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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 10 juillet 2026 30 minAutoproduit

La culture est centrale et essentielle à la vie humaine - Point presse au Festival d'Avignon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Est-ce que vous pensez que ce rendez-vous-là, ce lieu est extrêmement important pour pouvoir mobiliser les acteurs de la culture aujourd'hui ? Je crois que peu de gens ont compris dans le pays ce qui est en train de se passer dans le secteur de l'activité culturelle et on doit s'accuser d'avoir été pas nous en tout cas mais beaucoup de gens doivent se poser des questions. Nous parlons d'un secteur si on prenait les choses simplement par leur niveau économique, on va dire il s'agit de 700000 personnes qui ont un emploi, qui en vivent, qui ont une vie de famille et qui apportent quelque chose à la société. dont personne ne conteste l'importance et même mieux, on va dire comme c'est Avignon et que c'est le théâtre, le phénomène depuis 2 ans, c'est que les théâtres se reremplissent beaucoup, ce qui envoie un signal de la part de la population comme une demande de diversité, d'interpellation.

Quel rôle de la culture he si on si on veut faire. Bref, et tout ça est en train de de mourir à j'allais dire à petit feu, mais c'est plus le cas des petits feu. Maintenant, on est carrément dans les grands feux, c'est-à-dire c'est des coupes terribles dans le financement public et puis entouré d'un discours infemme qui consiste à considérer la culture comme une espèce de supplément d'âme dont on peut se passer.

Il y a plusieurs gens et compagnie ou bien euh les les travailleurs du secteur, les artistes sont des sortes de privilégié à qui on périt une rente pendant qu'il s'amusent et que tous les autres travaillent. Ce qui est une vision de lourdau, de rustre qui ne comprennent pas de quoi nous sommes en quelque sorte menacés. Il y a deux façons de voir qui sont l'une en face de l'autre.

L'une va consister à dire "Pas d'argent public, débrouillez-vous ! aller chercher des sous là où vous pouvez et alors on a une dynamique qui se met en place où on va faire du moins cher comme dans la production économique, industrielle ou agricole. Alors moins moins cher, c'est moins de monde, moins de technique, moins d'installation et donc on va tout réviser à la baisse avec évidemment une sorte de normalisation de la production culturelle.

Et le danger vient de ce que au fond nous finissions par tous ne vivre plus que dans notre algorithme. C'est-à-dire nous n'irons voir que ce dont nous sommes absolument certains que ça va nous plaire. Nous allons consommer de la culture d'après les normes qui sont déjà en nous au lieu d'aller à la rencontre de la culture pour se faire interpeller, pour découvrir, pour apprendre, pour ne pas être d'accord avec le spectacle lui-même, hein.

Voilà. Ne croyez pas que je sois si peu que ce soit en train d'exagérer. Il y a bon, tout le monde connaît mon option politique, je suis un anticapitaliste, tout le monde le sait.

Mais le capitalisme n'est pas un mode de production seulement, c'est aussi un mode de consommation. Il uniformisme, il réduit pour être certain d'avoir tout le temps la même chose à produire et à en diminuer les coûts. Bah, c'est pareil avec les consommations culturelles.

Et nous autres français, nous sommes en train de gâcher un de nos plus beaux atouts. Regardez, aujourd'hui, il se dépense, il se consomme plus d'argent par exemple dans les jeux vidéos que dans le cinéma. Donc pour ceux qui n'entendent que les arguments économiques, entendez celui-là.

Il y a pas de jeu vidéo sans la capacité de créativité, c'est-à-dire de faire autre chose que ce qui s'est déjà fait. Et c'est ce surgissement de la nouveauté qu'on appelle la création. Et c'est elle qu'il s'agit de cultiver.

Tout ce que nous savons faire s'éteindra si nous ne sommes plus capables d'apprécier que un type particulier de de production. Alors ici, on est particulièrement bien placé à Abignon parce que quand même le maire de la ville a battu Hors quoi. Ah non, franchement, fallait le trouver.

Je sais pas où vous l'avez trouvé celui-là, mais qu'on ose dire aller dire à des gens de culture, faut quand même être pas malin, hein. C'est d'aller leur dire "On veut bien que vous fassiez ce que vous voulez mais il faut que ça soit neutre." Mais qui lui a jamais enseigné que la culture n'est jamais neutre ?

C'est impossible. Neutre ne veut rien dire. D'ailleurs, dans l'existence, ça n'existe pas.

On peut trouver des points d'équilibre, mais dans la culture, il y en a pas de points d'équilibre. Par définition, dans la culture, l'amour est toujours une passion. C'est pas raisonnable.

Et souvent, elle finit mal, ce qui n'est pas raisonnable non plus. Je prends cet exemple là, mais je pourrais multiplier le la plus grand création théâtral humaine qui durent depuis plus de 2000 ans, c'est les pièces de Safocles. C'est Antigone ou c'est où c'est neutre ?

Antigone Antigone, elle envoie balader toute sa famille pour faire respecter le droit pour mort d'être enterré. C'est-à-dire qu'elle ne reconnaît à personne, à aucune autorité de nier le droit d'être d'être enterré alors qu'il s'agit d'un mort, n'est-ce pas ? Comme nous nous refusons de reconnaître le droit de vie et de mort à la police avec la loi qui vient d'être votée.

Et je prends l'exemple d'Antigone, mais je pourrais multiplier depuis quand Tartus c'est une pièce neutre. L'autre, il a failli se se faire mettre au trou pour avoir fait une pièce [raclement de gorge] pareille. Donc c'est vraiment le mythe bourgeois de la culture qui est juste là pour montrer que vous n'êtes pas dans la classe populaire.

Vous êtes milieu à part qui sait aller consommer hein. Voilà c'est ça qu'ils veulent et c'est contre tout ça. Et là on peut dire que c'est un moment clé parce que cette année on commence à atteindre l'os hein.

Qu'est-ce que vous pouvez promettre vous par exemple aux gens du spectacle vivant pour le rassurer ? Est-ce que vous pouvez leur dire ici à Avignon qui est une chambre d'C ? Je vais leur dire, ne croyez personne.

Essayez d'évaluer chacun de ceux qui vous parle à l'ôre de son propre intérêt. Si vous entendez monsieur Atal venir ici et parler, demandez-vous si quand il dit qu'il veut mettre à la porte 100000 fonctionnaires, c'est pour embaucher 100000 théâtreux. Non, ne le croyez pas.

Quand moi je viens et je vous dis la culture est centrale, vous êtes obligé de me croire. Pourquoi ? parce que je suis un insoumis et que l'insoumission c'est refuser l'ordre des choses.

Moi s'il y a pas de cultureux qui font des pièces qui envoient balader tout le monde qui critique qui se moquent je ne peux pas vivre politiquement parce que c'est la matière première donc je tire ma politique qu'on m'enlèverait donc je pense que je suis crédible et pas eux. Alors voilà, je peux pas donner de meilleures preuves ou de ma bonne foi que la racine de mon engagement, mais vraiment je mets en alerte. Vous savez, les bureaucraties ne manquent jamais d'imagination pour inventer des conneries qui normalisent.

Est-ce que vous savez que la Commission européenne une année avait inventé de faire du vin rosé ? Je dis ça parce qu'on en fait dans le coin en mélangeant du vin blanc et du vin rouge. Des gens qui sont capables d'imaginer une telle omomini sont capables d'imaginer que l'art est neutre.

Ça fait partie de leur de leur simplification intellectuelle. Non, on est en danger de normalisation et de non humanité. Car le jour où nous apprendrons à nous contenter d'une seule production, et bien nous serons pas loin de l'état de n'importe quel animal qui se contente de consommer une seule chose parce que tout son organisme est préparé pour ça.

Il faut être rebelle, il faut s'en soumettre. C'est la fonction essentielle de l'art pour justement pour se diversifier, s'en soumettre. L'argent c'est le nerf de la guerre.

C'est ce dont on parle ici. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire là-dessus sur les Ah bah d'abord, il faut bien Non mais vous avez raison de poser la question parce que c'est comme ça qu'elle se pose. On serait même pas là en train d'en parler si tout le monde était pas pris à la gorge parce que les budgets publics s'effondrent.

Tout à l'heure, j'ai entendu un homme merveilleux parler. C'est le directeur, je crois que c'est son titre de ce festival. C'est son titre.

Oui, c'est son titre. Alors, il m'a dit, "Vous comprenez, monsieur Mélenchon, les subventions publiques ont été réduites d'une manière incroyable. C'est la première fois qu'il y a moins de subvention publique que de mes scèes et de résultats de la billetterie." Et à ce moment-là, il a pris son maire, le plus consterné et il m'a dit, "C'est un échec total pour nous." Alors, on le regarde, on lui dit "Bah en quoi c'est un échec ?

Vous êtes là, vous êtes vivant, vous avez convaincu des gens d'acheter des billets ?" et il répond "Mais on n'est pas là pour ça. On est là pour surprendre, on est là pour prendre des risques, on est là pour interroger par des créations artistique que personne n'a jamais vu et qui tout d'un coup font réfléchir." J'ai trouvé que cet homme, si j'avais pu, je l'embrassais tellement ce qu'il était en train de dire sur la culture était magique.

Et oui, il a raison. Il faut qu'on ait de l'argent public. Mais pour ça, je vis avec mon époque.

Où que j'aille, la première chose qu'on me demande, c'est combien ça coûte. Ça suffit. Combien coûte l'inverse ?

À chaque fois, c'est pareil. La santé combien ça coûte et la maladie combien ça vous coûte. Alors le l'art, ça coûte ça combien ça coûte et l'ignorance et l'incapacité à ressentir combien ça coûte.

Vous voyez ? Donc vous avez raison, faut remplir la caisse. Et bon franchement alors on vit une époque où tout le monde trouve normal de consacrer 5 % du PIB du PIB à armer le pays en achetant des armes sans savoir contre qui on va se battre.

D'ailleurs, on n'a pas envie. Et on quand nous on dit il faut 1 % pour la culture on dit est-ce bien raisonnable de jeter l'argent par les fenêtres comme ça parce que c'est ça qu'on nous dit. Je je vous je vous livre cette pensée pour que vous vous alliez faire votre chemin avec.

Les les organisations syndicales elles demandent un point du budget de l'État pour la culture. Vous vous engageriez à mettre combien ? Bah je nous le programme prévoit 1 % du PIB donc ça fait beaucoup plus dans le budget de l'État.

Tiens, on n pas calculé. Peut-être que tu le sais toi, mais vous voyez bien faire 1 % du budget de l'État alors qu'il est à zéro, je sais pas quoi, ça il faut pas tourner autour du pot ou bien nous en avons besoin. D'accord ?

Si je vous disais, bon euh vous me disiez monsieur Mélenchon, combien aura-t-on le droit de boire d'eau par jour ? Bah vous commenceriez par vous demander combien vous en avez besoin pour rester vivant, hein. On connaît, on connaît ça, on sait cette proportion là.

Demandez-vous de combien avez-vous besoin de culture pour rester des hommes et des femmes dignes de ce nom ? C'est ça la question qui est posée ou bien est-ce que vous avez envie d'être des robots ? Là, je vois tous les gens qui s'affolent sur l'intelligence artificielle.

Ils me font rigoler. On n'est pas capable de dire ce qu'est l'intelligence, mais on proteste contre l'intelligence artificielle. Mais je vais plus loin.

Le risque, c'est pas que les robots vous remplacent, c'est que vous vous comportiez comme des robots. C'est ça le risque. C'est-à-dire que vous ayez réduit le champ de votre humanité. de vos goûts, de vos appétits, de vos attirances.

C'est ça le risque, le vrai risque. Donc combien il faut d'argent ? Réponse beaucoup.

Voilà 1 % du PIB. Si vous le président dans 9 mois, euh quelles seraient les grandes mesures peut-être une mesure phare que vous aimeriez mettre en place pour le monde de la culture ? Déjà, on commence par arrêter les coupes.

Article 1, fin des coupes budgétaires. Article 2, qu'est-ce qu'on peut mobiliser ? De toute façon, on aura un projet de loi de finance.

Si on gagne, ça se passe en avril. Le temps de faire les élections législatives et de les gagner. Et on a l'Assemblée qui se réunit entre juin et juillet.

Session extraordinaire. les malheureux députés vont s'en payer une deuxième. Là, dans la le projet de loi de finance, on peut modifier euh le montant de l'argent qu'on donne à la culture.

Mais pour ça, il faut qu'on modifie le montant des recettes. Donc, il va falloir queon aille faire passer à la caisse toute une série de gens qui refusent de le faire aujourd'hui. Alors, je sais pas, on a évalué, on en est à 43000 maintenant qui ont des très hauts revenus et qui payent zéro d'impôts.

Vous avez entendu comme moi le soir où j'annonce ma candidature la journaliste dire mais monsieur Mélangeron, vous voulez prendre de l'argent à Total mais Total ne fait pas de bénéfice en France. Bien sûr, c'est un voyou qui sort son fric avant. Et donc une entreprise qui distribue 19 milliards d'euros, on essae à cette heure-là, il y a 5 à 6 millions de personnes qui écoutent et vous avez quelqu'un qui 200 froid tranquillement vous dit "Ah non, total c'est un petit pauvre, on peut rien lui prendre." Donc il va falloir remplir la caisse et puis on va mettre immédiatement des choses en route.

Il y en a on sait faire tout de suite. Je vais vous dire une chose. Je crois que l'art et la culture sont une des composantes de ce qu'on appelle la qualification professionnelle.

Alors ne croyez pas que je vais vous chercher à tirer par les cheveux ? Je l'ai fait. Quand j'étais ministre de l'enseignement professionnel, j'avais reçu un budget équivalent à la moitié du budget des classes activités culturel. 1800, j'en avais.

Avec ces 1800 là, on a organisé dans tout l'enseignement professionnel où se trouve l'enseignement dans les lycées, c'est le le 30 35 %. Le total des jeunes dans l'enseignement professionnel, c'est à peu près 50 % de la classe d'âge. He rappelez-vous-en bien tous.

Bon et bien on avait des classes qui avaient un projet pour toute la classe. Je me rappelle des fédérations patronales qui étaient venues me voir en me disant franchement vous croyez que c'est ce qu'il y a de plus urgent ? Euh et je leur avais dit bah oui vous allez voir.

Et oui on a vu qu'est-ce qu'on a vu ? Un là où il y avait un absentéisme carabiné du jour au lendemain ça a fini. C'est-à-dire que les jeunes gens sont revenus dans les classes.

Deux, la pratique culturelle était le support de la pratique technicienne. Exemple, le groupe que j'avais vu de près, ils avaient fait un truc qui s'appelait sculpture métallique géante. Tu t'imagines que tu vas expliquer à un jeune gars qui est dans la dans dans la le métallo quoi.

Tu lui dis bon allez maintenant on fait des sculptures. Les profs les ont emmené voir des expos et ils ont fait des sculptures métalliques géantes. Il y a eu une approche de la pratique professionnelle complètement différente.

D'abord parce qu'il faut souder tout ça pour que ça se casse pas la figure. Donc soudure, ensuite faut faire de la physique pour que ça dégringole pas. Ensuite faut que les gens aient envie de le regarder.

Ça c'est de l'activité artistique. Là la démonstration que je viens de vous faire c'est qu'on ne peut pas séparer la culture du reste des activités humaines et qu'en est une composante que si vous l'enlevez c'est comme si vous disiez "Ah bon la peau c'est en trop, on l'enlève." C'est c'est nous som nous en avons besoin pour vivre dans tous les compartiments.

Donc ça ça bon ça coûte un peu de sous mais c'est 3 francs 6 sous et c'est toute l'année parce que maintenant dernier point de quoi ont besoin les gens qui vivent de ces métiers là de visibilité ce sont pas des chiens qui un jour peuvent manger par le lendemain encore les chiens vont mieux qu'il bouffent tous les jours aussi c'est des personnes humaines. Ils ont une faille. Si vous voulez qu'il soit là, vous en avez qui sont brillants comme c'est pas possible, vous êtes pas capable, vous ni moi de faire ça.

On a donc absolument besoin d'eux. Il faut qu'ils puissent vivre une vie humaine. Donc il leur faut des garanties de la visibilité.

Moi, je me suis préoccupé par-dessus tout de la question de la retraite des gens de culture. Alors là, c'est un sujet, on c'est incroyable. Quand vous dites "On va s'occuper de ça, les gens vous regardent la retraite." Pourquoi ?

Pourquoi ? Et ben pourquoi ? Parce que c'est une personne, un jour, il faut s'arrêter.

Ne dites pas qu'on peut être danseur, qu'on peut être même un théâtreux toute sa vie. Non, c'est pas vrai. C'est comme pilote d'avion, hein.

Parce que certain âge mieux pas ou alors pourtant il préf il prétendent [musique] faire rester les gens au travail jusqu'à 70 ans. Donc là, il faut qu'on s'en occupe. On sait comment faire.

Prenons un exemple. Ça m'a valu quelques démêlés dans les milieux de la culture mais pas grave. Victor Hugo, comme ça je suis à l'abri. avait inventé un truc.

Il dit bah toutes les œuvres qui tombent dans le domaine public. Vous savez au bout de 30 ans, une œuvre passe dans le domaine public. C'est-à-dire vous payez plus de droit dessus.

On pourrait décider que toutes ces œuvres contribuent à une caisse de retraite. Alors on prendrait un petit quelque chose sur chacune. OK.

Alors quand on dit ça, on dit oui tu crois que Bah oui, je crois que oui. Oui, je crois absolument. Pourquoi ?

Je vais vous donner un exemple. Quand les Nord-Américains Walt Disney et sa bande se sont occupés de faire Notre Dame de Paris. Montreellement ces Rustres ont pas mentionné qu'ils avaient volé l'histoire à Victor Hugo parce qu'il y a même pas le nom de Victor Hugo sur la fiche du film mais c'est que ça a rapporté des milliards à la filme Disney.

Il y en avait pas une petite poignée ou deux pour la retraite des artistes. Plus une œuvre d'art aurait de retentissement, plus elle s'inscrirait dans quelque chose qui continue à parler de génération en génération. plus elle contribuerait au bonheur du présent.

Et quand vous avez des retraités qui sont pas touschés, qui sortent du métier, c'est un bien public aussi ça. Faire des tas de trucs tous ces gens-là. Vous voyez, je voilà le prix de la culture.

Si vous enlevez la culture, c'est tout ça que vous supprimez. Regardez, si on mettait des droits d'auteur sur Sopocle, hein, ou sur Racine ou sur Corneille, hein, ça défriserait. Bah voilà, voilà ce qu'il faut faire.

C'est pas compliqué. Sortez-vous de la tête cette mentalité utilitariste et comptable toujours en train de dire combien ça coûte c'est trop cher l'État est en déficit. Ben si les ta en déficit, il y a qu'à faire payer plus ceux qui peuvent et voilà il y aura pas de déficit tout le monde le sait.

Mais quand on parle d'art, on parle de quelque chose qui est en nous qu'on est même pas capable de nommer. Qu'est-ce que ça fait ? Qu'est-ce que ça fait ?

Qu'est-ce que ça agite en nous ? Voilà, ça c'est le mystère humain. Pourquoi nos gosses jouent ?

Pourquoi nos gosses font semblants de ceci ou cela ? Qu'est-ce qu'il y a en nous les êtres humains qui fait que nous sommes capables d'endosser des rôles que nous en avons besoin ? Le spectacle vivant, ça met en mouvement deux choses fondamentales dans l'être humain.

D'abord, le désir mimétique. Ça, c'est un truc scientifique. Tu vois quelqu'un faire quelque chose, tu as envie de faire pareil.

Tu vois quelqu'un qui mange, ça te donne faim. Et bien le désir mimétique, tu vois quelque chose se passer, c'est comme si tu le vivais toi-même. Tu as envie et alors ton expérience personnelle s'enrichit.

Mais ce qu'il y a de bien c'est que tu sais que c'est un film, c'est pour de rire comme on dit hein, on joue et donc on a acquis une expérience qui ne nous a rien coûté d'autre que le moment à éprouver des sentiments. Voilà. Bon, c'est un littéraire qui vous parle.

Je pense que bon, vous avez parlé des coupes budgétaires, mais les les deux tiers des subventions viennent des collectivités territoriales. Donc si vous dites fin des des coups budgétaires, comment vous faites pour peser sur ces collectivités territoriales ? Vous avez raison.

Mais tout ça c'est du fruit public parce que l'argent des collectivités autrefois c'était les collectivités qui fixaient le niveau de l'impôt. OK. Petit à petit l'État a tout récupéré alors avec des prétextes mais d'une bonté bouleversante.

On va tout prendre comme ça on va mieux pouvoir répartir. J'ai été élu dans une ville de pauvre mais une ville riche. Donc je sais de quoi il s'agit.

Comment on faisait ? Et bien l'État a récupéré tout ça et du jour au lendemain, il dit comme ça coûte trop cher, c'est là-dedans qu'on coupe. Et donc vous avez l'austérité en cascade.

L'État est caché dans son coin, pas vu, pas pris mais il a enlevé les fonds qui font que les communes. Alors à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe dans les communes ou les départements ? Celui qui n'a pas la compétence culturelle dit "Bah attends, moi ma première mission c'est pas la culture.

Donc va voir le voisin, la municipalité ou autre." Et voilà comment le ce qui russelle c'est pas l'argent, c'est l'austérité. Donc tout ça à voir les gens, les budgets des communes ne sont pas suffisants pour tout ce qu'on leur a mis sur le dos.

Ou alors c'est celui de l'État, mais choisissez. Ça peut pas être partout où on se sert la ceinture. Ce n'est pas possible.

Ou alors vous vivrez dans un monde, moi les plus jeunes vous en vis pasin. Vous vous vivrez dans un monde comme des sociétés qu'on connaît hein. Voyagez un peu, vous en verrez. des sociétés où il y a pas de séc, des sociétés où il y a pas d'entraide, où vous avez des tas de villes où il y a pas de théâtre, où il y a pas de cinéma, il y a de rien.

Et si vous voulez quelque chose, qu'à vous le payez si vous avez les moyens. C'est pas cette vie-là qu'on veut vivre, mais petit à petit, c'est à ça qu'on arrive. On en est tous témoins de ce genre de vie-là.

Ouais. Qu'est-ce que Qu'est-ce que vous pensez du matin de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle ? Je m'en fous. [rires] Je la battrai elle ou n'importe qui d'autre.

Et vous pensez pas que ça pourrait perturber la campagne de quoi ? L'agenda judiciaire. Non, ce qui va perturber les 9 mois qui viennent, c'est si les cultureux peuvent pas faire leur boulot parce qu'il y a pas d'argent.

Non, écoutez là ici, c'est Avignon. Je suis venu pour ça. Pas je viens pas pour utiliser la situation pour parler d'autres choses que de culture.

Excusez-moi de vous répondre de cette manière-là mais dites à vos chefs que je connais. Je ferai rien d'autre. C'est pas la peine de m'embêter.

Je ne ferai rien d'autre. On est venu ici pour défendre la vie elle-même. Alors, qui est candidat des fascistes ?

Quelle est la différence ? À la fin, c'est le même coup de marteau à prendre sur la tête. On les battra parce que ce qu'ils font commence déjà à dégoûter les gens avant qu'ils aient eu le temps de commencer vraiment dans les villes.

Ils sont un instrument de normalisation. Ça c'est triste, c'est dur à entendre. Enfin voilà, pardon madame.

Néanmoins, plusieurs interlocuteurs ont alerté sur l'arrivée de des lut d'extrême droite dans des communes, dans des collectivités. Est-ce que vous pensez qu'il y a vraiment une politique culturelle de l'extrême droite ? Et comment ça se Ouais, il y a deux Il y a deux mouvance politiques en une politique culturelle, nous et eux.

Pourquoi ? parce que eux combattent ce qui a été dit tout à l'heure. Ils savent quels instruments extraordinaires de propagation des idées est l'activité culturelle.

Parce que les êtres humains ne sont pas faits que de raisonnement, ils sont fait d'affect. Vous partagez la souffrance de quelqu'un d'autre et dès lors vous vous interrogez sur la cause de cette souffrance. Et si ça vous paraît une cause à laquelle on peut mettre fin, vous voulez y mettre fin.

Demandez-vous pourquoi tous ces gens défendent ces malheureux Palestiniens. C'est parce que ils s'identifient à eux. Donc leur attitude est une attitude qui procède autant de l'affectude d'être humain que de nos raisonnements.

Et donc l'extrême droite a compris ça depuis le début. L'extrême droite alors nous on met la culture comme un moment de partage autrement dit de similitude. Eux ils mettent la culture comme un moment de mise en ordre.

Quel ordre ? C'est en faux ordre. Leur ordre c'est la hiérarchisation.

Il y a ceux qui dominent et ceux qui sont dominés. il leur leur propos culturel c'est ça et quand alors il y a toutes sortes de discours qui vont avec ça mais la construction on la connaît c'est une hiérarchisation alors en haut les blancs tous les autres après en haut les hommes, les femmes après en haut les êtres humains, la nature après. Et ainsi de suite.

Tout leur discours est une construction de l'évidence de la hiérarchie entre les êtres humains. Alors que notre expérience de la vie nous apprend exactement le contraire. Elle nous apprend que les hiérarchies sociales ne sont pas forcément les hiérarchies humaines, que des gens bons peuvent se trouver dans telle ou telle situation d'être dominés socialement et d'autres dominer et être d'abject pingouins.

Voilà. Voilà pourquoi et nous c'est l'inverse. C'est pourquoi nous on est viscéralement attaché à cette bataille culturelle parce que c'est c'est dans ce dans quoi nous évoluons c'est c'est ce qui nous nourrit quand on tout à l'heure non je citais pas mais j'ai pas parlé donc mais je parlais d'antigone dans ma tête.

Bon et bien oui j'ai parlé d'antigone ici il y a un instant. Voilà. Bon ben si je dis antigoneogne, il y en a plein qui comprennent et qui disent "Ah ouais, moi j'ai vu au moins une fois.

Je sais qu'il peut y avoir des circonstances supérieures à toutes les autres, des lois humaines supérieures à toutes les lois et je m'en fous de ce que ça va me coûter, je le fais." C'est ce qu'elle dit elle hein. Elle commence par dire non.

Bah non, c'est l'insoumission. Vous voyez, nous si on vous a pas appris ça à l'école, c'est juste qu'on vous a appris à l'école ou ailleurs ou parce que vous avez pas été au théâtre, c'est juste que vous êtes dans une vous êtes au fond juste comme dit l'autre, juste que tu es et pas ce que tu es ce que je vois ou ce que je crois voir en te regardant suivant comment tu es habillé, si tu es un homme ou une femme, comment et ainsi de suite. C'est-à-dire tout ce qu'on nous aura mis dans le crâne pour hiérarchiser les êtres humains au lieu d'en apercevoir ce qui ce qui va nous voilà c'est ça les deux batailles les deux camps et la bataille c'est jusqu'au bout quand ils peuvent pas ils parlent comme l'autre idiot là de neutralité bon mais sinon sinon on connaît on sait ce qu'ils veulent on a lu leur leur brochure ils ont une pensée culturelle et nous aussi nous on dit que plus il y en a plus il y a de diversité plus nous on va être fort le reste c'est des gens qui sont là au milieu qui bavar Une fervari.

Voilà. Qu'est-ce que vous lui avez dit à Thiago Rodriguez ? Vous a parlé mais vous qu'est-ce que vous lui avez dit ?

Oh, ce serait prétentieux. Moi, j'ai dit que des choses évidentes parce que pas des choses évidentes, pardon. Son point de vue à lui, c'est celui de d'un homme qui dirige le plus grand festival de théâtre du monde.

Euh donc, il est clair que tout ce qui concerne la façon avec laquelle le théâtre est produit occupe une grande place dans ce qu'il dit. lui m'a bien décrit le mécanisme de l'uniformisation et de et de la réduction par le bas compte tenu de l'évolution budgétaire. Moi, mon souci, il est un peu différent.

Il est politique au sens de la philosophie. C'est-à-dire que je me rends compte de ce que l'uniformisation des goûts veut dire quand on parle d'art et de culture. Le ce que ça réduit de l'humain.

Et évidemment que si on réduit dans l'humain, bon chacun a une vision du monde. Bon moi c'est pas ma vision du monde et je la partage avec eux tout cela. Les autres en face si c'est ça leur plaît, ça leur va un monde hiérarchisé, l'uniformisé. chacun dans sa case, les blancs entre eux, les autres entre eux, les hommes, les femmes, tout par catégorie.

Euh et il trouvent et pour eux, c'est l'ordre évident des choses. Et donc, on se sent un peu pris, vous voyez, en ce moment et l'alerte qui nous est lancée ici, elle est vachement importante mais je pense que hélas, elle est pas assez elle est pas assez vue, elle est pas assez comprise. Donc, il y a du boulot à faire, beaucoup de boulot.

Et vous avez un message pour les acteurs culturels ? Tenez bon. Bon, c'est facile hein, mais enfin bon, c'est déjà ça.

Tenez bon, ils vont le faire parce que je suis aussi frappé. Vous savez le la suite des générations modifie les les rapports aux choses et à la culture et aux êtres. L'actuelle jeune génération est beaucoup plus radicalisée que l'étaient les autres avant, toutes celles des années 90. les garçons, les filles, euh chacun dans dans beaucoup disent "Je je me cherche", hein.

Et et quand je dis radicaliser, c'est des deux côtés de l'arc, hein. Mais dans la jeune génération, ce qui est très encourageant, c'est que c'est une radicalité qui est qui est productrice. Elle produit de l'art, de la blague, de la poésie, de la musique, des symboles.

Je les trouve très créatif. J'ai connu des périodes on répétait quoi. Confiance.

Ouais, c'est drôle non ? Ouais. Je sais pas vous dire pourquoi mais j'ai confiance.

Je sais que c'est je on me dit souvent non mais tu es trop optimiste. C'est pas mon genre d'habitude c'est bon part. lui est tout le temps optimiste.

Quoi qu'il arrive, c'est réglé d'avance, on va gagner, il suffit de le faire bien. Bon, c'est un élève brillant alors. Mais je sais que beaucoup de gens sont très inquiets, mais vous abandonnez pas à l'inquiétude parce qu'alors là, pour le coup, tout est perdu hein.

Si c'est ça, qu'est-ce qui vous donne confiance ? Les gens ceuxlà là, ceux que j'ai vu hier là qui m'interroge sur les radios chemol la la la force de la vie. Je je bon, c'est un peu con ce que je vais vous dire.

Je suis persuadé qu'elle elle restera la plus forte. Mais moi, je vis dans un monde mental, imaginaire et culturel dans lequel il y a des il y a des images déjà, vous voyez, qui sont prises dans l'histoire. Et l'idée que la bataille de la lumière et de l'ombre, je sais que c'est un peu réducteur, mais moi j'adhère à ça.

Quand on me parle des fascistes, je peux pas faire autrement que de m'imaginer celui qui rentre dans la l'université à Madrid en hurlant et il tire sur tout le monde et crie à bas l'intelligence, vu la mort. Et bon, c'est peut-être un peu romanesque ce que je vous raconte, mais c'est comme ça que je je vis la réalité. C'est comme ça que je me la représente.

Je crois que la vie vaut la peine d'être vécue, qu'elle qu'elle peut être belle, que et que la la J'ai beaucoup d'espoir dans ce que fait la jeune génération. Ils sont inflexibles. C'est terrible cette culture de masse qui est arrivé.

Regardez l'autre jour, on fait la fête de la musique. On m'avait dit pas trop long, pas comme là 2h à parler. Donc 3 minutes, donc il fallait faire vite.

Et je termine en disant je termine en disant "Oh, la parole la plus révolutionnaire." Et je commence les êtres humains, n'est-ce pas fini la phrase. C'est les je sais pas moi, 10000 jeunes qui étaient là ont terminé la phrase à ma place.

J'ai jamais vu ça de ma longue vie politique qu'on récite les articles de la des droits de l'homme et pareil quand on était à Saint-Denis, les gens qui ont crié chez nous, on leur a pas lancé. On est chez nous. Le mot d'ordre, c'est venu tout seul.

Moi alors comment ne pas ressentir cette force d'enthousiasme ? Elle remonte après tout j'ai choisi ma vie hein. Personne m'obligeait à faire ça.

Alors je trouve des raisons supplémentaires de le faire. Puis ici comme c'est que de la culture c'est un petit bonheur quoi. Tout le monde me fait des soured qui se déroule il aura pas lieu.

Bon courage.