Vieillir, naître, accueillir : Préparer la France à la transition démographique - #CamPuS2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:43OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir regroupé natalité, immigration et vieillissement dans une seule table ronde ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Quels sont les déterminants de la baisse de la natalité en France depuis 2010 ?
- 7:15OuverteRéponse directe
L'immigration est-elle un levier majeur pour compenser la baisse de la natalité ?
- 15:41OuverteRéponse directe
Comment anticiper le vieillissement de la population dans les politiques publiques ?
- 22:36OuverteRéponse directe
Quels sont les défis démographiques spécifiques à votre territoire ?
- 33:49OuverteRéponse directe
Comment concilier attractivité territoriale et gestion des flux migratoires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Fait
« En 2025, pour la première fois depuis 1944, la France a connu un solde naturel négatif. »
- 12:13François HandChiffre
« Le nombre des immigrés a progressé de 50 % en 25 ans. »
- 25:59Jérôme GegChiffre
« La retraite, l'âge moyen de la retraite c'est 63 ans en gros aujourd'hui avec l'espérance de vie. »
- 36:00Sébastien VincenFait
« La naissance baisse quand même chez moi. »
- 55:12Chiffre
« Le fait d'avoir un enfant, d'en avoir deux, d'en avoir trois ou plus, ça réduit le niveau de vie successivement de 6 %, de 12 %, de 47 %. »
- 57:21Fait
« Il n'y a jamais eu la moindre démonstration scientifique de l'impact négatif de la mise aux conditions de ressources des allocations familiales. »
- 1:01:34Fait
« La politique du logement est une politique de la natalité. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Bon, bonjour à toutes et tous. On va commencer cette cette table ronde. J'ai juste demandé, mais je sais pas si c'est possible si la lumière que nous avons dans les yeux ah voilà peut être un tout petit peu moins violente. Ça nous permet de voir un peu quand même qui est dans la salle. Euh merci beaucoup euh euh à à la technique euh quand micro bah il pour l'instant il marche bien. Euh on a voulu avec Richard Big et euh Florent Vadillot quand on a réfléchi à cette table ronde, on voulait éviter euh comme d'habitude la table ronde sur la petite enfance, la table ronde sur le vieillissement, la table ronde sur l'immigration et donc on a fait un 3 en un en se disant que il y avait quand même un sujet qui émergeait dans le débat public depuis maintenant
quelques mois. Euh c'était la question démographique prise dans son ensemble et et et et et en ayant une approche populationnelle du berceau à la tombe comme dirait l'autre. Euh et donc on a décidé de faire cette table ronde où nous allons parler des différents déterminants de la croissance ou de la décroissance de la population, la naissance, l'immigration et le vieillissement. Il y a eu deux faits majeurs ces derniers temps en terme statistique. Le premier, vous l'avez vu, il a été beaucoup commenté dans la
presse, c'est que en 2025, pour la première fois depuis 1944, la France a connu un solde naturel négatif. C'està dire que pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, il y a eu dans ce pays l'an dernier et ça devrait être le cas encore cette année, plus de décès que de naissance. Plus de décès parce qu'il y a plus de personnes âgées et moins de naissance parce que on va le voir la naissance la natalité a diminué. Et donc la 2è euh donnée qui euh n'est venue euh impacter le débat public aussi il y a quelques semaines de cela, c'est quand l'INC a euh dit que la population française allait croître non pas
jusqu'en 2050 60 comme on le pensait mais plutôt en 2000 jusqu'en 2037 que nous allions atteindre 69,8 million je crois de français en 2037. C'est pas loin 2037 hein. Euh si ça se trouve on sera encore en train d'en débattre ici dans cette salle lors de l'université T de du PS. Bon, mais 2037, on arrive au pic de la population française à partir duquel et bien à nouveau, il y aura une décélération de la population française. Voilà deux faits statistiques majeurs qui du coup, vous l'avez vu, à travers des tribunes dans la presse de manière générale a remis sur le devant de l'actualité la question démographique. Alors, on va si vous voulez bien avec des intervenants très diverses et
d'origine très différente. Si vous voulez bien d'abord parler de la natalité qui est en baisse depuis 2010 et ça n'empêche pas la France d'avoir un taux de natalité plus élevé que la plupart des pays européens. Je crois que l'an dernier avec la Roumanie ou la Bulgarie, je sais plus devant. Euh mais on est les premiers et et c'est cette fois-ci le les borgnes au royaume des aveugles puisque on est les premiers certes mais avec un taux qui a chuté euh très drastiquement depuis maintenant plus de 15 ans. Alors on reparlera avec Julie de la question de la natalité, de la question euh démographique, de la question du réarmement démographique. Je mets ça
entre guillemets puisque vous savez à qui appartient cette expression un peu bizarre. Euh nous parlerons d'immigration puisque l'immigration évidemment euh est un des curseurs de hausse ou de diminution de la population sur notre territoire avec François Hand que vous connaissez euh qui est un des plus grands démographes français euh en tout cas les plus connus, les plus talentueux, qui a déjà participé à nombreux de nos débats au Parti socialistes et qui est un spécialiste notamment de la question migratoire. Et puis nous parlerons du vieillissement parce que bien plus on vit longtemps, c'est ce qu'on appelle le vieillissement par le haut, plus on vit longtemps évidemment, plus ça ça ça concourt à
l'augmentation de la population à l'instant. On le fera avec un des spécialistes là aussi notoires de cette question, Jérôme Gedge, même s'il a bien d'autres cordes à son arc et que je l'ai vu rentrer dans la salle avec son livre qui est sorti je crois aujourd'hui euh qui ne parle sûrement pas que du vieillissement. Donc il en dira peut-être aussi un mot. Et puis après de manière plus transversale, si vous l'acceptez, oh d'ailleurs si vous l'acceptez pas, ça sera quand même comme ça. Euh on regardera la question de la pas du point de vue des élus de manière transversale, de manière un peu holistique. Qu'est-ce que moi dans mon département Sébastien Vincinier en haute garodne comment j'aborde la question ? Avec les compétences qui sont les miennes, l'aide sociale à l'enfance, l'allocation
personnalisée à l'autonomie, l'aide sociale à l'hébergement. Moi, je verse des allocations et donc la question démographique, les collèges et cetera. Bon euh des crèches, la question démographique m'intéresse. Moi, je m'appelle Jérôme Durin. J'étais sénateur spécialisé dans le narcotrafic euh et là, je suis devenu président de la région Bourgogne Franchecté et je suis le président d'une des régions les plus les études du narcotr Oui oui oui. Spécial Oui oui. Tu tu voilà, je voyais déjà des gens qui commençaient à préparer leur commande. Non non, c'est pas là. vous attendrez d'être dehors mais et et il est désormais président d'une région Bourgogne Franchecté qui est une des régions les plus parmi les plus vieillissantes en terme de population de France et donc là aussi de véritables
enjeux en terme de mobilité, d'aménagement du territoire, d'emploi, d'activité économique. On y reviendra. Voilà donc et on va demander à chacun des intervenants dans un premier temps en tout cas d'être un peu flash hein et l'idée c'est de la parole tourne entre nous comme un débat de plateau de télévision plus que que dans un débat de colloque scientifique comme ça ça sera plus dynamique et puis évidemment après vous aurez la parole. On va commencer par Julie Martinez qui non seulement est secrétaire national du Parti socialiste mais qui est auprès de notamment de Jackali une intellectuelle, on peut dire si si si puisque elle fait elle fait comment dire œuvre utile depuis plusieurs années elle-même d'écrire de réunir des
intellectuels autour d'elle avec d'autres au Parti socialistes comme avec je vous dis Jacques notamment et parmi Parmis les cordes à son arc, elle a celle de la question de la natalité. Pas seulement parce qu'elle est maman depuis quelques semaines, quelques mois maintenant. Non, ça va presque faire 2 ans. Oh 2 ans. Bon, le temps passe vite. Voilà. Bon, voyez n'importe quoi. Voilà, j'ai capable me risquer à des considérations personnelles hasardeuses. Euh mais je savais bien qu'il y avait quand même un bébé dans l'affaire quoi. Bon et euh et et donc on va commencer sur la question de la natalité. Nous suivrons avec François Han sur la question de l'immigration, sur la question du vieillissement avec Jérôme Geg, nos deux élus et puis après on débattra de manière beaucoup plus
transversale entre nous puisque chacun ne se résume pas à son domaine d'élection ici. Julie sur la natalité. Bon merci. Bonjour à toutes et à tous. Je suis ravie de pouvoir intervenir sur cette thématique qui moi vicéralement quand même m'interroge beaucoup surtout après comme tu l'as dit Luc des propos du président de la République tel que il faut absolument procéder au réarmement démographique. Réarmement démographique avec une militarisation des termes qui pour moi appartenait au siècle passé. Alors, c'est vrai qu'on fait face à un basculement historique. Tu l'as dit en 2025, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de
décès dépasse celui des naissances. En 15 ans, il faut s'imaginer qu'on a perdu 25 % des naissances dans notre pays. C'est énorme. C'est énorme et ça touche absolument toutes nos régions. Alors, évidemment, certaines le sont plus que d'autres pour en avoir discuté, le cher par exemple, mais ça touche absolument toutes nos régions et évidemment que c'est une question imminemment politique mais aussi culturelle parce que qu'est-ce que ça veut dire mo- 25 % de naissance en 15 ans ? Bah, ça veut dire 6000 classes qui ferment depuis 2010. Ce sont ces fameuses balançoires vides de Maxime Zbi. Ce sont finalement toutes ces générations futures qui ne pourront pas aider nos aidants qui sont déjà nos aidés pardon qui sont immédiatement dans
le besoin. Ce sont aussi des enfants donc qui se raréfient dans l'espace public. culturellement, c'est pas étonnant après que la SNCF propose des wagons vides. Avant, on avait dans notre société, alors moi je l'ai peut-être pas connu, mais quand j'en parle avec ma grand-mère, des gamins qui gambadaient de partout, une société qui ferme 6000 classes depuis 2010, c'est pas anodin pour notre culture et d'ailleurs pour notre ressenti. Je dirais même en tant que nation, il y avait quelque chose de formidable en France sur la question de la natalité. Les délégations étrangères se bousculaient à nos ministères pour comprendre pourquoi en France on faisait des bébés. Qu'est-ce qui donnait envie à ces femme de faire autant de gamins ? Et cette question là effectivement, elle
est elle est ancrée dans notre dans notre nation, peut-être même dans notre patriotisme parce qu'on se souvient après la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaul qui appelle ses couples à faire plus de 12 millions de bébés en 10 ans et les Français qui répondent avec 24 millions d'enfants. Alors ça c'est quand même formidable. 24 millions d'enfants en 10 ans. On se souvient aussi de cette antise et c'est aussi ce à quoi on fait éco aujourd'hui, cette hanise finalement de se voir couler dans notre nation, ne plus faire de bébés. Est-ce que c'est finalement ne puis être en mesure de se défendre demain, de défendre nos proches, de se défendre face à autrui parce qu'effectivement c'est un basculement historique mais on l'a connu cette peur avant la seconde
guerre mondiale quand les amants en fait faisaient beaucoup plus de bébés que nous. Donc ce basculement historique, culturel, cette peur qui revient et qui appelle par conséquent un vocabulaire profondément militaire. Et moi ça me choque parce que qu'est-ce que mon UTRUS a à voir avec cette affaire politique, géopolitique, économique ? Est-ce que c'est à mon utérus finalement de résoudre un système économique qui est fondé sur une pyramide ascendante et qui aujourd'hui se veut descendante ? Et c'est vrai que si aujourd'hui on réfléchissait vraiment avec une page blanche, si on pouvait réécrire l'histoire par exemple des retraites, est-ce qu'on referait le système tel qu'on l'a conçu il y a plusieurs décennies ? Peut-être pas,
mais qu'est-ce que mon utérus a faire là-dedans ? Je pense qu'on pourra le revenir dessus, en tout cas en matière de politique publique et de rôle de l'État. C'est aussi une question éthique. Ne plus faire d'enfant demain, aujourd'hui, ça veut dire aussi potentiellement ne plus penser aux générations futures et ne plus s'engager collectivement à un avenir qu'on le souhaite. Ne plus voir des enfants gbadés, ne plus se dire qu'on va mettre en place un programme profondément progressiste, positif pour les générations futures. Si on ne fait plus de génération future, qu'est-ce qui lancera de notre éthique collective ? Donc ça sont des premières questions. Je vais faire très court parce qu'il y a énormément de sujets mais j'espère qu'on pourra au moins revenir sur la question
de du rôle de l'État dans ce réarmement démographique. Merci beaucoup Julie. Est-ce que on peut être progressiste et nataliste ? Ça sera une question sur laquelle on reviendra tout à l'heure. François Erand, vous êtes donc un spécialiste de l'immigration. Euh la le débat a été aussi percuté, on en parlait avant d'arriver dans cette salle par l'épisode de Sea qui a réveillé toute une série de de fantasmes. Il y a eu ces régularisations effectuées par le Premier ministre espagnol dans son propre pays. Voilà, on a donc une actualité brûlante, j'allais dire, autour de cette question d'immigration dont on a parlé beaucoup cet été. C'est un sujet de fantasme, un sujet dans lequel vous avez toujours vu vous, et
c'est pour ça que je m'invite mis de la raison d'abord mis des faits, des chiffres, des statistiques et mis de la raison. Euh la l'immigration est en hausse objective depuis le début de du siècle, depuis 20 ans maintenant. Dites-nous comment seront fait les 10 20 30 prochaines années et à quel point l'immigration va oui ou non augmenter ou diminuer la population sur le territoire. Alors, on change de sujet mais je j' peut-être que je ferai le lien quand même avec la la question de la natalité. Mais pour répondre tout de suite à votre question, oui, c'est vrai que depuis 2000, depuis la fin des années 90, enfin on a les recensements comme repère, les
derniers recensements classiques c'est 99 mais ensuite depuis oui, il y a une forte progression d'immigration. En gros, le nombre des immigrés a progressé de 50 % en 25 ans. Donc c'est une forte augmentation. Elle est parfaitement perçue par l'opinion public, ça il y a aucun doute. Et les chercheurs ne la nient pas, contrairement à ce que je lis régulièrement. Euh il y a pas je connais pas de démographe qui ni la progression d'immigration. En tout cas, moi je ne cesse de l'exposer partout. Mais en même temps et donc l'opinion public perçoit ça très bien mais quelque chose qu'elle perçoit très mal, elle n'a pas les moyens de le percevoir, c'est que l'augmentation d'immigration était beaucoup plus forte encore dans les reste de l'Europe occidentale. Nous
sommes en réalité au bas du tableau de l'Europe occidentale et je j'enlève l'Europe centrale ou orientale qui était beaucoup plus du côté des pays d'immigration que des pays d'immigration. C'est pas la géniale politique de monsieur Orban qui a empêché qu'il y a d'immigration en Hongrie. Enfin, il commence à y en avoir maintenant pas mal, mais c'est tout simplement parce que la Hongrie était d'abord un pays d'immigration. Alors après ça ça changé parce que le Brexit s'est débarrassé des Hongrois en quelque sorte qui sont rentrés un peu en Hongrie mais qui sont allés surtout en Allemagne. Donc voilà, il y a pas de il faut pas imputer à une politique des situations qui sont quand même finalement le reste de de ce que 40 ans de communisme a créé dans ces dans
ces pays-là hein pour pour faire vite. Donc l'immigration progresse. Et alors tous les autres indicateurs quand on regarde le pourcentage d'immigrés dans la population quand on regarde ce que représentent les nouveaux titre de chez séjour chaque année par rapport à la population le surcroix de population que ça apporte quand on regarde voilà un peu un peu t tous les indicateurs tous disent la même chose et là il y a un organisme qui le dit très bien même s'il ne le manifeste pas avec force mais dont les données sont parfaitement clair c'est l'OCDE nous sommes toujours à peu près vers le bas du tableau. Et ça ça veut dire que contrairement à un mythe tenace qui est répandu par exemple par Fondapul, nous ne sommes pas le pays le plus attractif d'Europe. Il y
a un mythe consistant à dire que la France est tellement généreuse en protection sociale, tellement laxiste dans ses critères de de d'octroit de de l'asile que nous attirons la terre entière potentiellement. Voilà. Mais si c'était vrai, si nous étions à ce point-là attractif, nous devrions avoir beaucoup plus de migrants sur notre territoire et nous devrions être en tête du tableau européen et pas entre le milieu et le bas du tableau, hein. Donc là, il y a il y a une preuve par le contraire. Enfin, il y a il y a a une vérification rationnelle à faire. Et donc le la politique migratoire consistant à dire mais il faut absolument priver les migrants le plus possible de l'accès à la protection sociale de il faut réduire encore davantage drastiquement tous les
critères et cetera ne va pas répondre à un problème parce qu'en fait nous ne sommes pas attractifs. Et il y a une démonstration assez étonnante à laquelle on réfléchit pas c'est que même par rapport au ressortissant de l'Union européenne aux autres des autres pays de l'Union européenne nous ne sommes pas attractifs. Nous sommes au 15e ou au 16e rang quand on regarde le alors tous ces calculs, toutes ces comparaisons entre pays bien sûr et j'insiste là-dessus, il faut pas les raisonner en chiffre absolu, c'est proportionnellement à la population de chaque pays. Ça n'a aucun sens de comparer la migration aux États-Unis, au Luxembourg, à Malte, en France et cetera. Or, la plupart du temps, les chiffres absolus envahissent le débat public, hein. Quand on dit
l'immigration, c'est l'équivalent de quelque chose comme entre la ville de Lyon et la ville de Toulouse. Bon, c'est des chiffres absolus, ça n'a aucun sens. Ça ne permet pas de comparaison internationale pour mesurer la pression migratoire ou la puissance de l'accueil ou les préférences des migrants. C'est un peu compliqué, c'est un peu tout ça. Il faut raisonner en chiffre proportionnel et donc proportionnellement notre population qui est vaste. On peut aussi regarder ça proportionnellement notre PIB, notre richesse. Nous ne sommes pas un pays attractif. Et la question alors je suis désolé c'est pas très un grand argument de pour une campagne électorale mais la vraie question c'est pas pourquoi la France est-elle si à ce point attractive c'est pourquoi elle est si peu mais bon
je je ne suis pas sûr que cet argument puisse avoir une grande portée par contre il y a et je voudrais il y a une dernière chose làdessus c'est l'opinion publique. Quand vous regardez tous les sondages qui sont faits depuis longtemps sur un modèle américain d'ailleurs est-ce que vous pensez qu'il y a trop d'immigrés ? Est-ce que vous pensez qu'il font passer d'efforts pour s'intégrer ? Est-ce que vous sentez encore en France dans notre pays et cetera ? Chaque fois en gros 60 % 70 % des gens disent "Ah ouais, ils sont trop nombreux, ils s'intégrent pas, on sent plus chez nous et cetera." Mais les rares sondages qui ont posé qui ont ensuite essayé de circonstancier les questions. Bon d'accord, ils sont trop nombreux mais dites-moi dans quel secteur ? dans la santé, dans
l'éducation, dans la sécurité et cetera et alors là, les taux de rejet à 60 % globalement fonde littéralement et à la fin il y a plus que 10 % pour certains secteurs de rejet. Et ça c'est fascinant. Il y a eu une enquête qui avait été faite par Terranova il y a l'an dernier sur la perception de l'immigration au travail. On pose des questions aux gens : "Acepteriez-vous d'avoir un collègue immigré ? Accepteriez-vous d'avoir une immigré qui vous soigne ? Accepterez-vous d'avoir un gendre immigré et cetera ? Et là, les taux de réponse sont 70 % de oui. Donc en fait, l'opinion est tiraillée. Elle est pas seulement tiraillée, mais en même temps, il faut il faudrait que les sondages d'une façon systématique circonstancient les questions. Quand il
y a une question simple, les réponses sont simples. Quand il y a une question qui qui est attentive au contexte, et bien les gens donnent des réponses contextualisées. Et je pense que ça oui, c'est utilisable dans une campagne électorale, l'idée que euh on les Français sont acceptent l'idée que des immigrants puissent les côtoyer, puissent travailler avec eux, puissent les soigner, puissent euh les les les aider dans dans le ménage et cetera et cetera. Donc euh voilà un petit peu le le la situation. Voyez, je sont quelques touches comme ça que je vous donne rapidement, mais qui je pense secoue quand même pas mal la la façon habituelle de de débattre sur ces questions particulièrement utile dans ces temps préélectoraux. Deux questions mais vous
y répondrez tout à l'heure dans le deè round. La question de l'immigration de travail c'estàdire que la population active dans ce pays est à 30 millions à peu près, je crois. Elle va stagner, elle va descendre même à 29. on va on va vraiment avoir un problème de population active. Donc évidemment le le bouquin de pas Etheranova Thierry Pêche vient de sortir un bouquin qui s'appelle sans eux hein la France sans immigrer. Donc qu'est-ce que serait une France du travail sans immigrés ? Puis la deuxème question euh que ça soulève et sur lequel vous répondrez peut-être tout à l'heure aussi, c'est tout à l'heure le taux de natalité parce qu'on a l'impression dans notre pays euh que euh ce sont euh les populations immigrées qui font plus d'enfants que les euh
natifs. Euh et vous expliquez bien dans vos euh écrits euh à quel point le taux de natalité euh évolue évidemment, y compris dans le monde d'ailleurs, il baisse partout ailleurs. Oui. Alors, il faut toujours il faut toujours distinguer fécondité, natalité, hein, je suis désolé. La natalité, c'est l'ensemble des naissances rapporté à l'ensemble de la population. La fécondité, c'est l'ensemble des naissances aussi, mais rapporté cette fois uniquement en femme, en âge d'avoir des enfants. Et donc ça décrit davantage un comportement. Euh la natalité, c'est le produit de deux choses, hein. C'est le produit du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants et de leur comportement, de leur fécondité. Et donc alors ce qu'on a eu récemment euh la parenthèse du Baby B s'est refermée. Ah
ça c'est bien triste mais enfin y compris son rebond hein qui fait que les enfants du baby boom eux-mêmes étaient nombreux et ont pu avoir des enfants. Ça s'est refermé. Nous sommes le pays avec l'Angleterre qui a eu le baby boom le plus puissant et le plus long. L'Allemagne par exemple a eu un baby boom de 3 4 ans et assez tardif donc les les situations sont très comparables. L'Allemagne depuis 1972 a plus de décès que de naissance. La Hongrie a suivi de très près l'Allemagne. Ce sont les pays qui ont le plus commencé. Donc il et la plupart de nos voisins, la quasi totalité de nos voisins depuis longtemps, depuis plusieurs décennies avaient plus de décès que de naissance. Donc nous nous avons un long baby boom qui en quelque sorte retardé le fait que maintenant
nous rejoignions le le la situation commune de de l'Europe et et alors ce qui se passe c'est que non seulement le nombre de femmes en d'avoir des enfants a baissé, ça y est, elles sont maintenant en dehors de l'âge de reproduction mais en même temps, c'est vrai que il y a un le désir d'enfant a également baissé et ça la dernière enquête de l'INED, elle est quand même assez prenante. Il y a le l'écho euh angoisse, enfin le l'écoxiété, voilà, j'ai cherché le mot qui joue. Il y a alors la politique familiale là, bon, on en reparlera si vous voulez mais c'est l'idée que François Hollande a cassé la politique familiale que le le thème que que répète sans cesse le Figaro par exemple est complètement faux. Enfin, je
veux dire, on a vraiment des mais on en reparlera tout à l'heure parce que c'est en soi une question extrêmement intéressante. Simplement, nous entrons tous, tous les pays européens et la France avec retard, mais la France le fait aussi dans un système qui n'est plus équilibré. Pendant longtemps, on avait l'idée que spontanément les générations allait s'équilibrer, que c'est en quelque sorte une un mécanisme naturel. C'est fini. Nous sommes dans le déséquilibre. Et la seule manière de rééquilibrer les générations, c'est évidemment de faire appel à à l'immigration et c'est d'ailleurs ce qui se passe. Alors, on a une autre fait majeure évidemment depuis maintenant quelques décennies, c'est le vieillissement démographique ou l'allongement de la durée de la vie. En
tout cas euh alors on Jérôme après je je on reprendra une discussion plus transversale hein et et Jérôme aura l'occasion puisqu'il est spécialiste évidemment plus largement des des politiques sociales et et mais mais peut-être dans un premier round de parole la question du vieillissement comment on on la vit aujourd'hui dans notre pays et et comment surtout on va l'anticiper puisque là c'est un un un un comment dire un phénomène démographique qui est euh qui est vraiment devant nous pour ce qui concerne en tout cas les les grands âges de la vie. Euh donc un un petit mot peut-être là-dessus Jérôme, merci beaucoup Luc. Bonjour à toutes et à tous. Je vais évidemment répondre à la question mais à partir précément du
cadre global dans lequel elle s'inscrit, je trouve super précieux que on mette sur le devant de la scène la question de la transition démographique et qu'on lit d'ailleurs les trois sujets : natalité, immigration, allongement de de la vie. Parce que au moment où on va soumettre des propositions à l'ensemble des Français, la démographie en réalité qui était un parent pauvre du débat public, les autres transitions, elles elles sont sur l'agenda. la transition numérique, la transition écologique évidemment et la transition démographique, elle était dans ces trois composantes mais dans sa dimension holistique aussi complètement négligé alors qu'elle est pourtant la porte d'entrée en réalité de toutes les politiques publiques. C'estàd que la volumétrie d'une politique publique,
qu'il s'agisse de l'école, bah regarder les conséquences du creux démographique à partir des années 2000, en tous les cas de la chute de la natalité à ce moment-là, ben ça a un impact immédiat. Il y a moins de classe et moins besoin de classe. Qu'est-ce qu'on fait de ce moment-là ? Et c'est ce 500000 et qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce qu'on en profite pour dédoubler les classes ? Est-ce qu'on en profite pour revoir l'organisation ? et on pourrait décliner sur l'ensemble des sujets. Donc parler de démographie, c'est évidemment la porte d'entrée de la de l'ensemble des politiques publiques. Deuxième chose, toujours en vision macro, c'est évidemment dans un contexte où parfois dans le discours public, et je jette la pierre à personne, mais on a des points
de divergence, il peut y avoir certains qui ont une forme de maltusianisme défendant une décroissance pour assurer la transition écologique et la nécessaire sobriété et se dire bah si d'une certaine manière il y a moins de personnes, on arrivera peut-être à mieux gérer ces éléments de sobriété, de transition écologique. Je trouve que en tous les cas je suis pas décroissant et je considère que la croissance démographique est aussi un enjeu de la solidité de la construction de la nation sur tout un tas de de dimensions. Et je vais même vous illustrer avec un dernier exemple, ça a forcément un impact à un moment donné où les questions de sécurité et les questions de réarmement cette fois-ci, mais pas démographique, mais tout simplement de sécurité physique, de volume des armées, de la
mobilisation, de la résilience de la société est indexé sur y compris sa population. Euh voilà donc formidable de l'aborder en ces termes. Pour répondre à la question de Luc évidemment, alors on est quelques-uns dans cette salle et à cette tribune et au premier rang avec Luc depuis des années, à être des militants de l'âge, c'estd à considérer que les sujets relatifs au vieillissement de la population qui ne se réduisent pas à la question du grand âge et de la dépendance qui est un sujet dont on va parler mais qui est de la massification des du vieillissement, massification des retraités, massification des fragiles, massification de ceux qui sont en perte d'autonomie questionne là aussi l'ensemble des politiques publiques. Le maître mot, c'est comment on s'adapte à
une société de la longévité qui est une nouveauté pour le coup démographique inédite. Moi, je cite souvent, pardon, ce pour ceux qui m'ont déjà entendu prendre cet exemple, des propos tenus par Claude Lévistros dans une de ces dernières conférences disant que la l'allongement de l'espérance de vie devait être considéré comme une révolution anthropologique aussi importante que la sédentarisation néolithique. C'est-à-dire le fait que ça va bouleverser la cohabitation de quatre générations quasiment et surtout le fait d'avoir un temps de vie non lié au travail qui est quasiment qui va quasiment devenir sinon aussi important qu'une partie de ce temps au travail. La retraite, l'âge moyen de la retraite c'est 63 ans en gros aujourd'hui avec
l'espérance de vie hein, vous avez une vingtaine d'années qui n'est plus liée et avec des temps de vie qui sont aussi disparates que les 0 à 20 ans de la jeunesse. Il y a pas de point commun entre un enfant qui est pris en charge par la PMI et un jeune qui est suivi par une mission locale ou qui est étudiant ou un collégien. Mais il y a la même diversité de situations et ça questionne donc l'ensemble des politiques publiques et donc le défi auquel on est confronté un c'est de mettre ce sujet en haut de la pile parce que on doit éviter une guerre des âges dans ce pays. l'idée selon laquelle elle peut quand même être sous-jacente, on le voit bien dans le débat sur la désintexation, des pensions de retraite et cetera. Et c'est pour ça que le maître mot et de dire défendre la
nécessité enfin l'évidence de la il s'agit pas de défendre la société de la la longévité, c'est de s'adapter au vieillissement de la population. Et c'est pour ça que le terme de de de comparaison entre transition démographique et transition écologique elle-même sur la transition écologique, on en est aujourd'hui à dire qu'il faut s'adapter aux conséquences de la transition écologique. Nous, on veut pas on veut surtout pas revenir sur l'allongement de l'espérance de vie, hein. On n'est pas des des génistes ou je sais quoi. Donc, on a d'autres choix que de s'adapter. C'est une chance l'allongement de l'espérance de vie. C'est le succès de notre modèle social, de notre sécurité sociale, de notre système de retraite qui permet et je le dis d'avoir un taux de pauvreté chez les
retraités en France deux fois inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE et notamment euh de l'Allemagne. Donc on a un système de protection sociale vertueux, un système médical qui a abouti à cet allongement de l'espérance de vie. Et donc à ce moment-là, comment on s'adapte plutôt qu'on subit pour éviter une crise du vieillissement ? Et je termine avant qu'on ait l'ensemble de la discussion, c'est que ça concerne le vieillissement dans sa diversité. Les jeunes retraités actifs, ceux qui sont touchés par les fragilités physiques, psychologiques et qui nécessitent que la société s'adapte à eux pour ne pas les reléguer. C'est la question de l'adaptation des villes au vieillissement, l'adaptation du logement, l'adaptation de toutes les politiques publiques pour tenir compte
qu'il y a des gens bah qui ont des fragilités et que donc le système de transport en commun, il doit s'adapter à ce vieillissement. la les logements neufs ou celui dans leur adaption adaptation, ils doivent être euh ils doivent intégrer le le vieillissement, les politiques culturelles, les politiques sportives à l'échelle nationale comme à l'échelle locale. Et souvent ça démarre par le local et on voit beaucoup de maire, on l'a vu au moment des municipales, bien voir qu'il faut qu'il s'adapte au vieillissement de la population parce qu'ils ont une demande sociale qui s'exprime à eux. Et puis il y a la dernière pointe de ce triangle que qui est la perte d'autonomie et le grand âge. C'est celui dont on parle beaucoup, les Épades, les services à domicile. Et là, il y a un
message à faire passer parce que les gens nous disent "Oui, vous voulez encore dégager des ressources et des moyens pour les vieux alors qu'ils ont déjà bénéficié euh des trendes glorieuses, du plein emploi, de tout ce qu'ils suit et cetera." Et là, il y a un seul message à faire passer. La politique du vieillissement est une politique de la jeunesse parce que dont ce dont on parle, c'est de ces métiers du lien, du soin, du CER, de l'accompagnement qu'on a besoin de renforcer dans ce pays, de revaloriser. Ça fait d'ailleurs le lien avec les sujets relatifs à l'immigration pour que précisément c'est ces jobs-là qui pour partie sont des jobs d'intégration pour les primaux arrivants dans le pays ne se cantonnent pas à ça. C'est aussi des éléments du parcours social dans le
pays. suppose que ces jobs là soient revalorisés, que si on a une immigration de travail, une préférence travail, ce que je revendique en matière d'immigration et par rapport à la préférence nationale évidemment et bien qu'on soit dans des branches dans lesquelles et bien au moment où on recourt à de l'immigration sur les services à la personne, sur les y compris sur les professionnels de santé, on le fasse en garantissant que ça se fait pas dans une pression salariale à la baisse sur sur ces emplois. C'est donc une politique de la jeunesse, c'est de l'investissement social, c'est de la création d'emplois. C'est une politique de la longévité qui est une politique de l'aménagement du territoire parce qu'on va pas vieillir de la même manière en ville ou en milieu rural euh dans la
diagonale du vide entre la Creuse et les Ardenes, pardon pour l'expression, mais il y a des vrais enjeux de déserts médicaux, de déserts médicaux-sociaux, de déserts d'implantation de pharmacie ou de commerce alimentaires qui sont à un risque de la crise du vieillissement et que donc il y a un enjeu de redéploiement de cette offre de service qui va redynamiser y compris des territoires et des bourgs parce que sil y a plus de personnel pour s'occuper des personnes âgées, la la l'école maternelle ou l'école primaire ferme et cetera. C'est aussi une politique de l'emploi évidemment parce que ce sont des gisements d'emploi essentiels qu'il faut solvabiliser et donc c'est aussi une politique du pouvoir d'achat et j'ajoute c'est une politique féministe parce que beaucoup de ces emplois
d'accompagnement sont des emplois tenus par les femmes. Et donc c'est pour ça que quand on va parler de cette révolution de la longévité pour ne pas tomber dans le piège de dire oui mais donc on en fait déjà trop pour les vieux en réalité on en fait pour des politiques publiques extrêmement diverses. Le vieillissement est une fragilité universelle. Voilà. Et nous sommes des universalistes républicains et par conséquent on aborde cette vulnérabilité avec un changement de braquet nécessaire. C'est les proposition qu'on formule. Et ce faisant et je pense que c'est au cœur d'un engagement socialiste, on met les vulnérabilités au cœur de nos politiques publiques. Je pense que c'est un beau fil conducteur que auquel nous pouvons nous rattacher. Merci. Merci Jérôme. Et donc si il fallait
justifier la transversalité des thèmes que on vient d'aborder. Jérôme vient de le faire j'imagine parce que je l'ai pas encore lu qui le fait dans son livre qui va nous montrer tout de suite parce que tout le monde dans cette salle a lu plaidoyer pour les vieux de 2012 et donc il y a un deuxième gage. Merci Luc de me permettre de faire de l'autopromo. Ça s'appelle la République, c'est nous. Pour en finir avec l'indignité parce que je considère qu'une politique de la dignité est est utile et il y a en effet immanquablement un long chapitre consacré aux vulnérabilités qui est illustré par les sujets du vieillissement. Et comme je suis toujours dans l'autopromo et que c'est bien calé, à 17h30, à l'issue de cette table ronde, je fais sur le stand de la fondation Jean Jorè une petite
rencontre dédicace autour du livre. Donc on peut le prix c'est 19 €. Voilà. Voilà. Très bien. Très bien. Donc vous savez où vous vous dirigez en sortant de cette salle tout à l'heure. Euh alors on va passer maintenant à nos deux élus euh départementaux et régionaux. Euh bon, vous avez entendu ce qui s'est dit. La question qui vous est posée, c'est au fond la naissance, l'immigration, le vieillissement, vous vous les retrouvez sur vos territoires respectifs avec des compétences politiques différentes qu'on soit dans un département ou dans une région. Sébastien Vincen comment tu gères ça au quotidien ? C'est intéressant la manière dont on a posé cette table ronde. C'est une première. D'habitude, il y a une
expertise ou un élu local qui doit parler faire presque de son territoire, pas un exemple, mais dire la France ça marche comme ça. Or euh notre force c'est d'appréhender la réalité de chaque territoire de manière différente. Ça a été longtemps demandé par les collectivités locales, les élus locaux de dire "Mais enfin, on n'est pas tous pareil sur la France, c'est complexe." Macron a effacé ça depuis maintenant 10 ans. On parle de la France d'une manière générale. Nous, on a pas toujours été brillant non plus, hein. Les ultramarins ont souvent demandé à être considérés
de là où ils sont. Pourquoi je dis cela ? Parce que moi dans mon département, les transitions, c'est pas une perspective, on les vit déjà. Ça fait 10 ans que la Haute Garon est le département qui accueille le plus d'habitants en France. Et encore là, encore cette année, on a une progression et on est champion de France dans toutes les progressions. Quand à Lyon par an, quand on le ramène au nombre d'habitants, 1000 habitants à Lyon, il y a deux nouveaux accueillis chaque année depuis les 10 dernières années. À Toulouse, c'est 70. Et pourtant, on est deux grandes métropoles. Vu de Paris, on dit on parle
des grandes métropoles, mais vous voyez bien que l'impact sur les services building n'est pas tout à fait la même. La Garon accueille chaque année 18000 nouveaux arrivants. Il y a une baisse de la natalité et du nombre d'enfants, mais moi ça fait 10 ans où il nous faut 500 places de collégiens en plus par an. Sur les cinq dernières années, les dépenses du vieillissement, c'est 18 % d'augmentation. Et j'ai dit ça commence à faire beaucoup et chaque année parce qu'il faut les trouver les recettes et les ressources. Et j'ai dit quelle est la réalité ? Je don on a fait faire des études. Je suis devenu président il y a 4 ans. J'ai demandé à avoir des prospectives à échéance de la fin de mon mandat. Je supporte pas moi les prospectives 2050. Ça veut rien dire quand on est
gestionnaire. On peut tracer des perspectives. Mais il y a la réalité qu'on vit au quotidien. Il faut bâtir des politiques publiques qui répondent pas dans 15 ans mais au problème des gens sur le moment. J'ai dit à échance 2028, qu'est-ce que ça veut dire les dépenses d'App de services à domicile d'PAD en notre Garonne ? + 28 %. Ah, j'ai dit échéance 2050 + 88 %. Non de Dieu, on n'est pas prêt. On n'a pas les recettes, on n' pas les compétences et personne ne veut parler de ce qu'il y a à faire à part euh le personnel formé, le personnel formé et cetera et cetera. Je vais expliquer pourquoi on a ces phénomènes et je vais y venir chez les jeunes. Pourquoi aussi on a ce phénomène d'augmentation ? Parce que en même temps la naissance baisse quand
même chez moi. Mais parce que il y a le tropisme lié au travail et c'est des jeunes couples qui viennent d'ailleurs avec déjà des collégiens mais pas des nouveaux nés. Ils viennent chercher du service ou de l'école ou du collège parce que l'éducation nationale s'est affaiblie sur l'ensemble de son territoire. Tout ça a des conséquences. Quand on parle des faits démographiques, de l'enfance au vieillissement, on oublie depuis le législateur à parler des migrations internes dans nos territoire et tu vas y venir pour ceux qui se dépeent. Et avec le réchauffement climatique, ça devient ahurissant. C'est-à-dire que nous, on nous promet encore d'ici 2030 une évolution de plus 500000 habitants en Occitanie. Je sais pas qu'est-ce qu'on va boire hein comme au potable d'ici avec autant
d'habitants quand la Normandie quand même le territoire où le climat est quand même plus soutenable va en perdre 350000. Ça n'a aucun sens. Et en terme de politique publique tout le monde s'en fout. Les mêmes élus disent les mêmes EDL partout et les mêmes préfets disent les mêmes EDL partout. Il faut soutenir l'attractivité des territoires. Moi, je suis un des rares élus qui dit "Ne venez plus à notre Garonne." Pourquoi je dis cela ? Parce que très curieusement, je discute avec mes homologes. Il se trouve qu'en Occitanie, on arrive à parler entre nous, les présidents de département. On est un peu tous de la même appartenance politique. Bon, on se fout sur la gueule quand on parle de congrès. Vous le savez, c'est une ligne de crète l'Occitanie, sa cogne
sévère. Les arrêois, les augaronis, les régionaux, n'en parlons pas. Euh c'est la castagne mais on aime ça. Mais enfin on se préoccupe quand même de bâtir des politiques publiques communes. Le vieillissement en Ariège, c'est marin. En Ariège, il visissent moins vite que en notre Garonne. Les dépenses d'ap d'autonomie, c'est marrant, elle a pas du tout la même. Moi, ça s'enflamme, hein. C'est chaque année, c'est plus entre + 5 et + 7 % d'augmentation. Eux, ils sont à 0,2. Pourquoi ? hein, j'appelle ça le tropisme euh lié aux aidans. C'est-à-dire que comme nous il y a quelques années, on a eu le tropisme économique Airbus, les métiers du soin et cetera, on a aussi créé des services à la personne,
service de la petite enfance, service de l'autonomie, des services d'aide à domicile, y compris dans les Pyrénées, y compris dans le communinge. Il y a des services d'aide à la personne. Quand on vient s'installer pour trouver du travail, quelques années plus tard, tout d'un coup, ben on a un parent mais qui tombe en vulnérabilité, en perte d'autonomie. Il peut en rester queun sur deux, mais qu'est-ce qu'on fait ? On se déplace ? On essaie de construire un service là où il habite ou on le fait venir ? Le fait venir. Et on est en train d'étudier ça, c'est-à-dire que nous, il y a un tropisme lié à la perte d'autonomie, à la prise en compte du handicap et au vieillissement. J'ai des dépenses qui augmentent de manière affolée, pas parce qu'on vieillit plus vite,
mais parce que il y a du tropisme lié à ça. C'est assez surprenant. Euh ouais, on vient chercher de l'action sociale et de la solidarité, mais c'est pas celle qu'on croit. Voilà, c'est celle liée à la perte de l'autonomie. Et sur l'immigration, c'est très intéressant ce que vous avez dit. Moi, c'est la chambre des métiers de l'artisanat ainsi que la Fédération du BTP qui vient me dire "Continuez votre politique offensive d'accueil des MNA, les mineurs non accompagnés, en gros les jeunes étrangers." Et alors avec des termes, je je je vais utiliser moi le terme d'un démographe, les subsahariens, comme ça, il y a pas de préjugés euh parce qu'ils sont très bien hein, ils veulent apprendre la langue, ils veulent travailler et cetera. Voilà ce
qu'on me dit. J'ai dit à certains qui dont un qui est dirigeant, un des codirigeants du MEDF national, j'ai dit ça serait bien que vous montez sur des plateaux télé pour dire que l'immigration c'est bien hein. Voilà. Et ça amène à devoir bâtir des politiques publiques un peu différenciées de ce qu'il y a nationalement. Moi, ça fait 3 4 ans que je dirige ma collectivité. J'ai déjà rencontré donc j'ai déjà eu affaire à trois préfets différents qui deviennent des préfets de région. C'est pas neutre d'être préfet de Lot Garon. Je leur ai dit au fait il y a quelques problématiques l'agriculture maintenir l'activité d'Airbus et cetera mais le vrai fait à tenir compte c'est le fait démographique quand vous venez à notre Garon chaque fois les profils me regardent comme ça que ça veut dire
qu'est-ce que ça veut dire le fait démographique parce que même les serviteurs de l'État ne comprennent pas cette dimension a dit le fait démographique c'est qu'ici vous allez vous rendre compte qu'il y a besoin d'augmenter nos capacités de politique publique chaque année faut pas fermer des postes faut en trouver supplémentair c'est du plus chaque année Et depuis 10 ans, il faut bien comprendre que Macron a décentralisé, déconcentré des dépenses publique et il a concentré des recettes. Ma collectivité quand je suis devenu vice-président aux finances il y a maintenant moins de 10 ans avant que je sois président, j'étais BP aux finances, on avait 53 % d'autonomie fiscale, ma collectivité, le département. Aujourd'hui, j'en ai trois. Donc
c'est-à-dire que moi je suis décorrélé du fait démographique. On gère 70 % de dépenses les dépenses sociales de tout cela, tout ce que je vous dis. Et en même temps, je dépends d'une fraction de TVA nationale d'une péréquation qui ne tient pas compte du fait démographique. Les socialistes, on propose deux trois trucs là-dessus quand même pour arranger cela. Mais il faut mesurer ce que ça veut dire le fait démographique dans un département comme le mien qui se dépe peu pas mais qui accueille de la population. Je [grognement] dois construire deux collèges par an. Là, ça fait 5 ans que on construit deux collèges par an, trois casernes de pompiers par an si on veut continuer à avoir le même temps d'intervention. La maternité, l'hôpital public en pédiatrie de Toulouse est en passe de
devenir la première d'Europe. Donc ça veut dire ça aussi en dépenses de santé nationale. Il faut mesurer ce que ça veut dire dans les départements, les disparités nationales qui sont en train de s'accentuer avec une noncidération de cela et des discours qui n'appréhendent pas cette disparité et qui ne réfléchit pas non plus à son aménagement du territoire. Il y avait des grandes politiques aussi d'aménagement du territoire. On parle de politiques de naissance, de vieillissement, mais il y avait aussi des politiques d'aménagement du territoire, c'est-à-dire comment on organise aussi les flux. Est-ce qu'on les contrôle pas ? Est-ce qu'on prévient pas à un moment donné ? Moi, j'aimerais aussi qu'on appréhende aussi cette dimension là parce que c'est explosif ce
qui se passe. On parle de maillotte avec une immigration et cetera, mais c'est explosif ce que nous vivons. Il y a quatre cinq départements comme le mien où c'est où on n'y arrive plus à un moment donné et ça génère énormément de complexité dans les politiques publiques. Bon, on va terminer ce ce Vous pouvez pas applaudir. [applaudissements] On va terminer ce premier round de discussion avec Jérôme Durin, président de la région de Bourgogne. Sébastien, pardon, Bogne Franchec. Oui oui oui oui oui. Notamment pour le notamment pour le sujet effectivement qui qui nous qui nous occupe. Sébastien dit "Moi, il faut que j'ouvre, j'ouvre, j'ouvre." Toi, tu fermes, fermes, fermes.
Alors, moi, je vais adresser euh un message amical à tout le monde d'abord et vous remercier pour l'organisation de cet échange. Euh et puis dire à Sébastien que je je l'autorise à donner mon numéro de téléphone personnel à tous les gens qui veulent venir en Haaronne et qui seraient prêts à venir en Bourgogne Franche Compté. Ouais. deux salles de ambiances euh puisque j'ai regardé les chiffres euh la région Bourgogne Franche Compté c'était en 90 2,7 millions d'habitants, en 2022 2,8 millions d'habitants, en 2050 ce sera 2,5 millions d'habitants et encore si on est optimiste. Donc nous ce qui se passe au niveau national nous le connaissons déjà depuis 10 ans. Le croisement des courbes, ça s'est produit il y a 10 ans.
Je regardé ce qui se passe en Occitanie sur 2011-2022. Sébastien le chanceux, même s'il est malheureux, il l'a expliqué pourquoi, il a gagné 500000 habitants. Nous c'est zéro. En revanche, dans ce zéro, il y a moins 100000 qui sont les moins de 30 ans et les 30 59 ans, plus 100000 qui sont les plus de 60 ans. Donc je pense que on a plusieurs petits soucis notamment à l'approche de 2028. D'abord parce que vieillissement et perte de population symboliquement c'est quelque chose qui est lourd. Moi, je prétends sans aucune
approche scientifique que le vote Ren c'est un vote de fin du monde. C'est le vote d'un c'est le vote de la fin d'un monde. et que dans les territoires où on vieillit, où le service public disparaît parce que c'est plus dur à opérer, parce qu'on a plus d'argent, parce que quand quand on a une perte de population plus une attrition budgétaire, et ben ça vient difficile de tenir la promesse républicaine du service public. On ne vit pas dans la même société. Moi, j'ai j'ai deux deux exemples à donner. J'étais sénateur il y a pas si longtemps. Je faisais toutes tous les vœux des communes que je pouvais faire. J'ai fait des vœux dans l'ouest de mon département qui est dans
la diagonale aride sonir. Euh je revenais chez moi à Chalon sur Sa dans le Val de Saun. Je trouvais qu'il y avait moins de boucle blanche. Je passais à Dijon au conseil régional, c'était un peu plus jeune. Et j'arrive à Paris, c'est pas la même société. Ça n'est pas la même société qu'on voit. Ça ne renvoie pas la même chose. Je dis pas que c'est mieux, c'est moins bien, mais ça n'est pas la même société. Donc, on a un problème de discours politique. Qu'est-ce qu'on dit de la perte de population ? Qu'est-ce qu'on dit du vieillissement ? Comment un acteur politique, un responsable public dit qu'on perd la population ? Qu'est-ce que ça renvoie du territoire ? Bah, c'est quand même pas formidable. Et du coup, c'est c'est un sujet difficile à appréhender et je connais certains de
nos collègues, je ne donnerai pas les noms à vous après si vous me les demandez, qui sont dans des discours de déni de l'habitant et qui disent "C'est pas vrai, l'INC se trompe, il y a des dynamiques souterraines qui montrent que bon la réalité arrête arrête ton histoire, ça marche pas." Et et d'ailleurs, on regarde les inscriptions dans TBAU euh quand c'est un président de département. Euh il y a personne. Donc il y a un problème de discours politique parce que c'est difficile et il y a un problème de choix politique et et l'adaptation politique, elle pose plusieurs questions. Qu'est-ce qu'on doit faire en plus ? Sébastien l'a très bien indiqué pour un conseil départemental. Nous, un conseil régional, qu'est-ce qu'on doit faire en
plus ? Ça va nous interroger sur notre aide à la santé. Ça va nous interroger sur des questions économiques. Qu'est-ce qu'on doit faire en moins ? Je le dis pas comme ça exactement. Qu'est-ce qu'on doit reconsidérer la façon dont on opère un certain nombre de de politiques publiques ? J'ai 128 lycées dans la région Bourgan Franche Compté. Euh, on a la plus grande surface, le plus grand nombre de mètres carrés par lycéen, 220 1400 bâtiments. Si les choses devaient être faites normalement, on aurait déjà dû fermer c petits lycées. Il se trouve que c'est dans pas longtemps les élections, c'est peut-être pas le moment, mais la réalité c'est que
quand on on va opérer ces choix, si on doit les opérer comme ça, ça va pas favoriser le vote progressiste dans nos territoires. Deuxième sujet, c'est le sujet des mobilités. On est tous attachés à l'armature ferroviaire du territoire. quand dans certains territoires, on a des lignes, des petites lignes qui, parce que l'État s'en est pas occupé nécessite des centaines de millions d'euros de travaux dans des conditions financières qui sont peu ou prou les les mêmes que celles que décrivait Sébastien. Je sais pas faire. Donc il y a des endroits, il va falloir qu'on trouve des alternatives. Bon, qu'est-ce que ça dit d'un territoire ? Les gars, on leur dit, vous avez déjà perdu la perception, le bureau de poste. Alors, sur le train, on sait pas comment on va faire, vous aurez peut-être un
quart et le lycée, vous oubliez. Voilà, c'est un sujet. Et puis il y a des questions qu'il faudra traiter autrement, c'est sur la force de travail. Euh je donne un autre exemple. J'ai fait les vœux aux agents des lycées dans le Jura. Euh je euh nous nous perdons 1000 élèves par an nous dans nos lycées depuis une vingtaine d'années et ça s'est accéléré. Donc dans mon esprit, le sujet c'était les bahus, les lycées sont trop grands pour le nombre d'élèves qu'on a. Et puis là, il y a un agent qui se lève, une agente qui me dit "nous dans notre restauration scolaire, on est 12. On est 12, il y en a six qui ont des restrictions parce qu'on est tout tout est tous âgés, cassés, abîmés. Voilà. Donc dès qu'il y en a un qui est en rade
sur le le flanc, c'est foutu. Et donc le problème du service public, il faudra rendre différemment parce qu'on a moins d'argent et parce qu'il y a moins de gens sur certains territoires, mais il faudra le rendre aussi différemment parce qu'on a moins de personnes pour l'assurer dans les territoires. Et ça c'est vrai aussi pour les entrepreneurs. Pour ça qu'hier, je crois que au BDF, quand on a parlé d'immigration de travail, il y a eu des applaudissements parce que euh voilà, parce que il y a quelque chose qui qui parle le chef d'entreprise. En revanche, dans un territoire où 13 circonscriptions sur 27 sont acquises au ARN, dire les gars, on va faire d'immigration de travail, c'est peut-être pas si possible, c'est si simple que ça. Bon, écoutez euh franchement, on savait
que cette table ronde serait passionnante et ça se confirme. Donc après ce premier tour de parole où chacun a posé les jalons du débat, on va en faire un deuxième avant de vous passer la parole ensuite en essayant peut-être de le faire avec cette fois-ci le prisme bah de responsable politique au sens large et et d'essayer de regarder comment on pourrait agir. On a un spécialiste, un scientifique bon à travers François Hand. les autres sont des responsables politiques. On a même un candidat à la présidentielle. Euh et donc c'est le moment où jamais euh et et tu l'as dit Jérôme, il y a deux Jérôme, un autre Jérôme qui lui a une échéance 2028 hein,
que tu viens d'expliquer Sébastien aussi. Donc on va essayer de reprendre nos sujets et cette fois-ci en essayant de dire bah nous responsables politiques, militants politiques, élus locaux, élus nationaux euh qu'est-ce qu'on fait sujet par sujet ? Peut-être tu l'as esquissé tout à l'heure Julie sur la natalité, c'est la question de de de la politique de l'État de des politiques publiques de manière générale sur la question de la natalité qui est une question par ailleurs totalement personnelle et intime. Dis-nous un mot là-dessus. La à mon avis le rôle de l'État sur cette question de la natalité ne peut pas être unidimensionnel. C'estàd qu'on
peut pas juste vouloir inciter ou pire donner des ordres aux femmes de procréer. Le de réarmement démographique était particulièrement violent pour toutes celles qui ne peuvent pas d'ailleurs avoir d'enfants parce qu'il y a aussi ce facteur là. Moi je pense que le rôle de l'État c'est de permettre ce choix, de vraiment réduire l'écart de fécondité, c'est-à-dire l'écart qu'il y a entre les couples qui veulent avoir un enfant et ceux qui ne peuvent pas l'avoir. Alors qui ne peuvent pas l'avoir pour des raisons je dirais qui tiennent à leur corps, c'est la question de l'infertilité, peut-être qu'on pourra y revenir, mais des raisons également matérielles. Aujourd'hui, faire un enfant coûte cher. On a perdu en terme de pouvoir d'achat deux chambres dans nos longement dans nos logements.
C'estàd que faire un premier enfant et la question d'en faire un second se pose vraiment différemment d'il y a 30 40 50 ans. On n'est pas du tout dans les mêmes configurations. On n'est pas dans les mêmes configurations également je dirais psychologique. François Hand en a parlé. La question de l'écoanxiété, la question également de notre rapport aux autres, mine de rien, se pose dramatiquement aujourd'hui. Cette vague de lia n'est jamais envisagée sous la question de la natalité. Sauf que la privatisation de nos relations interpersonnelles pose également des questions sur notre capacité à vouloir des enfants avec autrui. Quand aujourd'hui, lorsqu'on a une question, un souci, on se confie plutôt à une qu'à
potentiellement son amant ou à son mari. Et ça cette relation à cette capacité en fait à vouloir créer quelque chose avec autrui. Je pense que même au niveau de ces nouvelles technologie il faut qu'on puisse l'intégrer et il y a des études absolument passionnantes qui commencent à être publié alors majoritairement aux États-Unis mais qui posent cette question de la de la volonté d'avoir un enfant à l'one typiquement de ces nouvelles technologies également. Donc si on veut aujourd'hui aujourd'hui promouvoir je pense une natalité euh progressiste, en tout cas de gauche, je pense que le rôle des politiques publiques, c'est d'offrir ce choix, de faire tout ce qui est en notre pouvoir, de permettre à ces couples ou à ces femmes seules ou à ses hommes seuls d'avoir un enfant. Et ça c'est
multifactoriel. On ne peut pas, comme le disait Sébastien Vini, envisager cette problématique sous le seul angle de "Oh ben, on va vous permettre d'avoir un peu plus de sous si vous faites un enfant." Non, c'est pas c'est pas enfin on peut interroger les femmes aujourd'hui. La question ne se pose pas comme ça. Et sur la question de l'infertilité, typiquement c'est un débat je pense qui devrait être un peu plus mis sur la table, y compris à l'air de l'élection présidentielle. Il y a 3 millions de personnes qui peuvent pas avoir de bébés physiquement aujourd'hui. C'est un couple sur qu c'est énorme. Et après, on a des politiques qui votent la loi du plomb. C'est aberrant. Il y a une vraie question de permettre également physiquement cet accès à euh la procréation. Et aujourd'hui, si on
pouvait avoir alors je je me souviens plus si dans le projet euh du Parti socialiste tel qu'il a été coordonné par Chloé Ridel, nous avons effectivement cette question euh des naissances et de la capacité qu'on a nous à gauche de permettre aux Françaises et aux Français d'avoir des enfants mais de manière matérielle également sur la question du logement, sur la question de l'écologie, sur la question du pouvoir d'achat, sur la question très technique de savoir aujourd'hui si je veux avoir un enfant dans 5 ans, comment dans les cliniques je permets en France France à ces femmes de congeler leurs ovoscites et de ne pas partir en Espagne parce qu'il y a une inégalité également de de procréation économique entre les différentes personnes aujourd'hui en France. Comment
est-ce que j'envisage ces choses d'un point de vue multifactoriel ? Faudrait que je relise le le projet. Je ne sais pas si tu as la réponse mais en tout cas je serais assez preneuse de savoir typiquement comment Jérôme réagit sur cette question également de la natalité. On peut avoir un beau projet à gauche, j'en suis certaine. Je voudrais revenir tout de suite sur la politique d'appui à la natalité puisque euh j'ai regardé un petit peu les chiffres, il y a eu deux rapports très intéressants. Il y en a un qui est tout récent, tout récent qui pourrait vous intéresser. Je je vais y revenir. Alors, d'abord vous avez une partie de la politique de la famille, c'est réduire le coût de l'enfant. Et quand on regarde ce qui se passe, le par rapport au ménage sans enfants, le fait d'avoir un
enfant, d'en avoir deux, d'en avoir trois ou plus, ça réduit le niveau de vie successivement de 6 %, de 12 %, de 47 %. Quand on a trois enfants en plus, voilà. Mais la politique familiale qui est aussi une politique de réduction des négatiques aussi une politique sociale, ça la droite est farouchement contre, on peut y revenir, euh réduit à peu près environ de 40 % la perte de revenus liée à la présence des enfants sur chacun. C'est non compris les enfin si si si si l'effet global l'effet global des politiques familiales, c'est finalement que le recul le recul pour un enfant va être de 3 % au lieu de 6 % de de pour le 2è enfant de 7 % au lieu de
12 % et pour tris enfants et plus de 29 % lieu de 47 % donc en gros globalement le le le coût de l'enfant est réduit de 40 %. il n'est pas aboli, hein. On pourra encore effectivement voilà mais il y a un rapport très intéressant qui a été alors c'est assez étonnant parce que c'est un rapport qui a été commandé par Sébastien Lecnu à Ligas et à l'IGF à l'Instruction générale des finances mais ce rapport finalement s'est retourné dans un véritable plaidoyer pour finalement une une politique familiale qui contribue aussi à réduire les inégalités à lutter contre la pauvreté hein. C'est ce qu'on appelle la redistribution verticale alors que la droite est
farouchement pour la redistribution complètement horizontale, hein. Alors, la redistribution horizontale, ça veut dire que quel que soit le niveau de vie des personnes, il faut de toute façon donner la même chose à tout le monde. Et on comprend l'origine de l'idée. On comprend aussi pourquoi les syndicats et les associations familiales sont pour cette vision là. C'est parce qu'effectivement à l'origine, c'est le côté assurance. La naissance, c'est un risque social. La naissance, c'était un risque social au long de la guerre comme l'accident du travail, comme le le le l'handicap et cetera et cetera. Et donc tout le monde devait contribuer à à financer ça. Mais depuis 2014 ou 2015, la loi de 2015 et c'est pour ça que la
droite dit Hollande a cassé la politique familiale, il y a donc les conditions de ressources qui ont été imposées aux allocations et il y a un mythe contre lequel il faut que vous puissiez lutter je pense c'est le mythe comme quoi la fécondité aurait baissé à la suite de cette innovation. Il n'y a jamais eu la moindre démonstration scientifique de l'impact négatif de la mise aux conditions de ressources des allocations familiales. C'est pas parce que les plus riches dans les deux déciles supérieurs ont vu leur allocation familiale divisée par de que et que en réalité ça concerne 10 % de la population hein que ça ça fait chuter la fécondité. Il y avait une tendance lourde de toute façon. Et donc
je pense que alors si vous regardez le rapport de ces deux inspectrices euh IGF et Igas qui vient de paraître he qui date d'il y a un mois hein, vous le vous l'avez vu, il est vraiment impressionnant parce que il il montre que finalement certes, on peut faire des économies sur la politique familiale et cetera, mais les économies ça consiste justement à faire en sorte que au lieu de mettre le paquet, comment on le fait sur la réduction du coût de l'enfant, on mette le paquet sur ce qui contribue vraiment à l'augmentation de la natalité. qui est la conciliation vie familiale, vie professionnelle euh notamment hein qui qui voilà et et ce rapport qui est qui est accessible, qui est lisible, il est un peu technique évidemment comme toujours hein les inspecteurs mais il est c'est un
formidable plaidoyer pour faire en sorte que on défende une politique familiale qui soit aussi une politique de redistribution verticale. Et là il y a un clivage droite gauche qui est très très fort. Et à mon avis, enfin moi je pense he j'ai un conseil que je me permets de donner. Si vous voulez regarder si vous regardez les tentatives qui ont été faites pour essayer de démontrer le l'impact positif ou négatif de la mise condition de ressources d'éducation, en réalité il y a pas de solution scientifique. C'est en fonction de votre philosophie politique de redistribution verticale ou de redistribution horizontale que vous allez décider si l'impact est positif ou négatif. Et donc là, l'expert
d'une certaine manière cède de la place aux politiques. C'est à vous de définir votre philosophie. Est-ce qu'on veut effectivement profiter de la politique familiale pour réduire les égalités ? ce que font soit dit en passant la plupart des pays européens notamment de ceux qui ont une une fécondité relativement soutenue comme Nordique par exemple ou la Grande-Bretagne. Bon, même si tout ça évolue de façon un peu générale pour tout le monde. Donc là, il y a une vraie réflexion à faire dans un programme politique et ce rapport que vous avez donc lu [rires] et me semble-t-il fournit des éléments très précieux. Alors, merci beaucoup de mettre l'accent sur ce pointlà parce que vous voulez vous tourner vers un politique, ça tombe bien, vous en avez un à gauche. Enfin, il est à gauche par
ailleurs, mais il est doublement à gauche le et surtout il est doublement en train de de préparer lui-même des propositions. Et puis comme vous avez dit les quatre lettres du mot igace, il un jour, il gace toujours. Donc forcément l'Igas que vous avez l'igas que vous avez à côté de vous [rires] a à est un peu au courant des publications de son dans son corps d'origine. Donc sors de ce corps Jérôme et explique-nous peut-être en rebond de ce qui vient d'être dit comment aussi à la veille du PLFSS, il y a une présidentielle mais il y a aussi un PLFS à venir et donc peut-être replace ça aussi dans le cadre des politiques sociales de manière générale tel qu'on est en train de les débattre au Parlement. Très bien. J'en profite aussi pour dire un mot sur des réponses opérationnelles
sur vieillissement. Euh c'était ça ta ta porte d'entrée, mais je rebondis quand même sur politique familiale. Euh euh c'est Julie qui l'a dit euh dans les externalités favorables à euh au bon de la natalité, euh je pense que le cœur du problème c'est euh que enfin voilà, je le reformule, la politique du logement est une politique de la natalité. c'est que aujourd'hui le frein, un des freins, tu l'as tu l'as réindiqué, c'est et d'ailleurs il y a un autre rapport parlement, enfin il y a un rapport parlementaire très intéressant qui a été c'est Petriel Artus, je crois qu'il a qui l'a fait euh et je pense que ce sont
des sujets d'ailleurs qui sont de nature à construire un compromis républicain du type CNR qui a permis de donner naissance à la sécurité sociale et qui aujourd'hui doit sortir peut-être de ces clivages gauche-droite un petit peu un petit peu stérile. Je m'autorise quand même un petit bémol sur redistribution horizontale, redistribution verticale. Au moment de la mise ou condition de ressources des allocations familiales en 20145, j'ai exprimé mon désaccord pour un principe sur lequel je nous invite à être collectivement attentif. Je crois à la sécurité sociale et au principe fondateur de la sécurité sociale qui se résume en une formule l'universalité des droits et la
progressivité des contributions. La correction des égalités n'est pas vous universal. Non, je je je dis juste que si dans le consentement à la sécurité sociale, ce qui contribue considère que la SQ n'est que un correcteur des inégalités et que donc on va moduler l'ensemble des prestations en fonction du revenu du ménage, alors vous il y a un risque. Et d'ailleurs, regardez, ce risque s'est prolongé. Il y a l'année dernière dans les coups de sondes venant, c'est Roland l'escur et quelques autres qui l'avait mis sur la table même non, c'était Éric Lombard à l'époque qui avait dit "C'est pas normal que un un milliardaire soit remboursé de la même manière sa consultation médicale que un SMAR et que
dans le prolongement de la logique de mise sous condition de ressources des allocations familiales, certains nous disent et bien on pourrait moduler le niveau des remboursements de la cotisation de la de de de de d'aller chez le médecin ou du médicament en fonction de vos revenus. Si on fait ça, on tue la sécurité sociale. Si on fait ça, on tue le consentement à la sécurité sociale. Et les gens vont dire "Mais attendez, laissez-moi laissez-moi m'assurer de manière individuelle pour donc ce qui n'interdit pas d'avoir un complément. Déjà aujourd'hui, la moitié des des prestations familiales sont sous conditions de ressources et ça ne me dérange pas qu'on concilie dans la dans la dans la branche famille des prestations d'égalité et des prestations d'équité. Mais si la sécité,
alors ce n'est plus la sécurité sociale et ce n'est plus l'universalisme fondateur. Et l'étape d'après, c'est précisément l'assurance euh l'assurance pal. Donc je je mets juste ce bémol qui est un peu jésuite pour que nous-mêmes nous ne soyons pas que dans une logique de redistribution de redistribution verticale et que ce qui a fait la force aussi du système et les allocations familiales par exemple, elles sortent quasiment 30 % de des enfants de la pauvreté du c de pauvreté. Donc cette dimension là doit être présente mais ça ne peut pas être que cela. Voilà parce que la sécula. Euh et donc je reviens politique du logement euh politique de l'accompagnement et donc la question de
la conciliation des modes de garde. Et là on on retombe sur nos sujets. On retombe sur nos sujets démographie et y compris immigration, main d'œuvre qualifiée, main d'œuvre correctement rémunérée. Bref, et là s'il y a un message à faire passer, les métiers du lien, du soin du CER, de l'accompagnement, c'est les métiers des vulnérabilités. C'est l'illustration de la vulnérabilité et de la solidarité. Pardon. Attendez, quand on est de gauche, voilà, moi j'adore ce que raconte François Ruffin et il a raison avec d'autres et moi je le fais matin, midi et soir de se dire c'est à cela qu'on s'adresse. Il y a 3,3 millions de professionnels qui travaillent dans les métiers du soin et dans les métiers de la santé. Voilà, c'est 12 % de l'emploi. C'est 10 plus 12 % du PIB. Et donc c'est
pas que de une dépense inerte. La revalorisation de ces métiers, elle est absolument consubstantielle, y compris de nos enjeux de soutien à pouvoir d'achat. Et dans la période dans la période, alors c'est peut-être un peu disrupti ce que je vais vous dire. S'il y a des secteurs et on l'a vu au lendemain du Covid, tous ces métiers du backoffice, ceux qui ont fait tourner le pays et les métiers du soin et du lien doivent être ceux sur lesquels nous concentrons notre effort de revalorisation en terme de pouvoir d'achat à un moment où ce n'est pas forcément possible de le faire tous. Ce qui me permet de faire le lien avec les questions de vieillissement. Et là, je vais être aller en style télégraphique. Une politique publique de la longévité qui soit panoramique
pour des littératures plus complètes. Je vous renvoie notamment aux travaux que Luc avait mené depuis des années sur l'adaptation de la société au vieillissement et sur le pilotage coordonné d'une politique de la longévité. Je disais tout à l'heure, le vieillissement est un phénomène territorial. Il faut donc que les acteurs locaux se voient confler les confier les clés du camion de cet aspect-là. Et je le dis devant un président de région et un président de département. Pour moi, le bon niveau qui ne contradictoire avec leur prérogativ respective, puisque le vieillissement est un phénomène territorial, il faut que les maires ou en tous les cas les décideurs à l'échelle de bassin de vie suffisant soient les ensembliers de l'ensemble des politiques locales de la
longévité, qu'il s'agisse du transport, de l'habitat, de la prévention de l'isolement, de la prévention de la perte d'autonomie du style activité physique adaptée du type lutte contre l'isol. seulement politique de prévention de la dénutrition. Bref, les maires voilà, c'est eux qui vont être en première ligne. Et il faut donc qu'on non pas qu'on leur donne qu'on décentralise les compétences, mais qu'on leur dise sur votre bassin, c'est vous qui coordonnez. On a fait des contrats locaux de la sécurité, de la prévention de la délinquence où on dit au maire, c'est vous qui coordonnez, qui partagez l'information parce que chacun fait un peu des choses. On a fait des contrats éducatifs locaux. Il faut faire aujourd'hui des contrats locaux de la longévité où les maires permettent de
coordonner sur leur territoire. Alors, c'est toujours un dialogue euh euh ce que va faire le bailleur social, ce que vont faire les professionnels de santé, ce que va faire le tissu associatif, les interventions de la collectivité départementale, le lien avec les besoins de formation avec la région. Ça c'est un premier point. C'est pas très grand public mais c'est les enjeux de gouvernance. Après dans les choses plus grand public et plus message à faire passer, il faut qu'on ait un message de vérité notamment sur le sujet qui pr alors il y a la question des fragilités. La massification des vieux fragiles dans la société va être une interpellation majeure. S'il faut éviter une crise du vieillissement parce qu'elle est possible comme on a une crise du logement parce qu'on a pas anticipé avec
toutes les conséquences que ça a. C'est bien sur la manière dont on adapte nos territoires au vieillissement pour que c'est fragile qui ne consomme pas. Pour l'instant, quand on est fragile, euh c'est on on va on n'est pas à l'PPAD et on n pas une aide à domicile. On on tire juste euh enfin on est en difficulté, on est en fragilité et si la société n'accompagne pas, si les transports ne sont pas adaptés au vieillissement, si on n pas mis des bans dans l'espace public, si on n pas organisé un aller vert ces publics là et tous ceux qui sont dans des CCS savent l'importance précisément de repérer ces fragilités plutôt que d'attendre que les gens viennent en demande d'un accompagnement. Donc là, c'est de l'organisation. Et puis il y a le dernier élément et on va
se concentrer là-dessus une seconde qui est la question du grand âge et de la perte d'autonomie. Et là, on va pas tourner autour du pot. Euh il y a un besoin de financement pour mettre fin à l'indignité qui n'est pas enfin qui est qui qui traverse l'accompagnement queles que soient les structures, les établissements publics, privés ou associatif, les associations, les opérateurs. Aujourd'hui, les moyens qui sont donnés par la puissance publique ne sont pas suffisants pour que dans un ÉPAD, on puisse accompagner dignement. Ce n'est pas digne d'avoir 6 ou 6,5 salariés pour 10 résidents. Voilà, moi je prends toujours souvent cette comparaison. Si demain à la rentrée scolaire, il y a un prof devant 50 euh élèves dans vos collèges ou dans vos écoles primaires, on sait ce qui se
passe. Les parents d'élèves vont s'enchaîner au grille du rectorat, les euh euh élus euh vont manifester, les syndicats euh de prof vont protester et cetera. Bah, malheureusement, aujourd'hui, on s'est résigné à des taux d'encadrement d'accompagnement dans les établissements qui euh ne correspondent pas à un accompagnement digne. Donc, il y a un consensus très documenté. J'ai l'occasion de saluer un grand expert qui est décédé cet été qui s'appelait Dominique Libau et qui dès 2019 au moment où Emmanuel Macron avait promis la loi grand âge qui n'a pas vu le jour et c'est un des échecs les plus cuisants du quinquena de de enfin des deux quinquena d'Emmanuel Macron disait c'est une dépense publique qui doit augmenter et nous nous devons assumer cette augmentation même la cour même la Cour
des comptes qui est pas un repère de gauchiste dit qu'ici doit y avoir une dépense publique qui augmente c'est la la dépense d'accompagnement de la perte d'autonomie pour justement répondre de manière digne et accessoirement c'est pas de l'argent qui va dans la poche des des retraités, c'est de la création d'emploi. C'est ce que je vous disais tout à l'heure. Et pour ça, en responsabilité, nous devons dire que la manière dont nous dont nous finançons cette cette dépense et moi je défends avec d'autres historiques, y compris dans le Parti socialiste, le fait que la bonne la bonne ressource c'est celle qui est la plus proche, si j'ose dire si j'ose dire conceptuellement et c'est notamment la mobilisation des héritages, des plus grands héritages, des successions pour
financer l'augmentation de cette de cet accompagnement. Puis un dernier sujet évident et ça c'est vrai à domicile ou c'est vrai en établissement de dire que l'accompagnement de la perte d'autonomie, les besoins de personnel de recrutement et la mobilisation de l'ensemble des acteurs de la société parce que ça concerne la puissance publique, ça concerne les acteurs associatifs, ça concerne aussi les entreprises privées qui doivent adapter les entreprises privées, les fournisseurs de biens et de services marchands qui doivent intégrer le vieillissement de la population dans l'ensemble de leur de leur politique publique. Moi voilà, je je il y a il y a un enjeu de solidarité nationale pour ne pas rester ne pas renvoyer aux seules familles le coût de l'accompagnement. Et
puis le dernier point que je voulais mentionner, c'est qu'au cœur de tout ça, ça a été mentionné, il y a des aidants, 11 millions d'aidents sur les personnes âgées, sur les personnes handicapées, sur les personnes qui sont en longue maladie. Et ça c'est les invisibles de beaucoup des politiques publiques. Et là il y a une responsabilité collective de dire dans cette société de la bienveillance et du lien, il s'agit de faciliter la vie de ses aidants. Voilà d'en faire des objets et des sujets de politique publique et pas de se dire "Vous allez vous débrouiller." Il y a eu des embryons, un congé du prochédent mais qui est très très embryonnaire et notoirement insuffisant. Et le le l'apport gratuit que font les aidents à l'ensemble de ces politiques, il doit à
mon avis être davantage valorisé. Et donc faut assumer un discours dans la période. C'est dire on est capable de faire des économies là où il y a pas de la pertinence des soins, mais on est capable de dégager des ressources pour des enjeux qui sont cruciaux. et l'enjeu du vieillissement et de la longévité est probablement un de ceux qui est prioritaire dans les années. Merci.
Merci Jérôme. On va on va on va conclure. Vous allez ramasser un peu le propos après votre première intervention avec tous les sujets qu'on vient d'aborder une fois de plus. Redonner peut-être une coloration locale à à à toutes ces problématiques. Sébastien, je vais Allô. On va prendre celui-là. Parfait. Euh je vais essayer, on a tellement envie de rebondir. Euh je partage complètement ton propos sur l'universalité. Si on décrète que la politique familiale, politique de la naissance, favoriser la naissance est une politique publique, elle doit avoir un caractère universel, au moins un socle, au moins une base. Mais je je vais aller jusqu'au bout de mon propos. Pourquoi je dis cela
? Parce que quand on a commencé à dire que les services publics étaient le patrimoine et et j'ai été très obriste, très obrist était le patrimoine de ceux qui n'en ont pas, moi je me bats encore pour qu'on évacue ça de nos mots. Ça a été une catastrophe parce que ceux qui ont les moyens et qui ont du patrimoine on dit "OK, service public, c'est pas pour moi." Pourquoi je fais cette remarque là un peu binaire ? Parce que quand j'étais gosse et qu'on disait que j'écoutais mes parents qui disaient il est parti se faire opérer à la clinique de l'Union, je voyais le visage de mes parents dira il est foutu. Il est pas allé à l'hôpital public, il est foutu. Quand j'avais un copain qui allait dans un collège privé, c'était l'â ne battait
que personne ne voulait dans le public. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Le consentement à l'impôt et le partage de ce qu'est le service public. Il y a une grande partie de notre société qui a fait ces sessions qui ne veut plus consentir à l'pô à l'impôt et parce qu'il considère que le service public c'est fait pour les pauvres et il est moins bien, il est dégradé. Et la vision qu'on les gens populaire du service public, c'est c'est le truc des délaissés. Je n'ai pas accès moi au bon collège et cetera et cetera. Je je je vous le dis, si on ne vise pas l'universalité du prélèvement de l'impôt jusqu'au [grognement] services public, on rond la
cohésion sociale de notre pays. La TVA sociale par exemple, je le dis dans la bouffe de nos camarades là parce qu'on rentre dans une primaire, c'est très intéressant parce qu'il y a des choses qui sont en train de tout traverser mais c'est passionnant pour nous hein. C'est une opportunité de clarifier des positionnements politiques, de de vraiment pas de se pas de tomber dans la punchline, se raconter des saloperies. Il y a il y a pas de mecs de droite qui sont encore au Parti socialiste qui se présentent à une primaire en interne. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Les mecs qui sont de droite, pardon hein, il y en a plor, ils sont vraiment bien de droite à la droite, très loin du Parti socialiste. Non, mais il y a des copains, il y a des camarades qui se trompent sur la vision
et qui perdent un peu le fil. Et je crois qu'il faut qu'on ait ce débat profondément. Pourquoi je dis cela ? Parce que une fiscalité qui ne répond plus, ben pour moi une dépense sociale, une dépense de politique publique, c'est une cotisation sociale ou c'est un pot universel. post revenu et cetera qui touche tout le monde et où on paye à notre juste contribution. Tu as un salaire un bas salaire, tu as une faible contribution, tu as des cotis sociales qui sont faibles, tu as des très hauts revenus, un très haut salaire, tu as des fortes cotisations. Pourquoi je dis cela ? Parce que quand j'entends dire queon veut baisser par exemple la CG, c'est il faut faire très attention, les caisses sont vides pour financer le vieillissement, pour financer euh un certain nombre de
dépenses publiques. Nous par exemple les départements aujourd'hui où 70 % de nos dépenses sont des dépenses sociales publiques favorisées à l'intérieur de Toulouse entre 80 et 88 % de demi pensionnaires. C'est-à-dire tout le monde devient usager du service public y compris plus favorisé. Pour moi, elle est là la réponse des socialistes. Les socialistes, on n'est pas là pour bâtir des politiques rien que pour les plus vulnérables ou les plus défavorisés. On est là pour l'universalité. On est avant tout des républicains. On est là pour répondre et faire nation. Sinon, on fera sécessions. [applaudissements][acclamation]
Oui, quelques remarques. Bon, je je suis en plein accord avec ce que vient de dire Sébastien, donc je n'y reviendrai pas. Quelques remarques sur les considérations générales et sur une territorialisation de de ce sujet, la démographie. Je pense qu'on a besoin de spatialiser le vieillissement et la perte de population et que comme le disait tout à l'heure Sébastien, on a besoin d'une politique d'aménagement du territoire qui prenne en considération ces questionsl faut s'en occuper. Au sein de mon de mon assemblée, j'ai créé un groupe transpartisan pour qu'on commence à poser le sujet et que on fasse monter en compétence nos élus et éclairer le débat public régional sur ces sujets-là qui sont, je le disais tout à l'heure, pas
simples et qui sont par ailleurs euh éruptifs. Euh la politique d'aménagement du territoire, elle doit être à l'échelle nationale. C'est tous les gens de Haut Garonne qui vont venir en Bourgogne Franché. Euh et puis elle veut aussi être locale à l'intérieur de nos euh de nos régions. le le sujet quand même en réponse à ce que disait Jérôme tout à l'heure sur une affectation de cette compétence à l'échelon local, c'est quand même qu'on a des territoires qui demeurent des territoires à vitesse variable et que les capacités d'ingénierie c'est technique, c'est le
monde des collectivités mais ça existe. C'est difficile quand on est dans une petite intercours rurale où c'est le plus douloureux de perdre de la population et où ça viit le plus d'avoir des moyens pour aller chercher de l'argent, aller chercher des fonds européens, organiser des politiques particulières. Donc là, ça veut dire qu'il faut qu'on qu'on change un peu le le braquet et qu'on a plus en ingénierie ces petits territoires là, sinon ça marchera pas. Dernier sujet, c'est la question des engagements de l'État sur ces sur ces politiques là. On a parlé des politiques de formation des demandeurs d'emploi ou des politiques de formation sanitaire et sociale. On est nous région, nous sommes en train de nous faire ratisser sur ces deux sujets-là. Euh la formation des
demandeurs d'emploi, c'est la catastrophe. Les engagements sont pas tenus et euh les fameux engagements ségurs pour ouvrir des places de de soignant, d'infirmiers, d' soignant. même chose, l'État n'a pas honoré ses engagements et il a fallu qu'on se batte pour essayer de récupérer quelque chose. Donc on peut toujours dire il faut plus des dents mais il faut quand même que l'État tienne tienne sa parole. Et puis dernier sujet très rapide, je pense qu'il faut pas qu'on a des politiques d'attractivité parce que il faut qu'on fasse nous on essaie d'attirer des familles de centre urbain où ils en ont un peu marre d'être dans des conditions difficiles et puis ça c'est vraiment l'horizon. Est-ce qu'il est normal que dans certains territoires, on ait cinq
restaurations sur une ville ? Oui. Un ÉPAD, un collège, un lycée, autre chose encore. Bah, il va falloir qu'on apprenne à mutualiser. L'argent public est rare, c'est le même besoin. On peut faire du bon boulot en mutualisant. Donc là, il y a des passerelles entre au niveau de collectivité. Merci Jérôme pour conclure François voulait dire un mot Oui, c'était pas pour conclure, c'était juste un mot sur l'universalisme. Bon l'universalisme de l'impôt, le consentement à l'impôt. Je rappelle quand même que enfin le pourcentage de foyers fiscaux qui ne pai pas l'impôt sur le revenu, c'est 55 %. Que le reste de l'impôt est progressif et que donc le véritable universalisme, c'est un universalisme
qui doit être proportionnel. Et la TVA est certes universelle, mais la TVA quand même est en fonction de l'ampleur de la consommation. Donc euh je pense que non, il y a une réflexion sur les le véritable universalisme, sur les les différentes variétés d'universalisme qu'il faut mener, y compris pour et notamment pour la la politique familiale. Voilà. Bon, merci. en en comment dire, je vais m'adresser un blâ éventuellement puisque euh la discussion a beau être absolument passionnante et je pense que l'attention qui est la vôtre le l'illustre évidemment il est 17h15 et j'aurais complètement donc privé l'auditoire de de prise de parole. Je m'en excuse parce qu'on aurait
peut-être dû faire un peu autrement et il y a notre débat ici après et puis vous féliciter parce que sur des sujets comme celui-là, on a dit tout à l'heure la prise de risque qui était hein de finalement de ne pas catégoriser pour avoir ici les spécialistes de la petite enfance là les spécialistes des épades et cetera et vous êtes très nombreux là quand on regarde cette salle. C'est un atelier qui a été très très suivi. Voilà, donc vous vous remerciez d'une part mais presque vous féliciter de la prise de conscience que vous avez eu puisque vous êtes un peu l'élite de cette université d'été en étant dans cette salle et pas dans une autre. Donc applaudissez-vous et nous en tout cas on vous remercie. [applaudissements]
Jérôme Durain