Alain Duhamel : "François Bayrou, le lanceur d'alerte"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:44OuverteRéponse directe
Vous l'avez trouvé comment, le Premier ministre, nouvelle étape de son marathon médiatique ce matin ?
- 2:21RelanceRéponse partielle
Mais quand on est aux manettes, on n'est pas là pour être lanceur de la lettre.
- 2:53FerméeRéponse directe
Vous iriez au-delà des 44 milliards ?
- 3:23OuverteRéponse directe
L'image qu'il veut laisser, on a l'impression qu'on en revient aux mêmes discussions qu'à l'époque de Gérard Collomb.
- 4:16OuverteRéponse directe
Ils sont convaincus de la gravité de la situation, mais pas des mesures à prendre.
- 6:02OuverteRéponse directe
Les peuples acceptent les mesures quand ils y sont vraiment contraints.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Invité politiqueFait
« C'est celle du lanceur d'alerte. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Il y a eu Raymond Barre, déjà à cause des difficultés financières. »
- 1:20Invité politiqueFait
« Michel Rocard a expliqué qu'on allait à la catastrophe. »
- 1:29Invité politiqueFait
« Il faut reconnaître qu'en ce qui concerne la dette, mais au-delà de la dette, le déficit budgétaire, et au-delà du déficit budgétaire, le laxisme financier français. »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« Ils n'ont jamais autant épargné. Et l'épargne française privée est absolument gigantesque. »
- 4:37Invité politiqueFait
« La France est en train de redevenir ce qu'elle était en 1958, c'est-à-dire l'homme malade de l'Europe. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Tous, sans exception, ça a été vrai du Portugal, ça a été vrai de l'Espagne, ça a été vrai de la Grèce, évidemment, la morose Grèce, ça a été vrai de l'Italie, ça a été vrai de la Belgique. »
- 5:52Invité politiqueFait
« Les mesures dures qui ont été prises dans tous ces pays, bien plus dures que ce qui était évoqué pour la France aujourd'hui, ces mesures dures, ça a marché. »
- 8:24Invité politiqueFait
« On se retrouve exactement au même point où on a été après la chute du gouvernement Barnier. »
Temps de parole
- François Bayrou61 %
- Présentateur26 %
- Locuteur non identifié7 %
- Invité3 %
- ?3 %
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Quand vous décidez qu'un combat est vital pour votre pays, quand vous choisissez de l'affronter, il n'y
a
pas à faire semblant. Il y a à mener le combat. La politique, ce n
'est
pas du spectacle. Ce n
'est
pas une tournée, entre guillemets, d'adieu, comme vous dites. Ce n
'est
pas de la pédagogie, c'est du combat.
Il n'y a pas à faire semblant, ce n
'est
pas de la pédagogie, c'est du combat. Les mots de François Bayrou, qui était l'invité ce matin d'RTL entre 7h30 et 8h30, et on
va
en parler dans l'esprit de l'info avec notre grand témoin du jour que je suis particulièrement heureux et fier d'accueillir,
c
'est vous Alain Duhamel. Bonjour. Bonjour. Bienvenue, on ne vous présente plus, on dit Alain Duhamel.
Écoutez, oui, il
faut préciser le prénom quand même. Oui, parce qu
'il y en a quelques-uns
en ce moment en particulier. Une impression générale, Alain, peut-être pour commencer. Vous l'avez trouvé comment, le Premier ministre, nouvelle étape de son marathon médiatique ce matin ?
Non, mais tel qu'en lui-même, mais en fait, la posture qu'il a choisie, c'est sa conviction. Mais c'est aussi une posture, là, n'empêche pas l'autre. C'est celle du lanceur d'alerte. Vous savez, parmi les grands politiques, enfin ceux qui sont justement au niveau Premier ministre au moins, les lanceurs d'alerte, il n'y
en
a pas beaucoup. Il y a eu Raymond Barre, déjà à cause des difficultés financières. Il y a eu Michel Rocard, en particulier, quand François Mitterrand était en position de force. Michel Rocard a expliqué qu'on allait à la catastrophe. Et puis,
il y
a François Bayrou. Chez lui, c'est constant. Il faut reconnaître qu'en ce qui concerne la dette, mais au-delà de la dette, le déficit budgétaire, et au-delà du déficit budgétaire, le laxisme financier français.
Il avait déjà fait sa campagne
présidentielle de 2007. C'est un thème-là. Mais les Français craignent ce qui se passe aujourd'hui. Il y
a
d'ailleurs une preuve très simple, qui est qu'ils n'ont jamais autant épargné. Et l'épargne française privée est absolument gigantesque. D'ailleurs, très mal utilisée, soit dit en passant, sur le plan économique. Mais enfin, bon, c'est un autre sujet. Donc, il a voulu
avertir.
Il a voulu avoir le statut, choisir le rôle de celui qui aura
annoncé
le pire à l'avance. Mais pardon Alain, quand on est aux manettes, quand on est au pouvoir, on n'est pas là pour être lanceur de la lettre. On est là pour prendre les décisions, et pour que justement, la crise que certains voient venir, ou qui peut affoler, soit régulée, jugulée, contrôlée. Alors, les décisions, il ne
faut
pas dire qu'il ne les a pas prises dans la mesure où il a présenté un budget précis. Bon, alors on peut dire qu'il est bon, on peut dire qu'il est mauvais. On peut dire qu'il est excessif, on peut dire qu'il est insuffisant. Moi, si j'avais à dire quelque chose, je trouverais qu'il manque plutôt trop de rigueur. que pas assez. Vous en mettriez davantage
? Vous iriez au-delà des 44 milliards ? Oui, absolument. Je ne
suis
pas sûr que vous soyez en liste pour Matignon la semaine prochaine. Je ne le crois pas non plus.
Mais je pense qu'on sous-estime beaucoup l'état des choses, ou pas tout le monde. Mais ce que je voulais dire, c'est que François Bayrou s'adressait bien entendu au monde politique, mais il s'adressait avant tout aux Français. Et l'image qu'il veut laisser, mais sa conviction, Alain n'empêche pas l'autre, l'image qu
'il
veut laisser, c'est d'être celui qui a donné les proportions à la crise qui nous
menace. Pardon Alain, l'image qu'il veut laisser, on a l'impression qu'on en revient avec François Bayrou, aux mêmes discussions qu'on a pu avoir à l'époque de Gérard Collomb sur Emmanuel Macron et son hubris. L'important, c'est lui, l'important, c'est l'image qu'il va laisser,
l
'important, c'est comment il va soigner sa sortie.
Alors, non.
C'est pas ça ? Non,
c'est ça, mais ça n'est pas que ça. Il y a les deux choses. Il y a évidemment l'image qu'il veut laisser, il y a évidemment aussi ce qu'il peut imaginer pour la suite. Évidemment, tout ça, ça n'est pas un naïf, ce n
'est
pas un candide, donc bien sûr qu'il
y a
ça. Il y a d'ailleurs ça toujours chez les leaders politiques importants, mais
il
n'y a pas que ça. Son sentiment,
en
l'occurrence, c'est un sentiment que moi, je partage, en tout cas, son sentiment, c'est que non seulement il faut convaincre les Français de la gravité de la situation, ça, en gros, disons qu'on y est arrivé, mais ils
sont convaincus
de la
gravité, mais
ils ne sont pas prêts. Mais attendez, j'y vais, j
'y vais, j'y vais. Ils sont convaincus de la gravité de la situation, mais pas convaincus du tout des mesures à prendre pour combattre la gravité de la situation. Or, le problème, c'est ça. C'est quelles mesures prendre ? Et alors, moi, ce qui me frappe dans le débat politique, le débat politique autour de la crise française, c'est quand même une grosse affaire. Parce que le problème, c'est que la France est en train de redevenir ce qu'elle était en 1958, c'est-à-dire l'homme malade de l'Europe. Et ça n'est pas flatteur comme rôle, et c'est vraiment ce qui nous pend au nez.
Donc, devant ça, la question n'est pas, comme moi je l'entends depuis plusieurs gouvernements, de dire, attention, c'est grave. Et François Bayrou dit encore plus que les autres, oui, oui, c'est grave, le chaos. Non, c'est ça. Mais ce qui manque,
ce
que j'attends, c'est, oui, mais que faisons-nous vraiment ? Et il y a une chose, moi, qui me frappe toujours dans ce débat, c'est qu'on ne prend jamais en compte ce qui s'est passé dans les pays voisins qui ont connu la même situation que nous auparavant. Or, tous, sans exception, ça a été vrai du Portugal,
ça
a été vrai de l'Espagne, ça a été vrai de la Grèce, évidemment, la morose Grèce, ça a été vrai de l'Italie, ça a été vrai de la Belgique, qui n'en a pas tiré les conséquences. Bon, la question, ce n
'est
pas simplement de faire un diagnostic, c'est de prendre les mesures. Mais ce qu'on ne dit jamais dans ce débat, et ça, c'est choquant et c'est bête,
c
'est que les mesures dures qui ont été prises dans tous ces pays, bien plus dures que ce qui était évoqué pour la France aujourd'hui, ces mesures dures, ça a marché. Autrement dit, qu'on a demandé des efforts, mais que ça n
'a
pas été des efforts inutiles, c'est des
efforts
qui ont rétabli la situation, et nous, on n'en est pas là.
Ce que nous disait François Langlais tout à l'heure, à 7h35, juste avant l'arrivée de François Bayrou, c'est que finalement, les peuples acceptent les mesures quand ils y sont vraiment contraints. Quand il y
a
une crise en Grèce, quand le FMI avait pris la main, c'est rarement,
librement
consenti, en quelque sorte.
Mais
bien entendu, les peuples sont assez intelligents, notamment le peuple français, qui est très subtil en politique. Les peuples comprennent très bien ce qui se passe, et qui ne comprennent pas toujours spontanément ce qu'il faut faire face à ce qui se passe.
Or, c'est ça le problème. François Bayrou, il a aussi parlé, enfin, l'interroger avec Marc Olivier, sur peut-être son plan caché. Je pars aujourd'hui en étant un lanceur d'alerte, comme vous le disiez, et puis peut-être que je reviendrai en 2027 pour la présidentielle. Écoutez ce qu'il a répondu.
Alors, je serai là en 2027, mais ça ne veut pas dire candidat à
l
'élection.
Mais vous ne l'églisez
pas. Ça n'est pas dans mon objectif aujourd'hui. Mais c'est possible. C'est toujours possible, mais ça n'est pas le sujet. En tout cas, c'est pas le plan, là.
Ça n'est pas mon plan. Ça n'est pas mon plan. Ça n'est pas mon objectif aujourd'hui. Alain Duhamel,
c
'est pas vous faire injure que de vous dire que vous en avez connu des dizaines des candidats potentiels qui disaient, oh là là, moi, oh, jamais, oh, jamais.
Le problème de François Bayrou, c'est qu'évidemment, il a envie d'être candidat à
l
'élection présidentielle. Il a toujours eu envie. Il l'a déjà été un certain nombre de fois, comme vous vous rappelez. Mais dans sa situation, c'est-à-dire quelqu'un qui est exceptionnellement impopulaire et au moment où, évidemment, son gouvernement va tomber lundi, ce n
'est
pas trop le moment de jouer le flamboyant. Donc, il ne ferme pas la porte. Ça ne veut pas dire qu'il n'espère pas qu'elle sera peut-être entre ouverte. Disons qu'aujourd'hui,
c'est de la politique fiction. Vous le disiez, son gouvernement va sans doute tomber lundi. Finalement, ça ne le préoccupe pas plus que ça, le Premier ministre.
Il n'y a
plus de
catastrophe dans la vie que la chute d'un gouvernement. Pas pour le pays, manifestement, puisque vous allez
laisser une
dette abyssale et avec des successeurs qui ne vont pas la régler.
Vous avez exactement raison dans cette formule. Les conséquences de, en effet, cette décision qui sera, pourrait être prise lundi, les conséquences, c'est qu'on va désormais revenir en arrière sur cette exigence.
Qu
'est-ce qui va se passer après Alain Duhamel ? C'est quoi le monde politique de lundi, fin d'après-midi, quand le gouvernement sera probablement tombé ?
On se retrouve exactement au même point où on a été après la chute du gouvernement Barnier, après la chute
des
gouvernements depuis deux ans. Évidemment,
il
va y avoir une période... Ça serait une surprise si ça allait vite.
Moi,
ce que je crains, c'est que de nouveau, on retombe dans deux semaines, trois semaines de tergiversation. Et on voit très bien,
on
est aujourd'hui, c'est ce qui ressort de tout, en train de tester le Parti Socialiste pour savoir s'il y a des points de convergence, pas des points de convergence, si on peut imaginer un accord de non-censure, mais de non-censure au bénéfice de qui ? Au bénéfice d'un Premier ministre socialiste, c'est peu probable quand même. Vous n'êtes jamais lassé, vous, par tout ça ? Ah, pas du tout. Ah oui ? Pas du tout, parce que, je veux dire, c'est ce qui concerne tous les Français. Alors, que je puisse être lassé des ficelles. Oui, c'est ça
que vous voulez dire.
Évidemment, des ficelles, parce qu'en plus, elles ne m'échappent pas tellement à la longue. Mais, en revanche, de l'enjeu, là, l'enjeu, c'est, on a une crise qui nous pend au nez. Est-ce que, oui ou non, on fait des propositions susceptibles d'y faire face ? Et j'espère, d'une part, que François Bayrou, dans son dernier discours, lundi, va, de ce point de vue, être un peu précis sur ce qu'il faut faire. Bon, c'est un discours d'adieu, c'est important, c'est difficile, ça permet aussi d'être hardi. Moi, François Bayrou, lundi, je le vois absolument comme Cyrano de Bergerac en face de Roxane, c'est-à-dire, faisant un superbe discours pour tout dire au moment où il meurt.
Cyrano de peau. Comme Cyrano. Voilà, merci beaucoup Alain Duhamel. Et puisque vous parlez de lundi, ça tombe bien, vous reviendrez nous voir lundi, 9h15 ? Écoutez, si vous voulez toujours de moi, oui. Ah oui,
oui,
tout à fait, puis on parlera aussi de ce qui se passe ailleurs, parce
qu
'on n
'a
pas eu le temps de le faire aujourd'hui, parce que pendant qu'on regarde l'Assemblée, il y a Poutine, Kim Jong-un, et Xi Jinping. Ce qui compte environ mille fois plus que nous. C'est pour ça que nous en parlerons. Merci beaucoup Alain. Restez avec nous dans un instant, le trapenard du vendredi avec vous, Augustin Trapenard. Bonjour Augustin. Bonjour Thomas, bonjour à tous. Alors Augustin, vous nous expliquez que pour comprendre notre Premier ministre François Bayrou, on a besoin de Saint-Augustin. Vous prenez pour un saint, vous ?
Non, alors je vous rassure, évidemment, il ne s'agit pas de parler de moi, même si j'adore parler de moi. C'est très sérieux. On va parler du philosophe Saint-Augustin, il faut me faire confiance. Ah,
la
confiance,
c
'est qu'en ce moment, la confiance est difficile à obtenir. Décisément. Allez, à tout de suite.
François Bayrou