Discours de François Asselineau à l'Université de Créteil
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Alors quoi ? Les entreprises françaises, il y en a qui ont levé la main. Mais c'est vous qui nous avez interdit de le faire. C'était les mesures de rétorsion sur l'affaire de la Crimée et sur l'affaire Skripal. Il est dingue. Le mec est dingue. Au passage, l'affaire Skripal, ça va faire un an. Il faudra qu'on reparle de l'affaire Skripal. Vous savez, cet espion, cet agent double russe et par lequel, paraît-il, Poutine avait décidé de l'assassiner alors qu'il avait libéré 5 ans avant. Vous savez ? Et Poutine avait décidé, paraît-il, selon la version officielle, de l'assassiner 15 jours avant l'élection présidentielle où il devait être réélu, quitte à attendre 5 ans.
Il en peut attendre 5 ans et 3 semaines pour le ziouiller pour aller à l'élection présidentielle, soit derrière lui. Bon. Et puis je vous rappelle que Poutine avait décidé aussi, plutôt que d'utiliser – je sais pas – un pistolet silencieux, et puis voilà, l'affaire est réglée. Non. Il avait décidé d'envoyer des... Comment dirais-je ? Des pieds niquelés pour aller saupoudrer de Novitschok les bancs publics à Salisbury, puis des portières, etc. Et puis manque de peau. Ce produit hyper, hyper génial produit par le FSB, c'était un peu éventé de telle sorte que Skripal n'en est pas mort, sa fille non plus. C'est la version officielle que je vous raconte. C'est absolument vrai.
C'est la version officielle. Donc si jamais vous la remettez en cause, c'est que vous êtes un complotiste, un conspirationniste. Et puis donc Skripal et sa fille ont été libérés au mois de juin, juillet de l'année dernière. Ils sont sortis sains et saufs de l'hosto. Entre-temps, quand même, c'était la plus grave crise depuis la fin de la guerre froide. Les États-Unis ont expulsé 120 diplomates russes. La France, plus des sanctions contre les entreprises, justement. Et comme dirait – je ne sais plus – Georges Clounet dans la publicité pour Nespresso, what else ? Qu'est-ce qui s'est passé après ? Silence radio.
C'est quand même incroyable qu'aucun journaliste ne se soit dit « Tiens, je vais aller interroger Skripal ». Et sa fille, quel est leur point de vue ? Non. Ça fait partie des ministères de ce bas monde. Voilà un père et sa fille qui sont responsables de plus grave crise entre les pays de l'OTAN et la Russie au point d'entraîner éventuellement une guerre mondiale. Et personne, aucun journaliste, ne s'est dit « Tiens, je suis un journaliste d'investigation. Je vais aller interroger Skripal ».
J'ai vu d'ailleurs – évidemment, j'ai des références épouvantables –, mais j'ai vu sur Spoutnik, vous savez, une des radios russes, il disait – je ne dirais pas – que parait-il la fille Skripal serait sur une base militaire au Royaume-Uni. Voilà. Bon. Après ça, il est allé au Burkina Faso où il a humilié le président du Burkina Faso, Roque Caboret. Vous savez, à un moment où il était sorti, il a dit « Oui, il est allé réparer la clim ». Il s'est fait haïr dans toute l'Afrique de l'Ouest, votre ami Macron. Il faut voir comment il s'est fait recevoir au Ghana quelques jours après.
Après ça, il est allé en Australie, où, fort de sa maîtrise de la langue anglaise, il a dit de la femme du Premier ministre... Il a dit devant les caméras en parlant au Premier ministre « Your wife is delicious ». Sauf que « delicious » en anglais, ça veut dire « votre femme est bonne ». Ça veut dire... Bon. Ça fait un scandale en Australie. C'était une métaphore sexuelle, en fait. Donc il a été appelé « Pépé le putois » sur tous les journaux australiens. Mais j'assure, allez vous renseigner. Enfin voilà. Donc je termine ici ma harangue anti-Macron.
Mais tout ça pour dire que je voudrais en terminer avec cette histoire selon laquelle quelqu'un qui voudrait sortir de l'UE, ce serait forcément un connard qui n'aurait aucune connaissance du monde d'aujourd'hui. Moi, je suis allé dans 95 pays du monde. C'est vécu au Japon. Je parle un peu le japonais. J'ai accompagné plusieurs présidents de la République, Mitterrand et Chirac, dans un très grand nombre de pays du monde. J'ai participé aux entretiens au plus haut niveau, par exemple, avec Chirac et Chang Semin, le président chinois de l'époque, par exemple, entre François Mitterrand et le président de Corée de l'époque et le président du Kazakhstan d'Ursultand Nazarbayev.
J'ai accompagné Chirac en Amérique du Sud, etc. J'ai une connaissance qui est quand même nettement supérieure à la moyenne des responsables politiques français qui ne connaissent rien, mais rien du tout, y compris d'ailleurs une bonne connaissance des arcanes européennes. Et en particulier... L'autre jour, j'ai dit ça chez Ardisson. Je sais plus si ça a été coupé ou si ça a été maintenu après la coupe, parce que...
Mais les Français ne pourront pas vraiment comprendre ce qu'est la Constitution européenne tant qu'on leur aura pas mis sous les yeux, à la télévision prime time, une réunion où il y aura 28 personnes parlant 24 langues différentes et qui parlent de la taille des sièges de tracteur pendant 3 heures d'affilée. Voilà. Ça, ça vaccine définitivement de ce qu'est la construction européenne. J'ai d'ailleurs... Je ferai remarquer peut-être ça. J'ai fait remarquer déjà ça à plusieurs reprises, lors notamment de l'affaire du débat de demain. Je rappelle que la France Télévisions a considéré qu'il fallait écarter 3 têtes de liste, Benoît Hamon, Philippot et moi-même...
Philippot, il n'aurait plus en passé. Ça, c'est exact. Mais enfin bon... On en reparlera peut-être. Mais bon. En tout cas, Benoît Hamon... Benoît Hamon pouvait écarter 3 têtes de liste au motif que 12, c'est trop. Mais si 12, c'est trop, que dire de 28 ? Ce sont les mêmes qui nous expliquent tout à fait que sortir de l'UE, ce serait un vrai scandale, et les mêmes qui estiment que de faire un débat à 12, c'est impossible. Vous voyez un petit peu le truc ? Donc je voulais faire ça en préambule, insister sur le fait que si je propose depuis 12 ans de sortir de l'UE de l'euro et de l'OTAN, ça n'est pas parce que je suis ringard, nostalgique, que je ne connais pas le monde d'aujourd'hui.
C'est l'inverse.
C'est justement parce que je suis du XXIe siècle, que je connais parfaitement le monde international, et que je sais très bien ce qui va se passer, ce qui est en cours de se passer, et que je me bats pour – comme le disait Charles de Gaulle – pour toutes celles et tous ceux qui veulent avant tout que la France restent la France, c'est-à-dire un pays à nul autre pareil qui est le pays des droits de l'homme, un pays qui est fondamentalement égalitariste du point de vue anthropologique, comme le dit mon ami Emmanuel Todd, un pays qui a – qu'on le veuille ou non – des atouts considérables, avec des services publics, qui assurent une égalité entre les citoyens, avec une sécurité sociale et un système de santé remarquable, et que tout ceci est en train d'être démoli par notre appartenance à une structure qui est présentée, qui est ripollinée sous un jour extrêmement beau, mais dont la finalité en définitive est de démolir tous ses acquis sociaux, tout ça, tout ce qui a fait la France pour avoir une société extraordinairement anxiogène, une société à l'anglo-saxonne, une société qui est anthropologiquement allant à l'antagonisme de ce qu'est la France.
Il y a aussi un autre canard auquel je voudrais tordre le coup. C'est l'idée que sortir de l'UE serait par nature un principe d'extrême-droite et xénophobe. Je dis depuis 12 ans l'inverse. En fait, c'est la construction européenne qui est d'extrême-droite et xénophobe, en tout cas racialiste. Parce que je pose toujours une question. Je vais la poser d'ailleurs ici. Qui est-ce qui est originaire d'Estonie, de Lettonie, de Lituanie, de Hongrie, de Pologne, de Slovaquie parmi vous ? Vous êtes de Pologne. Vous êtes français ou vous êtes polonais ? Et polonais à quelle échéance ? Votre mère est polonaise ? D'accord. Et maintenant... Donc j'avais pris...
J'avais dit Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne... Et c'est là qu'il avait pris 6 pays. Maintenant, qui parmi vous est originaire de Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Côte d'Ivoire et Congo ? 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13... Comme on disait du temps où la messe était dite en latin « Missa ita est ». La messe est dite. C'est-à-dire que si vous y réfléchissez bien... Et je ne suis pas là pour dire des propos désagréables pour les polonais. La France est une alliée traditionnelle de la Pologne depuis Stanislas Leczinski et Marie Leczinska, la femme de Louis XV.
Et même d'ailleurs depuis avant, puisque d'avance, Henri III avait été roi de Pologne brièvement avant d'être roi de France. Que ça plaise ou que ça plaise pas, ça, c'est une autre histoire. Mais force est de constater qu'il y a un truc qui permet de deviner l'avenir. L'une des seules sciences... Une vraie science... Vous savez qu'il y a les sciences molles et les sciences dures. Une vraie science. C'est-à-dire quelque chose qui permet vraiment... Une science dure, quelque chose qui permet vraiment de faire des prévisions sérieuses et dures. C'est la démographie.
Parce que la démographie, si vous faites des hypothèses sur le taux de mortalité, le taux de mortalité à la naissance, à la naissance, le taux de mortalité global, etc., vous pouvez prévoir à horizon de 5 ans quelle va être l'évolution démographique d'un pays. Et alors plus vous mettez les projecteurs loin, plus ça devient flou. Mais on peut avoir des hypothèses de croissance de la démographie à horizon de 20 ou 30 ans qui sont intéressantes à avoir à l'esprit. C'est une des seules sciences qui permettent vraiment de faire un petit peu de prospective.
Donc que cela plaise ou que cela ne plaise pas, c'est une évidence qui sautera aux yeux des historiens au XXIIIe siècle quand ils étudieront cette période. C'est que l'avenir de la France passe infiniment plus par ses relations avec les pays du Sud, avec les pays du Maghreb et les pays d'Afrique francophone notamment qu'avec les pays d'Afrique ou avec les pays de l'Europe de l'Est, de la même façon que l'avenir d'Allemagne est beaucoup plus proche des évolutions avec le monde turcophone ou que l'avenir de l'Angleterre se dresse beaucoup plus avec le monde du Commonwealth. Je disais tout à l'heure... D'ailleurs, je revenais d'Angleterre. J'ai parlé avec des partisans du Brexit.
Ça va me permettre de faire une césure, enfin une transition. C'est que c'est exactement ce que disent les concepteurs du Brexit. Ils disent qu'en fait, une fois sorti de l'UE, le Royaume-Uni va pouvoir retrouver son rôle mondial et nouer des relations avec le monde entier, et en particulier avec les pays du Commonwealth, dont le Royaume-Uni est si proche. Si vous allez au Royaume-Uni, vous avez... Nous, on a des petits... Vous savez, en France, les brasseries sont détenues par des kabiles en région parisienne depuis les accords des viandes 1962. Et puis les épiceries qui ferment à 1h du matin sont détenues par des Tunisiens ou des Marocains. Bon.
Alors au Royaume-Uni, c'est avec des Bangladeschis ou des Pakistanis. Voilà. Au Royaume-Uni, vous avez énormément des gens des pays à Londres. Vous êtes frappés par le nombre de gens d'habitants des pays du Golfe, du Sultanat d'Oman, des Émirats arabes unis, du Koweït, qui sont en villégiature à Londres. Vous êtes tout à fait frappés de voir aussi les liens avec l'Inde, avec le Pakistan, avec l'Australie. Et c'est comme ça que ça se passe. Donc c'était le dernier point que je voulais dire. C'est que si vous y réfléchissez bien... Et je sais que ceci perturbe en fait tous les responsables politiques qui m'écoutent, puisque à droite, à l'extrême-droite, on me dit... On dit...
Je suis un mondialiste, etc., ce qui est totalement faux. Et puis à gauche, les gens ne savent pas quoi répondre quand je dis que la construction européenne, si on y réfléchit bien, sans a priori, c'est en fait un apartheid planétaire qui ne dit pas son nom. En vertu de quoi la France devrait-elle fusionner avec la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, la Slovaquie ? J'ai rien contre, mais j'ai rien de particulièrement pour. D'autant plus que ce sont des États, notamment les pays baltes, où l'on commémore les Waffen-SS et où, par solidarité avec ces pays, on prépositionne...
En ce moment, en Estonie, en Lettonie, on a prépositionné des chars et des avions de combat à quelques centaines de mètres de la frontière russe, au risque... Moi, je suis d'avis que chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. On est actuellement, par notre appartenance à l'UE et notamment notre soumission à l'article 42 du traité de l'UE, qui place la politique européenne de sécurité de défense sous l'autorité de l'OTAN. Nous sommes entraînés à être sous domination géopolitique des États-Unis d'Amérique qui passent leur temps à aller chatouiller ou tirer la moustache de l'ours russe. Ben non, c'est pas vrai.
De même que ça serait pas bien que l'ours russe passe son temps à tirer les plumes du pirate de l'aigle américain. Eh bien il faut pas se faire comme ça. Alors maintenant, j'en viens donc aux propos de la journée sur le Brexit et le Frexit. On a mis dans la tête des Français que le Brexit se passe très mal, que c'est une catastrophe. Et donc j'ai eu des journalistes qui me disent « Comment osez-vous, pouvez-vous encore être pour le Frexit ? » dont on voit la façon dont ça se passe au Royaume-Uni. Il se trouve que j'étais donc ce dernier week-end à Londres, puisque nous avions décidé de célébrer le Brexit qui devait avoir lieu théoriquement le 29 mars à 23h et qui a été reporté in extremis.
Et il y avait cette image que l'on a mise d'ailleurs sur nos réseaux sociaux, qui était assez troublante, assez ironique. C'est qu'on nous avait décrit... On décrit en France la situation au Royaume-Uni comme une catastrophe, l'apocalypse, le chaos, le Royaume-Uni en plein chaos, titre du monde. Nous étions... Je dis ça parce qu'il y avait d'autres personnes qui étaient là. Je crois notamment... Fabien était là, voilà, à Londres. Il y a peut-être une ou deux autres personnes dans cette salle qui étaient. Je ne sais pas. Il était 13h30. On passe dans Hyde Park, qui est au centre de Londres. Il faisait un très beau temps. C'était très paisible.
Il y avait des gens qui étaient là, en train de pique-niquer, dans les familles, avec une petite couverture écossaise, en train de boire du tea. Voilà. Enfin bon, c'était bien, quoi, sympa. Tous les magasins regorgent de vituailles. Voilà. Enfin c'est la vie de... Et puis au même moment, on regardait sur Internet, qu'à une heure de moins au Royaume-Uni, donc 13h30, il était 14h30, et on voyait des scènes à Paris où il y avait des gilets jaunes qui s'étaient tabassés, roués de coups sur des trucs. Et on nous explique que c'est le chaos au Royaume-Uni, alors que nous, heureusement, on l'a échappé même. Nous, on reste dans l'UE. Il y a un petit problème quand même.
Il y a un problème de perception. On est dans un monde de l'inversion systématique, en particulier de l'inversion accusatoire. Et si j'en parle, c'est pas... Certains disent oui ou ouais. Non, non, non, non. Ce n'est pas un détail. Parce que... D'ailleurs, on a vu au Royaume-Uni des manifestations très bon enfants. Enfin les gens sont extrêmement déterminés. Parce que le 29... Non, il y avait énormément dans beaucoup de villes du Royaume-Uni des manifestations de gens... Il y a une majorité de Britanniques qui ont voté pour le Brexit et qui sont fous de rage que 2 ans et 9 mois après, il ne l'est toujours pas. Arrêtez de croire ce que vous disent les médias.
Les Anglais seraient ravagés d'inquiétude. Il faudrait vite vite vite un deuxième référendum. En fait, il n'y aura sans doute très probablement pas de deuxième référendum, d'abord parce que c'est pas le genre du Royaume-Uni, mais surtout parce que... J'ai eu plusieurs échos en la matière de gens qui me disent « S'il y a un deuxième référendum, c'est pas 52. C'est 55% des Britanniques qui voteront pour le Brexit ». Ne vous trompez surtout pas. On nous raconte des salades continuellement dans les médias français.
Et la salade maximale, c'est quand même celle qui consiste à faire croire que le Royaume-Uni serait dans plein chaos, alors que pour l'instant, s'il y a quand même un pays qui ne se parte pas bien, c'est que ça fait quand même 20 semaines que tous les samedis, il y a des gens qui manifestent, qui se font d'ailleurs traiter plus bas que terre maintenant dans les médias. Chaque semaine, il y a son lot des borniers, des gens mutilés à vie. Ça s'est un petit peu calmé quand même, j'espère. Et tout ceci, pourquoi ? Parce qu'il y a en France des gens qui manifestent. Ils manifestent parce qu'ils veulent... Ils constatent d'abord une dégradation constante de leur niveau de vie.
Il y a de plus en plus de ménages qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts. À partir du 15 du mois, ils sont déjà à découvert. Deuxièmement, le chômage ne diminue pas. Les enfants, etc., il n'y a plus que des petits boulots, des trucs comme ça. Et puis troisièmement, ils constatent que la démocratie a disparu. Ils demandent des choses. On leur explique que c'est pas possible. Ils se constatent qu'ils votent à droite, qu'ils votent à gauche. Ils ont toujours la même politique. Ils constatent que les services publics sont en train d'être démolis. Vous avez vu ce qui se passe. C'est plus les autoroutes, maintenant. C'est les routes qu'il va falloir privatiser, les routes nationales.
Il y a des ballons d'essai qui sont lancés. Vous avez vu ça ? Vous avez vu aussi sur les retraites le ballon d'essai pour monter l'âge de départ à la retraite ? Tout ça, j'espère que vous le voyez. Et donc il y a de plus en plus de Français qui veulent se révolter contre ça. Et à ce moment-là, ils s'aperçoivent en fait qu'ils n'ont pas la voix au chapitre. Alors pourquoi est-ce que le Brexit donne l'impression dans les médias de mal se passer ? Pour une raison qui n'a rien à voir avec la sortie de l'UE. Vous savez qu'on prête au Royaume-Uni. Le souverain, la reine d'Angleterre n'a pas le droit de parler politique.
Le souverain britannique, depuis les révolutions qui ont eu la première révolution anglaise notamment, depuis la grande remontrance de 1641... Vous connaissez tous parfaitement l'histoire britannique. Eh bien depuis cette époque, et puis ensuite après Cromwell, et puis après l'évolution, on a une monarchie constitutionnelle. Le monarque britannique n'a pas le droit de dire un mot. Pas de prise de position politique.
Soit dit en passant, d'ailleurs, ça commence à devenir un petit peu obsolescent, parce que du temps où il y avait le strict respect de la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États, le monarque disait pas un mot, personne ne mouffetait, seule la Chambre des communes était souveraine. Mais maintenant que les États occidentaux se permettent en permanence de dire ce qu'il faut faire, on a eu cette chose assez extraordinaire, que pendant le Brexit, après la préparation à la campagne référendaire, la reine d'Angleterre n'avait pas le droit de dire un mot, sinon les gens auraient été offusqués.
Mais en revanche, le président des États-Unis, Obama, est venu en disant « Il faut surtout voter contre le Brexit ». Tout le monde trouvait ça très bien. C'est incroyable si vous y réfléchissez, non ? Il y a Mme Christine Lagarde, que vous connaissez toutes, qui est maintenant la directrice générale du FMI. Il me semble que notre Macron national y est allé d'une larme également sur le fait qu'il fallait absolument pas voter pour le Brexit. Ça, tout le monde s'en met sauf le monarque britannique. C'est quand même assez dingue. Un jour viendra peut-être... C'est comme s'il y avait un référendum sur la transformation du Royaume-Uni en République et où il y aurait je sais pas quoi...
Donald Trump, président français, qui dirait « Il faut absolument voter en faveur de la République ». Et puis la reine serait là. Elle mouche bien. Elle pourrait pas dire un mot. Et après, c'est très obligé de... Bon. Alors comme la reine n'a pas le droit de dire un mot... Enfin elle n'a pas le droit de prendre position. Mais elle a le droit de poser des questions. Et alors les Britanniques avaient été bouleversées. Parce que pendant la campagne au référendum, il y avait eu un jour un dîner avec un certain nombre de personnes habitées à Buckingham Palace. Et la reine avait eu ce mot. Elle avait dit « Est-ce que quelqu'un peut... » Enfin c'est en anglais.
Soit dit, en passant, elle parle très très bien le français. Puisqu'on figure à vous que la langue qu'apprennent les anglais, la langue étrangère, c'est le français. Et que les aristocrates britanniques, à fortiori la monarchie, parlent très bien le français. Churchill parlait un français admirable. Et la reine d'Angleterre aussi parle très bien le français. Et elle a dû dire un truc en anglais du style « Could somebody give me three reasons, three good reasons to remain in the EU ». « Est-ce que quelqu'un pourrait me donner trois bonnes raisons pour rester dans l'UE ? ». Cette phrase a fait un scandale autrement. Enfin en tout cas, elle a fait jaser.
Parce que le monarque demandant « Est-ce que quelqu'un pourrait me donner trois bonnes raisons pour rester dans l'UE ? » a été interprété à juste titre comme un coup de pouce aux Brexiteurs. Parce que sinon, si elle avait douté de l'intérêt de sortir de l'UE, elle aurait dit « Trois bonnes raisons pour sortir de l'UE ». Là, elle a dit « Trois bonnes raisons pour y rester ». Ça avait été un petit coup de pouce aux partisans du Brexit. Après le référendum du mois de 26 juin, 23 juin 2016, vous vous rappelez, ça avait été le truc inimaginable. La Terre allait s'ouvrir. Le Royaume-Uni s'est tombé.
Et donc ça a été une espèce de crise d'hystérie pendant 2-3 jours dans la presse européenne, française. C'était le truc absolument inimaginable. Et il y avait une véritable crise d'hystérie. Et ça devait être le jeudi suivant. La reine fait – je sais pas quoi – une inauguration. Comme elle en a le secret, vous savez, avec son chapeau, le sac à main. Enfin depuis 67 ans qu'elle fait ça. Depuis 1952, elle a son chapeau et son sac à main. Et elle va faire des inaugurations de charity. Il faut quand même le faire. En disant « Toujours impliquable, pas une tâche sur elle ». Et à ce moment-là, il y avait des journalistes de la presse mondiale qui lui ont dit...
Et elle avait eu cette phrase extraordinaire. Elle avait dit « Jusqu'ici, tout va bien ». Ce qui avait calmé le jeu brutalement, elle disait que finalement, c'était une évidence. Mais ça venait de la parole au plus. Alors ce que j'ai appris à Londres l'autre jour, c'est qu'avec ces questions ingénues dont elle a le secret, l'autre jour, devant, dans un déjeuner comme ça, avec un certain nombre de personnalités, elle a prononcé une question de 5 mots qui a fait beaucoup jaser aussi au sujet du Brexit. Et elle a dit « Why is it so long ? ». Pourquoi est-ce si long ? Elle a raison. Elle a mis le doigt sur le vrai problème.
Le vrai problème du Brexit, ce n'est pas qu'il est difficile de sortir de l'UE. Ce qui est difficile, c'est que ceux qui ont été battus acceptent le verdict des urnes. Nous avons eu l'affaire à des fascistes, le fascisme bleu. C'est ça, la vérité. Le Royaume-Uni se retrouve dans la même situation que la France en 2005. En 2005, 55% des Français ont voté non à la Constitution européenne. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé qu'ensuite, les 55% de Français qui ont voté à la Constitution européenne, on leur a fait comprendre que les adultes. Ils se sont... Je vois qu'il y a des gens qui sont partis, peut-être parce que ça leur fait mal d'entendre la vérité.
Les 55% de Français qui ont voté non, les européistes ont fait le gros dos pendant 2 ans et demi, jusqu'à ce que Sarkozy fasse ratifier, fasse ratifier dans le dos des Français par les parlementaires le texte exact que les Français allaient rejeter à 55% en enlevant un point-virgule sous le nom de traité de Lisbonne. C'est exactement ce qui se passe au Royaume-Uni avec le Brexit. C'est-à-dire qu'il y a 52% du peuple britannique à voter pour le Brexit. Dans les jours qui ont suivi, on a entendu des gens qui ont dit « Ça n'aura pas lieu ». Et depuis lors, vous avez des efforts considérables qui ont été lancés pour empêcher de donner satisfaction au peuple britannique.
Je voudrais rappeler à ceux qui l'ignoraient, les institutions britanniques. Le Premier ministre britannique est traditionnellement... La personnalité, c'est traditionnellement le chef du parti ayant le plus de députés à la Chambre des communes.
Il se trouve que les 52% de Britanniques qui ont voté pour le Brexit étaient 98% ou 100% des électeurs du parti de Nigel Farage, le UKIP, plus 30 à 40% des conservateurs, des terroristes, sachant que 60% des électeurs conservateurs avaient voté pour le Remain, plus 30% des électeurs du Labour, sachant que 70% des électeurs du Labour ont voté pour le Remain, 30% ont voté pour le Brexit, plus l'extrême-gauche britannique, comme le syndicat RMT, qui est syndicat d'extrême-gauche, qui avait appelé pour le Brexit. Donc en fait, c'est exactement comme en France les 55% de Français qui ont voté non à la Constitution européenne. C'étaient les électeurs...
95% des électeurs du FN, c'étaient 50%, 60% des électeurs de l'UMP, c'étaient peut-être 10% des électeurs de l'UDF, c'étaient peut-être 30%, 25% des électeurs du PS, et puis c'étaient 80% des électeurs du PCF et 90% des électeurs de l'extrême-gauche. Voilà. C'est comme ça que ça s'est... C'est-à-dire qu'il n'y a pas sur ce référendum le clivage droite-gauche habituel.
On retrouve le schéma du Conseil national de la résistance ou le schéma plus exactement qui avait fait échouer la Communauté européenne de défense en 1954 à l'Assemblée nationale en France, à la Chambre des députés, lorsque les gaullistes et les communistes s'étaient alliés, une alliance de circonstances, pour faire échouer le projet de Communauté européenne de défense. Et donc le problème auquel ont été confrontés les Britanniques, c'est que David Cameron a perdu son référendum. Bien. Selon la tradition britannique, le Premier ministre qui perd un référendum et une élection nationale dégage. Il a dégagé. Mais il a fallu choisir un nouveau Premier ministre.
Or, comme il n'y avait pas eu d'élection générale, il y avait toujours les mêmes députés à la Chambre des communes. Donc le Premier ministre démissionnant, tout le monde s'est tourné vers le Parti conservateur. Or, au sein du Parti conservateur, vous avez deux tiers des députés qui sont des Remainers et un tiers qui sont des Brexiteurs. C'est un peu comme ce qu'on a vu en France, au sein par exemple du Parti socialiste en 2005, où il y avait une majorité des députés socialistes qui étaient pour la Constitution européenne. Mais vous aviez une minorité importante menée par Laurent Fabius qui avait appelé à voter non. Pareil à l'UMP.
Donc au Royaume-Uni, chez les conservateurs, il y avait deux tiers de députés pro-Remain. Et quand il s'est agi de choisir un nouveau chef de parti, les députés majoritaires ont choisi un des leurs, Mme Theresa May, qui était anti-Brexit. Elle était au gouvernement de David Cameron, David Cameron, ministre de l'Intérieur. Alors comme elle était ministre de l'Intérieur et qu'elle devait avoir quand même des remontées du terrain, qui avait dû lui faire savoir que probablement c'était pas si sûr que ça que le Brexit serait battu, elle avait fait profil bas. Donc elle avait appelé à voter pour le Remain contre le Brexit.
Mais elle avait été suffisamment habile pour ne pas trop se mettre en avant, de telle sorte que lorsqu'il s'est agi de choisir un nouveau Premier ministre, les parlementaires du Tétorisme l'ont choisi, elle, en disant qu'elle arriverait à essayer de fédérer la famille conservatrice divisée. Ça aussi, ce rappel fondamental sur les institutions britanniques permet d'attirer l'attention sur le mauvais procès que j'entends parfois en disant « Oui, oui, c'est scandaleux ». Comment dirais-je ? Nigel Farage ou Boris Johnson. Ils avaient appelé à voter pour le Brexit. Ils se sont carapatés. On les a plus vus. Mais c'est pas qu'ils se sont carapatés.
C'est qu'ils ne pouvaient pas devenir Premier ministre. Nigel Farage n'était même pas député. Quant à Boris Johnson, il faisait partie de la minorité du tiers des députés qui étaient pro-Brexit. Donc il n'avait pas la majorité au sein de son parti. C'est important, ce que je dis, parce que ça vous permet de comprendre comment c'est noué l'imbroglio que nous vivons. Ce qui permet de comprendre, c'est que pour qu'il y ait... Ça serait parti sur de bonnes bases s'il y avait eu un gouvernement d'Union nationale. Normalement, il aurait fallu que le Premier ministre négocie le Brexit soit quelqu'un qui avait fait campagne pour le Brexit et qui aurait eu comme ministre...
Par exemple, Nigel Farage, Boris Johnson, Brinton Shiltam, qui est le leader des pro-Brexit au sein du Parti travailliste, quelqu'un d'extrême-gauche, etc. Un peu ce que fut le Conseil national de la résistance en France. Un peu ce que... Excusez-moi de faire un instant de la politique. Mais un peu ce que nous, nous faisons à l'UPR. C'est-à-dire que nous, on se rassemble sur l'objectif de la souveraineté nationale. Mais ça n'est pas le cas. Ce qui s'est donc passé, c'est qu'il y a eu un gouvernement monocolore conservateur, majoritairement anti-Brexit, pour négocier le Brexit.
Et de l'autre côté, vous avez eu Michel Barnier chargé des négociations au sein de la Commission européenne, flanqué d'une Allemande qui était là pour dire « Nein », ce qu'ils savent très bien faire. Et par ailleurs, sous les injonctions de François Hollande puis d'Emmanuel Macron sur le thème « Il faut les faire souffrir un maximum ». On a donc eu le Brexit qui a été mené... La négociation sur le Brexit menée de part et d'autre par des gens qui n'en voulaient pas. C'est ça, la vérité. C'est comme si vous aviez un divorce d'un couple où aucun des deux ne veut divorcer. C'est à peu près ça. Le seul corde de rappel étant la pression populaire des gens qui ont voté pour le Brexit.
On a organisé... Moi, j'ai invité... Le jeudi soir dernier, j'avais à ma table dans un restaurant de Londres... J'ai eu 3 anciens ministres et un amiral qui sont venus, plus un homme qui devait être proche de la professeure de l'université, puisque c'est beaucoup de choses. Et le lendemain, nous avons fait notre grande fiesta où on a eu 4 ou 5 anciens ministres conservateurs ou travaillistes. Et ils nous ont tous donné le même conseil. Ils nous ont dit... Nous, quand on a voté, on a appelé à voter pour le Brexit. Quand le Brexit a gagné, on s'est reposé sur nos lauriers, en fait. Enfin ils ont dit ça. Ils ont dit ça d'une autre façon. Ils ont dit... Voilà. On pensait que c'était fait. Non.
Ils ont dit... C'est à ce moment-là qu'on aurait dû commencer à faire campagne, parce que la réalité, c'est qu'on n'a pas affaire en face à des gens fair-play. On n'a pas affaire à des gens qui disent « Bon, ben c'est vrai. On a été battu à 48. Donc c'est vrai. On se soumet ». Non. On a affaire à des gens qui disent « On a été battu à 48 %, mais on va empêcher les 52 % d'avoir raison ». C'est en France... C'est ce qu'on a eu. Je rappelle que les 55 % de Français qui ont voté non à la Constitution européenne ont eu le traité de Lisbonne, qui est exactement ce que les Français avaient rejeté. Alors je voudrais faire à ce propos deux remarques.
Quand je dis que sortir de l'UE n'est pas difficile, je ne dis pas que c'est forcément très facile. Mais un jour... Parce que vous savez, on dit dans la presse française « C'est une catastrophe ». S'il n'y a pas d'accord, c'est un désastre. J'ai vu... Comment il s'appelle ? Donald Tusk, je crois, le président du Conseil européen, qui a dit que c'était... Ah non, c'est Verhofstadt, c'est un belge, qui a dit que c'était... On risquait maintenant... Le Royaume-Uni était au bord de l'abîme. L'abîme étant qu'il y avait un no deal, une sortie le 12 avril. Alors on pourra d'ailleurs débattre de ça là-dessus. Vous avez peut-être, vous, des idées à me donner. Mais je me suis dit...
Mais en fait, s'il n'y a pas d'accord, qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer quoi, vraiment ? Enfin qu'est-ce que c'est que cet abîme ? Je cherche encore. J'ai d'ailleurs demandé aux gens... On cherche encore. Vous avez vu Macron, vous vous rappelez, qui est allé... Il a fait son débat, son grand débat. Il débat avec lui-même, d'ailleurs. C'est une espèce de solidoque. Devant des maires, il a chassé les gilets jaunes. Ils ont été maintenus à 10 km de là. Donc le débat avec les gilets jaunes... Il n'y a pas un gilet jaune à l'horizon, sauf quelques comparses ici ou là, des gens style Mme Levadas. Et puis M. Macron est allé pérorer devant des maires de villages. Vous vous rappelez ?
Bon. Il a commencé par un village de Normandie qui s'appelle le Bourg-te-Hout, je sais pas quoi. Et là, il était là. Et il a dit cette phrase assez extraordinaire. Il avait dit « Vous vous rendez compte, le Brexit, 70% des produits alimentaires dans les supermarchés britanniques viennent du continent ». Alors les maires de petits villages qui étaient là... Oh ! Mais moi, j'aurais été là. J'aurais dit... So what ? Et alors ? Vérification faite. Ça a été débusqué. C'était encore une fake news de Macron, puisque c'est pas 70%. D'après les statistiques des associations de supermarchés, c'est 30% des produits qu'on trouve dans les supermarchés, les produits alimentaires, viennent du continent.
Il y a beaucoup de produits qui viennent d'Afrique du Sud, d'Australie, des trucs comme ça. Et puis des produits britanniques. Le cheddar, il vient de Grande-Bretagne. Puis le beurre, il y a aussi, etc. Mais surtout, ce qui est important, c'est qu'il aurait fallu... Mais quelqu'un n'a pas eu la présence d'esprit. Il s'est laissé intimider par ces manœuvres d'intimidation. Personne n'a demandé à Macron « Mais qu'est-ce que vous voulez dire par là ? ». C'est-à-dire que lorsque le Royaume-Uni sera sorti de l'UE, si par exemple un supermarché arrive à court de Bordeaux et de Roquefort et de Camembert, il va se passer quoi ?
Il va se passer que la centrale d'achat de la chaîne de supermarchés va passer commande, va envoyer un courriel en passant commande à son fournisseur habituel de vins de Bordeaux, de Roquefort, de Camembert, auquel il achète. Ils ont des liens depuis des années. Et alors ? Vous croyez que le producteur de Camembert ou de Bordeaux va dire « Hors de question que je vous vende du Camembert ». Depuis que vous avez quitté l'UE, je ne veux plus vous voir. Mais c'est complètement con. C'est complètement con. Vous avez 193 pays aux Nations unies. Je suis désolé. Il y en a 165 qui ne sont pas dans l'UE, auquel on voit du Camembert et du Bordeaux.
Il y a d'ailleurs eu France 3 qui était allé interviewer comme ça pour faire du sensationnalisme à nos compatriotes qui étaient dans les bignobles du Bordelais et qui a demandé à l'invité d'État « Ben alors, vous avez peur du Brexit ? ». Et notre compatriote a dit « Mais vous savez, ça fait 800 ans qu'on vend du Bordeaux aux Anglais. On ne voit pas pourquoi on arrêterait ». Mais c'était tout simplement la vérité. Si vous voulez vous qu'on vend du Bordeaux, du Bordeaux, etc., aux Suisses qui ne sont pas dans l'UE, aux Norvégiens, mais aussi aux Anglais, mais aussi aux Américains, mais aussi aux Japonais. Ils ne sont pas... Je vous assure. Je vous assure que la Côte d'Ivoire...
Il y a du Camembert en vente dans les supermarchés d'Abidjan. Et la Côte d'Ivoire n'est pas dans l'UE. Après ça, le même Macron avait dit « Vous vous rendez compte ? Les compagnies aériennes ». Et alors ? Vous imaginez vraiment qu'un vol de la Japan Airlines, Tokyo, Londres, apprenons qu'à 23h, le Royaume des sorties de l'UE, le pilote d'un seul coup modifie son plan d'art. On va atterrir à Copenhague. C'est complètement con. Les plans de vol, les libertés aériennes... Ça, ce sont des négociations qui n'ont aucun rapport avec l'appartenance à l'UE. Alors de proche en proche, je me suis dit « Mais finalement, c'est quoi, ce truc ?
» Qu'est-ce que concrètement il va se passer s'il y a un Brexit no deal ? Ça, c'est du droit. Je suis sidéré de voir l'ensemble de la presse française, l'ensemble des sachants, des prétendus experts qui ne se soient pas posés cette question toute bête, mais qu'il faut de l'honnêteté intellectuelle pour avoir. C'est-à-dire concrètement... Comme disent les Britanniques qui sont des pragmatiques, « Where is the beef ? » Voilà. Concrètement, qu'est-ce qui va se passer ? Alors je vous rassure ou je vous inquiète, le gouvernement français, comme les Belges et les Hollandais, ils se sont dit « Bon, on va quand même tout droit vers le no deal ».
Donc allez sur le site du ministère français de l'Économie ou le site du ministère français de l'Agriculture. Et puis ils sont allés. Vous verrez qu'il y a un plan qui a été mis en œuvre. Parce que la seule chose réellement concrète qui va se passer le jour et à l'heure précise où le Royaume-Uni sort de l'UE, c'est que le Royaume-Uni n'est plus dans le marché commun, dans l'union douanière européenne. Et donc... Je parle d'un Brexit no deal. Je parle pas d'un faux Brexit, c'est-à-dire où le Royaume-Uni resterait dans l'union douanière, un marché commun, enfin un Brexit, un fake Brexit, en fait.
Mais si c'est le Brexit no deal, la seule conséquence juridique concrète objective, je crois savoir, c'est qu'à 22h59, les camions arrivant de Royaume-Uni entrant à Calais, ils entrent sans droit de douane. À 23h01, il faut imposer un droit de douane puisqu'on leur impose le tarif extérieur. C'est exactement ce qu'a prévu le gouvernement français. Ils ont recruté des douaniers, commencé à mettre des algéco pour se préparer. À 23h01, ils commençaient à taxer les produits arrivant du Royaume-Uni avec un tarif extérieur commun de l'ordre de 3%. Voilà. Et là-dedans, ceux qui ont du boulot, c'est nous, la France. Ceux qui vont payer plus cher leur whisky, c'est nous, les Français.
Et comme je l'ai dit l'autre jour au talk du Figaro à Yves Tréhard, j'ai dit que c'est pas pour autant qu'on va se priver d'apporter des produits britanniques. J'avais dit un petit peu méchamment. Je reconnais. J'avais dit « Est-ce que vous imaginez vraiment que Jean-Claude Juncker se prive de sa bouteille de whisky au petit-déjeuner tous les matins ? » Non. Donc il la paiera 3% plus cher ou 4%. Enfin le tarif extérieur commun à moyenne 3%. Du côté britannique, il y a ce qu'on appelle le principe de succession des États ou des régimes. Vous savez que lorsqu'un État... S'il y a une révolution dans un pays ou un changement de gouvernement, par exemple.
Du point de vue du droit international, l'État reste lié ou reste aux autres États du monde par les traités qu'il a signés et ratifiés, jusqu'à ce que le nouveau gouvernement ait éventuellement dénoncé les traités ou modifié tel ou tel accord. En fait, c'est le bon sens même. Ça veut dire que le jour où le Royaume-Uni va sortir de l'UE, ne croyez pas que tous les traités vont s'esclafoirer d'un seul coup. Ça n'a pas de sens. J'avais dit... J'étais candidat à l'élection présidentielle. J'avais été reçu... Parce qu'on m'avait fait le coup de chapeau habituel... Enfin pas le coup de violon, pardon. Habituel. J'ai dit « Vous voulez isoler la France. La France va être isolée », etc.
Mais j'avais dit « Mais comment la France pourrait-elle être isolée ? » Puisque j'avais comptabilisé 6 686 traités bilatéraux ou multilatéraux liant la France au reste du monde. Et donc j'avais dit « Lorsqu'on sortira de l'UE, de l'euro et de l'OTAN », en fait, on sortira de 3 traités. Enfin de 2. Enfin il y en a un qui compte pour 2. C'est le traité de Lisbonne qui se subdivise en 2, le traité sur l'UE, le traité sur le fonctionnement de l'UE, plus le traité de l'OTAN, le traité de l'Atlantique Nord. Donc ça fait 3 traités sur 6 686. On a 343 traités bilatéraux qui nous lient à la République fédérale d'Allemagne. Il faut vraiment être...
Je sais qu'ici, il y a des gens qui s'intéressent au droit. C'est le moment de s'intéresser au droit. 6 6... Imaginez, je crois, de mémoire, 343 traités qui nous... C'est quoi ? C'est traité, par exemple, sur la délimitation des frontières. Là, vous avez plusieurs traités. Vous avez le partage des eaux, du Rhin, etc. Vous avez le traité sur l'établissement des relations diplomatiques et consulaires, le traité sur les échanges d'œuvres d'art, le traité sur la coopération industrielle, le traité sur les questions de...
Je sais pas, en cas de divance, des problèmes des fadios consulaires, le traité sur la coopération industrielle, le traité sur la coopération scientifique, le traité sur les conventions de non-double-imposition, etc., etc., etc., etc., contrées sur la création d'un consulat, je sais pas moi, à Leipzig ou à Munich, consulat de France, etc. Vous avez des quantités de traités qui nous lient. À l'Allemagne, vous en avez 280, à la Belgique, etc. On a des traités. Tous ces traités, ils restent valables. Donc là, je fais un peu en avance sur ce qui se passerait en cas de flexibles. C'est pareil pour le Royaume-Uni.
Le Royaume-Uni, le jour où le Royaume-Uni va sortir par le Brexit, va sortir de l'UE, Air France va toujours faire Paris-Londres. Et British Airways va faire Londres-Paris ou Manchester-Nice. Et puis voilà. C'est tout. Donc en fait, la principale chose qui va se passer lorsque le Royaume-Uni sortira de l'UE, c'est qu'il ne se passera rien. Voilà. C'est exactement ce qui s'était passé le 14 septembre 2003, lorsqu'il y a eu un référendum en Suède pour ou contre l'adoption de l'euro. Je vous renvoie. J'ai fait une conférence là-dessus. Il faut-il y avoir peur de sortir de l'euro.
La Suède est entrée en 1995 dans l'UE, mais elle avait donc l'obligation d'adopter l'euro, sauf que les Suédois sont vent debout contre l'adoption de l'euro. Ils ont toujours été vent debout. Donc on avait refusé aux Suédois ce qu'on avait accepté au moment de Maastricht en 1992, c'est-à-dire l'exemption d'adopter l'euro. C'est une réserve, comme on dit, en droit des traités. Ensuite, vous rappelez que le Danemark avait voté le premier pays qui vote par référendum pour traiter de Maastricht. Elle était en 1992. Le Danemark vote non. Ça avait fait grand genre. Donc bon, on avait calmé le jeu. Les Français, on les avait fait voter. Ils avaient voté oui.
C'est une erreur historique funeste que nous allons payer et payer et payer jusqu'à l'explosion du truc. Bon. Mais les Français ont voté oui au traité de Maastricht. Et puis les Danois, on les a fait re-voter. Puisque vous savez que dans la Constitution européenne, seuls les référendums qui sont agréés, dont les résultats sont ceux voulus par l'oligarchie, sont considérés comme étant valables. Ceux qui donnent un mauvais résultat, on doit les refaire ou les annihiler, comme ce qui est en train de se passer avec le Brexit. Et donc le Danemark avait dû faire un nouveau référendum. Mais il y avait eu un conseil spécial, un sommet du chef d'État et du gouvernement en panique.
Comme ça, il s'est réuni à Édimbourg en décembre 1992. Et on avait fait une modification dans le traité de Maastricht avec des clauses spéciales pour le Danemark qui avait le droit de ne pas entrer dans l'euro. Lorsque la Suède est entrée dans l'euro, elle a dû accepter... Elle est entrée dans l'UE. Elle a dû accepter l'euro. Mais le gouvernement suédois avait dit « On va pas entrer dans l'euro en même temps que tout le monde, parce que les Suédois sont contre. On fera un référendum ultérieurement ». C'est ce qui s'est passé, puisque donc en 1992... Excusez-moi. En 1999, les pays sont entrés dans l'euro, sauf la Suède.
En 2002, 1er janvier 2002, on a eu les billets sous forme de pièces et de monnaies, les billets en euros. Et les Suédois ont attendu un an. Et puis le Premier ministre suédois de l'époque, M. Persson... C'était son nom. Mon nom est Persson. M. Gustave Persson avait donc dit « On va faire un référendum en septembre 2003, le 14 septembre 2003 ». C'est ce qui a eu lieu. Pendant 9 mois, on a fait croire aux Suédois que si jamais il n'acceptait pas l'euro, ça serait un désastre absolu, une catastrophe inimaginable, une apocalypse sans nom.
Le TVG de Ericsson, qui est cette grande société de produits électroniques, de téléphonie, etc., qui représente à elle seule quelque chose comme 9% du PIB suédois, avait dit que si jamais les Suédois refusaient d'adopter l'euro, Ericsson serait obligé de délocaliser toutes ses usines, etc., etc. Il y avait même eu l'égérie du oui à l'euro, Mme Anna Lindt, qui était la porte-parole du oui, qui avait été assassinée 3 jours avant pour faire bon poids, bonne mesure. Et puis les Suédois, le 14 septembre 2003, ont voté pour conserver la couronne suédoise à 57%. Et on avait annoncé aux Suédois « Si jamais vous faites ça, ça va être un effondrement total ».
Or, c'était un dimanche, 14 septembre 2003. Le lundi 15 septembre 2003, les Suédois ont constaté cette chose absolument inimaginable, que le soleil se levait sur la Suède. Ils ont ouvert leur volet. Le port de Stockholm était toujours là. Vous pensez que j'exagère. Il faut voir le climat d'hystérie dans lequel on avait plongé des Suédois comme les Anglais. On leur avait fait croire que c'était l'Apocalypse. Et puis à 9h du matin, ouvre la bourse de Stockholm. Les gens se disent « Ah, la couronne suédoise va s'effondrer ». Les premiers échanges interbancaires, la couronne suédoise monte, monte, monte, monte. Pourquoi ?
Parce qu'il y avait eu depuis des mois des spéculateurs qui avaient vendu de la couronne à découvert en pensant que le refus de l'euro l'emporterait, ce qui avait été le cas. Mais ce qu'ils avaient pensé, c'est qu'ils pensaient que la couronne suédoise s'effondrera. Mais pas du tout. Parce qu'en fait, il n'y avait rien changé. Donc du coup, la couronne était stable. Le problème, c'est qu'ils avaient pris des positions à découvert. Et pour se refaire, ils ont été obligés, pour délivrer les contrats à terme qu'ils avaient pris, ils ont été obligés de racheter de la couronne suédoise.
Le résultat, c'est que la Reichsbank, son coup de 10h du matin, a dû intervenir en baissant les taux d'intérêt tellement la couronne suédoise monte. On a jeté un voile public sur cette affaire. Depuis lors, plus personne ne parle de ce qui se passe en Suède, qui a conservé la couronne suédoise. Je rappelle quand même que depuis 2003, le taux de croissance en Suède est 50% supérieur au taux de croissance de la zone euro. Voilà. Donc le problème majeur sur le Brexit – et c'est ça qui angoisse les européistes –, c'est que non seulement il ne se passe rien, mais que les résultats soient positifs. Et c'est ça qui fait très, très peur. C'est ça qui fait très peur.
Ceux qui ont la raison d'avoir peur du Brexit, surtout du Brexit naudit, c'est la France. Un, je l'ai dit, c'est nous qui allons faire le boulot de faire la taxation. Deux, s'il n'y a pas d'accord, les Anglais seraient fondés à reprendre... à exercer leur souveraineté exclusive sur la zone économique exclusive, en particulier sur cette partie de l'Atlantique Nord, les zones 7, 8, 9... Je sais pas quoi. Vous savez, c'est découpé par grandes zones qui se situent entre l'Écosse et l'Islande. C'est là que les pêcheurs viennent chercher le cabillaud, la morue, le collin que vous retrouvez chez Picard surgelé ou intermarché. Vous avez des navires...
Et si les Anglais reprennent leur zone économique exclusive, on risque des milliers d'emplois à Boulogne, sur mer. Les gens, ça rigole pas. Allez voir les pêcheurs en ce moment, ils sont assez inquiets. Troisièmement, les Anglais, ils ont dit... Ça, c'est Nigel Farage qui dit « no deal, no problem ». Si les Anglais sortent sans accord... Alors vous savez que les Anglais avaient donné leur accord pour verser 44 milliards d'euros à l'UE. Parait-il que c'est les engagements financiers pris par David Cameron sur des engagements pluriannuels. C'est pas une paille, 44 milliards d'euros. Or les Britanniques...
Du moins Dominique Raab, ancien ministre du Brexit mais qui a claqué la porte de Mme Theresa May... Dominique Raab avait dit « s'il n'y a pas de deal, on paiera pas ». Alors je sais pas ce qui va se passer, mais imaginons que ce soit le cas. 44 milliards d'euros... Actuellement, on paye 17% du budget de l'UE. Si les Britanniques s'en vont, on va passer de 17 à 20% du budget de l'UE. Alors il faut bien comprendre ça. De même que vous avez vu que là, pour les élections européennes, il y a 79 postes de députés. On en avait 72. On passe de 72 à 79 parce qu'on sait... Les autres pays restant de l'UE se sont partagés à l'avance les 72 députés britanniques. Donc la France... Il y a eu d'ailleurs...
Au passage, si le Royaume-Uni restait encore plusieurs mois comme de demande maintenant, semble-t-il... Enfin on sait plus ce qui va se passer. On n'y comprend plus rien. Mais si le Royaume-Uni restait, à ce moment-là, il faudrait faire des élections... Si le Royaume-Uni, le 30 mai, est toujours dans l'UE, il faut qu'il ait des députés juridiquement. Donc il faut qu'il organise des élections. Et donc il faut que les 27 autres pays reprennent de nouvelles lois... Comment dirais-je électorales ? Pour repasser, nous, de 79 à 72 députés. Vous voyez que le temps presse.
C'est le moins qu'on puisse dire, puisque les listes vont être déposées à partir du 15 avril jusqu'au 25 avril, nous, les listes en France. Bon. Donc je résume mon propos. De la même façon qu'on doit passer de 72 à 79 députés, puisqu'on a réparti au prorata des pays restants, les reliques des Britanniques. On va passer de 17 à 20% du budget. Et si les Anglais nous baissent une ardoise de 44 milliards d'euros, ben faites-le compte. 44 multiplié par 20%, 8,8 milliards d'euros qu'on se ramasse dans les gencives, sans compter que le budget européen. Ensuite, nous allons rester à 20%. J'ajoute que, comme vous le savez, lorsque les Britanniques ont voté pour le Brexit, la Royal Bank...
Alors eux, ils ont pas l'euro. Ils ont le livre. La Royal Bank of England a joué très finement. Ils sont pas cons, les Britanniques. Faut pas. Faut pas. On a un peuple qui est des gens extrêmement éduqués. C'est le pays qui a défendu les libertés fondamentales en Europe, en Occident depuis 1215, depuis la Magna Carta. C'est pas à eux qu'on va donner des leçons de démocratie. C'est pas à eux qu'on va donner des leçons de finesse diplomatique. Donc ils ont laissé très finement se déprécier la livre d'environ 10%. Le résultat des cours, c'est que depuis 2016, les Britanniques ont fait un spectaculaire redressement de leur balance commerciale.
Et nous, on en sait quelque chose, puisque la France avait sur le Royaume-Uni un excédent commercial qui est un des plus gros excédents que nous ayons dans l'ensemble du monde. La balance française, elle est extrêmement déficitaire. Mais on a un excédent commercial avec le Royaume-Uni qui était de 13,7 milliards d'euros en 2016. Du fait de la baisse de la livre sterling par rapport à l'euro, notre excédent commercial de 2016 à 2018 est passé de 13,7 à 4. Ça veut donc dire qu'au passage aussi, puisque le Royaume-Uni sort de l'UE, la pression migratoire, notamment des travailleurs venus des pays de l'Est européens dans le cadre de la directive travailleurs détachés...
Il y a de moins en moins de Polonais, les fameux plombiers polonais ou électriciens polonais qui étaient à Londres, à Chelsea, pour faire les beaux appartements. Ils ont diminué. Donc la pression des travailleurs venus de l'Est pour casser les coups, en fait... Parce que c'est ça, la finalité de la directive des travailleurs détachés, c'est de casser les coups. Et accessoirement, c'est aussi de mettre en péril financier les organismes sociaux des pays de l'Ouest. Vous savez qu'en France fin 2017, on est arrivé à ce délire. Il y a 516 000 travailleurs détachés qui travaillent en France, dans un pays qui a plus de 3 millions de chômeurs de catégorie A. Même Macron s'en est inquiété.
D'ailleurs, il n'a rien pu résoudre. Mais ça veut dire que les 516 000 travailleurs détachés qui viennent de l'Est, vous savez ce que c'est ? Ils sont payés au SMIC français. Mais on paye des cotisations sociales aux pays d'origine. Donc toutes ces cotisations sociales qu'on paye aux pays d'origine, ce sont des cotisations sociales qu'on ne paye pas aux organismes sociaux en France et donc que l'on place en déficit. Et après, on dit aux Français... Vous vous rendez compte ? On n'a plus les moyens d'eux. Il faut absolument réformer les systèmes sociaux et les systèmes de couverture sociale. Bref, comme il y a eu...
La pression des travailleurs détachés au Royaume-Uni a baissé considérablement. Vous savez ce qui s'est passé ? L'effondrement du taux de chômage au Royaume-Uni. Les dernières statistiques, le taux de chômage est passé de 5% au moment du référendum – ce qui était déjà très faible – à 3,9%. C'est les dernières statistiques. Le taux de chômage le plus bas depuis 44 ans. Alors résumé de tout ça, le Brexit... Ce qui se passe mal au Brexit, c'est tout simplement que, comme je le disais, ceux qui ont perdu n'acceptent pas le verdict des urnes.
Ils font tout pour essayer d'empêcher cela, à la fois pour maintenir le privilège de l'oligarchie qui bénéficie du système et surtout pour éviter l'effet d'entraînement épouvantable pour les européistes que représenterait la sortie du Royaume-Uni dans de bonnes conditions et qu'on s'aperçoive au bout de 2 ou 3 ans que ça se passe très très bien, parce que ça serait évidemment un très mauvais exemple donné. Alors je vais vous passer la parole. Mais je m'aperçois que j'ai pas beaucoup parlé du Frexit. Mais je voudrais dire quand même que ce qui se passe en ce moment au Royaume-Uni est grave, est très grave, parce qu'il faut pas exclure que ça dégénère.
Parce que moi, ce que j'ai vu au Royaume-Uni, ce sont des manifestations pour le Brexit extrêmement déterminées. Parce que lorsque les Britanniques ont voté pour le Brexit en 2016, en juin 2016, c'était un Brexit pour sortir du marché commun et de l'union douanière. C'est-à-dire que lorsque Mme Theresa May, elle dit « Bon, on va rester dans l'union douanière et dans le marché commun », vous avez une partie très importante de l'électorat qui est fou de rage. Parce que les Britanniques, c'est un peuple plus démocratique que les Français. C'est comme ça. Et donc on ne sait pas où est-ce que l'on va. On sait pas du tout où l'on va. Mais si Mme Theresa May...
En fait, le problème qu'il y a, c'est que les parlementaires à la jambe des communes ne représentent pas l'opinion publique. C'est exactement d'ailleurs ce qu'il y avait eu en France en 2004-2005. Parce que je rappelle qu'à la fin 2004, on donnait en France des sondages... Les sondages donnaient que si... Le référendum sur la Constitution européenne... C'est-à-dire pour ça, sans doute, que Chirac avait fait le référendum, à moins qu'il ait eu des arrières-pensées, ce qui n'est pas exclu. Mais fin 2004, les sondages donnaient en France, le référendum sur la Constitution européenne, 68% de oui, 32% de non. En réalité, ça s'est terminé 55% de non. Vous le savez, 45% de oui.
Et à l'époque, je me rappelle très bien, il y avait à peu près 80% des parlementaires français qui soutenaient la Constitution européenne. Eh bien c'est exactement ça. À la Chambre des communes, aujourd'hui, il y a une majorité de parlementaires qui sont contre le Brexit. Et ils sont confrontés au fait qu'ils sont les représentants d'un peuple qui, lui, ne pense pas la même chose que ses représentants. Donc c'est un enjeu absolument fondamental en matière de démocratie. L'enjeu, il est là. C'est un enjeu historique fondamental. C'est de savoir si le Royaume-Uni, les Britanniques vont accepter ce que les Français par apathie... Je ne parle pas du journaliste de France Info, mais...
Enfin quoi que. Les Français par apathie ou par indifférence, coupables, ont laissé faire en 2007-2008 avec le traité de Lisbonne. C'est-à-dire que les Français, même si beaucoup de gens ont été offusqués, ont été offusqués, les Français sont pas descendus dans la rue pour protester contre le viol, en fait, du référendum de 2005. Ce référendum a été piétiné. Et qu'on vienne pas m'expliquer... Les européistes viennent pas m'expliquer que ce sont des grands démocrates. Non. D'ailleurs, j'ai fait l'intervention que j'avais faite l'autre jour. Si vous prenez les référendums qu'il y a eu en Union européenne, c'est un long martyrologe de tous les référendums.
À chaque fois que les peuples votent mal, que ce soit au Danemark, en Irlande, aux Pays-Bas, en France, eh bien on refait... Ou même maintenant, on fait même plus re-voter. On considère que c'est nul et non avenu. Je rappelle par exemple que les Grecs... Il y a eu un référendum en Grèce en 2016 sur le plan de la Troïka. Les Grecs ont dit non. Ça a été mis au panier. On a appliqué le plan de la Troïka. Je rappelle même chose aux Pays-Bas. Il y a eu un référendum sur l'accord d'association Ukraine. Les néerlandais ont vêté non. Le Grodot pendant 2 ans. Et puis le gouvernement des Pays-Bas a voté. C'est-à-dire que maintenant... L'Europe, c'est ça. L'Europe, c'est que les peuples...
C'est une dictature. Enfin je ne sais pas comment expliquer autrement. C'est une dictature. C'est-à-dire que lorsque les peuples ne votent pas comme c'est prévu, on fait même plus de second référendum. Maintenant, on n'applique plus le truc. Voilà. C'est le grand risque. Et c'est pour ça que l'enjeu qui se passe actuellement au Royaume-Uni est si important. Sur le Frexit, un mot quand même avant de vous passer la parole. Sur le Frexit, je rappelle que si nous, on propose la sortie de l'UE, je l'ai dit en préambule. Ça n'est pas par nostalgie, racine, etc.
C'est parce que c'est le point fondamental pour restaurer la confiance entre les Français et la nation et leur représentation politique et la démocratie. Le mouvement des gilets jaunes est le fruit inévitable d'une dictature. Parce que les européistes auront beau présenter les choses dans tous les sens, il est de fait que les directives qui sont imposées à la France, notamment par le rapport des grandes orientations des politiques économiques – je me sens que j'en parlais tout à l'heure – qui imposent à la France, par exemple, la privatisation d'EDF, d'ENGIE, de la SNCF, c'est en cours.
Si vous allez en région PACA, vous apercevrez qu'en région PACA, eh bien maintenant, on est en train de privatiser les TER. Vous savez qu'EDF, enfin ENGIE, eh bien il y a eu la loi qui a été votée, vous le savez, l'autre jour par une nuit sans lune, avec 47 députés présents, et donc avec 27 députés qui ont voté pour la privatisation d'ENGIE, la privatisation de l'aéroport de Paris. Enfin c'est des trucs dingues. Et tout ceci nous est demandé, imposé par notre participation à l'UE de la même façon que la suppression de l'ISF. Or, les gens qui manifestent... Les gilets jaunes qui disent qu'il faut réintroduire l'ISF, ils ne savent pas que c'est une directive venue de Bruxelles.
Et donc on est dans cette situation où... En fait, pourquoi je suis blacklisté des grands médias ? Parce que je suis celui qui explique les raisons de cause à effet. Parce que vous avez une espèce de loi mafieuse qui va de Mme Le Pen à Mme Arthaud en passant par tous les responsables politiques. Article 121 du traité sur le fonctionnement de l'UE, qui postule donc justement le rapport des grandes orientations des politiques économiques qui doit être imposé pour assurer la convergence des économies dans la zone euro. On ne connaît pas.
Je suis le seul responsable politique qui présente chaque année le rapport des grandes orientations des politiques économiques imposées à la France par la Commission. Voilà. Article 63 du traité sur le fonctionnement de l'UE, qui impose la libre circulation des mouvements de capitaux, qui est à l'origine... 1. Des délocalisations industrielles. 2. De l'évasion fiscale qui est maintenant des sommets du style 120 milliards d'euros. 3. De la vente par appartement de la France. Je rappelle que les fonds d'investissement chinois ont acheté 120 châteaux dans le Bordelais, des centaines d'hectares dans la Beauce. Maintenant, ils s'attaquent aux forêts françaises. On ne peut pas s'y opposer.
Article 63, totale liberté de circulation des mouvements de capitaux. Que disent les autres candidats ? Rien. Et comme la sphère politique... Et c'est pour ça que je ne suis pas invité. Je suis celui qu'il ne faut surtout pas entendre. Un journaliste un jour m'a dit... Vous savez pourquoi vous n'êtes pas invité ? J'ai dit « Mais alors, vous allez me l'apprendre ? ». Je lui dis « Parce qu'on ne sait pas quoi vous répondre ». Eh oui, parce que moi, j'explique que le gouvernement, il est obligé d'appliquer les articles des traités.
Et c'est pas des gens qui font des études de droit que je vais apprendre cet adage romain « pacta sunt servanda », c'est-à-dire les traités, les engagements doivent être respectés. Alors on a donc des contorsions politicardes insensées à la France insoumise qui disent « On reste dans l'Europe, mais on va désobéir aux traités si... ». Non, ça va pas. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? On peut pas désobéir... C'est dingue ! Quand vous pensez que quelqu'un comme Mélenchon a été candidat à l'élection présidentielle alors que l'article 5 de notre Constitution pose, le président de la République veille au respect de la Constitution. Il est le garant du respect des traités.
Mélenchon se présente à l'élection présidentielle en disant « Votez pour moi, je vais piétiner les traités ». C'est dingue ! Est-ce que c'est quelqu'un de responsable qui sait ça ? Est-ce que vous avez vraiment envie de donner les clés notamment de la force de frappe nucléaire à quelqu'un comme Mélenchon qui, lorsqu'il a été député européen, a voté notamment pour les farines animales ou pour les OGM ? Et après coup, a dit « Ah non, je me suis trompé de bouton ». S'il se trompe de bouton sur les farines animales, il faut espérer qu'il se trompera pas de bouton au moment d'appuyer sur une bombilette ou sur la bombe nucléaire. Qu'est-ce que c'est que ces histoires ?
Et allez voir les autres opposants. Demandez à Dupont-Lajoie. Demandez à... Pardon. Excusez-moi. Non, non. Dupont-Aignan. Je regrette. Je fais mon miac ou pas. Dupont-Aignan... Ça, c'est sur les plateaux des étrangers. Demandez à Dupont-Aignan. Demandez à Jean Lassalle. Demandez à André Chassène du Parti communiste. Demandez à Mme Arthaud. Demandez à M. Poutou. Demandez à Mme Le Pen. Demandez à Mme Le Pen, à M. Barbomol et Mme Tartemuche de l'opposition leur point de vue sur l'article 63, leur point de vue sur l'article 121, leur point de vue sur l'article 106 du TFUE qui précise que des services publics doivent être mis en concurrence, c'est-à-dire primatisés. Il n'y a plus personne.
Donc nous, si on veut sortir de tout ça, c'est pour... Ça n'est pas une fin. C'est un moyen. C'est un moyen pour donner satisfaction à ce que veulent les Français, parce que dans leur écrasante majorité... Vous savez, j'ai parcouru la France depuis maintenant 12 ans. Je n'ai jamais vu en France de Français, qu'ils soient de droite, de gauche, du centre, d'extrême droite, d'extrême gauche ou d'extrême centre. Je n'ai jamais vu une personne qui soit venue me voir à la fin en me disant « Monsieur, ce que je veux, c'est la privatisation de la poste ».
Les Français sont très contents, étaient très contents du leg de la libération, où nous avons eu des forts services publics qui assurent la justice et l'égalité sociale entre les Français, puisque comme je le disais tout à l'heure, le peuple français, c'est un peuple qui est fondamentalement égalitariste du point de vue anthropologique et qui a besoin d'un État fort qui assure la justice sociale entre les Français. Ce qui n'empêche pas qu'il y ait des différences sociales, qu'il y ait des gens qui gagnent beaucoup d'argent, etc.
Mais en France, traditionnellement, il y a une certaine réserve et l'État intervient pour qu'il n'y ait pas des différences trop criantes de situations entre des multimilliardaires d'un côté et puis des gens qui meurent de faim dans la rue. Or, à quoi on assiste depuis l'entrée dans l'UE et l'entrée dans l'euro ? On assiste à l'indice de génie – vous savez – qui comptabilise les inégalités entre le premier décile et le dernier décile. Cet indice de génie qui ne cesse dans tous les pays d'ailleurs de l'OCDE et de l'UE et en France d'augmenter. C'est-à-dire qu'on voit...
Alors que toutes les Trente Glorieuses qui avaient suivi la libération avaient abouti à un resserrement des inégalités et avec l'apparition d'une grande classe moyenne... C'était le triomphe des Trente Glorieuses. C'était le triomphe de la pensée keynésienne en matière économique. C'était dû au fait que le capitalisme... On avait gardé le dynamisme incomparable du capitalisme en l'assagissant par la menace soviétique qui faisait que l'État faisait de la redistribution sociale. Donc on essayait d'avoir ce qu'on dit en anglais « the best of both worlds », le meilleur des deux mondes. Maintenant que la menace soviétique a disparu, maintenant qu'on est revenu à une espèce...
On était en train de revenir en fait à la situation du capitalisme de 1848, là où vous avez travaillé les enfants de 12 ans, là où on interdisait les syndicats, là où il n'y avait pas de contrat de travail, ce qui avait donné naissance d'ailleurs aux manifestes du Parti communiste. On est en train de revenir insensiblement aux années... Au milieu du XIXe siècle, avec des conditions qui sont faites aux plus modestes, qui deviennent désormais des conditions qui se rapprochent de l'esclavage, où les gens peuvent être jetés comme du papier hygiénique, peuvent être licenciés du jour au lendemain. Les réformes qu'il y a eu en Allemagne, les réformes Arts 1, 2, 3 et 4...
Or, l'Allemagne donne le « la » au reste de l'Europe. Vous avez des diplômés de l'enseignement supérieur qui gagnent 2 € de l'heure en Allemagne. 2 € de l'heure. Eh bien tout ceci mène en fait à une situation qui devient explosive en France. Et si nous voulons sortir, nous, de l'UE et de l'euro, c'est pour éviter cette crise qui arrive et dont je pense que la crise des Gilets jaunes n'est que le prodrome, c'est-à-dire une explosion de la France, de la situation sociale en France, comme elle couvre d'ailleurs un peu partout à travers le reste de l'UE européenne. Voilà. Je vous remercie de votre attention.
Pour comprendre ici, je pense, votre profonde conviction sur le Brexit, sur le travail que vous avez pu accomplir durant vos dernières années, étant donné surtout que, justement, la thèse du Brexit est très peu médiatisée, comme vous avez tout signé, et très peu connue quand même de la société française. Donc, maintenant, j'invite l'Assemblée ici présente à le décès de moi et à poser des questions sans veine, puisque M. le président est venu défendre avec conviction ses propos et n'hésitera pas, je pense, à dialoguer avec tout le monde.
Merci, M. Asselineau. Je vous remercie d'abord d'être venu. Et contrairement à beaucoup de l'université, où l'on est bien ici, on est là souvent à tout le monde. Et c'est une vieille tradition de l'Université de Paris XII que de défendre des libertés et des libertés intellectuelles. Donc, j'insiste beaucoup sur ce point. Je suis professeur ici et je m'attraie toujours pour répondre aux libertés.
Ce que vous avez dit était extrêmement éclairant, et vous auriez d'ailleurs plus aussi, dans l'exemple d'un pays européen qui est la Suisse, à l'époque du référendum de Maastricht, de la même manière, on avait dit, si les Suisses, par malheur, n'entraient pas dans l'Union Européenne, ça serait fini de leur prospérité, ça serait fini de leur construire. D'ailleurs, ça aurait été vraiment fini, d'ailleurs, s'ils étaient rentrés depuis dans le bureau.
Ça serait fini de tout ce qui a fait leur prospérité.
Et ils seraient obligés de garder une petite armée horriblement coûteuse, un tout petit pays minuscule, de se vivre malheureusement, misérablement du tourisme, de la vente de lait et de chocolat. Et ça serait vraiment la bonne idée. Et finalement, aujourd'hui, la Suisse était le plus prospère du monde, avec le niveau de vie le plus élevé. Alors, cela étant, il faudrait me relativiser. Il est plus facile de ne pas rentrer dans l'Union Européenne que d'en sortir. C'est quand même moins compliqué. Ils ont eu la bonne idée de ne pas mettre le droit dans leur drainage. Et il est regrettable, évidemment, que les Français se soient laissés vers nous.
Alors, malgré tout, quand vous avez parlé des inconvénients de la sortie de l'Union Européenne, vous avez peut-être un peu minimisé les difficultés parce qu'il y a des droits de douane. Je ne sais pas, parce qu'il y a toujours 2-3%. Certains pourraient être plus élevés. Il y a des problèmes aussi de TVA importants. Il peut y avoir des différentiels de TVA. Il y a le problème aussi avec l'Écosse, qui est un problème politique, puisque l'Écosse majoritairement va être attaché à l'Union Européenne, à tort ou à raison. Peut-être à tort. Mais enfin, c'est leur conviction. Il y a aussi le problème de la frontière avec l'Irlande, qui est un problème important.
On a tout de même le sentiment, et je crois que c'est ça qui fait qu'en France, les gens sont perplexes, comme je le suis d'ailleurs. D'autres parleraient de ce que vous avez dit, mais je ne suis quand même perplexe. C'est le sentiment d'un saut dans l'un colis. Parce qu'on a eu l'impression que le sens de l'histoire, c'était la construction européenne. Et comme d'ailleurs, dans bien des cas dans l'histoire contemporaine, le sens de l'histoire était un seul et une autre condition. Et on s'aperçoit qu'il va falloir faire machine arrière, pour revenir à une autre solution.
Ça a été d'ailleurs la même chose, comme vous avez parlé tout à l'heure très bien, de cette espèce de changement, la fin des grandes glorieuses. On a eu le sentiment, jusqu'à la chute de l'Union soviétique, que le sens de l'histoire humaine, c'était la réduction des inégalités. C'était une égalité toujours plus grande, une classe moyenne, la fin de la grande richesse et de la grande pauvreté. Depuis Tocqueville. Tocqueville avait cru que c'était ça, le grand sens de l'histoire. Et puis on s'est aperçu que ça s'est bloqué soudainement, en 1992-91, avec la déstabilisation consécutive à la chute du communisme.
Où là, on a brutalement inversé le système, et c'est un peu comme ces illusions d'optique qui changent d'un coup. Et on est reparti dans une société de plus en plus inégalitaire. Alors, ça me rappelle d'ailleurs ce que disait Jean Rouillet, qui était un professeur ici à Paris XII. Il disait, c'est à tort que Tocqueville croit que l'humanité va toujours vers plus d'égalité. En réalité, ce sont des grands cycles qui peuvent s'inverser, et qui se sont souvent inversés dans l'histoire. Et ça, c'est un point très intéressant. Alors, il n'en demeure pas moins que je crois que, pour le moment, en France, le fruit n'est pas mûr.
Les Français vont regarder ce qui se passe en Bretagne, et c'est peut-être que dans deux ou trois ans, si le Brexit s'annonce finalement positif, que là, notre combat pourra apporter ce fruit. Et pour le moment, il me semble que c'est encore prématuré. Mais les difficultés techniques, quand même, sont peut-être plus importantes que celles que vous évoquiez. Mais à tout ça, je vous remercie de votre exposé.
M. le Professeur, d'abord, je vous remercie des propos liminaires que vous avez tenus. Et j'avoue que je suis d'accord avec 90% de ce que vous avez dit, notamment l'exemple suisse comme l'exemple norvégien. Moi, je connais. Ça n'est jamais opposable. C'est-à-dire que lorsque je dis « Mais en Suisse, ça se passe très bien », on me dit « Oui, mais vous comprenez. C'est la Suisse ». Donc je dis « Oui, mais vous comprenez ». Je dis « Non, je ne comprends pas. Justement, quel est le problème ? » « Non, ça n'est pas comparable ». Bon. La Norvège, ça n'est pas comparable. L'Islande, ça n'est pas comparable.
Parce que la Norvège et l'Islande, dans le calcul de l'indice de développement humain, qui est un indice composite de l'IDH du programme des Nations unies pour le développement, les pays d'Europe, du monde, qui sont en haut du classement IDH, c'est justement la Norvège, l'Islande et la Suisse. C'est quand même manque de pot pour les théoriciens de la construction européenne qui disent que s'il n'y avait pas ça, on serait en voie de sous-développement. À l'intérieur même de l'UE, ce sont les pays qui n'ont pas accepté l'euro, qui se portent mieux que ceux qui l'ont accepté. Le Danemark, la Suède se portent mieux que les autres. Voilà. Alors je suis d'accord avec ce que vous dites.
Vous avez raison. Les Français actuellement... Quoique, on ne sait pas ce que donnerait un référendum sur le Frexit en France. Je rappelle que le 20 janvier 2018, Macron s'est rendu au Royaume-Uni. Il a assisté à la signature entre les deux ministres des Affaires étrangères français et britanniques, devant Mme Theresa May, du traité de Sandhurst qui consistait à ce que les Britanniques donnent 50 millions de livres pour retaper le terminal de Sangatte, où il y avait des migrants qui étaient entassés. Et puis 2 jours après ou le lendemain... Je crois que c'était le lendemain, le 21 janvier 2018, Macron est interrogé par la BBC dans les locaux de l'ambassade de France.
Le journaliste de la BBC dit « Mais si en France, il y avait un référendum sur le Frexit, qu'est-ce qui se passerait ? » Et Macron répond que les Français, probablement, voteraient oui, voteraient en faveur du Frexit. Je sais pas si vous vous rappelez. Ça avait fait vraiment un buzz au Royaume-Uni. En France, à part l'UPR, et puis peut-être un entrefilet comme ça dans Figaro ou je sais pas quoi, ça a été... On a vite caché ça sous la table, parce qu'on s'est dit quand même... Ce Macron est décidément... Il a encore une incarta. On préfère encore quand il parle d'aller pêcher le Comorien dans le détroit de trucs. Donc il avait fait encore une bourde.
Mais ça veut dire que dans l'esprit du président de la République en personne, le Frexit pourrait l'emporter. Il y a eu un sondage qui était sorti il y a quelque temps qui donnait 39% en faveur du Frexit et 61% contre. Mais c'est un sondage. Et je rappelle que les sondages donnaient 65% pour la Constitution européenne et 35% contre à l'automne 2004. Nous, ce que nous aurons par rapport au Royaume-Uni, nous n'aurons pas le problème de la frontière irlandaise, qui d'ailleurs, soit dit en passant, a été exagérément... Comment dirais-je... Envenimé. C'est les Français qui ont envenimé... Vous savez que les Britanniques...
Il y a beaucoup de Britanniques qui commencent à haïr la France, comme les Polonais, comme les Hongrois... La France qui donne des leçons de morale à tout le monde et qui éborgne les manifestants. Les gens commencent à en avoir jusque-là. Mais les Barnier, etc., ont jeté de l'huile sur le feu sur l'affaire du backstop, le filet de sécurité. En réalité, Mme Merkel, semble-t-il, avait plutôt voulu un peu arranger les choses. Parce que ce qu'il faut pas oublier, c'est qu'il y a beaucoup d'échanges inter-entreprises aussi entre les pays d'Europe continentale et le Royaume-Uni.
Vous avez par exemple des sociétés d'automobiles qui font fabriquer des pièces détachées au Royaume-Uni, qu'ils importent, etc. Quand l'Allemagne dégage un excédent de 60 milliards d'euros sur le Royaume-Uni, si vous vous baladez dans Londres, vous verrez énormément de Mercedes. Donc les Britanniques, les Allemands étaient finalement enclins à plus de souplesse sur cette affaire. Il semble que cette affaire de frontières pourrait être résolue soit par des sondages aléatoires, soit par des choses comme ça. Je signale, puisque vous citiez tout à fait à juste titre la Suisse, que lorsque vous allez en Suisse, vous avez des sondages aléatoires.
C'est-à-dire parfois, vous franchissez la frontière entre Annemasse et Genève. Il y a personne. Vous passez comme ça. Et par d'autres moments, vous avez quelqu'un qui contrôle les frontières. Alors nous, nous n'aurons pas le problème écossais, du moins pas encore, parce que malheureusement, nous avons la politique des euro-régions qui est extrêmement inquiétante et dont j'aurai l'occasion de parler dans mon premier grand meeting après-demain soir à Strasbourg, puisque vous avez vu que Macron est en train de décider de faire ce que les Français avaient rejeté par référendum.
Encore une fois, en 2013, les habitants d'Alsace, du Barin et du Haut-Rhin avaient rejeté le projet de suppression des départements. En 2013, Macron a décidé qu'il l'aurait quand même. Et donc on va supprimer en 2021 les départements du Barin et du Haut-Rhin, parce que là aussi, comme le peuple rejette, on fait voter ça par des autres, c'est-à-dire par leurs prétendus représentants, c'est-à-dire les conseils départementaux du Barin et du Haut-Rhin, et donc qui vont disparaître. Et on crée l'Alsace comme une collectivité... Je sais pas si vous avez bien noté... Collectivité européenne d'Alsace. Méfiez-vous de ça. On pourra pas dire que...
Moi, depuis des années, je tire la sonnette d'alarme sur le processus de destruction de l'unité nationale. Regardez ce qui se passe en Espagne avec la Catalogne. Regardez ce qui se passe en France avec Corsica, Alsace, Breis, Païs Vascos, etc., Occitania. Il y a une véritable volonté de démolir les États-nations, parce que c'est ceux qui l'empêchent d'impérialiser en rond.
Parce que si la France, 6e puissance économique mondiale, 3e ou 4e force nucléaire mondiale, qui possède la 2e zone économique exclusive au monde, qui est quand même une des 2 langues parlées quotidiennement sur les 5 continents par des millions de locuteurs, si la France déjà a du mal à lutter contre l'hégémonie américano-atlantiste, on imagine mal la Corse, avec ses 250 000 habitants, tenir tête à Washington. Je rappelle que Jean-Guy Talamone a dit « Je verrai de mon vivant une Corse indépendante dans le cadre de l'UE ». Et ça, c'est un des... Là aussi, à part moi, personne ne dit ça.
C'est-à-dire qu'actuellement, il y a un processus de destruction, de démolition contrôlée, j'allais dire, de la France, avec par le haut, on impose le globiche, la réforme de la loi Fioraso qui fait que désormais, vous avez des... À HEC, à Sciences Po Paris, vous avez des années entièrement en anglais où tous les cours sont donnés en anglais, y compris le cours de français. On va peut-être bientôt apprendre le français en anglais. Mais des cours de langue étrangère français. Mais vous avez les cours de finance, de marketing, de relations publiques, d'histoire, de politique, etc., à Sciences Po qui sont donnés en anglais obligatoirement, ce qui est contraire à la Constitution française.
Pareil à HEC, pareil dans un certain nombre de... Ça, c'est le décret Fioraso. Donc on impose le globiche absolument partout. Et en même temps, par le bas, on promeut les langues régionales. Par le haut, on donne de plus en plus de pouvoir à l'UE. Et par le bas, on donne de plus en plus de pouvoir aux régions. Donc le résultat là-dedans, c'est... Il y a le truc qui devient vide, qui se vide de substance. C'est la République française qui se vide de substance.
C'est-à-dire que cette grande répartition des rôles hérités de la Révolution française, où le Royaume de France, en 1789-1990, subit une révolution énorme qu'il ne faut jamais sous-estimer, c'est l'imposition de l'égalité entre les citoyens français, qui a pris la forme de la suppression des provinces. Il y avait des grandes provinces. La Bretagne. Il y avait la Lorraine. Le Languedoc. C'était des très grandes provinces. Le Dauphiné. Et puis vous aviez des toutes petites provinces. L'Onis, la Sainte-Onge, etc., qui était le Cambraisis. Bon. En 1790, on supprime toutes les provinces. Et c'est le projet de Fabre d'Anglantine. On divise la France en 85...
à l'époque, je crois, 80 départements, à peu près taille identique, pour assurer l'égalité entre les citoyens français. Ça, c'est très très important à comprendre. Ce qui est sorti de 1790, c'est donc la République française, les départements. Donc on supprime les provinces avec tout ce qui allait avec, les privilèges, les États... Les États de Languedoc, les États du Dauphiné. Au final, les États, c'étaient les parlements de province, où il y avait la surreprésentation des aristocrates et du haut clergé. Et chacun avait sa propre loi, qui l'opposait d'ailleurs à la loi centralisatrice du Royaume-Pierre. Le roi de France, souvent, avait du mal à imposer des lois au niveau national.
Et puis vous avez en dessous... Vous aviez aussi dans tous ces États, dans toutes ces provinces, vous aviez des poids et mesures différents. Vous aviez le pouce, la livre, le truc et les machins qui étaient différents entre la Normandie, le Dauphiné, etc. En 1790 et dans les années suivantes, on supprime les provinces, on supprime les privilèges, on supprime les lois particulières. On n'a plus qu'une seule loi pour toute la nation. Et on impose le système métrique bientôt avec les mêmes poids et mesures dans l'ensemble de la France. Alors ça a été caricaturé sous le nom Jacobiniste. C'est l'horreur absolue, paraît-il.
Mais enfin, c'est ce qui a quand même fait que ça a assuré l'égalité entre les Français. Or, aujourd'hui... Et puis par ailleurs, il y a eu ce phénomène très important. C'est que les paroisses d'ancien régime qui tenaient les États civils... Ça a été la constitution civile du clergé. Et on a créé à la place des communes qui ont repris l'étendue des paroisses. Si vous faites des arbres... Si vous êtes d'origine française sur plusieurs centaines d'années, et si vous vous amusez à faire des recherches généalogiques, vous verrez que vous butez souvent à partir de 1780... En remontant au-dessus.
Parce que parfois, on passe de la municipalité, de la commune, qui, elle, a tenu le registre d'État civil, au registre des paroisses. Et là, ça a été... Il y a eu des destructions à la Révolution française. Il y avait des choses... C'était moins bien tenu. Donc ça devient plus difficile. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a tellement de communes en France qui s'appellent Saint-Machin, Saint-Glinglin, Saint-Louis, Saint-Denis, etc., Saint-Touin, parce qu'il s'agit des paroisses d'ancien régime. Donc on a eu, à partir de 1790, République française, département commune qui assurait la justice et l'égalité sociale entre les Français.
Et actuellement, le nouveau modèle administratif qui nous est imposé, mais qui nous est imposé toujours de façon subreptice, sans qu'on explique le schéma d'ensemble aux Français pour qu'ils donnent leur avis, on les prend en traîtres. C'est qu'il s'agit de supprimer la République française. Il s'agit de supprimer les départements. Il s'agit de supprimer les communes. De remplacer ça par quoi ? Par les États-Unis d'Europe, capitale Bruxelles, par des États fédérés. Or, la France est trop grosse. Il faut des États ayant la taille des lenders allemands, d'où la création de régions qui n'existaient plus jusqu'en 1972. Ça n'existait pas.
Plus exactement, funeste mémoire, c'est Pétain qui avait recréé les régions en 1941 à la Nantes des Allemands, comme par hasard. Et puis ça avait été supprimé à la Libération en 1945. Et puis ça a été recréé en 1972 par Pompidou sous forme d'établissements publics régionaux. Et maintenant, on a donné... À partir des lois de décentralisation, on a recréé les parlements de province, avec les conseils régionaux, avec d'ailleurs tout ce qui s'ensuit, c'est-à-dire des palais, un président de conseil régional, des vice-présidents, chacun à son cabinet, son directeur de cabinet, sa voiture de fonction, le tableau de bain en loupe d'or, les sièges en cuir profond, etc., etc.
Donc une augmentation phénoménale des coûts. Et maintenant, ce qui est en train d'arriver, c'est qu'on dit... J'ai vu encore Xavier Bertrand qui dit ça aujourd'hui, qu'il faut absolument poursuivre la décentralisation, donner de plus en plus de pouvoir aux... C'est-à-dire qu'on est en train de revenir sur tous les acquis de la Révolution française. On est en train de revenir à 1788. On est en train de revenir à un pays... De façon délibérée, on hétérogénéise le territoire français. On est en train de fusionner les communes de force. Pour quelle raison ? Parce que, paraît-il, on a trop de communes. Parce que, paraît-il, on était à 36 000 communes, on était tombés à 34 000, etc.
Paraît-il qu'on a beaucoup plus... Ça, c'est pas paraît-il. C'est vrai. C'est-à-dire qu'on a beaucoup plus de communes que l'Allemagne. Mais moi, j'ai envie de dire, comme je disais tout à l'heure, et alors ? On a 36 000 communes. Et alors ? D'abord, on a le plus grand territoire. Mais deuxièmement, ces communes font partie de l'identité nationale. En plus de ça, ce sont des petites communautés villageoises extrêmement démocratiques et très bon marché. Parce qu'un maire, ça gagne 800 € par mois. Et c'est taillable et corviable à merci 365 jours par an, 24-24. Si vous avez un nid de poule le dimanche matin, vous appelez M. le maire.
S'il y a l'arbre du voisin qui est tombé chez vous, vous l'appelez un samedi soir, 24 décembre au soir, parce qu'il y a un problème. Si on n'a pas vu Mme Barbomol depuis 3 jours, elle n'est pas sortie de sa maison, on va voir M. le maire. Il faudrait peut-être aller voir. Ça, c'est un service au quotidien fourni aux Français pour 3 fois rien. Mais par été, c'est pas bien. Il faut avoir la même granulométrie administrative qu'en Allemagne ou que les comtés aux États-Unis. C'est ça, le modèle implicite. Donc on fusionne les communes par paquets de 10. Bientôt, on n'aura plus de maire. Mais on ferme les écoles.
La mairie sera à 15 km ou 20 km de là, avec un salarié qui ne travaillera que 35 heures ou 38 heures ou 40 heures par semaine. Il ne sera joignable que pendant les 220 ou 230 jours ouvrables. Et tout le reste, il ne sera pas là. Les week-ends, les jours fériés, les vacances, etc. Et donc le service aux habitants sera très dégradé par quelqu'un qui n'habite pas dans la commune. Et c'est beaucoup plus cher. Le principe qui se cache derrière, c'est d'avoir la même granulométrie administrative. C'est aussi absurde que si on disait... Vous savez qu'il paraît qu'il y a 365 fromages en France et il y en a 6 aux Pays-Bas.
On va dire qu'il faut fusionner les fromages en France par paquets de 36, parce que c'est pas possible... Voilà, 36, 36, etc. Donc par paquets de... Qu'est-ce que je dis ? Par paquets de 60, en fait. Voilà, par paquets de 60. Donc on va imposer la fusion du Roquefort, du Camembert, du Sainte-Mort de Touraine, parce que sinon, on a trop de fromage. Voilà. C'est à peu près ça. Donc ça, c'est la fusion des communes. Les départements, c'est pas rien. D'ailleurs, vous allez voir, le débat que Macron... Il va dire... Il va sortir d'un chapeau.
C'est raide comme balle, parce que ça fait partie des demandes des grandes orientations des politiques économiques, qui sont pas seulement des politiques économiques. Si vous lisez ce document que, semble-t-il, l'UPR et moi-même sommes les seuls à lire en France... Plus, bien entendu, dans les allées du pouvoir. Mais eux, ils le cachent. Mais c'est rendu pourtant public. Dans le rapport des Gopé 2015, il était bien précisé de supprimer les échelons administratifs et de fusionner les communes. Ils disent la même chose aux Italiens, d'ailleurs. Mais de quoi je me mêle ? De quoi je me mêle ? C'est-à-dire qu'il y a un objectif géopolitique derrière.
Parce que le problème, c'est que les départements sont trop grands pour être des comtés à l'américaine ou des comtés à l'allemande, et sont trop petits pour être des États de la côte Est américaine ou des lenders allemands. Il faut donc supprimer les départements. Il faut fusionner les communes, supprimer les départements, donner de plus en plus de pouvoir aux régions et demander aux régions de traiter directement avec Bruxelles pour qu'à terme, la nécrose de l'échelon République française soit avérée. Alors c'est un choix énorme. D'un point de vue historique, c'est même... Je sais pas. C'est étouffant. C'est stupéfiant.
C'est de voir qu'on est peut-être une génération qui est en train de tirer un trait sur 1 500 ans d'Histoire de France depuis le baptême de Clovis. Mais le pire de ça, c'est que personne n'en parle et qu'on ne présente pas aux Français ce qui est la réalité de la situation. Je me suis un peu égaré. Mais je fais des choses auxquelles je tiens et que je crois qu'il est important de faire... Parce que ça va éclater, cette histoire. Parce qu'en Alsace, il y a des gens qui sont vent debout.
Parce que toute cette politique partout, la flambée des inégalités, la destruction de l'État-nation qui assure la justice entre les Français pour assurer la victoire de ce modèle anglo-saxon, avec à la clé la fin de la Sécurité sociale, avec à la clé la privatisation de la médecine... C'est une flambée des inégalités qui est derrière et qui s'accompagne de la destruction de ce qu'a été la France. Donc c'est des sujets qui sont énormes, en fait, et qui sont passés sous le tapis, puisque la seule chose qui compte, c'est de savoir... Mais finalement, qu'est-ce que vous en pensez de la robe de Mme Trogneux ? Est-ce qu'elle a eu raison d'avoir au-dessus ou en dessous du genou ?
Enfin c'est ça à quoi on en occupe les Français. Ça va pas. Ça va pas. J'ajoute, s'agissant du Frexit, que nous, nous aurons en revanche un truc que n'ont pas les Britanniques. C'est effectivement l'euro. Et ça, l'euro, en effet, c'est un point qui est... Nous, on n'aura pas le problème de l'Écosse ni de l'Irlande. C'est pour ça que j'avais parlé des euro-régions. En revanche, on aura le problème de l'euro que n'ont pas les Britanniques.
Même si je partage pas aux idées. Mais moi, pour le bon fonctionnement de notre démocratie. Alors, j'aimerais aborder d'avoir un sujet que vous n'avez pas parlé sur le Brexit, dont monsieur a un peu parlé, c'est la frontière entre l'Irlande du Nord et l'Irlande. C'est-à-dire que c'est un vrai problème. Parce que je vous rappelle que jusqu'en 1998, il y a eu des émeutes terribles là-bas et beaucoup de gens sont dans. D'ailleurs, le Brexit pourrait être un problème énorme. Parce que tous les jours, j'ai fait des recherches, 30 000 personnes passent la frontière. Les Irlandais du Nord travaillent en Irlande et vice-versa.
Et d'ailleurs, ni l'Europe ni les Britanniques n'ont trouvé réellement une solution. Et c'est une impasse réelle. C'est-à-dire que si il y a une sortie de l'Union Européenne par les Britanniques sans réel accord là-dessus, ça a réellement causé des problèmes fondamentaux. Et je voudrais en plus revenir sur quelque chose que vous avez dit. Vous avez dit les Finis, la Pologne, la Lituanie. Pourquoi on aurait des raisons, nous, Français, d'être dans l'Union Européenne à cœur ? Nous n'avons pas réellement de lien. Eh bien moi, pour ma part, je vais vous répondre. Tout simplement pour la paix, la paix entre les peuples.
Les deux grandes guerres, première et seconde guerre mondiale, ont démarré en Europe. C'est-à-dire que si on en pêche cela, si la paix est faite en Europe. D'ailleurs, depuis l'Union Européenne, depuis la CK, il y a eu très très peu de conflits en terre au cœur.
D'accord. Alors, je vais vous répondre, si vous voulez bien. Vous avez dit sur la frontière et ne pensez-vous pas qu'une destruction ou une destruction de l'Union Européenne
n'entraînerait pas des conflits intra-européens ?
Alors je vous remercie de ces questions. Sur l'affaire de la frontière, j'en ai quand même parlé. Vous avez peut-être été légèrement distrait. Mais je vais revenir sur la frontière irlandaise. Oui, il y a un problème sur cette frontière irlandaise. C'est les accords de 1996 qui avaient prévu qu'il n'y avait pas de frontière. Mais comme je l'ai dit tout à l'heure et donc je me répète, ce problème a été très largement exacerbé par l'UE. D'ailleurs, je crois que Mme Merkel avait essayé d'arrondir les angles. Je disais... Je prenais l'exemple tout à l'heure de la Suisse où je dis qu'on peut très bien avoir une absence de frontières ou alors de temps en temps des contrôles aléatoires.
Donc il n'y a pas de truc insurmontable quand on veut régler un problème. Vous dites que 30 000 personnes franchissent la frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Je suppose qu'il y a beaucoup, beaucoup plus de gens qui franchissent la frontière entre la Suisse et la France chaque jour. Ça n'empêche pas d'avoir des frontières qui sont d'ailleurs soit... Vous franchissez comme je l'ai dit tout à l'heure comme ça. Soit il y a des systèmes de contrôles aléatoires. Et je pense qu'on aurait très bien pu trouver une solution pragmatique sur cette affaire.
C'est d'ailleurs probablement ce qui va se passer, parce qu'il n'est pas du tout exclu que finalement, ça se résolve par un no deal. J'ajoute par ailleurs que l'histoire, elle est faite aussi de... Il faut pas... Comment dirais-je... Nécessairement considérer que les choses sont totalement acquises dans un sens ou totalement acquises dans l'autre. On a eu effectivement un conflit entre l'Irlande, l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud, qui est dans les années 60-70, etc. Bon. Maintenant, c'est fini. Il ira à déposer les armes. Les gens sont vieux. Il y a de nouvelles générations. Est-ce qu'on est si certain que cela qu'il y aurait aussitôt que les gens reprendraient les armes ?
Moi, j'en suis pas sûr. J'en suis pas du tout certain. J'espère que non. Mais j'en suis pas du tout certain. Et a fortiori, si c'est accompagné par un système, comme je le dis, de libre circulation avec simplement des contrôles aléatoires. Je vois pas pourquoi les Irlandais du Sud ou les Irlandais du Nord verraient d'un seul coup dans cette disposition quelque chose d'absolument inimaginable. Je rappellerai d'ailleurs ce sujet des frontières. Il y a souvent des gens qui me disent « Quoi ? Vous voulez rétablir les frontières ? ». D'abord, je rappelle que l'espace Schengen est disjoint de l'UE, qu'on peut être dans l'espace Schengen sans être dans l'UE.
C'est le cas par exemple de la Norvège ou de l'Islande, qui sont dans Schengen et qui ne sont pas dans l'UE. Et qu'on peut être dans l'UE sans être dans Schengen. C'est le cas de l'Irlande, justement, et du Royaume-Uni. Donc ce sont des problèmes disjoints. Et moi, dans mon programme, j'avais proposé la sortie de l'UE et de l'euro. Mais j'avais dit que s'agissant de l'espace Schengen, on pourrait demander aux Français leur avis. Il y a aussi quelque chose que je voudrais dire sur ces questions de frontières. C'est que parfois, je vois des gens qui me disent « Quoi ? Vous voulez rétablir les frontières ? Vous me rendez compte ? ».
J'ai dit « Mais attendez, c'est ce qui existe dans le monde entier, y compris en France ». C'est-à-dire nous, Schengen, ça ne concerne qu'une quinzaine de pays... Je sais même plus combien. Une vingtaine de pays sur 195. C'est-à-dire que lorsque les Français se rendent aux États-Unis, se rendent à Djerba, se rendent à Marrakech, se rendent à Moscou, etc., ils présentent leurs pièces d'identité, comme le font tous les pays du monde. Et on ne fait pas des... Les mêmes qui nous proposent, qui nous disent que les États-Unis sont le modèle à suivre en tous les domaines, oublient de préciser que les États-Unis, s'il y a bien un pays au monde où il y a un contrôle aux frontières...
Ça, je peux vous en... Allez à Tahiti, tiens, un jour. Et faites le stop pour changer d'avion à Los Angeles. Vous m'en direz sur les contrôles aux frontières. Vous ne pouvez même pas rester en zone sous-douane. On vous force à entrer sur le territoire américain pour ressortir. Au passage, vous êtes obligés de montrer vos 10 doigts, votre photo, etc., parce que tout ça est enregistré dans des bases de données où ils vont ficher la planète entière. C'est ça qui se passe aux États-Unis. Alors qu'on vienne pas m'expliquer que le problème des frontières... Moi, je veux bien qu'on parle des frontières.
Mais à ce moment-là, il faudrait qu'on parle de toutes les frontières et que les grands partisans de la construction européenne qui n'ont à la bouche que de nous donner le modèle américain, nous expliquent ce qui se passe aux États-Unis. D'ailleurs, au passage, on fuselige les frontières, mais on se sent pas à vouloir en établir. J'ai pas rêvé. Il m'a bien semblé voir que M. Macron, dans sa tribune sur la réforme de l'UE qu'il proposait... Ou qui s'est fait... Tout le monde s'en foutre, bien sûr. Il n'y a que moi qui l'ai lue. Non, mais c'est vrai. Vous l'avez lue, la tribune de Macron ? Cette tribune qui a été publiée dans 27 pays différents, vous savez, dans les 27 autres pays.
Alors déjà, quand je demande aux Français s'ils l'ont lu, je trouve parfois... C'était l'autre jour à Sciences Po Lyon. Il y avait 2 Sciences Po qui l'avaient lu sur un outfit 280. Alors je dis « Vous imaginez les Bulgares. Comment ils ont lu le truc ? » qui était en page 27. Ils emballent les œufs avec le lendemain matin. C'est-à-dire que tout le monde s'en fout de ce que dit Macron. Mais dans cette tribune, Macron disait « Il faut faire un truc des frontières de l'Europe », etc. Donc ça veut dire quoi, cette histoire ? Est-ce qu'on est pour le principe des frontières ou est-ce qu'on est contre ?
Et si on est pour le principe des frontières, comme Macron semble l'être, ça veut donc bien dire qu'on entend faire de l'UE « Je suis désolé, mais un apartheid qui ne dit pas son nom ». C'est ça que ça veut dire. Ça veut dire que c'est le monde. Ça s'inscrit dans la pensée de Samuel Huntington du choc des civilisations. Et ce point me fait penser à votre deuxième point, qui est celui de cette affaire « L'Europe, c'est la paix ». Je me suis déjà longuement expliqué sur ce sujet, mais je voudrais y revenir pour vous amener, si vous avez la gentillesse d'abord et si vous me le permettez, l'intelligence, d'écouter ce que je dis. Donc c'est déjà un point positif.
Je remercie beaucoup ce qu'a dit le professeur tout à l'heure. C'est que la base de la démocratie, c'est déjà de débattre et d'entendre des arguments opposés. Moi, l'argument « L'Europe, c'est la paix », je suis désolé de vous le dire, mais c'est faux. L'Europe, c'est la guerre. Et pourquoi je dis ça ? Parce qu'on me serait... Moi, j'y ai beaucoup cru. L'Europe, c'est la paix. L'Europe, c'est la paix. L'Europe, c'est la paix. Bon. Effectivement, en Europe occidentale, il n'y a pas eu de conflit armé entre la France et l'Allemagne depuis 1945. Je vous l'accorde. Ça, c'est vrai. Bon. Mais est-ce que c'est dû à la construction européenne ?
C'est comme si vous me disiez « L'Europe permet au soleil de se lever tous les matins ». C'est vrai que le soleil se lève tous les matins. Mais y a-t-il une relation de cause à effet ? Ce que je vois, moi, c'est... Écoutez ce que je me permets de vous dire. En 1949, blocus de Berlin. Ça aurait pu tourner à la conflagration générale. Les soviétiques sont intervenus pour mater... Pour empêcher... Pour faire le blocus. Il ne s'est rien passé. 1953, émeute à Berlin Est, écrasée par les soviétiques. Ça aurait pu tourner à la conflagration générale. Ça n'est pas tourné. 1956, Hongrie, écrasement de la révolution hongroise par les troupes soviétiques.
Ça aurait pu tourner à la conflagration générale. Ça n'a pas tourné. Grâce à quoi ? Ne me dites pas que c'est grâce à l'Europe. Ça n'existait pas. Le traité de Rome date du 25 mars 1957. S'il n'y a pas eu de conflit au moment du blocus de Berlin, au moment de la révolution de Berlin Est en 1953, au moment de la révolution hongroise, c'est pour toute autre chose. C'est parce qu'il y avait – excusez-moi de le rappeler – ce que les Américains ont après théorisé sous le thème de MAD, Mutual Assured Destruction, c'est-à-dire de part et d'autre des bombes thermonucléaires qui étaient prêtes à raser la planète entière. C'est ça. Et c'est pour ça qu'en 1968... Alors là, le marché commun existait.
C'est exact. Enfin il était perdu dans des tonnes de beurre et de lait. Il consacrait 6 pays. S'il n'y a pas eu d'intervention militaire pour l'écrasement du printemps de Prague... Non. Cette fois-ci, par le pacte de Varsovie. C'était pas seulement les soviétiques, mais c'était l'ensemble des pays de l'Est. C'est parce que c'était le risque nucléaire. Et donc jusque dans les années 90, il y a eu le risque nucléaire qui s'est imposé entre l'Est et l'Ouest. Et ça n'est pas les directives sur le beurre de cacao ou sur la taille des sièges de tracteurs qui ont empêché la guerre. Ça n'est pas vrai. C'est ça qui a empêché la guerre. Où on en est maintenant ? Eh bien maintenant.
Si les partisans de la construction européenne croient que l'Europe, c'est la paix, s'ils pensent que vraiment avoir des directives sur le beurre de cacao ou fixer les normes des prises électriques, ce qui d'ailleurs n'est pas le cas, s'ils pensent que c'est ça qu'il y a sur la paix ou le commerce, à ce moment-là, ils devraient faire entrer d'ardard les pays pauvres en forte explosion démographique. Parce que les spécialistes de la guerre, de la polémologie, comme on dit, savent que les risques de guerre apparaissent toujours dans des pays riches en déclin démographique et dans des pays pauvres en expansion démographique. En tout cas, c'est le risque maximal. Il n'y a pas de...
À vrai dire, il y a les risques de guerre en ce moment, de guerre au sens... La guerre de post-traité de Westphalie, de Snabruck et de Minster. C'est-à-dire ce qui est sorti de la guerre de 30 ans. Ces guerres d'État à État qui marquent l'âge classique européen, où les États se faisaient la guerre. En fait, cette guerre-là, aujourd'hui, elle n'existe plus entre les pays très développés. Vous n'avez plus de guerre de cette nature. C'est réservé à la périphérie des empires. Ce sont les Irakiens, les Afghans qui se ramassent des bombes. Mais entre les pays développés, il n'y a plus ce genre de guerre. Maintenant, ce sont des guerres d'un nouveau type.
Ce sont des guerres virtuelles, des guerres de l'information, des guerres de la dette, des guerres des manipulations financières et médiatiques. C'est ça, en fait, les guerres d'aujourd'hui. La guerre en ce moment... C'est pas moi qui le dis. C'est François Mitterrand qui l'a dit dans son ouvrage... Dans ses confessions, le dernier Mitterrand... C'était des confessions... Enfin des propos qu'il a tenus quelques semaines avant de mourir à Georges-Marc Benhabou, qui était un journaliste du Nouvel Observateur. Mitterrand a dit « La France est en guerre ». Et les Français ne le savent pas. Les Américains veulent un pouvoir sans partage sur le monde.
C'est une guerre d'un genre nouveau, une guerre à mort, sans mort apparemment, et pourtant une guerre à mort. Lorsque vous voyez comment les Américains, par notamment le billet des lois extraterritoriales, sont en train de racketter les pays occidentaux, et notamment la France, comment on s'est fait plumer Jekyll-Stombe, les turbines qui mettent en cause notre indépendance nucléaire ? Comment on voit comment ils ont mis la main progressivement sur des fleurons entiers de l'industrie française ? On est en guerre. La guerre sur l'euro, par exemple. L'euro dont le taux de change actuel favorise outrageusement l'Allemagne, défavorise considérablement l'Italie et la France.
C'est pas moi qui le dis. Vous avez vu. Il y a une étude qui a été faite par des Allemands qui ont montré des chiffres effarants, d'ailleurs. Actuellement, l'Allemagne dégage des excédents commerciaux annuels de 280 milliards d'euros, ce qui renforce l'industrie allemande. Et la France est exsangue. Elle perd 80 milliards. Parce qu'on peut pas avoir la même monnaie que l'Allemagne. Sur long terme, on n'a pas les mêmes évolutions de la compétitivité. Donc en fait, on est en train de détruire l'industrie française, de détruire l'industrie italienne et les Français. C'est parfait. Vous vous rendez compte ? C'est des guerres de l'intelligence. C'est des guerres qui sont non létales.
Mais ce sont des guerres qui sont terrifiantes. J'ajoute que... Ça, c'est entre les pays développés. Mais il y a un proverbe qui dit... L'histoire ne se répète jamais, mais elle bégaye tout le temps. Certes, il n'y a plus de guerre entre la France et l'Allemagne. Mais je l'ai dit tout à l'heure. Nous avons prépositionné des chars et des avions de combat en Estonie et en Lettonie. Nous sommes solidaires de ces Pays-Baltes où l'on commémore les Waffen-SS et où on fustige matin, midi, soir et la nuit la Russie. Actuellement, nous sommes lancés dans une perspective... J'en ai parlé tout à l'heure avec l'affaire Skripal. Nous sommes lancés dans une perspective où il y a un ennemi désigné.
Je me rappelle que du temps de De Gaulle, il n'y avait pas d'ennemi désigné. Il y avait... On appelle ça le livre blanc de la défense. La défense... La pensée militaire gaullienne consistait à sanctuariser le territoire national avec des armes nucléaires, puis thermonucléaires, et ensuite avoir une défense erga omnes, comme on dit en latin, c'est-à-dire contre tout le monde. C'est-à-dire qu'a priori, la France assurait son indépendance versus tout le monde. Et en termes de diplomatie, la France nouait des bonnes relations avec tout le monde. C'est la France qui a reconnu la République populaire de Chine au grand scandale des Américains, De Gaulle.
C'est De Gaulle qui a fait le voyage en Union soviétique en 1966, parce que les Américains interdisaient qu'il y ait des échanges au plus haut niveau entre les pays occidentaux et les Américains, et les Russes et les Soviétiques, de même que les États-Unis, empêchaient les pays occidentaux de reconnaître le régime de Mao Zedong. Eh bien c'est De Gaulle qui a fait tout ça, parce que nous avions une diplomatie qui était une diplomatie universelle, ouverte sur le monde. Mais nous sanctuarisions le territoire national. Qu'est-ce que l'on est en train de faire maintenant, par notre appartenance à l'UE et à l'OTAN ?
Puisque je rappelle qu'on a réintégré l'OTAN, ce qui est logique d'une certaine façon, puisque l'article 42 du TUA nous soumet à l'OTAN, à soumettre la politique étrangère de l'UE à l'OTAN. Eh bien maintenant, du fait de notre appartenance à l'OTAN, on participe à des programmes militaires où la France est en train de perdre son indépendance stratégique. On est en train de fabriquer des morceaux d'ailes de chasseurs. Mais ça veut dire que bientôt, si on continue comme ça, on ne pourra plus se sortir de cette gangue-là. On sera obligé de participer avec les autres. Deuxièmement, on est obligé d'épouser les objectifs géopolitiques états-uniens.
C'est la raison pour laquelle je parlais tout à l'heure de l'affaire Skripal. On a pris... Et Macron... Quand Macron va à Saint-Pétersbourg et exhorte les entreprises françaises à être présentes en Russie, ça montre que Macron... C'est pas seulement qu'il est dingue, c'est qu'en fait, il est entre le marteau et l'enclume. Il est obligé de donner satisfaction aux gens qui l'ont fait élire médiatiquement, le promouvant dans les médias d'une façon éhontée. Et j'en sais quelque chose. Puisque moi, j'ai eu droit à 1% du temps de parole. Quand lui a eu 25%, lui, il a eu la 120 couvertures de magazine. Le couple qu'il forme avec Brigitte, un couple vers l'Élysée, par mon œil...
Moi, dans ces magazines, mon nom n'était même pas mentionné. C'est comme ça qu'a eu lieu l'élection de 2017. Et c'est comme ça qu'ils ont prévu que les élections européennes se déroulent. Surtout, ne parlons qu'entre des gens qui sont convaincus. Et puis ceux qui mettent les pieds dans le plat et qui disent la vérité, eux, ils sont interdits d'antenne. Mais rappelez-vous, donc Macron, il est bien obligé de donner satisfaction, de se soumettre à l'impérialisme américain. Mais en même temps, il comprend bien que l'intérêt géopolitique de la France, il transcende les clivages politiques, il transcende les régimes. Pensez à cette forte parole de De Gaulle qui avait dit à Perfit en 1964...
De Gaulle dit « À chaque fois que la France a été en bon terme avec la Russie dans son histoire, ça a été des grands moments de l'histoire de France. À chaque fois qu'elle a été en mauvais terme, ça a été des mauvais moments ». C'est pas que De Gaulle était soviétique. Il raisonnait en géopoliticien et en historien. C'était ça, le truc.
Je vais essayer de répondre beaucoup plus vite. Excusez-moi. Bonsoir, c'est Mathieu Sineau. Bon, je vais très très vite du coup. J'aurais deux petites questions de poser. La première, c'est par rapport à Florian Philippot. Donc, leur a la chance de voir demain en débat. J'aurais aimé savoir quelles questions vous allez adopter par rapport à lui et comment vous aviez pouvoir faire pour essayer de soutenir des voix du principe vers vous. Et la deuxième, c'est par rapport au paysage politique français, qui est complètement détruit avec le parti de Macron en marche, puisque l'opposition est partout ma part, ce soit à droite ou à gauche. Ça ne trouve plus...
Tout le monde est opposition au final, puisque le maître-là, c'est souverainiste et pro-européen, contre pro-européen. Comment est-ce qu'il y a une opposition du paysage de politique française ?
— Alors oui, je vais répondre à la deuxième question. Je crois qu'en effet, actuellement, le clivage droite-gauche n'a plus de valeur. Je ne dis pas qu'il n'en a pas sur long terme. Il y a dans l'être humain deux tendances, une tendance conservatrice, une tendance progressiste et destructrice. C'est théorisé en Inde avec Shiva et Vishnu. Vishnu, c'est l'incarnation du conservatif, de la protection, de la conservation de l'identité. Voilà. C'est une divinité protectrice, conservatrice, mais avec les inconvénients qui s'y attachent, c'est-à-dire l'immobilisme, voire la perte de vitesse, la sclérose. Et puis à l'opposé, vous avez Shiva, qui est la destruction, la violence.
C'est les éléments négatifs. Mais les éléments positifs, c'est l'inventivité, le progrès, l'innovation. Et donc vous avez toujours ces deux grandes forces qui traversent l'être humain. Moi, je suis de ceux qui pensent que la France, comme disait De Gaulle, elle n'est ni de droite ni de gauche. C'est comme si on me demandait « Est-ce que vous préférez votre pied droit ou votre pied gauche ? Vous avez besoin des deux ». Donc dans toute société, c'est comme ça. C'est comme ça. Et il est normal que dans toute société, il y ait des gens de droite et des gens de gauche. Voilà. Souvent, d'ailleurs, c'est par tradition familiale, mais pas toujours.
Le problème qu'il y a, c'est que du fait des traités européens, du fait du rapport des GOPEC, dont je parlais tout à l'heure, du fait des contraintes énormes qui nous sont imposées par l'euro, actuellement, nous avons une politique unique. Voilà. Une politique à peu près unique, sauf sur des points-virgules. On peut exacerber tel ou tel aspect. Il reste une petite marge de manœuvre. Mais fondamentalement, c'est une politique unique. Et c'est ça, tout le problème.
C'est que les Français, qui n'ont pas encore bien compris les relations de cause à effet, constatent que lorsqu'ils votent à droite ou lorsqu'ils votent à gauche, ils ont toujours la même politique qui va vers la démolition des services publics, la démolition du droit du travail, la privatisation du patrimoine, l'alignement criminel sur des guerres illégales venues de Washington. Je n'ai pas parlé de la Libye. Je n'ai pas parlé de la Syrie, etc. Donc les Français ne se reconnaissent pas là-dedans. Et ils ont tendance à incriminer leurs politiques en disant « tous pourris », etc. Moi, je n'aime pas ça. Je pense pas que les responsables politiques soient tous pourris.
Je pense qu'ils mentent et qu'ils n'osent pas dire la vérité. La vérité, c'est qu'ils ont par faiblesse, par lâcheté, ils ont laissé au cours des décennies écoulées voler la souveraineté nationale au peuple français. Et là, on arrive à un os. C'est la raison pour laquelle je pense, comme vous, que le problème fondamental, c'est « souveraineté nationale » ou « absence de souveraineté nationale ». Voilà. Alors moi, je n'aime pas le mot « souverainisme », vous le savez, parce que je n'aime pas le « isme », parce que ça donne... Voilà.
C'est comme si on disait « vous êtes libertistes », parce qu'on est pour la liberté, parce que je pense que les mots français se terminant par « t », beauté, liberté, égalité, fraternité, souveraineté, etc., piété, tout ça, ce sont des absolus. Et si vous y rajoutez un « isme », c'est... Vous ridiculisez un petit peu. Le piété, ça donne le piétisme. Voilà. L'égalité, l'égalitarisme... Ce sont des choses négatives. Donc je n'aime pas le mot « souverainisme ». En revanche, le « se battre pour la souveraineté nationale », ça, c'est un beau combat. Et puis de l'autre côté, il y a ceux qui sont favorables à l'asservissement. Et je suis dédonné de le dire.
Mais on a vu le même clivage se reproduire au long de l'histoire de France à plusieurs reprises, en 1420, lorsque Charles VI avait dit qu'après sa mort, le royaume de France serait fusionné avec le royaume d'Angleterre, et d'où l'apparition de Jeanne d'Arc. On a eu la même chose en 1792, à Valmy. La même chose en 1815, après l'effondrement du régime napoléonien et la suggestion de Louis XVIII aux puissances européennes. On a eu la même chose en 1870, au moment de la suggestion des gouvernements versaillais aux troupes européennes également, russes et aux russes. Et puis on a eu la même chose... Allemande, pardon. On a eu la même chose en 1940, voilà.
Donc là, moi, je pense que c'est un des grands... Alors à chaque fois, l'histoire ne se répète jamais, mais elle bégaye tout le temps. Donc on est de nouveau devant cette situation. Et moi, quand j'ai eu depuis 12 ans des moments de doute sur le... Parce que c'est horrible de faire ce que j'ai fait. C'est presque une gajure. Quand vous n'avez pas de soutien financier, aucun soutien politique, que les médias vous boycottent ou quand ils sont obligés de parler de vous, ils vous présentent comme si vous étiez un mélange de... Comment dirais-je ? Un hybride de... Je sais pas... De Frankenstein et de Marc Dutroux. Bon... Non, mais c'est dur à porter. J'ai une famille. J'ai des enfants.
C'est dur à porter, je vous assure. Quand vous faites ça, alors que vous vous battez pour ce que vous pensez être conforme à 1500 ans d'Histoire de France, à l'essence même de l'Histoire de France, vous battez en fait... Vous avez le sentiment profond. Nous, à l'UPR, on a le sentiment profond qu'on se bat pour la dignité humaine, pour la liberté des Français, pour leur non-asservissement. Et on nous présente... C'est ça qui est horrible. On nous présente... De toute façon, on est dans un monde d'inversion accusatoire. On nous présente pour tout le contraire de ce qu'on est. Mais je suis désolé.
Ce sont les gens qui acceptent notre asservissement, les gens, par exemple, qui rient d'un rire gras, quand je leur dis que depuis 2005, les Français... 55% des Français ont voté non à la Constitution européenne. On l'a eu quand même. Je suis désolé. C'est une dictature. Vous avez des gens qui, comme toute réponse, ont un rire gras. Ha ha ha ! Mais c'est plus quoi ? Ha ha ha ! Non, c'est vrai. C'est une dictature. Je suis désolé. On peut tourner toutes les choses dans tous les sens. C'est une dictature. Voilà. C'est de la même façon que c'est en train de se passer en ce moment chez les Britanniques, où vous avez des gens qui se sont jurés que les Britanniques n'auraient pas le Brexit.
C'est quoi, ça ? C'est quoi ? Voilà. Alors maintenant, l'autre sujet, c'est un sujet polémique. Voilà. Bon, Pierre Philippot, on verra ce qu'il va dire demain. Non. Ce que je veux dire par là, c'est qu'on me met toujours dans les pattes quelque chose. Vous comprenez ? C'est très important. Ce que je dis... Enfin j'espère que les gens qui m'ont écouté, même des gens qui ne sont pas d'accord avec moi... J'espère qu'au moins, vous me faites le crédit que ce que je dis n'est pas inintéressant et mérite d'y être réfléchi, que les arguments que je pose sur la table ne peuvent pas être rejetés d'un revers de la main. C'est ça qui est important. C'est à partir de ce moment-là...
Je m'adresse ici à des gens qui ne me connaissaient plus et qui me découvrent peut-être à cette occasion. Allez sur notre site upr.fr. Allez regarder les conférences que j'ai faites sur l'histoire de France, sur qui gouverne la France, sur les origines cachées de la construction européenne, sur l'Europe, c'est la paye, sur l'Europe et les liens de plus en plus avérés avec la mafia, notamment à Malte, en Slovaquie, en Bulgarie. Allez regarder également les conférences faites par Vincent Brousseau sur l'euro avant, pendant, après, la conférence de Charles-Henri Gallois sur les illusions économiques. Allez regarder tout ça.
Vous verrez qu'il y a quand même tout un appareil critique qui vous est mis à disposition gratis. Et normalement, on est quand même en France, non d'une pipe. En France, quand même, le pays de Voltaire, le pays de Clémenceau, le pays de De Gaulle, le pays de Jean Moulin, le pays de Gambetta, etc., de Jaurès. On devrait avoir des gens qui... Et je suis vraiment reconnaissant, très reconnaissant au fait d'avoir été invité ici et au propos que tenait le professeur tout à l'heure, parce que je crois que c'est ce qui honore la profession d'enseignant. C'est ça, la France. La France, c'est... Et c'est au-delà de ça. C'est la République. C'est même ce qu'a apporté l'Europe au monde.
Parce que moi, j'aime bien les pays d'Europe. Les pays d'Europe, ils ont apporté quelque chose au monde. Vraiment. Les civilisations en Europe, ils ont apporté le doute, sache voir exercer son esprit critique et la rationalité face au dogme. C'est la naissance de l'esprit scientifique avec la révolution copernico-galiléenne. C'est-à-dire que vous savez que jusqu'à Copernic, il y avait un dogme qui avait été introduit dans l'Église catholique par saint Thomas d'Aquin. À partir de la cosmogonie de Ptolémée, qui était un grec ancien, la Terre était au centre du monde. Et donc l'Église catholique avait imposé cette cosmogonie de Ptolémée. La Terre était au centre du monde.
Il y avait des sphères armilières qui tournaient autour. Et c'était conforme à la Genèse dans l'Ancien Testament. Et puis à partir du XVIe siècle, avec la perfection de la fabrication des lentilles astronomiques, il y a un prêtre, un moine à Cracovie qui s'appelle Copernic, qui commence à faire des observations et qui dit « C'est pas possible ». Les observations qu'il faisait, les abats, comment dirais-je, l'arithmétique, etc., ça n'était pas possible que ce soit le soleil qui tourne autour de la Terre. Ça devait être l'inverse. Et c'est Galilée, quelques années après, qui va partir aux mêmes conclusions. Et vous connaissez cette révolution de l'esprit.
C'est que le monde occidental s'est divisé en deux entre d'une part l'esprit de la Sainte Église qui disait « S'il y a un fait qui contredit le dogme, c'est le fait qui a tort ». Le dogme a forcément raison. Et donc ce que vous dites est faux. Et donc on va brûler... C'est un Giordano Bruno parce que lui, il parlait des milliards d'univers. Il avait raison. Il a été brûlé en 1600. Et Galilée, il va lui faire son... Ça ne met à coup pas devant la Sainte Inquisition parce qu'il était contraire au dogme. Et puis il y a l'autre esprit. C'est l'esprit pragmatique. C'est l'esprit des faits.
Or, pour un esprit pragmatique, c'est ça que l'Europe a apporté au monde, c'est que les faits l'emportent sur le dogme. Et s'il y a des faits qui sont contraires au dogme, c'est que le dogme a tort. Il est faux. C'est une révolution. Eh bien... Tuez-moi de tirer un petit peu cette file, parce que je crois que c'est très important. Dans les pays de l'UE, au début... C'est à peu près à la même époque, d'ailleurs, un petit peu après, mais un petit peu avant, plus exactement. Vous avez à partir de 1519, Luther qui publie ses 85 thèses, parce que le Vatican, le Saint-Siège, est tombé aux mains des Borgia. Il y a Sixte IV qui vend les indulgences, etc.
Et vous avez des Prussiens, enfin les ancêtres des Prussiens, Luther, qui... Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? On va au paradis parce qu'on paye un billet. Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Il voit... Il entend les frasques de la cour des Borgia, le pape qui couche avec sa fille, etc. Enfin des trucs incroyables. Et donc les Allemands, c'est pas le genre des Allemands. Et il revient au sein des Écritures. Et il dit... Il va témoigner de l'Évangile. Témoigner en latin protestare. Ça va être le début du protestantisme. Protestantisme, c'est pas des gens qui protestent. C'est des gens qui témoignent. Témoignent dès... Ils reviennent aux textes fondamentaux.
Comme moi, je suis, pendant la présidentielle, revenu aux textes fondamentaux en citant les articles des traités au risque d'être brocardé. Mais je peux planter des graines pour l'avenir. Eh bien ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous regardez bien ce qui se passe en Europe aujourd'hui, dans l'UE, vous avez les pays catholiques romains qui sont l'Italie, la France, l'Espagne et le Portugal. Ce sont ceux où la parole est interdite, où ce que je dis me vaut... Je suis en fait Galilée. Je suis le mec qui dit des faits. Et comme c'est absolument scandaleux, on me cache sous le tapis parce que, comme m'a dit un journaliste, on ne sait pas quoi vous répondre.
Donc on ne sait pas quoi vous répondre. Mais Galilée, il a été forcé de dire... Vous connaissez cette histoire qui a été romancée, d'ailleurs. Il reconnaît qu'il avait tort. Et il dit, paraît-il, devant la Sainte Acquisition, « Et pourtant, elle tourne ». C'est-à-dire « J'ai tort. Et pourtant, la Terre tourne ». Voilà. Et moi, je suis obligé... Moi, je ne suis pas comme Galilée. Je ne dis pas que j'ai tort. Je dis « J'ai raison ». Et je dis que l'avenir me donnera raison. Mais si vous montez dans l'Europe et que vous passez aux pays protestants, vous vous apercevez que plus vous êtes dans les pays protestants, et plus le discours que je tiens est de discours...
Le discours que je tiens est d'une grande banalité en Norvège, en Islande, dans les pays scandinaves. Si vous regardez bien, il y a 5 pays scandinaves, l'Islande, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Finlande. Sur ces 5 pays, il y en a 2, l'Islande et la Norvège, qui ont refusé l'UE et l'euro. Vous en avez 2 autres, la Suède et le Danemark, qui ont accepté l'UE, mais qui ont rejeté l'euro. Vous en avez qu'un seul qui a accepté les 2, la Finlande. Et comme par hasard, c'est le pays qui a une tradition de finlandisation, comme on disait. C'est un des membres de l'Empire des Tsars.
Donc ça veut bien dire qu'il y a des composantes culturelles, et j'allais même dire théologiques, dans l'appréciation de la construction européenne par les peuples concernés. Et le problème que nous avons en France, c'est que nous sommes un peuple de tradition catholique romaine et d'un pays de dogme. C'est un pays de dogme. Et la meilleure preuve en est, dans le langage... Vous savez, les peuples... Dans le langage... Il y a des inconscients collectifs qui s'apparaissent. En France, on parle d'un européen convaincu ou bien un euro-sceptique. Si vous y réfléchissez bien, on ne dit jamais de quelqu'un qu'il est un italien convaincu ou un hispano-sceptique. Ça n'existe pas.
Il est italien ou il l'est pas. Il est espagnol ou il l'est pas. Ce sont des faits. Donc si la situation a sécréter ce vocabulaire, c'est bien parce que, dans l'inconscient collectif, on a compris qu'en fait, la construction européenne est une foi religieuse, dénuée de transcendantale, si vous voulez. Mais c'est une espèce de... Comment dirais-je ? La pulsion dogmatique religieuse des Français s'est investie là-dedans.
Bonjour Stineau. Déjà, je voulais vous remercier de faire ce soir et de remercier l'association Inter d'avoir organisé cette rencontre. Alors, ma question, elle va être... Je sais que le débat, c'est plutôt le plus flexible. Ma question, elle va être plus terre-à-terre, plus politique-politicienne. Et elle m'a été inspirée par une interview récente qui a été donnée sur un média que vous connaissez bien, c'est une interview sur un média alternatif, l'interview de Juan Blanco, que vous connaissez. En fait, voilà, ma question, elle est relativement simple. Vous avez fait 1% au présidentiel 2017, contrairement à vous, je fais ça pour me moquer, parce que je faisais partie de ça.
Juan Blanco, il explique que dans les hautes sphères de l'État, tout est un peu cadenassés, tout le monde se tient, tout le monde se connaît, et donc il est difficile d'avancer à une place. Vous-même, vous avez travaillé dans des cabinets ministériels. Je pense qu'on peut dire que vous connaissez un peu ce milieu-là. En fait, ma question, elle est simple. On voit que les banques ne prêtent pas à certains partis politiques pour les élections, qu'on a des médias au mieux partisans, au pire, censeurs.
Je vais vous donner un exemple, puisque vous êtes assez peu présents dans les médias, et quand vous êtes présents, j'ai vu l'interview sur France Info récemment, il y a quelques jours, on se moque de vous, voilà. Comment, je ne vais pas déranquer, comment est-ce qu'on peut croire au Frexit ? Comment est-ce qu'on peut croire en vous ? Comment on peut croire que vous arrivez au pouvoir, en fait, tout simplement ? Je dis ça vraiment de manière extrêmement complexe, parce qu'encore une fois, je faisais partie des 0,9% qui ont été pour vous en 2017.
— D'accord. Alors pour changer une situation, vous avez deux possibilités. Soit la voie légale, soit la voie extra-légale... Enfin non illégale. La voie illégale, ça veut dire un coup d'État. Ça veut dire... Ou une révolution armée. C'est ça que ça veut dire. Coup d'État mené par l'armée ou bien révolution armée. Les gens prennent les armes. J'ai de temps en temps des gens qui me disent... Vous n'y arriverez pas. Ce qu'il faut, c'est prendre les armes et descendre dans la rue. Je fais toujours la même réponse. Je dis... Mais je vous en prie. Allez-y. C'est tout. Quand je vois à quel point les Français... Vous avez vu vous-mêmes... Puisque vous me titillez légèrement. Vous êtes gentil.
Mais vous, je vous titille aussi. Vous avez vu que je ne suis pas UPR. Ouh ! Surtout pas ! Non. Oui. Non. Mais ça veut dire que l'idée même d'adhérer à un parti politique en France... Moi, je vois des gens, parfois, qui viennent me voir et me disent « Ah, M. Asselineau, vous êtes génial. Vous êtes extraordinaire ». Je dis « Oui, c'est exact ». Bon. Et j'ai dit « Est-ce que vous avez adhéré à l'UPR ? » « Ah non ! » « Bah pourquoi non ? » « Ah non ! » Moi, hors de question. Mais je dis « Quoi ? » « Non, non, non. Je ne peux pas adhérer. Je veux rester libre ». Mais je lui dis « Mais attendez. C'est justement en adhérant à l'UPR que vous avez une chance de rester libre un jour ».
Parce que si vous n'y adhérez pas, si personne n'adhère, il n'y aura personne. Et puis on n'aura pas d'argent. Et puis on fera rien. Et puis on va aller tous comme des moutons à l'abattoir. Voilà. Donc quand vous voyez l'extrême difficulté... C'est pour ça que c'est un tour de force d'avoir 35 000 adhérents, 35 300... Tous les jours, on a 40... Hier, je crois qu'on a eu 41 adhérents dans la journée. Alors que je suis caché. Et sur un sujet où, effectivement, à ce moment, on a les grandes orgues des médias sur le thème « Le Brexit est une catastrophe ».
J'ai eu des journalistes qui m'ont appelé « Comment pouvez-vous être encore pour le Brexit compte tenu de l'horreur qui se passe au Royaume-Uni ? ». C'est pour ça que je disais tout à l'heure cette image où on voyait des gens qui étaient hyper. Pendant ce temps-là, on tabasse et on éborne les Français. Et puis on a des Français qui disent « L'horreur qui se passe au Royaume-Uni ». Donc vous voyez que dans la mesure où déjà il était extrêmement difficile de faire en sorte que les Français sortent de leur apathie et s'investissent dans un parti politique, l'idée selon laquelle... Ça va être le grand soir et qu'on va descendre dans la rue, on va tirer dans le tas... Bon.
En fait, c'est au mieux un romantisme, au pire, une subtile façon de ne rien faire. Les gens qui disent... Voilà. Moi, par exemple, Roi de Branco... Je ne connais pas M. Roi de Branco. Je souhaite tout à fait le rencontrer. Moi, je suis d'accord. On peut rencontrer tout le monde. Voilà. Mais enfin, les propos qu'il tient, si vous voulez, au bout du compte, ça revient à quoi ? Quel est le précipité final ? C'est comme des gens qui disent « Vous n'y arriverez jamais », etc. Le précipité final, c'est quoi ? C'est s'abstenir ? Voilà. Si vous abstenez, vous servez Macron. Voilà. Parce que l'autre aspect, c'est l'aspect légal. Or, je suis désolé, mais moi, je ne sais pas...
Je ne connais pas d'autres façons de parvenir au pouvoir légalement que par les élections. Peut-être que j'ai raté un épisode, mais je ne connais pas. Donc moi, j'ai pris la voie légale. Alors il y a la voie légale et la voie illégale. Mais alors ceux qui disent « abstention », alors ça, c'est vraiment... J'ai envie de dire « abstention, piège à cons », parce que l'abstention revient à servir les intérêts de ceux que l'on prétend combattre.
Je peux me permettre de citer Juan Franco, Pape, pour cet aspect-là, surtout pour l'aspect, en fait, celui... Il a aussi été, entre guillemets, dans les hautes sphères du pouvoir. Il a travaillé notamment avec Hollande.
Et il est... Il est certainement du discernement.
Mais justement, il parle de, par exemple, M. Jouillet qui tiendrait un petit peu du monde, etc. Pourquoi je citais Juan Franco ? Surtout pour le fait que... Ce qu'il dit, c'est que dans les hautes sphères, tout est cadenassé, ce qui empêcherait, justement, que vous puissiez un jour... Ben... Je vais utiliser un mot un peu. Faire votre tour, en fait, et pouvoir accéder au pouvoir aussi. C'est pour ça que je citais Juan Franco.
— Vous voyez quand même bien... Moi, je veux bien voir M. Juan Franco. Je suis prêt à voir tout le monde. Mais d'abord, c'est historiquement faux. 52% des Britanniques ont voté pour le Brexit. 55% des Français ont voté contre la Constitution européenne. Donc c'est historiquement faux. Ce qu'il dit, c'est-à-dire qu'on peut changer par les urnes. Je suis désolé. Bien sûr, je comprends bien que c'est difficile. C'est tout ce qu'on veut. Mais une chose est certaine. C'est que lorsqu'on a une belle intelligence comme M. Branco, que l'on a l'expérience qu'il a...
Personnellement, je trouve qu'il est dommage que plutôt que de dire « Tiens, je vais rejoindre ce grand mouvement qui est en croissance qui s'appelle l'UPR », eh bien je vais me répandre en expliquant que tout est foutu et qu'on n'arrivera à rien. Je trouve que c'est pour le moins dommage. Parce que qu'est-ce qui s'est passé pendant la Résistance ? Eh bien il y a des gens qui se posaient pas de questions et puis qui entraient en Résistance. Et puis vous aviez d'autres qui étaient des esthètes, qui étaient là en train de se voir et qui disaient « On n'y arrivera jamais. Essayez ça ». Bon. Non, mais c'est vrai. Écoutez, je ne vais pas faire de « outing », comme on dit.
Mais moi, j'ai une liste comme ça de gens, parfois très connus, qui comme ça publiquement prennent des positions d'opposants, des positions sur... Voilà. La construction européenne est-ci. C'est une dictature est-ci, est-ci et ça. Et quand je les vois en tête à tête et que je leur propose de venir chez nous, d'être sur notre liste, de faire un grand mouvement populaire qui soit justement pour secouer tout ça... Parce que là, sur les 12 listes qu'il y aura au demain... Je suis désolé. Les 11 autres, ce sont des gens qui ont été ou qui sont dans un parti... A être comportant des députés européens depuis des décennies.
Nous, on est les seuls à n'avoir jamais eu de députés européens et à ne pas en vouloir. Bon. Alors vous faites peut-être l'exception pour l'extrême-gauche. L'extrême-gauche est alter-européiste. Eh bien quand je demande à ces gens-là, les gens que j'ai vus, pour qui je l'estime d'ailleurs, de venir, eh bien c'est non. Voilà. C'est non parce que... Ah oui, mais je suis dans un milieu professionnel. Ah oui, vous comprenez, après, j'ai pu passer à la T. Ah oui, non, mais vous avez raison, mais vous n'y arriverez pas. Ah oui, mais vous comprenez, mes alter-égos, ils vont être un peu choqués. Voilà. Vous savez, il y a un moment à partir duquel on passe du micro-économie au macroéconomie.
Il y a un moment à partir duquel on passe du micro-politique au macro-politique. C'est-à-dire que si vous avez... Il y a des personnes que j'ai dans ma tête. Et puis s'ils avaient le courage de rallier notre liste, je suis persuadé que notre liste, d'un seul coup, elle ferait... Elle se développerait. Elle aurait... Elle aurait d'un seul coup... Les médias ne pourraient plus cacher. Alors...
Allez-y. En tout cas, que vous avez suffisamment pour arriver à impacter, à votre avis, quelles seraient les conséquences, notamment sur le côté... Vous parliez à vous parlie tout à l'heure, sur le côté migratoire, sur le côté de la question de l'immigration, l'effet national, dans quelle mesure il y aurait des nouveaux éléments qui arrivaient ?
Alors ça, c'est un élément... Vous savez que la question migratoire, ça m'échappe pas. C'est un des... C'est plus un caillou dans la chaussure. C'est un rocher dans la chaussure. C'est un sujet qui empoisonne la vie politique française depuis maintenant des décennies. Et que le FN s'est ingénieux à pourrir de même que... Enfin les deux. Il y a eu presque un jeu de rôle dans la société française entre le FN d'un côté, le Parti socialiste et ses satellites de l'autre pour diaboliser cette question. C'est-à-dire que parler des questions migratoires en France, c'est devenu désormais un truc extraordinairement difficile, quasiment impossible.
C'est la raison pour laquelle nous, on a dit que c'est un sujet qui est très important, mais sur lequel nous considérons que dans un premier temps, nous devons le mettre de côté. Et d'autant plus le mettre de côté que... Je rappelle ce que personne ne rappelle jamais, à commencer par le FN. C'est que depuis le traité d'Amsterdam de 1997, les questions migratoires ont été dévolues à l'UE. C'est les articles 67, 77 et 78 du TFUE. Donc on est en train de faire s'écharper les Français sur ces questions qui sont des questions... Moi, j'aime bien dire la vérité. Quand vous regardez... C'est un problème. C'est un vrai problème. C'est un problème qui angoisse. C'est un nombre de Français.
Mais c'est un problème qu'il est très difficile d'examiner avec humanité, parce que quand vous entrez dans le détail des choses, dès qu'on touche à des êtres humains, vous découvrez des drames, des malheurs humains. Vous découvrez que c'est très facile de taper sur les immigrés. Mais souvent, eux-mêmes, ils sont dans des situations épouvantables dans leur pays de départ, que personne ne quitte sa patrie d'origine s'il n'y est pas forcé. Et donc moi, j'aime bien qu'on s'intéresse un peu aux causes des causes. Si la France n'avait pas détruit la Libye de Kadhafi, on n'aurait pas eu la déstabilisation du Machrek, la déstabilisation du Sahel et l'afflux des immigrants.
Si la France, si les pays de l'OCDE, les pays d'Europe avaient vis-à-vis des pays du Sud des relations plus équitables en matière commerciale, si on n'exagérait pas la recherche du profit, on aurait certainement eu des moindres phénomènes migratoires. Si la France, plutôt que de donner des milliards à l'Estonie, à la Lettonie, donnait ses milliards à des pays du Sud en développant chez eux des industries, ça serait pas... Si la France, si l'UE, quand elle a supprimé les quotas textiles chinois... Pourquoi on a eu une invasion de textiles chinois ? Parce que l'UE a décidé de supprimer ça dans le cadre de l'OMC.
On a détruit dans le même mouvement ce qu'étaient les accords ACP, qui sont devenus une vieille lune dans les années 75-80... 75 du XXe siècle. Il y avait eu les accords de l'Omé, l'Omé I, l'Omé II. Ça parle peut-être de choses anciennes. Mais c'est les accords Afrique-Caraïque-Pacifique où il y avait un accès privilégié pour les anciennes colonies françaises, anglaises, etc., sur le marché commun. On avait développé dans les années 70 du XXe siècle le début d'une industrialisation. On voyait par exemple dans les supermarchés, on voyait des chemises, beaucoup de chemises ou pantalons made in Morocco, made in Tunisia. Maintenant, c'est terminé. Maintenant, c'est made in China. Voilà.
Donc au lieu de privilégier l'industrialisation des pays du Sud, on a privilégié la maximisation du profit des détenteurs de capitaux. Voilà. Donc moi, toutes ces affaires d'immigration... Alors par ailleurs, il signou là-dessus des systèmes mafieux. C'est pas moi qui le dis. Vous avez un journal, Les Echos – je cite Les Echos – qui, il y a quelques mois... Je pourrais vous retrouver la référence exacte. Il paraît-il que dans le Sud de l'Italie, il y a 300 000 migrants clandestins qui sont employés par l'Andrangheta Calabres, c'est-à-dire la mafia de Calabres. D'ailleurs, ces migrants qui traversent la Méditerranée... Qui est derrière ? Qui paye ? Qui paye ? Qui paye ?
Je me rappelle être allé à Mayotte, où il y a effectivement ce problème qui est très... C'est à vous hacher des larmes du corps, quand vous pensez que tous les jours, il y a des migrants qui essayent de venir d'Anjouan, de Moëlie, et qui sombrent dans le détroit de... Voilà. Mais... Donc là, par exemple, je trouve que c'est criminel, parce que la France devrait mettre le paquet pour développer le reste de l'archipel des Comores, voilà, pour assurer Europe dans le reste... Ce qui est une ancienne colonie française qui est devenue indépendante en 1976.
La France devrait absolument mettre le paquet pour développer l'archipel des Comores, qu'il y ait un système sanitaire social, etc., à Anjouan, à Moëlie, qui empêche l'arrivée de migrants. Pour que vous visualisiez, il y a théoriquement 250 000 habitants à Mayotte. À Mayotte, officiellement, officieusement, il y en a 450 000. Bon. Moi, je me rappelle avoir rencontré une haute autorité à Mayotte, quand j'y suis allé il y a 2 ans et demi, et qui m'a dit... Ben, on a des services de renseignement quand même qui vont à Anjouan. Puis s'il y a une plage, on partent les kwasakwasas. Et sur cette plage, eh bien il y a des moteurs.
Sur les kwasakwasas, il y a des gros moteurs Yamaha pour transporter 60 personnes à travers le canal de Mozambique, la haute mer, sur un truc qui est 2 fois ou 3 fois large comme la Manche. Et donc il faut un moteur très puissant. Ce moteur très puissant vaut beaucoup d'argent. Et pour traverser le canal de Mozambique, une fois que le bateau est arrivé, tout le monde s'égaye sur le territoire de Mayotte. Et puis les gardes-côtes français, ils reprennent... Ils saisissent le moteur. Qui paye les moteurs ? Yamaha flambe en oeuf. Donc c'est pas selon moi. C'est selon la haute autorité que j'avais vue là-bas. C'est des financements qataris. Comment peut-on fricoter...
C'est comme l'affaire du fondamentalisme musulman. Comment peut-on fricoter avec des pays comme l'Arabie saoudite ou le Qatar ou le royaume du Bahreïn ? Il faut être logique. Ça va. Je rappelle d'ailleurs que sur ces affaires de terrorisme musulman et autres... D'ailleurs, pendant la présidentielle, vous vous rappelez, à un moment, on m'avait attaqué là-dessus. Je lui avais dit... Mais derrière Daesh, il y a quand même l'Arabie saoudite et le Qatar. J'avais pris Macron à témoin. Vous vous rappelez ? J'avais dit... Qu'est-ce que vous en pensez, M. Macron ? Vous avez dit... Je suis tout à fait d'accord avec vous. De toute façon, vous êtes toujours d'accord avec tout le monde.
Je le connais, le Macron. Mais il y a un problème. Quand vous pensez que les États occidentaux se sont ingénis à démolir les pays laïcs du monde arabe, la Libye, l'Irak, et on faisait démolir la Syrie, c'est-à-dire le parti basse inspiré de la laïcité à la française... Moi, je suis allé dans tous ces pays. Pas en Libye, mais je suis allé en Irak. Je suis allé en Syrie. En Irak, j'y suis allé du temps de Saddam Hussein. J'y ai acheté mon alliance, d'ailleurs, à Bassora. C'était quelques semaines avant de me marier. Je trouvais ça... Un chrétien nestorien de Bassora. Il y avait 13% de chrétiens en Irak sous Saddam Hussein. Quand vous étiez... Moi, j'étais à Koweït. C'était en plein ramadan.
C'était pour des raisons professionnelles. Et puis donc au Koweït, interdit à tout le monde de manger pendant la journée, sauf les occidentaux. Moi, j'étais logé dans un hôtel ramadaïn où il y avait un serveur sri-lankais qui m'apportait mon déjeuner sur un plateau. C'était face au golf. Il n'y avait personne en face. Il tirait les rideaux. Il était 13 heures pour m'apporter. C'était un non-musulman. Bon. Quand on arrivait en Irak... Et alors toutes les femmes étaient... Je parle même pas de l'Arabie saoudite, hein, puisque les femmes, à l'époque, en Arabie saoudite... C'est toujours vrai. D'ailleurs, forcément voilées, etc.
Quand on arrivait en Irak sous Saddam Hussein, il y avait 13% de chrétiens. Il y avait partout. Vous aviez le soucle des bijoutiers à Bassora. Vous aviez chez Herschek des bijoutiers. Vous en aviez qu'il y avait la Kaaba, donc des musulmans. Et puis à côté, vous aviez le Christ pantocrata. C'était des chrétiens historiens. Vous en aviez 13%. Bon. Et puis vous aviez... Je me rappelle... La première chose qui m'avait frappé, c'était... On arrive en Irak, venant d'Arabie saoudite et du Koweït. On voit des femmes ayant un peu l'allure de Oum Kalsoum, des femmes un petit peu plantureuses, avec des formes généreuses, en cheveux, comme disait ma grand-mère. C'était des cheveux à l'air.
Et qui conduisait des tracteurs. C'était la mode soviétique, si vous voulez. Qu'est-ce qui est devenu l'Irak aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on en a fait ? Il n'y a plus de chrétiens. On a maintenant démoli ce pays. Alors c'est vrai que Saddam Hussein, c'était... Mais c'est sans doute, bien sûr, un tyran. Ça, c'est vrai. Ça, c'est exact. Mais nous n'avons pas affaire à l'Islande. Nous avons affaire au pays de Nabucodonosor. Et donc vouloir imposer un régime... Prétendument vouloir imposer un régime démocratique, il s'est passé quoi depuis la guerre en Irak ? Selon les estimations des plus basses, 1 200 000 morts civils, notamment des femmes et des enfants.
Alors les exactions que faisait Saddam Hussein, c'est une goutte d'eau par rapport à ce qu'ont fait les Occidentaux. Voilà. Et on a démoli... On a tenté de démolir le régime de Bachar el-Assad. Voilà. Donc moi, je trouve que là-dedans, il y a des activités criminelles sur ces questions. Alors tout ça... Voilà. Et je dis... Le problème de tout ça, si vous voulez, c'est qu'on ne peut pas dissocier la thématique de l'immigration du fondamentalisme musulman de par ailleurs le fait que des populations des pays du Sud vivent comme une extrême injustice... Les rapports commerciaux Nord-Sud comme une extrême injustice, la diplomatie occidentale au Moyen-Orient. Voilà. Et tant qu'on n'aura pas...
C'était De Gaulle aussi auquel je renvoie de nouveau. On ne peut pas avoir de paix dans le monde s'il n'y a pas un sentiment de justice entre les nations. Voilà. Peut-être. Mais la conclusion... Bon, merci. Je suis vraiment content d'avoir pu m'exprimer aussi librement, d'avoir répondu – j'espère – à vos interrogations. Vraiment heureux aussi de constater qu'il y a encore des lieux en France, des lieux de savoir et d'enseignement où on peut parler. Pour être honnête, j'assiste à un... Comment dirais-je ? C'est-à-dire un début de... La fin de l'ère de la glaciation. C'est-à-dire que depuis maintenant quelques mois, j'ai été invité à HEC... Je suis un ancien d'HEC avant de faire l'ENA.
Il n'y a pas dix ans. On n'osait même pas évoquer mon nom. C'était... Et là, j'ai été invité à HEC l'autre jour. Vous verrez. D'ailleurs, j'ai fait un débat. J'ai débattu avec quelqu'un qui était un prof à Sciences Po. Et l'autre, c'était le responsable national des Jeunes avec Macron. Non, mais allez voir. C'est intéressant. C'est intéressant. Et j'ai parlé avec la Sciences Po Lyon. Il y avait beaucoup de monde. Voilà. Donc je suis très reconnaissant. Mais déjà, je cite un début... Voilà. C'est un début de débâcle au sens de la débat que de la banquise. C'est-à-dire... Il y a un début de... Parce que les idées finissent par... Soyons raisonnables.
Il me semble que toute personne censée ne peut pas ne pas convenir qu'il y ait un problème avec la construction européenne. Bon. Le problème, il est là. Il est là et bien là. Toute personne censée qui a un tout petit peu voyagé dans le monde et en particulier en Europe, mais dans le monde, ne peut pas ne pas convenir qu'il y a quand même un sacré problème et que le truc est en train de se déliter. Voilà. Alors la construire... Oui, c'est comme la construction du socialisme. Il n'y avait pas assez de socialisme. Donc on nous fait le coup de... C'est pas assez d'Europe. Mais fondamentalement, on voit bien qu'on est arrivé à la fin d'une ère historique.
Et j'ai été très sensible à ce qui a été dit... Je crois que c'était par M. le professeur, d'ailleurs, l'idée qu'il y a des grandes scansions dans l'histoire. C'est des cycles de Kondratiev en économie. C'est des cycles de... C'est comme la mondialisation. Il y a eu depuis... Je rappelle que sous l'Empire romain, on a trouvé à Xi'an, la ville... L'armée enterrée de Tsing-Chi-Wang-Ti, l'empereur qui a donné son nom à la Chine dans les pays occidentaux... Tsing-Chi-Wang-Ti, de la lignée des Han, que vous trouvez dans la ville de Xi'an... Ce qui est Xi'an, ça veut dire la paix de l'Ouest. Vous trouvez l'armée enterrée. On a trouvé des 16 terces de l'Empire romain.
Ça veut dire qu'à l'époque, il y avait des échanges commerciaux. Le masque d'or de Toutankhamon que tout le monde a à l'esprit avec ces bandes extraordinaires de lapis lazuli, ce lapis lazuli de couleur bleu AAA, il vient d'un seul endroit au monde connu. C'est les mines de Badakhshan, dans le nord-est de l'Afghanistan, qui sont à quelque chose comme 3 000 ou 3 500 km de la Vallée des Rois. Donc il y avait à la plus haute antiquité déjà des échanges commerciaux. Et puis on assiste à la fin de l'Empire romain, l'effondrement de l'Empire romain, l'effondrement d'ailleurs des routes romaines, et puis le début de refermeture.
Et toute l'histoire de l'humanité, c'est des moments d'ouverture, de mondialisation, puis de refermeture, un peu comme un corps qui aspire et qui aspire... Enfin la vie n'est que pulsation. Et l'histoire n'échappe pas à cette règle fondamentale de l'univers qui est une espèce de scansion. Donc il y a eu en effet un phénomène d'ouverture et de fermeture, et un phénomène aussi qui touche les inégalités. Les années des Trente Glorieuses ont été un phénomène de formidable resserrement des inégalités qui a duré, disons, des années de la libération de 1945 jusqu'en effet à peu près à la fin du XXe siècle, jusqu'aux années 90, à peu près.
Et puis l'effondrement de l'URSS, le changement de modèle implicite, l'ultralibéralisme, etc., a fait qu'on est repassé dans un monde d'ouverture. Voilà. Mais si vous comptez bien qu'à partir de 1900... Si vous comptez que les cycles de Kondratiev sont d'une trentaine d'années... De 45 à 90, ça fait un peu plus long. Ça fait 45 ans. Si vous êtes 90 plus 30 ans, ça fait 2020. Plus 40 ans, ça fait 2030. Donc on est dans les clous. C'est-à-dire que l'idée que l'on va changer de cycle de Kondratiev dans les 10 ans qui viennent, elle est bonne. Elle est là. Et donc on va changer... On va avoir certainement un changement d'idéologie dominante qui approche, qui arrive.
Et ce changement, je pense, balaiera la construction européenne. Voilà. Et les gens découvriront qu'il y a une vie après la construction européenne et que ça n'est pas forcément... Il faut l'espérer. C'est pas un renfermement névrotique sur soi. On revient à une meilleure perception de la réalité. Il y a quelque chose aussi que je voudrais dire notamment sur les théoriciens de la guerre. L'Europe, c'est après. Je voudrais revenir à ce que disait monsieur, parce que vous croyez bien que je suis un ardent partisan de la paix. Il y a quelque chose aussi que nous avons maintenant qui n'existait pas dans les années 30. C'est que nous avons l'ONU, toutes les agences de l'ONU.
Et puis cet échafaudage... Enfin cette intrication extraordinaire des pays les uns avec les autres, par Internet, par les associations, les ONG, le commerce, les échanges de personnes. Vous avez maintenant... Il y a énormément de Français, notamment de jeunes Français qui sont allés à Marrakech ou qui sont allés à Bangkok, etc. En tout cas, il y a plus de Français, à mon avis, qui connaissent Hammamet ou Djerba ou Marrakech ou Bangkok que – je sais pas – que Tallinn ou que Copenhague ou que Leipzig. C'est tout à fait possible. Donc on est dans un phénomène d'intégration mondiale. Et toute la difficulté, c'est jusqu'où est cette intégration ?
Je pense qu'il y a une dialectique entre l'ouverture sur le monde et conserver son identité, sa spécificité. Je crois que c'est tout l'enjeu du IIIe millénaire, en tout cas du XXIe siècle. Voilà. J'ai beaucoup parlé. Je vous remercie de votre attention. Un tout dernier mot. Un tout dernier mot. Vous me permettrez cette toute petite remarque de nature très politicienne. Il y a des élections européennes le 26 mai. Ce sont des élections... Non, ce sont des élections à un tour. Ce ne sont pas des élections à deux tours. Ce sont des élections à un tour. Et donc toute voie, contrat. C'est-à-dire monsieur, ne vous abstenez pas. Si vous... Non. Si nous dépassons... Non, non. Mais je vous taquine.
Si nous dépassons 3%, nous sommes remboursés nos frais de campagne. Alors nous, nous payons tout avec l'argent des adhérents et des candidats. Et si nous dépassons 5%, ce qui est à la fois beaucoup et peu, si nous dépassons 5%, on a 3 députés, 3 députés qui vont apporter au Parlement européen une voie totalement nouvelle, y compris d'ailleurs dans le feedback, comme on dit en français, dans le retour que nous ferons à nos électeurs. C'est-à-dire que si on a des députés, on aura... Toutes les semaines, on fera un compte-rendu audiovisuel. On montrera les dessous des coulisses de Strasbourg, de Bruxelles. On expliquera aux Français ce qui se passe.
On montrera comment on essaie de faire passer au niveau du Parlement européen les analyses qui sont les nôtres pour tout simplement flinguer de l'intérieur cette structure dictatoriale, en fait. C'est ce qu'a fait Nigel Farage avec ses pas spécificités. C'est ce que nous essaierons de faire si on a des députés. Merci à toutes et à tous.
François Asselineau