée au moment du Front populaire, vraiment, c'est le Parti communiste qui passe de 10 députés à plus de 110 députés. Et c'est aussi parce qu'il y
a
plusieurs candidats. Sinon, ça n'aurait pas pu être le cas. Là, on est confronté à une situation qui est évidemment difficile, une situation contre laquelle, au Parti communiste, on s'est battu depuis le départ, qui
est
celle de l'élection d'un président de la République au suffrage universel direct. C'est une crapulerie, cette histoire-là. Il faut être très clair. L'idée qu'un homme, la rencontre entre un homme et un peuple, un homme qui concentre tous les pouvoirs, ça n'a aucun sens. Il est évident que si on veut changer les choses, il faut le faire de manière collective. Et évidemment, de ce point de vue-là, il y a un piège de l'élection présidentielle, c'est absolument certain, et qui ne nous aide pas, évidemment, par rapport à la question qui est posée. Antoine
Léomant, c'est plus difficile de faire un Front populaire dans des institutions présidentielles
?
Présidentielles
?
Oui. Déjà, merci beaucoup pour l'invitation et l'invitation à mettre en débat ce qui fait partie d'une histoire commune, je pense, pour nous tous. Je pense que si vous demandiez à l'ensemble des personnes ici présentes si le Front populaire, ça veut dire quelque chose pour nous, la réponse est oui. Alors après, on a peut-être des analyses qui peuvent être un peu différentes. Effectivement, le mode de scrutin de l'élection législative, que ce soit aujourd'hui ou que ce soit à l'époque, il permet ce qu'on a appelé à l'époque les désistements au second tour, puisque à l'époque du Front populaire de 1936,
ce
qui se produit, c'est qu'il y
a
des désistements au second tour sur la base d'un programme commun qui était assez minimal. Et en réalité, la plupart des conquêtes sociales obtenues par le Front populaire ne sont pas inscrites dans le programme, sont obtenues par la lutte. Par exemple, les deux semaines de congés payés n'étaient pas dans le programme du Front populaire. Donc on voit bien qu'on peut très bien avoir des programmes qui sont super. S'il n'y
a
pas d'action populaire pour essayer de les mettre en œuvre et de les mettre en œuvre parfois même en allant peut-être un peu plus loin que les programmes, eh bien il peut y avoir quelque chose qui manque. Ensuite, ce mode de scrutin législatif, il est vrai aux élections législatives de 2024, il a permis qu'on reproduise ce nouveau Front populaire. Mais je voudrais quand même
ne
pas oublier les étapes précédentes qui ont permis que ce Front populaire existe en 2024. C'est qu'en 2022, il y avait eu une élection présidentielle dans laquelle Jean-Luc Mélenchon avait fait 22% des voix.
C
'est en 2022 que fort de ce score, nous avons été dans une démarche qui était de tendre la main.
Et
on aurait pu faire totalement différemment. On aurait pu se dire « Ah non, on va y arriver tout seul, je ne
sais
pas quoi, on est trop fort, etc. » Ça n'a pas été notre logique. Et je redis, pour essayer de prendre des éléments qui sont actuels aussi, ça n'est pas non plus notre logique aujourd'hui. Ce
n'est
pas nous qui disons « Nous ne voulons de personne, partez, on ne veut pas de vous. » C'est l'inverse. On n'arrête pas de dire l'inverse. On n'arrête pas de dire « Venez nous aider, venez faire avec nous, faisons ensemble. » Donc,
il
y a un enjeu et un danger qui est face à nous qui est la possibilité, et je suis d'accord, la possibilité d'un retour du fascisme. Et la pente fasciste est prise dans un certain nombre d'endroits, particulièrement dans le monde médiatique. D'accord ?
Et
quand on voit cette pente, il y a des gens qui la dévalent. Quand j'entends Mme Berger dire que le grand remplacement est un objet de débat, non, c'est un objet raciste, point barre. Et quand on est ministre en charge de la lutte contre les discriminations, c'est ça qu'il faut dire. La pente fasciste est là. La question est de savoir comment on y résiste. Et on résiste à la pente fasciste en ne laissant pas un seul centimètre à nos adversaires, c'est-à-dire
en
contestant sur tous les points le monde qu'ils essayent de nous vendre. Non, ils n'ont pas raison de dire que l'immigration ne serait pas une chance pour la France. C'est l'inverse. L'immigration est une chance pour la France et il faut l'affirmer aussi fermement que cela. Ne jamais barguigner. Quand nos compatriotes musulmanes sont mis en cause parce qu'elles portent le voile, il faut dire que l'unité du peuple passe par la défense des libertés publiques.
Et
c'est comme cela, je pense. En traçant une ligne,
un
cap,
en
ayant un programme qui puisse rassembler non pas les partis politiques, parce qu'il ne s'agit pas de cela et vous l'avez très bien dit, pas seulement de cela,
en
rassemblant le peuple, en faisant en sorte que ceux qui veulent une vie différente puissent se mettre ensemble, quelle que soit la décision des organisations politiques qui par ailleurs peuvent commettre des erreurs et tous ici, sans doute, nous en avons déjà commises. Donc moi, si j'ai une chose à vous dire, puisque on est à la fête de l'Huma, faites en sorte qu'il soit possible à la fin que nous soyons tous ensemble parce que c'est la condition de la victoire. Et je ne parle pas seulement des organisations politiques, je parle des associations, je parle des syndicats et je parle de toutes celles et ceux qui en ont par-dessus la tête du système capitaliste.
Chloé Rydel, en 1936, ce front antifasciste, on l'a dit, c'était les socialistes, les communistes, c'était aussi les radicaux qui étaient un parti qui allait même jusqu'au centre droit, je passe sous le contrôle des historiens sur la scène. Est-ce que ça veut dire qu'un vrai front antifasciste demain en France, il doit dépasser les frontières de la gauche
? On
verra, en tout cas, ça doit partir de la gauche. C'est notre héritage. Et vous faites d'autant mieux de poser ce débat sur ce que le Front populaire a à nous apprendre aujourd'hui que l'extrême droite, elle est aux portes du pouvoir. Et moi, je crois que cette expérience du Front populaire qui a duré très peu de temps en réalité, un an, un an et demi dans l'histoire française mais dont on parle encore aujourd'hui, a beaucoup de choses à nous apprendre. Antoine, tu viens de le dire à l'instant. Moi, je pense qu'il y a quatre grandes leçons qu'on peut retenir pour qu'on conduise la gauche à la victoire et qu'on mène ce front antifasciste au gouvernement.
La première des choses qu'avait réussi à faire le Front populaire, c'est une union des gauches exemplaire, sans volonté d'hégémonie des uns sur les autres. Je me permets de te répondre cela, cher Antoine.
une
union de la gauche exemplaire
où
les socialistes arrivés devant pour la première fois d'ailleurs, sont allés au gouvernement et où les communistes ont dit on ne va pas, on ne participe pas au gouvernement mais on soutient très bien chacun à sa place.
La
deuxième chose qui me semble important de retenir du Front populaire, c'est la conjonction effectivement de cette mobilisation syndicale incroyable et d'une gauche qui est au gouvernement et prête à l'entendre. Aujourd'hui, on a un mouvement syndical qui est affaibli par le tournant qu'a pris le capitalisme, des salariés qui sont de plus en plus atomisés dans leurs entreprises, laissés seuls, les indépendants aussi. Donc on a besoin de reconstruire un Front syndical digne de ce nom et il ne suffira pas de demander aux gens d'aller se syndiquer. Oui, c'est bien mais il faut forcer les entreprises à investir dans les syndicats avec par exemple le chèque syndical. Qu'est-ce que c'est ?
C'est obliger les entreprises à donner un chèque à chacun de leurs salariés pour qu'ils le dépensent dans un des syndicats de leur choix. Ça, ça conférera une forme d'indépendance financière au syndicat dont nous avons besoin. Et c'est aussi en imposant et c'est dans le projet socialiste que j'ai coordonné la moitié de représentants des salariés au conseil d'administration de toutes les entreprises. C'est en faisant la démocratie en entreprise qu'on redonnera de la vigueur au Front syndical et qu'on pourra retrouver cette force-là.
La
troisième chose qui a fait la force pour moi du Front populaire c'était des mesures emblématiques
des
mesures sociales pour le travail.
On
va y venir.
On l'a dit mais oui mais aujourd'hui quelles sont nos mesures emblématiques ?
Tu
en as cité quelques-unes Antoine mais il faut qu'on arrive avec ce même type de programme qu'on répète tous inlassablement et qu'on reprenne en cœur. Le SMIC à 1700 euros net l'attaque Zuckmann la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles un grand plan pour la santé environnementale pour faire en sorte que notre environnement ne soit plus saturé de pollution il faut qu
'on
prenne des mesures emblématiques et qui fassent débat et qui nous réunissent toutes et tous. Et puis enfin je terminerai là-dessus une des choses qui pour moi a fait le Front populaire
et
la chorale que nous avons écoutée jusqu'avant a donné à le voir. C'était une forme de joie et de bonheur dans la lutte. Vraiment. Et pour ça les communistes avaient apporté beaucoup avec des chansons. Il y avait une chanson du Front populaire qui s'appelait Allons au devant de la vie.
De
la vie la vraie pleine libre entière. Et la devise pain paix liberté cette espèce de projection dans ce que nous voulons construire de grand et pas simplement un front antifasciste mais aussi comment est-ce qu'on va prendre notre vie et reprendre le contrôle sur notre vie à travers la question de la liberté qui pour moi est très importante et que nous devons reprendre à la droite et à l'extrême droite qui l'ont défiguré depuis si longtemps.
Jean
-Baptiste Pejon se fera antifasciste. Est-ce que la gauche ça suffira ?
Est
-ce qu'il va falloir aller au-delà pour battre les fascistes l'extrême droite en 2027
comme
en 1936
?
Déjà je vais vous dire merci pour l'invitation. Merci pour ça. Vous savez les écologistes en 1936 ils n'existaient pas puisqu'on a un parti qui est né dans les années 70 en 1974 et ce que Chloé a dit était très important le slogan à cette époque-là du Front Populaire c'était pain paix liberté et dedans il y
avait
notamment le pain avec l'office du blé qui s'est monté pour une juste rémunération des agriculteurs. Nous c'est ce qui a fait le coeur si vous voulez de l'écologie politique dans les années 70 puisque notre premier candidat à la présidentielle René Dumont était agronome et on s'est construit sur ces valeurs-là donc pour nous effectivement c'est central et c'est aujourd'hui ce qui reste dans l'héritage. Maintenant moi je pense je suis convaincu notamment je suis un défenseur de l'union et d'ailleurs aujourd'hui notre slogan chez les écologistes c'est l'écologie et l'union
et on
ne peut pas avoir une victoire sans programme de rupture et on ne peut pas avoir de programme de rupture en dehors de la gauche et pour moi ça c'est assez clair. Aujourd'hui je le pense vraiment aujourd'hui on a une question effectivement à se poser c'est quels ont été les enseignements de 1936 qui ne
se
sont pas faits que sur des questions programmatiques mais qui ont dû se solidifier au fur et à mesure du temps et surtout qui se sont faits avec l'appui de la société civile organisée parce que ça a été dit si la victoire a été faite en mai 1936 c'est seulement en juin avec des fortes mobilisations et 2 millions de personnes donc dans la rue qu'on a pu obtenir de grandes avancées sociales donc demain il n'y aura pas en réalité d'avancer pour la gauche sans conquête sociale par le corps intermédiaire et donc c'est pour ça il faut se syndiquer il faut compter sur nos syndicats il faut unir les syndicats et il faut faire des luttes intersyndicales moi j'y crois très fortement et chez les écologistes c'est central et puis aujourd'hui on va pouvoir effectivement travailler à l'union mais pour travailler à l'union il faut un programme commun on y a travaillé déjà en 2022-2024 et je pense qu'on peut encore s'entendre il
y
a évidemment des choses sur lesquelles on ne s'entend pas mais c'est aussi comment est-ce qu'on peut gouverner ensemble comment est
-ce
qu'on peut construire une assemblée nationale ensemble et tout ça sont des étapes qui ne se travaillent pas au dernier moment ou alors qui ne se travaillent pas à la rage j'ai envie de dire mais qui doivent se construire solidement parce que une des erreurs d'ailleurs du Front populaire c'est qu'en fait en 1937 il tombe et il tombe aussi parce qu'il est fragile donc ne reproduisons pas cette erreur on y tiendra donc travaillons à une source solide et je pense qu'on peut y arriver et enfin j'aimerais dire justement cette première chose je pense que la force de la gauche et des parties de gauche c'est pas de penser toutes et tous pareilles mais c'est d'être en capacité dans les grands moments de l'histoire à faire un bout de chemin ensemble et à savoir avancer dans le même sens quand l'histoire nous y oblige et je pense qu'on peut y arriver
Ludivine Bantini ce Front antifasciste en fait il commence avant en 1936 c'est une société qui se met en mouvement dès 1934-1935 vous pouvez nous décrire un petit peu cette société qui se met en mouvement à ce moment là
je
vais revenir un petit peu compris sur ce qui a été dit par les unes et les autres parce que c'est une discussion et encore une fois pas seulement pour le plaisir de l'histoire mais pour ce qu'elle peut nous apporter aujourd'hui par rapport à ce que tu disais Chloé
en
fait il ne
faut
pas non plus s'imaginer que au début des années 30 la syndicalisation aurait été très forte c'est l'image qu'on en a à posteriori mais là aussi peut-être pour nous rassurer sur notre situation à nous à l'époque le taux de syndicalisation en 1935 il est plus bas que celui d'aujourd'hui et donc la syndicalisation elle s'est faite justement par cet élan par ce mouvement il y a eu un énorme progrès de la syndicalisation de l'engagement politique syndical associatif mais paraidant le mouvement justement paraidant ce soulèvement populaire qu'a été ce moment où comme j'ai essayé de le dire tout à l'heure il y a plein de collectifs partout qui se sont mobilisés ça c'est une chose très importante parce que sinon c'est vrai qu'on est un peu écrasé on se dit ah ouais mais à l'époque ils étaient très forts ils avaient des organisations très puissantes donc voilà ça c'est une première petite nuance mais surtout non pas pour le plaisir de polémiquer pas du tout sur des points précis mais pour se dire voilà ça nous renforce aussi deuxièmement par rapport à ce que tu disais également sur le fait que c'était une unité impeccable le front populaire en 1936 quand on regarde les archives de Léon Blum on peut en douter parce que et ça là encore qu'est-ce qu'on en tire pour aujourd'hui le parti radical le parti radical Rachel que vous évoquiez le parti radical avec lequel se sont alliés les socialistes et les communistes il était divers dans sa composition différentes factions comment ?
des différentes factions
il
y
avait différentes ailes mais il faut quand même se rappeler que les dirigeants du parti radicaux avant le front populaire ils gouvernaient avec la droite le chef du parti radical il s'appelait Edouard Hériot il gouvernait dans une formation commune avec Pierre Laval de sinistre mémoire plus tard puisque c'était le principal ministre de Pétain et avec Philippe Pétain lui-même donc en fait Léon Blum d'ailleurs il disait mais il y a une partie de ces radicaux là qui se disent front populaire mais ce sont des radicaux douteux ce sont des radicaux qui ne vont pas véritablement faire une alliance sincère sur un projet émancipateur parce que le parti radical il n'était absolument pas anticapitaliste il disait l'économie de marché c'est très bien il ne
faut
pas toucher aux rapports sociaux de production il n'était pas non plus du tout féministe il disait il ne faut absolument pas de droit pour les femmes et en particulier pas de droit de vote des femmes il était contre les grèves considérer que les grèves les luttes sociales ce qu'on disait la lutte de classe c'était un désordre donc en fait il faut qu'est
-ce
que ça nous dit aujourd'hui c'est s'interroger sur le périmètre de l'alliance il faut faire une alliance de gauche une unité comme sur le Front Populaire mais là il y avait un vice de forme dès le départ parce qu'une aile importante du parti radical comme le disait d'ailleurs Léon Blum en l'analysant dans ses brouillons était prête à se retourner et à mettre un coup de poignard dans le dos de ses alliés Front Populaire à la première grève venue et c'est ce qui s'est passé et c'est aussi pour ça qu'il y a eu une obstruction totale contre le gouvernement des Léon Blum par ses membres radicaux donc si vous voyez un petit peu ce que je veux dire je ne
vais
pas le dire franchement politiquement c'est à chacun et chacune de tirer les conclusions mais c'est en fait par exemple on ne s'allie pas avec la droite même quand elle se dit de gauche
pour
revenir sur le front
antifasciste
une dernière petite chose on ne s'allie pas avec la droite même quand elle se dit de gauche et qu'elle mène une politique de droite quand elle est au pouvoir et la dernière chose c'est sur les conventions collectives c'est très important ce qui a été rappelé notamment par Chloé ou par Antoine les conventions collectives c'est énorme parce que c'est une réforme j'aurais pu dire une réforme révolutionnaire parce que ça vient briser les contrats individuels de travail ça veut dire que ça renforce les travailleuses et les travailleurs concrètement face à leurs employeurs ça leur donne un bras de fer beaucoup plus favorable plutôt que les contrats individuels comme ça qui subordonnaient les gens à la puissance patronale mais je rappelle quand même je suis désolée je ne
suis
pas responsable politique mais j'en fais de la politique parce que la politique appartient à tout le monde c
'est
ce que disaient les gens du Front Populaire justement lors des 80 ans du Front Populaire en 2016 il y a eu une loi une contre-réforme qui s'appelait la loi travail c'était symbolique c'était 80 ans après les conventions collectives ça
venait
casser ça ça venait casser les conventions collectives ça venait en fait briser l'idée que c'est à l'échelle des branches à l'échelle des branches professionnelles qu'on a de la force et qu'on est solidaires ça venait ramener à l'échelle individuelle et au niveau des boîtes le rapport avec le patronat et donc en fait on ne
peut
pas on ne
peut
pas gouverner avec un tel programme ce n
'est
pas possible
je
voudrais quand même revenir
je
voudrais revenir sur la question de la mise en mouvement de la société parce qu'évidemment on retient les trois parties mais c'est bien autre chose le Front Populaire Guillaume Roubault-Kouachi le Parti communiste il
a
une longue histoire de lien avec le mouvement syndical comment est-ce qu'en 2026-2027 c'est possible de remettre la société en mouvement sur un projet politique fort de rupture
? Il y a quand même plusieurs questions à se poser c'est que
d
'abord
quel
est l'état de la situation française d'un point de vue idéologique il y a deux lectures soit on se dit la gauche a perdu la bataille des idées et en gros il faut faire le doron et plus tard peut-être les choses repartiront soit on considère que si je prends un exemple comme celui par exemple de la bataille des retraites il y a eu une offensive idéologique générale permanente pour consister à nous faire avaler cette réforme des retraites et malgré tout cela et bien il
y
a une majorité absolue dans le peuple parmi les organisations syndicales qui disent non nous sommes toujours opposés à la réforme des retraites et ça
qu
'est-ce que ça dit ça dit donc que la bataille idéologique elle n'est pas perdue dans notre pays ça veut dire que la majorité du peuple de France elle n'est pas aujourd'hui ralliée définitivement et totalement et complètement à l'extrême droite alors ça veut donc dire que si aujourd'hui dans les enquêtes d'opinion on nous dit que la gauche c'est entre 25 et 35% ça veut dire que c'est notre faute ça veut dire que c'est pas les français et les françaises qui seraient douze de droite ça veut dire que ce qu'ils entendent de la gauche visiblement alors qu'ils savent résister quand on leur dit il faut travailler jusqu'à 67 ans ou comme l'on dit chez les macronistes en ce moment peut-être bien jusqu'à 70 ans vous avez vu c'est le commissaire au plan qui nous explique ça en ce moment et bien ça les français et les françaises ils savent comprendre comment dire qu'il faut résister contre ça mais pour l'instant il n'arrive pas à être une majorité à se dire que du côté de la gauche il
y a
quelque chose qui est intéressant alors ça nous pose à tous une responsabilité et je crois qu'on peut sortir de ça en étant à l'écoute des revendications des aspirations et en les poussant en les écoutant et en nourrissant c'est comme ça qu'on pourra aller parce que le front populaire c'est effectivement ça c'est être à l'écoute la plus immédiate des aspirations des françaises et des français je devrais plutôt dire du peuple de France parce que dans les années 30 évidemment vous savez qu'ils avaient chassé beaucoup d'immigrés mais il en restait encore et il fallait les rassembler et aujourd'hui évidemment quand je dis les françaises et les français il faut entendre bien sûr aussi toutes les personnes qui travaillent dans notre pays et qui n'ont pas toujours de papiers et qui nous font rassembler indépendamment de considérations électorales enfin le front populaire qu'est-ce que c'est ?
c'est un travail pour construire une conscience de classe parce que la xénophobie c'est pas une nouveauté de la part de l'extrême droite d'aujourd'hui c'est une constante dans ce que propose l'extrême droite il y a toujours l'idée oui la lutte est vaine ça ne sert à rien restez chez vous vous ne pourrez rien gagner par la lutte collective mais par contre si on vire des étrangers peut-être que là votre ressort à vous pourra s'améliorer puisqu'on aura diminué le nombre de mangeurs autour de l'assiette et bien je crois qu'aujourd'hui le front populaire qu'est-ce qu'il nous dit ?
il nous dit que quand les françaises et les français et les étrangères et les étrangers quand les personnes qui vivent sur cette terre se disent on peut changer les choses on va s'organiser pour obtenir des choses et bien ils peuvent obtenir des choses considérables et c'est sur la base d'un espoir effectif qu'on pourra créer des mobilisations je pense que c
'est
ça le grand message du front populaire c'est quand les français les françaises les travailleurs étrangers et étrangères de ce peuple décident de s'organiser pour reprendre en main leur destin alors ils peuvent écrire de grandes pages de l'histoire de France
Chloé
Rydel quand vous avez présenté le projet socialiste vous a dit que c'était une gauche radicale de gouvernement est-ce que cette gauche radicale de gouvernement elle s'accommode d'une pression syndicale qui
ben
oui met la pression au gouvernement pour non seulement répondre aux exigences du programme mais même aller plus loin comme en 1936
pour moi Léon Blum c'était une gauche radicale de gouvernement
tout
à l'heure quelqu'un a retracé l
'historique
mais je vous amène quand même cette année
non
mais ce que je veux dire c'est que souvent on dit Léon Blum a fait les congés payés a fait les 40 heures a fait les conventions collectives parce que les mobilisations syndicales l'y ont poussé mais la vérité c'est que Léon Blum arrive au pouvoir le 4 juin et que les accords de Matignon sont signés le 7 et le 8 juin trois jours plus tard seulement les mobilisations syndicales avaient eu lieu tout le mois de mai portées précisément par la victoire du Front Populaire au début du mois de mai et donc là je te rejoins parfois ce qui manque c'est la sensation qu'on peut gagner qu'on peut y arriver aujourd'hui on a la tête dans le seau parce qu'on nous explique que l'extrême droite a gagné les esprits
elle
est omniprésente dans les médias et parfois à la gauche nous on se couvre un peu la tête de cendre on se dit ah mais si on n'arrive pas c'est juste à cause de nous mais il faut voir ce qu'on a aussi en face de nous on a des extrêmes droites qui sont financés par des milliardaires et par une oligarchie économique de plus en plus et donc on a du mal à lutter nous contre ça parce qu'on a peu de milliardaires de gauche il y en a un qui vient apparemment juste après ce débat mais on n'en a pas beaucoup il
n
'est
pas milliardaire
donc ne désespérons pas je crois que tu as tout à fait raison quand on s'organise et qu'on soulève un espoir populaire qu'on arrive à le réveiller dans la société on peut gagner mais moi je crois encore une fois qu'il faut aussi faire la démonstration qu'on est capable de gouverner et c'est pour ça que je parle de gauche radicale de gouvernement qu'est-ce que c'est ? c'est une radicalité d'ambition dans la transformation qu'on veut pour notre société sur le plan social sur le plan démocratique sur le plan écologique mais c'est une méthode qui reste démocratique c'est-à-dire qui va chercher à dialoguer à construire du compromis c'est
pas
un gros mot c'est comme ça qu'on a obtenu les conquêtes sociales à travers l'histoire et je crois que la gauche qui apporte des victoires pour les gens c'est celle qui marche sur ses deux jambes la radicalité et aussi la culture de gouvernement et de la réforme
Jean
-Baptiste Pejon pour mettre en mouvement la société il suffit de se dire que c'est possible comme dit Chloé Rydel
il
suffit pas de se dire que c'est possible mais en tout cas il faut y travailler nous aujourd'hui notre rôle c'est de proposer une offre politique qui à la fois respecte la ligne qu'on veut construire le projet qu'on souhaite avoir pour nos concitoyens et de susciter de l'espoir et effectivement ensuite de porter une action publique de transformation après les mouvements sociaux à eux de s'organiser nous on y participe d'ailleurs on a beaucoup participé évidemment dans tous les mouvements écologiques dans toutes les marches climat dans tous ces mouvements là nous écologistes notre coeur de projet c'est évidemment de mettre l'écologie au centre et d'ailleurs on s'en félicite et on le loue le fait que aujourd'hui à gauche c'est vraiment quelque chose qui est intégré dans beaucoup de programmes et je pense que c'est une très bonne chose et c'est aussi une façon d'avancer la possibilité de travailler ensemble mais ce qui est sûr c'est que il faut qu'on accompagne cette société civile organisée elle peut s'y organiser mais par contre je suis d'accord que c'est la responsabilité des partis politiques de proposer une offre politique et de rupture et en capacité de gagner mais par contre on doit juste être là dans l'accompagnement et pas faire à la place des mouvements sociaux et de la société civile organisée qui doit aussi nous rappeler à l'ordre et nous dire regardez aujourd'hui ce que vous faites de bien ou de pas bien et d'ailleurs je pense qu'il
y a
des signaux qui ont déjà été envoyés à certaines époques de l'histoire notamment quand la gauche gouvernait pour dire regardez là ça ne va pas et donc il faut réajuster et je pense que c'est ça le rôle qu'on a aujourd'hui et j'aimerais dire que moi ce qui me suscite de l'espoir aujourd'hui c'est notre capacité à tous se parler notre capacité il faut que ça continue à toutes et tous se respecter à bien se parler parce qu'en fait ce qui va faire
qu
'on pourra transformer et peut-être gagner l'année prochaine ça sera aussi tout ce qu'on va construire dans cette séquence présidentielle et peu importe qu'il
y ait
des campagnes autonomes ou d'union au premier tour ce qu'il faudra c'est qu'on soit en capacité d'aller dépasser ces 40-50% au deuxième tour de l'élection présidentielle et je pense qu'il y
a
une possibilité que ça arrive mais pour ça on doit d'abord nous s'entendre côté parti politique et que la société civile organisée évidemment se mobilise pour nous rappeler à l'ordre de mettez-vous en marche mettez-vous en mouvement pour faire en sorte qu'on puisse gagner et je pense qu'il y
a
un chemin
Antoine Léomant c'est la question de cette pression mise sur le gouvernement même après l'élection c'est un truc qui revient beaucoup dans le discours des insoumis je ne
me
trompe pas
oui
oui pourquoi c'est important que ça ne s'arrête pas à l'élection
parce que regarder dans l'histoire et y compris dans l'histoire des gouvernements de gauche c'est aussi se rappeler que parfois quand des gouvernements de gauche arrivent au pouvoir y compris d'ailleurs
le
Front Populaire et c'est ce que je trouve très intéressant dans ton livre moi c'est
en
fait il est assez critique de l'expérience Front Populaire en disant bah quand ils arrivent au pouvoir il y a plein de problèmes qui sont posés on décide des trucs mais le patronat ne respecte pas ce qui est mis en place il y a des grèves mais le gouvernement commence à dire bah en fait il faudrait qu'on arrête la grève parce que sinon on va pas avoir l'air sérieux on va pas avoir l'air rassurant
bon
bah moi je vous dis je vous dis oui d'accord il y a une question de compromis mais il y
a
d'abord une question de rapport de force
et
le rapport de force il commence dans le peuple
et
il commence par l'action populaire et il commence vis-à-vis des possédants parce que pardon mais on n'obtient jamais rien sans rapport de force dans ce pays c'est pas antinomique non c'est pas antinomique mais ce qu'on essaye de dire nous en disant bah il faut être parfaitement honnête nous on ment pas sur ce qu'on essaye de faire on essaye pas je parle pour les insoumis spécifiquement dans notre stratégie on a jamais dit qu'on essayait de faire une avant-garde révolutionnaire éclairée etc on a toujours dit on essaye de faire un peuple révolutionnaire
ce
qui est assez d'ailleurs j'ai une super citation qui vient de Marceau Pivert que j'ai découvert dans le livre de Ludivine et que je veux vous lire Marceau Pivert qui était donc un socialiste
le
rôle d'un parti révolutionnaire n'est pas de rassurer la bourgeoisie inquiète
mais
au contraire de contribuer à sa démoralisation et d'accentuer la désagrégation dans laquelle elle se débat et bien je suis d'accord avec Marceau Pivert
je
suis d'accord on n'est pas là pour rassurer les bourgeois
on
n'est pas là et c'est ça c'est ça la question à mon avis centrale qui est posée et les différences de stratégie il y
a
beaucoup de gens
qui
se disent ah là là mais vous comprenez si jamais on fait peur alors on va jamais réussir à gouverner ben regardez Léon Blum
Léon
Blum il faisait super peur il avait des campagnes antisémites tous les matins il avait des campagnes en disant que c'était un agent de l'étranger sans arrêt il y avait sans arrêt des campagnes de diabolisation de Léon Blum à tel point que c'était à l'intérieur du programme commun du Front Populaire que de dire qu'il fallait supprimer les trusts et lutter contre la diffamation et ce qu'on appellerait aujourd'hui la désinformation c'était dans le programme tellement ils en avaient soupé alors franchement quand on voit la situation dans laquelle on est on voit bien qu'il y
a
une partie de la gauche et en particulier des antifascistes qui sont diabolisés et je veux leur apporter tout mon soutien parce qu'on ne construit pas des digues antifascistes on ne construit pas des digues antifascistes sans apporter son soutien à ceux qui mènent la lutte et parfois de manière très dure donc nous ce qu'on essaye de faire et ce qu'on essaye de dire c'est on regarde autre part pour étudier la société on regarde autre part que dans la sphère médiatique ou même dans la sphère sondagière même si on est allé regarder quand même comment il faisait pour se rendre compte qu'il faisait n'importe quoi et on essaye de comprendre à partir voilà qu'est-ce qu'on ressent qu'est-ce qu'on voit ben moi autour de moi en ce moment je vois des gens qui disaient plus jamais la France insoumise plus jamais la gauche pas confiance etc etc qui disent allez on y va on va les aider on va essayer de faire tous ensemble parce qu'on peut y arriver mais c'est ça en fait qu'il s'agit de réussir à entraîner et il
y
a des points d'appui dans la sociologie je vous le dis moi je ne
suis
pas inquiet sur la propagation des idées de la droite et de l'extrême droite bien sûr que si elles se propagent dans la superstructure médiatique bien sûr que si il y a une violence raciste qui s'exprime de plus en plus dans la société et dont les personnes racisées font de plus en plus les frais mais dans le même temps
il
y a une jeune génération qui est particulièrement ancrée à gauche très progressiste et particulièrement révolutionnaire bien plus que je ne le suis moi-même sans doute
et
cette génération cette génération elle est en train
tous
les jours elle va voir ses parents ses grands-parents ses amis de l'école etc et a dit alors alors t'as vu t'as regardé ça t'as suivi ce qui s'est passé c'est comme ça aussi que s'est fait la progression des idées du front populaire en 1936 parce que dans l'action dans la rencontre qu'on peut faire dans la lutte et bien on peut faire progresser des idées moi je vois là il
y
a des
il
recommence à circuler des appels à sortir les gilets jaunes le 17 octobre j'ai vu ça sur les réseaux sociaux j'en sais rien de ce qui va se passer
je
n'en sais rien de ce qui va se passer mais une chose est sûre c'est que si des gens entrent dans la
lutte
et bien le devoir de celles et ceux qui savent qu'on peut aussi trancher dans les élections des questions qui sont posées c'est d'être dans ces luttes d'être aux côtés de celles et ceux qui luttent de venir en appui d'être en soutien parce que dans ces moments là on peut aussi faire peuple tous ensemble et casser toutes les idées racistes qui empêchent l'unité populaire
je
vous demanderai d'être un petit peu plus court dans vos réponses à l'avenir on l'a dit vous l'avez dit plusieurs fois les grandes mesures qui nous viennent à l'esprit quand on parle du front populaire les 40 heures les congés payés elles n'étaient pas dans le programme effectif qui était très large très flou mais en 2024 on s'est demandé aussi où elles étaient ces grandes propositions dans le programme du nouveau front populaire dans une première version il y avait une sixième semaine de congés payés il y avait quelques nationalisations et
c
'est le PS qui a plutôt mis un frein là-dessus Chloé Rydel en 2027 quelle grande s'il vous plaît s'il vous plaît
s
'il vous plaît quelles peuvent être les grandes propositions qui peuvent être aussi fortes que les congés payés les 40 heures ou les conventions collectives comme on en a discuté
j
'en ai cité quelques-unes tout à l'heure dans mon premier propos je pense qu'effectivement la force
du
front populaire mais ça a été le cas à chaque fois que la gauche est arrivée au gouvernement les socialistes au front populaire les socialistes avec Mitterrand et même pendant Jospin on arrivait en étant clair
je
ne le mentionne pas
je
ne
sais
pas si ça ne
t
'aura pas échappé
à
chaque fois on arrivait au pouvoir en étant clair sur ce qu'on allait y faire et avec des mesures phares et emblématiques le front populaire on l'a dit quand j'ai payé 40 heures de semaines de 40 heures de travail mais il y avait aussi par exemple la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans il y avait la démocratisation de l'accès à la culture avec Léo Lagrange
quelles peuvent être les 35 heures de cette année et
donc moi je pense
que
c'est l'augmentation des salaires le SMIC à 1700 euros net je pense que c'est la taxe Zuckmann je pense que c'est la sortie des énergies fossiles
je
pense que c'est un grand plan de santé environnementale pour éradiquer tous les pifaces les polluants tout ce qui sature notre environnement et qui tue notre santé à petit feu je pense que c'est aussi l'indépendance de l'IGPN l'inspection générale de la police nationale la reconnaissance de la colonisation comme un crime contre l'humanité tout ça ce sont des mesures que je trouve moi fortes qui peuvent parler à la majorité du peuple de gauche on peut y rajouter une grande mesure
une
loi anti-concentration dans les médias et dans le secteur de la culture pour empêcher qu'elle tombe dans les mains des milliardaires
ça
ça peut nous réunir largement et il ne s'agit pas parce que pardon mais des coupables on peut en trouver partout je peux refaire l'historique depuis la NUPES on ne
va
pas s'en sortir les amis et moi je ne vais pas utiliser le peu de temps parole que j'ai pour nourrir la guerre des gauches je veux plutôt essayer d'être constructive et de mettre sur la table des grandes mesures mettons-les à débat qui peuvent nous réunir qui sont dans la discussion et dans le débat public qui sont dans le monde associatif culturel syndical à gauche et que nous devons nous engager à porter au pouvoir si on y arrive mais pour ça il faut être un peu plus intelligent je crois c'est mon opinion et arriver à construire une union de la gauche qui soit respectueuse de chacun voilà
Jean
-Baptiste Pejon le progrès social en 2027 il doit se nicher où
d
'après les écolos ?
il y a énormément de choses vous savez notamment sur la question je vais en prendre parce que j'ai commencé par là donc je vais aller là dessus sur la question de l'agriculture aujourd'hui on a vraiment un problème vous savez aujourd'hui par exemple en Seine-et-Marne avec les canicules de cet été on annonce peut-être 20% de maraîchers qui vont fermer à cause des canicules extraordinaires qu'on a on a un gros problème sur les aides au bio sur la juste rémunération des agriculteurs sur la souveraineté alimentaire et là-dessus on peut se retrouver à gauche et ça évidemment c'est un enjeu fondamental sur la prévention de nos ressources sur aujourd'hui l'interruption de
l
'exploitation sur les limites planétaires sur évidemment aussi les conquêtes sociales qu'on doit avoir retour sur la réforme des retraites évidemment avec retour sur la réforme de
la réforme
retour à 60 ans évidemment pour les métiers les plus pénibles les travaux de nuit sur l'augmentation du SMIC et tous les salaires donc il y en a énormément et je pense qu'on pourra se retrouver sur tous ces enjeux et de toute façon il faudra se retrouver parce que je l'ai dit il y
a
un chemin évidemment et on en parle aujourd'hui on a envoyé un courrier cet été évidemment au partenaire de gauche pour se parler et pour voir s'il y avait un chemin encore pour l'union pour la présidentielle au premier et au second tour mais aussi pour l'église et tout ça on doit le mettre carte sur table et je pense qu
'on
va être en capacité d'aller chercher ces projets sociaux j'en ai cité quelques-uns mais je pense que la question notamment des ressources de l'eau de l'air non pollué tout ça nous vont devoir être central pour notre avenir en commun pour la justice sociale pour la transition écologique et puis au-delà de ça évidemment derrière viendront la question des collectivités parce que je pense que en 2028 derrière cette vague présidentielle il faudra aussi aller se battre évidemment si on gagne mais évidemment si l'extrême droite gagne aussi pour les départementales pour les régionales autour de programmes communs j'ai envie de dire un mot parce que moi je suis conseiller régional en Ile-de-France on subit la politique de Valérie Pécresse avec la privatisation des transports avec la déshumanisation j'étais encore sur un piqué de grève de la CGT avec cette mise en concurrence qui vient complètement tuer le service public on le vit aussi avec la SNCF et bien ça aujourd'hui c'est des choses qu'il faut interrompre stop à la mise en concurrence stop à cette privatisation à marche forcée et il faut remettre du public la reprise en main du secteur public je pense que ça sera un des acquis un des points à mettre au coeur de 2027
Antoine
Léomant c'est quoi les 40 heures les congés payés de 2027
bon nous
rapidement si je peux
on
maintient la 6ème semaine de congés payés dans les objectifs de notre programme déjà pour commencer
non
mais
il
y a des choses qui peuvent bon la 6ème semaine de congés payés et retour à la retraite à 60 ans on pourrait faire la liste en fait de toutes les propositions mais nous n'avons pas le temps voilà je pourrais faire
je
pense que l'enjeu principal n'est pas tant les mesures elles-mêmes c
'est
est-ce que c'est possible ou pas et c'est dans cette question-là que tout
est concentré c'est quand même des
objets aussi
qui peuvent amener à voter mais
par exemple le SMIC à 1700 euros
qui
est une de nos propositions le SMIC à 1700 euros c'est en même temps des cotisations qui rentrent davantage dans les caisses de l'Etat ils n'arrêtent pas de nous dire que ce n
'est
pas possible de financer machin etc la retraite mon dieu la catastrophe blabla
les
seuls trucs dont ils ne parlent jamais c'est comment on lutte contre le chômage comment on augmente les salaires parce que c'est précisément ça qui fait rentrer le plus de cotisations dans les caisses de l'Etat et par ailleurs et là on peut dire vraiment merci au travail qui a été réalisé par Fabien Guay au Sénat sénateur communiste avec le travail sur les 211
milliards d
'euros qui partent aux entreprises sans contrepartie parce que franchement
ils
n'arrêtent pas de nous dire qu
'il
n
'y a
pas d'argent mais en réalité quand il a fallu en trouver pour l'armement ils en ont trouvé bon donc peut-être qu'on pourrait s'interroger sur l'argent qui ne rentre plus dans les caisses de l'Etat et notamment tout ce qui est passé désormais par le financement par la TVA et chaque fois que vous entendez quelqu'un dire il faut rapprocher le brut du net méfiez-vous méfiez-vous parce que ça veut dire que c'est quelqu'un qui vous fait la poche gauche pour vous la remettre dans la poche droite donc dès que vous entendez quelqu'un dire ça vous dites non non non moi je l
'ai
fait sur un plateau télé avec madame Lavalette une fois elle ne savait pas quoi dire non non non le brut vous l'augmentez ou pas demandez aux gens et demandez à ceux qui veulent voter pour d'autres personnes que la gauche demandez-leur s'ils pensent que leur salaire brut va augmenter et s'il va y avoir parce que c
'est
quoi l'augmentation du salaire brut c'est l'augmentation du partage entre le travail et le capital c'est ça ce que ça veut dire l'augmentation du salaire donc voilà c'est sur ça qu'on essaye de travailler et je m'arrête là pour faire court
merci Guillaume Roubault-Kouachi
pour
les communistes en 2027 je n
'ai
plus de micro
pour
les communistes en 2027 c'est quoi les objets qui peuvent faire front populaire dans la société
en
tout cas ce qui est certain c'est que parmi les questions qui sont fondamentales et je pense que la conscience de ça a grandi lors de l'été qu'on vient de traverser
c
'est l'enjeu climatique et environnemental je crois que cette conscience elle a grandi parce qu'on a tous vécu alors pas tous parce que évidemment les très riches sont climatisés tout va bien on était des millions et des millions à vivre ça et à comprendre peut-être encore plus nettement l'enjeu écologique et au fond du face à ça il faut y répondre vraiment et c'est pas juste par des formules trois tweets et demi si on veut vraiment répondre aux questions écologiques il y a des choix budgétaires massifs à faire et nous au parti communiste on a développé on a mis des intervenilleurs on a fait un travail énorme pour développer un plan climat empreinte 2050 c'est très sérieux et très important il y
a
des revirements et des réorientations fondamentales à faire tout le monde est d'accord sur un plateau mais dès qu'on va aller sur le fond et des choses concrètes vous verrez bien que là il y
a
des choix et des choix de classe qui doivent être faits c
'est
la première chose la deuxième chose c'est que une des leçons quand même du franc populaire malgré tout et des différentes expériences de gauche c'est qu'il faut aussi se donner les moyens d'une politique de gauche qui réussisse par de l'instant nombre de mesures ça veut dire quoi ?
ça veut dire qu'il faut toucher aux structures économiques fondamentales et profondes et de ce point de vue le programme du franc populaire il a plein d'autres qualités mais c'est vrai que quand on est venu proposer ce que nous proposons aujourd'hui depuis longtemps c'est à dire comment voulez-vous changer les choses pour le peuple sans nationaliser plusieurs banques dans ce pays c'est impossible donc nous nous disons il faut nationaliser plusieurs banques dans ce pays et pas juste changer le propriétaire mais pour qu'elles servent au développement de l'emploi développement de l'environnement pour l'égalité homme-femme qu'elles modulent les prêts il y a un enjeu important là-dessus troisième chose évidemment c'est que dans les nationalisations il y a aussi un truc important si on veut développer une politique énergétique qui tienne la route ça veut dire que les profits de guerre qui sont faits par Total parce que monsieur Trump a déclenché la guerre contre l'Iran et bien ces profits de guerre plusieurs dizaines de milliards d'euros et vous vous faites inquiéter en permanence dans les pompes à essence il faut mettre un terme à tout cela il faut nationaliser Total également et reconstituer un grand pôle d'énergie et je finis par un élément
il
faut donner plus de pouvoir aux travailleuses et aux travailleurs les macronistes c'est les rois de l'esbrouf nous nous savons nous savons faire nous sommes les technocrates les Mozart tout ce qu'on veut on sait tout nous ne croyons pas à cela nous savons que les travailleuses et les travailleurs elles ont une connaissance de ce dont on a besoin dans ce pays et il faut leur donner les moyens d'être entendus et d'être écoutés parce que le monde ira mieux quand on écoutera moins les actionnaires et les technocrates et davantage les travailleurs et les travailleuses
je
vais donner le mot je
vais donner le mot
de la fin à Ludivine Bantini Antoine Léomand l'a dit un peu plus tôt c'est vrai que dans votre livre donc la bourse ou la vie que vous avez publié au printemps vous êtes critique très critique par rapport au front populaire ce qui n
'est
pas tout à fait nouveau c'est un débat qui existe dans la gauche depuis presque 90 ans
je
vais finir encore par une question provocante on s'est demandé depuis le début si on devait s'inspirer du front populaire mais est-ce qu'il est inspirant ce front populaire vu le bilan que vous en faites
non
mais je ne
suis
pas en fait c'est l'histoire qui est critique moi j'ai passé 4 ans de ma vie dans les sources dans les archives de cette époque notamment encore une fois pour apporter une petite pierre à ce qui peut nous être utile aujourd'hui donc je vais reprendre en quelques aspects quelques axes très rapidement je rassure Rachel ce qui a été dit par les unes et les autres d'abord par rapport à
ce
que disait Jean-Baptiste que tu disais sur voilà il
y
a la société civile et puis il
y a
les organisations politiques je rappelle que par exemple le 12 février 1934 la CGT a appelé à une grève générale antifasciste et ça c'était énorme c'était la première fois qu'un syndicat parce que qui ne voulait pas trop faire de politique mais s'est dit la politique c'est nous aussi en fait et il faut absolument qu
'on
se mobilise contre le fascisme par la grève et il y a eu 6 millions de personnes qui se sont mis en grève le 12 février 1934 ça c'est la première chose c'est la force de la mobilisation et moi c'est vrai je commence à avoir des doutes sur l'idée que voilà il y a le terrain des syndicats il faut leur laisser le terrain des politiques etc en fait justement ce qui s'est passé entre 1934 et 1936 comme on l
'a
dit à plusieurs reprises c'était toutes nos forces en fait toutes nos forces il ne faut pas se diviser en disant voilà on cloisonne nos terrains on a besoin vraiment de se fédérer comme le disaient les hommes et les femmes de la commune ça c
'est
la première chose la deuxième chose c'est que par rapport à Blum notamment et aujourd'hui donc des responsables politiques il faut se rappeler que Blum par exemple il était contre les 40 heures et il l'a dit encore en juin 1936 il était contre il disait c'est pas le moment et en fait ce qu'il a imposé les 40 heures encore une fois c'est le mouvement social Blum sur la question de la politique fiscale il disait en fait il faut rassurer les capitalistes il disait j'assume de mener une politique libérale et orthodoxe sur le plan économique je ne veux pas taxer les plus riches je ne veux pas taxer les profits les dividendes etc il l'assumait et j'ai lu ses archives vraiment il disait il faut les faire revenir en France etc parce qu'au dessus de la gauche et de la droite il y a les intérêts du pays sauf que les capitalistes ils n'ont pas réinvesti dans l'économie française à cette époque ce qu'ils ne voulaient pas entendre parler d'une France sous la gauche et par ailleurs en fait vous savez il
y a
la formule des internationalistes les prolétaires n'ont pas de patrie mais les capitalistes non plus n'ont pas de patrie et c'est ce que Blum a vraiment compris plus tard
et
du coup
c
'est un
petit
peu difficile de l'admettre aujourd'hui il faut se rappeler ça quand même et du coup en effet je pense que le programme je ne
vais
pas revenir sur les mesures qui ont été évoquées mais de véritables programmes émancipatrices tels qu'ils ont été proposés dans le grand mouvement dans le grand élan social du Front Populaire c'est à mon avis deux piliers majeurs c'est d'une part la redistribution des richesses d'une manière ou d'une autre par la politique fiscale par la politique économique c'est la redistribution des richesses parce qu'il n'y a pas d'autre solution pour la justice sociale et d'autre part c'est ce qu'on appelle de plus en plus les communs voilà les communs tu parlais à l'instant Guillaume de renationalisation mais c'est très important que ça passe par plein d'autres éléments étendre la sécurité sociale ça c'est un commun c'est un commun qui est un trésor c'est vraiment notre trésor et donc il faut aller dans ce sens le plus loin possible
Merci beaucoup Ludivine Bantini Guillaume Roubo-Kouachi Chloé Rydel Antoine Léaumant Jean-Baptiste Peugeot
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Clémentine Autain