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interviewLe Média (sur YouTube)· 30 avril 2025 17 min

FESTIVAL DU RACISME APRÈS LE MEURTRE D’ABOUBAKAR CISSE (RETAILLEAU, PASCAL PRAUD, GÉRARD LARCHER…)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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C'est parti. Cette fois, c'est définitif. Le gouvernement a franchi le mur du son de l'indessence.

Lundi, dans le récap, on revenait longuement sur l'attentat terroriste islamophobe qui a touché Abouakar Sissé, ce jeune fidèle malien lâchement assassiné dans une mosquée du gare vendredi dernier. 48 heures plus tard, le silence est impensable. Une nouvelle ligne a été franchie et détourner le regard serait une faute journalistique.

Ce drame épouvantable a été géré avec une indifférence glaciale de la part du gouvernement. Dans ce désert politique et moral, une voix s'est élevée avec courage et clarté, celle de la députée Sabrina Sbai. Elle n'a pas simplement pris la parole, elle a mis les mots là où ça fait mal et pointé du doigt la responsabilité de Bruno Rotaillot, le ministre de l'intérieur et des cultes.

Elle dénonce une faute morale, l'accuse d'alimenter la haine contre nos compatriotes musulmans et exige sa démission. car il aura fallu attendre 2 jours. 2 jours pour réagir, 2 jours pour vous déplacer, non pas sur les lieux du crime, non pas auprès de la famille, mais enfermé à la sous-préfecture d'Alè, loin des regards, loin du réel.

Et lorsque vous avez enfin pris la parole, vous n'avez même pas été capable de prononcer son nom. Vous avez parlé d'un individu comme on efface, comme on balit, comme on piétine une dignité. Abouakar Sissé n'était pas un simple individu.

C'était un jeune homme, un citoyen. C'était un enfant de la République. Depuis des années, vos discours répandent. la suspicion et attise la haine contre nos compatriotes musulmans.

Vous n'avez cessé de les dénigrer quand vous avez osé dire qu'ils régressaient vers leurs origine ethnique, que vous avez présenté le voile comme un étendard islamiste, que vous avez stigmatisé leur foi comme un danger pour la France et que vous avez même proposé d'interdire aux maires voilées d'accompagner leurs enfants en sortie scolaire. Vous n'avez jamais été à une provocation prêt ? N'hésitons pas à lancer "Vive le sport et à bat le voile" devant des milliers de personnes.

Pourtant, vous êtes aussi ministre des cultes, mais vous avez trahi votre charge, vous avez failli et aujourd'hui les musulmans ont peur. Vous avez soufflé sur les braises de la haine et aujourd'hui, la haine a encore tué. Votre silence, votre mépris, votre désertion ne sont pas une simple faute politique.

C'est une faute morale. C'est le signe que pour vous, la vie d'un citoyen musulman vaut moins que celle d'un autre. Alors, je n'ai qu'un seul message pour vous.

La République mérite mieux que vous. La République exige mieux que vous. La seule issue des centes, monsieur Rotaillot, c'est votre démission.

Partez organiser votre Congrès. Les Français ont besoin d'un ministre à plein temps pour les protéger. Allez-vous-en.

Le procès en deux poids de mesure n'est pas exagéré. C'est un fait. Et à chaque prise de parole, le gouvernement réussit l'exploit d'aggraver un peu son indignité.

Dans les couloirs de l'Assemblée ce matin, la Macronie semble un peu gênée par les récents événements, mais fait mine de rien. Priscat Tevno botte en touche et Guillaume Casbarian prend la tangente mais reste bon soldat même dans la tempête. On regarde les images de Lisa toujours ces prises de position.

Oui, je les écoute pas, j'ai pas écouté ce qu'il a dit. Est-ce que vous le soutenez que c'est quand même le ministre de l'intérieur ? Ouais, mais là je suis dans mes PPL moi sur la protection des femmes et l'égalité femum.

Donc vous êtes pas du tout sur le sujet. Ah non, je suis vraiment sur l'égalité en ce moment. Tandis que l'exécutif détourne les yeux, la gauche choisit de recevoir ce qu'il ignore.

Mardi matin, la famille d'Abouakar Sissé a été reçue à l'Assemblée nationale. Face à la presse, un de ses oncles a dénoncé le traitement médiatique fallacieux de cette affaire. On rappelle qu'au début bon nombre de médias, notamment dans la sphère boloré ont fait passer ce crime pour un règlement de contre entre fidèles musulmans.

Il pointe également l'attitude des politiques. On l'écoute. triste aussi à la fois des traitements médiatiques au début qui a été fait parce qu'ils nous ont fait croire au début que c'était des frères musulmans qui se sont assassinés et puis comme disaient certaines aussi les réactions tardibles de certaines euh responsables politiques.

Là aujourd'hui tout ce que moi je peux vous dire c'est ce que la justice soit faite pour notre neveu dans des propos rapportés par le post la famille s'est également plainte de ne pas avoir été je cite contactée directement par Rota Bairou ou un émissaire de Macron et d'insister Bruno Rotaillot a refusé de nous rencontrer. Évidemment Bruno Rotaillot a tenté de se défendre et pas n'importe où sur ces news. Il s'est fait passer pour la victime d'une cabale médiatique accusant les élus d'extrême gauche, notamment écologistes, de mentir impunément et les journalistes d'être complice.

Il y aurait de quoi rire si c'était pas si dramatique, car rappelons-le, ce ne sont pas les élus qui l'accusent ici mais bien la famille d'Abouakar Sissé. Et ce petit détail visiblement n'intéresse pas le ministre, pourtant soudainement très à cheval sur la vérité. Mais il ne s'est pas arrêté là.

À ce stade, je n'ai plus assez de qualificatif. Je vous laisse faire votre opinion vous-même. Vous avez démenti.

Euh, vous avez donc jamais refusé évidemment de la recevoir. Pourquoi vous ne les avez pas reçu ? J'allais dire avant avant cette polémique, pourquoi quelques jours après tout simplement recevoir une famille en deuillée comme comme d'autres ?

Abouakar Sissé était en situation irrégulière. Donc, c'est difficile de retrouver la famille. Nous l'avons retrouvé.

Sa famille est pour parti pour en Afrique d'ailleurs. Ses deux parents d'ailleurs sont dans deux pays africains d'Afrique noire. C'était difficile.

Euh certains se disaient les cousins, d'autres frères, d'autres oncles, là je pense que on est sur la bonne piste. Mais quand on est ministre de l'intérieur, on doit recevoir la famille, vraiment la famille, la famille autorisée, la la famille juridiquement avérée. Voyez le bon côté des choses, il a enfin arrêté d'appeler Abouakar Sissé l'individu.

Il prononce désormais son nom en entier. On progresse. Il n'a en revanche pas pu s'empêcher de faire étalage du statut administratif d'Abouakar Sissé en situation irrégulière, dit-il pour justifier qu'il n'ait pas rencontré la famille, que les députés ne semblent pourtant pas avoir eu tant de difficultés à retrouver.

Pensez bien à renouveler vos cartes de séjour si jamais vous comptez vous faire assassiner. C'est un petit conseil qu'on vous donne et puis ça simplifierait l'avis du ministre de l'intérieur. Al là, si seulement Bruno Rotaillot était le premier flic de France, il aurait accès à tous les moyens de renseignement pour rapidement localiser une famille en deuil, même en Afrique noire où tout le monde semble cousin.

Rien de tel qu'une petite touche de racisme pour parfaire une bonne leçon de mépris. Son nom a surgi dès vendredi après-midi sur le fil X d'un ancien élu breton du Rassemblement national. Un compte suivi par 60000 abonnés.

Près d'Alè Abdelk Grini. a tué au couteau un autre fidèle en pleine mosquée. Le titre du message particulièrement ignoble directement du producteur au consommateur, sous-entendu qu'il s'entretue.

Mais l'ex élu Eren n'a lu trop vite ou en tout cas trop vite pour ses préjugés racistes. Il a vu un nom arabe. Il en a déduit que c'était celui du criminel.

Mais non, Abdel Krim Grini n'est pas le meurtrier, c'est le procureur. Si vous pensiez que c'était tout pour la journée d'hier, vous vous trompez. Après la rencontre avec la famille d'Abouakar Sissé, les députés de gauche ont demandé à rendre hommage à la victime dans l'hémicycle au moyen d'une minute de silence.

Elle a été refusée en conférence des présidents. C'est l'institution qui régit et organise les travaux de l'Assemblée. La raison euh seuls les groupes de gauche minoritair y était favorable.

Pour se justifier, les opposants ont sorti des cartons, une décision soi-disant prise à l'unanimité le 28 janvier dernier. La conférence des présidents se serait alors accordée pour ne plus faire de minutes de silence relative à des cas particuliers. Motif invoqués, il y en aurait trop.

Une règle sortie de nulle part vraisemblablement décidée à l'oral selon la députée socialiste Fatia Calois Achi, sans trac écrite, sans débat et dont personne ne semble vraisemblablement euh se souvenir. Sauf que dans les faits, les exceptions pleuvent notamment pour les personnalités politiques et les victimes du terrorisme. Il y a eu une minute de silence fin janvier à l'occasion du décès de Jean-Louis Dobré, ancien président de l'Assemblée, mais aussi pour Oad Yaalomi, un franco-israélien tué alors qu'il était du Amas le 5 mars dernier.

Encore une fois, les deux poids de mesure sautent aux yeux. Certaines morts méritent le silence, d'autres à peine un mot. Cette décision a déclenché l'ire des députés de gauche.

L'insoumis Thomas Porte dénonce une très grave faute politique de la présidente de l'Assemblée. Il ajoute "On n'est pas sur un cas individuel, on est sur un meurtre islamophobe, sur un climat islamophobe dans le pays." Le premier secrétaire du PS, Olivier Fort s'est dit scandalisé. "C'est une aberration, une injustice et une faute." Vu l'ampleur de la polémique, la présidente Yel Bron Pivé a fini par rétropédaler face à l'émotion légitime et compte tenue de l'ignoble instrumentalisation faite par certains de sa mort.

J'ai souhaité que nous puissions saluer sa mémoire", a-t-elle finalement expliqué. Gérard Larcheter, président LR du Sénat, a quant à lui catégoriquement refuser la minute de silence, demandé ce mercredi au motif qu'elle était réservée aux graves événements. Apparemment, un attentat islamophobe dans une mosquée ne fait pas partie des graves événements pour Gérard l'Archer.

Tout est dit. À l'Assemblée pendant la minute de silence finalement accordée, les bands du RN et des sciotistes étaient soudainement vides. Les élus auraient en fait siamment séché l'hommage attendant qu'il se termine pour revenir en hémicycle.

Tout un symbole. Comme souvent, l'extrême droite n'a rien trouvé de mieux que d'être à la hauteur de sa propre médiocrité face à ce drame. D'abord très silencieuse côté politique, les réactions ont mis encore plus de temps à arriver que celle du gouvernement.

Marine Le Pen a mis 3 jours pour prendre un tweet tiède prenant soin d'éviter toute mention d'islamophobie ou même de racisme. Elle a même eu le culot d'ajouter que notre pays est défiguré par la haine et la violence. La faute à qui ?

On se le demande. Julien Odoule a bien sa petite idée. On l'écoute au micro de Lisalap lundi dans les couloirs de l'assemblée.

Mom donné, faut faut arrêter de faire de la récupération et ce qui s'est passé hier est une récupération scandaleuse. C'est à vomir ce qui s'est passé place de la République. Vous avez compris, c'est la faute de la gauche.

Bizarrement, ce narratif, on le retrouve beaucoup sur les médias de Boloré et autres fascistoïdes. Coïncidence, me direz-vous. Sur Sud Radio, Robert Ménard, le maire de Bé, estime que la gauche saute sur cette affaire en se disant "Ah voilà, on a notre affaire, on va pouvoir descendre dans la rue." Sur ces news, c'est la même soupe sur le plateau de Pascal Pro.

Les chroniqueurs s'en donnent à cœur joie. Ellisabeth Lévi en profite pour nous gratifier de ses réflexions, toujours aussi habissal de superficialité. Elle va encore un peu plus loin en accusant la gauche d'être responsable de la haine islamophobe.

Je la cite, "Je ne crois pas que c'est la critique de l'islam qui nourrisse la haine qu'on a vu à l'œuvre dans cette mosquée. Ce qui la nourrit, c'est le déni gauche. Ne cherchez pas la logique dans cette phrase, il n'y en a aucune.

Quand ce n'est pas la gauche que l'extrême droite pointe du doigt, c'est la société multiculturelle. On écoute Pascal Pro. Aujourd'hui, Aboubakar Sissé meurt dans un lieu de culte musulman.

La société française est multiculturelle. Elle convoque chez certains esprits l'intolérance, la haine, la violence. Même son cloche et Vincent Hervoué, éditorialiste de la chaîne.

Pour lui, la société multiculturelle, multiethnique, c'est la société multivente, c'est la guerre de tous contre tous. Flagrant délit d'inversion accusatoire, les immigrés et leur culture seraient responsable de la folie meurtrière des racistes. Une logique perverse qui fait des victimes les coupables et les agresseurs les innocents.

Et évidemment Bruno Rotaillot abond. Je pense que société multiculturelle est une société où les tensions s'attisent parce qu'il y a rien de commun. La boucle de l'indécence est bouclée et pendant que l'extrême droite recycle ses obsessions et que le gouvernement reprend ses refrains les plus nausés à bon, le climat continue de se détériorer pour la communauté musulmane en France.

Les discours et obsessions politiques deviennent un carburant pour la haine. Lundi, en pleine rue, une jeune femme musulmane s'est faite violemment agresser à Poissie. Un homme lui a notamment arraché son voile.

L'islamophobie ne se niche plus seulement dans les discours. Elle frappe dans la rue. Attisée par la lâcheté du pouvoir et les mensonges des plateaux télé, elle s'abat sur celles qu'on voit le plus, les femmes qui portent le voile.

Elles sont les premières exposées, les premières agressées et trop souvent les premières oubliées. Abouakar Sissé a été tué dans une mosquée parce qu'il était musulman et face à ce crime raciste, l'État a baissé les yeux, détourner les mots, refusé l'hommage. Bruno Retaillot ne s'est pas contenté de fuir ses responsabilités.

Il a légitimé l'indifférence, il a théorisé l'oubli. L'indignité est totale. L'islamophobie n'est pas un accident, elle est systémique et aujourd'hui elle siège au ministère de l'intérieur.

On poursuit avec l'actualité du jour racontée et mise en image par Haorla. François Bairou entame aujourd'hui les consultations sur la proportionnelle. Il a reçu ce matin les représentants du Rassemblement national Marine Le Pen et Jordane Bardella qui ont affirmé leur soutien à cette mesure souhaitée de longue date par le Premier ministre.

Il plaide pour un scrutin à la proportionnelle intégrale dans tous les départements pour les prochaines élections législatives. C'est sur ce mode de scrutin de 1986 que l'Assemblée sera saisie. Euh et donc si euh c'est sur celui-là que l'on retombe, euh le Rassemblement national le défendra.

Le RN réclamait jusqu'à présent la proportionnelle mais avec une prime majoritaire pour la liste arrivée en tête, ce qui n'est pas prévu dans le mode de scrutin de 1986. Si la gauche n'est pas contre, à l'exception du PS qui émet des réserves, les Républicains y sont fermement opposés. Le ministre de l'intérieur, Bruno Retaillot, s'est d'ailleurs publiquement exprimé contre.

Ce matin, les présidents de trois départements accusaient de ne pas avoir protégé des mineurs placés sous leur responsabilités. Les présidents des département de lesson des Yvelines et des Bouches du Rône sont visés par trois recours pour en responsabilité. Selon France info, ils ont été déposés par des familles qui accusent ses élus de ne pas avoir su protéger leurs enfants placés sous leur responsabilité au sein de l'aide sociale à l'enfance.

Selon la récente commission d'enquête parlementaire sur les enfants placés, 15000 mineurs sont victimes de prostitution en France dont une majorité d'enfants placés. Ce nombre a plus que doublé entre 2016 et 2024. L'avocat Michel Hama, qui défend une trentaine de ses enfants et dépositaire de ses recours dénonce un phénomène national.

Il y a des enfants qui se prostituent partout en France, surtout la ceinture parisienne, Bobini, Nan Nant Créteille, Lyon, Marseille. Euh pourquoi ? Il n'y a aucun contrôle fait par les services sociaux.

Les enfants sont livrés à eux-mêmes. En fait, il y a pas de garde. Alors, votre enfant est placé parce qu'on pense que vous êtes défaillant.

Quel qu'en soit la raison, il est confié au département. Seul responsable, c'est le président du département. Le ministère de la justice reconnaît de son côté une situation critique et évoque le besoin de renforcer le contrôle dans les foyers de la ZE.

On continue avec l'international. Au Yémen, les frappes États-Uien continuent sans l'accord de l'ONU. Les frappes États-Uiennes ont touché plus de 1000 cibles au Yémen, tuant des combattants, des dirigeants outils et dégradant leur capacité, a affirmé ce matin Sha parell, le porte-parole du Pentagone.

L'armée britannique a aussi revendiqué avoir pour la première fois participé aux frappes américaines en visant dans la nuit une cible militaire outil au sud de la capitale Sana. Les forces américaines bombardent le Yémen quasi quotidiennement via des frappes aériennes depuis le 15 mars dans le cadre d'une opération appelée Rider. Ces bombardements sont menés en répression aux outils qui contrôlent de larges pont du Yémen et ont pris pour cible la navigation maritime en mer rouge depuis fin 2023 par solidarité avec les Palestiniens de la bande de Gaza dévasté par la guerre que leur mène Israël.

Lundi, l'ONU était exprimé pour condamner des frappes qui ont fait au moins 68 morts sur un centre de détention pour migrants au Yémen. Les rebelles imputent ses bombardements aux États-Unis. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du récap.

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