Face à Face : Agnès Pannier-Runacher - 24/01
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Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe 8h33 sur RMC et BFM TV Bonjour Agnès Pannier-Runacher Bonjour Apolline de Malherbe Merci d'être dans ce studio ce matin pour répondre à mes questions Vous êtes la ministre de la transition énergétique On va parler du prix de l'électricité des factures, les boulangers qui d'ailleurs se plaignaient encore hier qui n'ont pas tout à fait obtenu gain de cause Vous allez nous le dire dans un instant mais on va aussi parler coupures de courant D'abord des coupures dues au froid peut-être On l'entendait à l'instant dans la météo le froid qui s'est abattu sur la France Est-ce que vous pouvez nous dire malgré tout ce matin que la menace l'angoisse de coupures de courant dues au froid est écartée ?
Alors vous avez pu le constater nous avons eu un pic de froid en décembre et nous sommes restés dans une situation de stabilité de notre système énergétique c'est-à-dire la fameuse météo de l'énergie nous étions en signal vert Pourquoi ?
Parce que EDF a fait le travail et je veux vraiment remercier les salariés d'EDF de reconnecter des réacteurs nucléaires qui étaient arrêtés au mois d'août et qui sont aujourd'hui sur notre réseau et parce que d'autre part le plan sobriété que nous avons lancé avec la première ministre en octobre a porté ses fruits les grandes entreprises les grandes administrations les grandes collectivités locales et chacun d'entre nous ont permis d'économiser jusqu'à 10% de l'électricité et du gaz et ça c'est un impact sur notre système énergétique
Alors il y a deux points que vous dites Agnès Pannier-Runacher d'abord sur les réacteurs vous dites EDF a fait un très gros travail il y a 56 réacteurs nucléaires en France combien sont encore à l'arrêt
au moment où on se parle ? Il y en a aujourd'hui une vingtaine qui sont à l'arrêt mais ça veut dire qu'on en a reconnecté une grande partie Une vingtaine sont à l'arrêt ?
Pardon, 14 qui sont à l'arrêt Ah oui, j'étais un peu surprise moi 14 qui sont à l'arrêt on en a reconnecté près d'une vingtaine Il n'y en avait que 12 qui étaient à l'arrêt il y a deux jours donc c'est-à-dire qu'il y en a deux qui sont retombés en panne Non, ils ne retombent pas en panne on peut avoir des situations ce qu'on appelle de fortuit c'est-à-dire d'arrêt mais de quelques heures ou de quelques jours ils sont immédiatement reconnectés on peut être aussi dans des situations d'économie combustible l'économie combustible c'est qu'on n'en a pas besoin et donc on s'économise pour pouvoir gérer au mieux optimiser la production d'électricité c'est pour ça que depuis maintenant quelques semaines on est en variation entre 12 et 14 et en fait on a stabilisé les 45 gigawatts connectés sur le réseau ce qui était l'objectif qu'on s'était donné en septembre
On n'est pas un peu en deçà de l'objectif ?
On varie aujourd'hui mais on est vraiment sur la trajectoire qu'on s'était donné Deuxième chose que je veux indiquer c'est qu'on va commencer à déconnecter nos réacteurs pour les maintenances à venir c'est-à-dire que vous avez des réacteurs qui étaient arrêtés et qui sont reconnectés sur le réseau mais des réacteurs qui fonctionnaient et qui vont progressivement sortir du réseau pour préparer leur nouveau qui vont être à l'arrêt Tout à fait mais ça c'est normal c'est-à-dire que la gestion de notre parc nucléaire c'est de préparer les maintenances et de faire en sorte de préparer l'année d'après ça va se faire très lentement mais au mois de février il y aura des arrêts au mois de mars il y aura des arrêts précisément pour faire toutes les maintenances vous savez que des réacteurs il y a des maintenances pour le combustible vous avez des maintenances pour l'année vous avez aussi des visites décennales tous les dix ans et ce programme-là il est d'ores et déjà communiqué Agnès Pannier-Munacher
je voudrais comprendre on peut vraiment se dire ce matin que les risques de délestage le risque de délestage
est écarté ce que je vous ai dit à l'instant c'est que nous avons passé des pointes de froid très importantes où nous étions largement en dessous des normales sur les saisières et nous n'avons pas eu besoin d'activer les mesures de baisse de tension
je dois en déduire puisque vous ne le dites pas précisément mais je dois en déduire que on a testé la résistance de notre système et qu'il n'y a donc pas de risque à l'avenir
de délestage ce que je vous dis Apolline de Malherbe c'est que si effectivement nous rentrons dans une nouvelle période de froid et si nous continuons si nous continuons et j'insiste sur ça à faire ces efforts de sobriété alors oui nous sommes en situation de finir l'hiver tranquillement et je veux ajouter vous mettez des petits ici quand même ce sont des efforts les efforts de sobriété
en gros si les français font des efforts c'est bon
les efforts de sobriété Apolline de Malherbe pour être très concrètes c'est l'équivalent de 7 réacteurs sur le réseau 7 réacteurs c'est énorme c'est plus de 10% de notre production d'électricité nucléaire c'est pour ça que cette sobriété elle est importante c'est pour ça qu'il faut continuer à faire des efforts et je veux insister sur un point il ne s'agit pas juste de passer l'hiver avec la sobriété il s'agit de préparer d'atteindre nos objectifs de baisse de gaz à effet de serre aujourd'hui ce que nous disent les experts c'est que si nous voulons passer la planète dans des conditions correctes à nos enfants il faut baisser notre consommation d'énergie
c'est que les 10% vous nous confirmez ce matin ce chiffre 10% d'énergie économisée par les entreprises par les particuliers qui ont baissé leur consommation
gaz plus électricité en moyenne c'est un peu plus de 10% pour le gaz un peu moins de 10% pour l'électricité je vous confirme et c'est à la fois les entreprises et les particuliers les entreprises les particuliers les collectivités locales qui ont fait un gros effort je veux le souligner et les saluer et les administrations publiques les ministères et leur administration
mais ce que vous nous dites aussi c'est que c'est pas juste un effort qu'on doit faire pendant 2-3 mois parce qu'il y a une tension c'est qu'il ne faudra pas remonter c'est à dire qu'il faut rester à ce niveau-là il ne faudra pas reprendre une consommation comme avant où on ne comptait pas
en quelque sorte où on comptait moins Apolline de Malherbe effectivement si nous voulons être au rendez-vous de nos objectifs climatiques si nous voulons baisser nos gaz à effet de serre ce que nous disent les experts c'est qu'il va falloir baisser de 40% notre consommation d'énergie 40% ça va être 40% c'est-à-dire 30% de plus là exactement alors ça ne va pas être que de la sobriété ça va être aussi des nouvelles technologies
parce que là vous dites ça aux français qui ont déjà l'impression d'avoir fait un effort et d'avoir mis le chauffage à 19 vous leur dites il va falloir faire 30% de plus
et bien je leur dis qu'on va collectivement baisser notre consommation d'énergie de 40% mais laissez-moi aller jusqu'au bout si vous changez votre éclairage classique par des LED vous faites une économie de 60% donc vous voyez que la technologie va nous assister aussi c'est à la fois du comportement éteindre la lumière ne pas utiliser les réseaux numériques de manière je dirais trop large faire attention au chauffage faire attention à tous ces gaspillages d'énergie mais c'est également la technologie qui va nous permettre de baisser drastiquement notre consommation d'énergie
il y a un mot que vous avez usé et réusé depuis le début de cette interview c'est le mot sobriété et il y en a un qui vous a pris au mot il s'agit de Sébastien Ménespier il est secrétaire général de la fédération CGT des mines et de l'énergie il était sur BFM TV hier
on va faire de la sobriété énergétique c'est à dire qu'on va certainement cibler les personnes qui aujourd'hui mènent de l'activité mais nous on considère que leur activité elle n'est pas essentielle donc comme il faut faire de la sobriété énergétique dans la période où la production d'électricité compte avec la vague de froid on va faire comme le gouvernement nous l'a conseillé de la sobriété voilà donc pour ceux qui ne mènent pas de l'activité essentielle on fera des petites coupures ciblées d'une heure ou deux
ils se payent votre figure quand même c'est de l'intimitation et ce n'est pas acceptable et ce n'est pas légal je veux le dire ici et puis ça peut être dangereux vous savez comme moi que si on arrête par exemple certaines installations industrielles et bien vous pouvez casser l'outil de production et vous pouvez mettre sur le carreau des salariés c'est de ça qu'il est question vous porterez plainte ? alors ce sera les entreprises arrêtées qui porteront plainte ce sont à elles de le faire nous ne pouvons pas nous substituer à elles mais je crois important de dire que la loi doit être respectée mais ils ont l'air assez déterminés
parce qu'ils l'ont déjà fait la semaine dernière lors de la journée de mobilisation il y a certains départements en Essonne notamment où l'électricité a été volontairement coupée pendant parfois 20 minutes une demi-heure pour montrer disent-ils qu'ils sont bien aux manettes et qu'ils ont le pouvoir de couper l'électricité
et bien moi je vous le dis très clairement j'invite effectivement tout à chacun faire respecter la loi et nous dans notre rôle nous ferons respecter la loi
mais cette manière de se mobiliser contre la réforme des retraites en utilisant au fond en vous prenant à votre propre rhétorique ou à votre propre piège comment vous le vivez ?
c'est pas une rhétorique la sobriété je trouve justement qu'il y a une forme d'irresponsabilité à en plus utiliser de manière moqueuse ce terme alors qu'aujourd'hui nous sommes engagés dans un combat contre le réchauffement climatique qu'il en va de la survie des générations futures et que ces efforts que nous faisons nous en administration que nous demandons aux grandes entreprises sont absolument nécessaires
mais vous n'avez pas les moyens de les empêcher de le faire c'est-à-dire que vous pourrez certes encourager les entreprises à porter plainte à postériori mais dans la perspective de la journée du 31 qui est une journée de mobilisation vous n'avez pas les moyens d'empêcher les personnels CGT d'EDF ou d'Enedis
de couper le courant moi ce que je souhaite dire c'est que j'appelle chacun à la responsabilité on peut être contre un projet de loi on peut manifester on peut en parler vivement sur les plateaux de télévision mais l'intimidation est inacceptable et le fait de couper l'électricité comme ça est illégal donc je reviens sur ces deux fondamentaux nous sommes l'État nous devons faire respecter la loi
et vous avez dit d'ailleurs que ça n'était pas légal certains ajoutent qu'il y a d'autres moyens d'action qui sont certes illégaux mais qui pour eux sont moraux j'en veux pour preuve les propos de Renaud Henri c'est le secrétaire général de la branche locale donc du Saint-Gilles-Ca CGT qui lui dit concrètement il est à Marseille il dit concrètement notre objectif c'est de faire une manipulation sur le compteur pour que les boulangers puissent avoir un tarif soit de 50% soit de 60% gratuit c'est complètement illégal dit-il mais c'est aussi complètement moral
en réalité ça sera in fine le contribuable qui va payer donc je ne sais pas si c'est légal c'est certainement illégal je ne sais pas si c'est moral mais ce qui est la conséquence de ce type de coupure c'est que c'est le contribuable qui paye puisqu'aujourd'hui nous sommes l'actionnaire dominant dans EDF que l'on parle de couper des compteurs sur EDF ou de changer le tarif des compteurs sur EDF et que c'est l'État qui paye voilà
il faut juste dire les choses de manière très claire cette solidarité avec les boulangers les boulangers qui hier me semble-t-il n'ont pas été entendus ils sont venus à Bercy ils réclamaient un bouclier tarifaire pour tous c'est-à-dire le bouclier qui s'applique aux factures des particuliers ils disent en fait le système d'aide tel qu'il nous a été proposé est trop complexe et pas suffisant ils veulent le même bouclier tarifaire pour les particuliers
et pour les professionnels alors deux choses d'abord le président de la Confédération des boulangers nous a remercié de son écoute et je veux redire encore une fois à quel point nous sommes attentifs à la situation des boulangers le président de la République lui-même les a reçus le 5 janvier dernier et a annoncé des mesures très fortes qui n'ont aucun équivalent dans les autres pays européens aucun équivalent et ce que nous mettons en place c'est un plafonnement du prix de l'électricité un plafonnement du prix de l'électricité qui sera visible sur la facture de janvier qui sera reçue au mois de février il y a une chose qui est nécessaire pour avoir ce plafonnement du prix de l'électricité c'est de cocher la case qui vous permet d'en bénéficier et aujourd'hui c'est quoi cette case ?
j'ai pas compris je vais y venir aujourd'hui pour bénéficier de toutes les mesures d'aide de l'État vous devez aller sur votre espace client de votre fournisseur d'électricité vous devez cocher la case je suis une TPE j'ai droit aux mesures je suis une PME j'ai droit aux mesures PME seules 20% des entreprises ont fait cet effort ce que vous êtes en train de nous dire
c'est que 80% de ces entreprises vont donc recevoir une facture qui ne sera pas
réduite parce qu'ils n'ont pas coché la case ce que je suis en train de vous dire c'est que toutes ces entreprises ont reçu ces trois dernières semaines un message leur demandant de s'inscrire
mais s'ils ne sont pas inscrits
il n'y aura pas de réduction si elles ne le font pas alors qu'elles ont reçu pour le moment deux à trois messages en ce sens effectivement on ne peut pas savoir on ne peut pas savoir Apolline de Malherbe
laissez-moi aller jusqu'au bout s'il vous plaît et qu'ils ne l'ont pas fait c'est peut-être qu'il y a un truc qui ne marche pas ou c'est peut-être que c'est trop compliqué c'est quand même s'il y en a 80% qui ont reçu une relance une deuxième relance
et qui ne l'ont pas fait c'est pour ça que je me permets d'utiliser ce plateau pour vous dire c'est une case à cocher c'est une case à cocher c'est plus simple c'est plus simple mais parce que je pense que vous n'en parlez pas assez je pense qu'il faut en parler plus
tous les jours on en parle tous les jours des boulangers et vous me posez la question de cette case
je vous le dis je vous le dis très clairement tout le monde ne regarde pas ses mails nécessairement tout le monde ne peut pas penser nécessairement que c'est important donc je le dis très nettement j'invite toutes les très petites entreprises toutes les petites et moyennes entreprises à aller sur leur espace client et à cocher cette case c'est important pour elles elles peuvent bénéficier des mesures toutes les fédérations le disent toutes les CICI les chambres de commerce et d'industrie le disent il faut faire cette opération c'est comme quand vous voulez bénéficier de l'assurance maladie de le remboursement de la sécurité sociale il est encore temps bien sûr qu'il est encore temps pour la facture de janvier pour la facture de janvier il est encore temps puisque nous nous avons demandé aux fournisseurs d'électricité que nous avons réunis hier de légèrement décaler l'envoi des factures d'électricité pour protéger les entreprises et puis je veux quand même rappeler une chose les très petites entreprises aujourd'hui ce sont celles qui payent le prix de l'électricité le plus bas d'Europe le plus bas d'Europe Apolline de Maner mais il faut qu'elle puisse en bénéficier et nous nous battons pour qu'elle puisse en bénéficier
sauf que la concurrence effectivement de toute façon n'est pas exactement c'est-à-dire qu'on n'est pas en concurrence avec les boulangers allemands c'est-à-dire que le système n'est pas une concurrence
est-ce une raison précisément c'est la raison pour laquelle les boulangers allemands n'ont pas des prix bas c'est la raison pour laquelle les boulangers belges n'ont pas des prix bas parce qu'on dit aux boulangers débrouillez-vous vous pouvez augmenter le prix de la baguette en France on a fait un autre choix on a fait le choix de protéger les consommateurs on a fait le choix de protéger les très petites entreprises
ils convient vite aux boulangers d'aller sur le site de leurs fournisseurs d'électricité et donc de cocher cette case
aux boulangers et à tous les artisans à tous les commerçants à toutes les petites et moyennes entreprises
les fournisseurs d'énergie vous ont bien confirmé hier lorsque vous les avez reçus qu'ils vont accepter de casser les contrats pour ceux qui auraient souscrit des contrats d'électricité au prix fort
ce qu'ils nous ont mais tous et c'est pas casser les contrats c'est proposer un avenant ce qui est beaucoup plus rapide et beaucoup plus sécure juridiquement c'est de dire voilà monsieur votre nouveau contrat basé sur le prix clafonné de 280 euros pour les TPE qui ne sont pas sous le bouclier énergétique
là c'est encore aux boulangers ou aux TPE
de faire la démarche non ils ont juste à répondre et à remplir et à cocher cette case je le redis il faut cocher une case c'est pas plus difficile que ça vous cochez la case c'est automatique derrière c'est sur la facture de janvier qui arrivera en février et je veux préciser une chose c'est que si par hasard vous êtes tête en l'air et vous n'avez pas coché dans les temps la facture ce sera sur la facture de février pour le mois de mars et c'est rétroactif c'est un droit que vous avez il faut vous signaler c'est rétroactif
c'est rétroactif ça veut dire que même si la facture de janvier est encore au prix initial la réduction la déduction s'appliquera y compris en prenant janvier il y a une question quand même qui revient comme un serpent de mer c'est la question du prix de l'électricité et du prix européen c'est-à-dire le marché de l'électricité qui nous impose un système assez ubuesque j'avoue qui est de calculer le prix de l'électricité sur la dernière centrale utilisée et aujourd'hui c'est souvent des centrales charbon ou gaz donc la dernière utilisée dans toute la chaîne européenne est celle qui fixe le prix ça fait deux ans que Bruno Le Maire vous-même vous dites que c'est insupportable j'ai sous les yeux Bruno Le Maire le 25 septembre 2021 qui dit que ce système est aberrant et obsolète un an plus tard le 21 septembre 2022 le même Bruno Le Maire dit les prix de l'énergie sur le marché européen sont anormaux délirants c'est dangereux pour notre économie et c'est toujours le cas
alors je vais peut-être faire quelques précisions le prix de l'électricité en septembre dernier était aberrant et dangereux pour notre économie et pourquoi il était aberrant et dangereux pour notre économie parce que nous sommes dépendants des énergies fossiles parce que nous ne sommes pas capables collectivement de produire une électricité à bas prix bas carbone et de passer ce prix à nos consommateurs et comme nous sommes nous sommes dépendants du fossile et bien les prix du fossile vont influencer le prix de l'électricité ça c'est la situation nous n'avons pas attendu de faire face à cette situation pour agir je l'ai dit à l'instant aujourd'hui et ça date de 2021 au moment où Bruno Le Maire s'exprime c'est au même moment où nous prenons au niveau du gouvernement des décisions pour protéger les ménages français et les très petites entreprises contre l'augmentation des prix oui mais vous vous rendez compte
je vais jusqu'au bout on est obligé de mettre des sparadra sur une jambe de bois c'est à dire que le système au départ on constate qu'il est et c'est pas moi qui le dit aberrant est obsolète voire dangereux c'est le ministre de l'économie français qui le dit et pendant deux ans il n'arrive pas à mettre fin
à ce système je vais jusqu'au bout si vous le permettez aujourd'hui qu'est-ce qui se passe nous prenons l'initiative de baisser les prix de l'électricité pour les ménages et les très petites entreprises et nous compensons ça en allant chercher les surprofits sur les producteurs d'énergie mais ça aurait été plus simple
de faire baisser le prix
alors ici à la source certainement mais ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui nous avons fait le travail pour permettre de corriger cet effet de marché ces derniers mois vous avez la commission européenne qui le 19 décembre dernier a mis un papier sur la table du conseil des ministres européens de l'énergie pour la réforme du marché de l'électricité elle a hier envoyé une consultation de l'ensemble des états membres sur ce même sujet si je peux me permettre d'aller jusqu'au bout à Pauline de Maner c'est désespérant beaucoup au mois de mars elle présentera un projet de texte de réforme du marché de l'électricité donc nous nous ne sommes pas restés les bras croisés non seulement nous avons corrigé les prix le système de prix européen mais par ailleurs nous avons travaillé à une réforme approfondie et je veux insister sur un point c'est pas une réforme qu'on fait comme ça du jour au lendemain c'est une réforme qui est en profondeur de notre système du marché de l'électricité enfin dernière chose ceux qui vous disent qu'on peut sortir du marché européen sont des plaisantins aujourd'hui quand vous êtes dépendant de la production électrique d'un autre pays vous l'achetez au prix de l'autre pays c'est rien de nouveau sous le soleil c'est la même chose pour le pétrole et ça c'est à la direction
notamment du Rassemblement National qui souhaite sortir de ce marché et qui ne dit pas
la vérité aux français puisque les ménages espagnols payent plus cher l'électricité en 2022 et parce que les ménages espagnols ont une taxe une taxe une taxe pour financer ce fameux mécanisme ibérique donc ce n'est certainement pas la martingale qu'on nous présente
je vous aurais bien posé quand même une dernière question sur les femmes et les retraites vous nous avez dit que c'était juste on vient de découvrir notamment via le journal Les Echos et dans les prévisions du gouvernement qu'en fait ce n'est pas juste pour les femmes
je ne suis pas d'accord avec vous
elles vont devoir travailler plus longtemps
proportionnellement beaucoup plus longtemps elles vont surtout gagner plus c'est ça l'essentiel de cette réforme c'est que
leur pension
va remonter beaucoup plus significativement que les hommes parce qu'aujourd'hui nous sommes face à une injustice mais vous avez gardé la deuxième partie de la phrase quoi c'est-à-dire gagner plus mais vous aviez oublié de dire qu'il faudrait travailler beaucoup plus longtemps il y a une injustice criante personne ne s'y est attaqué aujourd'hui les retraites sont 42% inférieures pour les femmes par rapport aux hommes sur la génération qui arrive à la retraite c'est 30% d'écart est-ce que c'est acceptable je ne le crois pas et le minimum le minimum que nous proposons de retraite c'est pour les femmes c'est pour celles qui ont trimé toute leur vie qui ont élevé des enfants et je crois que c'est le minimum qu'on leur doit merci à vous
Agnès Pannier-Runacher