Sébastien Martin : « L’Europe doit être moins naïve, notamment sur la question industrielle »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Sébastien Martin. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes ministre chargé de l'Industrie. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Yann. Bonjour. Bonjour. Sébastien Martin, on va bien sûr revenir sur le choix du 49.3 par Sébastien Lecornu. Mais d'abord, on a donc appris ce matin que Donald Trump menaçait les vins et les champagnes français de droits de douane de 200%. Comment vous réagissez à cette annonce ?
Je dis que la menace n'est pas œuvre de diplomatie et que, très honnêtement, au bout d'un moment, se comporter exactement de la même manière, quel que soit votre interlocuteur, interroge même de savoir quelle est la vraie ligne diplomatique des Américains. Je conçois qu'ils puissent imaginer faire la pluie et le beau temps sur toute la planète à eux tout seuls. Mais au bout d'un moment, on a toujours besoin d'alliés. C'est le premier point.
Le deuxième point, je pense que ça incite encore plus l'Europe désormais à réagir, à essayer de s'affirmer comme une Europe un peu plus puissante, à être un petit peu moins sur certains points, y compris industrielle d'ailleurs, faire preuve d'un peu moins de naïveté et savoir désormais à la fois être un partenaire crédible et sérieux et en même temps savoir réagir et savoir se défendre. D'ailleurs, le président de la République a parlé de l'outil anti-coercition. C'est bien que les armées européennes se penchent sur cette question.
Mais juste là, ici, particulièrement la France, c'est Emmanuel Macron, ce sont les vins et les champagnes français qui sont visés. Comment on va riposter ? Est-ce qu'on va riposter ?
Oui, parce que la France est fidèle finalement à ce qu'elle a toujours été en matière internationale, sur ce sujet-là comme sur tant d'autres. Elle est leader, elle porte une voix européenne forte et indépendante et elle n'accepte pas que le Groenland, qui appartient à un pays européen, puisse aujourd'hui être menacé par une puissance aussi, comment dirais-je, amicale soit-elle, parce que nous avons des relations assez privilégiées avec les États-Unis, et bien nous n'acceptons pas qu'on puisse se comporter comme cela. C'est aussi simple que cela.
Mais comment Emmanuel Macron doit-il réagir justement face à cette attaque qui cible directement la France ? Est-ce qu'on peut encore parler avec Donald Trump ?
Ou est-ce que là, pour le coup, il faudrait pas s'y citer ? D'ailleurs, le président de la République a proposé au président américain, soit pendant les échanges à Davos, soit au retour de Davos, puisque le président américain publie même les SMS désormais. Ce qui, quand même, est assez surprenant. Et je pense même peut poser des questions de politique intérieure chez eux. Ou d'un moment, est-ce qu'on peut vraiment se comporter comme cela ? Je ne suis pas certain, surtout quand on est à la tête de la première puissance mondiale.
Mais juste, comment on va réagir ? Parce que là, à des positions diplomatiques d'Emmanuel Macron, parce que là, c'est un choix diplomatique d'Emmanuel Macron de ne pas participer au Conseil de la paix, il répond par une guerre commerciale. Vous avez vu quand même que le Conseil… Comment vous, vous allez répondre ?
Il est normal. Est-ce que vous pensez vraiment… Vous savez qu'il y a un ticket d'entrée au Conseil de la paix ? Un ticket d'entrée à un milliard de dollars pour pouvoir participer au Conseil de la paix ? Je veux dire, tout ça n'est pas sérieux. On n'a jamais imaginé, et on ne peut pas imaginer les relations internationales comme faire partie d'un club privé ou un club de poker avec un droit d'entrée. Enfin, on ne va pas reconstruire Gaza de cette manière-là. On ne va pas imaginer, alors que cette région est extrêmement complexe, on ne va pas imaginer que tout ça peut se faire juste à coup de quelques dollars. Enfin, tout ça n'est pas sérieux.
Et je pense que la France s'honore d'être dans la tradition gaullienne à un moment, d'affirmer face à un pays qui est un ami, qui est un partenaire, qu'on ne doit pas se comporter comme il le fait et qu'on a des outils européens, l'arme anti-coercition, qui peut interdire l'accès des États-Unis et des entreprises américaines à l'Europe et bien pouvoir l'activer.
Mais là-dessus, Emmanuel Macron n'a pas été suivi, notamment par l'Allemagne, sur l'arme de coercition.
Ah bah écoutez, il va y avoir une discussion des partenaires européens à ce sujet-là. et je ne crois pas aujourd'hui que ce sujet soit complètement arrêté, bien au contraire, et j'entends plutôt au contraire des voix au niveau européen, se dire qu'il est temps d'agir d'une manière différente et d'agir un peu d'une manière comme une puissance politique. Je pense que c'est important, même si l'Europe n'est pas un État, n'est pas un État fédéral, bien au contraire, mais affirmer une position politique parce qu'il y a aussi une question presque culturelle.
Notre modèle de démocratie occidentale, aujourd'hui, fondé sur le dialogue, sur la diplomatie, sur les relations multilatérales, est menacé de toutes parts. Et je crois que ce modèle-là, il doit être conforté, renforcé, et il passe par…
Mais est-ce que là, Emmanuel Macron doit répondre ? Puisque ce sont les vins… D'ailleurs, qu'est-ce que ça aurait comme conséquence ? Non mais attendez, ce n'est pas appliqué. Juste sur le secteur… Non mais qu'est-ce que ça aurait si ça a appliqué comme conséquence sur le secteur des vins et des champagnes français ?
Ce qui m'inquiète un peu, c'est qu'il y a une semaine, le président américain appelait quand même les Iraniens à se soulever et que le soutien arrivait. On l'attend, le soutien. Et aujourd'hui, on a des menaces, donc on verra. La France ne se laisse pas impressionner. Voilà ce que je veux dire. La France ne se laisse pas impressionner. La France est un grand pays. Ce grand pays qui n'a pas eu peur, d'ailleurs, à l'image du général de Gaulle, un jour, d'aller au Québec et de vivre le Québec libre à quelques pas des États-Unis. La France ne se laisse pas impressionner par des menaces. Les menaces ne sont pas forcément, avec des amis, un signe de force et parfois aussi un signe de force.
Mais c'est encore un ami, Donald Trump ?
Mais les États-Unis sont un ami. Et Donald Trump, qui est le président des États-Unis, qui est quand même une grande démocratie, est un peuple ami, est un président ami. A lui de savoir se comporter en ami.
Mais qu'est-ce que vous dites ce matin au secteur des vins et champagnes français ?
Je les connais bien, puisque je suis élu de Bourgogne. Donc la France va les défendre. Et aujourd'hui, on parle de menaces. On ne parle pas de choses qui sont réalisées par les Américains. Et je dis que l'Union européenne a aussi des outils pour savoir répondre par une forme d'équivalence en termes de menaces.
Mais est-ce qu'on peut imaginer des sanctions, par exemple ?
Ça fait partie des outils qui peuvent être utilisés. L'arme anticoercition, elle permet d'avoir des vraies sanctions.
Par exemple, interdire les marchés publics, c'est ça ? Exactement, c'est ça.
L'arme anticoercition, c'est interdire des marchés publics, c'est interdire l'accès d'entreprises américaines aux marchés européens.
Est-ce qu'il peut y avoir une forme de boycott, par exemple ?
Écoutez, on va discuter au niveau européen de chacune des mesures qui peuvent être appliquées. L'avantage de l'arme anticoercition, c'est un peu comme la dissuasion nucléaire. C'est que ça permet d'établir un rapport de force et de dire à tout le monde, au bout d'un moment, il est nécessaire de faire retomber la pression. Donc, on va voir quelle est l'attitude américaine. Mais il n'a pas l'air de craindre ce rapport de force, Donald Trump.
Parce que l'arme anticoercition, elle a été brandie il y a trois jours et ce matin, il remenace de nouvelles traites.
Écoutez, on verra bien comment les choses se passent dans les jours qui viennent vis-à-vis des États-Unis. Je pense aussi quand même que les États-Unis, comme beaucoup de pays d'ailleurs, savent très bien qu'ils ont besoin de l'Europe, pas simplement en matière diplomatique, mais aussi en matière économique, parce que c'est un grand marché de 450 millions, un peu plus de 450 millions d'Européens et 450 millions de consommateurs. Donc, gardons la tête froide. En tout cas, c'est l'attitude de la France.
Il y a un autre sujet qui inquiète, c'est la question du Mercosur. Il y a des milliers d'agriculteurs qui seront aujourd'hui à Strasbourg, puisque le Parlement européen doit se prononcer demain par un vote sur ce sujet. Est-ce que vous pensez que le vote ira dans le sens de la France ?
En tout cas, la France fait tout ce qui est en son pouvoir, effectivement, pour aujourd'hui, obtenir du Parlement européen un vote qui permettrait, ou en tout cas, un recours devant la Cour de justice qui permettrait de suspendre l'application de ce traité du Mercosur. La position de la France, elle a été très claire. D'ailleurs, c'est pour ça que cette motion de censure de la semaine dernière avait quelque chose d'un peu ridicule, tout de même. Vous ne pouvez pas, d'un côté, demander au gouvernement d'être très clair, de s'opposer au Mercosur. Il l'a fait. Il a voté contre le Mercosur et puis derrière, continuer avec une motion de censure.
Je veux dire, il y a aussi un double jeu parce que ceux qui ont déposé la motion de censure, j'aurais préféré, comme M. Bardella, qu'il s'adresse à Mme Mélanie, qui a lâché sur ce sujet au dernier moment, qu'il s'adresse à Mme Mélanie et au parlementaire européen italien du parti de Mme Mélanie pour leur dire « Associez-vous désormais à un recours auprès de la Cour de justice ». Et là, je n'entends rien. Rien. C'est un jeu de diversion. Vous parliez de Donald Trump tout ailleurs, il y a quand même un petit peu un jeu de diversion sur les responsabilités des uns et des autres.
Emmanuel Macron a quand même beaucoup varié sur le sujet. On a pu aussi l'entendre dire que c'était un accord satisfaisant.
Il y a eu des… Pardon, allez-y.
Est-ce que là, la France ira jusqu'au bout, devant la Cour européenne de justice, pour faire échec à cet accord ?
Il faut être très précis, parce que j'ai entendu beaucoup de choses là-dessus. Le seul recours qui a un effet suspensif, donc qui est efficace, c'est un recours fait par le Parlement européen. La France peut faire un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne, mais celui-ci n'est pas suspensif. Donc si on veut que ce traité ne rentre pas en vigueur, celui-ci doit se faire au niveau du Parlement européen. C'est pour ça que je dis à M. Bardella qu'au lieu de déposer des motions de censure à l'Assemblée nationale, qui n'ont d'une part peu de chances d'aboutir et d'autre part aucun impact sur le Mercosur, qu'il ferait mieux de faire son travail au Parlement européen.
Mais il n'y est pas souvent de faire son travail au Parlement européen, d'aller convaincre un certain nombre de ses partenaires européens, de s'occuper, de formuler un recours auprès de l'accord de justice. En tout cas, moi ce que je vois, c'est qu'il y a beaucoup de députés aujourd'hui qui vont aller au Parlement, députés français, y compris des députés dont je suis issu de la droite républicaine, une vingtaine de députés qui vont au Parlement européen et qui font le job d'aller convaincre des députés européens.
Sauf que vous le savez, il y a beaucoup de députés du PPE, le parti auquel appartiennent les députés français des LR qui sont favorables au Mercosur. Pareil pour les députés de Renaissance.
Qu'est-ce que vous diriez si nous ne faisions pas ce travail ? Oui, mais sur les positions européennes…
Mais est-ce que vous aussi, vous devez aller convaincre ? Il n'y a pas que Jordan Berdella qui doit aller convaincre ?
Ah non, non, mais bien évidemment, bien évidemment. Mais je rappelle quand même que chacun a ses responsabilités. Au bout d'un moment, on ne peut pas vouloir être sur tous les…
Le président de la République lui-même a échoué à convaincre ses partenaires. Les partenaires,
mais au niveau des groupes parlementaires européens, c'est plus compliqué que ça. Vous n'avez pas des positions qui sont uniformes, vous le savez très bien, sur un certain nombre de sujets, y compris celui-là. On peut avoir, dans tous les groupes parlementaires européens.
Le Parlement peut réussir.
Mais écoutez, on a la chance quand même d'avoir un système européen où le Parlement, et c'est bien, c'est la représentation des peuples, c'est la représentation de chacune et chacun, a voix au chapitre et peut prendre des initiatives.
Sur le budget, Sébastien Lecornu a donc annoncé hier qu'il passera par 49,3. Est-ce que le gouvernement renie sa parole ?
Il y a un moment, moi j'aime bien cette expression de Jacques Chirac. Vous savez, Chirac disait un chef c'est fait pour chefé. Il y a un moment, il faut prendre ses responsabilités. Et moi je suis ministre de l'Industrie et je trouve que cette période qui commençait maintenant à s'étirer de manière un peu disproportionnée a aussi un impact sur notre économie. et je crois que beaucoup d'ailleurs, y compris dans plein de rangs parlementaires, appelaient aussi à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités. Je crois que le Premier ministre, il a tout simplement pris ses responsabilités.
Parce qu'avant que de savoir si à un moment le Premier ministre a dit qu'il n'utiliserait pas le 49,3, il y a la nécessité que ce pays tienne debout. Et il y a beaucoup de gens... Mais pourquoi est-ce qu'il a eu tort
de marteler qu'il n'utiliserait pas le 49,3 ?
Parce que nous sommes dans un système aujourd'hui, enfin dans un éclatement parlementaire, excusez-moi, qui fait quand même qu'on n'est pas exactement dans la situation d'avant où vous aviez une majorité absolue et puis une opposition et puis qu'avant le 31 décembre vous pouviez avoir un but.
Et il n'était pas dans la situation, il pouvait se passer du 49,3. Pourquoi il a autant martelé qu'il ne l'utiliserait pas ?
Parce qu'il a voulu faire confiance aux parlementaires. Je pense qu'il y a des parlementaires qui ont joué le jeu. Mais donc c'est un échec. Et on voit bien que RN et LFI qui d'un côté se présenteraient comme l'alternative, en réalité n'ont été que ceux qui ont fait en sorte que ce débat ne puisse pas aboutir sereinement. qui ont privé les Français d'un débat sérieux.
C'est donc un échec de sa stratégie. Il lui disait je veux rendre la parole aux députés, enfin au Parlement en général. Finalement, rendre la parole au Parlement, ça ne fonctionne pas.
Ce n'est pas que ça ne fonctionne pas. C'est que certains groupes politiques ont fait en sorte que ça ne fonctionne pas. Moi je me souviens, on a réussi à le faire sur le PLFSS. Ça a marché. Et sur le PLF, on n'y arrive pas parce que vous avez, excusez-moi, certains groupes politiques qui veulent faire durer jusqu'à vitam aeternam cette situation qui se nourrissent excusez-moi, qui se nourrissent d'une forme d'irresponsabilité.
Mais là, ce n'est pas la responsabilité du Rassemblement National et de la FI puisqu'ils n'étaient déjà pas soutiens sur le PLFSS et vous avez réussi à boucler un PLFSS.
Sans être soutiens, aujourd'hui, on voyait bien qu'on avait un débat à l'Assemblée Nationale qui faisait que nous allions, je pense que si on laissait faire, je ne sais pas à combien de déficits on allait finir. Enfin, là, on était presque à 5,5 déjà alors qu'on est rentré dans la copie à 5,4.
Mais en gros, c'est parce que vous n'avez pas réussi à embarquer le Parti Socialiste. Non, ce n'est pas parce qu'on a
réussi à emporter le Parti Socialiste. C'est parce qu'on a eu une alliance de circonstances entre l'ERN et l'FI pour faire en sorte de faire déraper matin, midi et soir les objectifs de déficit que le Premier ministre, au bout d'un moment, a dit stop. Je prends mes responsabilités. J'assume de présenter un budget qui, certes, ne plaira peut-être pas à tout le monde et puis finalement, personne n'a envie de le porter donc j'assume moi de le porter. Il n'est sans doute pas parfait mais je prends mes responsabilités parce que moi, je suis sur le terrain le week-end. J'étais sur le terrain pendant les fêtes de Noël dans ma région en Bourgogne-Franche-Comté mais les gens n'en peuvent plus.
Mais les gens, ils vous disent mais il est temps que tout ça finisse. il est temps que les parlementaires aujourd'hui s'attaquent à d'autres sujets que le budget. Enfin, est-ce qu'il y a une seule collectivité en France, on est ici à Public Sénat qui parle de son budget et qui met presque six mois à adopter son budget parce que je vous rappelle que ces débats ont commencé avec François Bayrou au mois de juillet. C'est impensable.
Sébastien Le Cornu a fait le choix du 49.3. Est-ce que vous comprenez ce choix par rapport à l'autre option qui se présentait à lui qui est de passer le budget par ordonnance ?
Oui, parce que ce choix permet de poser un texte sur la table qui est quand même la version la plus proche du texte définitif qui sera... On pouvait compléter
les ordonnances.
Alors que les ordonnances, vous obligez à repartir du début. Oui, on pouvait compléter. Donc ça veut dire qu'on repartait d'abord avec des ordonnances et ensuite derrière qu'il fallait faire adopter un nouveau projet de loi de finances rectificatif. Donc qui vous dit au regard de l'attitude des deux extrêmes et peut-être d'un certain nombre d'autres, qui vous dit que nous n'étions pas repartis dans un scénario où on n'avait pas de budget avant l'été ? Il n'est pas possible que la France, ce grand pays au regard de tout ce qu'on vient de se dire avant, ait un budget cet été. Maintenant, il faut en finir.
Juste, Olivier Faure annonce ce matin que le PS ne censurera pas le gouvernement. Déjà, c'est un soulagement pour vous ?
Ben écoutez, moi ce qui me soulage, ce n'est pas l'attitude des uns et des autres. Ce qui me soulagera, c'est quand la France aura enfin un budget et qu'on pourra parler de politique publique plutôt que de parler de finances matin, midi et soir.
Laurent Wauquiez, lui, patron des députés LR, hier, il n'a pas voulu dire s'il censurait ou pas. Il a dit qu'il attend de voir la copie budgétaire et qu'il attend de voir si les demandes des LR il figurait bien dedans. Vous comprenez ?
Moi, vous savez, j'ai siégé au sein de ce groupe. Et en fait, au sein de ce groupe, avant qu'on prenne des décisions, on en discute. Et il se trouve qu'hier, je ne crois pas que les députés droite républicaine étaient tous à l'Assemblée. Il doit y avoir une réunion de groupe ce matin. Et le président du groupe, Laurent Wauquiez, a toujours pris les positions du groupe après un échange au sein du groupe. Et d'ailleurs, quand je suis rentré au gouvernement, les choses se sont aussi faites comme ça. Donc, il me semble que...
Et vous qui le connaissez bien, ils censuront ou ils ne censuront pas ?
Je pense que les députés de la droite républicaine, eux aussi, comme beaucoup de Françaises et de Français, parce qu'ils sont ancrés sur le terrain, ils ont envie de passer à autre chose. Maintenant, je ne veux pas préempter leur position, c'est eux qui l'adopteront.
C'est plutôt non censure.
Je pense que ce sont des gens responsables.
Un mot sur la copie budgétaire. Déjà, est-ce qu'elle vous convient, la copie budgétaire, telle que présentée par Sébastien Lecornu ?
Le Premier ministre a repris un texte et a souhaité y affirmer quand même, désormais, un certain nombre de priorités sur le pouvoir d'achat de celles et ceux qui travaillent, sur le logement, sur la recherche et l'enseignement supérieur.
Ça, c'est ce qui vous convient. Mais vous qui venez des LR, est-ce que vous ne dites pas la copie, elle est un peu trop à gauche ?
Est-ce que la copie est trop à gauche ? Écoutez, cette copie, c'est une copie qui est issue d'un compromis. Moi, j'ai été élu local pendant 11 ans. Et je le suis toujours, d'ailleurs. Des compromis, on en fait toute la journée. Et je n'ai pas l'impression que nos concitoyens s'en plaignent.
C'est un compromis qui se fait plutôt sur les positions du Parti Socialiste que sur les positions des LR.
Non, tout le monde, excusez-moi, mais tout le monde dans cette affaire, aujourd'hui, je crois, a pu faire valoir auprès du Premier ministre un certain nombre de ses priorités. Une des grandes priorités, on parlait de Laurent Wauquiez et du groupe de la droite républicaine, c'était de voir le barème de l'impôt sur le revenu ne pas évoluer et faire en sorte que les ménages ne payent pas plus d'impôts. C'était de faire en sorte que les retraités auxquels ils sont très attachés ne soient pas encore plus mis à contribution. Le Premier ministre l'a repris. Le groupe de Gabriel Attal, c'était qu'on ne touche pas aux allègements de charges sur les entreprises.
Le Premier ministre a repris cette proposition. Et je pense qu'on pourrait égrener comme ça. Je bats en brèche cette idée qui est que c'est un budget pour le Parti Socialiste. Ce n'est pas vrai.
C'est ce que disent certains patrons vous qui êtes ministère de l'Industrie. Vous les entendez, certains patrons, ils disent qu'on a procédé aux socialistes.
On a construit un budget de compromis qui apporte des réponses à chacune et chacun des groupes politiques qui ont envie que ce pays avance. Vous dites pas aux patrons qui sont de mauvaise forme ? Et il y a des groupes politiques. Moi, quand j'entends les leçons du Rassemblement National aujourd'hui qui se met en perle à vertu, et en critiquant, il y a une surtaxe sur l'impôt sur les sociétés à 8 milliards. Mais enfin, ils ont voté avec Elefi de leur côté une surtaxe sur les multinationales françaises, pas que les multinationales, il y a bien les multinationales françaises à 26 milliards.
Et ils nous donnent des leçons avec une surtaxe sur l'IS à 8 milliards qui est exactement la même et même moins que l'an dernier puisque nous en excluons les ETI. Les ETI, c'est-à-dire quand même un nombre très... Les entreprises de taille intermédiaire. Les entreprises de taille intermédiaire qui vont jusqu'à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Alors que nous, nous concentrons sur 300 entreprises alors que l'an dernier c'était plus de 400.
Juste un mot puisque vous parlez d'un vote du Rassemblement National, vous qui étiez jusqu'à peu président des intercommunalités de France, le Rassemblement National qui a voté une baisse de la dotation globale de fonctionnement d'environ 5 milliards. Comment vous avez pris ce vote ?
De l'irresponsabilité. De l'irresponsabilité. Faire croire que l'on peut s'appuyer sur les collectivités territoriales. Faire croire qu'on puisse faire du développement économique et du développement industriel sans s'appuyer sur les intercommunalités ou les régions. Faire croire qu'on va régler les problèmes de santé sans s'appuyer sur les conseils départementaux par exemple. C'est un mensonge. C'est un mensonge. Et la République elle vit bien dans les territoires. Et on voit bien ce qu'attaque la République en attaquant les collectivités.
Un mot. Juste une dernière question Monsieur le ministre. Vous diriez que la France va être dotée d'un budget à quelle échéance ?
Écoutez on s'est donné comme échéance le plus rapidement possible. Vous voyez bien que dès ce matin enfin dès aujourd'hui pardon le Premier ministre va engager sa responsabilité sur la première partie deuxième partie ensuite il faut que le texte parte au Sénat les sénateurs sont souverains je ne vais pas dire aux sénateurs ce qu'ils ont à faire et ensuite il faut une lecture définitive final à l'Assemblée nationale. Vous avez bon espoir
qu'aucune motion de censure ne soit votée d'ici là et que le budget le Parlement est libre
les députés sont libres ils sont libres je ne vais pas vous dire demain je ne sais pas ce que vont faire les députés moi je crois que j'en connais beaucoup et que ce sont des gens responsables pour l'immense majorité
Sébastien Lecornu tombe en février on n'a plus de budget pendant encore de plus de semaines
on n'a plus de budget en fait il faut bien savoir que si le gouvernement tombe on n'a pas de budget on n'a plus de budget et le budget tombe il faut repartir à zéro
un mot quand même sur deux dossiers industriels Novasko qui fait la une du républicain Laurent ce matin le site d'hérurgiste qui a été liquidé en novembre dernier l'État a engagé des poursuites judiciaires contre l'ancien propriétaire de la Syrie c'est le fonds Greboul pourquoi ces poursuites et avec quelle finalité
parce que pour moi qui a pris des engagements devant l'État que ces engagements pris devant l'État ont ensuite été formalisés devant la justice que si ces engagements ne sont pas tenus ils ne seraient pas concevables pour les salariés et pour le peuple français qui a mis 85 millions d'euros sur la table alors que Greboul n'en a mis que 1,5 et qui devait en mettre 90 il n'est pas concevable que ces gens-là ne soient pas poursuivis qu'on n'en appelle pas à leur responsabilité donc j'ai pris cette décision un peu unique visiblement que d'assigner en justice aux civils et également au pénal le fonds Greboul qui s'était engagé à investir 90 millions d'euros dans cette entreprise Novasco et qui aujourd'hui est responsable de la perte d'un emploi pour 450 personnes à Gondange et pratiquement 700 personnes partout sur le territoire national et si quand il y a des responsabilités comme celles-là si quand les gens ne tiennent pas leur parole l'État le gouvernement ne les assignent pas en justice je pense que nous ne sommes pas à la hauteur de nos responsabilités donc on l'a fait avec les salariés
Il a encore un avenir le site d'Agondange
vous parlez à quelqu'un qui est élu d'un territoire dans lequel il y avait une entreprise qui s'appelait Kodak qui du jour au lendemain enfin en deux ans s'est arrêté alors qu'il y avait 2800 salariés qui aujourd'hui a neuf usines qui sortent de terre où le taux de chômage est à 6,5% et bien oui il y a toujours un avenir et je pense qu'on a mis en place une méthode c'est-à-dire que sur le territoire d'Agondange j'ai réuni les élus chacun dans son rôle la communauté de communes sur le foncier la région pour retrouver des investisseurs la banque des territoires et l'État pour accompagner tout ça et pour imaginer un devenir ça prendra du temps je ne veux pas vendre du rêve une fois encore ça prendra du temps mais avec de la méthode et de la volonté et il y en a sur ce territoire on peut y arriver
Un mot sur Brandt qui a été liquidé ça a été un choc il y a quelques mois il y a un homme d'affaires qui a annoncé vouloir reprendre le site d'Orléans est-ce que vous y croyez ? Est-ce que ça vous paraît viable ?
Écoutez j'aurai un échange d'ailleurs dans la journée à la fois avec le président de la métropole et avec le président de la région nous allons échanger ensemble sur le projet qui est porté par cet investisseur moi je souhaite que toutes les pistes puissent être évaluées mais j'en appelle aussi à la responsabilité un peu à l'image de ce que je vous ai expliqué tout à l'heure sur Novasco moi je veux un projet solide je ne veux pas vendre du rêve je veux donc avoir une analyse très précise des choses et on l'aura encore cette semaine avec les élus locaux
Merci beaucoup Merci Sébastien Martin Merci d'avoir été notre invité Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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Sébastien Martin