Violette Spillebout - L'interview politique du 08/09/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Violette Spillebout, vous êtes députée Renaissance du Nord depuis 2022 et porte-parole du candidat à la présidentielle Gabriel Attal.
- 0:27OuverteRéponse directe
On va parler de la campagne présidentielle en France, mais d'abord un mot sur ce qui s'est passé en Allemagne avec la victoire dimanche de l'AFD.
- 1:31RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est annonciateur de ce qui pourrait se passer en France ?
- 2:41OuverteRéponse directe
On va rentrer dans le détail de ce qui se passe avec la compétition au centre et à droite et au centre-droite.
- 2:59RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est un héritier du macronisme qui peut offrir ce changement de paradigme ?
- 4:25RelanceRéponse directe
Les Français aiment l'alternance, après dix ans de macronisme, comment espérer que ses héritiers soient élus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueFait
« 'est un choc en Allemagne. C'est un signal d'alarme extrêmement grave pour la France comme pour l'Europe, finalement. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Parce qu'on le voit, la France comme l'Allemagne, c'est des systèmes qui sont aujourd'hui à bout de souffle sur le plan politique, démocratique, économique, social. »
- 1:03Invité politiqueFait
« On est dans un monde qui change, qui fait face au protectionnisme des États-Unis, à la guerre commerciale de la Chine, à la guerre sécuritaire de la Russie. »
- 1:22Invité politiquePromesse
« Il faut pouvoir porter un projet de changement, d'espoir, où la France redevienne la première puissance d'Europe. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Il y a des choses qui ont été réussies en France ces dix dernières années. Et aussi, il y a des échecs, des échecs sur la politique de l'immigration, sur les inégalités, la réduction des inégalités et la pauvreté. »
- 2:20Invité politiqueFait
« Il faut être capable de proposer un changement de paradigme complet, un nouveau système, que ce soit institutionnel. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Gabriel Attal, il a été premier ministre six mois. Moi, j'aurais bien aimé qu'il soit premier ministre plus longtemps. »
- 3:38Invité politiqueFait
« Quand on voit ce qu'il a fait, rien que sur l'éducation, avec des mesures très fortes, comme l'interdiction de l'ABAIA à l'école, le respect de la loi 2004. »
- 3:50Invité politiqueFait
« eh bien aujourd'hui, c'est une mesure qui est encore respectée. »
- 4:10Invité politiqueFait
« les Français, que ce soit les agriculteurs, avec toutes les normes qui s'imposent à eux, contradictoires, que ce soit les artisans, les commerçants, les chefs d'entreprise, ils en ont marre d'une administration qui, finalement, les empêche d'évoluer et de respirer. »
- 4:57Invité politiquePromesse
« si on veut que la France redevienne la première puissance d'Europe, il faut s'en donner les moyens et travailler les quatre chantiers principaux que nous avons identifiés : l'école, les salaires, les frontières, l'intelligence artificielle. »
- 5:38Invité politiqueFait
« Le barrage à l'extrême droite, le barrage à l'extrême gauche, ça ne fonctionne plus. »
- 5:58Invité politiqueFait
« on peut être d'accord sur le fait qu'il faut un seul candidat, surtout si l'extrême droite et l'extrême gauche continuent dans la dynamique qui est entamée aujourd'hui. »
- 7:15Invité politiqueFait
« ce qui se dégage surtout, c'est que la dynamique, elle est du côté des extrêmes, de l'extrême droite, de l'extrême gauche, et qu'au sein du bloc central, il n'y a pas aujourd'hui de dynamique qui permette d'arriver au deuxième tour. »
- 10:35Invité politiqueFait
« on est nombreux au sein de mon groupe à avoir combattu depuis le 7 octobre toute la banalisation de ce terrible fait historique qui a marqué le monde. »
- 11:00Invité politiqueFait
« Je parle en particulier de certains responsables de la France insoumise qui s'amusent avec ces concepts et qui, à ce titre, continuent de perpétrer quelque chose qui est extrêmement grave dans notre pays. »
Temps de parole
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- Présentateur31 %
- ?2 %
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Bonjour
Violette Spilbout, vous êtes députée Renaissance du Nord depuis 2022 et depuis quelques jours, porte-parole du candidat à la présidentielle, Gabriel Attal, le président de votre parti.
On
va bien sûr parler de la campagne présidentielle en France, mais d'abord un mot sur ce qui s'est passé en Allemagne avec la victoire dimanche de l'AFD, le parti d'extrême droite radical en Sachsen-Anhalt. C'est une région de l'Est de l'Allemagne, 44%. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la chute du régime nazi, l'extrême droite peut s'emparer d'un gouvernement régional. C'est un choc en France, non
? C
'est un choc en Allemagne. C'est un signal d'alarme extrêmement grave pour la France comme pour l'Europe, finalement. Parce qu'on le voit, la France comme l'Allemagne, c'est des systèmes qui sont aujourd'hui à bout de souffle sur le plan politique, démocratique, économique, social. On est dans un monde qui change, qui fait face au protectionnisme des États-Unis, à la guerre commerciale de la Chine, à la guerre sécuritaire de la Russie. Et face à cela, on a des peuples qui se tournent vers les extrêmes. Donc c'est un message important aussi pour nous. Il faut pouvoir porter un projet de changement, d'espoir, où la France redevienne la première puissance d'Europe.
Et c'est le projet que je porte avec Gabriel Attal.
Alors est-ce que c'est annonciateur de ce qui pourrait se passer en France ? Je rappelle que Frédéric Schmerz, le chancelier allemand, avait promis en 2018, s'il arrivait au pouvoir, de réduire les scores de l'extrême droite par deux. Ça rappelle quelque chose parce qu'Emmanuel Macron avait lui aussi fait une promesse du même type. Et en réalité, c'était un échec. On n'en est pas du tout là.
Il
faut savoir regarder la situation en face avec lucidité, avec sincérité. Il y
a
des choses qui ont été réussies en France ces dix dernières années. Et aussi, il y a des échecs, des échecs sur la politique de l'immigration, sur les inégalités, la réduction des inégalités et la pauvreté. Et donc, face à cela, il faut se dire, les petites mesures, les ajustements de paramètres, l'enchaînement des réformes ne suffisent pas. Il faut être capable de proposer un changement de paradigme complet, un nouveau système, que ce soit institutionnel. Quand on voit qu'on a un système institutionnel qui date de 1958, mais aussi le système des retraites, mais aussi le système économique, il faut avoir vraiment une ambition de changement profond.
C'est ce que demandent les Français à travers des votes, finalement, de retournement.
Alors, justement, on va rentrer dans le détail de ce qui se passe avec la compétition au centre et à droite et au centre-droite. Mais pour rebondir sur ce que vous dites, est-ce que, justement, un grand changement de paradigme, est-ce que c'est quelqu'un qui a été le premier ministre d'Emmanuel Macron, je pense à Gabriel Attal, Édouard Philippe, ou le fonds
ministre
de l'Intérieur, Bruno Retailleau, après dix ans de pouvoir macroniste ? Est-ce que c'est un héritier du macronisme qui peut offrir ce changement de paradigme et ce virage en termes de politique publique
?
Déjà, je pense qu'on ne peut pas mettre les trois personnalités que vous venez de citer dans le même panier. Gabriel Attal, il a été premier ministre six mois. Moi, j'aurais bien aimé qu'il soit premier ministre plus longtemps, parce que quand
on voit ce qu'il a
fait... Voilà, il y
a
eu la dissolution de 2024. Vous savez ce qu'il en a pensé,
nous aussi, en
tant que députés, voilà. Et Gabriel Attal, s'il avait été premier ministre deux ans ou trois ans, je crois qu'il aurait profondément transformé la France. Quand on voit ce qu'il a fait, rien que sur l'éducation, avec des mesures très fortes, comme l'interdiction de l'ABAIA à l'école, le respect de la loi 2004, de l'interdiction de porter des signes religieux à l'école, eh bien aujourd'hui, c'est une mesure qui est encore respectée.
Et
donc, quand on a la force d'agir, quand on travaille avec des administrations qui vont dans le même sens que le politique, on est capable de changer les choses. Et je crois que c'est ça aussi dont on a besoin. C'est d'une équipe politique autour d'un candidat et d'un président de la République qui se fasse respecter dans les administrations, parce que les Français, que ce soit les agriculteurs, avec toutes les normes qui s'imposent à eux, contradictoires, que ce soit les artisans, les commerçants, les chefs d'entreprise, ils en ont marre d'une administration qui, finalement, les empêche d'évoluer et de respirer.
Mais encore une fois, les Français, on le sait, c'est un peuple qui aime l'alternance, qui pratique, qui a toujours pratiqué l'alternance. Après dix ans de macronisme, comment espérer que, encore une fois, un de ses héritiers, même s'ils ont pris tous deux leur distance, je pense à Édouard Philippe et à Gabriel Attal, même s'ils ont exprimé des désaccords et des prises de positions qui sont parfois éloignées de celles d'Emmanuel Macron, comment est-ce qu'ils pourraient espérer être élus dans un contexte d'alternance un peu systématique ?
Je crois qu'il faut absolument s'attacher aux fonds et aux propositions. Parce qu'en réalité, si on veut que la France redevienne la première puissance d'Europe, il faut s'en donner les moyens et travailler les quatre chantiers principaux que nous avons identifiés. L'école, les salaires, les frontières, l'intelligence artificielle, ce sont les conditions de réussite pour la France. Et il faut avoir un projet des propositions et ne pas avoir peur du débat. Il faut avoir un débat d'idées pendant les mois qui viennent. On est tout début septembre, on a plusieurs mois devant nous avant l'élection présidentielle.
Il faut que les Français puissent donner leur avis, puissent réagir et que ces propositions redonnent espoir au peuple français. Et je crois que c'est que comme ça qu'on pourra combattre les extrêmes, pas en faisant barrage. Le barrage à l'extrême droite, le barrage à l'extrême gauche, ça ne fonctionne plus.
Alors, vous avez raison de dire que ce sont des mois de débat, mais beaucoup s'inquiètent sur le fait qu'il y
ait
ces trois candidats, Gabriel Attal et Edouard-Philippe Bruno Retailleau, sur cet espace du centre-droit. Parce que si tous les trois sont toujours candidats à l'arrivée, il n'y
en
aura aucun au second tour, et c'est la certitude d'un second tour Le Pen-Mélenchon.
On
peut être d'accord sur le fait qu'il faut un seul candidat, surtout si l'extrême droite et l'extrême gauche continuent dans la dynamique qui est entamée aujourd'hui, pour pouvoir avoir une France qui ne bascule pas. Mais aujourd'hui, on est début septembre, je le disais, c'est le temps du débat. C'est le temps des propositions, des idées. Nous avons, bien sûr, des différences avec certains autres candidats, notamment Edouard-Philippe, sur le sujet des retraites, sur le sujet de l'économie, mais aussi beaucoup de points de convergence. Et le moment de ce débat, il ne faut pas le voler aux Français.
Moi, je vois que dès la rentrée, il y a déjà une semaine, dix jours, les Français s'intéressent beaucoup. J'ai accompagné Gabriel Attal au débat de la REF, le débat des
chefs d
'entreprise, du MEDEF. Le premier débat présidentiel, il a été suivi par plus d'un million de Français, un jeudi après-midi à 17h. Ça montre que les Français s'intéressent à l'avenir de leur pays, à leur quotidien aussi. Et donc, ce débat, il est nécessaire. Il faut avoir chaque chose en son temps.
Alors, il ne
faut
pas forcément croire les sondages, qui ne sont qu'une photographie, pardon, à l'instant T, je le rappelle. Mais Gabriel Attal, il est quand même assez largement devancé, toujours, par Edouard-Philippe. Pour l'instant, est-ce qu'il peut encore remonter la pente, d'après vous ?
Ce qui se dégage surtout, c'est que la dynamique, elle est du côté des extrêmes, de l'extrême droite, de l'extrême gauche, et qu'au sein du bloc central, il n'y a pas aujourd'hui de dynamique qui permette d'arriver au deuxième tour. C'est ça le constat général des sondages depuis quelques semaines, quelques mois. Mais il faut aussi retenir les leçons de l'histoire de l'élection présidentielle. Les favoris de l'été ou de l'automne précédent ne sont pas les gagnants du printemps qui suivent. C
'est vrai. Sarkozy étant
l'exception qui confirme
la règle en 2017. Voilà, mais sinon,
si on pense à 2017, si on pense à 2002, on voit que l'élection présidentielle, c'est un long chemin qui doit passer par le débat d'idées avant tout.
Alors, vous avez été très engagé sur le sujet des VSS, des violences sexistes et sexuelles. Vous avez porté avec le député insoumis Paul Vannier une proposition de loi contre les violences en milieu scolaire, adoptée à l'unanimité à l'été.
Vous
aviez refusé votre confiance. Vous aviez été la seule députée de votre groupe qui avait refusé d'accorder la confiance à François Bayrou parce que vous étiez choqué par ce qui s'était passé et sa position par rapport à l'affaire Bétarame. Et là, le sujet est revenu avec la tragique affaire Liana. Hier, grande manifestation dans toute la France, de toutes les associations impliquées. Vous y étiez à Paris. Et puis, une loi intégrale arrive. Je crois que les auditions commencent cette semaine pour un examen du texte le 1er octobre. C'est le premier texte qui sera examiné à la rentrée parlementaire. On a envie de dire « enfin
».
Enfin. Et aussi,
ce
sera le moment d'un débat transpartisan autour de ce qui est
peut
-être le plus important dans le projet de société, la protection
des
enfants, la protection des femmes, le combat pour l'égalité hommes-femmes.
C
'est un sujet, bien sûr, qui me tient forcément à cœur. Vous l'avez rappelé avec mon engagement sur la protection des enfants à l'école et la protection de l'enfance plus généralement. Et c'est un sujet de conviction, de sincérité. On ne peut pas s'engager dans cette lutte si on fait de la politique politicienne. Et hier, à cette manifestation, place Vendôme, nous étions réunis avec des députés de tous bords, avec des maires, avec les associations, la société civile, qui était extrêmement présente de toutes les origines, de tous les combats, que ce soit MeToo École, SOS Périscolaire, les associations féministes, enfantistes. C'est un sujet qui rassemble.
Et donc, moi, je trouve que c'est un bon signe à un moment où on dit que les débats se déchirent à l'Assemblée nationale. Finalement, quand on regarde le mois de juin avec ma loi sur les violences scolaires, avec la loi sur la protection de l'enfance... Tu
veux dire qu'il y aura un consensus sur ce débat ? Et ce
début octobre, je pense qu'on arrivera à un consensus, au moins à l'Assemblée nationale. Et il faudra surtout que le Sénat, sur l'ensemble de ses lois, soit très réactif dès la réouverture des travaux, pour qu'elles deviennent effectives pour les gens. Parce qu'un projet de société qui accorde plus de place à la parole de l'enfant et de la femme, c'est quelque chose qui est essentiel et qui ne peut pas attendre l'élection présidentielle.
Alors, il
y a
un autre sujet qui travaille la société, qui travaille, bien sûr, nos auditeurs. C'est la question de
l
'explosion de l'antisémitisme. Est-ce que vous estimez que certains partis, extrême droite, extrême gauche, ont une responsabilité dans cette situation, et notamment depuis le 7 octobre
? Bien,
vous le savez, on est nombreux au sein de mon groupe à avoir combattu depuis le 7 octobre toute la banalisation de ce terrible fait historique qui a marqué le monde. Et nous sommes aussi nombreux à nous être engagés à l'Assemblée nationale pour faire voter des lois qui mettent fin à toute la complaisance avec l'antisémitisme. Je parle en particulier de certains responsables de la France insoumise qui s'amusent avec ces concepts et qui, à ce titre, continuent de perpétrer quelque chose qui est extrêmement grave dans notre pays.
Je crois qu'aussi dans l'école, qui est le sanctuaire de notre République, qui est le lieu où on apprend le vivre ensemble, il faut aussi une tolérance zéro sur toutes les incitations à la haine, les débordements, les entorses à la laïcité. Toutes ces questions-là, l'attachement aux valeurs républicaines, c'est quelque chose que je porte de façon chevillée au corps. Et je crois qu'il faut continuer parce que c'est un combat qui ne s'arrête pas. Les faits d'antisémitisme continuent d'augmenter. Moi, je vis dans une ville à Lille ou que ce soit à l'université ou parfois dans des manifestations, on voit des propos qui sont intolérables.
Et à chaque fois, il faut les dénoncer, il faut porter plainte, il ne faut pas lâcher ce combat.
Et il y a une loi qui est actuellement, enfin qui a été présentée par la ministre de la lutte contre les discriminations, Aurore Berger, qui sera examinée dans les prochaines semaines également à l'Assemblée.
Voilà, on a un calendrier parlementaire chargé. Pour tous ceux qui diraient qu'on ne fait que campagne, eh bien non, on sera aussi à l'Assemblée nationale pour travailler les vrais sujets de la société.
Donc les députés votent encore pour quelques mois,
jusqu
'au bout. Merci beaucoup Violette Spilboot d'avoir répondu aux questions de Radio-J. Et à bientôt.
Merci à vous. Merci David. On se retrouve demain à 7h45. Votre invité sera David Assouline, ancien sénateur PS de Paris.
Violette Spillebout