Gennevilliers : le maire veut faire de sa ville un terreau de citoyenneté
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Questions et réponses
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- 0:01OuverteRéponse directe
Bonjour. Alors on répond à votre appel en venant vous voir dans votre ville, puisque vous vous êtes fendu d'une lettre ouverte aux journalistes expliquant qu'ils ont été nombreux à venir filmer des portes d'appartement et recueillir des témoignages après les attentats contre Charlie Hebdo.
- 0:36OuverteRéponse directe
Expliquez-nous un peu le contexte de cette lettre. C'est un coup de sang après ça ou c'est juste un moyen aussi d'attirer l'attention sur votre ville ?
- 1:53OuverteRéponse directe
Lors de vos voeux qui avaient lieu juste deux jours après les attentats, vous avez dit aux habitants de votre ville qu'ils n'avaient pas à s'excuser et aux musulmans qu'ils n'avaient pas à s'excuser non plus, qu'ils n'avaient pas à se sentir coupables. D'abord, quelle a été la réaction des gens de votre ville quand ils ont vu débarquer les médias, quand ils se sont sentis malgré tout peut-être un peu stigmatisés aussi ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Et quelles sont vos relations avec la communauté musulmane et avec ses représentants ?
- 3:24RelanceRéponse directe
Et alors donc, là, ce que vous me dites va complètement à l'encontre de ce qu'on a pu entendre dans les déclarations du président du Conseil général de votre département, qui a dit que Genevilliers était possiblement un terreau d'islamistes.
- 6:05OuverteRéponse directe
Patrice Leclerc, depuis votre élection en mars dernier, il semblerait que vous ayez particulièrement à cœur, de vous intéresser à la jeunesse, à la population de cette ville jeune qui est Gennevilliers, et à l'éducation populaire et à la culture.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« coup de sang, oui. Les journalistes ont fait leur travail, donc ça je ne le reproche pas. Encore que le côté morbide devant le cimetière, je trouvais ça un peu trop. »
- 1:06Invité politiqueFait
« on peut stigmatiser des populations entières si on n'en montre pas autre chose que des faits extraordinaires. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Il y a ces vies dans les bibliothèques, des gens solidaires, des jeunes qui font des maraudes à Paris. Il y a plein de choses. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Et c'est le fait du hasard en fait que cette personne vive là ou ailleurs, pas seulement du hasard non plus, parce que forcément les couches populaires les plus humiliées, ceux qui ont plus de rancœurs ont peut-être plus de tendance à passer à des actes radicaux, mais heureusement c'est une très très faible minorité. »
- 2:58Invité politiqueFait
« il me semblait important de dire, aussi à un moment où on stigmatisait la population de culture musulmane, en leur demandant de s'expliquer, parce qu'on leur demandait plus à eux qu'à d'autres de manifester, leur dire que, comme pour les Gennevillois, les musulmans n'avaient pas à s'expliquer ni s'excuser, par contre ils avaient à prendre position. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Nous sommes, d'abord nous avons d'excellentes relations avec les représentants de la mosquée de Gennevilliers, ce sont des personnes très ouvertes, très progressistes, et qui ont une vision de la vie en société, je dirais, extrêmement agréable de travailler avec eux. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Et on a aussi une mosquée qui a pris des positions extrêmement courageuses dans la presse, des positions qui expliquent qu'il y a la liberté d'expression, qui sont aussi pour être respectées, qu'ils souhaitent que les musulmans soient respectés. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Et c'est aussi pour cela que j'avais demandé à la préfecture qu'ils aient une protection policière après les attentats, parce qu'ils craignaient autant de côtés de cinglés fondamentalistes que de côtés d'autres cinglés d'extrême droite ou autres qui ont fait des profanations dans beaucoup de mosquées en France. »
- 5:13Invité politiqueFait
« Patrick Deveggian a un problème avec les couches populaires. Il est resté au 19e siècle où la bourgeoisie disait « classe populaire, classe dangereuse ». »
- 8:20Invité politiqueChiffre
« nous sommes un, parce qu'il y en a plusieurs, mais un des plus importants, puisqu'on réunit au moins plus de 500 professionnels, il y a 3000 enfants dans la ville qui participent à ces spectacles. »
- 8:37Invité politiqueFait
« Sarkozy disait, c'est dès la crèche que l'on détecte les délinquants, nous on dit, c'est dès la crèche qu'on forme l'homme ou la femme de demain, et donc c'est dès la crèche qu'il faut un rapport à la culture, à la création, et donc un rapport à la citoyenneté, et c'est ça qu'on veut construire. »
- 9:55Invité politiquePromesse
« Notre idée c'est que chaque bâtiment puisse avoir son potager, et que les gens ensemble cultivent et partagent la nourriture qu'ils ont réussi à faire pousser. »
- 10:19Invité politiquePromesse
« En avril, normalement, on devrait amener quelques animaux dans notre ville. »
- 12:43Invité politiqueChiffre
« si on a 100 000 euros, 200 000 euros de subvention sur telle ou telle action, mais que dans le même temps, on supprime 3 millions d'euros de dotation globale de fonctionnement, chacun comprendra qu'à la propagande, je préfère qu'on laisse les moyens aux collectivités locales pour agir. »
- 13:09Invité politiquePromesse
« Il faut une grande réforme du financement du logement. Il faut qu'on revienne à un financement à la pierre pour faire diminuer les loyers, pour permettre de construire davantage. »
Temps de parole
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- Présentateur26 %
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Patrice
Leclerc, bonjour. Bonjour. Alors on répond à votre appel en venant vous voir dans votre ville, puisque vous vous êtes fendu d'une lettre ouverte aux journalistes expliquant qu'ils ont été nombreux à venir filmer des portes d'appartement et recueillir des témoignages après les attentats contre Charlie Hebdo, puisque deux des terroristes présumés qui auraient tué les gens de Charlie Hebdo étaient domiciliés dans votre ville. Donc évidemment, beaucoup de médias ont pris d'assaut votre ville. Vous les avez vus beaucoup plus que d'habitude. Et puis vous êtes un peu étonné après de ne plus les voir et surtout de ne pas les voir quand vous faites des choses positives.
Donc expliquez-nous un peu le contexte de cette lettre. C'est un coup de sang après ça ou c'est juste un moyen aussi d'attirer l'attention sur votre ville
?
C'est un
coup
de sang, oui. Les journalistes ont fait leur travail, donc ça je ne le reproche pas. Encore que le côté morbide devant le cimetière, je trouvais ça un peu trop. Mais c'est surtout, vu les réactions qu'on pouvait avoir en ville et ce que ça génère, c'est-à
-dire
qu'on peut stigmatiser des populations entières
si
on n'en montre pas autre chose que des faits extraordinaires. Et ce que je reproche aux médias, c'est de venir sur des faits extraordinaires. Or, à Gennevilliers, comme dans toute ville de banlieue, il y a beaucoup de moments ordinaires pour les habitants qui sont beaux. Il y a ces vies dans les bibliothèques, des gens solidaires, des jeunes qui font des maraudes à Paris. Il y a plein de choses. Et si on n'en parle pas, on travaille une humiliation quotidienne et permanente des habitants de villes populaires qui est injuste et injustifiée parce qu'ici, il y a beaucoup de courage. Et donc,
c
'est un petit coup de sang, oui. Je suis très étonné et agréablement surpris par le fait que les médias comme les vôtres réagissent très bien et que beaucoup ont décidé de venir couvrir, m'interroger, mais au-delà de m'interroger, venir voir en ville ce qui se passe.
Lors
de vos voeux qui avaient lieu juste deux jours après les attentats, vous avez dit aux habitants de votre ville qu'ils n'avaient pas à s'excuser
et
aux musulmans qu'ils n'avaient pas à s'excuser non plus, qu'ils n'avaient pas à se sentir coupables. D'abord, quelle a été la réaction des gens de votre ville quand ils ont vu débarquer les médias, quand ils se sont sentis malgré tout peut-être un peu stigmatisés aussi ? Et quelles sont vos relations avec la communauté musulmane et avec ses représentants ?
Alors
déjà, ça ne
fait
plaisir à personne de savoir qu'on est abrité, il n'y
en
avait pas deux, mais un terroriste sur notre ville. Ça ne
fait
plaisir à personne. Et c'est vrai que le sentiment qui pouvait être donné par les médias, c'est de demander aux gens de s'expliquer pourquoi, qu'est-ce qui se passe, est-ce qu'ici il
y a
un terreau, est-ce qu'ici c'est plus fertile qu'ailleurs, est-ce qu'on est nous-mêmes plus sensibles à ça. Et c'est le fait du hasard en fait que cette personne vive là ou ailleurs, pas seulement du hasard non plus, parce que forcément les couches populaires les plus humiliées, ceux qui ont plus de rancœurs ont peut-être plus de tendance à passer à des actes radicaux, mais heureusement c'est une très très faible minorité. Et il me semblait important de dire, aussi à un moment où on stigmatisait la population de culture musulmane, en leur demandant de s'expliquer, parce qu'on leur demandait plus à eux qu'à d'autres de manifester, leur dire que,
comme
pour les Gennevillois,
les
musulmans n'avaient pas à s'expliquer ni s'excuser, par contre ils avaient à prendre position. Et ce qui me semblait important, c'est qu'on prenne position contre le terrorisme, position pour la liberté d'opinion, et que c'était ça qui me semblait important, qu'on n'avait pas à culpabiliser de ce point de vue là.
Et
vous avez discuté avec l'imam de Gennevilliers, quels sont vos rapports avec lui,
et
comment vous avez, parce qu'après les attentats, vous avez eu une discussion, est-ce que vous avez communiqué
? Nous sommes, d'abord nous avons d'excellentes relations avec les représentants de la mosquée de Gennevilliers,
ce
sont des personnes très ouvertes, très progressistes, et qui ont une vision de la vie en société, je dirais,
extrêmement
agréable de travailler avec eux, même si des fois on n
'est
pas toujours d'accord, mais ça c'est la vie. Et ensemble, sur cette préoccupation, cette peur qu'ils pouvaient ressentir, qui m'a semblé important de m'exprimer avec force, pour pas que les personnes de culture musulmane se sentent acculées ou trop accusées, qu'ils sentent que la ville les défendait,
mais
pas les défendait pour les défendre, parce que comme tout citoyen gennevillois, ils n'avaient pas plus de choses à se reprocher. Et on a aussi une mosquée qui a pris des positions extrêmement courageuses dans la presse, des positions qui expliquent qu'il y
a
la liberté d'expression, qui sont aussi pour être respectées, qu'ils souhaitent que les musulmans soient respectés. Et c'est aussi pour cela que j'avais demandé à la préfecture qu'ils aient une protection policière après les attentats, parce qu'ils craignaient autant de côtés de cinglés fondamentalistes que de côtés d'autres cinglés d'extrême droite ou autres qui ont fait des profanations dans beaucoup de mosquées en France.
D
'accord. Et alors donc, là, ce que vous me dites va complètement à l'encontre de ce qu'on a pu entendre
dans
les déclarations du président du Conseil général de votre département, qui a dit que Genevilliers était possiblement un terreau d'islamistes.
Oui,
parce que Patrick Deveggian a un problème avec les couches populaires. Il est resté au 19e siècle où la bourgeoisie disait « classe populaire, classe dangereuse
».
Apparemment,
il
a un problème avec le logement social.
Il a un
problème avec le logement social, puisqu'il arrête de subventionner Genevilliers, alors qu'il subventionne plein d'autres villes, sur la construction de logements sociaux, en disant qu'il y a trop de logements sociaux à Genevilliers. Or, il y a quand même 70% de la population qui est éligible au logement social. La question est de savoir où est-ce qu'il va reloger les employés, par exemple du Conseil général, qui sont éligibles
au
logement social. Oui, je lui ai fait ce reproche dans une réunion de Paris Métropole, d'ailleurs, où je lui ai dit que comme représentant de Paris Métropole, il devrait mieux parler de la banlieue et en tout cas éviter de stigmatiser des populations qui ne le méritent pas,
qui
au contraire méritent d'être montrées comme étant généreuses, comme étant des populations qui créent des richesses dans ce pays. S'il n
'y
avait pas les salariés qui habitent à Genevilliers,
il
n'y
aurait
pas de richesses dans ce pays, en Ile-de-France et dans les Hauts-de-Seine.
Patrice Leclerc, depuis votre élection en mars dernier, il semblerait que vous ayez particulièrement à cœur, c'était déjà le cas avant, mais là ça se traduit de plus en plus concrètement, de vous intéresser à la jeunesse, à la population de cette ville jeune qui est Genevilliers, et à l'éducation populaire et à la culture. Aujourd'hui, on fait cette interview au Centre Aimé-Césaire, qui est un lieu inauguré il y a deux ans, tout neuf, décoré par Hervé Di Rosa, qui est un lieu vraiment de culture et où il y a des livres qui nous entourent. La jeunesse pour vous,
c
'est la force de votre ville
? Oui, alors d'abord je voudrais dire Jacques Bourgoin, mon prédécesseur, a beaucoup fait, et donc j'ai la facilité de continuer et d'intensifier le travail effectué par les équipes précédentes.
Pour
nous, on veut faire un pari, on est au milieu de Paris, Genevilliers c
'est
dans Paris maintenant, et on veut faire ce pari de ne pas chasser les couches populaires dans une ville dont on est fier. Contrairement à ce qui s'est fait dans d'autres villes, et on veut donc rénover cette ville, avancer avec ceux qui habitent ici aujourd'hui.
En
même temps qu'on fait cette fierté d'être d'origine populaire, on sait qu'il y a des choses qu'il faut travailler et que la collectivité doit prendre en charge. Moi-même étant de milieu populaire, mes parents ne m'emmenaient pas au théâtre, jamais ne m'ont inscrit au conservatoire, or les enseignants, les couches supérieures, travaillent ça avec leurs enfants, et c'est des prérequis culturels extrêmement importants pour la construction des enfants.
Et donc avec Jacques Bourgoin, et maintenant on continue et on intensifie, on travaille à faire en sorte que 100% des enfants de Genevilliers, dans le cadre des temps d'activité périscolaire, aient contact, même mieux qu'un contact, une activité, avec le conservatoire de Genevilliers, avec l'école d'Armanet, avec des animateurs qui travaillent sur des questions de citoyenneté, sur la découverte scientifique. C'est important parce que la formation de l'être humain demande à avoir un contact avec des créateurs, avec le monde de la culture, demande tous ces prérequis, et ça on y attache vraiment de
l
'importance.
Et dès le plus jeune âge, parce que je crois qu'en ce moment même, il y a l'un des plus gros festivals de France, en ce qui concerne la jeunesse et la petite enfance, c
'est-à-dire qu
'il y a des spectacles de théâtre pour les tout-petits en fait.
Alors c'est que pour l'enfance et la petite enfance de 6 mois, il y
a
des spectacles pour des enfants de 6 mois, jusqu'à l'âge de 6 ans. Et nous sommes un, parce qu'il
y
en a plusieurs, mais un des plus importants, puisqu'on réunit au moins plus de 500 professionnels, il y a 3000 enfants dans la ville qui participent à ces spectacles. On fait participer tous les professionnels de la petite enfance. C'est un vrai événement sur lequel nous investissons, parce que
si
Sarkozy disait, c'est dès la crèche que l'on détecte les délinquants, nous on dit, c'est dès la crèche qu'on forme l'homme ou la femme de demain, et donc c'est dès la crèche qu'il faut un rapport à la culture, à la création, et donc un rapport à la citoyenneté, et c'est ça qu'on veut construire.
D'accord. Autre point qui nous interroge, parce que c'est vrai qu'on n
'en
entend pas assez parler, on parle de l'agriculture dans les campagnes, mais vous, vous avez développé, et puis depuis longtemps, puisque en tant que vous étiez conseiller municipal à l'époque, vous avez créé la première AMAP à Gennevilliers, et on parle beaucoup, avec les habitants de Gennevilliers, ils parlent d'agriculture urbaine. Alors qu'est-ce que c'est
?
Alors l'AMAP a plusieurs années maintenant, effectivement on l'a créé, il y a deux AMAP maintenant sur notre ville, c'est l'Association pour le maintien de l'agriculture paysanne, mais là c'est plus du circuit court pour se fournir en légumes.
Par
contre, là on débarre un travail autour du développement de
l
'agriculture urbaine dans la ville. L'idée c'est de réimplanter le temps, un autre art de ville, de vivre en milieu populaire, c'est là notre originalité d'ailleurs, c'est de faire en sorte que les gens cultivent, cultivent pour manger, cultivent pour des légumes, en faire d'un moment pédagogique avec les enfants, mais aussi des moments de lien social au milieu d'une tour. Et donc on va rénover tout un quartier autour de ce concept-là, le quartier des Agnettes, qui est classé en rue très récemment, et notre idée c'est que chaque bâtiment puisse avoir son potager, et que les gens ensemble cultivent et partagent la nourriture qu'ils ont réussi à faire pousser.
C'est aussi réimplanter des animaux dans la ville, pourquoi pas faire tondre les pelouses, je sais que la ville d'Austin, Nanterre, plusieurs villes le font, avec des moutons, des chèvres ou des vaches. Donc en avril, normalement, on devrait amener quelques animaux dans notre ville. C'est aussi planter des arbres fruitiers,
pour
que les jeunes, les adultes, redécouvrent le temps
et
la saison, quels sont les fruits et légumes de saison, et puis mangent ce qu'on produira en ville.
Non,
c'est une belle idée. Ça existe déjà, ou c'est vraiment quelque chose qui va être mis en place ? Il y a déjà quelques expérimentations ?
Sur notre ville, il existe des jardins familiaux, c'était les jardins d'ouvriers d'autrefois. Il existe des jardins partagés, il en existe deux ou trois actuellement. Notre idée, c'est vraiment de l'étendre comme une façon de vivre, une nouvelle façon de vivre la ville, d'un nouveau rapport au temps. Il faut réinventer un rapport au temps, ce qu'on appelle une sloatitude. Il y a d'ailleurs un concept de sloatitude qui existe, où les villes lentes, et de faire en sorte que les gens redécouvrent un mode de vie plus apaisé. Et je crois que c'est important que dans les milieux populaires aussi, on ait ce droit à un mode de vie plus apaisé, ce droit à un rapport à la nature beaucoup plus proche.
Et puis, ce sera mieux pour la planète en plus, puisque ça respecte un développement durable, une perméabilité des sols, des circuits courts, et donc qu'on a là quelque chose de plus humain, au final.
Vous
misez là-dessus pour un lien social, notamment aussi un lien intergénérationnel ?
Oui, on mise sur ce genre de développement d'activité. On avait déjà fait des expériences. Les équipes précédentes avaient, le club du troisième âge, organisé un potager avec un foyer de travailleurs immigrés. Ça avait permis de lier du lien, pas intergénérationnel, parce qu'en fait, ils se rencontraient davantage entre retraités, puisque les foyers
sont
davantage maintenant peuplés de Chibani, comme on dit, mais c'était un rapport culturel, et ça a généré des rapports extrêmement intéressants, et de faire que les uns et les autres se connaissent mieux. Oui, ça permet du lien social.
Dernière question qui est très liée à l'actualité. Je ne
sais
pas si vous avez eu le temps de voir les dernières annonces faites par François Hollande lors de sa conférence de presse. Il a apparemment développé l'idée, enfin développé, peut-être pas si développé que ça, mais émis l'idée d'une agence de développement pour les banlieues. Qu
'est
-ce que vous en attendez éventuellement, et qu'est-ce que vous attendez de l'État en général pour développer tous ces beaux projets
? Je
dirais qu'on attend de l'État beaucoup de choses. Ce qui m'inquiète, j'attends de lire. D'abord, il faudra lire. Mais mon expérience, c'est qu'on annonce beaucoup de nouvelles agences, de nouveaux instituts, de nouveaux procédés, mais en même temps, je vois qu'on diminue la dotation globale de fonctionnement des villes de banlieue aussi.
Et
donc, si on a 100 000 euros, 200 000 euros de subvention sur telle ou telle action, mais que dans le même temps, on supprime 3 millions d'euros de dotation globale de fonctionnement, chacun comprendra qu'à la propagande, je préfère qu'on laisse les moyens aux collectivités locales pour agir. C'est la même chose sur le logement, où il fait des annonces sur le logement. Moi, je dis qu'il faut une grande réforme du financement du logement. Il faut qu'on revienne à un financement à la pierre pour faire diminuer les loyers, pour permettre de construire davantage. Il faut que l'État prenne ses responsabilités.
Et là, les moyens, aujourd'hui, sans annonces nouvelles, pour imposer des constructions de logements là où on n'en construit pas, et de nous aider là où on en construit, parce que nous, nous voulons continuer à construire du logement social.
Merci beaucoup. Merci.