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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 octobre 2023 26 min

Guerre entre Israël et le Hamas, antisémitisme... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Philippe Tanguy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame. Bonjour. Emmanuel Macron a décidé de réunir tout à l'heure à l'Élysée tous les chefs de partis politiques représentés au Parlement pour évoquer la situation au Proche-Orient. Votre patron Jordan Bardella y sera. Est-ce qu'il faut une unité nationale face à ce qui se passe ?

0:19
Jean-Philippe Tanguy

Une unité nationale c'est compliqué puisque un certain nombre de partis politiques, en particulier les Insoumis mais hélas pas seulement, ont pris des positions qui rendent cette unité impossible. Des positions incompréhensibles, inhumaines, qui sortent totalement du champ de l'acceptable. Par contre, est-ce que oui, on est prêt à s'entendre sur des mesures pour protéger les Français, des mesures qui renouent avec une diplomatie française traditionnelle, défendant une vision humaniste de la situation au Proche-Orient, garantissant le droit du peuple israélien à se défendre ? Oui, là on est prêt évidemment à contribuer, à travailler, à faire des propositions comme nous l'avons toujours fait.

1:00
Présentateur

Ça veut dire qu'à vos yeux, le gouvernement s'est éloigné des positions traditionnelles de la France ?

1:04
Jean-Philippe Tanguy

Oui, depuis la fin du mandat de Jacques Chirac, la politique suivie par M. Sarkozy, M. Hollande et M. Macron s'est éloigné des positions traditionnelles de la France pour s'aligner de manière beaucoup plus claire sur les positions américaines, sur les positions notamment par la réintégration à l'OTAN, qui a symbolisé cet alignement. Dites-nous précisément à quoi vous pensez. La diplomatie française avant avait des liens avec Israël d'une part, avec ce qui constituait à l'époque, même si les choses sont bien différentes, l'autorité palestinienne légitime, des relations bien différentes, des relations indépendantes.

1:41
Présentateur

Vous pensez qu'on penche plus d'un côté, celui d'Israël ?

1:43
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais je pense qu'en fait la France n'a plus de voix particulière ni auprès d'Israël, ni auprès des autorités palestiniennes légitimes, pacifiques, et que donc la voix de la France dans cette région a totalement ou presque disparu malheureusement, alors qu'on jouait un vrai rôle, de par notre histoire, dans cette région, qui permettait de faire avancer une solution pacifique au conflit et aussi d'avoir un niveau de renseignement différent. Je pense qu'aujourd'hui, malheureusement, nous l'avons perdu.

2:11
Présentateur

Mais quand Marine Le Pen dit qu'il faut permettre à Israël d'éradiquer le Hamas, c'est conforme à la position traditionnelle de la France ?

2:17
Jean-Philippe Tanguy

Oui, la position traditionnelle de la France a toujours été de combattre les mouvements terroristes, et en particulier les mouvements terroristes islamistes, en l'occurrence fanatiques. Les crimes, la barbarie, les actes de barbarie qui ont été commis par le Hamas dépassent l'entendement et dépassent même la barbarie que nous pensions avoir franchie avec les crimes de l'État islamique.

2:38
Présentateur

Permettre à Israël d'éradiquer le Hamas, comment ? Est-ce qu'il faut envoyer des armes à Israël pour les aider à éradiquer le Hamas comme vous le souhaitez ?

2:45
Jean-Philippe Tanguy

Comme Marine Le Pen l'a dit, ça ne semble pas nécessaire. Israël a un niveau d'armement nécessaire. Ils ont des accords avec d'autres pays sur ce sujet qui fonctionnent depuis des années. Ils ont aussi, il faut le dire, une puissance, une puissance, une industrie de l'armement qui est tout à fait conséquente. D'ailleurs, Israël pour le moment, sauf erreur de ma part, n'a pas demandé d'aide militaire, en aide militaire à la France ou à l'Europe. Je ne pense pas qu'ils en aient besoin. Je pense qu'aujourd'hui, ils ont surtout besoin d'un soutien moral, d'un peuple ami qu'est la France.

3:18
Présentateur

La réponse d'Israël, elle vous semble proportionnée aujourd'hui, notamment avec le siège de la bande de Gaza qui se durcit ?

3:24
Jean-Philippe Tanguy

Pour le moment, ça me semble proportionné à ce que le peuple israélien a subi. La lourdeur des attaques, la gravité des attaques.

3:32
Présentateur

Ça veut dire quoi ? On a perdu des civils ?

3:34
Jean-Philippe Tanguy

Non, ça veut dire que c'était très organisé. Ce qui frappe au-delà de la barbarie des actes absolument épouvantables, c'est l'organisation très forte de ces actes, de ces crimes, qui ont été coordonnés, de toute évidence, depuis des bases beaucoup plus organisées que ce qu'on pouvait savoir, ou en tout cas de ce que nous, on savait en France. Donc, ça nécessite des interventions particulièrement lourdes, le gouvernement israélien l'a dit.

4:00
Présentateur

Avec des victimes civiles, avec des victimes civiles côté palestinien, c'est inévitable.

4:04
Jean-Philippe Tanguy

C'est malheureusement, évidemment, toute mort se vaut. Les victimes civiles palestiniennes sont aussi dramatiques que les victimes israéliennes. Mais les actes, ça s'agit d'actes de guerre conventionnelles de Tsaal. Et le problème qu'on a, que le peuple palestinien a, c'est que le Hamas utilise dans sa stratégie, comme d'autres mouvements islamistes, les civils comme boucliers humains. Effectivement, ça rend les interventions des armées démocratiques extrêmement compliquées.

4:32
Présentateur

Les Américains, qui sont pourtant alliés d'Israël, appellent Israël à respecter le droit de la guerre, vu ce qui se passe dans la bande de Gaza. 1200 civils tués, 338 000 déplacés. La réponse reste proportionnée, selon vous ?

4:47
Jean-Philippe Tanguy

Je pense qu'elle est proportionnée à ce qu'a subi Israël, mais surtout, malheureusement, à la situation de prise d'otage de la bande de Gaza que commet le Hamas depuis des années et la façon dont ces mouvements terroristes utilisent malheureusement les civils. Après, effectivement, il est tout à fait normal que les alliés d'Israël, les autres démocraties, l'appellent à respecter le droit de la guerre. Mais d'une manière générale, Tsaal est une armée ici d'une république, d'une démocratie, et il respecte le droit de la guerre.

Et quand il peut y avoir des actes de certains militaires qui ne respectent pas le droit international, comme démocratie, Israël mène des enquêtes, fait des commissions d'enquête et prend des sanctions, ce qui n'est évidemment pas le cas de mouvements terroristes qui n'ont que faire du respect des règles, règles qu'ils évidemment ne respectent jamais.

5:28
Présentateur

2 millions de Palestiniens qui vivent à Gaza, 338 000 déplacés, dit cette nuit l'ONU. Qu'est-ce qu'on fait pour se déplacer ? Où peuvent-ils aller ?

5:37
Jean-Philippe Tanguy

Marine Le Pen a proposé, effectivement, que la communauté internationale trouve une solution d'accueil temporaire en dehors de la bande de Gaza pour secourir ces personnes qui sont innocentes. Il est évident que les femmes, les enfants et même les hommes qui n'ont rien à voir avec le Hamas et qui ne sont pris en otage par le Hamas depuis bien trop d'années, n'ont pas à subir ce mouvement.

5:56
Présentateur

On pourrait en accueillir en France, des Palestiniens ?

5:59
Jean-Philippe Tanguy

La France accueille des réfugiés palestiniens, notamment des vrais réfugiés politiques, des personnalités. Mais là, vous voyez ce qui se passe. On propose d'accueillir des Palestiniens ? La compte tenu de la réalité de la bande de Gaza et de la taille même géographiquement, c'est plus pertinent de les emmener à côté ou de les protéger à côté de ce territoire. C'est-à-dire où, le Liban ou l'Egypte ? Là, ce n'est pas à nous de décider. Le sort de la communauté internationale, c'est de se réunir, ce n'est pas d'imposer en avance des idées à des pays souverains. Ce serait limité comme proposition.

Mais ce que je ne veux dire pas là, c'est que ces personnes sont vouées à revenir très rapidement à leur domicile et là où ils vivent. Ils ne sont pas voués...

6:37
Présentateur

Vous avez vu l'état d'une partie de la bande de Gaza qui est totalement détruite.

6:40
Jean-Philippe Tanguy

Il faudra reconstruire la bande de Gaza. Oui, bien sûr qu'il faudra du temps. Mais je pense que ces personnes n'ont pas envie de s'éloigner trop loin de leur lieu de vie habituel et de leur famille et de leurs proches. En tout cas, pareil, ce n'est pas une demande, que ce soit le haut commissariat aux réfugiés ou ce qu'il peut rester malheureusement d'autorité pacifique en Palestine. Je n'ai pas reçu des messages ou perçu de demandes de déplacement de population massif en Europe ou ailleurs.

7:06
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l'Assemblée, député de la Somme, invité de France Info ce matin. On vous retrouve juste après le Fin Info, 8h40. Maureen Suignard. La situation toujours extrêmement tendue au Proche-Orient. L'armée israélienne indique bombarder des centres du Hamas dans la bande de Gaza. Et cela après l'attaque terroriste de samedi qui a fait 1200 morts côté israélien. De son côté, le Hamas a dit avoir tiré de nouvelles roquettes vers Tel Aviv ce matin. Des sirènes retentissent dans le centre du pays selon l'armée israélienne. Les victimes palestiniennes sont aussi très nombreuses. 1200 morts depuis le début de la riposte israélienne.

Les Etats-Unis tentent aussi de convaincre Israël de créer un couloir humanitaire pour évacuer des civils. Alors que la situation humanitaire dans la bande de Gaza est catastrophique, le chef de la diplomatie américaine arrive aujourd'hui en Israël. Et alors que 11 Français sont morts, 18 ne donnent plus de nouvelles. Emmanuel Macron s'exprime ce soir à 20h. Vous pourrez suivre cette prise de parole sur France Info. Le chef de l'État interpellé par les familles des disparus depuis Tel Aviv, elle demande au gouvernement français d'agir. La bronchiolite a un peu d'avance cette année. Elle a débuté en région parisienne, en Guadeloupe et en Martinique.

Santé publique France recommande d'éviter d'emmener les bébés dans les lieux publics confinés ou de les faire passer de bras en bras en cas de rassemblement familial. France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brakia. Toujours avec le président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale, Jean-Philippe Tanguy. Le Hamas détient aujourd'hui une centaine d'otages et parmi eux peut-être des Français, puisqu'on est toujours sans nouvelles de 18 de nos compatriotes. Est-ce qu'il faut négocier avec le Hamas ?

8:52
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, c'est au gouvernement israélien en premier lieu d'avoir une stratégie pour sauver ces otages et de savoir qu'est-ce qui est le plus adapté. En tout cas, quand il y avait eu le rapte de Lila Chalit, qui était un soldat franco-israélien, le gouvernement français avait participé à des négociations pour essayer de le libérer. Donc, en soi, on peut essayer de faire intervenir des pays tampons, des gouvernements qui peuvent avoir des relations avec le Hamas. Le Qatar, notamment. Oui, il se trouve que c'est le Qatar. Moi, je suis, vous le savez, au RN, on est très critique, souvent sur le double jeu du Qatar.

Dans ces moments-là, il faut au moins utiliser les liens qui existent, d'une part entre la France et le Qatar, d'autre part entre le Qatar et ses mouvements, pour essayer de libérer ces personnes. C'est évidemment la priorité. Il n'y a jamais de solution idéale. Malheureusement, c'est toujours des choix extrêmement difficiles. Mais je pense que, malheureusement, la prise d'otages est une pratique régulièrement commise par ces mouvements. et Israël ou la France a une pratique diplomatique pour essayer de gérer de la façon la moins pire possible. Être pragmatique. Oui, bien sûr. C'est-à-dire, il s'agit de sauver ces personnes, évidemment, et en particulier nos compatriotes.

Mais là, nous sommes tous frères et sœurs d'humanité. Quand on parle de prise d'otages, évidemment, on pense aux nôtres,

10:17
Présentateur

mais on pense aussi à nos amis. Jean-Philippe Tanguy, l'Union européenne va réviser son aide aux Palestiniens, mais pas la supprimer, c'est-à-dire procéder à des vérifications pour s'assurer que les financements européens ne terminent pas, d'une manière ou d'une autre, dans la poche du Hamas. C'est la bonne chose à faire ?

10:31
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais ce qui est très préoccupant, monsieur, c'est de réaliser seulement maintenant que, visiblement, le suivi de ces fonds était peu ou pas assuré, puisque les autorités européennes, aujourd'hui, ne sont pas capables de faire des choix rapides.

10:43
Présentateur

C'est lié à l'emprise du Hamas sur la bande de Gaza, qui tient à peu près tout le tissu social.

10:48
Jean-Philippe Tanguy

Malheureusement, l'emprise, comme vous dites, du Hamas sur la bande de Gaza est ancienne, donc les autorités européennes avaient le temps de clarifier la situation, de clarifier les financements. Donc, aujourd'hui, on se retrouve dans une situation d'urgence où, évidemment, il ne faut pas alimenter le mouvement du Hamas ou de personnalités ou d'associations qui pourraient lui être liées directement. Il n'y a pas que le Hamas, il y a d'autres mouvements islamistes, malheureusement.

11:09
Présentateur

La vérification, juste pour préciser, ça ne veut pas dire qu'on va prouver qu'il y a le financement du Hamas. C'est une vérification, par défaut.

11:15
Jean-Philippe Tanguy

Oui, bien sûr, mais il y a eu une grande confusion. Vous reconnaîtrez qu'il y a quand même une grande confusion dans les décisions européennes qui ont été annoncées. Il y a, de toute évidence, un manque de suivi. Nos parlementaires européens, d'ailleurs, l'avaient noté auparavant à de nombreuses reprises. Il y a un manque de suivi de ces fonds. Après, évidemment, et d'ailleurs, il faut le rappeler, parce qu'il y a beaucoup de confusion. Historiquement, les pays européens avaient pris une part dans le financement notamment du système humanitaire et de l'accompagnement humanitaire du peuple palestinien. Et c'était une part de la résolution du conflit.

Parce qu'il ne faut pas me dire à quoi sert cet argent.

11:47
Présentateur

Cet argent, il sert notamment à l'eau potable, il sert aux hôpitaux,

11:50
Jean-Philippe Tanguy

il sert aux écoles, à l'éducation. Vous avez raison, monsieur, c'est absolument ce que je vous dis. C'était une des prises de position de l'Union européenne pour aider à une solution pacifique dans le conflit. Donc, il n'y a pas à remettre en cause totalement ces financements. Pas de suspension, alors, qu'on vous comprenez bien. Et on sait si l'Union européenne est capable de dire précisément où ils vont. Il n'est pas question d'affamer des femmes, des enfants, des vieillards ou des hommes innocents. Il n'est pas question de priver d'eau ou d'aggraver une situation humanitaire.

Il est question que les citoyens européens, les amis, ceux qui soutiennent Israël, mais en général qui soutiennent le droit international et le droit humanitaire, puissent savoir que leur argent est bien utilisé. C'est évidemment la priorité des priorités. Ça semble normal. Après, quand la situation, on peut l'espérer, sera revenue à une situation plus pacifique, il faudra quand même mener des missions d'enquête pour savoir si, directement ou indirectement, l'Union européenne, mais aussi en France, des collectivités territoriales ou même les gouvernements, ont pu malheureusement aider indirectement ou directement le Hamas.

12:46
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, pourquoi vous n'étiez pas à la marche du CRIF en début de semaine ?

12:50
Jean-Philippe Tanguy

Alors, sincèrement, je devais y aller, mais je suis désolé, c'est très... C'était pas... Non, non, j'ai été malade le soir. Je suis désolé, donc c'était... Je devais y aller. Je devais y aller. J'avais confirmé ma présence.

13:01
Présentateur

Il n'y avait aucun élu du Rassemblement National ? Vous aviez peur de vous faire huer, là-bas ?

13:04
Jean-Philippe Tanguy

Pas du tout, pas du tout, je vous jure. D'ailleurs, certains de vos collègues journalistes m'ont demandé pour vous le confirmer. Je devais y aller et j'ai eu une crise de migraine, si vous voulez vous savoir, voilà. Mais j'ai regretté. D'ailleurs, j'ai affirmé sur les réseaux sociaux que je voulais y aller. Et moi, je suis impliqué depuis longtemps dans la lutte contre l'antisémitisme et dans l'amitié pour Israël. Donc, je voulais m'y rendre. Et je n'avais sincèrement pas d'inquiétude sur le fait qu'on soit bien accueillis.

13:29
Présentateur

Et pourtant, ce n'est pas ce que dit Francis Califa, le président du CRIF. Il dit de façon très claire, j'ai expliqué que la surreprésentation des antisémites, tant à l'extrême gauche qu'à l'extrême droite, rend ces deux parties infréquentables.

13:39
Jean-Philippe Tanguy

Je connais les déclarations. Je suis d'ailleurs, ce n'était pas lui, c'était un de ses compères qui vient régulièrement au groupe d'études parlementaires contre l'antisémitisme. Moi, je ne comprends pas ces déclarations. Je ne comprends pas ces déclarations. Je ne sais pas sur quoi elles se font. Peut-être sur les histoires de votre mouvement. Mais ce n'est pas ce qu'il le dit. Là, il parle au présent. Non seulement on pourra venir s'en passer, mais même sur le présent, c'est faux. Et donc, il n'y a aucune représentation de parlementaires antisémites, de militants antisémites au Rassemblement national. C'est totalement faux.

14:10
Présentateur

Mais quand même, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent « c'est bien beau de se présenter en défenseur de la communauté juive » aujourd'hui, quand les compagnons de route de Marine Le Pen s'appellent Axel Lousteau, Frédéric Chatillon, des ex-membres du GUD, c'est-à-dire un groupuscule d'extrême droite antisémite.

14:24
Jean-Philippe Tanguy

Ce sont toujours les mêmes noms qui ressortent. Ce sont des gens avec qui Marine Le Pen a rompu. Moi, je n'ai pas évoqué le point de détail de l'histoire. Elle a rompu il y a très longtemps. Ce ne sont d'ailleurs rarement ce qu'on dit des compagnons de route parce que Marine Le Pen a pu les croiser une fois. Les relations entre Marine Le Pen et les personnes que vous citez sont totalement exagérées par un certain nombre de commentateurs. Et Marine Le Pen est la personne qui a exclu Jean-Marie Le Pen du Front National à l'époque pour ses propos réitérés, d'une part sur l'occupation, d'autre part sur l'histoire de la Choua.

14:55
Présentateur

Sur Axel Lousteau et Frédéric Chatillon, tout cela est incompréhensible. Il y a une relation de business avec le Rassemblement National via leur société qui s'appelle e-politique.

15:05
Jean-Philippe Tanguy

C'est-à-dire qu'il y a plusieurs intermédiaires. Il y a la société unanime aussi. Il s'occupe de vos eurodéputés. Entre les deux. Et ce ne sont pas, comment dire, M. Chatillon n'est pas un membre du Rassemblement National. Il n'a pas de pouvoir politique. Mais vous travaillez avec lui ? Non, il est actionnaire minoritaire. Ou il était actionnaire minoritaire, parce que je ne sais pas où ça en est, d'une société avec laquelle on a travaillé. Donc tout ça est quand même très tiré par les feux. C'est pour ça que je pose la question, Jean-Philippe Tanguy.

Et surtout, cette histoire est montée en épingle en permanence et qui ne tient absolument pas compte des positions des actes de Marine Le Pen qui sont indéniables, qui sont extrêmement forts. Et une fois de plus... Mais vos fréquentations, elles comptent aussi, Jean-Philippe Tanguy ? Mais ce ne sont pas des fréquentations. Là, en l'occurrence, ce sont des relations contractuelles. Ce ne sont pas des fréquentations. On utilise des mots pour créer de la confusion chez les Français sur des choses totalement, soit fausses, soit totalement insignifiantes, pour cacher la réalité.

C'est que le Rassemblement National aujourd'hui est le parti politique qui lutte le plus contre le communautarisme, contre toutes les formes de discrimination, qui défend la République, qui a toujours dit la vérité sur la situation de discrimination, de violence, de terreur que vivaient nos concitoyens, nos compatriotes juifs sur le territoire...

16:12
Présentateur

Mais vous comprenez que, compte tenu de l'histoire de votre mouvement, vous présentez aujourd'hui le Rassemblement National comme le mouvement qui défend le mieux la communauté juive de France. Vous comprenez que certains trouvent ça étonnant, surprenant.

16:26
Jean-Philippe Tanguy

Vous savez, je dialogue régulièrement, évidemment, avec des compatriotes de confession juive, qui demandent des explications. Moi, je comprends que nos compatriotes de confession juive, ou d'autres, d'ailleurs, qui soutiennent leurs droits, évidemment, s'inquiètent de ce qui a pu être fait par le passé ou dit par le passé il y a très longtemps. Il faut les rassurer. Par contre, le procès politique qui nous est fait par certains...

16:48
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, ce n'est pas un procès politique, on parle des faits.

16:51
Jean-Philippe Tanguy

Laissez-moi finir sur renaissance et notamment renaissance. La question est simple.

Les républicains ou les socialistes qui passent leur vie à agiter ces espèces de manipulations pour faire oublier qu'aujourd'hui, l'antisémitisme qui sévit en France, je vous rappelle qu'il y a des témoignages d'anciens responsables académiques où des enfants juifs ne peuvent plus les scolarisés dans certaines écoles, la disparition de compatriotes juives de quartier entier, ce n'est pas le fait du Rassemblement National, c'est le fait de ceux qui nous accusent de choses qui n'existent pas et j'aimerais bien qu'en France, on puisse discuter d'une politique ferme pour faire en sorte que l'antisémitisme disparaisse de notre territoire au lieu de se développer sur le gouvernement.

17:28
Présentateur

Je ne fais pas partie de renaissance, je suis journaliste pour France Info, vous le savez. Ma question, elle est donc simple. Est-ce que vous travaillez avec Frédéric Chatillon, encore aujourd'hui ex-membre du GUD antisémite ? On ne travaille pas avec M. Chatillon.

17:38
Jean-Philippe Tanguy

Eh bien, c'est faux. Mais non, ce n'est pas faux, je suis désolé. Ça fait des semaines qu'on parle de ça, des mois. Non, je suis désolé, ce n'est pas faux.

17:44
Présentateur

Il n'y a pas de relation contractuelle entre le Rassemblement National et la société politique.

17:50
Jean-Philippe Tanguy

Il y a une société dont M. Chatillon est accélère

17:53
Présentateur

et une société minoritaire.

17:56
Jean-Philippe Tanguy

Je ne connais pas cette deuxième société. Ça fait des semaines qu'on essaie de faire croire que cette situation a un lien avec nos positions publiques et nos convictions, les convictions de Marine Le Pen sur cette question. Je le redis, ça ne lui a jamais été donné crédit par nos contradicteurs. Marine Le Pen a exclu Jean-Marie Le Pen et toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont pu avoir des déclarations qui étaient contraires à nos valeurs.

Je le redis aussi, Marine Le Pen a combattu depuis qu'elle est présidente, qu'elle a été présidente du Rassemblement National, toutes les politiques qui ont mené au retour de l'antisémitisme sur notre territoire, à des actes violents, à des discriminations et au système de pas de vagues. Donc la réalité en France, c'est que tout est fait pour sous-estimer l'antisémitisme, que quand il y a des actes antisémites, y compris des meurtres antisémites, une partie de la justice tente de sous-estimer la gravité de ces actes, de ne pas qualifier ces actes comme ils se doivent. D'ailleurs, c'est aussi le cas pour d'autres discriminations et d'autres formes de haine.

Et donc la réalité, c'est qu'on passe notre temps à être mis en cause sur des choses insignifiantes, alors que sur ce que vivent aujourd'hui nos compatriotes de confession juive, comme d'autres minorités en France, elles sont persécutées, elles sont insultées, elles sont violentées, et qu'il n'y a que le Rassemblement National qui non seulement le dénonce systématiquement, mais veut être le bouclier de tous nos compatriotes. Oui, mais d'accord, mais qu'est-ce qu'il fait M. Darmanin à part constater la hausse des actes antisémites ? Évidemment, à côté des actes antisémites, il les protège.

Mais aujourd'hui, je rappelle aussi qu'une des hontes de notre pays depuis 20 ans, c'est que vous avez des milliers de Français et de Françaises de confession juive qui avaient choisi, non pas par choix personnel, mais par peur, de rejoindre Israël plutôt que de rester dans le pays français. Donc ça, c'est le bilan de ceux qui nous a appuyés d'en parler.

19:34
Présentateur

Mais pour le moment, il est 8h52, vous êtes avec nous jusqu'à 9h, président délégué du groupe RN à l'Assemblée. On vous retrouve juste après le fil info, 8h52, Maureen Suignard. 24 personnes interpellées depuis samedi soupçonnées d'actes antisémites en France. C'est ce qu'annonce ce matin le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, affirme que plus d'une centaine d'actes ont été recensés depuis ce week-end. Il estime par contre qu'il n'y a pas en ce moment de menaces terroristes qui viseraient particulièrement la communauté juive. Israël, où le Premier ministre promet de détruire le Hamas, responsable des attaques contre son pays samedi. Le nombre de victimes continue de grimper.

1200 morts côté israélien. Les frappes se poursuivent ce matin sur la bande de Gaza. 1200 morts côté palestinien depuis ce week-end. Gaza, où des otages, 150 selon l'armée israélienne, sont retenus par le Hamas. Le comité international de la Croix-Rouge affirme ce matin être en contact avec le groupe pour obtenir leur libération. A trois jours de la grande conférence sociale, un appel à la grève demain avec de possibles perturbations dans l'éducation nationale et dans les transports. La SNCF communique en détail à 17h aujourd'hui. On sait déjà que le trafic des TGV sera quasi normal, mais plus de difficultés sont à prévoir sur le reste du réseau.

Des cabinets de médecins seront aussi fermés puisque certains médecins libéraux se mobiliseront pour une revalorisation du tarif de leur consultation. France Info Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Saliadrachia Toujours avec Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Le Rassemblement National qui va soumettre aujourd'hui à l'Assemblée plusieurs textes dans le cadre de ce qu'on appelle la niche parlementaire. L'un de ces textes vise à soutenir les femmes qui souffrent d'endométriose. C'est vous d'ailleurs qui portez ce texte en prévoyant l'exonération des frais de sécurité sociale, la reconnaissance du statut de travailleuse handicapée.

Une proposition qui agace le ministre de la Santé Aurélien Rousseau car pour lui c'est juste de l'opportunisme.

21:33
Invité

Écoutez-le. Si l'idée était bonne et qu'on n'y avait jamais pensé, voilà. Mais là, c'est de la fausse monnaie parce que cette mesure elle est en place et la majorité l'a portée avec d'autres groupes depuis maintenant plusieurs années. J'ai signé hier une circulaire à l'assurance maladie au directeur généraux d'ARS pour renforcer encore la filière endométriose. C'est un combat que je menais. Je n'ai pas attendu. Je l'ai mené quand j'étais directeur général de l'ARS Île-de-France. Je n'ai pas attendu que le Rassemblement national me sorte une proposition opportuniste pour me mobiliser sur ce sujet. Si je résume, vous proposez des choses qui existent déjà. Votre réponse, Jean-Philippe Tanguy ?

22:08
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais c'est totalement faux. J'avais répondu sur les réseaux sociaux au ministre sur cette question. D'ailleurs, c'est contradictoire puisque une partie de son gouvernement, notamment Mme Couillard, avait demandé que notre loi soit contournée en reprenant un décret. Donc Mme Couillard a bien reconnu qu'il manquait des mesures aujourd'hui qui n'étaient pas prises. D'ailleurs, c'était Mme Autain aussi à laquelle moi je reconnais contrairement à elle qui est très désagréable sur ce sujet une vraie sincérité dans la lutte pour accompagner les femmes victimes ou qui souffrent d'endométriose. Donc nous, ce n'est pas du tout opportuniste.

On a repéré, Marine Le Pen l'avait d'ailleurs fait à la présidentielle, que cette pathologie n'était pas assez bien prise en charge, que beaucoup de femmes n'étaient pas accompagnées, qu'il y avait à la fois un sous-diagnostic, un mauvais accompagnement. Mais il y a une stratégie nationale

22:51
Présentateur

de lutte contre l'endométriose

22:53
Jean-Philippe Tanguy

depuis 2022. Mais écoutez, si vous lisez la loi qu'on a écrite que Marine Le Pen a co-signé et qui sera défendue par Emmanuel Taché de La Pagerie tout à l'heure, on n'a pas dit qu'il n'existait rien. En fait, nous sommes caricaturés. Notre position est juste de dire qu'il faut reconnaître que c'est une affection de longue durée, pas de manière exceptionnelle. C'est déjà le cas. Il s'est classé en ce qu'on appelle ALD31, c'est-à-dire qu'il faut faire

23:13
Présentateur

une démarche particulière. Nous, on veut que ce soit

23:15
Jean-Philippe Tanguy

en ALD31 pour que ce soit beaucoup plus simple. Monsieur Rousseau, je ne sais pas s'il avait donné le chiffre, mais aujourd'hui, en ALD31, il y a seulement quelques milliers de femmes alors qu'il y a 10% des Françaises, malheureusement, qui peuvent souffrir de cette pathologie.

Et par ailleurs, il y a aussi, pour les formes les plus graves, les plus lourdes, on propose que les femmes qui le souhaitent, parce qu'une fois plus, ça a été caricaturé et certains à Renaissance ont fait croire qu'on voulait que soit en situation de handicap, que pour les formes les plus lourdes et pour les personnes qui le demandent, elles puissent être reconnues comme travailleurs en situation de handicap, puisque c'est une pathologie qui peut être particulièrement invalidante et qui est souvent une souffrance en silence pour les femmes qui le subissent.

Mais d'une manière générale, moi, ce que je ne comprends pas, c'est cette absence de vouloir créer du consensus sur des sujets qui pourraient tous nous rassembler et d'être traités d'opportunistes. Pourquoi est-ce que Marine Le Pen ne pourrait pas être concernée par les femmes victimes d'autométrius ? Juste, Jean-Philippe Tanguy, il y a un autre texte

24:15
Présentateur

qui vise à supprimer les allocations familiales pour les parents d'enfants délinquants. Vous êtes un homme de loi, Jean-Philippe Tanguy, puisque vous êtes député. Vous savez que nul n'est punissable que de son propre fait. Il est impossible de punir des personnes pour des faits qu'elles n'ont pas commis. C'est l'un des principes fondamentaux du droit pénal. Alors, c'est quoi le but de proposer une mesure illégale ?

24:32
Jean-Philippe Tanguy

Mais sur ça, vous avez raison, mais sauf que nous, il y a ce qu'il appelle l'autorité parentale dans le Code civil. Les parents, deux mineurs évidemment, il ne s'agit pas de condamner les parents de personnes majeures, sont responsables de leurs enfants, de leur éducation, de leur comportement. Et par définition, s'il existe une justice des mineurs, c'est bien qu'on considère que les mineurs, que les parents ont une responsabilité, y compris juridique, par rapport à ces mineurs. Donc, la responsabilité pénale et juridique dans l'état de droit, elle est partagée pour les mineurs et pour les crimes, les délits les plus graves.

On considère qu'il y a un défaut d'autorité parentale si, parce que ça aussi, ça n'est jamais dit par nos adversaires dans la loi, il est aussi prévu que les parents qui puissent être débordés par leurs enfants et qui aient voulu exercer l'autorité parentale puissent faire appel de la décision du préfet puisque c'est le préfet qui prendrait cette décision de suspendre les allocations familiales, puissent faire appel s'ils ont exercé dignement leur autorité parentale et qu'ils ont été débordés. On n'est pas inhumain. Évidemment, vous avez notamment des parents isolés qui peuvent être débordés par le comportement de leur enfant alors qu'ils ont fait leur maximum.

Nous, on n'est pas dans l'idéologie. Il y a une majorité de parents, malheureusement, pour des enfants délinquants qui n'exercent pas bien leur autorité parentale mais il y a évidemment des gens qui font tout ce qu'ils peuvent et qui sont débordés mais les Français veulent, je pense...

25:45
Présentateur

Difficile de faire la différence entre les deux.

25:47
Jean-Philippe Tanguy

C'est la justice de le faire

25:48
Présentateur

et c'est au préfet de le faire. Merci beaucoup. Merci Jean-Philippe Tanguy du Bité Rassemblement National de la Somme. Invité de France Info ce matin.