Interventions de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale
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Chapitres
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« sous prétexte de modernisation et de grands mots, on assiste à la volonté, à la veille des congés d'hiver, au verrouillage scandaleux, insolent, indécent, par votre gouvernement de l'élection présidentielle, qui est le dernier espace de liberté démocratique. »
- 0:42Invité politiqueFait
« C'est l'élection qui recueille le plus de participation. »
- 0:58Invité politiqueFait
« Vous verrouillez en limitant le nombre de candidats. »
- 1:02Invité politiqueFait
« une fois que ceux qui auront pu passer la barre des 500 parrainages seront là, vous les museler en supprimant le temps de parole et l'égalité du temps de parole. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Cinq semaines, on en reparlera tout à l'heure, sur l'article 4. »
- 1:32Invité politiqueFait
« pour pouvoir convaincre des maires. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Vous prétendez moderniser, mais vous allez arriver à une élection présidentielle bloquée. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Avec ce système, François Bayrou n'aurait pas été candidat en 2002. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Beaucoup de maires m'ont confié, j'en ai rencontré des centaines pendant la pré-campagne présidentielle de 2012. Beaucoup de maires vous confient. Heureusement que c'est connu après. Parce que sinon, vous n'imaginez pas les pressions. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Vous n'imaginez pas les pressions qui ont lieu aujourd'hui dans notre pays de la part des grands appareils partisans. »
- 4:44Invité politiqueFait
« ce seront deux partis qui contrôleront les parrainages et le nombre des candidats à la présidentielle. »
- 4:55Invité politiqueFait
« Donc, vous instituez un tripartisme et ce sont les deux grands partis, le Parti Socialiste et les Républicains, qui choisiront les autres candidats à la présidentielle. »
- 5:39Invité politiqueFait
« pourquoi la majorité veut absolument supprimer quelque chose qui marche, qui est simple, si ce n'est par une arrière-pensée. »
Temps de parole
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- ?6 %
- Présentateur2 %
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La
parole est à M. Nicolas
Dupont-Aignan.
M.
le Président, M. le Ministre, M. le Rapporteur, cette séance est assez surréaliste,
car
sous prétexte de modernisation et de grands mots,
on
assiste à la volonté, à la veille des congés d'hiver, au verrouillage scandaleux, insolent, indécent, par votre gouvernement de l'élection présidentielle, qui est le dernier espace de liberté démocratique.
Alors,
quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. J'entendais à la tribune des propos incroyables.
Tout
va très mal, c'est vrai. Le chômage, non. Le SMIC qui n
'est
pas augmenté, non. Même le scrutin de mode régional qui aurait pu vous interpeller, non. Mais le scandale de l'élection présidentielle, c'est l'élection qui recueille le plus de participation. C'est l'élection qui, avec l'élection municipale, intéresse les Français. Alors là, il faut vous pencher dessus, pour exclure, empêcher le débat, verrouiller. Et vous verrouillez de deux façons. Vous verrouillez en limitant le nombre de candidats.
Et
une fois que ceux qui auront pu passer la barre des 500 parrainages seront là, vous les museler en supprimant le temps de parole et l'égalité du temps de parole. Et je sais par expérience, pour avoir participé à cette élection, que ce n'est pas en deux semaines que vous pouvez irriguer. C'est en cinq semaines. Cinq semaines, on en reparlera tout à l'heure,
sur
l'article 4. Cinq semaines sur 250. L'affaire des parrainages, et j'y reviens, pour l'avoir vécu, vous n'imaginez pas le parcours du combattant que c'est
pour
pouvoir convaincre des maires. Et à partir du moment où vous permettez aux maires
seulement
d'envoyer au Conseil constitutionnel, vous mettez les candidats dans une incertitude impossible, vous risquez, je vous adjure, M. le ministre, je vous connais et je vous connais votre sincérité, quels que soient les désaccords qu
'on
puisse avoir, vous n'imaginez pas les conséquences de cette disposition
qui
peut vous échapper et arriver à une élection présidentielle à trois ou quatre candidats. Vous prétendez moderniser, mais vous allez arriver à une élection présidentielle bloquée. Bloquée. Et il faudra, en dernière minute, trouver des maires pour parrainer des candidats, parce que la double disposition de l'envoi direct,
plus
de la publication deux fois par semaine, va susciter une mise en cause des maires qui voudront parrainer un candidat,
par
les grands élus, par le système des agglomérations, par la manière dont fonctionne notre système local.
Vous
allez casser les jambes de candidats à la présidentielle qui représentent des courants d'opinion, je ne parle pas de moi. Vous allez vous retrouver avec trois ou quatre candidats à cette élection, vous serez dans une situation impensable démocratiquement. Vous allez en subir des conséquences. Et vous allez de ce fait instituer de force un tripartisme et faire d'un certain parti la seule alternative
politique.
Merci, M. Dupont-Aignan, à la parole.
Je voudrais expliquer à M. le ministre de l'Intérieur que la période
pendant
laquelle les candidats à la présidentielle peuvent recueillir
les
parrainages est extrêmement courte.
Les
maires reçoivent
le
formulaire officiel. Et pendant cette période assez courte, auparavant, enfin aujourd'hui, les candidats à la présidentielle récoltent les parrainages, c'est-à-dire peuvent savoir exactement le nombre de parrainages dont ils disposent. Le fait de ne pas connaître
le
nombre de parrainages dont on dispose,
c
'est-à-dire d'être uniquement, je vais finir mon raisonnement, être uniquement lié à l'envoi, complique énormément la tâche des candidats. De surcroît, vous savez très bien qu'entre le moment où il y
a
une promesse
et
le moment où la personne doit envoyer, il y a un laps de temps.
Et
bien évidemment, il y a une incertitude beaucoup plus importante que lorsque l'équipe du candidat récolte. Et je vais vous donner un exemple très précis pour ne pas parler de moi. Avec ce système, François Bayrou n'aurait pas été candidat en 2002. Avec ce système, beaucoup de personnalités qui ont enrichi la vie politique française, enrichi le débat politique, n'auraient pas pu être candidats. Parce que, premier point, cela complique la tâche. Et deuxième point, à partir du moment, parce que vous allez me répondre, oui, mais grâce à la disposition de publication deux fois par semaine, vous allez être au courant du nombre de parrainages.
Mais cette même publication deux fois par semaine va dissuader les maires d'envoyer le parrainage. Car beaucoup de maires m'ont confié, j'en ai rencontré des centaines pendant la pré-campagne présidentielle de 2012. Beaucoup de maires vous confient. Heureusement que c'est connu après. Parce que sinon, vous n'imaginez pas les pressions. On te supprime telle subvention. On te fait pression sur cela. Vous n'imaginez pas les pressions qui ont lieu aujourd'hui dans notre pays de la part des grands appareils partisans. Et en vérité,
avec
ce système, ce seront deux partis qui contrôleront les parrainages et le nombre des candidats à la présidentielle. Quant au troisième que vous voulez bloquer, désormais, avec l'élection régionale, il aura de toute façon ses parrainages. Donc, vous instituez un tripartisme et ce sont les deux grands partis, le Parti Socialiste et les Républicains, qui choisiront les autres candidats à la présidentielle.
Très brièvement, M. Dupont-Aignan, très brièvement,
vous avez parlé à l'occasion de cet
amendement. Je veux dire, excusez-moi, M. Votre tolérance est bien
connue. Très brièvement, vous avez la parole. Je voudrais dire à M. Luce de l'intérieur
que vous faites une confusion, si je me permets, entre les partis politiques et les candidats à la présidentielle.
Et
ce n
'est
pas du tout la même chose comme l
'a
rappelé M. Dolé.
Merci, M. Dupont-Aignan est inscrit sur l'article également.
Je ne
veux
pas revenir longuement sur l'article 3 puisqu'on revient toujours à la même discussion. Mais je trouve la discussion, malgré tout, surréaliste parce que je ne comprends pas toujours pourquoi la majorité veut absolument supprimer quelque chose qui marche, qui est simple, si ce n'est par une arrière-pensée. Pourquoi les candidats ne pourraient-ils pas simplifier l'avis des maires et recueillir le parrainage et l'apporter au Conseil constitutionnel ? Au nom de quoi c'est une complication ? Ça marche comme cela depuis toutes les élections, toutes les élections présidentielles. Et je n'ai pas à souvenir que le Conseil constitutionnel ait vécu un enfer, loin de là.
Donc, encore une fois, pourquoi cette disposition qui va considérablement restreindre le nombre de candidats qui seront présents au premier tour de la présidentielle, si ce n'est pour rester entre vous ?
Merci. Merci. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan