La Grande interview d'Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Pierre de Villeneuve.
Grande interview sur C News et sur Europe 1. Bonjour Aurore Berger. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de lutte contre les discriminations. 25 000 hectares brûlés dans toute la France depuis le début des épisodes caniculaires. 25 000 auxquels il faudra sans doute rajouter à peu près un millier d'hectares à Fontainebleau. Un départ de feu très virulent, très spectaculaire aux portes de Paris. L'autoroute A5, l'autoroute A6 coupée, les trains sud-est retardés de 6h, l'or en une est sur place ce matin. On est sur des niveaux de sécheresse de 1976 avec des conséquences bien sûr pour les agriculteurs.
La France brûle et le gouvernement est impuissant.
Le gouvernement est évidemment à pied d'oeuvre mais c'est surtout d'abord nos sapeurs-pompiers. Je veux évidemment leur rendre hommage parce qu'ils y vont au péril de leur vie. Ils sont particulièrement mobilisés avec une intensité jamais connue sur tous les fronts que nous avons dans notre pays. C'est la première fois qu'en Ile-de-France on a des bombardiers d'eau qui sont mobilisés. Donc c'est pour aussi démontrer l'ampleur aujourd'hui de ce qui est en train de se passer. C'est rappelé aussi à la vigilance de chacun. Vous savez que beaucoup de ces départs d'incendie sont des départs d'incendie qui sont parfois de nature humaine.
Donc il faut aussi que chacun soit responsable tout au long de l'été. Parce qu'il y a une responsabilité collective évidemment de mobilisation de l'ensemble des moyens de l'État et aussi des responsabilités individuelles.
Vous le dites effectivement, c'est l'humain qui est à l'origine 9 fois sur 10 d'après les chiffres de l'Office national des forêts. Mais est-ce qu'on s'y est préparé justement à cette sécheresse qui est, je le disais, des chiffres de 1976 ? Le premier plan au sec a été déclenché vendredi. Est-ce qu'il a été déclenché trop tard ?
Il a été déclenché au moment où c'était légitime de le faire. C'est-à-dire c'est en fonction à la fois des niveaux de sécheresse, c'est en fonction des températures, c'est en fonction du nombre de départements qui sont en vigilance rouge. Et donc il y a une mobilisation qui est absolument exceptionnelle en continu de nos soignants, tant médecine de ville qu'à l'hôpital, de nos sapeurs-pompiers, de la protection civile. Et cette mobilisation, elle continuera.
Donc vous diriez qu'il n'y a pas de défaut d'anticipation ce matin, Robert ?
Il y a en tout cas depuis de nombreuses années un réarmement sur beaucoup de sujets. On en parlera en matière militaire à la veille du défilé du 14 juillet, mais aussi sur la question de la protection civile, sur des commandes de Canadair qui ont été faites pour garantir qu'on ait suffisamment d'éléments et de moyens justement pour garantir et bien tout simplement qu'on soit en capacité de protéger, de protéger les Français.
Hier dans le Val d'Oise, 300 personnes évacuées à Sarcelles. Après une alerte concernant la communauté juive, une voiture a été retrouvée avec des armes dans le coffre. Les services de renseignement ont déjoué ce qui s'apparente à un attentat de grande envergure. Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'on n'est plus en sécurité quand on est juif en France ?
Déjà, il faut dire qu'on a toujours eu un niveau de menace extrêmement élevé à l'encontre de notre pays. On est un pays qui a eu à connaître des attentats terroristes islamistes. On va célébrer malheureusement demain les 10 ans de l'attentat de Nice. Donc on est toujours avec un niveau de menace extrêmement important dans notre pays. Et puis on le sait, il y a malheureusement pour le terrorisme islamiste des cibles qui sont des cibles privilégiées. Les Français juifs en font partie. Alors les éléments d'enquête diront si c'était un attentat et de quelle nature il était. Ce qui est certain, c'est qu'on a des services de renseignement qui sont exemplaires et qui savent déjouer les menaces.
Et c'est ce qui s'est passé les 48 dernières heures, notamment à Sarcelles, puisque les personnes ont été évacuées par anticipation pour qu'il n'y ait aucun risque pris. Et des armes qui ont été...
On salue les services de renseignement qui ont fait leur travail, qui ont déjoué ce qui s'apparente à un attentat. Le Royaume-Uni, en revanche, débloque 250 millions de livres sterling pour protéger les juifs du Royaume-Uni. Est-ce qu'il faut faire de même en France ?
Mais nous, contrairement à d'autres démocraties, on n'a jamais cédé. On n'a jamais cédé parce qu'il y a toujours eu une protection, et vous le savez, par à la fois les militaires, les policiers, les gendarmes, de l'ensemble des lieux de culte et l'ensemble des lieux de vie juifs des écoles.
Ce qui est absolument d'ailleurs insupportable, de se dire qu'on a besoin de protéger des lieux de culte, qu'on a besoin de protéger même des écoles où se rendent des enfants, mais parce qu'on sait qu'il y a un niveau de menace, qui est un niveau de menace élevé, et donc c'est l'État qui répond, c'est l'État qui est présent, c'est l'État qui protège, et l'État continuera à le faire aussi longtemps, aussi longtemps qu'il y aura des menaces à l'encontre des personnes dans notre pays.
Malgré l'intensité de la protection de l'État, comme vous le dites, 3,5 actes antisémites par jour, ce sont les derniers chiffres. Hier, à l'avant-veille du 14 juillet, le président Macron a présidé la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus, et il a à cette occasion parlé de l'odieux antisémitisme. Qu'est-ce qu'on fait pour protéger les juifs de France, Aurore Berger ?
On célébrait, vous l'avez dit hier, la réhabilitation d'Alfred Dreyfus. J'étais moi-même à Colmar, parce que vous le savez, Alfred Dreyfus était alsacien, et le soupçon à l'époque a suffi à sa condamnation. Le simple fait d'être juif et alsacien a suffi à le condamner, avec une campagne massive de désinformation à l'époque qui s'est mise en place, des faux documents qui ont été réalisés, et ce qui est exceptionnel dans son histoire, c'est son attachement à la France et son amour de la France qui ne s'est jamais démenti. Même au moment où il est dégradé dans la cour d'honneur, il crie « Vive la France ». Donc ça, je crois que c'est aussi une leçon qui doit continuer à être transmise.
Donc ce n'est pas anodin qu'on ait ce genre de commémoration, parce que ne pas avoir la mémoire qui flange, c'est aussi mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Et ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on a malheureusement un regain d'antisémitisme, un antisémitisme qui s'est renouvelé dans ses formes, et puis moi ce que j'appelle l'antisémitisme d'atmosphère, c'est-à-dire ces phrases du quotidien, ces tags, ces crachats, ces gifles, qui aujourd'hui ne sont pas condamnées pour ce qu'elles doivent être, c'est-à-dire des personnes qui sont ciblées parce qu'elles sont ou seraient juifs.
C'est ça que je veux changer dans la loi que j'ai présentée la semaine dernière, parce qu'aujourd'hui, quand vous recevez une gifle, le fait d'avoir été ciblé parce que vous êtes juif ou parce qu'on pense que vous l'êtes, ça n'est pas pris en compte par la loi. Donc la sanction, elle n'est pas aggravée. Mais il n'y a pas de petit acte antisémite, et donc moi je considère que dès qu'il y a un mobile antisémite, ou dès qu'il y a un mobile raciste, évidemment d'ailleurs, alors ça doit pouvoir être retenu et la sanction doit pouvoir être aggravée.
Aujourd'hui, il y a, je trouve, un sentiment à la fois d'impunité, trop d'impunité chez les auteurs, qui considèrent qu'ils sont libres de continuer à tenir des propos ou à avoir des atteintes qui sont des atteintes aussi physiques, et un sentiment de solitude de la part des victimes. Moi je veux résoudre les deux, à la fois qu'il n'y ait plus d'impunité vis-à-vis des auteurs, mais que ces auteurs soient sanctionnés pour ce qu'ils sont, des antisémites, quand il y a un mobile antisémite, et puis que les victimes ne se sentent jamais seules dans notre pays, et qu'elles soient accompagnées.
C'est aussi ce qu'on vient faire dans le projet de loi, les associations qui pourront se constituer partie civile à leur côté, ce qui est absolument essentiel pour les accompagner, et même l'État qui pourra porter plainte à la place des agents publics, je pense notamment à nos enseignants, dont vous savez qu'eux aussi sont victimes de ces attaques.
Qu'est-ce qui vous assure d'une sanction immédiate ? Vous dites qu'il y aura une sanction immédiate dès lors qu'on se fait prendre une claque, parce qu'on est juif, il y a...
Aujourd'hui, après l'aggravation de la sanction, aujourd'hui, vous avez un tag sur votre porte, eh bien, c'est considéré de la même manière, que ce soit un dessin, ou que ce soit une croix gammée, que ce soit une phrase anodine, ou que ce soit une attaque antisémite.
Au bout du bout du bout, c'est l'appréciation du juge. C'est pas la même nature. Combien d'actes ont été recensés dans la justice, où il y avait un caractère aggravant, en l'occurrence un caractère antisémite, qui n'était pas retenu ?
Mais là, on ne pouvait même pas le retenir. Et nous, ce qu'on dit, c'est que de manière générale, encore une fois, dès qu'il y a un mobile antisémite ou raciste, il n'y a pas...
Mais il faut le qualifier, ce mobile antisémite.
Vous savez, quand vous avez un tag sur votre porte, qui est une insulte antisémite, je crois que ça laisse peu de place aux doutes. Et il n'y a pas de raison que ce ne soit pas aggravé, parce que c'est ça qui vous pourrit la vie au quotidien. Ce sont ces agressions qui sont insupportables, et donc vous avez le sentiment, finalement, qu'elles ne comptent pas, qu'elles ne comptent pas assez. Eh bien, la loi viendra le changer, parce que je n'ai pas de doute que ça, ce sera adopté, et adopté à l'unanimité.
On attend de voir les dispositions exactes de votre loi, justement, sur ce caractère aggravant et le caractère caractérisé, j'allais dire, justement, de la loi, parce que c'est ça qu'il faudra analyser et voir comment réagissent les juges à ça. Il y a une autre chose, et certains, comment dirais-je, observateurs, disent qu'il y a forcément, il y aura un effet miroir, un effet boomerang à cette loi, qu'elle pourra être utilisée, j'allais dire, de manière contre-productive. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Je ne vois pas l'argument, en fait, du caractère contre-productive.
Sur l'éligibilité, par exemple, de quelqu'un qui aurait...
Moi, ce que je vois, c'est que malheureusement, et on en parle régulièrement, et heureusement d'ailleurs sur votre plateau, on a un antisémitisme qui s'est aggravé dans notre pays depuis les attentats terroristes, depuis le 7 octobre 2023. Et donc, il y a une nécessité d'adapter notre droit. D'adapter notre droit, parce que c'est ce que je vous expliquais, il y a des faits qui, aujourd'hui, ne sont pas qualifiés. Il y a des faits qui ne sont pas aggravés. Il y a des faits où, aujourd'hui, le mobile antisémite ne peut pas être retenu, alors qu'il n'y a pas de doute quant à son existence. Et donc, ça, je pense que c'est nécessaire.
Là-dessus, c'est nécessaire. Et puis, il y a un enjeu d'exemplarité.
Il y a un enjeu d'exemplarité. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on estime qu'il y a un jeune sur 20 dans notre pays qui pense que la Shoah est une invention ou est un mensonge. Donc, ça veut dire qu'on ne peut pas jouer avec la vérité des faits, avec la vérité historique. Donc, si un élu de la République prend la parole et dit à votre antenne, par exemple, justement que la Shoah n'a pas existé, eh bien, ça n'est pas n'importe qui qui le dit et ça n'a pas n'importe quelle conséquence. Et donc, se dire qu'un élu de la République a un devoir supplémentaire d'exactitude des faits, notamment, je pense que c'est essentiel.
Donc, un élu qui viendrait contester un crime contre l'humanité, eh bien, oui, pourrait avoir une peine complémentaire d'inéligibilité. Et je crois que c'est sain dans une République où aujourd'hui, trop souvent, on a, encore une fois, la mémoire qui flange, où on ne se souvient plus suffisamment des faits. Eh bien, les faits, ce n'est pas une opinion comme les autres. Et je pense que c'est nécessaire que ça puisse être le cas. Et c'est d'ailleurs dans des cas très limités qu'on viendrait l'organiser.
En espérant qu'il y ait des garde-faux et qu'il n'y ait pas de dérive, justement, à cette utilisation de l'inéligibilité.
Je ne change pas la définition de ce qu'est une contestation, une négation d'un crime contre l'humanité ou un génocide.
On verra à l'usage, vous savez comment ça se passe avec les lois Aurore Berger.
Mais ce que je sais, c'est que moi, je ne viens pas changer la nature même de ce qu'est la contestation ou la négation d'un crime contre l'humanité ou d'un génocide. Ce sont des faits suffisamment graves. Ils sont caractérisés dans notre droit. Je viens juste dire qu'à partir du moment où c'est un élu de la République qui le fait, ça n'est pas n'importe quel citoyen. Il a un devoir d'exemplarité supplémentaire.
Il est effectivement à 8h23 sur Europe 1 et sur CNews. Aurore Berger, notre invité, justement, Marine Le Pen est en campagne. Les juges en appel lui ont rendu son éligibilité. Êtes-vous ceux de ceux qui, comme Gabriel Attal, disent qu'elle provoque une guérilla dans la présidentielle ou de ceux comme Édouard Philippe qui préfèrent l'abattre dans les urnes plutôt que de l'avoir disqualifiée dans un tribunal ?
Moi, je dis deux choses simples. Les faits. Elle a été reconnue coupable en première instance et en appel de détournement de fonds. Elle-même est de nombreux cadres de son parti, à la fois Front National et Rassemblement National. Ça, ce sont les éléments de fait. Elle fait un pourvoi en cassation et c'est son droit parce que nous sommes dans un état de droit et la justice a décidé qu'elle pouvait être candidate. Donc la question, elle n'était pas une question juridique, c'était une question politique. Est-ce qu'elle estimait que politiquement, elle était empêchée par sa condamnation pour être candidate ou pas ? Elle, elle a considéré qu'elle n'était pas empêchée.
Maintenant, la présidentielle a vraiment démarré. Nous savons qui est l'adversaire. Nous savons que c'est Marine Le Pen. Donc ma question, elle n'est pas juridique aujourd'hui et ce matin. Elle est politique. Elle est d'avoir une alternative au Rassemblement National. Parce que moi, je ne crois pas qu'une présidentielle, ce soit uniquement le camp du nom, le camp de refus.
Justement, regardons les chiffres d'après ce sondage IFOP pour le Figaro. Elle l'emporte sur Gabriel Attal et Édouard Philippe à 55 et 54 %. Je sais qu'on est loin de la présidentielle, mais c'est le tout premier sondage. Et sur Jean-Luc Mélenchon à 70 %. La mission que vous vous donnez dans cette campagne, c'est quoi ? C'est trouver à tout prix un substitut à Marine Le Pen ou unir toutes les chances pour battre Jean-Luc Mélenchon ?
C'est convaincre les Français ? C'est convaincre les Français qu'il y a une alternative ? C'est convaincre les Français qu'il y a une alternative ? Est-ce que j'estime être un poison mortifère pour le pays ? De se dire qu'il y aurait uniquement comme seule voix un duel entre le Rassemblement National et la France Insoumise ? Je pense que notre pays n'a pas envie de ce niveau de conflictualité qu'il y aurait dans la vie politique. N'a pas envie de savoir quel serait le jour d'après, dans un pays où il y aurait cet entre-deux-tours et ce entre-deux-tours ?
On aura l'occasion d'en reparler, Aurore Berger, mais je vous pose régulièrement la question.
Parce que je crois que ça ne se présentera pas. Parce que je crois que les Français ne veulent pas ce duel. Les premiers chiffres. Et ça suppose en effet un qui est un projet, qui est un projet suffisamment solide, à la fois lucide sur ce qu'on a fait ces dix dernières années, et solide en termes d'espérance à présenter aux Français. Parce que je crois que notre principale volonté, c'est de garantir que la vie de nos enfants sera plus douce que la nôtre. Je crois que c'est ça qu'une démocratie doit être en capacité de construire et de promettre.
Et sur tous les champs, sur les champs régaliens, sur les questions de sécurité, sur les questions identitaires et de civilisation, sur les questions éducatives. Donc ça c'est notre mission, c'est de convaincre et de porter un projet clair et lisible. Et évidemment c'est de nous rassembler.
Je rappelle que vous êtes celle qui, devant l'Assemblée nationale, a dit l'antisémitisme, c'est trois lettres, L, F, I. À propos d'hémicycle, l'Assemblée a rarement connu pareil violence à l'adoption d'un texte donnant aux policiers la présomption de légitime défense. Qu'est-ce que vous voulez dire ce matin, à propos, ce jour-là, de la présence d'Assa Traoré, de son collectif, des injures, des menaces, des pétitions qui circulent ?
C'est, je pense, la première fois qu'au sein de l'hémicycle, il y avait des tentatives manifestes d'intimidation des parlementaires. C'est-à-dire des personnes qui sont venues, qui sont venues assister dans le public, qui ont hurlé, crié, menacé, insulté des parlementaires, qui, en leur âme et conscience, votent et votent librement. Les députés, les sénateurs, n'ont pas à subir des intimidations ou des menaces. Ils doivent pouvoir appuyer sur un bouton pour, contre, abstention, sans jamais craindre le jour d'après. Ils auront des comptes à rendre, et les comptes à rendre, c'est la vie démocratique. Est-ce qu'ils seront réélus ou pas ? Mais ça n'est jamais l'intimidation ou la menace.
Est-ce que vous interrogez aujourd'hui les responsables de l'Assemblée nationale, et je parle de la présidente, Yael Brown-Pivet, de savoir qui a fait rentrer à sa Traoré ?
On sait. On sait toujours, vous savez, quand il y a des visiteurs qui viennent à l'Assemblée nationale, ils sont enregistrés par des parlementaires qui leur permettent de venir assister à des séances. Donc on sait pertinemment, en tout cas, l'Assemblée nationale peut savoir à qui ces personnes ont pu rentrer, et je pense qu'il y a des sanctions qui doivent pouvoir être prises. En tout cas, les huitiers de l'Assemblée nationale ont fait ce qu'ils pouvaient. Et surtout, je rappelle que cette loi, elle est importante. Aujourd'hui, on a eu, en 2025, 21 000 policiers et gendarmes qui ont été blessés dans l'exercice de leur fonction. 21 000 policiers et gendarmes blessés, 5 policiers tués.
Donc quand j'entends qu'on parle de permis de paix... Et vous rajoutez 28 000 refus d'obtempérer sur la route. 28 000 refus d'obtempérer. Et souvent d'ailleurs, des policiers blessés et puis des civils qui pourraient l'être. Les policiers ou les gendarmes ne sortent jamais leur arme par plaisir. Ils le font par nécessité absolue dans un cadre extrêmement encadré. Cette loi, elle réaffirme juste la confiance que notre pays a envers sa police et sa gendarmerie. Et d'ailleurs, les Français ont confiance, à part la France insoumise, les Français ont confiance dans leur police et dans leur gendarmerie.
Aurore Berger, je rappelle que vous êtes la ministre en charge de la lutte contre les discriminations à ce titre après les propos racistes et outrageants de la sénatrice paraguayenne Céleste Amarié à l'encontre de Kylian Mbappé. Voilà l'ancien chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui affirme à 48 heures seulement de la demi-finale entre les Français et l'Espagnol que dans l'équipe de France, il n'y a aucun Français. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Ces propos sont absolument insupportables. Ces propos racistes sont indignes de ceux qui exercent des fonctions ou qui ont exercé des fonctions. Je crois qu'on est fiers de notre équipe de France. Tout simplement, je crois que les Français vibrent avec leur équipe de France. Mais ça suffit
juste des mots comme ça ou comme M. Macron ou la ministre des Sports Marina Ferrari qui s'est indignée. Il n'y a pas d'autre chose à faire de faire venir ou de convoquer l'ambassadeur du Paraguay. Il n'y a pas d'autre sanction à faire ?
Notre équipe va démontrer qu'elle va gagner. La meilleure réponse c'est évidemment de gagner, de démontrer qu'évidemment cette équipe elle nous rend fière et qu'elle va continuer à gagner par son talent, par sa compétence, par son énergie et par son sens collectif. On ne peut pas exiger
des excuses publiques de cette dame et de ce chef du gouvernement.
C'est un ancien chef du gouvernement. J'ose espérer qu'il y aura évidemment des excuses qui seront faites parce que ce sont des excuses qui sont nécessaires et attendues au regard des propos racistes qui ont été tenues à l'égard de l'équipe de France et de certains joueurs notamment Kylian NPP en particulier.
Hier Europe 1 vous révélez que les deux derniers suspects dans la mort de Shem Sedin 15 ans en 2024 à Viry Chatillon ont été libérés de prison en partie effectivement à cause de la bévue d'une magistrate. Le Conseil constitutionnel valide la libération de détenus dit sans titre. Ça concerne plusieurs dizaines d'individus donc potentiellement dangereux. La question qui se pose c'est à quoi bon porter des nouvelles lois alors qu'il y a des lois qui sont déjà là et qui ne sont pas appliquées ?
Il y a des lois qui doivent être évidemment appliquées. Je pense que la plus grande difficulté pour les Français c'est de se dire qu'il y a des lois qui ne le sont pas et qu'il y a des peines surtout qui sont prononcées et qui ensuite ne sont pas exécutées. C'est ça
les Français ne le comprennent pas ?
Une véritable lacune qui est la nôtre c'est comment on garantit l'exécution des peines. C'est ce qu'on essaie de faire quand on réforme la justice criminelle par exemple pour garantir encore une fois cette exécution des peines. C'est sans doute un débat qu'on doit avoir aussi dans le cadre de l'élection présidentielle. Encore un débat
au bout de 10 ans de présidence.
Mais vous savez on a par exemple supprimé la remise automatique des peines parce qu'avant c'était le cas c'est-à-dire que quelqu'un qui était condamné et bien en fonction du volume de la peine on savait qu'il y avait des remises automatiques de peines qui allaient lui être octroyées. On a supprimé les remises automatiques de peines donc on a fait progresser les choses après il faut garantir cette exécution des peines qu'elle les aille évidemment jusqu'au bout parce que c'est ce qu'on doit à la société à partir du moment où quelqu'un a été condamné.
Hier sur l'hyperviolence des jeunes le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy qui était mon invité dans le grand rendez-vous Europe 1 CNews Les Echos prenait la construction de nouvelles prisons il prenait l'exemple de la prison de sa circonscription qui a une surpopulation de 260% c'est bien Emmanuel Macron qui avait promis la construction de nouvelles prisons qu'est-ce qui s'est passé ?
Il y a eu évidemment des constructions de nouvelles places de prison mais j'espère aussi que les nouveaux maires du Rassemblement National qui ont été élus seront donc les premiers à candidater pour accueillir des nouvelles places de prison parce que c'est souvent ça Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Parce que c'est souvent ça qu'on a c'est-à-dire un front du refus qui fait que quand il faut construire de nouvelles places de prison beaucoup d'élus s'y opposent donc j'espère que les premiers qui demandent des nouvelles places de prison seront aussi les premiers pour accepter que ces places de prison puissent être construites.
Qu'est-ce qu'on fait contre la récidive également cet individu qui a fait 15 ans de prison qui reviole une fois sorti de prison ?
Justement moi c'est ce que je veux Ce qu'on fasse dans la loi c'est garantir que quand on a violé à plusieurs reprises parce qu'on sait quelqu'un qui a violé en général le fait à plusieurs reprises et bien il puisse être condamné pour chacun des viols qu'il a eu à commettre jusqu'à la perpétuité ce d'autant plus quand ça concerne des mineurs aujourd'hui ça n'est pas possible il faut que la loi puisse être changée et on en discutera dès la semaine prochaine à l'Assemblée nationale.
Un mot sur la fin de vie plus particulièrement le volet du suicide assisté après demain le texte de loi sur la fin de vie sera soumis une ultime fois au vote de l'Assemblée nationale si vous étiez députée vous voteriez quoi ?
Je ne voterai pas ce texte je ne voterai pas ce texte parce que j'ai suivi les nombreux débats et je respecte évidemment celles et ceux qui ont une opinion différente de la mienne parce que je pense que c'est une question très intime et personnelle qui va se poser à chaque député je pense que c'est sans doute l'un des votes les plus importants qu'on ait à faire dans une vie de savoir si on souhaite ou pas permettre cette possibilité mais aujourd'hui je considère que les garde-fous ne sont pas suffisants dans la manière avec laquelle les débats se sont passés sur l'absence de collégialité des médecins sur le délai de réflexion qui est extrêmement court sur les critères aussi qui sont posés pour savoir quelles sont les personnes qui pourraient accéder à ce qui est appelé un droit moi je considère que ça va aujourd'hui trop loin et que les garde-fous nécessaires n'ont pas été posés donc je n'impose ma position évidemment à personne et d'ailleurs le Premier ministre comme le Président de la République ont laissé une totale liberté de position aux membres du gouvernement Et le Président Macron
veut en faire une loi testament de son mandat ? Non le Président Macron
a pris un engagement qui était que le débat puisse exister et aller à son terme et donc c'est chaque député chaque sénateur qui a eu à se prononcer et les députés auront en effet une extrême lourde responsabilité en faisant ce choix dans 48 heures moi si j'étais députée en effet je ne le voterais pas pour les raisons que je vous ai indiquées
Merci beaucoup Aurore Berger d'avoir été l'invité de ces news et d'Europe 1
Merci Pierre de Villeneuve Merci Aurore Berger dans la prochaine demi-heure sur Europe 1 dans une vingtaine de minutes ça vous a énervé cette année Laurent Tessier vous reparle ce matin du vent de panique chez les influenceurs français à Dubaï en mars dernier aux Émirats Arabes alors qu'éclate la guerre au Moyen-Orient La revue de presse de Christophe Bordet dans un quart d'heure à la une ce matin les Bleus vont jouer demain pour une place en finale et puis juste après le journal le Club Culture et Louis Goua vous livre chaque lundi de l'été ses séries préférées de l'année ce matin c'est un thriller bon réveil vous êtes sur Europe 1 8h30
Aurore Bergé