Légalisation de l'euthanasie, quels sont les risques ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Est-ce que l'euthanasie est un problème d'amour dans cette histoire de mort ?
- 3:00RelanceRéponse directe
Vous dites que le mot euthanasie n'existe pas dans le texte. Pourquoi ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce que l'État peut être mêlé à la mort d'un tiers ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Si la loi passe, où s'arrête le curseur ?
- 11:00RelanceRéponse directe
Est-ce que des gens avec plusieurs années à vivre pourraient en bénéficier ?
- 14:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que ces gens n'ont pas le droit de dire qu'ils veulent en finir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Philippe JuvinFait
« Le mot euthanasie n'est pas dans le texte et le mot suicide assisté n'est pas dans le texte alors que en réalité on ne parle que de ça. »
- 4:00Philippe JuvinFait
« Une fois qu'on vous aura administré, appelons-la comme ça, l'euthanasie, sur le certificat de décès, il faudra cocher la case mort naturelle et pas autre chose. »
- 7:00Philippe JuvinFait
« Il y a d'abord eu des critères très stricts puis qui se sont ensuite amoindris. Ainsi, dans certains pays, les handicapés, les déficients mentaux, les mineurs se voient ouvrir le droit. »
- 15:00Philippe JuvinFait
« Le problème de cette loi, contrairement à ce que les gens pensent, ce n'est pas une loi sur la fin de vie. C'est-à-dire que les critères sont ainsi définis que potentiellement des gens qui ont plusieurs années à vivre vont pouvoir demander à être suicidé. »
- 29:00Philippe JuvinFait
« Pour vous mettre sous tutelle, pour vous mettre sous tutelle, il faut un juge et c'est normal. Et bien, le même qui est sous tutelle qui va bénéficier de l'euthanasie ne verra pas de juge. »
- 31:00Philippe JuvinChiffre
« Il y a deux procès en deux condamnations en France pour abus de faiblesse en particulier vis-à-vis de personnes tous les jours tous les jours. Deux en moyenne, je crois que c'est 600 ou 700 par jour par jour ou 800 par an. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Très jolie chanson de Michel Sardou qui même me tue. Et bien justement, est-ce que il s'agit d'amour dans cette histoire de mort ? Actuellement, deux textes de loi sont éduillés par les députés depuis lundi à l'Assemblée nationale.
Deux propositions de loi sur la fin de vie. On en a parlé, l'une prévoit la création d'un droit opposable aux soins palliatifs. L'autre vise à instaurer un droit de l'aide à mourir.
On sait qu'un certain nombre de pays ont déjà franchi le mont. On appelle ça l'euthanasie. Mais justement, vous allez découvrir que c'est plus compliqué que ça et nous sommes heureux d'accueillir Philippe Juvin.
Bonjour Philippe Juvain. Bonjour. Vous êtes à la fois député à l'air de Courbooie mais vous êtes, je ne dirais pas surtout mais en tout cas depuis plus longtemps chef des urgences de l'hôpital à l'hôpital Pompidou.
Alors justement, vous êtes évidemment partie prenante dans dans ce débat qui qui a lieu en ce moment à l'Assemblée nationale et une chose m'avait dit avant qu'on commence l'émission dans ce projet de loi sur euh qui vise à instaurer un droit à l'aide à mourir, vous dites que le mot euthanasie n'existe pas. Non, c'est un des problèmes de la loi, c'est qu'il ne dit pas les choses. Le mot euthanasie n'est pas dans le texte et le mot suicide assisté n'est pas dans le texte alors que en réalité on ne parle que de ça.
Et il est même prévu d'ailleurs que une fois qu'on vous aura administré, appelons-la comme ça, l'euthanasie, sur le certificat de décès, il faudra cocher la case mort naturelle et pas autre chose. Et pas et pas d'autre chose. Si si vous voulez, moi je pense que au-delà de l'aspect technique, on va parler de la loi, il y a deux sujets de de de questions de principes qui se posent.
La première, c'est en France un français sur deux qui a besoin de soins palliatifs. Il n'y a pas accès parce qu'il y a pas de place. Et donc quelle société voulons-nous construire ?
Est-ce que nous voulons construire une société du soin avec des soins palliatifs ou une société où la compassion se résumerait à l'administration d'une substance létale au nom de critères fixés par la loi qui d'ailleurs évolueront puisque déjà certains veulent faire évaluer évoluer. Et puis il y a peut-être un deuxième principe qu'il faut se poser qui est-ce que l'État peut être mêlé d'une manière ou d'une autre à la mort d'un tiers y compris par la simple autorisation d'un dispositif ? Moi je ne le crois pas.
Pourquoi ? Parce que donner la mort c'est un principe absolu et comme vous le savez si on commence à donner des exceptions accep des exceptions un principe absolu il faut s'attendre à ce que dans l'avenir d'autres trouvent d'autres exceptions. Oui.
Vous vous dites en fait que à partir du moment où légifère là-dessus enfin en disant le voilà écoutez qui qui a envie de mourir et bien il doivent être il peut être aidé doit être aidé en tout cas si si la loi passe si ce projet de loi passe au fond vous vous dites et vous avez écrit une tribune dans jour de dimanche là-dessus vous dites oui mais où s'arrête enfin où on met le curseur en fait c'est ça absolument alors il faut être il faut regarder les chose dans tous les pays où on a légalisé l'euthanasie, il y a d'abord eu des critères très stricts puis qui se sont ensuite amoindris. Ainsi, dans certains pays, les handicapés, les déficients mentaux, les mineurs se voient ouvrir le droit. Moi, je crois d'abord il faut que les gens sachent ce qui se passe aujourd'hui.
Qu'est-ce qui se passe ? D'abord, si vous êtes en fin de vie, que vous az avez des souffrances importantes, les médecins ont le droit de vous endormir. Alors, on ne vous tue pas.
Non, mais on vous endort mais vous ne vous réveillez pas, soyons clair. Ça s'appelle une anesthésie générale, en fait, c'est la sédation profonde. C'est ça et continue.
C'est ce qu'on appelle la loi léonétique que nous pratiquons évidemment dans les unités de soins palliatifs, mais aussi dans tous les autres services. Moi, je suis responsable d'un service d'urgence. Il nous arrive de faire des cédations profondes.
Donc moi, je suis comme tout le monde, je ne veux pas souffrir au moment de ma mort. Et donc ça aujourd'hui euh nous essayons de l'assurer aux Français et nous nous le faisons au maximum. Le problème de cette loi, contrairement à ce que les gens pensent, ce n'est pas une loi sur la fin de vie.
C'est-à-dire que les critères sont ainsi définis que potentiellement des gens qui ont plusieurs années à vivre vont pouvoir demander à être suicidé ou suicidé. Mais mais Philippe Juvain quand même une question se pose si je suis dans des souffrances terribles et vous le savez il y a des gens des souffrances terribles. Si je suis réduit à l'état de légumes ou presque si je suis paralysé que je me dis que c'est sans rémission et si je me dis écoutez j'ai pas envie de continuer comme ça et vous savez mieux que moi.
Il y avait cité des cas écoutez est-ce que ces gens n'ont pas le droit et la liberté de dire écoutez moi je veux en finir ce n'est pas un suicide c'est c'est j'ai j'ai trop de souffrance c'est trop dur et voilà je préfère arrêter. Alors, il y a deux choses. D'abord, dans tout un tas de de situations, la loi le permet déjà, vous permet d'être endormi et donc de ne plus souffrir par définition puisque vous dormez.
La loi le permet euh voyez, par exemple, quelqu'un qui aurait une maladie et qui le paralyse complètement et qui n'arrive plus à respirer, sauf avec une machine, et bien, on arrête la machine s'il le souhaite et et on l'endort. Donc, il y a il y a déjà beaucoup de cas qui sont réglés. Euh, je je vais vous donner un exemple.
Quand quand les gens arrivent en soins palliatifs, oui, le premier jour, quand ils mettent le pied dans l'unité de soins palliatifs, 3 % demandent à mourir. Hm hm. Au bout de 7 jours, il y a plus que 0,3 % des gens qui demandent à mourir.
Qu'est-ce qui s'est passé en 7 jours ? Et bien 7 jours, en fait on leur a apporté des réponses à leur demande à eux ou aux demandes de l'entourage parce que c'est vrai mais s'ils ne sont que 3 % ça veut dire qu'ils ont de l'espoir. 60 euh 80 90 % viennent au soins palliatifs avec espoir.
Mais ceux qui n'ont plus d'espoir mais justement mais tr mon chiffre est le suivant. Il y a 3 % qui disent moi je veux mourir et 7 jours plus tard ils sont plus de 0,3 %. Pourquoi ? parce qu'on a apporté des réponses.
En fait, moi l'expérience que j'ai alors elle est elle est ce qu'elle est he bien sûr c'est non mais elle est ce qu'elle est c'est de vous dire que quand on sait répondre au aux souffrances des gens à leur problème et qui n'est pas d'ailleurs qu'une souffrance physique telle qu'on croit la solitude les problèmes d'argent et bien quand vous répondez le désespoir bien sûr la désir de mort est est fluctuant quand vous répondez aux demandes et bien la plupart des demandes d'euthanasie s'arrêtent et ce que nous reprochons à la loi c'est que c'est très expéditif dans l'origon qui est un état en Amérique du Nord. Quand vous demandez le suicide assisté, les critères sont différents mais enfin peu importe, il faut bien comparer ce qui existe. Vous avez des obligations jusqu'à 90 jours de réflexion.
Tout à fait. Je je j'ai un cas personnel, je vais pas l'exposer ici, je vous en avais parlé où effectivement on a demandé à la personne maintenant en l'occurrence tr euh euh 3 mois et un peu plus de réflexion. Absolument.
Et là dans l'article 6, je vous lis l'article 6 hein, je raconte pas. aprèset de lo du projet de loi après un délai de réflexion d'au moins 2 jours 2 jours euh la personne confirme au médecin qu'elle demande l'administration. Donc on est sur une procédure très expéditive.
Par exemple ces de jours, ça ne prend pas en compte une notion que nous connaissons tous et particulièrement les psychiates d'ailleurs, c'est que la le désir de mort est fluctuant. Pourquoi ? Parce qu'il est souvent multifactoriel.
Encore une fois, moi je suis contre l'acharnement thérapeutique. J'aurais été favorable et je l'ai dit à la tribute de l'Assemblée à une loi qui permette au fin du fin quand on est au bout du bout qu'on a des qu'on est on a mal et on n entre pas encore dans les critères de la loi léonetti de pouvoir vous endormir éventuellement qu'on ait accepté une exception de l'euthanasie vous voyez mais que ça soit dans un que ça soit pas un système quasiment systémique qui est mis en place avec des gens et je le répète monsieur Bercof il faut bien l'entendre hein c'est une loi les critères sont ainsi rédigés C'est voulu ou pas, mais en tout cas c'est ça. Les critères sont assez rédigés que potentiellement des gens qui ont plusieurs années à vivre peuvent être bénéficié de cette loi.
Je vous savez, je moi je suis un homme simple, je lis les lois, je lis le texte, donc je n'invente pas ce qu'il y a dedans et je le lis. Non mais là on va on va être on va être un peu philosophique euh et et vous l'être aussi Philippe Juin. C'est vrai.
Vous avez dit là la loi dit que euh et les gens qui ont quelquesunes à vivre pourraient demander effectivement que cette vie soit atténuée. Elle ne le dit pas comme ça mais elle les critères sont assi faits que ça couvre des gens qui ont plus vivre. Mais si encore une fois, mais c'est vrai que c'est c'est un problème philosophique et qui n'est pas simple et qui est c'est le moins qu'on puisse dire mais si ils est que ces années à vivre le prix est trop cher pour le payer, voilà qu'est-ce qu'on fait ?
Ah non mais je vous dire que que Romain Gary euh Monterland enfin moi j'ai pas j'ai pas de problème avec le suicide je ne reproche pas aux gens de se suicider. Ils ont le droit de se suicider. Ce que je vous dis simplement c'est que si c'est l'État qui organise les choses en fait il faut pas le droit au suicide quelque part.
Si, il faut un droit au suicide, mais ce n'est pas à l'état de l'organiser. Euh, il y a moi une de mes craintes, c'est que d'abord des gens vont demander le suicide assisté par défaut d'accès aux soins palliatifs. Comme une personne sur deux n'a pas accès aux soins palliatifs.
Le risque à cause de quoi c'est intéressant ? Bah parce qu'on n pas le personnel, on n pas les gens formés, on en a enfin, vous voyez, il y a des gens moi une de une de mes craintes, c'est que ça soit une loi faite essentiellement par des gens riches qui ont très peur de la déchéance et ce qui s'applique aux pauvres. Pourquoi ?
Vous savez quand vous êtes grabataire dans votre lit, que vous êtes vous baignez toute la journée dans votre soeur, parfois pardon d'être un peu cru dans votre urine et vos et votre meros éjections. Je suis un peu cru mais c'est comme ça qu'on parle en médecine en fait. Quand il y a une infirmière 24 avec vous parce que vous avez les moyens pour vous laver, vous nettoyez une aide soignante, bah c'est plus facile que s'il faut attendre que l'infirmière qui passe une fois par jour.
Et donc c'est vrai, monsieur Berkoff, la fin de vie est plus douloureuse et pénible quand on est pauvre que quand on est riche. que quand on est seul, que quand on est entouré. Et ma crainte, c'est que cette loi, ça soit une loi faite, imaginée par des gens riches et et avec un tissu social qui ont peur de la déchéance, et je le comprends moi aussi, j'ai peur de la déchéance, mais qui s'appliquera d'abord à des gens pauvres et isolés.
Et aussi, il faut le dire plus cyniquement, hélas pour certains dire "Ah ben on va faire des économies, la fin de vie, on sait très bien que ça coûte très cher à la sécurité sociale et aux assurances. Est-ce que il pourrait y avoir malheureusement malheureusement des quelques réflexes un peu cyniques et afféristes ? Alors euh ouais d'abord moi je ne suspecte personne et vraiment pas euh vraiment pas les les ministres qui portent la loi ou le rapporteur FORNI.
C'est ce n'est pas ils le font pas pour ça. J'en suis persuadé. Je veux vraiment que les choses soient dites.
Il y a pas de procès d'intention. Ce qui est certain que au Canada l'année dernière ou il y a 2 ans, le calcul a été fait. Le système canadien a économisé de l'ordre de 80 millions de dollars.
Pourquoi ? Bah, tout simplement parce que ça coûte beaucoup plus cher de de maintenir des gens avec des aides et cetera. La fin de vie coûte cher au système de santé.
Mais encore une fois, je crois que personne aujourd'hui n'imagine faire une loi pour ça. En revanche, il y a la question des familles. Moi, une de mes craintes aussi, c'est que il y a des abus de faiblesse et euh vous savez, il y a des héritages qui sont longs à venir.
Vous savez, il y a des familles qui sont pas aimantes. Il y a des familles qui sont pas aimantes. CL.
C'est clair que ça existe. Tous les jours, il y a deux procès en deux condamnations en France pour abus de faiblesse en particulier vis-à-vis de personnes tous les jours tous les jours. Deux en moyenne, je crois que c'est 600 ou 700 par jour par jour ou 800 par an.
Enfin quelque chose comme ça. Donc c'est très important, ça existe. Et à partir du moment où vous ouvrez une possibilité, qui n'a jamais entendu quelqu'un vous dire "Ah mais qu'est-ce que je fais sur terre ?
Je vous coûte bien cher, je vous cause bien des ennuis", me disait ma grand-mère. Et bien ça tombe bien là. Il y aura une loi qui fait que ma grand-mère et bien elle peut décider que elle ne pose plus voyez de d'ennui.
En fait l'abus de faiblesse, la pression sur les plus vulnérables dans l'orégon quand vous demandez aux gens pourquoi, qu'est-ce qui les motive, il y a évidemment la douleur mais pour 40 % d'entre eux, ils citent le sentiment d'être un poids pour l'entourage et donc vous aurez forcément dans l'eau des gens qui iront parce que c'est plus difficile. Alors, c'est tout le problème. On va en parler juste après, on va continuer en parler avec Philippe Juvin après cette petite pause.
Est-ce qu'il ne faudrait pas peut-être ajouter un certain nombre de choses parce que encore une fois la question de la liberté se pose mais vous avez raison si la liberté est surveillée et contrainte ce n'est plus une liberté. On en parle avec Philippe Juvin. Restez avec nous après cette petite pause.
Asie soin palliatif choisir sa vie choisir sa mort. On en parle depuis et c'est passionnant depuis le début de l'émission avec Philippe Juvin qui je le rappelle est député à l'air de Crobovois et chef des urgences à l'hôpital Pidou. Mais alors Philippe Juvin, est-ce qu'il n'y aurait pas effectivement parce que le problème qui est posé c'est une loi qui qui est valable pour tout le monde, est-ce que dans ce cas-là ça veut dire quelque chose ?
Et deuxièmement, qu'est-ce qu'on peut faire ? Est-ce que on arrête là où il y a des choses quand même à améliorer ou à préciser dans ce traitement ? Et surtout, j'allais dire est-ce que l'une des alors est-ce que l'une des priorités n'est pas d'augmenter alors vous allez me dire où est-ce qu'on va trouver l'argent pour les unité de soins palliatif ?
Vous dites un français sur deux ne peut pas en bénéficier. Bah d'abord oui, vous la raison la priorité c'est que d'abord il faut qu'on se donne des moyens pour choisir pour que pouvoir choisir soigner les gens et d'ailleurs pas seulement les soins palliatifs parce que quand vous êtes chez vous et que il y a quelqu'un qui vient vous laver deux fois par jour, c'est mieux qu'une fois par jour et ce n'est pas du soin palliatif. Donc il y a tout cet accompagnement et ma crainte, je le répète, c'est que il y a des gens qui choisissent le suicide assisté ou l'euthanasie par défaut d'accès au soins.
Premier point. Deuxième point, vous me dites, vous me posez la question au fond quelle aurait été la bonne loi à à part augmenter l'intensité des soins qui est fondamentale. Bah d'abord, je vous répète hein, la plupart des cas aujourd'hui sont couverts.
On peut on a le droit de vous endormir pour vous ne souffriez pas. Mais c'est vrai que j'aurais j'aurais moi j'aurais aimé parce que je on aurait légalisé euh une exception d'euthanasie, disons-le comme ça. C'est le mot qu'avait utilisé le conseil d'éthique il y a une dizaine d'années.
Une exception d'euthanasie. C'est des cas exceptionnels. C'est ça.
Des cas exceptionnels à la fin du fin, quand le patient n'en peut plus, que le médecin voit que c'est fini. Voilà, pourquoi pas ? Mais vous voyez le problème de la loi, c'est que du coup elle englobe tout. elle est elle est elle elle est générale et on le voit la lecture du texte qui est là, c'est que du coup ça va couvrir des tas de gens qui ont potentiellement des années à vivre.
Et vous me dites alors euh autre question avec la loi actuelle, qu'est-ce qu'il faudrait faire pour l'amender ? Bah outre ce que je viens de vous dire oui pour préciser ou moi par exemple j'avais fait quelques propositions. J'avais dit qu'il faudrait une obligation de voir un psychiatre euh des délais plus longs j'aurais souhaité exclure de principe certaines catégories de gens. par exemple un déficient mental par exemple vous pouvez pas me dire que son son qui son consentement est libre et éclairé son libre arbitre quelqu'un qui est sous tutelle qui a pas le droit de signer un chèque la loi prévoit qu'il a le droit de demander l'euthanasie donc vous n'avez pas le droit de signer un chèque mais vous pouvez demander l'euthanasie convenez qu'il y a une difficulté intellectuelle quand même un problème et globalement toutes les maladies psychiatriques et là je me fais le relais de mes confrères et mes collègues psychiatres qui sont très inquiets parce que face aux demandes de suicide qui est notre quotidien et qui est le quotidien des psychiatres dit c'est un quotidien c'est vraiment un quotidien il y a quelle est la proportion de demande de suicide comme ça dans un service d'urgence ldda vous avez tous les jours des gens qui viennent soit parce qu'ils veulent se suicider soit parce qu'ils ont essayé de se suicider c'est pas ex c'est tous les jours dans tous les services et face à ce risque que que font les psychiatres bah ils développent des dispositifs destinés à améliorer la santé mental et le risque c'est que avec cette proposition on va troubler les repères On va troubler les repères.
On explique qu'il faut prévenir le suicide mais on va on va potentiellement l'organiser. On ouvre une porte quoi. Ouais.
J'aurais aimé par exemple qu'on exclut toutes les maladies mentales, les schizophrènes, les dépressifs. Est-ce que vous croyez que vous êtes libre quand vous êtes en dépression ? Les psychiatres savent que non.
Donc la décision de mort que vous prenez et qui n'est pas exclu, hein, le syndrome dépressif n'est pas exclu. Ce qui est exclu, c'est quand la personne n'est pas libre et éclairée. Mais dans les discussions parlementaires, je vois très bien mes collègues qui considèrent que certains patients en dépression, certains schizophrènes, certains bipolaires peuvent donner un consentement libre et éclairé.
Moi, je je pense que non. Je pense que quand on souffre d'une maladie psychiatrique, par définition, son consentement, en tout cas pour demander la mort, n'est pas libre éclairé. Et bien, il faut exclure ces gens-là.
Et alors euh est-ce que est-ce que le projet de loi de ce qui défendent enfin le Talazi même s'il le il ne le il ne nomme pas, est-ce que il prévoit l'abus de faiblesse de voir un peu ce qui peut se passer en cas d'abut de faiblesse et autres ? Et bien sûr que non. C'est un de un de nos combats.
C'est pas c'est pas prévu. Alors si en fait il faut ce qui est prévu c'est qu'il y a un médecin qui va vous examiner qui va étudier votre dossier qui aura 15 jours qui va prendre des avis. Ouais. sans d'ailleurs que les gens qui donnent votre avis vous voi c'est vous pourrez physiquement ne voir qu'un seul médecin.
D'accord. Un seul. Oui.
Oui. Ça c'est l'obligation. Vous pourrez peut-être en voir un deuxième si celui si le deuxième veut vous voir.
Mais s'il dit non, moi le dossier me suffit. Vous vous n'aurez rencontré en tout pour tout qu'une personne. Donc déjà c'est un sujet ça.
Et c'est à ce médecinl de s'assurer qu'il y a pas d'abus de faiblesse. Mais quand vous êtes tout seul, quels sont les moyens de s'assurer que vous avez pas d'abus de faiblesse ? Non.
Non, mais est-ce que le médecin ne doit pas voir pardon les les les proches, les gens ? Est-ce que est-ce qu'il y a est-ce qu'il y a une enquête ? Pardon ?
Est-ce qu'il y a une enquête ? Non, non. Le médecin, il recueille la vie d'un second médecin qui n'est pas obligé de vous voir, d'un auxiliaire médical qui vous l'infirmier qui vous soigne éventuellement qui n'est pas obligé de vous voir et il peut demander aussi à un psychologue, un psychiatre sans que ceci soit obligé de vous voir.
Donc il faut bien comprendre que la procédure est ainsi faite, que à la fin du fin, il y a des gens qui bénéficieront de l'euthanasie mais qui n'auront rencontré que leur médecins. L'abut de faiblesse, c'est très important. Si nous étions frères tous les deux, nous sommes de la même famille, vous avez le droit ou j'ai le droit de vous donner un rein si vous souffrez ou si je souffre d'insuffisance rénale.
Ça s'appelle le don d'organe intrafamilial. Bien, pour s'assurer que vous êtes d'accord et que je suis d'accord, que prévoit la loi ? Prévoit qu'un juge, un magistrat soit saisi en urgence et dise oui bah monsieur Berkov, il a le droit de donner son rat, à monsieur Juvin, parce que il est d'accord, il fait pas l'autre pression.
Tous les deux sont d'accord. Moi, je souhaitais qu'un juge puisse dire bah oui, la procédure a été respectée. Et là, il y a pas de juge dans le dans le circuit.
Même pas mais même pas même pour quelqu'un qui est sous tutelle. C'estàd pour vous, il y a aucun juge qui rentre dans le circuit. Il y a pas d'enquête sur la famille, les proches et cetera et cetera.
Pour vous mettre sous tutelle, pour vous mettre sous tutelle, il faut un juge et c'est normal. Et bien, le même qui est sous tutelle qui va bénéficier de l'euthanasie ne verra pas de juge. Vous trouvez ça normal ?
Non. En fait, ma crainte si vous voulez que on prétend qu'il y a des critères mais ces critères ne sont pas stricts. C'est c'est ça notre inquiétude et c'est que du coup bah ça soit ouvert à bien d'autres gens qui des abus de faiblesse et comme disait l'autre quand il y a du flou il y a un loup.
Absolument. Et là on parle de mort. Mais oui.
Alors il y a une commission de contrôle qui va contrôler mais à postériori quand vous serez mort qui va s'assurer. Oui exactement. Donc effectivement si ça c'est si les critères n'ont pas été respectés bah ça vous fera une belle jambe si je puis me permettre cette expression un peu vulgaire.
Donc non, il nous faut il faut des critères, il faut exclure des catégories en particulier les malades psychiatriques. Ça c'est pas possible. On peut pas accepter qu'un schizophrène ou un déficient mental puisse demander l'euthanasie.
Alors on me répond mais le médecin saura dire non. Sauf que il est tout seul. Peut-être qu'il y en a qui diront oui quand même.
Voilà. Non mais pardon. Et je reviens ce que vous dites moi qui me quand même qui me je qui me scandalise en tout cas qui m'étonne, c'est que par exemple quelqu'un qui a demandé qui demandera selon le projet de loi par faut qu'il a des critères bien sûr il faut qu'il souffre.
Mais est-ce que par exemple il n'y a pas le devoir de demander à ses proches sa femme ou son mari et cetera ? ce qu'il y a dans la procédure le devoir de en tout cas de consulter l'entourage et cetera enfin de faire une enquête une balan je vous lis le texte le médecin recueille la vie écrit d'un médecin d'un deuxième médecin qui peut ne pas vous voir d'un auxiliaire médical qui peut ne pas vous voir. Il peut pas obliger à recueillir la vie d'autres professionnels de santé en particulier psychologue.
Et lorsque vous êtes sous tutelle, il informe il informe la personne chargée le tuteur et tient compte de ses observations. Tiens compte mais on sait pas comment. Et enfin, il peut à la demande de la personne peut pas obliger recueillir la vie de la vie de la de la personne de confiance.
Ouais, c'est intéressant en fait. Pas d'enquête. Nous avons nous avons une auditrice, nous avons Régine qui nous appelle de foi.
Bonjour Régine. Oui, bonjour. Bonjour à vous André, à votre invité.
Alors moi, je suis d'une famille où nous avons des Alzheimers dans la famille et les Alzheimers justement sont pas du tout concernés par cette par cette loi puisque une personne atteinte d'Alzheimer à un stade avancé, je dis Alzheimer et tous les problèmes de sémilité profonde, hein. Euh ben quand on est en un stade avancé, bien sûr qu'on ne on n plus maître de soi et de ses pensées. Mais même si on demande 10 ans avant, 20 ans avant qu'au moment où justement euh on n'est plus capable de rien faire, on veut euh pouvoir bénéficier de ce euh de de cette aide à mourir.
De cette aide à mourir, on puisse pas le faire. Absolument. Moi ça ça me pose problème.
Oui, je comprends madame et c'est une question que nous c'est vous avez raison, c'est une question que nous nous sommes posé mais il a été décidé, je crois que c'est bien que on ne peut on ne pourrait pas procéder à l'euthanasie à quelqu'un qui ne serait pas capable au dernier moment de vous dire non. Or, par définition, si vous avez dit que vous vouliez bénéficier de l'euthanasie il y a 10 ans, que vous devenez des manches, je prends des mots un peu crus pour que tout le monde comprenne. Et comment et que du coup au moment de votre démence, vous n'avez plus votre libre arbitre par définition. vous n'êtes plus capable de dire non, de confirmer en fait votre demande.
Et bien, il faut pas le faire parce que les demandes de mort, elles sont fluctuantes. Un jour je veux mourir, un jour je vous pas un jour je ne veux pas mourir. Et euh je je je pense que ça serait très dangereux d'administrer la mort à quelqu'un qui n'est pas capable au dernier moment de vous dire stop.
En fait, c'est très c'est très intéressant et très difficile et encore plus difficile euh Philippe Juvin, quand on entend Régie le vrai problème et et vous vous posez en toute conscience et cohérence ce que dites et ces familles-là, je ne dis pas qu'elles ont rusé en hauteur, c'est pas le problème. C'est que quand on vit ça dans le quotidien, c'est très difficile. C'est ça.
Et madame, en fait, j'ai vécu la même chose que vous, donc je je sais exactement que je risque d'être et moi je ne veux pas vivre comme ça. Je sais ce que c'est. J'ai vu cette déchéance.
C'est c'est épouvantable. C'est un enfermement mental qu' ces personnes. Elles ne peuvent plus s'exprimer.
Et vous vous dites Régine que si ça vous arrive, vous voudriez pas euh vivre ça. Non, moi je veux je ne veux pas vivre ça. Absolument pas.
Il il y avait une il y avait un travail qui était bubillé quelques années qui c'est c'est on prenait des jeunes qui avaient un accident de moto et qui devenaient paralysé des quatre membres et on leur demandait le premier jour de leur accident, est-ce que votre vie vaut le coup d'être vécue ? Évidemment la réponse était non. Et la veille il marchait, le lendemain il marchait pas.
Et puis au fur et à mesure que les mois passaient et bien il voulit vivre un peu plus. Donc la demande de la demande de mort, elle varie aussi avec le temps. Mais ce qui est intéressant dans les Mais là là ça ne peut plus varier là.
Oui oui c'est passé de l'autre côté. Bien sûr. Mais il y avait deuxième chose c'est que au même moment on demandait aux soignants qu'est-ce que vous en pensez ?
Est-ce que sa vie vaut le coup d'être vécu ? et bien à tous les moments les soignants c'estàd les gens bien portants et l'entourage disait non enfin voyait la vie pire que le patient lui-même. Madame, je comprends tout ce que vous dites, sauf que je pense qu'on ne peut pas donner l'euthanasie à quelqu'un, enfin, on peut pas, il faudrait ne pas donner l'euthanasie à quelqu'un qui ne serait pas capable de dire non au dernier moment.
Voyez, c'est une et ben c'est de la maltraitance mentale, excusez-moi. C'est un débat compliqué. C'est un débat très compliqué.
Effectivement, je crois que on ne va pas on ne va pas se mettre d'accord là-dessus et d'ailleurs, il n'est pas question de se mettre d'accord mais merci Philippe Juvin en tout cas vous avez exposé ce qui se passe et aujourd'hui et à chacun de de dire ce qu'il a à dire et et c'est très très important en tout cas qu'on ait des témoins et des témoins aussi qui qui sont dans la pratique de la chose. à tout de suite.
Philippe Juvin