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interviewSénat (sur YouTube)· 25 février 2026 121 min

Violences faites aux femmes : paroles d’hommes engagés

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je vais vous inviter à prendre place et nous allons pouvoir voir démarrer. Mesdames les rapporteurs, chers collègues, chers invités, mesdames, messieurs, nous avons le plaisir de recevoir cet après-midi dans le cadre de nos travaux sur la montée des mouvements et réseaux masculinistes, quatre personnalités engagées dans la lutte contre le sexisme et la montée des discours masculinistes en France et plus largement contre toute forme de violence faites aux femmes. Je souhaite la bienvenue à Bruno Solo, réalisateur, producteur, comédien.

Thomas Piette, romancier et auteur jeunesse. Gill Lazimi à ses côtés, médecin et membre du haut conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes et Pierre Yveg Ginet, journaliste, consultant égalité mixité pour des entreprises et administrations et également membre du HCE. Je vous remercie tous les quatre pour votre présence parmi nous aujourd'hui.

Dans un contexte où la diffusion des discours masculinistes et hostile au droits des femmes trouve de nouveaux relais notamment en ligne, votre parole contribue à rappeler qu'une autre voix masculine existe. Une voix qui refuse la banalisation des violences, qui refuse l'indifférence et qui choisit la responsabilité. Votre engagement témoigne d'une conviction essentielle.

La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut être menée sans l'implication active des hommes et sans une prise de conscience du rôle essentiel des hommes dans ce combat. C'est notamment le sens de la tribune publiée par Renu Fam France le 25 novembre dernier intitulé "Le silence des hommes doit cesser." Je précise que des représentantes et représentants d'Onu femme France sont parmi nous cet après-midi à l'invitation de notre délégation.

Parmi les signataires de cette tribune figure notamment Bruno Solo qui est à nos côtés. Votre engagement sincère et ancien illustre concrètement la mobilisation d'hommes qui refusent la banalisation des violences sexistes et des discours de domination. En signant l'appel, invitant les hommes à rompre le silence et en prenant publiquement position, vous rappelez que la lutte contre ces violences exige une implication masculine, claire et volontaire.

Car la tribune onue femme part d'un constat implacable. Une femme sur trois subie au cours de sa vie des violences commise dans plus de 90 % des cas par des hommes. Dans 97 % des cas de viol et 96 % des agressions sexuelles, les auteurs sont des hommes.

Elle appelle donc les hommes à sortir du silence face aux violences faites aux femmes en rappelant qu'elles sont majoritairement commises par des hommes ordinaires et nourris par un climat de banalisation de propos sexistes et misogynes. Elle rappelle également l'urgence d'agir dans un contexte de diffusion des discours masculinistes et de cyberviolence croissante. Face à cette réalité, les formes d'engagement peuvent être multiples.

L'une d'entre elles dont nous avons bien besoin est l'utilisation de l'humour. Thomas Piette, votre engagement s'inscrit dans cette mobilisation d'hommes qui conteste les discours de domination. Par vos vidéos et vos interventions, vous tournez en dérision les stéréotypes de virilité et mettez en lumière l'absurdité du sexisme, y compris et peut-être surtout dans ses formes les plus radicales.

En faisant rire, tout en faisant réfléchir, vous contribuez à déconstruire ces représentations et à porter un contrediscours mobilisateur face aux rhthoriques masculinistes. Le professeur Gilles Lazimi et le journaliste et consultant Pierre Ginet, tous deux membres du Haut Conseil à l'égalité, mais surtout des alliés infatigable et de longue date de la cause féministe pourront nous faire part de leur constat sur la situation actuelle, son évolution, mais aussi sur les leviers permettant d'encourager davantage d'hommes à s'engager dans ce travail nécessaire de prise de conscience. En croisant vos regards de comédiens, romanciers, journalistes, consultants et médecins, cette audition nous permettra non seulement de mieux comprendre comment les discours sexistes et désormais masculinistes se diffusent et s'encrent, mais aussi d'interroger les responsabilités collectives qu'elles impliquent, notamment celles des plateformes numériques, et d'esquisser des pistes de réponses afin d'ouvrir, nous l'espérons, des perspectives plus optimistes.

Avant de vous laisser la parole, je précise que cette audition fait l'objet d'une captation audiovisuelle en vue de sa retransmission en direct sur le site et les réseaux sociaux du Sénat. Sans plus tarder, je vais laisser dans un premier temps la parole à Gill Lazimi, médecin et membre du HCE. À vous, monsieur.

Merci. Merci beaucoup de votre invitation. Je suis honoré d'être auditionné par la délégation droit des femmes qui produit non seulement d'excellents rapports mais qui nous permet de faire avancer la loi et notre société.

Je vais commencer par des évidences bonnes à rappeler. On est le produit de notre éducation et le produit de la société. On ne pas homme, on le devient.

On est faé par notre environnement, par la société, la culture, notre histoire, les relations sociales par nos places dans cette société. Je rappelle donc je suis médecin généraliste, j'ai la chance d'être enseignant, j'ai beaucoup de d'affiliations militantes. Je suis membre des SOSM 93 du collectif féminisme contre le viol de Stop VO qui est une une association qui s'occupe des violences éducatives ordinaires et bien entendu de NU femme France et membre du HCE.

Je suis médecin depuis plus de 40 ans et de depuis plus de 36 ans en SIN en centre de santé. J'ai partagé mes fonctions entre le soin et la prévention sur la commune de Romainville. Très c'était très important pour moi et d'être un observateur non seulement dans le cabinet médical mais aussi à l'extérieur dans la ville et de mener des actions de prévention.

Pendant de nombreuses années, j'ai rarement vu des femmes victimes de violence et les rares que je voyais, ça se passait toujours très mal. Ça se passait mal parce que elles étaient soit agressives, soit mutique. Euh puis surtout elle n'écoutait pas, elle ne faisait pas ce que je pensais qu'il était bon qu'elle fasse.

Je pensais savoir, en fait, je comprenais rien du tout. Et cela s'expliquait en particulier, en partie parce que on ne m'avait absolument pas appris ce qu'était les violences et puis le fait que j'étais un garçon, ben c'était difficile de me représenter ce que pouvait être la vie d'une femme et encore plus l'impact des violences sur leur santé. Pendant mes années d'étude, si je résume l'enseignement de la santé des femmes, on pourrait la résumer à la médecine gynécologique dit médecine bikini concernant l'appareil génital féminin et la grossesse.

La femme est considérée en médecine, du moins était considérée en médecine il y a encore pas si longtemps he comme un homme comme les autres. pas d'étude sur les hommes, pour les femmes. Bon, je vous je vous renvoie au rapport du HCE ou plusieurs rapports du HCE ou alors comme hystérique, coresponsable des violences qu'elle subissait, supposé menteuse, une personne dangereuse surtout si elle vient demander un certificat.

Et euh attention, c'est ce que va me dire un conseiller ordinal il y a plus de 36 ans quand je me suis installé en Sain Saint-Ni, pensant bien faire, il m'a dit "Attention à toutes ces femmes qui vous demanderont un certificat pour faire plonger leurs époux. hein. Donc bien évidemment, c'est pas des victimes, ce sont des manipulatrices.

La deuxième phrase, deuxième conseil qu'il m'a donné, c'était concernant les les patients toxicomanes en me disant attention, ce sont des menteurs et des pass, pas des personnes qui souffrent. Bon, j'ai découvert au sein de ma patientelle un grand nombre de patientes victimes de violence dans l'incapacité de parler des violences qu'elle subissait et qui présentait un grand nombre de pathologies médicales et psychologiques qui étaient des véritables tableaux écran. C'estàdire que pendant très longtemps, j'ai suivi des patientes que je ne comprenais pas, pour lesquelles je n'arrivais pas à obtenir le la sédation, leur guérison.

Et derrière toutes ces pathologies, le jour où j'ai enfin posé la question des violences, j'ai eu une réponse pour ces patientesl quand il n'y avait pas d'autres cause organique bien évidemment. Et c'est comme ça qu'en 2004, je réalise une première étude où je vais poser la question de façon systématique à toutes mes patientes et je vais avoir un tiers de patiente qui va me répondre avoir été victime de violence physique au cours de sa vie, plus de la moitié de violence verbale et psychologique et une sur 5 près de 20 % qui vont me qui va me révéler qu'elles ont été victimes de violence sexuelle dont 12 % incesse. Donc c'est vraiment important.

C'est comme ça que je vais réaliser que près d'un plus d'un tiers de mes patientes ont vécu des violences sexistes et sexuelles au cours de leur vie et que ça impacte gravement leur santé, leurs relations, leur travail. J'ai découvert au contact des associations à grâce à Emmanuel Piette, Marie-France Caséis et donc vous connaissez Brigitte Brou la vie des femmes victimes de violence, l'impact, l'emprise, les violences physiques, sexuelles et verbales et psychologiques. Avec Gérard Lopez et Emmanuel Salmona, le psychotraumatisme et ces mécanismes, j'ai découvert comment nous sommes modelés pour ne pas voir, pour ne pas comprendre, pour ne pas réaliser, surtout pour ne pas être empathique avec les victimes de violence.

Euh et là, [rires] on peut faire un catalogue, hein, reparler des comptes, des manuels scolaires, des proverbes sur les femmes, sur les violences. Je je repense à une étude que j'avais dirigée sur euh sur l'avortement auprès de médecins réalisant des avortements. Donc, vous pouvez dire que c'était des médecins motivés, euh féministes, volontaires.

Et et ben dans cette étude qualitative sur plus de 30 médecins, même ces médecins qui faisaient des avortements avaient des des préjugés sexistes sur ces femmes qui demandaient des avortements. C'est pour vous dire que c'est c'est c'est cette ancré. Donc sur l'éducation des garçons et des filles bien évidemment sur les jeux, les cours d'école, je pense que vous avez dû à mon avis lors de vos sciences avoir énormément de de rapport sur la liberté de donner aux garçons et pas aux filles.

Je vais pas reprendre l'étude d'Ubertinocler sur les livres he où 90 % sont des auteurs et sur les personnages principaux sont des hommes et sur le rôle assigné au femmes et sur le rôle assigné au au garçons. Mais en tous les cas, ces schémas de pensée, ils sont activés inconsciemment. Ils sont ancrés et il faut les déconstruire.

Alors, je le dis, je suis féminine, je suis pour l'égalité du droit de femmes et des hommes depuis de plusieurs décennies. Ben malgré tout, quand je regarde derrière moi, je n'ai quand même pas élevé mes enfants de la même façon. Je n'ai pas élevé mes filles et mes mon garçon de la même façon.

Donc, c'est pour vous dire à quel point on est on baigne dans cette dans dans dans ce bain de préjugés et inconsciemment, on va reproduire. Donc il faut vraiment lutter là-dessus sur la sexualité, sur les religions. On peut pas ne pas penser aux religions et ne pas penser à l'impact qu' ont les religions sur notre éducation, comment elle nous formate et comment elle formate notre conduite.

Et puis faut quand même rappeler la famille, c'est quand même le premier lieu d'apprentissage du sexisme et des violences, c'est la famille. On éduque par l'exemple par des modèles et quand ces modèles sont de figures d'attachement, bah ça a un impact majeur. Le père, c'est quand même le premier modèle de masculineté et un garçon ou une fille va construire ses visions, hein, en fonction de l'exemple de son du père.

Donc, un enfant, il apprend le respect des femmes en voyant comment son père traite sa mère, sa sœur ou les femmes en général, la comment il la voit, partage-t-il les tâches ? parleet-il d'elle avec considération. Cet apprentissage, il est essentiel.

Je fais juste un aparté sur les violences éducatives ordinaires puisque je suis président de stop violence éducative ordinaire pour dire le lien majeur qu'il y a entre les violences faites aux enfants et les violences faites aux femmes au sein du foyer. Et puis pour dire et encore arrêtons de parler de violence faite aux femmes et parlons de violence masculine car on on sait très clairement que 96 % des hommes. Je veux aussi rappeler les mots la langue.

Donc ça c'est très important hein sur évidemment sur cette fameuse loi du masculin qui l'emporterait sur le féminin, sur cette invisibilisation du féminin, sur les formulations. Ces formulations que on a nous tous dit et que j'ai dit aussi. Par exemple, elle s'est fait violer.

Non, elle s'est pas fait violer. Elle a été violée. On on parle de femme battue.

Non, elle est victime de violences. Elle l'a cherché ? Non, euh elle n'est pas coresponsable. les insultes et les mots grossiers là aussi sur la féminisation, sur le lien avec le sexe des femmes, le féminin de certains noms de métier bien évidemment et ça dans le passé même si ça a changé, il faut quand même revenir sur le mot expert, sur le mot courtisan pour pour voir d'où on vient et même si on progresse progresse, on fait aussi quand même trois pas en avant, deux pas en arrière, surtout en ce moment avec les discours autoritaires.

L'accompagnement des victimes de violence m'a m'a beaucoup appris et m'a fait prendre conscience des difficultés de vie des des femmes lié aux violences. Ça m'a aidé à comprendre et à prendre conscience de ce qu'est la vie d'une femme. Et lors d'une campagne pour la mise en place du préservatif féminin, c'était en 97, c'était il y a longtemps, j'ai rencontré un un grand nombre de patientes et deux patientes céropositives qui m'ont raconté qu'elles avaient été contaminées parce qu'elles avaient été incapables d'imposer le préservatif, incapable de prendre soin d'elles.

Et le plus souvent et dans ces cas-là, en tous les cas, dans ces deux situations, c'était en lien avec des violences qu'elles avaient subis, une dans l'enfance et une dans la vie conjugale. Donc ne comprenant pas pourquoi ces ces femmes ne révèlent pas ces violences, c'est c'était important d'étudier un petit peu qu'est-ce qu'on fait pour que les femmes s'expriment sur la violence. Alors bien évidemment à la faculté rien puisqu'on nous a jamais appris à poser la question.

Donc depuis, on pose la question et on a fait un enseignement, on a modifié quatre questions d'internat pour former les médecins au concours de de l'internat et pour ensuite poser ces questions. Donc ça avance mais ce n'est pas suffisant. Et sur les campagnes de communication euh j'avais étudié en 2003 les affiches qui étaient présentées aux femmes victimes de violences.

Toutes les affiches s'étaient téléphonées avant qu'il soi trop tard avec un cercueil ou autre. Donc on disait aux femmes un vous êtes coresponsable, vous avez choisi le mauvais époux et puis vous êtes battu par lui et ensuite vous restez. Donc c'était impossible à penser.

Euh et donc on avait fait une première campagne avec Emmanuel Piette, Sylvienne Leclerc et Ernestine Reny. Cette campagne c'était des hommes euh sur les affiches avec des messages de prévention. Si je la force c'est un viol, tu ne lui parles pas comme ça.

Mal c'est pas faire mal. Il y avait six affiches. En 2004, ils étaient de dos les hommes parce qu'on avait trouvé aucun homme qui acceptait d'être en campagne.

En 2011 et 2013, ils étaient deux faces. C'est important cette campagne, elle a été révélatrice pour moi parce que avant je posais la question que quand il y avait un tableau clinique qui perdurait pour lesquels je n'arrivais pas à suivre une patiente et là je l'ai posé de façon systématique euh juste à partir de cette campagne le premier jour où j'ai mis les affiches dans mon cabinet deux patientes que je fais depuis 15 ans se sont mis en étaient en larme et quand je leur ai posé la question elles m'ont aussi révélé des violences et comme j'avais pas posé la question je n'avais pas de réponse. comme tou de jours, on a de réponses qu'aux questions qu'on pose.

Et donc là, je vais mettre en place cette campagne de systématisation de la question à à à poser aux femmes victimes de violence et bien évidemment, j'ai des réponses. Accompagner les femmes victimes de violence, ça a été une véritable révélation et un changement radical dans ma façon de prendre en charge les patientes, le la relation thérapeutique et puis c'est un c'est majeur parce que ça m'a enfin permis de comprendre à quel point l'impact de la vie, l'impact de notre histoire va impacter notre santé, nos relations, notre vie. Donc, il est important à chaque fois qu'on a une famille de violence avant tout de la croire, de la respecter, de l'écouter, de les comprendre, de leur expliquer la stratégie de l'agresseur, de les déculpabiliser, d'inverser la honte, de désigner les coupables, de rappeler la loi et de leur rendre leur statut victime.

Et là, en médecine, on nous disait "Attention, attention au certificat, attention à ce qu'elles vont vous demander. Vous êtes pas présent, vous ne savez pas, soyez neutre." Non, la neutralité c'est toujours être du côté de l'agresseur, toujours et en médecine et ailleurs.

Donc les écouter, ça c'est très important. déconstruire les a priori bien évidemment et les préjugés, penser les violences, être du côté des victimes. Car spontanément et c'est culturel, on se place que du côté de l'agresseur.

Je sais pas si en tous les cas dans tous les enseignements que moi j'ai eu pendant mon mon ma faculté, ça a toujours été ça. C'était penser et si vous vous trompez et si c'est systématiquement le si le pourcentage minuscule qui fait qu'à chaque fois hein c'est et et si vous punissiez un innocent, c'est assez dramatique. Donc regardez comme on s'épitoie sur ces pauvres agresseurs, sur ces violeurs et on va éuphémiser, parler d'amour, de passion, de de sexe alors que ce sont des violences.

À la suite de cette campagne, j'ai coordonné plusieurs campagnes télévisées avec la Fédération nationale Solidarité Femme, avec le le collectif contre le viol et vraiment il est important que les hommes s'impliquent car là aussi ne rien faire c'est laisser faire et la complicité passive, le silence ou l'indifférence c'est accepter et tolérer les violences. Et si les hommes ne disent rien, ils valident les comportements violents et les discriminations sexistes. Donc comment faire c silence intervenir en tant qu'homme auprès des autres hommes, sortir des stéréotypes sexistes paternalistes, lutter contre bien sûr les sexismes agressifs mais démonter le sexisme paterniste parce qu'il est là pour faire le lit des de l'autre sexisme agressif, se remettre en question, se former sur les mécanismes du sexisme et du consentement et des violences bien évidemment arrêter de confondre violence sexiste et viol.

Ça c'est vraiment très très important. Et et et la sexualité, pardon, c'est aussi accepter de regarder ses propres comportement et d'entendre les critiques. C'est refuser de rire à une blague sexiste.

C'est dire à un ami que son comportement est inapproprié. C'est questionner les stéréotype de la virilité. Agir au quotidien, c'est aussi prendre sa part.

Intervenir, c'est soutenir les collègues femmes si propose sexis. Soutenir et amplifier. Il s'agit pas de prendre la parole à la place mais d'utiliser la sienne et soutenir la leur et quand elles subissent des injustices dans l'espace public, il faut intervenir.

C'est jouer notre rôle. On a une part à jouer, même si elle vous semble petite, on a tous une part à jouer. Le silence des hommes doit cesser, c'est l'objet de l'appelu femme France auquel j'ai eu la chance de participer.

Je veux dire, on sait d'après déjà l'envers, ça fait quand même plus de 26 ans, une femme sur 10 est victime de violence conjugale. Ça veut dire qu'un homme sur 10 est violent. Selon l'étude de Lucile Péal Péavin et vous l'avez rappelé, 84 % des auteurs d'accent de la route mortel sont des hommes. 90 % condamnés par J sont des hommes. 86 % pour cause de mort sont des hommes. 97 % des auteurs de violence sexuelle sont des hommes.

Le coût de la vérilité masculine est estimé à 95 milliards d'euros par an. C'est quand même impensable qu'on ne puisse pas s'arrêter sur ce chiffre et dire bon où plaçons l'argent réellement ? 9/10è des hommes ne le sont pas.

Il faut qu'ils soient acteurs de prévention, qu'ils cessent de cautionner les agissements sexistes de leurs collègues, de leurs frères, de leur père, de leurs voisins. La plupart des hommes ne sont pas violents, mais alors une action permet aux violences de persister. Il ne s'agit pas de se sentir coupable d'être un homme mais de faire partie de la solution.

Et pour les hommes d'aujourd'hui, il faut changer, être un père, ça veut dire s'impliquer sur ce sujet. Il nous faut rompre la chaîne des violences. On a fait avec Stop VO un film qui s'appelle Refuser cet héritage, refuser l'héritage des violences.

On est tous pour une grande partie issue d'une société où les violences étaient pregnant dans la famille portée par les hommes. Il faut qu'on cesse de continuer. Donc on peut refuser cet héritage très clairement.

En conclusion, le rôle de tous les hommes est majeur. Celui du père est essentiel. Il modèle lesion humaine de nos enfants et en éduquant nos enfants à l'égalité, le respect, on construira un monde où nos fils seront ni agresseurs ni des spectateurs silencieux et les filles seront plus fortes, plus libres et moins victimes.

Il faut cesser le silence des hommes afin qu'ils soient enfin acteur de l'égalité entre les hommes et les femmes et de la lutte contre les violences masculines. Merci. [applaudissements] Merci beaucoup.

Donc nous regrouperons les questions à la fin. Je me tourne donc maintenant un jour, je me souviens un mariage, je devais avoir 8 10 ans, il y avait un un papi charmant, très drôle. qui dansait avec les jeunes filles pendant ce mariage.

C'était dans les Landes puisqu'on est issu de on vient de cette région les landes et le Pays-Basque et c'est un mariage très chaleureux, très chouette et tout d'un de mes cousins et ce papi qu'on ne connaissait pas mais qui était invité qui était habitant du village dansait de manière extrêmement drôle et sympathique avec des jeunes femmes, des jeunes filles. il devait avoir 80 piges bien tassé. Et on le regardait avec beaucoup de moi en tout cas je le regardais avec beaucoup de tendresse et je fais la remarque à mon père qui a à cette époque là une quarantaine d'années et je lui dis "Ah bah Yon, j'espère que quand tu auras son âge, tu seras toujours aussi vif, aussi marrant." Et il me dit "Oui, oui, moi je me le souhaite aussi d'être aussi alerte." Mais maintenant, il me dit "Regarde cet homme et imagine une dame de son âge à la place. une dame de son âge qui danse avec des jeunes hommes qui est là qui les tripote un peu, qui voilà mais tout ça n'est pas bien méchant.

Et bien tout le monde et c'est là où je trouve que mon père était d'une honnêteté intellectuelle absolue ben tout le monde beaucoup d'entre nous réagirions en disant mais qu'est-ce qu'elle fait cette cette vieille dame là ? Elle est pas vieille dame indigne quoi. Elle est pas un peu indigne de danser comme ça, de pincer les fesses et de faire des grands sourires à tous ces jeunes hommes ?

Et ben ce jour-là, ce jour très précisément, ça na pas impacté sur le coup, mais je me suis longtemps souvenu de cette phrase. Je me suis longtemps souvenu de l'honnêteté de mon père vis-à-vis effectivement de la position dominante des hommes, même sur des choses aussi frivoles, aussi légères, aussi désinvoltes que danser avec une jeune fille. Je suis pas en train d'accuser ce vieil homme d'avoir eu des pensées.

Peut-être je suis pas dans sa tête et puis je ne pas souvenir qu' qu'il avait agressé qui que ce soit. Mais quand même, il il s'est positionné mon père dans là-dedans. Et pourquoi je dis que j'ai eu de la chance ?

Parce que très longtemps et très vite, j'ai pris conscience effectivement que j'avais euh il était plus facile quand même d'être un homme dans nos sociétés que d'être une femme, que naître femme dans certains pays, c'est c'est être quasiment condamné à mort. C'est quasiment euh que il y a une guerre qui est menée par beaucoup d'hommes vis-à-vis des femmes. Une guerre qui me paraît à moi par rapport à l'éducation, à la culture, mais qui devrait paraître à chacun d'entre nous totalement surréaliste, totalement folle.

Pourquoi ne pas vivre dans la communauté humaine ensemble ? pas être au devant de ces combats sur la même ligne en tout cas, pas nécessairement devant, jamais en retrait en tout cas, mais sur la même ligne. Pourquoi ça ne vient pas à l'esprit de nos garçons ?

Pourquoi effectivement on s'inquiète plus lorsque nos et moi le premier, lorsque nos filles sortent le soir, j'ai un garçon de 26 ans et une fille de 21 ans. Quand ma fille sort effectivement le soir, je suis voilà pétri de d'inquiétude, légitime, de prudence. Fais gaffe quand tu rentres.

Fais gaffe quand au garçons que tu vas rencontrer, fais gaffe à ce qu'on pourrait mettre dans ton verre et des inquiétudes nécessaires et tout pour garder cette vigilance pour rester alerte. Mais pour autant euh je sais pas pour me m'exhorter de ça, mais me me lancer des fleurs, pardon, mais je l'ai toujours dit à mon fils aussi, toi aussi sois prudent. Toi aussi, fais gaffe à tes gestes.

Toi aussi, sois attentif à une fille, même si tu as bu un coup et qu'elle a peut-être bu un coup, que vous êtes en train de sortir euh le soir dans une boîte et qu'elle d'un moment tu aur la tentation de lui voler un bisou et si elle te dit non, sois attentif à ça. Je voudrais qu'on ait la même euh capacité de s'inquiéter légitimement de la sécurité de nos filles et qu'on ait la même capacité de s'inquiéter de l'attitude de nos fils. Et ça effectivement si on le fait systématiquement et en plus et en plus pardon je digresse un peu mais je pense que beaucoup d'hommes même des masculinistes, des misogines, des phalocrates convaincus, le premier réflexe qu'ils ont lorsqu'ils disent à leurs filles de sortir, c'est c'est c'est ça.

C'est dire "Fais gaffe, je connais les hommes, fais gaffe à eux, fais gaffe aux mains baladeuses et cetera." Je pense qu'en plus ils ont ce truclà, mais par contre ils ne penseront jamais à dire à leur fils, voilà, ils seront fiers de savoir que leur fils a une petite amie, une petite copine et cetera. Donc c'est pour ça à nouveau je reviens sur cette chance, cette chance que j'ai eu de grandir dans une famille où effectivement mon père était quasiment alors ma mère est évidemment très impliqué dans les mouvements féministes.

Je me souviens de ma maman en 73 allant à Bobini devant le devant le tribunal de Bobini au moment du procès effectivement mené par Giselle Alimi, un procès mené par une avocate voilà qui donnera la possibilité aux politiques ensuite de prendre des initiatives et de faire en sorte de de légaliser l'avortement. Voilà, ça a été au départ un mouvement sociétal, ça a été un mouvement humain, ça a été un mouvement porté par des femmes qui ont ensuite poussé Simon Veille, enfin pas poussé pardon, mais qui ont donné la capacité à Simon Veille de le proposer comme une loi à l'Assemblée nationale. Et je me souviens de de la joie de ma maman face à ce procès.

Je me souviens du soutien de mon père vis-àis tout cela. Je donc mon père était effectivement un homme féministe et euh et je suis fier et heureux d'être le fruit de cet héritage et de cette culture, de cette éducation. Et c'est vrai qu'aussi loin que mes souvenirs remontent, dès lors que je me suis engagé sur ces sujets au départ euh beaucoup et je le suis toujours avec la voix de l'enfant notamment et que je me suis intéressé au sort des enfants et notamment à l'inceste puisque 80 % des agressions commises sur les enfants le sont au sein de la cellule familiale ou de la cellule très proche.

Très très vite, même quasiment immédiatement, je me suis rendu compte que derrière chaque enfant qui souffre, il y a toujours aussi une femme. une femme qui a été battue, une femme qui l'a pas osé dire, une femme qui a été contrainte de ne pas pouvoir parler dans dans certains cas. Pourquoi ?

Parce que souvent c'est l'homme qui est le tenant de la de la situation financière de la famille et que certaines femmes se disent "Si jamais il est arrêté, si jamais il va prison, ben la famille va être éclatée, mes enfants vont être dispersés et moi je n'aurais plus de le moyen." Ça aussi c'était une violence faite aux femmes. Dans le divorce, on sait que c'est une une violence faite aux femmes aussi.

Je crois que il y a des chiffres qui sont alarmants. Je crois que euh sur un divorce qui est qui est prononcé, la plupart des hommes s'en sortiront sur le moyen ou long terme alors que la plupart des femmes, elles ne s'en sortent pas. Donc ça aussi dans la manière qu'on a de constituer notre société du fait de par exemple du code civil de Napoléon qui n'a pas inventé la misogénie mais qui l'a institutionnalisé, qui l'a codifié quelque part euh et bien il y a cette idée effectivement que l'homme est le maître de son foyer, le maître du domaine et que beaucoup d'hommes autour de moi, même je fais parfois de de si ce n'est de l'initiation mais en tout cas de l'éducation, je parle parle à des des gars, je leur dis vous rendez compte à quel point vous êtes impliqué pas de manière directe.

Je je ne traite pas la plupart des hommes que je croise d'agresseur, mais en tout cas une sorte ce que vous disiez Gill très juste titre une sorte de complicité par le silence et de et de quand même de constat de presque factuel de dire bah c'est comme ça, j'ai été éduqué comme ça, je vois pas pourquoi les choses changeraient, qu'est-ce que je pourrais faire. Ces hommes qui disent souvent donnez-nous les codes, expliquez-nous comment faire. Bah écouter tout simplement écouter la souffrance de celle qui encaisse les douleurs depuis toutes ces années et sachez être à l'écoute et je crois que en étant tout simplement à l'écoute enfin tout simplement en étant véritablement à l'écoute du problème des femmes, il n'y a pas de raison objective qu'on avance pas ensemble et qu'on ne trouve pas les solutions à à cette injustice monstrueuse qui est de ne pas vivre sur la même ligne en harmonie les femmes. et les hommes, ça me paraît tellement évident et et c'est vrai que les choses bougent les choses bougent même dans l'art.

Je vois regarder. Bon, vous avez tous vu cette série enfin beaucoup d'entre vous ont vu cette série adolescence par exemple. Cet enfant là, il est pas c'est pas un idéologue, je pense.

Par contre, les masculinistes qui sont derrière ces enfants qui tout d'un coup ont ces réactions là, eux sont des idéologues. Eux, ils ont une vraiment une volonté d'écraser l'idée même d'être une femme et de effectivement de justifier la culture du viol, le patriarcat tout-puissant et cetera. Eux, c'est des idéologues.

Mais les enfants parfois qui sont victimes de ça, ils le sont pas. Il pense juste que si j'en suis là, c'est à cause des femmes qui ne veulent pas de moi. Enfin, on les appelle les inselles, je crois.

Euh voilà. Donc c'est cela. On peut encore tout à fait les ramener à nous sur les idéologues quel qu'ils soit dans quelque domaine que ce soit de notre société.

J'ai envie de dire une fois qu'on les aura isolé, une fois qu'on aura démonté leurs arguments un par un et c'est souvent très facile d'ailleurs de les démonter. Moi, je me suis retrouvé dans des situations où j'ai parlé à des jeunes enfants qui me disaient "Ah bon ben je croyais ah ben j'étais persuadé que donc on pourra on pourra on une fois qu'on les aura isolé [rires] on pourra s'en sortir." Mais la le poison qu'il disent effectivement au quotidien, on le voit bien dans la série adolescence, on le voit aussi dans une série remarquable sur Rarteté qui est passé l'année dernière qui s'appelait Ker où on voyait effectivement une femme dans un milieu social très favorisé dans un milieu bourgeois. cette femme qui vivait avec un homme qui tous les vendredis lui samedi lui imposait le devoir le fameux devoir conjugal si tentez que ça veut dire quelque chose en tout cas lui imposer de faire l'amour avec elle et qu'elle ne et qu'au bout d'un moment elle ne le refusait et elle venait je dis dans une famille très comment dire très favorisée et elle porte plainte et au fur et à mesure des quatre épisodes du film on voit évidemment ses enfants les enfants de cette femme qui lui enveilleent qui dit mais enfin comment tu peux détruire comme ça notre famille.

Jamais je n'ai entendu je t'ai entendu te plaindre. Je n'ais jamais papa n'a été violent avec toi. Parce qu'effectivement, il ne la frappé pas.

Mais quand elle refusait le devoir conjugal, en revanche avec des choses beaucoup plus pernicieuses, il lui coupait les vivres, il ne lui parlait plus pendant un moment, il était agressif avec elle, avec les enfants, humiliant dans les réunions familiales ou même quand ils étaient quand ils sortaient, quand ils étaient quand ils allaient au théâtre ou quoi que ce soit la manière et elle sentait que c'était inhérent au à son refus. Donc elle elle accomplissait ce qu'elle ce que lui estimait être son devoir conjugal. Et au fur à mesure dans le dans le film, on voit de manière très intelligente, très subtile et très et comment dire et très porteuse d'espoir, l'un des fils notamment totalement totalement du côté du père tout d'un coup basculer petit à petit et comprendre comprendre comprendre en l'espace de d'un mois en un mois comprendre ce que subissait sa sa mère.

C'est pour ça que je dis les idéologues, les phalocrates convaincus, les misogyines, les sexistes, voilà les tous les idéologues de de cette sont sans aucun doute difficiles à convaincre parce qu'ils n'ont pas envie de l'être parce que fondamentalement ils pensent effectivement qu'il y a une hiérarchie entre hommes et femme mais ceux qui sont victimes de ces discours-là sur les réseaux et cetera, je pense vraiment et vous avez raison Gill de l'avoir dit Si on fait de la prévention, si nos nos élus s'emparent de ce sujet, ce sujet qui est essentiel dans notre quotidien, je pense que il y a encore véritablement la possibilité d'inverser d'inverser les choses. Ça se passe chez nous, ça se passe dans nos familles. Il faut avoir le courage de parler à nos fils.

Moi, j'ai très vite parlé de pornographie à mon fils. J'ai très vite compris qu'il était susceptible à 12 ans évidemment aujourd'hui de découvrir la pornographie. On le sait dans des classes, il y a des gamins qui se mettent au fond de la classe, ils ont leur AirPod dans les oreilles, ils regardent leur portable, ils sont en train de regarder des femmes qui disent non mais qui disent oui en fait et de regarder une des films pornographiques.

Donc si on n'ose pas parler de ces sujets-là à la maison avec nos fils, essentiellement avec nos fils, avertir nos filles mais pour pas qu'elles deviennent des femmes soumises ou qu'elle soit qu'elle soit dans l'acceptation qu'à fur et tout, c'est ce qu'attendent les hommes d'elles. Effectivement, ça évidemment mais on les convaincra vite, mais garder nos garçons là-dedans, leur expliquer que ce n'est pas ça, que c'est que c'est la que c'est pas ça l'amour, que c'est pas ça la tendresse, que c'est pas ça vivre en société. Et moi, je l'ai fait très vite et je suis assez fier de voir que mon fils, c'est pas le seul et je suis pas le seul à le faire, mais mon fils fait partie de ces garçons qui vont grandir avec cette idée qu'on est qu'on doit vivre en harmonie.

Voilà. Et je pense que Tom, pour ne pas le nommer, est un garçon remarquable de ce point de vue-là parce qu'il a accepté que je lui parle et que je le mette face à voilà quelque chose auquel il allait être confronté. Je Il me disait "Mais non mais papa, je regarde pas ça." Je dis "Écoute, tu regardes, tu regardes pas, tu seras amené à le regarder.

Évidemment, tu le fais peut-être déjà. Je veux juste que tu saches ce que tu regardes et ce que ça implique dans ton existence." Et à partir de ce moment-là, je pense que si on nous donne les outils aussi parce qu'il y a des hommes et des femmes et des familles où moi je me souviens quand j'étais petit, j'ai 62 ans, il y avait de l'éducation sexuelle à l'école et je me souviens hein des des cris d'orfra de certaines aux réunions de parents d'élèves, enfin c'est pas làâge de parler de ça à nos gamins, à nos gamines, enfin voyons et et déjà à cette époque-là, c'était difficile et aujourd'hui je crois que enfin je je me trompe peut-être mais je pense que ça a disparu de plein de programmes scolaires dans plein d'école communal, lycée, collège et pourtant c'était indispensable.

C'était une manière de donner aux enfants les moyens de peut-être poser des questions auxquelles les parents n'envisageaient pas de répondre ou n'osaient pas évoquer quand ils étaient en classe, quand ils étaient à la maison. Donc, il faut aussi donner les outils, j'ai presque en dire les armes puisque c'est une c'est une guerre pour certains, euh les armes euh à des parents et notamment à des pères de de pouvoir parler ces choses-là librement sans que ça soit sans que ça soit quelque chose que l'enfant garde pour lui et ensuite qu'il le traumatise parce qu'il ne sait pas comment parler tout simplement de sexualité, de séduction, de rapport de rapport avec avec l'autre partie de l'human l'humanité, l'autre moitié de l'humanité qui est même un peu plus nombreuse. Donc c'est même pas une minorité, c'est une majorité.

Donc voilà, je crois qu'il faut aussi qu'on donne les outils pour ça. Il faut qu'il y ait des préventions, qu'on en parle dans les écoles, qu' a effectivement des des campagnes d'affichage, qu' a des films de plus en plus qui s'emparent de ces sujets. C'est plutôt le cas hein.

Heureusement, nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité, disait Nietzsche qui a pas dit que des conneries. Et en tout cas là, ça c'était vrai. Effectivement avoir l'art pour ne pas mourir de la vérité, c'est que nous aussi les artistes, on a une responsabilité vis-à-vis de ça dans notre discours et dans la manière de ne pas fermer les yeux sur ces sujets.

Voilà. Écoutez, voilà. Merci beaucoup. [applaudissements] Je pense que nous aurons beaucoup de réactions euh et je m'interdit moi-même de réagir tout de suite.

Donc je donne maintenant la parole à Pierre Yve Ginet. Donc vous êtes, je le rappelle journaliste, consultant égalité mixité et membre du HCE. À vous Pierre.

Merci madame la présidente. Alors, je viens de vous écouter Bruno et et ma première réaction quand je vous ai entendu parler avec beaucoup de tendresse de vos l'engagement de vos parents, je me dire là, je crois qu'à nous deux, on a une très bonne nouvelle pour tous les gars, c'est que moi, je suis pas du tout tombé dedans quand j'étais petit. Je viens d'une famille qui est extrêmement conservatrice.

On nous a inculqué le respect. Pas de violence, je c'est je suis pas voilà tout tout se passe non mais tout se passait bien et j'ai j'ai eu cette chance. Mais alors en terme de culture de l'égalité, moi j'arrive du néant.

Donc c'est possible pour tout le monde et ça c'est quand même bien [rires] même si on n pas été gâté au départ. En tout cas, moi en ce qui me concerne, ça fait ça fait 30 ans que je suis engagé à 100 % de mon temps dans ce combat pour l'égalité. Et le mot guerre, moi je vais rester sur combat mais çaen est vraiment un.

Euh j'aurais donc consacré une grande partie de ma vie euh journaliste, reporter centré sur ces questions qu'fondation d'une association au début des années 2000 euh avec lequel on a sensibilisé plus d'un million de personnes puis d'un magazine femme ici ailleurs aujourd'hui euh disparu. C'est ma petite larme du moment et je voudrais aussi parler de mon appartenance à à Zé Macho qui est un collectif d'hommes engagé contre cette horreur qui est la prostitution, le système prostitutionnel. Euh, j'accompagne aujourd'hui des entreprises d'administration sur ces questions d'égalité, notamment dans la lutte contre le le sexisme.

Ben, vous dire que quand j'ai reçu votre invitation, la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est que euh bah j'étais très triste en fait de voir cette invitation après tant d'années de lutte, de combat pour discuter sur la montée du discours misogyne, phalha. et de la pensée masculiniste. Euh franchement, on arrive de loin, enfin je pense voilà quand on est là, Gill l'a dit depuis plusieurs décennies, on arrivait peut-être de plus loin, mais il y avait une dynamique, quoi.

Et là, j'ai l'impression d'un recul rapide marqué euh dans une partie de la population et ça me c'est dur à avaler quand on est depuis si longtemps sur cette question. Euh donc de la tristesse, puis je suis un peu désabusé aussi, je vous avoue. Euh il y a les mouvements masculinistes et puis euh et puis il y a nous les hommes lambda et partager avec vous qu'en fait après les crimes de Mazan et ces phrases qui revenaient en bouc dans les médias sur ces monsieurs tout le monde qui était sur le banc des accusés, naïvement, je le dis aujourd'hui, j'y ai cru. naïvement, je me suis dit à un moment donné, on va faire le lien entre ces messieurs tout le monde.

Euh pas pour dire que tous les hommes sont des violeurs en puissance, pas du tout, pas des violents en puissance non plus, c'est pas le sujet, mais juste que nous collectivement allions être en capacité de nous poser les bonnes questions, celles sur nous, nous les hommes, sur notre chemin de socialisation. commun que nous avons eu nous les monsieurs tout le monde sur la place que nous occupons dans la société sur ce qui cloche en nous ou autour de nous et qui amène certains d'entre nous donc des monsieurs tout le monde aussi à agir de la sorte mais que s'est-il passé après Mazan ? pas grand-chose en fait sur cette question.

Je sais pas si vous êtes comme moi, vous avez essayé de lancer ces débats, mais c'était plutôt des engueulades très fortes avec des gars et avec des filles qui refusaient euh vraiment ce ce questionnement. dire et et Gill, tu tu l'as dit aussi, mais je crois que c'est toujours important de le rappeler, c'est que on est on est que des hommes à part vous, madame la présidente, bien sûr, à cette scène euh et tout ce que nous avons à dire, 100 % de ce que nous avons à dire, euh enfin faut que je revois ça parce que Bruno, non, vous nous avez apporté un propos par un homme du coup, mais en tout cas, nous avons surtout appris de femme. En ce qui me concerne, moi c'est clair, je ne fais que marcher dans les pas de certaines femmes.

Je pense à toutes les merveilleuses associations féministe que nous avons aussi dans notre pays. Tout ce que je sais, c'est d'elle que je l'ai appris. Ces deux femmes d'ici et d'ailleurs.

D'ailleurs, c'est ailleurs sur la scène nationale fait un petit peu ma ma spécificité. En tout cas, cet engagement pour l'égalité, pour le féminisme, pour moi, c'est d'abord du travail. Le féminisme, c'est du labeur, de la transpiration, des questionnements, des remises en cause, des questionnements encore, des réponses apportées par des gens plus capés que moi, essentiellement des femmes notamment au départ sur un vécu que je n'ai pas et que je n'aurais jamais, mais que je peux tenter au moins tenter de comprendre.

En ce qui me concerne, ça a été clair, c'est pendant des années, je me suis tue. Je l'ai fermé et j'ai appris, j'ai écouté. Et au bout d'un moment, j'ai estimé que j'avais un bagage suffisant pour pouvoir, comme Gill l'a dit, comme tu l'as dit aussi Bruno, me mettre sur la même ligne pour parler, reprendre cette voix et cetera et cetera.

Pour moi, le féminisme, ce sont des compétences, des compétences qui se construisent, j'insiste sur ce mot, des compétences qu'il convient d'acquérir. Une culture de l'égalité, ça se construit, ça ne se décrète pas et ça se construit pour tous et toutes. À forcerie, pour tous.

Ceci étant posé, bon l'état des lieux du sexisme, on en est aujourd'hui. Je vais pas reprendre les chiffres du haut conseil à l'égalité du du rapport du ha conseil à l'égalité, excusez-moi. Juste reciter quand même que aujourd'hui 100 millions d'individus en France, je cite le rapport adhère franchement à un sexisme hostile marqué par une dévalorisation systématique des femmes, une méfiance à leur égard et parfois une justification des comportements discriminatoires ou violents. 10 millions de personnes en France là-dessus.

On rajoute le sexisme paternaliste que tu as évoqué Gill. L'adition est vraiment lourde et je repense à toutes ces années de lutte là avec 40 % de la population aujourd'hui âgé de plus de 15 ans qui a une adhésion claire au sexisme. Ça c'est ce que dit ce rapport.

On en est là aujourd'hui et je repense à quand j'étais plus jeune, enfin je pense qu'on on n'avait pas toutes les armes notamment les gars, hein. On avait pas cette culture aujourd'hui qui est bien plus répandue. Mais quand je pense à cette question, est-ce qu'on peut, c'est une question dans le rapport de l'an dernier, est-ce qu'il faut parfois être violent en société pour se faire respecter ?

Mais si je l'avais pensé, mais jamais je l'aurais dit. Aujourd'hui, c'est dit et pensé par une petite partie de la population. Face à ça, on a donc les actions des masculinistes qui se multiplient et très vite.

Faut être clair, ça a été dit, c'est un projet politique de domination. Quand on en vient à harceler le 3919 en meut organisé, c'est extrêmement clair. Ces gens s'appuyent aussi sur des forces qui les financent.

Il y a de l'argent de leur côté. la philanthropie et les puissances financières orientées vers les réactionnaires est conséquente. Et repenser à tous ces vélibes, on est arrivé un matin et on a vu je sais pas combien, enfin je veux pas dire tous mais les vélibes à Paris puis après moi j'habite à Lyon, c'était pareil à Lyon avec des autocollants parfaitement à la forme, tous placardés dans en une seule nuit.

Il faut des moyens et de l'organisation pour ça. Ça tombe pas du ciel. Et en face de ça, en face de ces moyens de cette organisation, ben nos associations aujourd'hui licencient.

Nos association féministe aujourd'hui licenci. C'est ça le constat. Face à cette force sexisme et euh les réseaux masculinistes ou en tout cas leur leurs engences, on a grosso modo, je fais encore référence au rapport du HCE, un/4 voire un/ers de la population aujourd'hui qui a une de de bonnes clés de compréhension euh et surtout des attentes fortes en la matière.

Sont surtout des femmes mais pas que. Il y a aussi des hommes plutôt jeunes, plutôt diplômés qui ont cette ce bon bagage en fait et cette jeunesse, elle existait pas quand j'avais 20 ans. Donc là, on a ce cette partie-là beaucoup plus progressiste, euh exigeante et ça c'est positif.

Voilà pour la photo aujourd'hui. Alors, je vous avoue que quand j'ai vu le rapport du haut conseil, moi ma ma première évidemment je souscris à tout ce que Mono Gilles ont dit, mais mon premier réflexe, ça a été l'inquiétude. J'ai dis "Mon dieu, mais vers quoi on va ?" En pensant à ces deux franches complètement polarisées qui qui ont enfin moi je sais pas, je peux pas leur parler à ces gars-là quoi.

J'ai j'ai pas enfin ça pose pas. On est on on se dit si ça continue sous cette frange, on va avoir 40 % d'un côté, 40 % de l'autre et un ventre mou de 20 minutes. Mais comment on va vivre dans les mêmes espaces ?

Comment on va être dans les mêmes écoles ? Comment on va bosser dans les mêmes entreprises, travailler dans les mêmes administrations, être dans les mêmes endroits tout simplement ? Enfin, je pense que si on fixe pas des des règles très claires dans tous ces espaces, c'est-à-dire que les gens à la tête de ces espaces réfléchissent aujourd'hui à fixer desclairs, ben bon courage pour demain.

À mon avis, ça peut être une vraie bombe à retardement dans une dizaine d'années si ça continue. Les hommes engagés, alors vous en avez parlé, je pense qu'on peut faire un constat. Enfin, Gill, tu l' tu l'as dit, hein.

Mais mais quand on dit engagé, je vais parler de ceux qui mettent vraiment la main à la pâte, ceux qui sont connus de tout leur entourage comme étant engagés sur cette question. Euh bon, super breaking news, le compte est pas, nous sommes extrêmement euh minoritaires malgré euh le fait que et j'insiste là-dessus, euh on est enfin moi je sais pas, tu partageras peut-être mon point de vue, mais je je moi j'ai moi je je me sens moins seul qu'avant, voilà, qu'il y a quelques années. Donc on est moins seul euh notamment avec une jeunesse qui qui nous rejoint et ça c'est chouette mais le compte y est toujours pas.

Les raisons de ce faible engagement, bah elles sont à peu près connues. D'abord, et je reviens à cette histoire du projet politique, le rapport du HCE de l'an dernier le mentionne très bien. On a un homme sur trois aujourd'hui qui a compris et enfin ça veut dire qu'il a fait un chemin quand même he a compris que l'égalité allait attaquer ses privilèges.

Je cite le rapport du haut conseil, je crois que c'est dans ces ces termes et qu'il n'en veut pas. Il l'a compris et en conscience il le refuse. Je garde mes privilèges au détriment de Je pense que ça ça fait pas du bien regarder en face à forceurie quand on est un gars mais il faut le regarder en face.

Et puis à côté de ça, il y a une étude que j'aime bien moi qui est une étude catalyste date de 2009 qui avait été établie pour mesurer qu'est-ce qui freineent les gars à s'engager sur le chemin d'égalité. C'était pour uniquement le monde du travail. Donc ça date un peu.

Oui, je vais tenter un petit peu de façon non scientifique mais de l'adapter. Il y avait trois freins qui étaient je vais adapter pour toute la société trois freins qui étaient soulignés. Le premier euh des freins qui étaient soulignés, c'était la peur du regard de leur père de perdre en quelque sorte des crédits de masculinité.

Je m'engage dans dans la question d'égalité, vous voyez ce que je veux dire ? Et pas savoir gérer les conflits avec les autres. Donc on a la trouille.

Deuxièmement, trouille aussi, ça ressort plus aujourd'hui de dire des bêtises, de se faire tacler par un certain nombre de femmes qui ont une peut-être sans doute une plus grande culture que nous là-dessus. On n'ose pas y aller. Et puis j'insiste, cette peur de perdre ses privilèges.

Donc en tout cas, il y a ce mot peur qui qui peut être mis en avant. Deuxièmement, il y avait l'apathie. L'apatie, je trouve ça d'une lâcheté et d'un confort total, mais c'était en gros puisqu'on en parle, ça va se faire donc je fais rien tranquille.

Et le troisème point qui était souligné en 2009, c'était l'ignorance qui était pointée, celle de la réalité des situations, des subtilités du sujet. Là, depuis mi-tou, je pense que c'est quand même assez dur d'y aller. Euh quel homme peut dire qu'il est pas au courant aujourd'hui ?

Alors, on va pas leur demander d'avoir une connaissance fine en dessous les chiffres et tous les éléments. C'est pas ça, mais juste de s'arrêter un moment, lire quelques trucs, regarder des séries comme celle que tu as mentionné, en fait, s'intéresser, tenter de comprendre. Enfin, on va être sérieux.

Il suffit de se de se baisser aujourd'hui pour trouver l'information. Donc, quelqu'un qui reste ignorant là-dessus, c'est quelqu'un qui veut rester ignorant. Euh et moi je vous avoue que j'en j'en peux plus d'entendre depuis tant d'années tous ces gars, parfois mes amis, qui me disent "J'ai une fille, je veux le meilleur pour elle et ben rien.

Le sexiste c'est pas moi, c'est l'autre. L'environnement sexiste c'est pas ma boîte, c'est la boîte d'à côté et cetera et cetera. Je j'en peux plus d'entendre ça tout le temps dans toutes les organisations partout.

Ce manque d'engagement des hommes, est-ce qu'il explique la lenteur des avancées ? parce que malheureusement on peut penser on peut parler d'av lenteur des avancées. Oui, bien sûr et à plusieurs titres.

Euh d'abord parce que madame la présidente, vous l'avez dit, j'ai tu l'as rappelé, les auteurs, voilà, je je vais pas redire tous ces chiffres, c'est pas euh c'est clair, c'est pas tous les hommes, mais c'est quasiment tout le temps que des hommes. Donc et à chaque fois donc voilà euh vous regardez ça en face. Ensuite, pour initier le changement, bah qui tient majoritairement les manettes dans notre pays ?

Sauf si j'ai raté un gros chapitre, je crois qu'on sait encore au main de qui à peu près enfin quelle moitié de la population il est globalement. Ensuite et vous l'avez dit dans votre propos introductif, il y a cette question de la de la responsabilité de la responsabilité de tout homme qu'il soit en position de pouvoir ou pas, peu importe parce que je bénéficie du système actuel, je suis du bon côté de la table. Euh j'en récolte les fruits tous les jours.

Donc c'est un peu facile euh et lâche quelque part d'aller récolter ces fruits sans endosser la responsabilité qui va avec pour faire en sorte qu'on rééquilibre les choses. Je me sens pas coupable de quoi que ce soit à forcurie compte tenu de mon engagement de longue date mais j'ai j'ai une responsabilité et j'ai beaucoup aimé la tribune de de l'écrivain Nadir Dendoun dans Libération il y a quelques semaines. Vous savez, ça fait des années qu'on travaille là-dessus.

Puis des fois, on voit quelqu'un qui arrive avec un amour se disant c'est ça. Il disait qu'en tant, la question des violences nous oblige à nous situer. Et nous situer, j'adore ce mot en fait, se placer clairement dans un camp avec les actions qui vont avec, que toutes et tous autour sachent dans quel camp on est.

Gill, tu l'as dit euh en parlant des violences, la neutralité, c'est se mettre du côté des agaisseurs. Ben, je je vais me permettre peut-être enfin d'élargir le propos. C'est par rapport à toutes ces questions d'égalité, ne rien faire, ne pas être situé, les gens autour de nous qui savent pas qui on est, c'est soit encourager le camp d'en face que tu as très bien décrit, soit à minima lui permettre de prospérer et à forceurie compte tenu de ce rapport du haut conseil à l'égalité, enfin qui nous appelle à l'urgence aujourd'hui extrêmement clairement.

Donc, restez non sinué. plus plus question. Comment amener davantage d'hommes à s'engager sur cette question ?

Pour finir mon propos, la question, elle est elle est importante et j'adorais pouvoir vous amener une une réponse pleine de certitude et très masculine, mais mais c'est pas ce que je suis en capacité de faire. Ceci dit, quand même des pistes. Ce qui est certain, c'est que face à un problème qui est aussi systémique et important, bah il faut un plan d'action systémique.

J'invente rien. Et face à un péril aussi important, je rappelle ce rapport du haut conseil où quand la ministre est venue, elle parlait d'état d'urgence, sont ces mots. Bah, il faut une réponse d'envergure avec des moyens d'envergure.

Sans ça, on n'y arrivera pas. Le rôle de l'éducation évidemment est essentiel et l'éducation ça n'est pas que aux mains de l'éducation nationale vraiment parce que c'est trop facile de toujours se dire c'est la faute des profs non non non on a tous un rôle là-dessus à à à jouer et tu l'as très bien décrit avec tes fils. Donc en tout cas moi je peux pas m'empêcher parce que vieux de la vieille sur question de repenser aux ABCD de l'égalité dans les années en 2014.

Euh je les trouve plus essentiel que jamais avec ces débats à créer dès l'enfance sur ces sujets pour nous construire cette compétence, cette culture de l'égalité. Je répète, ça se construit et on doit amener ce ce Lego euh évidemment dans l'éducation. On a un problème avec la justice.

On a un corpus de loi qui est formidable dans ce pays. Si on voyage et on regarde ce qui existe ailleurs, bon il est il est certes perfectible, mais il est formidable. nos législateurs législatrices, ont fait un chouette boulot.

On peut avancer mais chouette boulot. Par contre, elle est pas appliquée. Elle est pas appliquée.

Et en fait comme enfin la la règle existe mais elle est pas dans la tête des hommes. Elle est pas dans nos têtes aujourd'hui. Donc alors qu'une règle bah il y aurait il y aurait rien de mieux pour nous faire bouger et nous faire avancer.

En fait, on on n'appréhende pas le risque. Les hommes en particulier n'appréhendent pas le risque quand on passe de l'autre côté de la ligne, quand on passe dans la délinquence. En fait, concrètement, on napréhende pas ce risque.

Il n'est pas présent. C'est assez dingue de se dire qu'aujourd'hui quand on on se met au volant de sa voiture, on sait que si on a enfin un excès de vitesse, on va perdre des points. Alors que par exemple quand quelqu'un rentre dans un pseudo salon de massage avec des jeunes femmes chinoises victimes de la traite euh et cetera où il se passe rien parce que la loi elle est carrément pas appliquée, bah ces gars-là ne pensent jamais au risques qu'il prennent.

Euh quand un harceleur dans une entreprise s'en prend à sa proie tous les jours et cetera et cetera à forceur si c'est un supérieur hiérarchique comme c'est souvent le cas. Jamais dans sa tête la notion de risque est présente. Ma liste, elle pourrait être super longue en fait là-dessus.

Donc l'importance de la justice pour faire rentrer ce risque dans la tête des des hommes. Je crois que les les règles, on sait les appliquer mais mais il faut qu'on soit clair avec des sanctions qui sont en face et et voilà. Après, il y a la notion de courage.

Comment on pourrait nous donner le courage de nous situer ? Je reviens à ce mot que j'ai découvert récemment, que j'aime bien. C'est d'être droit dans ses bottes, de s'opposer à nos potes, s'opposer à des membres de notre famille et dire "Non, moi j'en suis pas" et le faire tout le temps.

Des fois, c'est crevant franchement, on va pas se mentir, c'est fatiguant et usant. Mais mais pour qu'on soit plus nombreux à le faire. Euh voilà, je pense que là tous les quatre au moins tout le monde sait où on se situe.

Tout le monde dans nos environnements sait euh voilà et ben que ce soit le cas pour un paquet de monde parce qu'aujourd'hui parce qu'on est seul là-dessus, faut être clair he enfin on n'est pas nombreux en tout cas. Et puis je je vais terminer mon propos. Je pense qu'on a un challenge collectif qui est intéressant.

Je vais oser le mot, c'est de mettre du désir dans tout ça. Euh je vois, je te vois rien Laurence, mais mettre rendre désirable l'égalité. Et moi, je le ressens profondément.

On l'a porté pendant une dizaine d'années avec avec le l'équipe du magazine femme ici ailleurs et je rebondis aussi sur ce terme de désir qui a été employé par Brigitte Grzy en janvier dans la croix dans une tribune qui qui met en avant ce mot. En fait, dans un monde d'égalité, projetons-nous, rêvons, les hommes partageraient effectivement le pouvoir. Je perdrai une partie de mes mes passes droits, une partie seulement et une partie de mon pouvoir, mais qu'une partie, j'insiste.

Je partagerai certaines charges qui sont peu réjouissantes. Mettre la main à la pâte, pas fun. On va pas faire croire que tout est beau, malin, c'est une super cherie de faire croire le contraire.

Non, il il faut y aller. Euh et parfois c'est pas agréable, c'est clair. Mais d'un autre côté, j'ai pas que des trucs à perdre.

J'ai aussi des choses à gagner. Il y a d'abord cette question du poids de notre virilité. Ça a été évoqué, Gill, tu l'as fait avec ce coup de la virilité de Lucile Pétain qui nous invite à à penser différemment.

En fait, ce coup de notre virilité, il est trop lourd pour les femmes d'abord, ne l'oublions jamais. Pour la société ensuite et pour chacun de nous enfin. Mais il est trop lourd quand même.

Donc débarrassons-nous. On peut se débarrasser de ce truc-là. Ensuite, désirable parce que dans un contexte égalitaire, on aura des charges à porter mais on aura un bien-être supérieur à aller le chercher.

Moi, j'en suis convaincu. En fait, si vous regardez toutes les études menées à droite et gauche, parfois je l'avoue un peu farfelue sur X ou Y question. En fait, quand on regarde la famille, la vie sociale, la vie intime, les conditions de travail, comment on s'épanouit au boulot, en fait dans tous ces espaces, quand des hommes évoluent dans ces contextes là, ils sont mieux dans leur basket.

OK ? moins de pouvoir, OK, moins de possibilité d'accéder à N + 1, on partage, OK, plein de choses. Mais par contre, au quotidien, sans cette chasse du pouvoir et de la domination de l'autre, bah c'est du bien-être à aller chercher.

Je suis pas en train de vous faire un truc chez ou là avec tout est rose d'un côté et pas de l'autre. Non, il y a un prix à payer pour pour ça, mais je je suis foncièrement convaincu de ça. Euh désir d'agir enfin parce que quand on regarde ce qui se passe dans la société, euh les espaces de non mixité aujourd'hui commencent à se multiplier chez nous.

Euh on a des salles de gym réservées aux femmes, on a des agences de voyage avec des voyages conçus pour des femmes, on a des soirées réservées aux femmes de plus en plus et on a même des organisations de travail, c'estàd des des femmes qui se regroupent en voulant clairement pas bosser avec des gars. Je pense à certains cabinets d'avocat par exemple aujourd'hui et on voyait pas ça avant et c'est de plus en plus. Moi, je les comprends, franchement, je les comprends mais c'est pas le monde auquel j'aspire.

Euh mais par contre, je dois pas m'arrêter là. Je dois agir pour enrayer leur envie de non mixité et pour qu'elles ai envie à nouveau d'être dans des espaces mixtes et sans peur. La balle est dans mon camp, pas dans le leur en fait. que le chantier est immense.

Il y a il y a urgence et quand il y a urgence, il doit y avoir une réaction d'ampleur. Je trouve que c'est ce que dit très bien le rapport du haut conseil. Euh je saurais pas vous dire combien de fois j'ai dit maintenant faut qu'on s'arrête de parler, faut qu'on qu'on y aille et qu'on ait les moyens d'y aller.

Voilà, j'ai j'ai rien d'autre à dire en fait que que que ça que j'ai déjà dit plein de fois mais il nous faut des moyens pour travailler. Merci. [applaudissements] Mais parfois parler, c'est agir en l'occurrence là, je pense que c'est ce que vous venez de faire.

Et maintenant, je vais me tourner vers Thomas Piette. Mais avant votre intervention, nous allons visionner trois vidéos dont vous êtes l'auteur. Merci le féminisme.

Mais grave, merci à elle. Grâce à vous, grâce à votre formidable idéologie de libération de la femme, et bien l'humanité est en passe de s'éteindre. Mais non, c'est pas très gentil d'éteindre l'humanité, je trouve.

Il y a une chute dramatique de la natalité. Ah et ça c'est à cause des féministes donc. Et moi qui croyais bêtement que c'était à cause de l'état dramatique du monde avec les guerres, la hausse de l'extrême droite, la fin du monde à cause du réchauffement climatique causé majoritairement par des hommes, tout ça quoi.

Mathématiquement, on va droit vers l'extinction. Mathématiquement, on n jamais de l'histoire de l'humanité été si nombreux. Mais je comprends toujours pas le lien avec le féminisme.

Merci pour le l'avortement, merci pour la contraception. Des personnes qui veulent disposer librement de leur corps. Mais quelle horreur ! certainement à cause d'elle que tout va mal dans le monde.

Merci pour je donne mon cul à tout le monde jusqu'à 37 ans avant de me réveiller et rendre compte que bon, peut-être que je devrais faire un jour peut-être un bébé. Chaque jour dans le monde, plus de 73274 femmes oubli que leur seul rôle sur terre est de procréer. Aidez-les, achetez-leur un masculiniste de [musique] compagnie.

Depuis que j'ai un masculiniste de compagnie dans ma vie, je me souviens chaque jour de mon rôle en tant que femme et tout [musique] va mieux dans ma vie. Tu dois procréer car tu es une femme. Et je suis hétéro hein.

C'est très important pour de le rappeler une petite quarantaine de fois par heure. [rires] Soit il vient faire soit il vient faire caca. Je vous laisse.

Si demain mon fils il vient me voir et il me dit qu'il veut mettre des robes de princesse bah j'imagine que tu vas au magasin avec lui, tu lui demandes laquelle il préfère et après tu en achètes une pour toi aussi. En tout cas moi c'est ce que je ferais. Ça va être une baffe dans la gueule et le service militaire algérien.

Wouh ! Oui. Alors effectivement, on est sur une autre méthode éducative basée sur la violence, la misogénie, l'homophobie et la domination.

C'est vrai que jusque là, ça a quand même bien fait ses preuve. Alors, je me dis pourquoi changer ? Il y a d'autres trucs qu'on a surtout pas le droit de faire en tant que vrai bonhomme alpha comme moi par exemple.

Lui les mecs ils mangent des sushis frère. Enfin, tu es hétéro ou pas ? Et oui.

Non mais surtout pas de sushi. C'est c'est tout le monde sait ça. Ramène-moi un steak.

Ramène-moi un biftechake frère. Je vais faire quoi avec des sushis Parce que c'est vrai que acheter un bœuf dans un magasin qui est quand même l'animal le plus difficile à chasser, bah ça prouve qu'on est un vrai bonhomme. D'autres truc qu'on a pas le droit de faire.

Dites-vous qu'il y a des hommes qui jouent à la PlayStation. Des hommes ? Alors ça c'est bien connu aussi à la base.

Le public c de PlayStation, il est hyper féminin. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il y a aucune misogynie dans le milieu du gaming. Non non.

En tout cas, avoir tellement d'insécurité à l'intérieur que tu t'interdis de faire des centaines de trucs si c'est pas vu comme masculin et virile par les autres hommes, bah ça c'est hyper étérro avec les femmes. N'hésitez pas une seconde à les punir. Attends quoi ?

Quand elle a un mauvais comportement, punis-la directement. Et pour toi mon petit saucisson de tourcoin, c'est quoi un mauvais comportement ? Elle met 3 jours à répondre, tu la ghostes.

Ah ouais genre exactement le truc que tu dis de faire dans cette vidéo là pour les rendre accrogn là. Il y a que quand vous ignorez une femme qu'elle vous remarque. Non mais c'est bien, c'est cohérent comme discours.

Elle fait des actions bizarres, tu la dégages. Donc par exemple, faire trois vidéos par jour pour dire aux hommes que les femmes sont toutes des monstres et des manipulatrices, qu'il faut absolument n'avoir rien à faire d'elle pour être un vrai bonhomme, tout en ne parlant de rien d'autre que ça à longueur de journée. Ça ça compte comme un truc bizarre, non ?

Elle parle à d'autres hommes, au revoir. Elle respire de l'oxygène. Au revoir.

Il l'a jamais laissé passer quoi que ce soit. Il y a que comme ça queune femme te respectera ? Alors non, à peu près tous les êtres vivants partagent des besoins fondamentaux comme celui d'être en sécurité pour être heureux et épanoui.

Or, la menace, la punition et le fait de savoir que rien ne passera sans devoir le payer, ça n'apporte pas de la sécurité. Et comme je suis quasiment sûr que les femmes sont des êtres vivants, ce que tu proposes n'apporte pas le respect, mais de l'insécurité et du malheur. Chouette ! [rires] [applaudissements] Oui.

Bon et bien à vous maintenant. [rires] Il y a c'est pas des acteurs, c'est pas des comédiens, c'est que des personnes Non non non [rires] non, c'est vraiment des personnes qui sont convaincues de ça et qui font deux trois vidéos par jour sur ces sujets là. Voilà.

Si j'enis, c'est pas parce que c'est rigolo, hein. C'est c'est juste parce que c'est c'est profondément dangereux, mais c'est pour montrer à quel point c'est ridicule. Mais ça reste Ouais, ça reste vraiment pas marrant comme discours quoi.

Euh le masculisme est une idéologie très dangereuse qui souscouvert de défendre les femmes, pardon, de défendre les droits des hommes, [rires] ne peut-être dans dans quelques années. [rires] so couvert de défendre les droits des hommes ne cesse en réalité de vouloir réduire ceux des femmes et tombe au final quasiment systématiquement dans des discours racistes, homophobe, transphobes, classistes et cetera. Il prôneent des stéréotypes de genre qui sont dangereux pour tous et toutes, renforcent les dynamiques de domination et de pouvoir déjà en place et contribue à un monde plus violent et plus divisé.

Alors non, c'est pas juste des discours nausés à bon quand on est aux réseaux sociaux. C'est un véritable danger pour tous. C'est infiniment plus dangereux évidemment pour les femmes.

Ce mouvement constitue une menace réelle avec plusieurs attaques violentes attribuées à cette idéologie comme en 2025 un projet d'attentat masculiniste heureusement déjoué ou encore Michael Filetas qui a assassiné son ancienne campagne compagne Mélanie de 80 coups de couteau. C'est un mouvement essentialiste éloigné des réalités biologiques et sociales qui affirment que les hommes et les femmes auraient de naissances de manière naturelle des droits et des devoirs complètement différents avec on s'en doute une obligation pour les hommes d'être fort, puissant, de dominer, de violenter souvent et une obligation pour les femmes d'être soumises, dominées et faible aussi en présentant le féminisme comme une menace ou comme un mouvement qui aurait pour volonté secrète prête de détruire les hommes. Le masculinisme brouille la compréhension des inégalités et fait obstacle à des solutions véritablement égalitaire.

Il renforce la culture du viol, il renforce les violences, les dynamiques de domination systémique. Le masculinisme célèbre aussi une vision très stéréotypée de la virilité, souvent associée à la domination, la force physique et l'agressivité. En imposant parfois sous peine de réaction violente des stéréotypes de genre pour tous et toutes, ils empêchent l'accès pourtant si précieux à l'authenticité et à la vulnérabilité.

Une femme n'aurait pas le droit, selon eux, de ne pas correspondre au dictat de beauté qu'ils ont créé. Elle n'aurait pas le droit de travailler, d'être autonome, de se montrer sur les de sur les réseaux sociaux ou même de vivre des amitiés. C'est des interdictions que que j'ai entendu parmi beaucoup d'autres.

Et oui, en effet, ça fait penser aux stratégies d'emprise communément associé au pervers narcissique. Oui, ça enlève toute forme d'autonomie et de liberté. Et oui, toutes ces violences sont dans le rouge du violentomètre.

Et on peut se demander quelle liberté nouvelle ils peuvent enlever aux femmes si ce n'est celle de respirer. Les hommes de leur côté. Alors, évidemment, les violences sont infiniment moindres et on a énormément de privilèges euh et on jouit d'énormément de privilèges en en adhérant à une idéologie masculinisme.

Je suis assez d'accord avec cette idée de de rendre désirable euh le fait de de combattre ces mouvements-là, de com de combattre les stéréotypes de genre, de se renseigner, d'écouter. Euh et les hommes de leur côté, on aurait une interdiction totale de vivre nos émotions, sauf si c'est celle de la colère plutôt mise en avant et applaudie encore plus quand elle est projetée sur les autres. Euh mais en aucun cas des émotions de tristesse, de peur, de joie, même pas le droit de vivre de l'amour à l'intérieur parce que c'est jugé trop féminin.

Les hommes se doivent d'être riches, musclés, d'avoir un certain goût pour la violence et bien sûr ils doivent être vigilants chaque seconde dans chaque geste, dans chaque activité, dans chaque lecture à bien correspondre à ce qu'on attend d'eux en tant comme virile. La sacrointe virilité devient alors une prison dans laquelle aucun espoir d'être un jour épanoui et authentique n'est envisageable. Alors oui, se débarrasser des injonctions et des idéologies masculinistes est souhaitable pour tous sans exception.

Car imposer à tout le monde de porter un masque pour correspondre aux attentes sociales de ce que nous avions entre les jambes le jour de notre naissance, c'est pas seulement triste, c'est aussi dangereux. S'il y a des jeunes garçons qui m'écoutent, j'aimerais vraiment que vous sachiez que vous avez tout à gagner à sortir de cette prison de pensée au final. Parce que tout faire chaque jour pour correspondre à des attentes arbitraires et sexistes, c'est comme enfermer son cœur dans une toute petite boîte.

C'est vous empêcher d'être vous. C'est aussi participer à de nombreuses souffrances. Et j'ai du mal à comprendre comment est-ce qu'on peut se sentir épanoui quand on sait que nos privilèges, on les fait payer à quelqu'un quelque part.

Quand on sait que la moitié de la population mondiale paye l'addition chaque jour parfois de leur vie pour nos privilèges. Et là, je parle que des privilèges de genre. le constat serait infini plus infiniment plus effrayant si je parlais de tous les privilèges qu'on peut accumuler.

J'aimerais aussi rappeler une chose importante. Alors oui, évidemment le masculinisme c'est extrêmement dangereux et il est plus qu'important de lutter contre cette cette doctrine pardon sexiste. Mais c'est pas une apparition nouvelle d'une discrimination inédite.

C'est la conséquence presque logique d'années de domination systémique des hommes sur les femmes, de siècle de sexisme omniprésent, de culture du viol, de violence, de dévalorisation permanente, d'impunité pour les agresseurs et de doctrines essentialistes. Alors s'il vous plaît, ne nous servons pas non plus du masculinisme pour tracer une sorte de ligne imaginaire entre nous qui serions les hommes bien, les hommes où on a plus à travailler, où on a plus être vigilant et eux qui seraient les monstres. Continuons tous à rester vigilant à notre propre sexisme, plus ou moins intériorisé.

Continuons à écouter, à nous taire, à remettre en question nos schémas de pensée car nous ne sommes pas exents de cette misogénie. Nous sommes des plantes qui ont fleuri dans un terreau de discrimination et de privilège. Alors, c'est en nous.

On pourra pas s'en défaire complètement, jamais, mais on peut rester vigilant chaque jour à nos comportements. Alors, je le redis, ne nous servons pas du masculinisme pour tracer une ligne invisible entre nous et eux. car il y a forcément du e en nous et parfois plus qu'on aimerait le croire.

Restons vigilants car oui, tous les hommes, tous les hommes ont grandi dans ce terreau de domination, de sexisme. Nous sommes aussi là aujourd'hui, j'ai cru comprendre, pour chercher ensemble des solutions et je crois qu'il existe des pistes de réflexion simples qui peuvent contribuer à un monde meilleur avec par exemple la promotion d'une éducation à l'égalité des genres dès l'école qui cette fois aurait réellement lieu dans chaque établissement. et qui soit continue sur toute la scolarité.

Une éducation à l'égalité entre tous qui met une responsabilité non pas comme d'habitude sur comment les petites filles doivent s'adapter à ce sexisme, comment elles doivent s'en défendre ou passer le reste de leur vie à lutter, mais qui pourrait rendre central comment les petits garçons doivent apprendre à écouter, à respecter, à prendre leur part de la charge mentale, à ne plus nuire. Nous devons apprendre à tous sans exception le consentement dans toute sa complexité avec des ateliers obligatoires à tous les niveaux pour apprendre aux citoyens de demain et peut-être même aux citoyens d'aujourd'hui, ça serait super à dire et par-dessus tout à recevoir un nom, à l'accepter, à le célébrer sans jamais le faire payer ou sans jamais le négocier pour apprendre à formuler des demandes claires qui invitent l'autre à s'écouter et à dire non s'il y a le moindre petit doute à l'intérieur. Je me demande si j'avais eu 16 ans en 2026 face à ce manque cruel d'information sur la sexualité, sur la vie affective et relationnelle, sur tous les changements qui ont lieu dans mon corps et dans ma tête. vers quoi je me serais tourné pour avoir ces réponses que personne autour de moi ne me propose.

Alors, peut-être que je serais tombé sur des super comptes féministes, mais il y a aussi de grandes chances que sur internet, sur TikTok, sur Instagram, je serais aussi et surtout tombé sur des contenus masculinistes qui m'auraient proposé une réponse alors dangereuse et complètement en dehors de la réalité, mais une réponse séduisante, une réponse qui me déresponsabilise de mes malheurs, qui m'invite à ressembler au héros que je vois dans les films depuis toujours. qui ont le droit, qui ont presque le devoir d'être au-dessus des autres, d'écraser les autres. Peut-être que j'aurais moi-même été convaincu par ces discours masculinistes.

Peut-être que tous les hommes présents dans cette pièce auraient pu se laisser convaincre par ces discours masculinistes. Alors, c'est une urgence non seulement de lutter contre leur discours, mais aussi de s'en d'en d'en proposer un autre. Arrêtons d'ignorer les questions des enfants et des adolescents car ils ont besoin de réponse et ils en trouveront quelque part.

On a aussi besoin de programmes concrets de lutte contre la radicalisation en ligne qui inclut le masculinisme parmi les idéologies dangereuses et qui agit concrètement contre les discours discriminants. Je pense qu'il est aussi urgent de débloquer des fonds importants pour toutes les associations féministes en France à qui l'État a drastiquement diminué ou complètement coupé les subventions, les empêant ainsi de vivre et d'agir. Il faut soutenir des projets artistiques portés par des femmes car la culture est une pièce importante de notre vision du monde.

Et l'extrême droite ouvre chaque jour un petit peu plus la fenêtre d'overtone du racisme et de la division. Alors et laissant ainsi euh passer des idéologies comme le masculinisme, alors nous ouvrons ensemble la fenêtre de l'inclusion et de l'équité. proposons et soutenons d'autres regards que les regards dominants.

Et c'est aussi à nous, aux hommes individuellement d'agir au quotidien contre ces violences en incarnant une masculinité plus inclusive ou être homme ne signifie pas dominer ou exclure, en s'élevant contre les violences faites aux femmes. En refusant catégoriquement de cautionner des blagues, des remarques ou des actes sexistes en s'opposant à ces discours et en soutenant le travail des femmes. Le masculinisme n'est pas une opinion parmi les autres.

C'est un délit, une succession d'appel à la haine des femmes, d'appel à leur soumission. Ce sont des discours qui séduisent et convaincre de plus en plus d'hommes chaque jour. De plus en plus de jeunes aussi qui vont se construire et pousser avec ce ter là.

Nous nous devons faire quelque chose. Nous pouvons pas rester les bras croisés à observer de loin cette idéologie de haine continuer de grandir. Alors ensemble agissons et prenons des mesures concrètes. [applaudissements] Merci à à vous quatre pour vos interventions.

Je retiens qu'effectivement et je suis d'accord avec vous sur le fait que soutenir les femmes lorsqu'elles sont victimes de propos sexiste, c'est une bonne solution puisque nous avons auditionné Ultia dans le cadre d'un autre rapport que nous préparons sur les jeux vidéos et il se trouve que lorsqu'elle était harcelée, lorsqu'un homme prenait sa défense, le harcèlement s'arrêtait alors que quand des femmes venaient en renfort, ça n'arrêtait rien du tout. Nous étions hier minuticonnaise à Tonner dans une école de formation aux jeux vidéos et nous avons questionné les jeunes femmes et jeunes hommes qui étaient là et qui nous confirmaient la même chose, c'est qu'effectivement dès qu'elles étaient sur dans une interaction où elle devait parler, immédiatement il y avait des propos sexistes. éventuellement elle se faisait rejeter du jeu et lorsqu'il y avait un homme qui venait les défendre ou un garçon qui venait les défendre alors ça pouvait s'arrêter et se calmer.

Vous avez tous parlé du porno et de de la pornographie et de l'éducation sexuelle. Donc chez nous, on connaît bien le nom Desvars, éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Il est évident et depuis longtemps nous prenons le fait que une éducation adaptée effectivement à l'âge mais où le relationnel vient effectivement où l'affection et le relationnel sont présents nous semblent préférable à la pornographie dont on sait qu'aujourd'hui l'âge moyen d'accès est de 10 ou 11 ans et que ça n'est pas un modèle ni d'égalité ni de respect ni à mon avis de plaisir partagé.

Euh et puisque nous parlons de plaisir partagé, le devoir conjugal dont vous parliez, je vous annonce que il passera au Sénat le 9 avril prochain puisque il a été repris. Ça a été, c'est un homme et une femme qui l'ont proposé à l'Assemblée nationale. Le fait de supprimer, c'est une chose que Laurence Rossignol ici nous présent nous a présenté régulièrement et nous allons voilà aboutir normalement par la suppression.

Alors, il n'existe pas comment voilà, le Sénat va finir par voter mais c'est pour ça que c'est de la patience. Chaque jour, il faut remettre Voilà. Exactement.

Et aujourd'hui, voilà, là ce sera le 9 avril, nous verrons à ce que ce soit conforme comme ça, ce sera immédiatement alors il n'était pas dans la loi mais il était dans la jurisprudence et donc on va pouvoir le faire ainsi disparaître. Euh comment vivre dans les mêmes endroits ? Pierre Ginet.

Euh en fait, on se rend compte pas forcément que par rapport au masculinisme, mais je pense que les hommes vis-à-vis de masculinistes, surtout quand ils sont nombreux, doivent vivre la même chose. Mais on s'en rend compte aussi politiquement. Moi, je me suis vu dans des situations où euh il c'est un secret pour personne que je n'apprécie pas particulièrement l'extrême droite et où je me permettais de critiquer, où on me disait "Ah mais tu sais pas à qui tu parles ?" et euh et où on voulait me faire taire de peur d'eux, de peur d'eux.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on s'oblige à se taire euh plutôt que de dire ce que l'on pense réellement et quels sont nos convictions. Et je pense qu'il faut arrêter et je crois que la violence dans les propos la violence en politique et la violence même extrême que l'on a pu connaître mais que l'on connaît depuis longtemps de de part de des deux extrêmes, on on ne doit pas se laisser euh intimider par cette violence, mais il faut avouer et moi je le vois tous les jours que elle fait terre aujourd'hui. Elle fait terre et c'est dommage.

Et donc il faut effectivement reprendre notre parole. Mais je pense que nous avons ici dans cette salle suffisamment de de personnes fortes et qui savent prendre la parole, mais il faut le dire, ça joue quand même beaucoup, me semble-t-il. La loi encore faut-il l'appliquer, ai-je aussi entendu.

Les condamnations sont en augmentation mais étendamment on n'en parle pas, on n parle pas assez. Je vais même vous raconter une histoire de euh d'un magistrat qui nous disait un juge d'affaires familiales. Il avait un homme face à lui qui sortait de prison pour avoir été violent avec sa femme.

C'était la deuxième fois qu'il y allait. Il dit "Oh de toute façon, les violences faites aux femmes, c'est une mode." Puisque moi, j'étais là-bas en 2019, j'étais tout seul et là cette année, il y avait la moitié de la prison qui était là pour ça.

Alors, il y avait que un/ers de la prison qui était là pour ça, mais ce qui prouve bien que [rires] les choses ont évolué, mais il faut qu'on le dise. Il faut le dire aujourd'hui. on risque quelque chose à être violent avec les femmes et j'aimerais qu'on risque autant quand on est violent avec les enfants parce que là où on arrive à faire avancer les choses sur la violence faites aux femmes, on se rend compte que c'est plus difficile avec la violence aux enfants et vous parliez de Mazan mais on n' pas parlé de le Squarnec et pourtant là combien d'enfants ont été victimes et mais je veux terminer quand même par quelque chose de plus positif puisque puisque si il y a un peu de eux en vous, et bien il faut souhaiter qu'il y ait un peu de vous en eux et donc on pourra en faire quelque chose.

Donc ça c'est plutôt positif. Et maintenant, je vais laisser la parole à nos rapporteurs qui peut-être ont des remarques ou des questions à poser, qui sont pas si évidents que ça. À moins que Je voulais je voulais juste dire une chose.

Juste dire une chose. En Espagne, moi quand j'étais petit euh dans l'inconscient collectif de beaucoup d'entre nous, de beaucoup d'hommes, l'Espagne était une sorte de pays emblématique de l'idée du machiste. D'ailleurs, je crois que le mot macho est d'origine espagnole. d'une certaine misogénie comme ça presque voilà dans le quotidien et je crois enfin je ne me trompe pas en disant et c'est pour ça que je parlais de la série Ker qui est vraiment vraiment extraordinaire euh elle est en voilà sur rareté euh je crois qu'en Espagne les féminicides ont baissé de 35 % et les pouvoirs publics et l'opinion publique et la prévention dans un pays qui était semblé être gangrainé véritablement par ce par ce sujet qu'on évoque depuis tout à l'heure.

ça a baissé 35 %. Donc 35 % c'est pas 0, ils ont pas passé à 0 % mais de 35 % par rapport à ici 176 féminicides l'année dernière 24 depuis le début de l'année je crois depuis le début de l'année l'année vient de commencer donc je veux dire les solutions elles existent et à partir du moment où on s'empare du sujet il y a visiblement la matière a inversé la tendance donc ça aussi j'espère que c'est porteur d'espoir pour pour vous toutes et pour nous tous. Je donne la parole à Olivia Richard.

Merci madame la présidente, messieurs, merci infiniment pour ces témoignages. Je savais pas que les sushis c'était féminin, mais ça explique pourquoi j'aime ça. Mais j'aime beaucoup l'entrecôte aussi.

Et la PlayStation et le Game Boy. Que devrions-nous penser du Game Boy ? Alors, non binaire.

Ouais, je suis peut-être non binaire. Enfin, je je savais pas. Merci beaucoup.

Ça me fait alors alors si vous mettez pas votre micro, on n'entend pas vos blagues, ce sera pas enregistre. Vous avez raison Olivia, c'est c'est invraisemblable. Quel par quelle circonvolution intellectuelle ?

Sais pas. Et du coup les cornflex ça va où ? Enfin je [rires] c'est enfin ça va être compliqué mais je nul doute que peut-être des gens vont filmer des vidéos pour nous expliquer ce qu'on a le droit de manger en fonction de son genre et du coup les non binaires mangent quoi ?

Enfin bon, euh merci beaucoup. Je ne peux pas m'empêcher de remarquer que vous êtes très jeune et que c'est peut-être pour ça que vous répondez par des vidéos que j'imagine qui sont diffusées sur les réseaux sociaux. Quel est l'accueil qui est réservé à vos vidéos ?

Moi-même, je suis un dinosaure. Je déteste les réseaux sociaux. J'aurais plus facilement envie d'aller au cinéma ou au théâtre.

Ce qui veut dire que je n'ai pas le bon langage pour répondre aux masculinistes et je n'ai pas non plus les bons codes pour répondre aux jeunes. J'ai pu intervenir devant une classe de première en à Berlin qui est pas connue pour être une ville d'extrême droite et néanmoins, c'était des profils très variés, très internationaux et un jeune a fini par me dire au bout d'une heure et demi de parler de droits des femmes mais quand même avoir des enfants, c'est cool. Les femmes sont contentes de les élever.

Et là, j'ai senti une sorte d'angoisse de l'enfant qui avait l'impression d'être un fardeau pour sa mère. J'ai dit "Oui, mais on peut faire autre chose aussi parce que nous avons un cerveau également." Et donc tout ça pour dire que il m'a été dit là-bas comme ailleurs, comme dans d'autres endroits qu'il pouvait y avoir des passages au moment de l'adolescence mais qu'à force de parler avec ces jeunes, on arrivait quand même à les récupérer.

Je suis pas certaine que ce soit le cas pour les ceux qui sont plus âgés. Je ne sais pas comment on parle à des gens de 40 50 qui nous expliquent que l'égalité c'est bon là. Comment on adresse cette gender fatigue ?

J'ai retenu d'un podcast d'un monsieur qui s'appelle Thomas Messias que quand c'est un homme qui parle, les hommes écoutent plus longtemps et donc vous seriez une sorte d'espoir. Mais je ne peux pas m'empêcher de noter que vous êtes quatre à la tribune et deux dans la salle si j'ai bien compté. Pardon Grégory, je vous exclus.

Du coup, vous êtes quand même extrêmement minoritaire. Est-ce que vous pensez qu'il y a une façon de changer ça ? Merci.

Qui veut répondre ? Euh oui, parce que personne n'a pris la parole. Je je je pense qu'il y a une façon de changer de ça, c'est de continuer à se bagarrer et de continuer à essayer de convaincre sur le terrain, chacun le sien, le terrain médical par les réseaux sociaux.

Moi non plus, je suis pas sur les réseaux sociaux. Je suis même pas un déçu qui les a quitté. J'y suis jamais allé, c'est un choix.

Euh sur le terrain associatif, moi sur le terrain artistique par exemple, là euh je fais euh la prochaine pièce que je vais que je vais jouer euh qui sera mise en scène par Alex Lutz évoque ce sujet. Euh là, je fais des lectures publiques en ce moment du livre de Julia Foce, pas tous les hommes quand même, très régulièrement, qui est une sorte de mise au point salutaire comme elle le dit, pas tous les hommes quand même, mais à chaque fois un homme et qui est vraiment une manifeste très précis, très engagé, très argumenté, très concret sur effectivement la situation du masculinisme et de de la domination masculine des hommes, pardon, dans ce pays. Euh et voilà, moi sur mon terrain, je m'engage et autour de moi, j'espère pouvoir fédérer par mes prises de parole, par la capacité, enfin la chance que j'ai d'être un personnage un petit peu connu et donc que les micros et les caméras parfois se se penchent sur moi.

Voilà, j'ai été je suis avec Femme France maintenant, très engagé auprès d'eux. Euh David Péico, euh le fils de Giselle Pécelicot euh est très engagé sur cette tribune. Il l'a initié, on a on a fait beaucoup d'émissions pour en parler.

Donc voilà, moi sur c'est le fameux colibri euh dont on parle tout le temps. Euh euh donc je pense qu'à force de d'engagement, à force de conviction, à force de de de voilà de de sueur et de et de sang aussi, c'est pour ça que je parle de guerre aussi parce que parce que ces hommes-là sont en guerre. C'est pour ça que nous aussi on a le devoir de s'engager sur ce sur ce terrain.

Et bien euh je pense que oui, c'est un long chemin. C'est un c'est parfois désespérant puis parfois on a envie de se résigner. Moi, ça fait plus de 25 ans que je suis engagé de ces sujets.

Au début, j'étais très très seul. C'est-à-dire qu'à chaque fois que j'en parlais de ces sujets, tant violences de que subissaient les enfants, les problèmes d'incestes et tout et les violences faites aux femmes, euh je me souviens que des hommes souvent me disaient "Ouais mais c'est des sujets difficiles, c'est dur, c'est très dur d'évoquer ça. Le viol euh les crimes fait son enfin bon bref, je dis bah oui mais d'accord alors on dit que c'est difficile, on fait quoi ?

Non, je préfère m'engager sur d'autres sujets et puis petit à petit, je connais voilà des hommes qui s'engagent sur ce sujet. Moi, je suis parrain d'une maison à Dax euh dans les landes euh du je suis parin d'une maison initiée par Bertrand Lais qui est un médecin donc d'accueil de des femmes victimes de une maison d'accueil des femmes victimes de violence conjugale. Donc voilà, il y a vraiment matière chacun d'entre nous à s'engager concrètement sur ces sujets, à le faire savoir grâce à vous, grâce au médias.

Moi, c'est les moyens que j'utilise. Alors, je suis pas sur les réseaux, je pense que j'aurais effectivement mais euh les réseaux se chargent de relayer parfois ben mes prises de parole et tant mieux. Moi, je n'ai rien contre les réseaux.

À titre personnel, j'ai pas envie d'y être pour plein de raisons parce que ça m'emmerde. Mais indépendamment de ça, je à chaque fois que je fais une communication, quelle qu'elle soit, je je dis c'est ce que j'ai fait avec ONU femme France. Je leur dit, allez-y, mettez-le sur TikTok, sur Instagram, surtout.

Voilà, ma famille est présente, mes enfants sont présents, je regarde par-dessus leur épaule comment ça se passe et je pense qu'il y a aussi des choses qui bougent. Après tout, le mouvement hashtag meou, il est né sur les réseaux. Donc c'est formidable aussi cette terrain potentiellement formidable de lutte, de résistance, de connaissance, de pédagogie, de transmission.

Donc voilà, s'il est bien utilisé, c'est et la preuve avec toi euh Thomas, c'est tu l'utilises euh voilà à boncient et j'espère que tu as beaucoup d'abonnés et de plus en plus et voilà, chacun peut contribuer euh tel les polis colibri que nous sommes. Donc euh voilà, euh continuons. Mais je dis pas que c'est voilà, peut-être que j'ai 60 piges, il me reste une 20 25 ans et euh j'espère que dans 20 25 ans les choses auront bougé.

Mais voilà, tant que j'aurai un souffle voilà qui me sera offert par qui que ce soit, et bien je continuerai à me bagarrer ça, soyez-en sûr. S'il vous plaît, je vous en prie. Oui, c'est un travail de langue haleine.

Voilà, il faut se dire que il y a 30 ans, on était pas dans cette situation là. Je veux dire, on avance, on progresse. C'est vrai que c'est un peu parfois décourageant de faire trois pas, deux pas en arrière, tr pas en arrière, mais malgré tout, on avance.

Voilà. Moi je si dans le domaine médical on a pu faire en sorte de modifier les questions d'internat, je l'ai dit tout à l'heure donc d'installer dans le programme les violences étopf. Bon ça c'est c'est une avancée.

C'est pas partout par c'est pas partout au même niveau, mais ça a vraiment avancé au niveau de l'ordre des médecins. On avance aussi, on a encore beaucoup de travail. Il y a une marge de progrès.

Il y a grosse marge de progrès au niveau de l'application des lois. il y a une grosse marge de progrès mais on avance quand même un petit peu. Donc moi je je reste positif même si il faut pas lâcher les armes.

Et c'est vrai que là en ce moment je suis un petit peu inqué par les discours autoritaires d'extrême droite et puis aussi d'extrême gauche. Moi, je suis un peu horrifié par mes camarades passés qui taisent ce qui se passe en Afghanistan. On en parle pas.

Qui ne parle pas de l'Iran, on en parle pas. qui justifie les discours religieux sur euh le fait de couvrir une femme de la tête au pied. Je je suis bon mais malgré tout, on va continuer et on progresse.

On progresse dans nos centres petit à petit. Voilà, je suis confiant mais il faut se battre. Alors juste avant de donner la Ah oui ah pardon Thomas, vas-y.

Euh bah oui et vous vouliez intervenir Thomas ? Et alors, j'invite mes collègues à aller regarder parce que là, on a vu trois de vos vidéos et j'en ai vu une sur l'inutilité de la femme de 40 ans. Alors, je n'ose pas imaginer.

Non, mais je le dis à mes copines vous comprenez parce que je pense que nous, on est dans l'unité la plus totale. Ce que j'ai compris qu'on perdait de la valeur nous avec l'âge tandis que l'homme en gagnait quoi, ce qui est quand même important. Non, je vous en prie. donner la [rires] Non non, c'est 40 ans.

À partir de 40 ans, tu es foutu déjà. [rires] Non non, c'est fini. Euh non, effectivement, je je suis assez d'accord avec une phrase qui a été dit un peu plus tôt de à problème systémique, solution systémique.

Je pense que ça la solution va potentiellement venir de là et chacun ses armes en effet. Euh moi, une des armes que j'ai choisi d'utiliser, c'est la culture. Je crois beaucoup beaucoup en la culture et en ce truc de euh c'est une sorte de norme qui va s'installer en fait à travers la culture.

Et moi, j'ai été éduqué dans une culture où la norme c'était le conflit, c'était la violence et c'était la domination masculine. Dans tous les films, séries, livres, émission télé que je que je regardais, c'était ça et uniquement ça. Et du coup, c'est ce qu'on a considéré comme la norme un peu tous et toutes.

Et je crois vraiment que si on arrivait à à proposer une culture où la base, la la norme c'est euh plus des des valeurs euh d'inclusivité, de lien, de communication, euh je pense que ça pourrait avoir un impact assez assez colossal. Donc voilà, moi c'est une des termes que j'ai choisi d'utiliser euh à travers les réseaux, écrire des livres, des séries, plein de choses, des spectacles pour proposer voilà culturellement euh une autre norme, quelque chose qui est normal et qui est cool. Parce que moi, j'ai grandi où c'était cool d'être violent, c'était cool de dominer, c'était cool euh de pas aimer les femmes et et c'était vraiment pas cool du tout d'être amoureux, par exemple.

Euh ce qui est terrible. [rires] Aujourd'hui, ça fait 11 ans que je suis amoureux avec Ophéli qui était sur la vidéo aussi [rires] qui prenait soin de mes couches. Et ben c'était et mon dieu, qu'est-ce que j'en suis heureux.

C'est c'est c'est absolument formidable de d'être amoureux, de se lever, d'être ce que les masculinistes appellent être féminin. Quel qu'est-ce que c'est délicieux quoi. [rires] Qui arrive ?

Euh moi j'ai enfin juste pour répondre à à enfin tenter de répondre à votre question et je c'est il y a je pense qu'il y a des choses qu'on sait pu il y a des choses qu'on pense c'est sans sans certitude vraiment. Je merci d'avoir cité l'Espagne, ce miracle qui a eu lieu. Euh je me souviens quand on avait le magazine chaque année, on se disait on espère qu'il va arriver la même chose en France.

C'estàd qu'à un moment donné, on va se retrouver avec de mémoire 4 millions de femmes grévistes et 2 millions de femmes dans la rue un moment donné. Et puis derrière tout qui s'enclenche. C'est-à-dire que les politiques suivent la vie du peuple. 4 millions de femmes grévistes, on y va massivement.

Les médias se questionnent, suivent et cetera. Vous avez quelque chose de positif qui est parti. Il y a une spirale positive qui s'est mis en marche.

Euh bon, on c'est jamais arrivé en France, hein. Euh une telle mobilisation, jamais. Ça c'est un peu arrivé en Italie.

Il y avait 600000 personnes à Rome il y a 2 ans. Euh ce qu'on a jamais vécu chez nous, jamais jamais jamais. Donc je trouve c'est un très bon exemple.

Ça montre que que ça peut exister, on l'attend toujours. Mais la mobilisation en France sur nos questions féministe, elle reste enfin ça reste faible quoi. On va pas j'aimerais bien dire le contraire mais mais faible.

Donc aujourd'hui, compte tenu de ça, puisque votre question c'était comment faire qu'on soit moins seul ? Euh je vais je ça va pas être optimiste ce que je vais dire, mais je crois à la contrainte en fait franchement. une contrainte qui peut être, j'ai parlé d'une contrainte avec la règle, la loi, on a une bonne loi, on a tout pour voilà la contrainte, on saura la comprendre.

Je pense au collectif, j'ai abordé cette question, je pense que les chefs d'entreprise, les gens à la tête des administrations, ils peuvent dire ici, ça se passe comme ça. En fait, il y a le cas de législatif pour légal, pour le faire, il suffit de le dire et de le faire parce qu'aujourd'hui, ça n'est pas le cas. et dans voilà et encore une fois et le le service public n'est pas plus euh euh exent de enfin de de de reproche que que le privé en la matière, ce qui est quand même assez dingue.

Et puis nous on peut contraindre nous voilà on n'est pas nombreux si on veut être massif le le la enfin je pense qu'il y a de plus en plus notamment de jeunes femmes. Je parlais de femmes jeunes femmes engagées radicales avec des attentes là-dessus qui ne tolèrent plus en fait du tout. Nous enfin quand j'avais 30 ans, on tolérait les gros lours à côté quoi.

Elle notamment et nous aussi ne tolère même plus la présence de ces gens-là. Bah, je pense que ça va nous faire du bien. Ça va générer quelques crétins comme ce qu'on vient de voir là, mais ils vont vite être seuls en fait et puis il y aura des Thomas qui vont leur répondre avec talent en face pour les ridiculiser.

Ça va ringardiser ces gens en fait. Il y a des gens qui vont savoir le faire et derrière les forcer à dire "Tu veux être avec nous ? Bah bouge Donc la contrainte parce que j'aimerais bien croire que mais alors juste pour répondre avant de les ringardiser parce que c'est vrai quand on a donné vous avez donné les chiffres du du coup de la virilité et le fait que c'est majoritairement des hommes qui sont en prison, majoritairement des hommes qui se font tuer majoritairement euh et et moi il y a quelqu'un qui quand même sous mes postes a répondu ça quoi en disant "Mais arrêtez de défendre les femmes parce que c'est les hommes qui sont les premières victimes." Et donc j'aurais donc après mais j'ai répondu du coup en disant oui mais ils sont victimes de qui ?

Ils sont pas victimes des femmes là, ils sont bien victimes des hommes. Donc comme quoi le système peut-être qu'il faut le changer parce que il est pas bon pour les hommes visiblement vu que les premiers à tuer des hommes, c'est effectivement des hommes. Donc je donne la parole maintenant à Béatrice Goselin.

Oui. Alors merci beaucoup pour tous ces témoignages et je reprenais, je voulais reprendre l'idée de Bruno Solo concernant l'Espagne, justement l'exemple que vous avez repris avant moi. Donc c'est très bien parce que justement on a on a parlé et vous l'avez dit vous-même, je crois que c'est une question de fermeté aussi.

Je pense que quelque part, vous disiez tout à l'heure que en fait on fait un délit routier, on le sait, on on passe le le la vitesse autorisée, on sait qu'on peut être condamné. Par contre, quand on fait on on violente une femme ou on on ne se sent pas on se sent enfin de la punité totale, je crois qu'il y a réellement ici un réel problème de de la société française et de la et de la justice française où il faut qu'on applique le texte de loi qui existe et qui est très bien fait. Je crois que c'est un réel problème.

Et alors pour être un peu plus légère aussi, je pense que l'éducation est largement et prioritaire surtout et vous l'avez dit, vous avez dit, il y a l'éducation au niveau de l'école et les le programme Evars et en fait partie mais il n'y a pas que ça. Je pense que c'est l'éducation même dès le début dès le dès le berceau et cetera. Et je voudrais revenir sur vos propos tout à l'heure.

Vous avez dit que vous aviez été c'est dans la violence au départ et donc le matchisme le et qu'est-ce qui vous a fait basculer ? Est-ce que c'est le fait d'avoir une superbe rencontre auprès de votre ami ou est-ce que c'est Je veux pas être un peu indiscrète, vous n'êtes pas obligé de répondre, mais est-ce que c'est tout simplement une prise de cons [rires] mais prise de conscience officiellement de parce que est-ce que c'est parce que les vous étiez dans les réseaux sociaux que vous étiez bercés par ce par ces ces réseaux et qui sont vraiment pour moi une calamité et je et je vous rejoins. Je pense qu'il faut aussi par les réseaux sociaux avoir ce contre cette contrepartie et de dire voilà il y a des choses qui sont intolérables mais il y a des choses magnifiques.

Donc est-ce que vous pouvez me répondre ? Vous n'êtes pas du tout obligé ? Je vais pas vous en retenir rigueury.

Euh oui, la rencontre avec Ophélie a joué évidemment. Oui, complètement. Ça ça faisait longtemps que je me questionnais sur les les stéréotypes de genre et les normes viriles parce que je je voyais que ça me convenait pas, que ça me rendait pas heureux d'essayer d'y répondre.

Euh mais j'avais aucun apport théorique et c'est vrai qu'on s'est un petit peu intéressé ensemble toi avant et après on a on a grandi ensemble sur ces questionslà en lisant des livres, en suivant des comptes, en regardant des vidéos, en écoutant des podcasts et ça a ouvert un espace de dialogue. On s'est-même formé à la communication pour pouvoir ensemble avoir une une communication qui est saine et qui va dans le lien et du coup on a passé des journées et des nuits entières à s'écouter et c'est vrai que écouter Ophélie parler de d'elle, de tout ce qu'elle a vécu, de son histoire avec ces lunettes là euh les lunettes féministes, on va dire, et ben ça ça a été profondé ément bouleversant et de de constater toutes les violences, le nombre vraiment incroyable de violences qu'elle a vécu depuis toute petite, c'est OK que je dise ça, [rires] euh dû au au sexisme, au patriarcal, à la misogénie. Nous avions il y a quelques temps d'un jeune homme qui était parti dans des mouvements masculinistes et complètement intégré parce qu'après une déception amoureuse et qui a réagi quand il a entendu parler de propos antisémites, il s'est dit "Non, c'est pas possible, c'est pas c'est pas moi." Donc et ça l'a fait réagir.

Je me dis qu'il y a il y a quelquefois dans le vécu ce ce basculement qui permet de dire voilà ça c'est pas ça peut pas être moi et je peux éventuellement rebondir sur un autre une autre une autre façon de penser et et avoir des relations beaucoup plus équitables, beaucoup plus justes et beaucoup plus humaines. Enfin, je sais pas, je me dis que moi, j'espère toujours que dans la nature humaine, on est on ait ce petite cette petite ressource, quel que soit alors vous le disiez, il y en a pour lesquels ça va être incurable. Je pense qu'on pourra pas faire autrement, mais j'espère que la majorité de nos enfants réagiront et c'est pour ça qu'il faut vraiment avoir tous ces modèles et proposer dans tous les domaines, la culture, les les réseaux, tout ce qu'on peut imaginer, la le théâtre, le tout ce qu'on peut imaginer la la médecine.

Je suis ravie de voir que dans le monde médical, on a on pose aussi les les questionnements parce que ça a été longtemps un petit peu oublié et je suis ravie de savoir que maintenant ça fait partie de la formation des médecins. On l'avait on l'avait déjà dit mais c'est intéressant de le savoir. C'est pas des questions, c'est plus des témoignages et je me dis qu'il faut être optimiste parce que nos jeunes, il y a quand même plein de choses qui vont être positives dans leur dans leur relationnel et dans leur façon de de voir qu'on peut on peut trouver trouver le le le le petit truc qui va permettre de basculer dans un dans un dans un comportement dans une relation humaine et digne de ce nom.

Voilà. Oui. Puisque n'oublions pas que le féminisme c'est l'égalité donc on cherche pas à les rejeter.

On veut juste les intégrer dans notre communauté de vie. Donc [rires] euh écoutez, le l'heure passe. Donc je vous demande je vais demander à chacun si vous avez un petit mot de conclusion pour Ah il y avait une question, excusez-moi.

Ah euh notre collègue Annique Billon souhaite poser une question. Merci madame la présidente. Alors moi j'avais peut-être j'ai écouté avec passion vos vos témoignages aux uns et aux autres et je voulais peut-être vous poser des questions pour et après et après en réalité on est dans une société où la le fait de d'énoncer de mettre en avant est toujours extrêmement difficile.

On l'a vu avec les mitou dans le cinéma ou dans la dans le domaine de la culture notamment. Donc qu'est-ce qu'on fait pour protéger les personnes qui dénoncent aujourd'hui ? C'est ma première question de quel que soit le secteur d'activité d'ailleurs, est-ce que vous avez des propositions par rapport à cela ?

Et j'ai des questions aussi sur les lieux de pouvoir puisque chaque espace est un lieu de pouvoir où les hommes ou les femmes prennent du pouvoir. Alors, est-ce que vous êtes favorable par exemple à instaurer de la contrainte supplémentaire pour qu'il y ait une représentation des femmes plus importantes dans les instances dirigeantes ? Ça c'est des questions qui reviennent régulièrement sur tous les sujets lorsqu'on parle de de euh au sein de la délégation.

Et puis euh aussi, il est question souvent dans ces sujets-là aussi de toucher aux porte-monnaaies. Donc euh quel euh quels sont les contraintes qu'on pourrait imaginer dans le cadre de financement par exemple euh pour obliger euh des des des dotations ? Ça existe déjà.

On l'a fait, on a fait progresser certaines certains textes sur ces sujets par rapport à la place des femmes dans la haute fonction publique. Un texte que j'avais porté avec la sénatrice et présidente Dominique Verrien. Euh et donc est-ce qu'il y a est-ce qu'il faut durcir les règles et favoriser finalement la représententation des femmes dans les lieux de pouvoir pour que ça puisse changer ?

Je vous remercie Laurence Rossignol puisque le temps passe vraiment. Je vais être rapide parce que j'ai pas vraiment de questions à poser. Je voulais vous remercier tous les quatre.

Euh bah d'abord pour votre engagement euh de pour certains que je connais de longues dates euh vous dire que quand vous expliquez à quel point c'est difficile d'être un homme féministe, bah en fait vous vivez notre vie. Euh voilà. Non, un peu moins parce qu'en plus ils sont des hommes.

Donc [rires] euh parce que être une femme féministe n'est pas la voix la plus facile et la façon la plus simple de se faire apprécier des collègues, des collègues de bureau et des dîners de famille. Euh et donc c'est faut quand même avoir ça en tête. C'était je je voulais simplement peut-être faire partager une remarque avec vous, c'est qu'on a pensé que sur les questions féministe, on aurait un développement enfin une progression quasi linéaire.

On a toujours eu conscience du fait que c'était pas simple, mais on pensait qu'il y avait une une progression linéaire que d' génération en génération, on allait éduquer les petits garçons que qu'elle était éduquée par des mamans féministes et que ça serait pas pareil et que voilà b et en fait on savait que la question féministe c'était une question politique mais ce qu'on avait pas calculé anticipé c'est que l'antiféminisme le masculinisme deviendrait une question politique. Et ça, pour avoir quelques années de militantisme féminisme derrière moi, féministe derrière moi, on l'avait jamais vu comme ça. Et on savait qu'il y aurait des résistances, mais on pensait pas que la résistance serait une identité politique comme elle l' devenue aujourd'hui.

Et ce qui fait que le combat que nous menons est un combat qui maintenant a pris une autre dimension euh et qui va nous obliger les uns et les autres à aller au bout de nos convictions. Voilà. J'entends toujours dire "Ah, il faut éduquer les petits enfants à l'école et cetera." Bah oui, apparemment c'est consensuel jusqu'au moment où on regarde ce qui se passe et on s'aperçoit que c'est une question politique qui donne lieu à de nombreuses résistances. euh nombreuses résistances et il dans ce qui se prépare, dans ce qui s'annonce, dans la manière dont on va y faire face, il faudra que chacun et chacune ailleent dans la cohérence au bout de ces convictions féministes.

Très bien. Ben, je vais vous laisser. Alors si vous avez une conclusion, éventuellement une réponse à Anne Billon, mais chacun bah oui, je je répondre au sujet de dénoncer, c'est plus difficile.

Là, on va on va utiliser les réseaux sociaux, c'est [rires] pas plus il y a il y a quand même du positif dans les réseaux sociaux. Donc là, pour dénoncer, si on veut dénoncer, on peut arriver à faire quelque chose. Donc, mais maintenant, il faudra protéger.

Et quand on voit les raides après qui s'annoncent, effectivement là c'est la loi, l'application de la loi et des moyens pour l'appliquer. Donc on revient encore au problèmes budgétaires et au choix politiques. Oui à la contrainte.

Oui à la contrainte. Très clairement, je parlais de l'ordre des médecins. Aujourd'hui, l'ordre des médecins, les les élections, c'est sont paritaires, c'est des binôes, ça fonctionne, on est en train de changer, l'âge est en train de basculer, de plus en plus de de d'hommes et de femmes sont présents.

Ça ça bouge. Donc il faut réellement trois suventions au conseil depuis 2013, on parle de je sais plus quel terme de d'équis de l'égnelis. conditionnalité, on en parle.

Bon ben, il va falloir quand même qu'on l'applique et qu'on fasse en sorte de financer les politiques d'égalité et qu'on arrête de financer par exemple les les structures qui qui font le contraire ou qui qui sont qui ont des des politiques antiégalitaires, religieuses et autres. Donc vraiment ça c'est c'est très important. Et euh Laurence Bon, tu as raison.

C'est c'est clair. Je suis désolé encore une fois, tu as raison. [rires] Et on va on va aller au bout pour se défendre parce que ça bien difficile.

Pour un mot de la fin, juste un mot sur les quotas. En fait, moi je sans grande surprise, je vais aller dans le même sens que Gill. Juste rappeler aussi, je pense par exemple au quota de la Loiri X1 là qui arrive dans les entreprises et et c'est un peu la panique parce que on arrive pas à trouver des femmes pour rentrer dans les commerces et cetera.

On a un peu vécu la même chose il y a une dizaine d'années, même là si on est dans des fonctions exécutives. Alors avec la loi Copésimerman euh en fait faut être clair hein et pas se mentir, un quota quand il arrive euh au niveau d'une loi, ça veut dire que ça fait 20 ans ou 30 ans qu'on en parle et en général 20 ans ou 30 ans qu'on entend parler notamment c'était le cas du monde de l'entreprise qui disaient "Vous inquiétez pas, on va gérer le problème, vous inquiétez pas, on va faire avancer. Bon, 10 ans, 20 ans, 30 ans, au bout d'un moment, il y a une loi qui tombe.

Voilà. Donc et ça fonctionne. Après, juste un point supplémentaire par rapport à ça.

Euh quotat de femmes pour équilibrer, oui, mais moi j'ai même plus d'envie. J'aimerais avoir un quota de gens former à ces questions en fait euh pour arriver à à tenir compte de voilà. un mot de je vais vous lire je vais vous lire juste un petit passage du livre de Julia Feuille parce que je trouve que le courage de Julia dans son livre c'est de s'être mise aussi dans la situation d'une femme qui va jusqu'au bout de sa logique féministe et qui parle de ce de des hommes qui l'entourent avec une honnêteté et une lucidité qui peut faire froid dans le dos mais que je trouve splendide.

Et donc je vous le lis, c'est très court. J'ai eu un père, il me racontait des histoires fabuleuses à base de Baobab et quand il me tenait la main, je n'avais plus peur de rien. J'ai eu un grand frère, un vrai grand frère, celui qui vient te chercher en mobylette à l'école pour épater les copines et celui qui t'attache à l'arbre pour te faire bouffer de l'herbe.

J'ai adoré avoir un grand frère. Je partage mon habitacle, les deux enfants qui vivent dedans, l'horizon qu'on aperçoit par la fenêtre et mes plus grands éclats de rire avec un homme. Si c'était à refaire, je signerai des deux mains.

J'élève deux garçons, chair de ma chair, sang de mon sang, les plus beaux du quartier, les plus tendres, les plus barrés. Je suis une mère au carré. Pour autant, mon père, mon frère, mon amoureux peuvent-ils avoir violé ?

Mes fils, un jour pourront-ils le faire ? Biologiquement, c'est jouable. Statistiquement, c'est possible.

Légalement, c'est interdit. Mais dans un contexte d'impunité quasi totale, force de constater que judiciairement, il ne risque pas grand-chose, moralement, pas beaucoup plus. En terre patriarcale, le viol n'est pas simplement n'est pas seulement pardon permis, il est encouragé.

Ça s'appelle la culture du viol et personne n'y échappe. On est toutes et tous imbibé. On en est toutes et tous imbibé.

Pardon ? Alors oui, mon père, mon frère, mon amoureux peuvent avoir violé. Mes fils, l'aîné comme le cadet pourront violer un jour.

Est-ce que ça me fait plaisir ? Non. Mais ce n'est pas vraiment la question.

Je trouve ça remarquable de courage de parler des hommes qui sont leur sa vie, qui font le qui sont les fondements mêmes de son existence de le dire, d'avoir l'honnêteté, l'objectivité de dire attention, moi aussi je reste quand même vigante vis-à-vis de ces hommes parce que tous les moyens sont donnés à beaucoup d'hommes de transgresser voilà ce terrible interdit qui est de respecter effectivement voilà l'autre moitié de l'humanité pour pas sortir de la condition humaine. Il faut il faut avoir un respect et la conscience de tous les instants effectivement qu'on est fait pour avancer ensemble sur la même ligne. Et je trouve que c'est merveilleusement raconté par ce livre.

Je vous encourage d'ailleurs à le lire toutes et tous surtout tous. Et moi je l'ai fait lire beaucoup de copains. Certains pas que des copains comme ça.

La plupart je je choisis un peu mes amis quand même. Et mais c'est vrai qu'il y en a quelques-uns qui me disent "Oui, mais je vois à peu près ce qu'elle va raconter." Non, non, non, mais lis-le, lis-le.

Et euh voilà et dans ma famille, tout le monde l'a lu évidemment. C'est même ma femme qui me l'a fait découvrir. Et depuis, j'ai contacté Julia et je fais donc des lecture assez régulière de ce livre qui est vraiment remarquable et en plus très drôle.

Voilà pour rejoindre ton engagement Thomas et c'est très drôle parce que Julia elle a oublié d'être voilà de ne pas de ne pas être drôle. Voilà. Et du coup le mot de la fin sera effectivement pour Thomas.

Merci beaucoup. Euh ouais, le texte est tellement touchant et effectivement je pense qu'on peut inviter aussi les hommes à avoir cette vigilance permanente envers notre entourage et aussi envers soi-même et même ceux qu'on aime et et ouais complètement et envers soi d'avoir cette vigilance là, c'est pas toujours facile mais je pense que c'est très important. J'aimerais revenir sur la question qui a été posée très rapidement sur protéger les personnes qui dénoncent.

Euh alors, je vais parler là uniquement des hommes qui déménoncent. En tout cas, pour commencer, c'est vrai que j'ai eu parfois des insultes, des menaces de mort, des choses comme ça. D'ailleurs, effectivement, l'application de la loi n'est pas toujours réalisée puisque aucune des plaintes que j'ai essayé de déposer à la gendarmerie n'a jamais été prise, même si c'est parfaitement illégal de refuser une plainte, une plainte.

Euh mais ce que je constate et ce qui est ce qui me rend très triste de constater, c'est que euh je reçois, malgré le fait que mon contenu ça soit quasiment uniquement de dénoncer l'extrême droite et dénoncer les masculinistes, infiniment moins d'insultes et de menaces de mort que n'importe quelle femme présente sur les réseaux sociaux, quel que soit le contenu qu'elle propose. C'estàd qu'une femme qui va parler de cuisine va être infiniment plus insultée et menacé que moi qui dénonce ces hommes-là directement. Euh donc oui, la question c'est aussi comment est-ce qu'on prend au sérieux ce sujet-là du harcèlement en ligne des menaces de mort du sexisme et et une nouvelle fois ça nous ramène à à à ce terrible constat queon est dans une société qui est de manière systémique profondément profondément misogyne.

Et merci à tous d'être venu [rires] sur ces mots. Et bien voilà ce constat tout à fait réjouissant. Euh alors bon donc nous au Sénat nous sommes 38 % la délégation au droits des femmes lutte et nous veillons à ce que au moins les règles soient claires, les lois le soient et nous veillons aussi et vous me donnerez le nom de votre gendarmerie à ce que les lois soient appliquées.

Voilà. Et donc euh je vais maintenant clore et remercier tout le monde, remercier le public présent et vous remerciez évidemment tous les quatre et je suis sûre que beaucoup de gens nous ont regardé et nous regarderons, nous diffuserons nous aussi sur les réseaux évidemment ces interventions tout à fait saines, salutaires et ce qui nous prouve que un espoir est possible.