Lycées : "Dans la quasi-totalité des cas, l'intervention est proportionnée", assure Laurent Nuñez
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse directe
Avez-vous des données sur ce qui se passe ce matin aux abords des lycées ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Vous attendez-vous à ce que ces blocages soient plus nombreux qu'ils ne l'ont été ces derniers jours ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites ce matin aux lycéens et à leurs parents inquiets des violences à venir ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Le dispositif policier tel que vous l'avez imaginé, il ressemble à quoi ?
- 3:59FerméeRéponse partielle
Avez-vous un chiffre total sur le nombre de forces de l'ordre mobilisées sur le territoire français ?
- 4:48RelanceRéponse partielle
Comment en est-on arrivé à ce drame à Lens où un lycéen de 15 ans a perdu une main ?
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Présentateur 216 %
- Présentateur 311 %
- ?5 %
- Locuteur non identifié3 %
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France
Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale Et nous recevons donc ce matin dans le grand entretien le ministre de l'Intérieur Vos questions et réactions sont les bienvenus chers auditeurs, lycéens, profs, parents et tous les autres Au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France Bonjour Laurent Nognaise, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter A l'aube de cette journée de mobilisation où les lycéens sont appelés à manifester avec les syndicats de l'éducation nationale et avec la CGT Il y a beaucoup de questions sur le maintien de l'ordre depuis le début du mouvement Avec 10 enquêtes confiées à l'IGPN, la police des polices, on va y revenir Mais d'abord, certains parlent déjà d'un mardi noir Est-ce que vous avez des données sur ce qui se passe ce matin aux abords des lycées ?
Et à quoi est-ce que vous vous attendez pour cette journée d'aujourd'hui ? D 'abord, certains parlent d'un mardi noir Parce que c
'est
une journée un peu atypique par rapport aux journées précédentes Puisqu'on aura très probablement ce matin encore des mouvements devant les lycées Suivi d'appels à manifestations Donc il y
a
un double événement au sein de la journée C'est en cela que certains parlent d'un mardi noir Ce n
'est
pas un terme que je reprendrai Moi j'ai toute confiance dans les forces de sécurité intérieure Pour encadrer ces différentes manifestations et mouvements Là au moment où on se parle, il y a déjà quelques dizaines de blocages de lycées Ou en tout cas de rassemblements devant des lycées Voilà, quelques dizaines C'est sur le rythme de ce qu'on a connu ces journées précédentes Même si on enregistre une baisse du mouvement depuis vendredi Mais vous vous attendez, Laurent Nunez, à ce que ces blocages soient plus nombreux Plus importants qu'ils ne l'ont été ces derniers jours ? Dès lors qu'il
y a
une manifestation, un appel de l'intersyndicat à la manifestation Les points de rassemblement devant les lycées seront très probablement plus nombreux Oui, c
'est
ce à quoi on s'attend Alors de ces manifestations, puisqu'il y en aura un peu partout en France Edouard Geffray, votre collègue ministre de l'éducation Disait hier que cette mobilisation du jour est une liberté qui se respecte et se protège Qu'est-ce que vous dites ce matin aux lycéens, à leurs parents Qui sont inquiets des violences à venir, à la fois du côté des casseurs Et de la réplique des forces de l'ordre Déjà j'aime bien que vous parliez de réplique Donc quand il y
a
des rassemblements devant des lycées
Et
que les rassemblements se passent bien Et je rejoins évidemment mon collègue Edouard Geffray Il n'y
a
pas de raison d'intervention policière
A
condition évidemment qu'on ne bloque pas l'accès d'autres élèves Et que le chef d'établissement ne nous demande pas, en lien avec lui,
ne
nous demande pas d'intervenir Mais quand il y
a
des rassemblements, j'ouvre le guillemet, pacifiques ou revendicatifs Il n
'y a
pas d'intervention des forces de sécurité intérieure On le voit sur les caméras de renvoi, enfin les télés de renvoi qui sont dans votre studio Actuellement il y
a
un mouvement au lycée Sophie Germain à Paris Vous avez des élèves qui sont devant un lycée Il n
'y
aura pas d'intervention des forces de l'ordre S'il n
'y
a pas de violence, s'il n
'y
a pas de dégradation Que les choses soient claires, les forces de l'ordre interviennent Quand il y a des atteintes aux biens, aux personnes, des dégradations Sur l'espace public ou pas, ou à l'intérieur des établissements On a vu ces jours derniers des pénétrations en force dans des établissements Des dégradations, voire des
enseignants en menacés Les
forces de sécurité intérieure n'interviennent que dans ces cas-là Et
uniquement dans ces cas-là conformément aux instructions reçues
Comme Florence le disait,
il
y a beaucoup de questions sur un certain nombre de scènes Que l'on a vu en termes de doctrine de maintien de l'ordre Un tout dernier mot sur cette journée de mobilisation Sur le dispositif policier Puisque vous rappeliez la singularité de la journée A la fois des blocages à venir dans les lycées Plus une manifestation Le dispositif policier tel que vous l'avez imaginé Il ressemble à quoi
? C
'est un dispositif qui vise d'abord à être
non
loin des établissements scolaires Pour éviter les débordements, les dégradations Et puis ensuite c'est un dispositif qui est d'une autre nature pour les manifestations Car ce qui change à partir d'aujourd'hui C'est que vous avez un appel déjà à manifestation Donc à déambuler sur l'espace public Avec beaucoup de déclarations qui ont été déposées dans les préfectures Dans les villes où vont se tenir ces rassemblements Et on a des déclarations qui ont été faites par une intersyndicale Ou à minima la CGT Ou d'autres organisations syndicales
Vous avez un chiffre total, vous savez combien de forces de l'ordre ont été mobilisés sur le territoire français ? Je vous explique d'abord comment ça va se passer
Parce que ça change la donne pour nous Pour le ministre de l'Intérieur, pour les préfets sur les territoires Ça change la donne, ça veut dire qu'on a des organisateurs On a des services d'ordre qui ont été mis en place Et évidemment on va s'appuyer sur cet organisateur Bon c'est la responsabilité principale finalement D'assurer la bonne tenue de ces rassemblements Donc on va s'appuyer sur eux Moi j'ai donné instruction au préfet D'avoir des forces de l'ordre qui se tiennent à distance Dès lors que la manifestation se passe bien On n'a pas de raison forcément d'être présents Mais évidemment qui interviendront Et toujours avec beaucoup de fermeté S'il devait y avoir des dégradations Mais pour nous c'est une dimension extrêmement importante D'avoir la présence des organisations syndicales Qui ont déclaré et qui vont encadrer ces cortèges Et on a pu en discuter très directement Avec certains responsables syndicaux nationaux Alors il faut qu'on parle, Laurent Nunez Des jours qui viennent de s'écouler Et hier par exemple Un lycéen de 15 ans à Lens Qui perd une main Arraché par une grenade policière Une enquête de l'IGPN est ouverte Là aussi on rappelle qu'il y
en
a 10 Manifestement Ce jeune homme quoi Il est rentré chez lui Non c'est pas lui qui est rentré chez lui C'est
celui d'Argenteuil
Comment est-ce qu'on peut en arriver là
D
'abord je veux dire Ce qui s'est passé à Lens Devant le lycée Béal Je crois à Lens Bon évidemment c'est un drame Moi j'ai une pensée pour ce jeune Pour sa famille Pour ses camarades C'est évidemment un drame Qui est assez bouleversant On n'a pas à perdre sa main Evidemment dans une manifestation
Après
vous avez une enquête Qui est ouverte Qui dira dans quelles conditions Ces faits se sont produits
Il
y avait un contexte Il y avait un contexte C'est mon devoir moi Comme ministre de l'Intérieur De le rappeler Il y avait un certain nombre De troupes, d'incidents De prise à partie Des fonctionnaires
de
police Devant cet établissement Il y avait notamment Une compagnie départementale D'intervention Celle du Pas-de-Calais Qui était prise à partie De manière extrêmement virulente Avec des jets de projectiles Au moins un cocktail Molotov Qui a été balancé D'autres étaient en cours de préparation Et il
y a
une CRS Qui est intervenue en renfort Pour disperser Ce qui est devenu un attroupement Il
y a
eu les sommations Réglementaires Elles ont été effectuées Et puis il y a eu l'usage D'armement intermédiaire Pour disperser
les jeunes
Donc il y
a
eu ce drame Qui s'est produit Il y
a
une enquête en cours Qui déterminera Si l'action était proportionnée
En
tout cas on était Dans un contexte De troubles à l
'ordre
Et il y a un certain nombre De témoignages Laurent Nunez Dont une témoin A nos confrères d'ici Qui a expliqué Que ce lycéen De 15 ans N'avait pas essayé De ramasser Cette grenade policière Puisqu'on ne sait pas D'ailleurs précisément De quel type de grenade Il s'agit Mais que cette grenade Était arrivée Directement sur la main Et qu'elle avait explosé Ça veut donc dire Et là encore Pour ceux qui nous écoutent Ce matin Les parents Les lycéens Qu'on peut se retrouver Devant un lycée Et voir sa main exploser Parce que Dites-vous Il y a un attroupement Et il y a un risque De troubles à l'ordre public
D
'abord L'enquête définira Dans quelles conditions S'est produit ce drame Ce qui est à l'origine De la blessure Manifestement Ce serait une grenade Assourdissante Mais moi je reste très prudent L'IGPN est saisi Mais je ne le nie pas Le fait qu'il ait été fait Usage d'une grenade assourdissante Ensuite
Quand
il y
a
des troubles À l'ordre public Benjamin Duhamel Quand vous avez des dégradations Quand vous avez des professeurs Qui sont menacés Quand vous avez des risques D'intrusion On ne peut pas concevoir Autre chose Qu'une intervention de police
Ou
de gendarmerie Selon la zone de compétence Pour établir l'ordre public On ne peut pas concevoir N'attendez pas Du ministre de l'intérieur Qui vous dise autre chose Et c'est en ce sens Que je dis Que j'assume de dire Que quand il y a des troubles Il doit y avoir intervention En revanche En revanche Et j'insiste là-dessus évidemment Cette intervention Elle s'effectue Dans la plus grande proportionnalité C'est la règle C'est le cadre légal L'usage des armes intermédiaires Par les forces de l'ordre Laurent Nunez
Et la proportionnalité D
'une action Pardon La proportionnalité D'une action Ne se juge pas
Ne
se juge pas Au regard de ses conséquences C'est le contexte De son déclenchement Qui doit être pris en compte Toujours Toujours Il est normal Qu'il y
ait
10 enquêtes ouvertes
De l'UGBN Il est normal Qu'il y ait des
blessures C
'est pas ce que je suis en train De vous dire Qu'il y ait des blessures
graves Ça n'est pas normal Evidemment ce sont des drames Mais qui se provoquent Dans des contextes Qu'on n'a pas le droit D'ignorer On n
'a
pas le droit De rappeler ces contextes Et il y a effectivement 10 enquêtes IGPN Qui sont ouvertes Je le rappelle Sur plus de 6000 interpellations Avec 715 fonctionnaires De police ou militaires De la gendarmerie Qui ont été blessés Il y
a
effectivement 10 enquêtes IGPN C'est toujours de trop Ces enquêtes diront Si l'intervention policière Était proportionnée ou pas Mais Laurent Nunez Moi je m
'en remets Justement moi je
voudrais Revenir sur le mot Que vous venez d'utiliser Vous venez de dire Les consignes Et le maintien de l'ordre C'est proportionné C'est le mot que vous venez Dans
l
'intervention
Dans
l'intervention Quand on voit Un jeune de 16 ans Qui à Tours Perd l'usage de son oeil A cause d'un tir de LBD Quand on voit A Saint-Ouen-Lomone Un garçon de 14 ans Qui voit sa mâchoire fracturée Après un tir De lanceur de grenade Quand on voit A Argenteuil On en a parlé dans le journal De 8 heures Un lycéen de 16 ans Qui est gravement blessé à l'oeil Est-ce que L'objectivité D'un ministre de l'Intérieur N'est pas de dire Ce qu'on constate Avec ces 10 enquêtes De l'IGPN qui sont ouvertes C'est qu'il y a manifestement Une disproportion Dans le recours A ces armes Et dans la doctrine Du maintien de l'ordre Pour que ces lycéens Soient blessés De cette manière là
Quand
on bascule Dans les scènes Dans lesquelles nous avons basculé
Où
vous avez Des individus Qui de manière cagoulée Commettent des dégradations Extrêmement graves Moi je ne parle pas Plus de doctrine De maintien de l'ordre Nous sommes sur ce qu'on appelle Et j'utilise à dessein le mot Des violences urbaines On bascule dans la violence urbaine Des individus cagoulés Qui commettent des violences Et autres Il est normal Que les forces de sécurité intérieure Interviennent Même
quand il y a des lycéens Au milieu Quand
vous avez des lycéens Quand vous avez
des lycéens Quand
vous avez des manifestants Evidemment Quand ce sont des lycéens Les interventions Des forces de sécurité intérieure Sont faites de manière Encore plus proportionnée Avec encore plus de tact Mais quand vous avez Des individus cagoulés Qui commettent des dégradations Qui rentrent dans des établissements Qui s'en prennent à des professeurs Mais
est-il normal Pardon le remise Est-il normal Que des
lycéens Se retrouvent blessés à vie Parce qu'ils ont participé A ce type d'attroutement Est-ce que c'est normal
Ça
n'est pas normal Mais on ne peut pas participer A un attroutement Au sein duquel Sont commises des violences Ça devient un attroutement Ça devient délictuel Et les forces de sécurité intérieure Doivent maintenir l'ordre Et nous veillons A ce que l'action soit proportionnée Et dans la quasi-totalité des cas Cette intervention est proportionnée Je vous rappelle On a dépassé les 6 000 Sans interpellation Il y a eu énormément d'interventions Et les choses se passent Sans dégâts majeurs Il y
a
eu ces 10 affaires Que je regrette Que je déplore Pour lesquelles
j'ai pas négé Juste un mot Sur ces
lycéens Vous avez appelé la famille Les parents Au titre
de votre
responsabilité Comme premier flic de France Je
ne vais pas
présenter Les excuses Il y
a
des enquêtes judiciaires en cours On verra si les responsabilités Sont établies ou pas En revanche Benjamin Duobel Je peux vous assurer J'adresse un message de soutien A l'ensemble des forces Des membres de forces de sécurité intérieure Qui sont blessés 715 depuis le début Pour ce qu'il y
ait
des familles Il y a des enquêtes judiciaires en cours Je n'ai pas à m'en mêler Encore une fois Je regrette ces drames Je les regrette Dans le cas d'espèce Un qui perd son oeil Un autre qui risque de le perdre Ça existe Ça existe Je vous le redis C'est un drame Je vous dis c'est un drame Mais il ne faut pas attendre de moi Que je dise aujourd'hui Les forces de sécurité intérieure N'interviendront pas Quand il y a des incidents Des violences Des professeurs Ou du chef d'établissement Édouard Jeffrey a donné Le nombre de blessés Parmi les élèves Vous savez que les élèves blessés La plupart d'entre eux La très grande majorité d'entre eux Ne sont pas blessés Il ne
faut
pas que vos auditeurs Se méprennent Ils
sont blessés Par des
casseurs
Par des casseurs
Parce qu'ils essaient D'escalader
Et ils tombent Voilà Ça
paraît important On
a
un lycéen Au standard de France Inter On l'accueille Bonjour Caris Bienvenue
Oui
Caïs Bonjour Je suis élève En terminale générale Où ils se sont expérés À Créteil Et mon lycée Est certainement mobilisé Pour un manque de personnel Alors j'ai une question Tout d'abord Monsieur le ministre Les images des violences Subies par des lycéens Sur des personnes de mobilisation Sont une gravité inédite Un élève qui perd un meilleur tour Un adolescent de 15 ans Qui a la main arrachée Et ce ne sont que Malheureusement Des exemples parmi les tendances Alors c
'est
donc clair Aucune violence Est acceptable Il ne cautionne aucun Débordement Mais se focaliser uniquement Sur l'intention Débordement des mobilisations Et de refuser De voir les causes Pour fond du problème Et en répondant C'est détresse Par l'enregistrement Brutale L'Etat N'a fait qu'alimenter Des tensions Alors on met sur le ministre
Ma
question est la suivante
La
répression policière Sans retenue Est-elle désormais La seule réponse Que votre gouvernement S'est apportée Au désarroi De revendications légitimes De la jeunesse
Alors réponse
Non
non
non Caïs Non c
'est pas la seule réponse D'abord Créteil Saint-Exupéry C'est là que démarre le mouvement Oui C'est là que démarre le mouvement Avec une grève d'enseignants Au départ Enfin du personnel éducatif Et le ministre de l'éducation nationale A répondu Il l'a dit hier Depuis Les problèmes Qui avaient été réglés Donc moi Caïs Je ne parlerai pas De répression policière C'est-à
-dire
Quand il y
a
des rassemblements De lycéens Devant les établissements Et que le chose se passe bien Il n'y a pas d'intervention En revanche En revanche Il y
a
eu des prises à partie Extrêmement violentes Soit des forces de l'ordre Soit des enseignants Soit des tentatives de dégradation Et c'est ça qui justifie L'intervention policière On ne
peut
pas parler De répression
Non mais L'impression ça laisse à
penser C'est pour ça Je le dis pour Caïs L'impression ça laisse à penser Que finalement Une manifestation Serait On y mettrait forcément un terme Par l'intervention Des forces
de sécurité intérieure
Non Alors après La réponse Non je réponds très clairement A sa question Le ministre de l'éducation nationale A fait des annonces Le premier ministre A saisi un certain nombre De membres du gouvernement De cinq chantiers Absolument Et très probablement Que lorsque les cours Reprendront Il y aura des discussions Des espaces de dialogue Qui vont s'ouvrir Au sein
du juge Et ça c'est une
réponse A la revendication des lycéens
Et
pour que les choses Soit très claires ici On fait bien sûr La distinction Entre ceux qui commettent Des violences Entre les violences subies Par les forces de l'ordre Et elles sont nombreuses Vous l'avez dit Et ce qui relève De votre responsabilité C'est pour ça Laurent Nunez Qu'il y a deux questions Qui se posent Il y
a
les questions Sur les armes Que vos troupes utilisent Et la question Des consignes que vous donnez D'abord sur la question Des armes Est-ce que Ce qu'on appelle Les armes sublétales C'est-à-dire Notamment les lanceurs De balles de défense Et également les grenades De désencerclement Ou les grenades assourdissantes Est-il normal Quand il y a Des troubles à l'ordre public Devant des lycées Avec donc des lycéens D'utiliser ces armes Qui peuvent aboutir A ce type de blessure Très grave Là encore Une main arrachée Perdre des oeils Est-ce qu'il n'y aurait pas Une forme peut-être De responsabilité de votre part De dire Compte tenu des publics Auxquels on fait face Des lycéens On n'utilisera pas ces armes
D
'abord Je vais inverser l'ordre De vos questions Si vous
permettez
Si vous permettez Non si quand même C'est important Les consignes Elles sont simples Les consignes Ce sont des consignes D'intervention Quand il y
a
des troubles À l'ordre public
Moi
je ne demanderai jamais A des forces de sécurité intérieure De ne pas intervenir Quand
il y a des troubles à l'ordre public Non mais alors Si vous
voulez parler des consignes L'orgnulès On va vous citer Sur TF1 vendredi soir Vous disiez Aucune consigne de retenue Et ça vous comprenez Que ça a pu choquer Parce
que Quand on parle de
lycéen Ça veut
dire Que vous ne dites pas Aux forces de
l'ordre Ils ne
font
pas de retenue Non L'intervention Puisqu'il y
a
une grande proportionnalité Et ça ce sont les consignes Que je donne Mais qui sont les consignes Que l'on donne tout le temps Mais
comment Attendez Comment
se fait-il Qu'on assiste À ce genre de scène Qu'on soit dans cette situation Alors que Des mouvements de jeunesse Il y en a déjà eu Des casseurs Ce n
'est
pas non plus nouveau Quand on compare avec 2006 Le CPE On n'est pas du tout Dans la même configuration Qu'aujourd'hui En termes de De maintien de l'ordre En l
'occurrence
Pardon mais Il y a eu d'autres mouvements Par le passé On a eu aussi Des scènes de violence Et il y a eu toujours Des interventions de police Non mais
ne serait-ce Qu'en termes d'interpellation Y
compris pour les lycéens Vous savez On n'en est pas à notre premier Enfin moi j'ai malheureusement
Enfin
malheureusement J'ai eu Ou fort heureusement
J'ai un peu d'expérience De ces mouvements Pourquoi cette
fois Ça a l'air de déborder Parce
que vous avez
Pour la première fois Je répondais après Sur les armes interne
C'est
important J'ai lu pas la question Mais je voulais préciser La doctrine D'abord Le mouvement lycéen
Un
mouvement lycéen De cette intensité Non pas en termes De nombre d'établissements bloqués Même s'ils sont nombreux A avoir été Un moment ou un autre Concernés par une action De cette intensité Nous n'avions jamais connue Et je vous parle d'expérience C'est à dire que La violence que l'on rencontre Notamment à destination Des enseignants Des forces de sécurité intérieure Qui sont systématiques Ou en prise à partie C'est inédit Que les choses soient dites C'est inédit Sur les précédents mouvements lycéens Un mouvement lycéen C'était quoi ?
C'était un blocage Un blocage le matin Les policiers Qui allaient discuter D'abord en lien Avec le chef d'établissement Il y avait parfois Des interventions Puis il
y
avait des déblocages Et les choses se passaient bien Là c'est totalement inédit Il y a énormément de prise à partie De violences Oui il
y a
une dimension inédite Donc
ça c'est pour le constat
Et alors simplement Avant l'armement Pour être très clair Sur les consignes Que vous donnez notamment Aujourd'hui à vos troupes Est-ce que vous dites à vos troupes Faites preuve de retenue Devant les lycées
?
Mais qu'appelez-vous la retenue ? La retenue c'est dans l'intervention C'est à dire
Quand
il y a des Imaginez vous êtes devant un lycée Vous avez des lycéens Ou des manifestants Parce qu'il
y a
des personnes Qui s'agrègent On l'a documenté Parfois même des adultes Qui s'en prennent à des bus Qui circulent sur l'espace public Qui s'en prennent à des véhicules Qui essaient de pénétrer de force Dans le lycée Qui commettent des dégradations
Il
n
'y a
pas de retenue Il y a une intervention Des forces de l'ordre C'est ce que je veux dire Par contre Dans la façon Dont on intervient Il y
a
toujours ce principe De proportionnalité Sur l'armement intermédiaire A partir du moment Où vous basculez Vous n'êtes plus dans le maintien de l'ordre Quand vous basculez en violence urbaine Vous n'êtes plus Dans ce qu'on appelle Le maintien de l'ordre Il y
a
une confusion Qui est volontairement Positionnée dans le débat Par un certain nombre De sociologues De pseudo spécialistes De ces sujets là Mais quand vous tombez Dans la violence urbaine Vous n'êtes plus En maintien de l'ordre Et il est normal Que policiers et gendarmes Puissent disposer De l'ensemble De la palette Des armes intermédiaires Qui sont à leur disposition Mais qu'ils utilisent Dans un cadre légal
Et régulièrement Par exemple
Laurent Nunez Et on a pu lire Que y compris au sein du gouvernement Il y avait des débats Sur le recours AOLBD Aux lanceurs de balles de défense Quand on vous dit Vous pourriez ne pas Les utiliser Pour les policiers Et les gendarmes Ça vous dit Non les LBD C'est une arme légitime Moi je n
'ai
pas connaissance De ces débats Au sein du gouvernement C'est le ministre de l'intérieur Et sous l'autorité Du premier ministre Du président de la république Qui est responsable De l'ordre public Jusqu'à preuve du contraire Et dans les conditions De prise à partie Extrêmement violente
Il
peut être fait usage Effectivement De toutes les armes intermédiaires Dans les conditions De prise à partie Extrêmement violente Et avec un usage proportionné Dont il est systématiquement Rendu compte Chaque fois
Qu
'un militaire De la gendarmerie Ou un policier Fait usage d'une arme intermédiaire Il rend compte Il fait un rapport Il explique dans quelles conditions Voilà Donc je Voilà Moi j'ai toute confiance Dans les forces de sécurité intérieure Et il y a effectivement Une dizaine d'enquêtes De l'IGPN Dans un contexte D'extrême tension Extrême tension
Vous
savez l'argument Qui vous est opposé Notamment par la France insoumise C'est que Quand il s'agit Des agriculteurs Par exemple En janvier 2024 Votre prédécesseur Gérald Darmanin disait Il y
a
des coups de sang légitimes On ne répond pas A la souffrance En envoyant les CRS Qu'est-ce que vous dites A ceux qui y verraient Un deux poids de mesure Mais il n
'y
a pas Il n
'y a
pas deux poids de mesure Quand il y a des dégradations Voilà Quand il y
a
des dégradations Des violences Il n
'y a
pas deux poids de mesure D'abord coup de sang Gérald Darmanin a dit coup de sang Un coup de sang Ça peut être un coup de colère aussi C'est pas forcément De tout dégrader De rentrer dans des établissements
Les agriculteurs
Qui rentraient dans les préfectures Et
qui pour certains
Commettaient des violences On intervient On intervient Je crois que Lors du dernier mouvement Certaines organisations syndicales N'ont pas forcément été tendres Avec le ministre de l'Intérieur Que je suis Bon voilà Donc on intervient systématiquement Voilà Il n
'y a
pas deux poids Deux mesures Et je pense que La France insoumise Tient un discours vis-à-vis des jeunes Qui n'est pas responsable Qui laisse à penser Et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon l'a dit Très clairement Qui laisse à penser Finalement Que la police S'en prend à ces jeunes Parce qu'ils sont issus des quartiers Parce qu'ils sont J'ouvre les guillemets Racisés Il entretient Cette espèce de légende D'une partie de la population Qu'on tient à l'écart De la République française Et c'est pas du tout ça Les policiers Les gendarmes Qui vont se déployer ce matin Aux abords des lycées Ils sont d'abord Et
c
'est leur première mission Sur le terrain Pour protéger les
lycées D
'abord pour les protéger Des individus violents Qui risquent de les blesser Et qui risquent de se reprendre A leur outil L'outil
dans lequel
Ils apprennent Les règles qui font Qu'on vit tous ensemble Les règles de la République Vous citez Laurent Nunez Jean-Luc Mélenchon Qui hier a appelé une nouvelle fois Élus et militants Je cite S'interposer partout Face aux violences Et aux provocations policières Sans retenues Cet appel comme ça A l'interposition
Comment est-ce que vous L'interposition
D'abord l'interposition Ça veut dire qu'on s'oppose A une action de police Bon c'est interdit Dans notre pays On ne peut pas appeler A commettre une infraction Ce que dit monsieur Mélenchon Est très grave La police ne réprime pas Les mouvements Elle intervient quand il y
a
des troubles Et ça veut dire Qu'il incite finalement Les gens A s'opposer à les actions de police Et donc A cesser de mettre un terme A un trouble à l'ordre public C'est ça Ce sont des appels Qui sont je trouve Extrêmement graves Et qui ne sont pas dignes À un responsable politique
Est
-ce que vous diriez Aujourd'hui Laurent Nunez Que la situation est sous contrôle Ou est-ce qu'elle vous échappe Mais qu'est-ce que ça veut dire La situation est sous contrôle La situation est sous contrôle Il y a des mouvements Qui se déroulent Il
y
a des troubles à l'ordre public Et il
y a
des interventions de police Et on évite des dégradations Et des exactions graves Malheureusement Il y a des dégradations Et il y a des exactions graves
Aujourd
'hui Sur l'ensemble du territoire national On mobilise énormément De policiers et de gendarmes Pour maintenir l'ordre Mais c'est pas parce que
Je
sais que sur certains bancs Notamment dans l'opposition De l'autre côté Que celle de Jean-Luc Mélenchon Une poubelle qui brûle Une voiture qui brûle C'est forcément le chaos Évidemment Je le condamne Évidemment C'est forcément le chaos Mais quand vous avez Des émeutiers Quand vous avez des dégradations Qui sont commises Il y a des interventions de police C'est pas pour ça Qu'on a perdu le contrôle Perdre le contrôle C'est si jamais Vous aviez des hordes De personnes Qui défilaient dans les centres-villes Qui pillaient les magasins Qui commettaient des exactions Chaque fois qu'il y
a
Des commencements d'action Il y a des interventions de police Et on y met un terme Très rapidement Vous savez Hier il y
a
eu énormément De déambulations sauvages Dans les centres-villes Ça s'est produit à Paris Ça s'est produit dans certaines Grandes villes Il y a eu systématiquement Des interventions de police Pour y mettre un terme Et mettre un terme au pillage Et c'est ça Maintenir l'ordre public Et donc de ce point de vue Oui la situation Évidemment elle est sous contrôle Mais ça ne
veut
pas dire Qu'il n
'y a
pas d'exaction Malheureusement D'un mot Laurent Nunez Pour terminer Certains espèrent Y compris parmi vos oppositions Qu'il y
ait
une convergence Des colères Les agriculteurs Un appel le 17 octobre Avec l'espoir pour certains De voir le retour des gilets jaunes D'ores et déjà le 5 novembre L'intersyndicale Qui appelle à manifester Sur les sujets économiques et sociaux Est-ce que ça vous redoutez Une sorte de convergence Des colères et des inquiétudes
? Il
y a deux choses Dans ce que vous dites Benjamin Duhamel Il peut y avoir Des revendications légitimes Des mouvements Qui se traduisent Par des manifestations De voies publiques Déclarées On en a connu par le passé On en a connu par le passé Il y
a
eu des mouvements sociaux Des contestations
Moi
je n
'ai
pas de crainte Par rapport à ça Nous on est là Pour encadrer Pour permettre à la liberté D'expression Et de manifestation De s'exprimer
On
verra On verra cet après-midi Dans les inter-syndicales Si les organisations syndicales Sont capables De contenir des black blocs Si on évite Des groupes à risque Qui pourraient s'introduire Dans les cortèges C'est ça qu'on redoute C'est ça que le ministre De l'intérieur redoute Ça
vous redoutez Qu'il y ait de l'infiltration De black blocs
Bien
sûr
Mais comme à chaque Manifestation de voie publique Maintenant dès lors Qu'elle a une certaine ampleur Vous avez des groupes Ultra-gauches Et justement J'en terminerai par là Puisque vous me disiez Justement c'est dans ces cas là Que les forces de sécurité Intérieure interviennent Pour mettre un terme Et interpeller Empêcher de nuire Les casseurs Ou les black blocs Empêcher de nuire Et permettre finalement Aux cortèges syndicaux D'aller à leur terme Et ça n'oubliez pas Que l'action principale Des forces de sécurité Intérieure C'est de permettre A la liberté de manifester A la liberté d'expression De trouver à s'exprimer Et c'est grâce à eux Et c'est grâce à elles Que c'est possible Merci Laurent Nunez D'être venu micro De France Inter ce matin On va évidemment continuer A parler de ces mobilisations Lycéennes Tout au long de la journée Sur France Inter Et dans le téléphone sonne De Fabienne Sintès Ce soir