Audition Médiator - Claude Huriet et Eric Abadie - Séance (09/03/2011)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 38 %Défensif 33 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:57FerméeRéponse directe
Avez-vous des liens d'intérêt avec des entreprises de santé ?
- 3:58OuverteRéponse directe
Quel est votre sentiment sur les événements récents et leurs conséquences sur la sécurité sanitaire ?
- 9:42RelanceRéponse partielle
Comment expliquez-vous la récurrence des crises sanitaires malgré les dispositions existantes ?
- 11:14FerméeÉludée
Reconnaissez-vous le médiator comme une crise majeure ?
- 12:35OuverteRéponse partielle
Quelle est l'origine des dysfonctionnements au sein de l'AFSAPS selon vous ?
- 15:07OuverteRéponse directe
Les conflits d'intérêt sont-ils un problème majeur dans ce dossier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:49Invité politiqueFait
« Parce qu'il y avait déjà dans l'intitulé de la loi, mais également dans son contenu, deux missions qui au Sénat nous avaient paru difficilement compatibles, c'est-à-dire la sécurité du produit et l'économie. »
- 8:55Invité politiqueFait
« C'est la première et la seule fois que la création d'une agence a entraîné la disparition d'une direction centrale, c'est-à-dire la direction de la pharmacie et du médicament. »
- 11:47Invité politiqueFait
« C'est trop tôt parce qu'il ne suffit pas de dénoncer les dangers et les inconvénients d'un médicament quels qu'ils soient pour considérer que tous ceux qui se sont présentés comme des victimes l'ont fait à bon escient. »
- 18:05Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'experts naïfs, c'est-à-dire qu'une expertise ne vaut que si elle est contradictoire et si elle tient compte d'avis d'experts qui peuvent être contradictoires. »
- 19:16Invité politiqueFait
« Un recours hiérarchique, voilà. »
- 22:12Invité politiqueFait
« Laisser faire les commissions régionales de conciliation et d'indemnisation, les CRCI, qui de par la loi ont une autonomie à pouvoir de décider pour elles-mêmes. »
- 23:01Invité politiqueFait
« Les irradiés d'Épinal. »
- 24:03Invité politiqueFait
« J'étais encore président quand elles lui ont été transférées, c'est le VIH et l'hépatite C, voire même peut-être l'amiante. »
- 26:55Invité politiqueFait
« On s'était interrogé d'une part sur la multitude des organismes qui fleurissaient déjà à l'époque et qui étaient peu ou prou en charge de la sécurité sanitaire. »
- 31:17Invité politiqueFait
« c'est regrettable »
- 33:01Invité politiqueFait
« non, non, mais je ne pense pas que ça serait souhaitable »
- 33:57Invité politiqueFait
« le système de l'Oregon n'a pas changé et qu'il est curieusement très peu connu en France »
- 39:24Invité politiqueChiffre
« un risque qui est de 1 pour 10 000 ou pour 50 000 »
- 44:24Invité politiqueFait
« un ministre a payé chèrement le prix »
- 49:59Invité politiqueFait
« le ministre de l'époque a dit je suspends »
- 51:18Invité politiqueFait
« le président l'exemple de l'hépatite B à l'encontre de ce que vous dites »
- 1:16:49InvitéFait
« on a évoqué très rapidement la possibilité d'inclure le bain fluorex dans l'arbitrage fin fluoraminique »
- 1:18:05InvitéFait
« le CHMP n'a plus revu le dossier »
- 1:19:50InvitéFait
« il y a eu des discussions au niveau du groupe pharmacovigilance »
- 1:25:55Locuteur 6Fait
« de très graves défaillances pour certaines d'entre elles incompréhensibles ont été relevées par ce rapport »
- 1:26:45InvitéFait
« le départ d'Anne et de Carmen sera un gros coup pour la pharmacovigilance européenne »
- 1:28:43InvitéFait
« la commission nationale souhaite que une réévaluation du bénéfice-risque du médiator »
- 1:33:34InvitéChiffre
« 17% des cas sont des fonctionnaires »
- 1:38:24InvitéFait
« c'était pas un problème facile »
- 1:58:53InvitéFait
« l'article 12 venait de la directive 75-79 avant 2005 et après 2005 ça a été la directive 2001-83 qui est devenu l'article 31. »
Temps de parole
- Invité35 %
- Claude Huriet33 %
- Invité 217 %
- ?10 %
- Locuteur 63 %
≈ 52,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
à tous, merci de nous retrouver sur Public Sénat.
Hier, la mission commune d'information du Sénat sur le médiator a poursuivi ses travaux avec les auditions d'Eric Abadi, conseiller scientifique auprès de l'AFSAPS et celle de Claude Hurrier, ancien sénateur, professeur émérite et président d'un groupe de travail des assises du médicament auquel participe également la revue Prescrire qui a proposé hier 57 mesures pour protéger la population de futurs scandales du médiator mais aussi redresser le cap de la politique du médicament parmi ces propositions figure une mise sur le marché bien plus exigeante de certains médicaments ou encore un financement public de la formation des professionnels de santé Retour donc sur les temps forts de ces auditions, bonne matinée à tous
Nous
allons donc
commencer
cette série d'auditions avec
M.
Claude Hurrier
notre
ancien collègue, professeur émérite et rapporteur de la loi
numéro
88 535 du 1er juillet 98 relative au renforcement de la veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l'homme président
d
'un groupe de travail des assises du médicament
Alors
avant qu
'il
nous présente dans une intervention liminaire son point de vue sur ce problème qui
fait
l'objet de notre mission J'aimerais savoir s'il a des
liens
d'intérêt C'est la question que je pose conformément
à
l'application de l'article du code de la santé publique qui prévoit que les personnes auditionnées doivent faire connaître leurs liens si elles en ont avec des entreprises produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits
Vous
avez la parole M. le professeur
Merci
M. le Président Merci d'abord de m'avoir convié à cette audition qui m'a à la fois beaucoup intéressé et qui m'a quelque peu ému étant donné les liens que j'ai noués avec cette assemblée et avec vous-même dans notre diversité mais tout au long des 18 années que j'ai passé au Sénat et qui ont été pour moi des années de bonheur En ce qui concerne les conflits d'intérêt
Ce
sont des années de malheur
quand même
Pardon
?
Vous dites que pendant vos 18 années vous avez vécu des années de bonheur Oui
Mais
depuis que vous avez quitté le Sénat quand même ce ne sont pas des années de malheur
Ce
ne
sont
pas des années de malheur Vous
me rassurez parce qu
'à
partir du septembre je vais vous suivre Je vais être aussi un ancien sénateur Alors il faut que
vous
me donniez le moral n'est-ce pas ?
Je ferai tout pour vous donner le moral Sauf de vous laisser les fonctions que j'occupe à l'Institut Curie
Très
bien En
ce qui concerne les
conflits d'intérêt M. le Président Je préside le conseil d'orientation d'une fondation d'entreprise qui
est
la Fondation Générale de Santé qui a pour fonction de promouvoir le sang de cordon dans ses prélèvements et dans son utilisation Donc je le porte à la connaissance de votre mission Je n'ai pas d'autres liens y compris de cette nature
On
vous remercie M. le Professeur Est-ce que, oui, comme vous avez quand même une certaine paternité Je l'ai rappelé en commençant concernant la sécurité des produits de santé Donc il vous revenait de nous donner votre sentiment sur les événements qui se sont produits depuis quelques mois et sur les conséquences que ça pouvait entraîner sur l'organisation de cette sécurité sanitaire et nous sommes très heureux que vous ayez accepté de venir nous en parler Donc si vous le souhaitez, je vous donne d'abord la parole
pour
une intervention de quelques dix minutes et ensuite Mme la rapporteure vous interrogera
Merci
M. le Président Je voulais évoquer le point de départ des crises sanitaires et des réponses que le Parlement et plus précisément le Sénat ont cherché à apporter aux crises sanitaires qui avaient profondément secoué l'opinion Je veux parler de 1986
A
l'époque, on ne parlait pas de crise sanitaire Néanmoins, c
'est
la première annonce qui avait été rendue publique et qui provenait d'ailleurs du Centre National de
la
Transfusion Sanguine et qui avait alerté sur le fait qu'un patient sur deux était atteint du sida Donc je prendrai ce détail Je ne vais pas faire un retour sur le passé mais première annonce qui avait un lien entre un produit de santé qui était le sang et une infection grave C'était une observation du Centre National de
la
Transfusion Sanguine Ensuite sont survenus les drames de la vache folle et du sang contaminé 1991 Alors c'est par rapport à cette évolution à cette pré-histoire que je voulais situer le travail du Sénat et en particulier la Commission des Affaires Sociales qui a abouti à cette loi de 1998
Alors
je voudrais coller le plus près possible au questionnaire que vous avez eu la courtoisie de m'adresser et que vous avez repéré en A et en B et avec 1, 2, 4 il manque le 3 d'ailleurs qui m'ont aidé bien sûr à préparer des éléments de réponse aux questions tout à fait pertinentes que vous m'avez posées
En
ce qui concerne l'agence du médicament L'agence du médicament dont Hirsch a fait mention assidemment lors d'une audition toute récente devant votre mission je voulais donner des précisions Il y a une loi du 4 janvier 1993 et peut-être celle dont a parlé Martin Hirsch l'autre jour qui était relative à la sécurité en matière de transfusions sanguines et de médicaments
Ce
projet de loi venu du gouvernement avait été précédé quelques mois plus tôt d'un projet relatif à l'agence du médicament à la régulation des dépenses de médicaments prises en charge par les régimes d'assurance maladie Pourquoi ? J'évoque ce point d'histoire Parce que cette tentative du gouvernement de l'époque d'introduire déjà un texte de sécurité sanitaire avait tourné court Je peux vous dire pourquoi Parce qu'il y avait déjà dans l'intitulé de la loi mais également dans son contenu deux missions qui au Sénat nous avaient paru difficilement compatibles c'est-à-dire la sécurité du produit et l'économie
Or
nous avions considéré qu'il pouvait y avoir des positions contradictoires entre les enjeux de sécurité et les enjeux d'économie
Un
amendement du Sénat à travers la commission des affaires sociales avait été introduit et n'avait guère de chance d'être suivi en commission mixte paritaire étant donné les équilibres politiques de l'époque Or il s'est agi en commission mixte paritaire C'est la première fois sans doute un événement exceptionnel que le président de la commission compétente de l'Assemblée nationale qui appartenait bien sûr à la majorité qui était Jean-Michel Belorget a considéré que l'argument du Sénat qui consistait à dire que ces deux fonctions ne pouvaient pas être confiées à une même structure cet argument a été retenu et la commission mixte paritaire a abouti mais elle
a
abouti en satisfaisant une demande du Sénat ce qui est dans l'histoire que vous connaissez comme moi tout à fait exceptionnel
ce
qui est aussi anecdotique c'est que le gouvernement ayant demandé l'urgence ce texte a été remis dans un tiroir puisque le résultat final ne correspondait pas à ce que le gouvernement avait souhaité mais c'est là qu'on retrouve alors le point de repère de 1993 puisque cette loi relative à la sécurité en matière de transfusion sanguine et de médicaments
est
un texte dans lequel c'est cela dont parle Martin Hirsch a été introduit y compris par le gouvernement je crois par le ministre de l'époque ministre de la santé qui était Bernard Kouchner a été réintroduit dans ce texte donc c'est peut-être dans les méthodes et les déroulements du débat législatif du débat parlementaire une exception à une règle en fonction de laquelle la majorité a toujours raison alors l'agence du médicament elle a eu également pour effet et ceci peut avoir des conséquences pour la suite de mon exposé puisque c'est la première et la seule fois que la création d'une agence
a
entraîné la disparition d'une direction centrale c'est-à-dire la direction de la pharmacie et du médicament ceci avait entraîné quelques vagues
en
particulier quelques inquiétudes au niveau des administrations centrales et la suite du travail dont je parlerai dans un instant en a été quelque peu influencé autrement dit il y avait dès ce moment-là une très grande défiance vis-à-vis d'initiatives parlementaires qui à travers des structures nouvelles risquaient de réduire le champ d'autorité des administrations centrales
alors
j'en arrive à une réflexion qui fait partie de votre questionnaire
création
d'agents du médicament je viens d'en donner quelques bribes pour écrire son histoire
comment
expliquez-vous la récurrence des crises sanitaires à mettre toutes ses dispositions
bien
monsieur le président madame le rapporteur je conteste le fait de la récurrence des crises sanitaires
parce
que par rapport à l'origine dont j'ai parlé tout à l'heure où là il s'est agi de crise sanitaire au sens d'un accident collectif gravissime d'ailleurs dans ses conséquences et avec un ressenti de l'opinion qui a été profondément secoué puisqu'on ne se méfiait pas des produits sanguins pas plus qu'on se méfiait de la vache folle ou des produits alimentaires donc ce que je veux dire c'est que parler de crise sanitaire chaque fois qu'il y a des conséquences négatives de médicaments ou de produits apparentés on ne doit pas parler de crise on doit parler d'incidents d'accidents regrettables mais encore faut-il ne pas abuser du terme de crise car ce terme de crise a une connotation médiatique qui entraîne j'y reviendrai sans doute de la part de l'opinion une grande inquiétude parfois une angoisse et une interrogation avec une perte de confiance sur à la fois le législateur mais aussi sur les institutions de la république
donc
récurrence des crises sanitaires je ne suis pas d'accord pour retenir donc je ne répondrai pas
ne
vous privez pas oui
je voulais simplement vous indiquer bon d'accord pour dire que les crises ne sont pas peut-être pas aussi fréquentes que on veut bien le dire dans certaines publications mais est-ce que pour autant vous contestez l'appellation de crise en ce qui concerne le médiateur parce que nous avons reçu ici monsieur Tabuteau qui considère que la crise du médiateur est une crise de très très grande ampleur et c'est là d'accord pour reconnaître peut-être avec vous que les crises ne se sucèdent pas quand même à un rythme effréné mais est-ce que en revanche vous êtes d'accord pour reconnaître qu'il s'agit bien d'une crise majeure
non monsieur le président non non parce que je crois en tout cas c'est trop tôt parce qu'il ne suffit pas de dénoncer les dangers et les inconvénients d'un médicament quels qu'ils soient pour considérer que tous ceux qui se sont présentés comme des victimes l'ont fait à bon escient je n'en sais rien je n'en sais rien et la suite des analyses y compris surtout des expertises contradictoires permettra de connaître l'ampleur la consommation a été très importante pour le moment les chiffres qui ont été immédiatement assénés pour moi méritent tout au moins une analyse je ne les conteste pas mais je ne pense pas non plus que je puisse les souscrire pour définir ou non l'existence d'une crise
alors
j'en arrive au point 2A c'est à dire les dysfonctionnements dans l'affaire du médiator quelle est
l
'origine selon vous des dysfonctionnements au sein de l'AFSAPS pointé par le rapport d'IGAS les conflits d'intérêt vous semble-t-il par exemple un problème majeur alors les dysfonctionnements au sein de l'AFSAPS vous savez les liens non pas les liens d'intérêt mais les liens affectifs que j'ai pu avoir avec d'autres d'ailleurs concernant ces deux agences et l'institut de vie sanitaire parce que quand on a contribué à engendrer quelque chose surtout de cette importance on continue de s'y intéresser sans indulgence mais non plus sans excès de critique donc les dysfonctionnements je n'en sais rien et ça ne s'en doute pas c'est davantage omission autre que l'IGAS
parce
que pour analyser les dysfonctionnements d'une institution comme l'AFSAPS les délais que j'ai en mémoire ont montré que ce rapport l'IGAS avait été rédigé dans des conditions de délais extrêmement brefs
et
que pour analyser et mettre et afficher très rapidement les responsabilités d'un organisme ou de personne je pense qu'il aurait fallu une certaine prudence et s'appuyer sur des faits et non pas du tout sur une analyse globale qui a entraîné d'ailleurs des conséquences non seulement au sein de l'agence mais aussi dans la population
puisque
un des éléments qui reviendra dans mes réponses
il
faut être très très attentif pour ne pas casser
la
confiance des citoyens dans des institutions qui sont censées le défendre donc ce n'est pas du tout question que ce soit une confiance aveugle monsieur le président c'est pas ça mais on doit être très attentif pour ne pas alimenter finalement avec toutes les conséquences y compris sur le médicament j'y reviendrai sans doute plus loin il y a aussi une perte de confiance dans le médicament
qui
peut avoir quelque chose de salutaire dans la mesure où les français consommaient des médicaments quelquefois d'une façon excessive et à partir du moment où quelque chose les rappelle les appelle à une certaine réflexion de leur part pour savoir si l'inconfort ou les signes dont ils se plaignent méritent les risques d'un médicament il y a une large marge qui doit pas être franchie trop vite donc les conflits alors les dysfonctionnements je n'en sais rien je pense qu'il appartiendra à différentes instances et c'est commencé simplement on a anticipé sur des conclusions ce qui n'est jamais sain mais ces dysfonctionnements ils ont sans doute existé les éléments que je lis vont dans ce sens et ceux dont vous pouvez disposer certainement aussi mais moi je ne peux pas me prononcer ni sur la nature de ces dysfonctionnements et donc pas tout de suite sur les remèdes à apporter les conflits d'intérêt alors là c'est un point extrêmement important dont vous soulignez à juste titre que c'est un problème majeur
mais
ces conflits d'intérêt pour moi et pour le travail que le groupe 5 des assises du médicament doit étudier ne peut se débattre et se conclure qu'à travers l'expertise
c
'est bien parce que il y a expertise que les conflits d'intérêt et les décisions peuvent apparaître comme suspectes
or
l'expertise fait l'objet heureusement d'un renouveau de discussions et de débats alors je vous dirais que le problème majeur pour moi ne sont pas tant les conflits d'intérêt que les problèmes posés par l'expertise
et
d'autant plus que l'expertise revêt à la fois une nécessité et des conditions de mise en oeuvre très particulières quand il s'agit d'innovation
mais
d'innovation thérapeutique avec cette contradiction entre les espoirs que mettent les patients et l'opinion quant au progrès
aux
innovations médicales et en particulier aux innovations thérapeutiques et une sorte de hâte de pouvoir y accéder et puis toute la prudence qu'on doit mettre en oeuvre pour parler d'innovation et s'assurer que l'innovation ne comporte pas plus de risques que de bénéfices
donc
c'est à travers l'innovation et l'expertise de l'innovation qu'on doit réfléchir aux conflits d'intérêts pourquoi
?
parce que en matière d'innovation monsieur le président ceux qui ont qui ont capacité d'expertiser sont très peu nombreux
ils
sont très peu nombreux et on les connaît
je
n'ai pas d'exemple précis à vous livrer mais dans le domaine de la cancérologie et de la chimiothérapie on voit bien apparaître les espoirs que ça entraîne mais aussi les inconvénients les réserves les limites qu'on voit apparaître concernera sans doute un peu mieux lorsqu'on remettra en oeuvre ce qu'on appelle les traitements ciblés mais la question de vous n'est pas là innovation expertise bénéfice-risque
combien
de personnes pour l'innovation ont les connaissances la réflexion et les moyens de porter une appréciation hors de tout conflit d'intérêt elles sont très peu nombreuses
et
il est très possible prenons un exemple qu'il y ait au monde ou en tout cas au niveau européen 7-8 experts reconnus comme tels
et
qui ont le moyen de parler
de
ce qu'ils connaissent
or
ces experts ils ont pu être approchés sollicités conseillés voire même des firmes pharmaceutiques je n'en disconviens pas même si ce sont des académiques et est-ce que pour autant leur autorité doit être écartée et à ce moment là par qui va-t-on les remplacer je cite une phrase qui m'a beaucoup intéressé dans les lectures de ces derniers temps que je crois dû à Jean-François Matéi qui dit il n'y a pas d'experts naïfs je livre votre mission cette réflexion il n'y a pas d'experts naïfs c'est-à-dire qu'une expertise ne vaut que si elle est contradictoire et si elle tient compte d'avis d'experts qui peuvent être contradictoires mais qui viennent de gens qui savent qui ont des connaissances suffisantes pour savoir de quoi ils parlent c'est là où est le problème les réponses on les connaît c'est d'abord le contradictoire c'est la publicité éventuellement la collégialité mais la collégialité a également ses limites
je
vous dirais une anecdote également de ma vie parlementaire
quelques
temps après le vote de la loi de 98
madame
Veil qui était ministre en charge de la santé avait introduit un amendement dans le texte qui était en cours je ne sais plus quel était la nature le texte en question autorisant le ministre à faire une comment ça s'appelle une déclaration d'autorité je ne sais plus quel est le terme exact mais Dina Desjardins doit avoir ça présent à la mémoire un recours hiérarchique voilà merci Dina donc un recours hiérarchique
alors
la ministre disait par rapport à des décisions d'une agence autorité administrative qui n'est pas indépendante
dont
vous le savez les responsables sont nommés en conseil des ministres autrement dit un ministre disait il peut y avoir des décisions
par
l'agence que j'ai mises en place
et
qui ne sont pas satisfaisantes je veux avoir le droit de faire appel à un recours hiérarchique et je me souviens être intervenu au nom de la commission des affaires sociales pour dire madame Hurel ça n
'est
pas possible parce que ou bien vous considérez que l'avis de l'expert
que
vous saisirez en application de votre recours hiérarchique peut être un avis différent de celui des experts de l'agence et
j
'ai dit si c'est le cas en fonction de quoi vous allez vous déterminer ou bien parce que vous considérez que l'expert que vous avez choisi ou les experts sont de meilleure qualité que les experts de l'agence et dans ce cas il faut changer le directeur de l'agence et changer les experts
sinon
ça ne tient pas pourquoi des experts en matière d'innovation auraient des avis supérieurs parce qu'ils ont été choisis par le ministre
alors
je passe au point 3 donc il y a une impasse sur le point 3 ça me permettra peut-être de ne pas abuser du temps alors le point 4 monsieur le président le point 4 fait référence à des fonctions que j'ai exercées avec beaucoup d'intérêt d'ailleurs mais pas conflit d'intérêt c'est à dire la présidence de l'ONIAM j'ai exercé deux mandats conformément à la loi qui avait créé l'office et j'étais très intéressé par la mise en place de cette agence et on dirait d'ailleurs que ça vient en partie du Sénat puisqu'il y avait une proposition de loi sur la reconnaissance de l'aléa médical des responsabilités sans faute qui a été repris par Bernard Kouchner dans la loi droit des malades de 2002 alors je me suis enquis des quelques réponses possibles auprès du directeur actuel de l'ONIAM qui est Dominique Martin et d'ailleurs je pense que vous seriez intéressé par l'entendre nous
l
'avons nous l'avons auditionné nous l'avons auditionné Dominique Martin oui sur ce point écoutez
oui
sur
tous les points qui concernent ah bon oui oui absolument je ne
veux
pas vous mettre ça hors pensée verbale mais ce matin il ne s'en souvenait pas alors il faut faire attention c
'est bien lui
qu
'on a oui
tout à fait il
me semble c
'est bien du même
des Martin il y
en
a beaucoup si vous voulez peut-être il ne
s
'agit pas du même mais est-ce que vous lui
avez posé la même question nous avons bien
auditionné mais on ne lui a peut-être pas posé expressément cette question mais
on
lui en a posé beaucoup d'autres et d'ailleurs son audition était très intéressante
bon alors donc voilà je
retire
allez-y
alors je
retire ma boutade il envisage qu'il
y
a quatre possibilités pour répondre à la question qui m'est posée d'abord laisser faire les commissions régionales de conciliation et d'indemnisation les CRCI qui de par la loi ont une autonomie à pouvoir de décider pour elles-mêmes on les carte très vite parce que les CRCI pouvaient avoir des appréciations et des prises de positions différentes qui sont source d'une égalité et qui seraient insupportables donc on les carte ensuite la création d'un fonds dédié alimenté et géré par celui qui est considéré comme responsable des dégâts dans le cas particulier par serviet bon encore dans le contexte actuel surtout se font même alimenter à hauteur de ce qu'on ne sait pas quoi on ne sait pas quel niveau serait sans doute contesté alors on en arrive à deux propositions qui sont plus consistantes le modèle que j'avais baptisé un peu activement les irradiés d'épinal et puis un autre qui confie à l'ONIAM des missions comme ça a été fait pour le VIH et l'hépatite C alors pour les irradiés d'épinal a été créé un comité d'indemnisation
qui
a eu un financement mixte public-privé avec un seul payeur
qui
se retourne contre les responsables
les
responsables étant divers suivant le statut d'établissement hospitalier public ou privé dans lequel ces accidents vraiment graves sont intervenus alors c'est difficile ça peut convenir pour des accidents ou des crises sanitaires qui sont géographiquement localisées il m'a donné l'exemple d'AZF de Furiani c'est à dire on peut très bien localiser les victimes et apporter donc des réponses je ne détaille pas ce point dernière possibilité confier à l'ONIAM comme ça a été fait par le passé une nouvelle mission
ces
nouvelles missions j'étais encore président quand elles lui ont été transférées c'est le VIH et l'hépatite C voire même peut-être l'amiante mais j'en suis moins sûr alors il y a un comité d'orientation au sein de l'ONIAM
en
présence des victimes ou de leurs représentants
il
y a une saisine une possibilité de saisine individuelle sans seuil contrairement à la saisine de l'ONIAM un groupe d'experts
y
compris bien sûr un groupe d'experts contradictoires où les différentes parties sont présentes à travers leurs experts et puis il serait envisageable mais là pour aller plus loin il faudrait voir avec Dominique Martin des dispositions législatives générales qui permettraient de faire face sans se poser toutes ces questions que vous vous posez et avoir une réponse qui pourrait être appréciée
qui
est un cadre législatif plus large je me souviens maintenant de l'audition qui prouve
bien qu'on l
'audition
en disant qu'actuellement le cadre législatif était spécifié pour certaines pathologies mais que si on arrivait à avoir une disposition législative plus générale qui permettrait donc en cas de problème ou de crise enfin on peut l'appeler comme on veut effectivement que l'ONIAM soit saisi
oui mais ça je crois que bon ça me fait plaisir j'étais sûr qu'il était venu à partir du
moment
où vous le disiez mais vous lui
rappellerez si vous le voyez
il est bienvenu non mais en tout cas par rapport à ce que vient de dire le rapporteur on se trouve aujourd'hui par rapport au médiator je peux quand même pas faire l'impasse devant une situation qui est une situation immédiate urgente et avoir pensé à des modifications des dispositions législatives qui permettraient de répondre à des situations comparables parce qu'il y
en
a d'autres qui surviendront c'est une chose mais les mécanismes de réponse sur lesquels vous m'interrogiez peuvent finalement s'inspirer de ce qui a été fait concrètement et dans des conditions qui je crois ont satisfait les différentes parties concernant le VIH l'amiante j'en suis pas certain et certainement l'hépatite B
alors
j'en arrive au point B avec les assises du médicament les assises du médicament alors les assises du médicament on a posé la question de la gouvernance que vous posez aussi et je dirais que les problèmes de gouvernance ont été au départ de tout le travail législatif qui a été entrepris au Sénat
c
'est bien parce qu'il y avait eu crise sanitaire vache folle sans contaminer qu'on avait été amené outre une commission d'enquête
qui
avait vous savez des attributions différentes et qui avait une marge délicate puisque le juge était saisi mais il
y
avait commission d'enquête je n'en parle plus bien qu'on ayant été rapporteur mais ensuite il y
a
eu des missions d'information avec le rôle moteur de la commission des affaires sociales de l'époque et c'est bien parce que on s'était interrogé d'une part sur la multitude des organismes qui fleurissaient déjà à l'époque et qui étaient peu ou prou en charge de la sécurité sanitaire avec des statuts différents et dépendant de tutelles différentes
et
le recensement n'avait pas pu être complet
je
me souviens avoir interrogé les ministres de
l
'agriculture qui se sont succédés pour leur demander au nom de la commission quelles étaient les structures commissions groupes créées par la loi ou par décret qui avaient en charge la sécurité sanitaire les ministres de
l
'agriculture n'ont pas pu répondre la seule réponse qu'on avait obtenue c'était plus de 50 mais qu
'ils
n'avaient pas pu identifier eux-mêmes donc on ne manquait pas d'organismes en charge de la sécurité sanitaire mais se posait la structure et la structure pour être schématique était une structure
verticale avec
ce qu'on appelait un cloisonnement entre ces différentes structures un manque de cohérence et un manque de communication
qui
était moindre parce qu'on retrouvait quelquefois dans ces structures verticales les mêmes personnes enfin c'était pas forcément une optimisation des moyens intellectuels donc cette question de la gouvernance elle est essentielle
dire
qu'actuellement elle est parfaitement résolue je n'en sais rien
et
dans les documents qu'a demandé le groupe de travail il y a ce qu'on a appelé un état des lieux pour savoir au jour d'aujourd'hui quelles sont les institutions et les structures qui ont en charge la sécurité sanitaire
mais
je vous rappellerai monsieur le président
qu
'il y avait eu un amendement qui était dû d'ailleurs à l'époque à notre collègue des secours et qui avait chargé le gouvernement
de
compléter le travail du parlement pour que des structures qui n'avaient pas pu être immédiatement incluses soient non seulement recensées mais incitées pas forcément sous forme d'une absorption voire la réserve et la prudence des administrations centrales mais avoir une cohérence
par
rapport au dispositif de la loi et ce travail par le gouvernement qui devait présenter un rapport au parlement un an après n'a jamais été effectuée je ne dis pas qu'il y
a
une relation de cause à effet entre la situation actuelle qui comporte une sorte de non-cohérence et de moindre lisibilité mais enfin quand même c'est une question qui se pose et que la loi de 98 a contribué à améliorer mais pas à résoudre totalement
alors
vous m'interrogez sur le fonctionnement du CASA ça m'intéresse beaucoup parce que le Sénat avait demandé avait proposé dans l'article 7L 796-1
de
créer un conseil national de la sécurité sanitaire
et
ce conseil il était pour nous d'abord il était sous l'autorité du premier ministre dimension interministérielle de ses attributions et préparation des décisions du gouvernement en matière de prévention des risques de toute nature action menée dans ce domaine par les différents départements ministériels
en
cas de problème sanitaire important il veille c'est toujours le Sénat à la cohérence et à l'exhaustivité des dispositions législatives et réglementaires en matière de veille et de sécurité sanitaire ainsi qu'à l'efficacité de leur mise en heure donc si vous reportez à la loi actuelle à l'article L 796-1 ça n'est pas le texte que vous trouvez
car
le texte que vous trouvez procède à l'amendement de l'Assemblée nationale sur un texte qui d'ailleurs a été peu amendé par l'Assemblée nationale à l'époque et qui lui crée un comité national de la sécurité sanitaire
qui
est chargé d'analyser les événements susceptibles de coordination de la politique scientifique d'un institut sanitaire sous la présidence du ministre chargé de la santé alors est-ce que c'est cela que vous appelez le le le le c'est ça c'est celui-là
oui
je pense pas qu'il ait été modifié depuis cette
non
sans doute
pas
depuis le vote de ce texte non en tout cas il s'appelle comité d'animation du système
je sais pas ce que c'est vous
parlez d'un comité national de sécurité sanitaire oui alors est
-ce
que c'est la même chose je ne saurais
pas le dire je n'en sais rien écoutez on
vérifiera mais en tout cas s'il y a deux deux organismes qui ont les mêmes la même fonction c'est c'est
regrettable
c'est regrettable et surtout que on avait trouvé le sénat bien sûr avait accepté l'amendement de l'Assemblée nationale en considérant que c'était bien et puis que à partir du moment où l'Assemblée nationale ne bouleversait pas tout le texte du sénat on n'allait pas gémir mais c'était quand même à un niveau différent je me souviens qu'on avait voulu à travers l'interministérialité et l'autorité du premier ministre dire tout ce qui touche à la sécurité sanitaire des français ça a une dimension particulière d'où le niveau mais n'en fait pas un place
non
je crois il ne
s
'agit pas de la même chose parce que je crois que le CASA c'est un système qui un comité qui réunit les différentes agences avec la direction générale de la santé alors que ce comité c'est un comité interministériel je pense le comité national de sécurité sanitaire
le CASA
il a été créé récemment
enfin écoutez on ne
va
pas trancher le débat aujourd
'hui le comité national réuni sous
la présidence du ministre charlie de la santé ça c'est le texte actuel les directeurs généraux de l'institut de veille sanitaire de l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé de l'agence française de sécurité sanitaire des aliments ainsi que les présidents des conseils scientifiques de ces deux agences et l'institut de veille sanitaire une fois par trimestre ou à la demande de l'un d'entre eux ça c'est la loi
alors est-ce que
c'est le CASA je ne sais rien
on
verra
on verra
on vérifiera
on a peut-être fait un
CASA sans s'apercevoir qu'il y
avait
un conseil national supérieur
de
sécurité
sanitaire oui vous
avez une proposition on pourrait en supprimer un des deux
attendez avant de se précipiter on va voir s'ils existent effectivement
bon
poursuivez monsieur
alors
je termine ou presque à travers le point 6 pensez-vous que notre pays dispose d'une véritable politique du médicament
alors
je répondrai facilement non non mais je ne pense pas que ça serait souhaitable bon voilà pas de politique pourquoi ? parce que quand on parle d'une politique ça signifie que d'abord on s'intéresse aux attentes aux attentes et aux besoins aux insatisfactions de l'opinion et puis on va définir des objectifs clairement on va définir des priorités clairement et on va leur attribuer des moyens en fonction de leurs priorités
c
'est cela une politique quel que soit le domaine dans lequel c'est la cohérence au fond
or
en matière de médicaments je ne crois pas que ce soit possible ni souhaitable pourquoi ? parce que je vous donne un exemple dont je ne
suis
pas certain que pour William Dab ça représente l'idéal qui est ce qui se passe dans l'état de l'Oregon
est
-ce que vous aviez participé monsieur le président à une mission à la commission d'affaires sociales où on était allé étudier le système de sécurité sanitaire aux Etats-Unis je vous dis de quoi il s'agit parce que le système de l'Oregon n'a pas changé et qu'il est curieusement très peu connu en France
il
s'agit en effet dans un état qui est un petit état
faites attention parce
que c'est quand même un état qui autorise plus ou moins l'euthanasie
je
vous mets quand même en garde sur les risques que vous prenez en érigeant cet état en exemple pour justement c
'est un exemple négatif
monsieur le président je vous remercie de votre mise en garde c'est pas du tout pour prôner cet exemple au contraire pour le détruire ah d'accord
alors là vous êtes plus cohérent vous êtes plus
cohérent alors
là je
comprends il s'agit d'établir le budget de la santé au sens large en fonction des pathologies les plus fréquentes ou les plus coûteuses avec une estimation du coût
et
puis je ne sais pas si c'est pluriannuel en tout cas le mécanisme est le suivant on fait l'addition des moyens financiers
qu
'il faudrait dégager pour satisfaire aux différents objectifs tels qu'ils ont été classés entre autres par fréquence et avec ensuite
à
l'époque une sorte de référendum je ne sais pas sous quelle forme pour dire voilà on va mettre la limite des dépenses de santé
à
tel niveau
c
'est à dire que tout ce qui est inférieur à cette limite ne sera pas pris en charge
et
en tant que néphrologue j'avais bien sûr posé la question des maladies rénales qui sont coûteuses et qui ne sont pas très fréquentes et il allait à l'époque la réponse n'a peut-être guère changé ces maladies rénales chroniques n'étaient pas prises en compte considérant qu'elles n'étaient pas prioritaires
alors
cet exemple est un peu la caricature de ce qui pour moi cacherait le terme même de politique du médicament je crois qu'il ne
faut
pas se gargariser de mots ça n'a jamais été d'ailleurs dans nos habitudes monsieur le président pas vous pas plus vous que moi mais il n
'y
a pas de politique de médicament je ne sais pas ce que c'est et je ne sais pas ce que ça pourrait être donc je suis vraiment très très réservé sauf à avoir un débat contradictoire avec William Dab
alors
et puis aussi il parle d'une dimension populationnelle alors il est sans doute malvenu quelqu'un qui est auditionné de faire la critique de quelqu'un d'autre mais je ne sais pas ce que c'est que la dimension populationnelle et quand on parle de la dimension populationnelle du risque alors là je ne suis pas du tout d'accord parce qu'on voit bien monsieur le président que des accidents iatrogènes
la
plupart des risques sauf crise
sont
des accidents individuels ou éventuellement des accidents sériels autrement dit avoir dans l'appréciation d'un médicament
dans
la mise sur le marché ou le suivi une dimension populationnelle
je
ne vois vraiment pas du tout en quoi ça fait ça fait avancer la réflexion
je vous
arrête monsieur le professeur je crois que le professeur Dab faisait expressément référence à ces techniques disons qui utilisent les études pharmaco-épidémiologiques pour démontrer que sans qu'on puisse établir individuellement une relation de cause à effet permettent quand même d'identifier un certain nombre d'éléments d'effets indésirables graves qui sont en relation avec la prise d'un médicament c'est le résultat auquel sont arrivés l'étude qui a été conduite sous la direction de madame Hill sur la base de données de l'UNCAM c'est en ce sens là que monsieur Dab je crois a mis l'accent sur l'aspect populationnel des risques il y a des risques individuels qui peuvent être identifiés pas toujours mais en tout cas il y a ces risques populationnels ces risques collectifs qui peuvent aujourd'hui être identifiés grâce aux méthodes et à la base de données dont nous disposons c'était ça je crois le
problème merci d'avoir atténué mes pulsions
j'essaie de
restituer aussi fidèlement possible
vous avez toujours été monsieur le président un homme de modération je
sais pas si c'est le mot qui convient mais enfin bon je vous en laisse la paternité
alors
de sagesse
bon
mais je vais plus loin d'abord en évoquant parce qu'on retrouve chaque fois d'ailleurs qu'il
y a
des difficultés comme celles avec lesquelles on se confrontait l'exemple de l'AFDA
bon
et bien quand on parle de l'AFDA il faut s'intéresser au Vioxx voilà je n'en dis pas davantage mais enfin le nombre les délais d'alerte et les décisions ont quand même quelque peu tardé donc d'autre part l'AFDA n'est pas la seule agence de sécurité sanitaire
donc
l'exemple de l'AFDA on me
l
'a ressorti plusieurs fois quand on défendait en France un système dual pour les produits destinés à l'homme le médicament les produits de santé et les aliments ça s'appuie sur une méconnaissance de l'AFDA de son mode de financement et de son évolution
alors
d'autre part on ne peut pas évoquer cette dimension populationnelle au sens que vous avez défini et avec lequel je suis d'accord sans aller plus en amont
c
'est à dire la procédure de recherche et la recherche biomédicale et les essais cliniques en effet pour faire apparaître un risque qui statistiquement on le voit les exemples vous en avez d'autres certainement est un risque qui est de 1 pour 10 000 ou pour 50 000 même je parle d'un effet indésirable grave
pour
faire apparaître avant la mise sur le marché ce risque il faut des populations très nombreuses et il faut un délai de suivi très long qui est incompatible avec l'impatience de ceux qui sont en attente d'innovation et qui attendent que l'AMM soit progressé rapidement les séropositifs
il
y a quelques années avaient été très instructifs ils avaient demandé quoi ils avaient été vraiment révoltés contre les délais trop long d'autorisation de mise sur le marché d'une nouvelle molécule à un moment où il n
'y
avait pas de traitement ils avaient demandé que cette étape qui pour nous est indispensable pour apprécier le bénéfice et le risque soit raccourci je comprends pourquoi mais il y a une contradiction à l'évidence entre l'appréciation du bénéfice et
du
risque populationnel et les conditions d'amont par rapport à une molécule innovante j'ai pratiquement terminé mais j'en arrive au dernier point au point 7 qui est la réforme du système de pharmacovigilance
puisque
vous avez donné l'intitulé de la loi monsieur le président de 98 et comme souvent on part de la loi relative au renforcement de la veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire ces renforcements de la veille sanitaire et de alors c'est pas seulement une argusie mais c'est parce qu'on avait bien distingué dès le moment dès ce moment ce qui était la veille sanitaire qui fait d'ailleurs l'objet du titre premier de la loi et puis la sécurité sanitaire et on est dans deux démarches qui sont deux démarches différentes et c'est bien pour cela qu'on avait parlé des agences sécurité sanitaire des aliments et des produits de santé d'une part et instituts et la question nous avait été posée pour savoir pourquoi on ne parlait pas de trois agences
et
la réponse était maintenant évidente c'est parce que l'institut de veille sanitaire n'est pas une agence
une
agence c'est la vocation à agir
alors
que l'institut de veille sanitaire y veille
et
d'autre part pour ne pas être trop long respecter
donc vous êtes opposé
par exemple à la proposition qui figure dans le rapport du professeur Girard de transférer la pharmacovigilance à l'institut de veille sanitaire
au
contraire monsieur le président vous êtes
favorable
au contraire oui bon et j'ai eu
non parce
que ça
sentait
contradictoire avec ce que vous venez de dire ah non non
alors
ah non non
non non
je suis désolé
d'ailleurs Jean-François Girard je pensais le garder pour non
parce que la pharmacovigilance ça n'est pas seulement
veiller c
'est aussi agir
et
s'adresse vers d'autres pour les que oui y compris aux pouvoirs politiques oui enfin la veille doit déclencher des mesures des actions c'est évident oui oui mais encore faut-il que la mission veille soit exercée le mieux possible et puisque vous citez Jean-François Girard oui vous avez certainement eu connaissance
de l'audition
de Jean-François Girard en tant que directeur général de
la
santé devant la commission des affaires sociales du Sénat en 1996 dans laquelle déjà il parlait des différentes vigilances si vous l'avez auditionné il a repris oui l'addition la diversité des vigilances pharmacovigilance matériovigilance émovigilance et lui dit et j'en suis d'accord
que
ces vigilances en fait non seulement ne doivent être regroupées pourquoi parce que quand il y a un incident un effet indésirable qui survient on ne sait pas toujours d'entrée de jeu qu'elle en est l'origine et qu'elle en est la nature autrement dit c'est en regroupant
sur
une tête de réseau c
'est
l'expression qui avait été prise au cours des débats sur l'institut de vie sanitaire avec un maillage qui peut être d'ailleurs national et européen et bien ça n'est pas un effecteur mais c'est lui qui par ses observations les rapprochements entre des faits qui peuvent être disparates va pouvoir éclairer le pouvoir et la décision la décision étant une décision politique dont les acteurs sont les agents aujourd
'hui je vous fais
remarquer que la décision de retrait ou de suspension
d
'un médicament est faite par le directeur général de l'AFSAPS au nom du gouvernement oui
oui oui oui
ce
qui n'est pas le cas pour l
'agence des saliments
dans
la configuration que vous préconisez c'est à dire la pharmacovigilance se trouve exercée par l'institut de veille et donc l'institut de veille n'agit pas il observe et il transmet le résultat de ses observations
au
directeur général de l'AFSAPS qui prend la décision
oui
c
'est comme ça que vous voyez les choses tout à fait
l'exemple qui traduit ce que vous avez parfaitement compris c'est l'exemple de la canicule
l
'exemple de la canicule qui est très différent des produits de santé mais enfin qui a atteint Dieu sait la santé de certains de nos concitoyens qu'est-ce qui s'est passé il y
a
eu un retard pour un certain nombre d'actions dont d'ailleurs un ministre a payé chèrement le prix mais l'institut d'abord le directeur général de la santé aussi d'abord aussi oui d'accord oui oui ça n'a
pas
suffi mais à qui les événements ont été signalés désormais surprenants
sur
la région parisienne à la préfecture de police c'est à dire c'était les sapeurs-pompiers ou les les les pompes funèbres qui avaient été les
les
premières à remarquer quelque chose d'inhabituel mais c'est pas remonté tout de suite à l'institut de vie sanitaire et c'est là où je me souviens l'institut de vie sanitaire avait été attaqué déjà et que j'étais intervenu je ne sais plus du tout dans quel terme pour dire on ne peut pas reprocher à un observatoire auquel on n'a pas transmis les observations une insuffisance d'analyse et de proposition j'en ai terminé monsieur le président madame le rapporteur
merci il est 14h45 je
crois que vous avez demandé à être libéré à 14h45 est-ce que vous accordez quelques minutes pour que éventuellement
nos
collègues puissent vous poser quelques
questions parce que
sinon ils se sont tirés frustrés avec quelques raisons alors je ne surprends pas frustrés
les collègues
les sénateurs
non et les sénatrices
non la frustration n'aime pas
je
me tourne vers vous est-ce que vous avez des questions à poser à
monsieur
le professeur hurrier
écoutez
c'est formidable donc sans frustration vous allez pouvoir nous quitter à l'heure que vous aviez souhaité si moi j'aurais à titre personnel c'est encore une minute souhaité quand même revenir sur ce problème des liens d'intérêt des conflits d'intérêt moi j'ai toujours beaucoup de difficultés à considérer qu'un expert aussi brillant soit-il aussi intègre soit-il aussi bénéficiant de toutes les qualités qu'il est possible d'avoir pour un homme puisse dans les mêmes conditions de comment dirais-je de neutralité d'impartialité puisse à la fois conseiller l'entreprise privée et conseiller les pouvoirs publics voyez-vous là j'ai une difficulté alors je reconnais que vous avez raison de dire qu'il est aujourd'hui difficile de trouver surtout pour certaines maladies ou certains médicaments des spécialistes en nombre suffisant pour pouvoir trouver ceux qui ont des liens et ceux qui n
'en
ont pas
mais
dans ces conditions je crois que ce qui est important pour un expert qui connaît parfaitement un dossier dans le domaine c'est d'être le rapporteur du dossier devant la commission cette commission n'est pas nécessairement constituée de personnes ou de personnalités qui connaissent remarquablement bien le médicament il suffit que ce soit des experts qui connaissent la façon dont sont réalisés les essais enfin qui aient des connaissances de base pour émettre un avis sur un médicament ou la balance bénéfice-risse d'un médicament qui est présenté par un rapporteur qui lui connaît parfaitement le dossier quitte effectivement à envisager un autre rapport qui peut-être prouvera le contraire ou en tout cas sera sensiblement différent du premier mais ce que je voudrais c'est que la commission en nombre peut-être moins importante que celle qui existe à
l
'heure actuelle puisse se déterminer en fonction de ces rapports et j'estime qu'on peut très bien dans ces conditions se déterminer quand on a tous les éléments du problème sans pour autant être le spécialiste de la maladie et du médicament concerné c'est en cela qu'il y a peut-être une divergence entre ce que vous indiquez et ce que je peux concevoir
je
crois qu'il y
a
une diversité de situations qui est extraordinairement importante et vous avez raison d'évoquer à propos de l'expert des expertises et des conflits d'intérêt le rapport bénéfice-risque
c
'est cela un des points extrêmement difficiles et je pense que la réponse n
'est
pas bonne parce que entre autres on attribue au comité de protection des personnes que j'ai quand même des raisons de connaître et dont maintenant je ne
peux
pas dire que
j
'en sois entièrement satisfait mais on leur confie une mission de donner un avis sur la balance bénéfice-risque
pour
une nouvelle molécule ce n
'est
pas un comité d'experts ce
n'est pas un comité d'experts ah bon je ne savais pas ça à
la commission de protection des personnes on leur demande ça oui
donc c'est un élément qui paraît très important or c'est crucial et en fonction d'un expert on pourra je prends tant pis je me condamne finalement mais à être en retard l'exemple du retrait de la vaccination contre l'hépatite B monsieur le président peut-être que ça a été évoqué devant votre mission qu'est-ce qui s'est passé
on
avait constaté et tout de suite les médias s'en sont emparés qu'il y avait qui étaient apparus quelques cas de sclérose en plaques chez des patients qui avaient reçu le vaccin contre l'hépatite B qui était obligatoire dans certaines classes d'âge et certaines professions
grand
témoin est-ce qu'on doit parler de crise sanitaire à mon avis non mais ça y était tout comme parce qu'il suffisait que les médias s'y engagent pour que ça prenne la dimension d'une crise saisine par le ministre d'experts qu'est-ce qu'il pouvait faire d'autre pour éclairer sa décision parce que les relations entre experts et décideurs sont extrêmement difficiles il est rare qu'un décideur puisse aller à l'encontre d'un avis d'experts mais quand les experts coïncident il est à l'aise quand les experts les avis ne coïncident pas il n
'est
pas à l'aise qu'est-ce qui s'est passé principe de précaution le ministre de l'époque a dit je suspends et on sait très bien maintenant on en est sûr ce qui a été annoncé par certains experts qui ne défendaient pas forcément les labos qui fabriquent le vaccin mais avaient dit attention risque de recrudescence d'hépatite et de tumeur du foie
or
ce risque il est avéré donc cet exemple pour moi est vraiment extrêmement instructif par rapport à la difficulté d'exercice et par là même au soupçon qu'on peut avoir vis-à-vis d'experts qui dans le cas particulier avaient des avis différents et aussi le rôle très inconfortable du décideur politique
mais
je voudrais vous faire remarquer monsieur monsieur le professeur que il y a une inégalité quand même en ce qui concerne le rapport bénéfice-risse quand on met un médicament sur le marché ce rapport est estimé et présumé favorable
quand
il s'agit de retirer un médicament il n'y a pas de présomption il faut qu'on ait la certitude que ce médicament présente un risque c'est ce qui a fait dire d'ailleurs à l'agence que le principe de précaution fonctionnait à rebours c'est à dire qu'il fonctionnait toujours en faveur de l'insurtie pharmaceutique du laboratoire et non pas en faveur du patient donc il y a là quelque chose qui semble-t-il mérite au moins débat monsieur
le président l'exemple de l'hépatite B à l'encontre de ce que vous dites oui
enfin il faudrait effectivement il y a un problème mais en tout cas pour un certain nombre de médicaments ça ne joue pas dans ce sens c'est vrai que là il y
a
eu un mais le médiator par exemple on ne
l
'a pas retiré quand il aurait fallu le retirer voilà
oui
vous avez la parole oui très rapidement monsieur le président et monsieur le professeur sans s'attarder donc sur tout ce qu'il y a autour des experts conflit d'intérêt aussi par rapport aux différentes missions gouvernance des agences moi je reviendrai sur un propos que vous avez tenu il n
'y
a pas d'expert naïf et que il faudrait peut-être plus s'interroger sur le fonctionnement le mode de fonctionnement de toutes ces officines
quand
on voit que
dans la commission de transparence il n'y a
pas
qu
'est
-ce que vous appelez officine
de processus non non officine agence c'est officine c'est pas l'officine de pharmacie
non mais
c'est quoi les officines pour vous c'est
et bien c'est les agences
c'est l'agence
de
transparence
du médicament quand vous savez
qu'il n'y a pas de démarche contradictoire comment voulez-vous que in fine on puisse avoir un bon fonctionnement de l'ensemble des processus c'était ça que je voulais dire par rapport à l'expression d'expertise
oui
mais je crois que dans les conditions très difficiles quand on est confronté à l'expertise et au conflit d'intérêt je vous ai dit c
'est
l'expertise collégiale et contradictoire et oui et ça c'est indispensable
bon
alors puisque plus personne ne veut prendre la parole nous allons vous libérer vous avez 7 minutes de retard merci monsieur
le professeur je n'ai pas vu le temps passer oui et si
vous
souhaitez je vous accorderai une séance supplémentaire oui parce que le rapporteur n'a pas pu
je crois qu
'il
sera nécessaire parce que madame le rapporteur est frustré elle voulait vous poser des questions j
'accorderai volontiers à l'entretien particulier à madame le rapporteur bon alors dans ce cas là c'est formidable
très
bien la
séance est levée bien alors
mes chers collègues nous poursuivons donc
nos
auditions avec
le
professeur Eric Abadie
qui
est conseiller technique auprès du directeur général
de
l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
et
je dois d'abord vous indiquer monsieur le professeur que cette audition est ouverte à la presse
pour
qu'il n
'y ait
pas de malentendus et fait l'objet d'un enregistrement audiovisuel
en
vue de sa diffusion sur le site internet du Sénat pour le moment
on
n'a pas l'air d'être très
il
n
'y a
pas l'air d'avoir beaucoup de journalistes donc on est tranquille mais ils sont à l'extérieur bon d'accord oui puisque
et
donc sur public Sénat aussi voilà monsieur le professeur
alors
bon je comme si d'une audition publique il me revient en application donc de l'article L4113-13 du code de la santé publique de vous de vous demander si vous avez des liens
avec
des entreprises produisant ou exploitant des médicaments des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant
sur
ces produits merci monsieur le président pas le moindre
vous
n'avez pas de vous n'avez pas de lien d'intérêt
alors
je voudrais simplement que dans un premier temps si vous nous rappelez si vous le pouvez
le
déroulement de votre carrière parce que vous présentez cette particularité d'avoir suivi le chemin inverse
qu
'empruntent habituellement vos collègues ils vont plus facilement
du
public vers le privé que du privé vers le public
c
'est quelque chose qui m'a frappé peut-être et je tord mais ce sera intéressant de vous expliquer pourquoi votre chemin diverge de celui de vos collègues voilà dans un premier temps ensuite
nous
vous interrogerons enfin vous bien sûr bien sûr
je vous
écoute bien sûr merci beaucoup je ne
suis
pas absolument certain que
que
ça soit systématiquement le cas par exemple j'ai recruté pour me remplacer quand j'ai été élu à la commission d'AMM européenne au CHMP j'ai recruté parce qu'on m'a demandé de le faire un industriel quand j'ai été recruté en 94 par messieurs Tabuteau et Alexandre alors que je venais de l'industrie pharmaceutique ils savaient très bien que je venais de l'industrie pharmaceutique et je crois alors il faudrait leur demander mais je crois qu'ils cherchaient essentiellement un industriel et lorsque
vous
étiez industriel à ce moment là vous
considériez
comme industriel
et non pas comme médecin
si je me
suis
toujours considéré comme médecin toujours toujours toujours je continue du reste à pratiquer peu mais enfin j'essaye de le faire donc j'ai toujours
je
me suis toujours considéré comme un médecin mais si vous voulez alors pour reprendre effectivement après mon
mon
cursus hospital universitaire c'est ancien chef de clinique hôpitaux de paris donc j'ai effectivement pris la carrière industrielle d'abord au syndicat national de
l
'industrie pharmaceutique
où
là j'étais un espèce de messager si vous voulez entre la direction de la pharmacie du médicament et l'industrie et donc à ce titre j'étais ou membre ou expert de toutes les commissions du médicament l'AMM la transparence
la
pharmacovigilance les stupéfiants et psychotropes essentiellement
et
j'ai passé du reste 7 ou 8 années qui étaient vraiment d'excellentes années d'excellentes années des années de contact des années scientifiques aussi puisque je participais aux commissions
et
puis j'ai passé quelques mois au laboratoire welcome mais vraiment quelques mois dans votre biographie c'est quelques mois
quelques années deux ans mais non
c'est faux quelques mois quelques mois alors si peut-être moins d'un an en tout cas moins d'un an en tout cas moins d'un an je vais vous dire pourquoi je vais vous dire pourquoi parce que monsieur Alexandre essentiellement avait souhaité beaucoup lorsque j'avais quitté le syndicat que je vienne le rejoindre et il a fait effectivement des pieds et des mains pour que je puisse venir le rejoindre et ça a duré moins d'un an si vous voulez donc cette année de transition que j'ai passée je l'ai passée chez welcome et c'était une année de transition car tout le monde savait qu'un jour ou l'autre je rejoindrai l'agence du médicament à l'époque qui venait de s'établir donc c'était un an après donc c'était en 94 et Alexandre m'avait donné à l'époque une définition de fonction qui était la suivante l'Europe
les
rapports d'évaluation
l
'évaluation interne
l
'Europe les rapports d'évaluation l'évaluation interne l'évaluation interne c'est la formation des jeunes évaluateurs pour avoir pour
avoir une
évaluation interne
de
bon niveau car à cette époque on se disait on commençait à se dire et c'est heureux et c'est heureux que la tradition la culture française de l'expertise externe finalement c'était bien mais ça ne suffisait pas et il fallait des fondations
et
les fondations ne pouvaient être que grâce à l'évaluation interne et donc ma fonction c'était effectivement de les former de les former essentiellement en 95 j'ai été donc nommé par Alexandre il
n'y a
pas eu de transition entre vous avez quitté l'industrie pharmaceutique et vous êtes entré directement à l'APSAPS 3 jours après alors que pour les fonctionnaires on exige un temps de latence quelquefois en Europe c'est 2 ans je crois chez nous ça doit être 3 ans dans le sens inverse il n'y
a
pas de il n
'y
a pas de temps de latence c
'est direct
je ne connais pas les règles monsieur le président
mais s
'il y avait des règles je les aurais appliquées et je pense que monsieur Tabuteau et monsieur Alexandre étaient assez bien placés pour
savoir s'il y avait des règles
donc moi je peux vous dire simplement que 3 jours après 3
jours
après
un week
-end après j'étais à l'agence du médicament et vous
avez raison
vous avez raison vous avez raison le directeur exécutif de l'EMA qui a quitté le 31 décembre en 2010 s'est retrouvé quelques semaines après en bonne compagnie en bonne compagnie et c'est vrai si vous voulez que alors je n
'ai
pas lu mais dans les textes alors est-ce que c'est un texte européen ou est-ce que c'est un texte anglais ou je ne sais pas je crois que c'est un texte européen que effectivement il faut qu'il y
ait
une fenêtre thérapeutique
comme on dit de
2 ans oui un sas de 2 ans
un sas de 2 ans
et là
il semblerait que
monsieur Lundgren n'est pas terrible il n'a pas vraiment respecté il n
'a
pas vraiment respecté
non
il n'a pas vraiment respecté c'est le moins qu
'on
puisse
dire enfin
vous êtes devenu donc le messager en quelque sorte de l'AFSAPS auprès de l'industrie après avoir été
le messager de l'industrie auprès de l'AFSAPS non c'est pas ça du tout non non j'étais
le messager
le robitouin vous savez pourquoi je vous dis ça vous savez pourquoi je
vous dis ça parce que j'ai j'ai j'ai constaté que l'industrie pharmaceutique enfin pas l'industrie pharmaceutique ce qui n
'est
peut-être pas
mais
la DIA
que
vous connaissez c'est certainement
oh
que oui oh que oui vous a donc vous a donc distingué il y a bien longtemps c
'est en
2002 vous étiez
toujours à l
'AFSAPS c
'est ça que
je comprends
attendez attendez vous étiez en 2002
attendez laissez moi terminer parce que là sinon il va y avoir une mauvaise
interprétation j'ai
toujours été à l'AFSAPS et je suis à l'AFSAPS aujourd'hui je viens de l'AFSAPS je viens
de l'AFSAPS non non vous n'avez pas
démissionné
j'ai
bien compris alors
que le
directeur général a démissionné vous vous n'avez pas démissionné ça
je
l'ai bien noté
moi je n'ai pas démissionné donc vous venez de l
'AFSAPS il n
'y a
pas de problème
moi
je n
'ai pas démissionné je
suis à l'AFSAPS voilà alors je vais continuer si vous me laissez
je
vais
continuer je vais
continuer donc alors très rapidement très rapidement 2001
je
suis élu vice-président du du comité des spécialités pharmaceutiques c'est HMP ou c'est PMP
peu importe c'est la même chose c'est la même chose
c 'est la même chose
et
en 2007 je suis élu président de ce même comité et en 2010 juin 2010 réélu à l'unanimité président de ce même comité alors pour que les choses soient tout à fait claires oui
en
juin 2007 avant d'ailleurs en juin 2007 j'avais demandé à mon directeur général la chose suivante je lui avais dit monsieur le directeur général je ne pourrais plus avoir les fonctions opérationnelles responsables du prêt AMM que j'avais jusqu'en 2007 je ne pourrais plus avoir si jamais je suis élu à la commission d'AMM européenne et il m'avait dit
je
lui avais dit j'en prends acte si jamais vous êtes élu je vous nomme conseiller scientifique du directeur général j'ai été élu j'ai été nommé conseiller scientifique du directeur général et je dois dire et je dois dire qu'en l'espace de 4 ans je n'ai donné aucun conseil à mon directeur général tout simplement parce qu'il ne me l'a pas demandé parce qu
'il
ne me l'a pas demandé donc j'étais peu ou prou quasiment à plein temps à l'Europe à m'occuper du CHMP de l'EMA et de ses groupes de travail d
'accord alors
revenons-en si vous le voulez à cette distinction dont vous avez fait l'objet et que vous avez eu en 2002
alors
la la DIA c'est vous allez peut-être venir mais c'est la Drug Information Association
voilà
alors c'est une c'est une association qui
trouve tout dans cette association
si vous me posez des questions sur le financement de la
DIA non non pas le financement non non non non
ce sont
des laboratoires alors c'est une
association c'est une association d'industriels enfin il y a des industriels mais il y
a
aussi beaucoup de régulateurs et les principaux régulateurs qui sont membres du board dont je ne fais pas partie je tiens à le dire parce que ça prend du temps en particulier les plus hautes personnalités de la Food and Drug Administration font partie du board de la DIA et ce sont effectivement des gens qui font des grands congrès alors pour ne rien vous cacher à la fin du mois de mars je vais au congrès européen à Genève où
je dois faire quelques
présentations oui voilà oui si vous voulez ça fait un peu partie de ma fonction c'est à dire que la fonction d'un président du CHMP c'est effectivement de s'occuper de l'ordre du jour ça c'est très important mais également
pour
des raisons de transparence d'aller dire un tout petit peu à l'extérieur ce qu'on fait et comment ça se passe et la DIA est un forum qui est un forum qui présente par rapport aux autres forats le fait qu'ils sont très très très nombreux et qu'en y allant on touche beaucoup de monde mais vous ne pensez pas qu'en ces temps où on critique beaucoup les conflits d'intérêts les liens d'intérêts il peut apparaître peut-être pas à nous parce que nous sommes mais à l'homme de la rue peut-être que qu'un comment dirais-je quelqu'un qui fait la police de la santé se rende à un forum qui est organisé par les laboratoires pharmaceutiques est-ce qu'il n'y
a
pas là un risque de conflit d'intérêts voyez-vous vous êtes celui qui est chargé de contrôler la mise sur le marché des médicaments et puis vous vous rendez à un forum qui est organisé chaque année par l'industrie pharmaceutique et qui plus est je le répète vous avez en 2002 reçu de la part de cette association un prix pour services exceptionnels rendu à l'industrie pharmaceutique dont je lis le titre vous
avez Eric
Abadi docteur en médecine en tant que directeur des affaires médicales du syndicat national de l'industrie SNIP
le
docteur Abadi a représenté ce que vous
avez
dit avec tout à
l'heure
a représenté l'industrie pharmaceutique dans les commissions d'autorisation de mise sur le marché de transparence
la
pharmacogénon du ministère de la santé là il n
'y a
rien de contestable oui mais moi ce que je trouve bizarre c'est que vous ayez reçu cette distinction en 2002 alors que vous étiez à l'APSAPS depuis 8 ans
là
j'ai l'impression qu'on fait un peu alors que vous ayez rendu des services éminents à l'industrie pharmaceutique quand vous étiez au SNIP ou chez Wellcome je trouve ça tout à fait normal mais qu'on vous décore quand vous êtes depuis 8 ans à l'APSAPS vous voyez ça ne peut pas ne pas créer dans l'esprit de certaines personnes malveillantes comment dirais-je un doute un doute en disant mais il n'a pas de lien d'intérêt mais en fait il a quand même parti avec l'industrie puisqu'ils reconnaissent qu'il lui a rendu des services éminents vous auriez reçu une distinction pour services éminents à la santé publique il n
'y aurait
pas de problème
mais
là vous voyez et vous seriez bien sûr toujours dans votre service hospitalier il n
'y
aurait pas de problème non plus mais là étant à l'APSAPS j'avoue que moi ça m
'a
ça m'a ça m
'a ça m'a ça m'a ça m'a ça m'a ça m'a ça m'a ça m'a
interpellé quelque
part ça m'a
interpellé quelque part écoutez c
'est pour ça
que je voulais
en expliquer avec vous
je peux je
peux
pas vous dire ce que je peux vous dire c'est que toutes les autorités compétentes toutes les agences on va dire comme ça ont essentiellement deux fonctions
la
protection de la santé publique
et
de faciliter l'innovation c'est les deux fonctions il y
en
a d'autres mais c'est essentiellement les deux fonctions la protection de la santé publique c'est effectivement les problèmes de pharmacovigilance par exemple il y en a d'autres
ça ne fonctionne pas merveilleusement bien c'est le moins qu'on peut dire et
l'innovation l'innovation c'est de participer à des réunions de concertation qui sont souhaitées par l'industrie pharmaceutique pour les aider à développer leurs médicaments
alors
c'est une aide qui se fait à leur demande et c'est une aide qui leur permet
qui
leur permet de pouvoir lorsqu'il n
'y
a pas de règles
en
particulier pour les vrais produits d'innovation parce que généralement ils ne le demandent pas pour la cinquième ou la sixième molécule qui fait comme les molécules précédentes mais pour les vrais produits d'innovation quand il n'y a pas de ce qu'on appelle les guidelines quand il n
'y a
pas de règles les industriels sont confrontés à un choix qui est difficile qui est de comment allons-nous développer ce médicament quelle population cible quel critère de jugement quelle durée d'étude quel nombre de patients dans la base de données de sécurité etc. et pour ça comme ils n'ont pas la réponse dans les textes et bien ils vont voir les agences toutes pas uniquement l'européenne la française toutes les agences qui ont été effectivement pignon sur rue pour avoir une idée de ce qu'il faut faire pour développer leurs médicaments je trouve ça tout à fait normal qu'ils viennent voir les agences c'est l'inverse qui me paraît
plus
critiquable que ce soit les agences qui aillent les voir
ah
ben
attendez je
crois que là les agences ne vont pas voir les industriels pour leur donner des avis scientifiques
ils
ne vont pas à Genève quand même les agences les
agences les politiques les politiques les
associations de patients les associations de patients le forum de la DIA monsieur le président est un forum international vous
avez de tout
vous ne m'avez pas demandé le financement j'aurais été en peine de vous le
dire je vous l'ai dit bon
je vous l
'ai
dit mais ce que je peux vous dire c'est que je crois pas que ce soit les patients qui financent ça je crois qu'on est d
'accord là dessus c
'est pas les patients
qui financent et ni les associations de patients puisque les associations de patients
sont financées par l'industrie pharmaceutique alors donc ce serait difficile bon alors bah oui depuis on a une liste oui
tout à fait oui d'accord
tout à fait mais certaines
je sais pas qui peut financer je ne sais pas certaines associations de patients qui du reste
qui du reste ne figurent pas sur le dans la liste de l'EMEA parce que ça effectivement on fait très très attention de voir comment ces associations sont financées
il faut faire très
attention mais mais si je peux continuer effectivement comme je vous l'ai dit c'est un travail qui est un travail de transparence on essaye d'expliquer à tous ceux qui veulent bien nous écouter ce qu'on fait dans ces congrès alors il y en a d'autres il n
'y
a pas que la DIA il n'y
a
pas que la DIA il y a d'autres congrès il
y a des universités
d'été
il y a des universités d
'été où de
temps en temps
on voit des ministres d'ailleurs et Lourdes
-Marins c'est mieux que Genève je trouve que on soit plus là je pense que c'est
on n'est pas tout seul on
n'est pas tout seul non vous êtes en bonne compagnie le ministre est même là
absolument absolument c
'est pas dire
pour autant que c'est donc c 'est un travail c'est un travail ne me méprenez pas ne me méprenez pas c'est un travail on n'y va pas pour rigoler on y va en préparant parce que de faire une mauvaise présentation devant 2000 personnes je peux vous dire ça m'est arrivé
une
fois on se sent très très mal donc on essaye de préparer et c'est beaucoup de travail
et c'est beaucoup de travail
je n
'ai
pas dit que ce n'était pas du ce n'était pas du travail mais ce qu'il y
a
aussi on pourrait dire le commissaire européen qui est là aussi
chargé de l'industrie et de la santé
John Daly est là aussi
son directeur général personnellement
je m'en réjouis de voir qu'il y ait une telle collusion entre l'industrie pharmaceutique et la
santé je ne suis pas certain qu'on
puisse parler de collusion
disons de
connexion je ne suis pas certain qu'on puisse parler de collusion de connexion de connexion c'est à dire que les gens effectivement parlent les uns avec les autres ce qui me paraît relativement sain je vous rappelle ce qu'a dit le
rapport
de Ligas vous ne
l
'avez lu sans doute que
moi
avec attention il a dit que l'AFSAPS était globalement en situation de conflit d'intérêt
structurellement
et culturellement et que les décisions qui étaient prises étaient une sorte une forme de coproduction entre l'industrie pharmaceutique et les experts et malheureusement la petite expérience que j'ai moi non pas je ne vis pas ça de l'intérieur mais de l'extérieur je m'aperçois que ça n'est pas très éloigné de la réalité c'est la raison pour laquelle je pense qu'il faudrait peut-être à l'avenir mettre une séparation plus franche entre l'AFSAPS et ceux qui travaillent et l'industrie pharmaceutique
il faudrait que vous nous disiez comment et bien on va vous
faire des propositions monsieur dans
quelques mois il suffit d
'attendre mais vous
savez
on en a déjà fait des
propositions en 2003 on a fait un
rapport et ces propositions
malheureusement
n'ont pas été suivies des faits alors j'espère que celles qu'on fera le seront pour améliorer la situation
cela
étant dit donc vous avez la possibilité maintenant de faire une intervention liminaire sur le sujet à savoir le médiateur puisque vous avez eu à en connaître de par vos fonctions que vous aviez à l'AFSAPS
et
ensuite madame la rapporteure vous posera des questions c'est comme vous voulez ou bien on passe
directement aux questions c'est comme vous le souhaitez c
'est comme vous voulez je souhaite répondre absolument à toutes les questions que vous me posez dans la mesure où je le peux de façon absolument transparente donc dans
ce cas là
madame la rapporteure vous avez la parole
ce rapport de l'IGAS je voudrais savoir si ce qui a été évoqué tout à l'heure si vous avez eu l'occasion d'avoir une procédure contradictoire avec ce qui a été dit dans le rapport de l'IGAS
oui pas moi personnellement mais le directeur général a écrit pour effectivement dire qu'il y avait un certain nombre de points sur lesquels d'abord parlons du rapport lui-même c'est un travail sur le drame du médiator qui est un véritable drame ce rapport est un est un monument c'est un monument ils ont travaillé je ne sais pas comment ils ont réussi à faire je ne veux pas dire que je supporte tout ce qu'ils disent on aura peut-être l'occasion d'en parler tout à l'heure mais c'est un véritablement c'est un travail analytique extraordinairement conséquent alors il y a effectivement des prises de position je crois je ne les ai pas vues je ne les ai pas vues mais je crois que mon directeur général s'en est ouvert aux membres de l'IGAS mais je crois que c'était essentiellement ça ne portait pas sur du factuel je crois que ça portait surtout sur des interprétations
est
-ce que vous pourriez nous dire quand et comment avez-vous été informé pour la première fois des effets du médiator dans l'exercice de vos compétences
est
-ce que vous avez jamais soupçonné
la
nature anorexigène de ce produit ni fait le rapprochement avec la famille des fenfluoramines
alors
on a eu une explication tout à
l
'heure
intéressante je ne
suis
pas pharmacologue moi je ne
suis
pas pharmacologue donc pour moi ce produit a une analogie structurale avec les fenfluoramines c'est évident c'était du reste ce que disait Silvio Garatini quand il a écrit au CPMP CHMP je vais dire CHMP parce que c'est la même chose il a écrit au CHMP c'est
CHMP
maintenant
oui c'est CHMP maintenant mais à l'époque c'était CPMP c'est pour ça que donc je vais dire CHMP maintenant parce que de toute façon c'est pareil donc quand il a écrit il a dit voilà le mafluorex c'est un hypolipémiant et il a donné une page une photocopie d'une page d'un livre de pharmacologie connu c'est un hypolipémiant et il se trouve qu'il a une analogie structurale avec la fenfluoramine qui est un anorexigène bon
et
donc il voulait savoir effectivement ce que le CPMP le CHMP en pensait et ça c'était en octobre 1998
alors
en novembre 1998
ou
excusez-moi en octobre et la lettre de tête septembre donc en octobre 98 le CHMP a vu la lettre de Garatini et alors qu'on était en plein arbitrage fin fluoramine on a je crois je m'en souviens plus très bien à vrai dire mais je crois parce que j'étais là je crois qu'on a évoqué très rapidement la possibilité d'inclure le bain fluorex dans l'arbitrage fin fluoraminique
mais
on y a renoncé essentiellement pour deux raisons un parce que l'indication n'était pas la même et deux parce que le produit était effectivement présenté comme un nipo-lipébien
et
donc
et
puis la troisième raison qui est une raison importante aussi c'est qu'il y avait peu ou pas de cas de cas
et
donc le président de l'époque et je crois qu'il a été soutenu par son comité le président de l'époque a dit au groupe pharmacovigilance vous allez étayer un peu le dossier parce que c'est ça que ça voulait dire
et
quand le dossier sera étayé éventuellement vous nous le ramenez et on fera on déclenchera ce qu'on appelle un article 12 c'est à dire une saisine officielle du comité
pour
des motifs d'intérêt communautaire
et
parmi
les
définitions de l'intérêt communautaire il y a à la pharmacovigilance
donc
c'est ce que
le
CHMP a dit au groupe pharmacovigilance
et
malheureusement je dirais le CHMP n'a plus revu le dossier
n
'a
plus
revu le dossier
alors
qu'est-ce qui s'est passé
qu
'est-ce qui s'est passé et bien
pour
vous dire ce qui s'est passé alors je ne
sais
pas si vous avez eu les collègues de l'EMA qui sont venus bon il faut que peut-être
on est allé les
voir
vous
êtes allé les voir c'est encore mieux très bien c'est encore mieux donc il faut que je dise quand même très vite que le groupe pharmacovigilance du comité a une fonction
duale la
première fonction c'est lorsqu'il s'occupe des problèmes de pharmacovigilance des procédures centralisées il en réfère formellement au CHMP
et
lorsqu'il s'occupe des problèmes de pharmacovigilance des AMM nationales ce qui est le cas qui nous occupe alors là c'est un forum
c
'est un forum informel c'est un forum où les états membres parlent entre eux des problèmes d'AMM national
et
il y a deux options soit on considère
que
il y a suffisamment de matériel pour saisir le CHMP avec
ces
problèmes d'AMM national et on le fait par le biais de cet article 12 soit on considère qu'il n'y a pas franchement raison de le faire on va demander
à
l'industriel dans tous les pays de modifier son résumé des caractéristiques du produit sa fiche Vidal
et
c'est ce qui s'est fait là c'est ce qui s'est fait il y a eu des discussions au niveau du groupe pharmacovigilance bon il y a eu un rapporteur italien un co-rapporteur français le rapporteur italien conclut en disant il y a deux options soit vous déclenchez l'article 12 soit vous posez la liste de questions soit éventuellement vous faites les deux bon
en
mars 99 si je ne m'abuse le groupe pharmacovigilance ne voit pas de problème de bénéfice risque je dis ça en substance je ne me souviens plus des termes enfin c'est globalement ce qu'il dit donc finalement il n
'est
pas étonnant
que
à la fin de l'année 99
le
groupe pharmacovigilance décide de jouer la carte entre guillemets nationale
c
'est à dire qu'on ne part pas vers une saisine officielle du CHMP mais on va
demander
à Servier
une
liste de questions qui se trouve dans la lettre monsieur le président madame le rapporteur que j'ai signée j'aurais pu ne pas la signer je l'ai signée probablement d'ailleurs pas en tant que membre français du CHMP mais en tant que responsable de l'AFSA parce que c'était devenu un problème national
et
j'ai demandé
à
la firme de nous fournir des données de cinétique
des
données sur l'efficacité clinique sur le métamise d'hydrate de carbone c'est
à
dire la glycémie sur une période de 6 à 12 mois
et
surtout des données éco-cardiographiques
car
effectivement on avait une petite idée derrière la tête
on
avait une petite idée derrière la tête et c'est pour ça qu'on a demandé ça
à
partir de là ce projet a été pris en charge par la pharmacovigilance le rapport de l'IGAS le mentionne bien
il
y
a
eu des lettres entre monsieur Servier
ses
collaborateurs et la pharmacovigilance de l'AFSAPS
Servier
a fait une proposition même deux propositions d'études une
sur
les glycémies et une sur les échocardiographies
et en fin
2000
semble
-t-il enfin semble-t-il c'est en tout cas ce qui s'est passé au niveau du groupe pharmacovigilance il y a eu une réunion entre Servier et le rapporteur italien et le rapporteur français
et
ils se sont mis d'accord sur un protocole lequel protocole a été visé
par
les responsables du DCRPV de Besançon
et
de Lille
qui
si ma mémoire est bonne en septembre 2001
ont
dit que ce protocole qui était une étude et non pas deux études bon c'était devenu une étude mais c'était une étude avec deux critères de jugement un critère de jugement glycémique
auquel
nous
mon
unité nous avions participé en tant que prestataire de service la pharmacovigilance nous avait demandé notre avis on l'a rendu tout allait bien
et
les échocardiographies à trois mois à six mois à neuf mois et à douze
mois donc
le protocole était valide
et
pour une raison que je n'explique pas
cette
étude et notamment l'étude échocardiographique n'a vu le jour que beaucoup beaucoup beaucoup plus tard
et vous n'avez pas d'explication
je n'ai pas d'explication monsieur le président je n'ai pas d'explication je m'en excuse je n'ai pas d'explication j'ai d'ailleurs dit devant la mission de l'Assemblée nationale que
si ce
problème avait été référé
au
niveau du CHMP officiellement
je
ne sais pas si la décision
aurait
été différente mais ce que je sais c'est qu'il y aurait eu
un
agenda avec des délais et que ces délais auraient été respectés la faiblesse que nous avons eue à l'époque c'est de ne pas donner de délais parce que simplement à l'époque on ne donnait pas de délais ce qui maintenant ne serait pas concevable
et
dites moi quand vous donnez des délais et que ces délais ne sont pas respectés vous sanctionnez
oui
au
niveau de
l'Europe monsieur le président oui oui c'est sanctionné vous pouvez nous sanctionner c
'est assez rare oui c'est assez rare
parce que nous avons eu une information totalement contraire lorsque nous sommes déplacés on vous
a
dit que jamais un laboratoire en Europe n'avait été sanctionné
pour de telles raisons
alors
attendez
sanctionner alors attendez qu'est-ce qu'appelle-t-on sanction
maintenant il y a une sanction quand vous
stationnez
laissez-moi laissez-moi terminer vous avez un
procès verbal et vous
payez c'est clair il y a maintenant des
pénalités financières qui existent oui elles existent qui existent alors elles n'ont pas encore été appliquées été appliquées mais
elles existent
mais
elles existent ça nous rassure car avant elles n'existaient pas ça
nous rassure beaucoup mais qu'avant elles n'existaient pas absolument oui
donc il y a des pénalités financières c'est pas
pour autant que la situation a changé et je peux vous dire et je peux vous dire que lorsque un laboratoire est en retard fournit ses données avec leur retard d'abord il vous écrit tout le temps en vous disant pourquoi il est en retard il vous donne des raisons alors ces raisons sont acceptables ou pas si ces
raisons sont pas acceptables on
le fait j'ai remarqué très
très bienveillant très très bienveillant je ne suis pas certain monsieur
le président qu'on soit aussi bienveillant que vous pensez je ne crois pas
ah
bon bah écoutez j'ai entendu aucun laboratoire se plaindre
voilà bien
alors madame la rapporteure
vous
pouvez continuer vous oui
toujours dans le rapport de l'IGAS celui-ci relève la place décisive qui est celle des diverses communautés scientifiques et médicales
dans
la construction des décisions publiques
et
toutes les décisions prises au sein de l'agence sont préparées par des experts
qui
rendent leur avis or dit le rapport je cite de très graves défaillances pour certaines d'entre elles incompréhensibles ont été relevées par ce rapport
comment
expliquez-vous ces failles dans l'expertise scientifique du médiator et puis je voudrais aller plus loin puisque c'est la journée de la femme aujourd'hui
comment
se fait-il que pour l'instant aujourd'hui il y ait une femme qui est payée au sein de la FSABS
qui
a été sanctionnée deux femmes deux femmes qui étaient sanctionnées et un homme
un
homme nous ne savions pas encore
le
directeur général
il a démissionné oui
bien sûr il
a démissionné
les autres ont été démissionnés c
'est
un petit signal que je voulais faire quand même aux femmes le jour de la journée de la femme
et le départ d'Anne et de Carmen sera un gros coup pour la pharmacovigilance européenne je peux vous le dire je peux vous le dire
et
ça ça m'a été dit par mes collègues à Londres
enfin
bon allemand
à
Londres à Londres à Londres
alors
pour répondre à votre question
si
vous effectivement lisez bien le rapport de l'Egas et je suis absolument persuadé que vous l'avez bien lu les défaillances entre guillemets c'est essentiellement dans les années 2003 2000 ou 2000 2009 on va dire ça comme ça
ce
sont des tergiversations un manque de réactivité qu'on voit essentiellement au niveau des comités techniques et nationaux de pharmacovigilance alors je voudrais très clairement dire que je ne considère pas
ici
que la pharmacovigilance responsable et le prêt à elle-même ne l'est pas
je
crois que le système a failli dans son ensemble
pour
autant pour autant
le
manque de réactivité des instances du poste autorisation de mise sur le marché paraît à la lecture du rapport de l'Egas et stigmatisé par le rapport de l'Egas paraît évident et moi en tant que responsable à l'époque jusqu'en 2007 du prêt à elle-même je ne peux pas vous dire beaucoup plus car ce n'était pas mon département et donc je ne participais pas au comité technique et au commission nationale de pharmacovigilance donc je ne peux pas vous dire ce qui s'est passé ceci dit je trouve effectivement curieux
qu
'en 2005 me semble-t-il si ma mémoire est bonne la commission nationale souhaite que une réévaluation du bénéfice-risque du médiator et qu'il ne se passe rien au niveau de la commission d'AMM
et
en 2007 le même souhait prononcé par la commission nationale de pharmacovigilance et la commission d'AMM ne va pas dans ce sens alors comprendre ça je ne participais ni à l'une ni à l'autre je ne comprends pas très bien je ne comprends pas très bien mais mais j'en retire une leçon
c
'est l'intégration
c
'est l'intégration
c
'est le fait qu'il faut se parler
et
que peut-être et que peut-être que ce soit au niveau interne
que
ce soit au niveau de l'Europe par rapport à la France
ou
que ce soit au niveau de la commission nationale de pharmacovigilance et de la commission d'AMM peut-être ne nous sommes pas nous suffisamment parlé
et
donc l'intégration en tant que
telle
avec au besoin même
l
'existence d'une seule commission qui serait une commission du bénéfice-risque me paraît effectivement une solution qu'on pourrait envisager dans le futur
ah
oui vous êtes favorable à l'intégration
de
la commission nationale de pharmacovigilance à la commission elle-même c
'est ça ? je
suis surpris qu'en 2007 écoutez je suis surpris qu'en 2007 il y ait quand même un manque de communication entre les deux commissions qui me surprend c'est tout je ne veux pas en dire plus je ne
veux
surtout pas juger qui que ce soit je n'y étais pas
non
mais c'est pas ce
qu'on vous demande oui tout à fait non mais ça pourrait
être mal interprété
donc je préfère ne rien
dire je préfère ne rien dire mais ceci dit je m'étonne comme s'est étonné effectivement le rapport de l
'IGAP
est-ce que vous estimez que l'étude Frachon a été conduite avec des données sources qui sont exemplaires ou est-ce que vous contestez la méthodologie ce qu'a contesté visiblement l'étude Alperovitch actuellement
je ne peux
pas vous répondre je ne connais pas madame Frachon je ne
l
'ai jamais rencontrée
et je ne connais
pas son étude je sais que son étude a servi de catalyseur de lanceur d'alerte comme on dit
de
lanceur d'alerte il y avait déjà une alerte mais elle a été donc je ne peux pas vous dire ceci dit je crois qu'elle a fait avec les moyens du bord et elle a remarquablement fait alors maintenant ce qui se passe si vous voulez elle a fait ce qu'aurait dû faire l'APSAP c'est ça que vous vouliez dire
elle a fait ce
qu'aurait elle a fait ce qu'aurait dû
faire
l'APSAP plus
tôt oui
plus tôt
et pourquoi elle l'a-t-elle pas fait on en sait rien
elle a fait ce qu'aurait pu faire l'APSAP plus tôt et là encore j'en reviens à cette étude éco-cardiographique qui n'était pas très très difficile à faire et qui nous aurait montré qu'il y avait une différence dans l'incidence d'évalvulopathie entre le groupe médiateur et le groupe placebo
donc l
'étude Frachon et Alperovitch vous ne les avez pas
non vous ne les avez pas lues non si j'ai lu les 64
% de cas inexpliqués dans l'étude
Frachon
mais vous savez moi je suis un médecin modeste j'ai beaucoup de mal souvent à interpréter les études épidémiologiques je suis plutôt en matière de pharmacovigilance je suis plutôt intéressé plus par l'imputabilité c'est à dire les données médicales donc madame Alperovitch madame Hill se sont battus à coup d'études épidémiologiques de croisements de fichiers etc je suis admiratif mais je suis dans l'incapacité de pouvoir juger
c
'est important parce qu'à partir d'un certain nombre de sources effectivement on peut engager des conséquences au niveau de l'imputabilité me semble-t-il
alors
est-ce que vous pensez qu'il est important de développer une expertise qui soit indépendante des laboratoires
alors
je vais vous dire
je
vais vous dire quelque chose que vous avez probablement entendu mille fois mais que je vis quasiment tous les jours à l'Europe
c
'est très difficile d'avoir des experts des experts indépendants qui ne sont pas compétents dans le domaine qui nous intéressent qui
nous intéressent c
'est ce
qu'il a dit Claudier tout à l'heure ils peuvent être
compétents dans des tas d'autres domaines
mais
dans le domaine qui nous intéresse je peux vous dire que c'est pas facile alors j'ai beaucoup de chance
j
'ai beaucoup de chance en tant que président d'un comité qui est un comité de fonctionnaires pour 95 ou 17% des cas sont des fonctionnaires donc ils n'ont pas de conflit d'intérêt et ce sont eux
qui
vont juger du rapport bénéfice-risque de la balance bénéfice-risque de la nouvelle molécule
donc
sur ce plan là j'ai pas trop trop trop de soucis
en
ce qui concerne les experts experts externes européens
alors
là j'ai les mêmes soucis que ceux que vous mentionnez à savoir que ces experts anglais allemands suédois néerlandais français ils ont tous des conflits d'intérêt tous
bon alors
la chance que j'ai
c
'est que j'essaye de les utiliser le moins possible
c
'est à dire que j'essaye de faire le travail le plus en interne possible un petit peu comme le font les américains d'une certaine façon réservant
ce
qu'on appelle les SAG c'est à dire les scientific advisory group c'est à dire les groupes d'experts pour les cas où véritablement
on
a des soucis on a des soucis c'est une molécule qu'on ne connait pas on n'a jamais vu ça on ne
va
pas le demander pour la dixième molécule antihypertensive ou le 25ème anticancéreux mais mais quand on ne connait pas bien on fait appel on fait appel aux experts
et
puis deuxièmement on dit aux experts
attention vous
êtes là
pour
nous aider vous êtes là pour nous conseiller mais s'il y
a
une question qu'on ne vous posera pas
c
'est justement votre avis sur le bénéfice risque car c'est nous
c
'est HMP qui décidons
alors les
choses étant ce qu'elles sont le rôle des experts est quand même assez amoindri par rapport à d'autres pays dont le mien
pour
lesquels l'expertise externe est une tradition
c
'est culturel c'est historique
c
'est historique l'expertise externe
donc
c'est difficile de se passer de quelque chose qui est historique au
niveau de l'Europe
que ça peut être réformé que ça peut évoluer
je le
souhaite beaucoup je le souhaite beaucoup car je vais vous faire une confidence enfin confidence je vais vous faire une confidence quand j'étais dans les années 90-95 je faisais l'apologie du système français c'est à dire du système fondé sur l'expertise externe
vous
étiez dans l'industrie privée non non oui 95 oui 90
-95 oui tout
à fait tout à fait allez 2000 2000 de
90 à 2000
voire même avant allez voire même avant voire même avant voire même avant je faisais l'apologie du système français
et
j'étais pas le seul
je
me souviens avoir entendu Jean-Michel Alexandre faire l'apologie du système français
Marcel
Legrain Marcel Legrain en 78 qui a créé la première commission d'AMM faire l'apologie du système français ce système plein d'experts compétents ayant finalement la notion
de
ce qu'est un problème médical un problème de bénéfice pour le malade c'est magnifique c'est magnifique bon
et
puis j'ai changé d'avis j'ai changé d'avis
parce
que je me suis dit finalement en voyant ce qui se passe à l'Europe
que
finalement l'évaluation interne faite par les évaluateurs internes c
'est
finalement pas si mal que ça surtout pour des médicaments qu'on connaissait dont on connaissait peu ou prou l'indication thérapeutique donc il n
'y
avait pas franchement si je puis dire malheureusement il n
'y
avait pas franchement de grandissime innovation donc peu ou prou cette évaluation interne finalement
ça
se passe pas mal
on
fait pas trop d'erreurs je crois pas
je
crois pas qu'on fasse trop d'erreurs et puis quand on a un gros souci
mais
pas très fréquemment et bien on a nos groupes d'experts et quand on fait appel à nos groupes d'experts alors là commencent nos problèmes
parce
qu'il faut trouver des experts
qui
soient indépendants
et
qui n
'aient
pas de conflit d'intérêt et qui soient compétents dans notre domaine et bien je peux vous dire
que
je vois mes petits camarades qui me disent Eric on a passé deux heures trois heures au téléphone à trouver un gars qui finalement bon et puis finalement on a trouvé et puis pour terminer je vais vous donner une anecdote parce que c'est intéressant
il
y a quelques semaines bon on a reçu deux lettres
j
'ai reçu nominalement deux lettres
d
'ajur
d
'une certaine façon
de
deux industriels
pour
deux molécules n'ayant rien à voir
mais
elles sont arrivées en même temps
la
première c'était pour me dire
votre
SAG
est
peuplée d'incompétents
alors
effectivement bon c'était une molécule de la sclérose en plaques
grande
maladie une
indication difficile c'est le président du CHMP
qui parle du CHMP d'accord
c
'était c'était pas un problème facile bon c'est une maladie qui n
'est
pas très fréquente tous les experts étaient
un
prix si je puis dire donc on a trouvé mais malheureusement pour la firme malheureusement pour la firme il n'était pas suffisamment compétent donc on s'est retrouvé avec un avis négatif
dit
bien malheureusement mais malheureusement pour la firme c'est une boutade bien sûr
on
s'est retrouvé avec un avis négatif
et
puis le même jour une lettre
d
'un laboratoire différent
sur
un médicament différent me disant parmi les membres du SAG que vous avez convoqué il y en a un
dont
je sais qu'il a un conflit d'intérêt
qui
est un conflit négatif c'est pas avec moi c'est avec le compétiteur
alors
je peux vous le dire
et
donc je suis pas content du tout
et
comme je suis pas content je peux vous garantir que ça va pas se terminer là
pour
la première bon j'espère que ça se terminera là pour la deuxième j'en suis pas sûr j'en suis pas sûr déjà la commission européenne a commencé à nous écrire en nous disant rien tel etc qu'en pensez vous bon
je
peux vous dire madame le rapporteur je peux vous dire que c'est pas très facile c'est pas très facile et je veux dire je suis extraordinairement bien placé c'est pas moi qui fais le boulot c'est pas moi qui me tape les dizaines de coups de téléphone à trouver des experts qui soient compétents et indépendants c'est pas moi donc je veux dire
madame le
rapporteur
vous continuez encore
une question puis après je laisserai la parole à mes collègues est-ce que vous pensez que l'état s'est trop désengagé au niveau du financement d'assaps
et
cela est-ce que ça peut peser sur certaines décisions
la
réponse je vais presque vous dire je la connais la question mais je la comprends pas
je
la comprends pas parce que d'abord parce que les deux plus belles agences européennes
que
je connaisse qui sont les plus performantes
l
'agence anglaise et l'agence suédoise sont autofinancées par l'industrie pharmaceutique
donc
alors autofinancées à 97,5% ou 98% et
je peux vous dire c
'est 100%
oui
d'accord ok on
va dire que la différence n'est peut-être pas
significative bon
je
peux vous dire que ils sont vraiment très bons et je le vois tous les jours
bon donc est-ce que
oui ou non le mode de financement joue j'aurais tendance à dire que c'est un impôt c'est un impôt que payent les firmes et qui n'a rigoureusement rien à voir avec la décision qu'on va donner qui n'a rien à voir avec la décision qu'on va donner alors moi je vais vous dire une chose si on me donne plus d'évaluateurs quand j'étais le responsable opérationnel du pré-AMM si on donne plus d'évaluateurs avec un financement qui repart
au
trésor public voire même si on nous fait repartir au ministère de la santé ce que je n'espère pas enfin bon je ne sais pas je veux dire si j'ai plus d'évaluateurs compétents et de bon niveau je ne m'en plaindrai pas quelle que soit l'origine du financement
vous
avez d'autres questions pas d'autres questions monsieur Barbier vous avez la parole
oui
dans la chronologie que nous avez déroulé 98 donc suspicion etc demande d'études au laboratoire Servier en octobre 2002 le laboratoire a demandé une réétude de sa fiche de prescription la FAPS a réexaminé à ce moment là le dossier vous ne l'avez pas évoqué vous êtes passé à 2005 après et à ce moment là ça n
'a
pas été l'occasion de leur dire attendez 2002 vous redemandez une réévaluation de votre
de
l'AMM on ne leur a pas rappelé qu'ils avaient une étude à fournir quatre ans ou trois ans après puisque l'étude a été commandée en fin 99 je crois quelque chose comme ça
il
y a un trou quand même monsieur je vous ai j'ai dit
que
le suivi
du projet si je puis dire Mediator on va l'appeler comme ça avait été décidé comme c'est de coutume pour un problème de pharmacovigilance c'était suivi par la pharmacovigilance donc en termes d'efficience je ne vois pas pourquoi le prêt AMM aurait doublé la pharmacovigilance
je crois
qu'on n'avait pas on n'avait pas matière à le faire on n'avait pas matière à le faire
alors
pour autant si effectivement vous regardez ma lettre qui se trouve dans le rapport de l'Iglace il mentionne effectivement qu'il faudrait inclure dans la fiche vidale
un
certain nombre
des
faits secondaires
de
mémoire neurologique allergique et cardiovasculaire peut -être oui mais ça jamais jamais ça qui
est extraordinaire ça n'a
jamais figuré dans
les fiches est-ce que je
peux terminer est-ce
que vous m
'autorisez à terminer écoutez je réfléchis mais oui oui mais après réflexion allez-y si vous voulez dans notre système qu'on pourra peut-être revoir
ce
qu'on appelle les demandes de modification d'information ou dmi sont gérées par le poste AMM avec
les
centres régionaux de pharmacovigilance
et
après et après et après le résultat
de
leur discussion
dans
le détail duquel je ne rentrerai pas parce que je ne les connais pas est passé en commission d'AMM pour finalisation
le
problème c'est que lorsque on est sur des modifications somme toute relativement mineures relativement mineures parce que c'était quand même pas les effets allergiques du médiator qui étaient les plus
importants
il n'y a pas si vous voulez de passage en commission plénière
mais
il y a
oui
il y avait maintenant je ne suis plus dans le coup mais de mon temps si je puis dire je m'excuse je parle de mon temps il y avait de
mon
temps c'était dans les années 2000 jusqu'en 2007 puisque dans les années 2000 il y avait un groupe de travail qui s'appelait le groupe d'évaluation interne qui passait toutes les petites entre guillemets
toutes
les petites modifications de résumé des caractéristiques du produit dont notamment les fameuses DMI demandes de modification d'information qui étaient traitées par la pharmacovigilance le président de la commission d'AMM de l'époque le professeur Charles Collin présidait ces GEI ces groupes d'évaluation interne et lorsqu'il est parti c'est moi qui les ai présidé parce que personne ne souhaitait les présider et notamment le successeur de Charles Collin Daniel Vitcock qui était à Paul Bruce n'avait pas très envie qui est toujours en place ne souhaitait pas revenir à l'AFSAPS traverser Paris pour faire du GEI enfin bon je crois qu'on lui achète d'ailleurs jamais demandé donc j'ai pris le taureau par les cornes si je puis dire alors
je
terminerai juste en
disant
qu'en 2003 lorsque parce que j'ai pas terminé en 2003 lorsque la commission le groupe pharmacovigilance a été amené par le biais d'un infofax à connaître la suspension d'autorisation de mise sur le marché à l'initiative de la firme mais pour une valvulopathie
mais
à l'initiative de la firme mais pour une valvulopathie en Espagne
ah
c'est faux
ah
c'est pas ce que nous dit la firme ah bon ah non la firme ça a absolument rien à voir c'est l'article
c'est
pas
en raison de la
valvulopathie c'est pour des raisons uniquement commerciales non
mais
j'apporte c
'est la
version de la firme
alors
effectivement voilà je
viens de l'apprendre nous devons l
'apprendre alors moi je vais vous dire je vais vous dire la valvulopathie a facilité les raisons commerciales
selon
toute probabilité bon donc oui il y a eu si vous voulez il y a eu récemment d'ailleurs la même chose c'est public donc je peux le dire il y a eu le CITAC Saintan le TELIN des laboratoires Pfizer
a
été suspendu par le laboratoire lui-même pour deux cas d'hépatite grave
bon dans
une classe pharmacologique qui connaît l'hépatite
qui
en a déjà vu
bon
ce médicament a été suspendu donc c'est un médicament de procédure centralisée donc automatiquement bien évidemment on a fait un rapport d'évaluation on a regardé etc
bon on
a vu qu'il n
'y
avait pas de loup derrière cette affaire là je
peux
penser je n'en aurais jamais la certitude mais je peux penser
que
si ce médicament avait eu un marché gigantesque
je ne suis
pas absolument certain que
la
firme ne se serait pas battue
pour
le conserver
c
'est globalement comme ça que ça fonctionne c'est globalement comme ça que ça fonctionne alors maintenant pour ce qui s'est passé pour servir je ne sais pas je ne
vais
pas discuter mais avec eux
mais ce
que je sais c'est que
la
firme a retiré le produit
en
Espagne à la suite d'une publication
d
'une valvulopathie espagnole
et
on peut regretter chronologiquement et on peut regretter alors ceci a été suivi après par une suspension par la firme en Italie en Italie
et
donc on peut regretter effectivement
à
ce moment là que le fameux article 12 n'ait pas été déclenché il aurait pu l'être il aurait pu l'être
et
pour en terminer je vais même vous dire une chose après 2005 après 2005 il aurait été déclenché de façon automatique
mais alors le signe n'a
pas été déclenché qui en est responsable qui est responsable de ce non déclenchement de l'article 12 écoutez
est-ce que ce n'est pas la France par hasard
on va dire que ce sont les états membres
monsieur le président
les états membres qui étaient concernés
surtout ceux
qui n'étaient pas concernés les états membres qui étaient concernés monsieur le président les états membres qui étaient concernés
on fait preuve
de peu de réactivité
la
France et l'Italie
c'est
quand même ceux qui ont fait preuve de plus de réactivité
l
'Espagne aurait pu déclencher
oui mais elle a été on l'a moins vue sur ce dossier
mais je connais bien Dolores Montero qui est une faracovigionte de haut vol
qui
est la responsable de la faracovigionte espagnole elle aurait pu déclencher un article 12 elle ne l'a pas fait la France ne l'a pas fait l'Italie ne l'a pas
fait bon voilà
madame Blondin
merci
j'aurais voulu revenir sur l'expertise mais sur des détails non pas sur les individus mais sur les méthodes quel est le rythme d'actualisation des déclarations d'intérêt est-ce que c'est à jour régulièrement les avis sont-ils pris par consensus ou par vote
est
-ce que les avis divergents sont consignés et ou publics et est-ce que les experts étant repérés comme ayant un lien d'intérêt suspect entre guillemets pour la faire en débat sortent
au
moment de la délibération
alors
attendez comme j'ai pas une très bonne mémoire la première question c'était la
deuxième question c'est le vote l
'actualisation des
déclarations d'intérêt
alors écoutez moi je signe une déclaration d'intérêt à l'EMA tous les ans me semble-t-il comme j'ai pas d'intérêt
ça va très
vite
qui
vérifie que c'est bien fait pour tout le monde
je peux vous dire que le cerbère de l'EMA me poursuit je pense qu'il me poursuit moi il doit poursuivre les autres de la même façon de la même façon ah oui oui oui le cerbère quand je dis le cerbère je
mais
c'est un
cerbère qui
me poursuit
qui me poursuit
c'est un cerbère qui devrait quand même améliorer bah écoutez voilà donc donc donc c'est donc c'est donc c'est tous les ans mais je vous dis là encore madame Blandin là encore moi je participe au comité puisque je préside le comité le comité il n'y a pas de conflit d'intérêt puisque ce sont des fonctionnaires donc si vous voulez ça doit se passer extraordinairement rapidement je ne
sais
pas il n
'y a
pas d'experts externes si vous voulez qui ont des raisons d'avoir des conflits bon donc
écoutez
alors là je suis étonné parce que on s'est aperçu tout à fait par hasard en recevant le professeur Lechac vous connaissez exactement qu'il avait fait une déclaration qui était inexacte et personne ne lui en a jamais fait le reproche imaginez-vous qu'il a oublié de déclarer ses liens d'intérêt avec Sanofi Aventis au moment où il a été nommé co-rapporteur d'une mission qui était chargée d'analyser les raisons de la crise des éparines survenue en 2008 éparines c'est l'Ovenox et là il y a oui et qu'est-ce que vous n'écoutez
pas au courant très franchement vous ne le savez pas vous ne connaissez pas
Philippe Lechat est un
jeune
expert interne si je puis dire puisqu'il est arrivé en 2007 est-ce que par hasard il n'aurait pas oublié quelque chose est-ce que par hasard il n'aurait pas eu de différence entre sa déclaration et la déclaration de
l
'absence
pas
du tout il reconnaît qu'il ne l'a pas inscrit et il ne l'a pas inscrit uniquement parce qu'il estimait il estimait que ce n'était pas le laboratoire Sanofi Aventis qu'il finançait mais la société française de cardiologie vous connaissez les moyens financiers dont dispose cette société les moyens qui sont immenses donc il est évident que cette société peut se passer des services de Sanofi Aventis pour financer l'étude considérée
autant pour moi autant pour moi c'est
pour vous dire que votre cerbère il faut encore qu
'il
fasse des progrès
et ce n'est pas vraiment un cerbère c'est à dire non attendez je crois qu'il faut vous changer de non
quand je dis mon cerbère je dis qu'elle récupère les conflits d'intérêt je ne dis pas qu'elle va interroger tous les experts il
n
'y a pas de contrôle enfin tous les experts il n'y
a
pas de contrôle le contrôle non
il n'y a pas de contrôle il n'y a pas de solution c'est un système à l'anglo-saxonne monsieur le président c'est un système à l'anglo-saxonne
on vous croit sur parole on vous croit sur parole on ne
va
pas contrôler que vos déclarations sont justes
à
ma connaissance en tout cas ce
qu'on
contrôle c'est que vous les donnez bien et que vous les donnez maintenant on ne va pas contrôler si vous avez tiqué la bonne boîte ou la bonne case non ça je ne crois pas en tout cas pour moi on ne l'a pas contrôlé donc je ne peux pas vous dire de plus
donc ça c'était la première réponse à votre question
la
deuxième
réponse à votre question c'est le problème du vote
alors
environ dans 67 cas sur 10
nous
arrivons à un consensus
nous
arrivons à un consensus et environ dans 3 cas sur 10 peut-être 2,5 25% des cas nous votons
nous
votons
il
y a
appendu à
l'opinion
ce
qu'on appelle
les
divergences
avec le
nom des divergents
alors
quand c'est négatif les divergents positifs
quand
c'est positif les divergents négatifs
avec
un petit une page une demi page
on
ne
va
pas dire rapport d'évaluation mais une petite évaluation écrite par un de ces divergents
au
nom des autres
qui
explique pourquoi ils sont divergents
par
rapport à l'opinion majoritaire
et
donc ceci est visé
par
nous même
le
dernier jour du comité chaque divergent signe pour que les choses soient parfaitement claires
et
c'est je crois officiel je crois que c'est officiel alors ça ne figure pas ça ne figure pas peut-être dans ce que nous appelons les parts c'est-à-dire le European Public Assessment Report c'est-à
-dire
le rapport public d'évaluation qui se trouve
trois
mois après l'opinion du CHMP sur le net sur le site de l'EMA
les
noms les noms des gens ne figurent pas mais lorsqu'il y
a
des divergences me semble-t-il
c
'est mentionné en conclusion
très
bien
monsieur Barbier non monsieur Barbier madame la rapporteure
simplement sur l'article 12 est-ce que vous pouvez me dire si vous avez eu des alertes depuis 2005
si
oui sur quel genre de médicaments par exemple j'entête
j
'entête le RU486 dont on sait qu'il y
a
eu un cas de décès
peu
on en parlait pourtant la personne à qui c'est arrivé vous devez le savoir a conduit elle-même des études
puisqu
'elle est médecin enfin sa fille c
'est la fille oui du tout à fait
d
'accord
tout
à fait
donc il a été largement interpellé donc moi je voulais savoir s'il y a eu des alertes depuis 2005 sur quel genre de médicaments et s'il y
a
des alertes qui sont tu parce que parce qu'il vaut mieux les tailles les tailles oui
voilà
des
alertes qui sont tu je ne peux pas l'imaginer parce que toute alerte doit faire l'objet à cause de l'article 107 d'une saisine du CHMP
donc
je ne peut être qu'au courant
sinon
non donc il ne peut pas y avoir d'alerte
et
je dis bien depuis 2005 depuis 2005 avant 2005 il n'y avait simplement que l'obligation d'informer
depuis
2005 depuis 2005 c'est un arbitrage systématique donc les choses sont différentes
donc
la réglementation a évolué
alors
maintenant des articles 31 oui il y en a eu
il
y en a eu j'en ai deux en tête
le
nimesulide
qui
est un médicament que vous connaissez bien dont le CHMP
s
'est emparé depuis longtemps trop longtemps peut-être
et
qui donnera son opinion au mois de mai
de
cette année
d
'accord
mai le
nimesulide
ou
nexène
pour
nous
oui
oui nexène anti-inflammatoire non
stéroïdien
anti-inflammatoire non stéroïdien
il
y a eu également le trasilol
trasilol
oui
l
'acide tranexamique
dans
les saignements post-opératoires cardiovasculaires essentiellement
qui
a fait l'objet d'un article 31
il
y a eu
qui
était un article 31 difficile les antidépresseurs
et
en particulier
les
antidépresseurs et l'utilisation chez l'enfant
qui
ont donné lieu un article 31 très difficile
parce
que très sensible
très
sensible moi je me souviens des articles 31 sensibles vous savez les choses qui sont bon
celle
-là était un article 31 sensible il y a eu un article 31 un peu folklorique dont je ne parlerai pas parce qu'il est revenu sur notre table donc il est en cours d'évaluation donc j'en parlerai pas il y a des articles 31 si vous voulez l'article 31 d'ailleurs je m'excuse je ne l'ai pas dit et l'article 12
l
'article 12 et l'article 31 c'est la même chose sauf que l'article 12
venait
de la directive 75-79 avant 2005
et
après 2005 ça a
été
la directive 2001-83
qui
est devenu l'article 31 mais il n
'y a
pas eu de modification le 12 et
31 alors qui est devenu l
'article 12 alors c'est autre chose
c
'est autre chose c'est autre chose c'est autre chose c'est autre chose je
ne sais pas exactement ce que c'est mais c'est autre chose c'est autre chose voilà
donc donc il y a eu assez souvent l'article l'article 12 ou 31 est un article qui est souvent difficile parce qu'il touche plusieurs firmes
il
touche plusieurs firmes et comme l'article 12 du temps des finfluramines qui touchaient à la qu'une firme mais les anorexigènes ça a été plusieurs firmes
les
anorexigènes amphétaminiques je m'excuse ça a été plusieurs firmes donc plusieurs firmes imposent plusieurs rapports d'évaluation imposent surtout plusieurs explications orales
nous
considérons que lorsqu'un avis va devenir négatif une firme a le droit d'être entendue avant la vie finale
qui
peut être d'ailleurs négatif
bien
sûr
donc
plusieurs industriels égale plusieurs
avis
scientifiques or l'article 12 de l'article 31 peut dans certains cas impliquer plusieurs industriels parce qu'impliquant plusieurs médicaments d'une même classe
qui
ont la même molécule
bien
et bien si plus personne ne me posez de questions nous allons vous libérer monsieur le professeur en vous remerciant
vous
venez de suivre les travaux de la mission du sénat sur le médiator si vous souhaitez revoir ces auditions notre site internet publicsénat.fr prochain rendez-vous avec l'actualité parlementaire cet après-midi 16h30 très bonne journée à tous
10h30
Claude Huriet