Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 1 octobre 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploi

Jean-François Husson : « Il faut du courage politique pour redresser le pays »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Comment redresser les comptes publics avec un endettement à 120% et un déficit à plus de 5% ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous vous dites que vous avez une part de responsabilité dans la dégradation des finances ?

  • 3:18RelanceRéponse directe

    Bruno Le Maire dit que c'est le Parlement qui n'a pas voulu faire les économies nécessaires. Qu'en pensez-vous ?

  • 4:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce budget 2027 est le budget de l'impasse ?

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Est-ce que la responsabilité d'Emmanuel Macron dans l'arrivée du RN et de LFI est engagée ?

  • 7:07FerméeRéponse directe

    Est-ce que les 54 milliards d'économies prévues pour 2027 sont réalisables selon vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurChiffre
    « Un endettement de 120%, une charge de la dette à près de 80 milliards, un déficit à plus de 5%. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « On se fait tanser par le ministre de l'Économie de ne pas avoir tenu les objectifs de 5%. »
  • 2:57Invité politiqueChiffre
    « Quand il y a trois ans, on a proposé ici, pour la seule et unique fois, sous la Ve République, une assemblée à proposer 7 milliards d'économies. »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « Nos entreprises, l'impôt sur les sociétés n'a jamais été aussi élevé. Il est plus élevé qu'aux années Mitterrand. »
  • 9:55InvitéFait
    « Le point d'indice des fonctionnaires sera gelé. Ça veut dire que les salaires des fonctionnaires n'augmentera pas du tout l'année prochaine. »
  • 9:52InvitéChiffre
    « Le ministre du Travail propose pour faire 2 milliards d'euros d'économie de s'attaquer aux arrêts maladie avec par exemple la possibilité d'allonger les délais de carence. »
  • 12:55InvitéFait
    « Les pensions de retraite qui sont situées entre 1260 et 2034 euros, au-dessus, elles seront complètement gelées. »

Temps de parole

  • Jean-François Husson60 %
  • Invité12 %
  • Présentateur11 %
  • Invité 211 %
  • ?5 %

≈ 28,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Locuteur

Jean

0:15
Présentateur

-François Husson, vous êtes sénateur à l'air de Meurthe et Moselle, encore rapporteur général du budget pour quelques jours. On va en parler, c'est donc le jour J pour la présentation du budget. Le gouvernement qui va dévoiler comment il compte atteindre les 54 milliards d'euros d'économies alors que la situation des finances publiques est alarmante. Un endettement de 120%, une charge de la dette à près de 80 milliards, un déficit à plus de 5%. Comment redresser les comptes ? On va en parler dans cette demi-heure.

D'abord, un petit mot sur vous, Jean-François Husson, parce que renouvellement sénatorial et renouvellement des instances obliges, vous allez laisser votre poste de rapporteur général du budget alors que s'ouvre la discussion parlementaire sur le texte. Vous le regrettez

0:53
Locuteur

? Il

0:54
Jean-François Husson

y a toujours, d'abord j'ai le sentiment

0:56
Locuteur

à

0:57
Jean-François Husson

la fois d'avoir servi la cause et porté le débat

1:04
Locuteur

au

1:05
Jean-François Husson

nom du Sénat, le sentiment du devoir accompli,

1:08
Locuteur

et

1:08
Jean-François Husson

puis les règles, elles sont établies. Donc si vous voulez, c'est un peu comme en sport, il faut être fair-play, il faut passer la main, il faut passer à autre chose, il faut savoir s'en mettre en cause. C'est le sens de la vie. Mais puisque vous évoquez le sujet, moi j'ai été nommé, je dirais, en plein cœur de la crise sanitaire

1:26
Locuteur

en

1:27
Jean-François Husson

6 ans.

1:28
Locuteur

Quelle

1:29
Jean-François Husson

déception, quel effondrement de notre pays. Au moment où je m'exprime, je vous le dis, j'ai mal à la France.

1:37
Locuteur

La

1:38
Jean-François Husson

France mérite mieux, les Français méritent mieux. Donc nous devons impérativement

1:43
Locuteur

nous

1:44
Jean-François Husson

ressaisir. Il faut retrouver cette fierté d'une France

1:48
Locuteur

qui

1:48
Jean-François Husson

ose, d'une France qui gagne, d'une France qui entreprend, d'une France qui travaille. Il y en a assez, des impôts, des leçons qui nous arrivent de manière trop verticale. Ça suffit.

2:00
Présentateur

Et vous laissez votre poste avec une situation des finances publiques. J'ai rappelé les chiffres qui est alarmante, qui est très dégradée. Est-ce que quelque part, vous vous dites, en tant que rapporteur général du budget, j'ai aussi un peu ma part de responsabilité, j'ai peut-être pas réussi suffisamment à imposer certaines choses

2:15
Jean-François Husson

? C'est évident. On va revenir juste sur l'épisode de l'année dernière. On se fait tanser par le ministre de l'Économie de ne pas avoir tenu les objectifs de 5%.

2:28
Locuteur

Le

2:28
Jean-François Husson

Sénat, évidemment, a été, je dirais, injustement et brutalement mis en cause.

2:35
Locuteur

Mais

2:35
Jean-François Husson

je demande au gouvernement aujourd'hui de regarder sa copie.

2:38
Locuteur

Le

2:38
Jean-François Husson

miroir, il n'est pas déformant, il est alarmant.

2:41
Locuteur

On

2:42
Jean-François Husson

va être sur des déficits de plus de 5-4%. Le Premier ministre explique aujourd'hui qu'on est,

2:49
Locuteur

si

2:50
Jean-François Husson

on ne fait rien, au bord d'une crise financière. Ce n

2:53
Locuteur

'est

2:53
Jean-François Husson

pas faute d'avoir alerté. Ce n

2:54
Locuteur

'est

2:54
Jean-François Husson

pas faute d'avoir proposé. Quand il

2:57
Locuteur

y

2:57
Jean-François Husson

a trois ans, on a proposé ici, pour la seule et unique fois, sous la Ve République, une assemblée à proposer 7 milliards d'économies. Si le maire et consorts, à l'époque, nous ont dit, circulez, il

3:07
Locuteur

n'y a

3:07
Jean-François Husson

rien à voir, votre copie ne vaut rien. Je demande à tous ces gens-là de se regarder dans le miroir. Mais honnêtement, il n'y a aucune fierté à avoir de ce travail.

3:18
Locuteur

Mais

3:18
Présentateur

Bruno Le Maire, lui, il dit l'inverse. Il dit, moi,

3:20
Locuteur

quand j'ai voulu redresser les comptes, c'est le

3:21
Présentateur

Parlement qui n

3:22
Locuteur

'a

3:22
Présentateur

pas

3:22
Locuteur

voulu faire

3:23
Présentateur

les économies nécessaires.

3:24
Jean-François Husson

Quand on rend des copies, comme les gouvernements ont rendu, voilà, moi, je constate, sur 10 ans,

3:29
Locuteur

la

3:30
Jean-François Husson

responsabilité, bien sûr qu'elle est collective, mais il y a quand même, c'est ceux qui exercent les responsabilités. Écoutez, quand vous avez une copie

3:38
Locuteur

d

3:39
Jean-François Husson

'aussi mauvaise qualité, avec des résultats aussi préoccupants, en déficit, multiples et divers, en fiscalité, où on est les champions du monde, nos entreprises, l'impôt sur les sociétés n'a jamais été aussi élevé. Il est plus élevé qu'aux années Mitterrand. Écoutez, il faut regarder, et puis à un moment, déjà, on se tait.

3:59
Locuteur

Je

3:59
Jean-François Husson

pense que les Français, moi, je les entends, la colère aujourd'hui, elle

4:02
Locuteur

est

4:02
Jean-François Husson

à l'endroit de tous les Français. Il

4:03
Locuteur

y

4:03
Jean-François Husson

a de la fatigue démocratique, il

4:05
Locuteur

y a

4:05
Jean-François Husson

de la lassitude.

4:06
Locuteur

Mais

4:06
Jean-François Husson

il ne faut pas renoncer, parce que ce n

4:08
Locuteur

'est

4:08
Jean-François Husson

d'abord pas de notre tempérament, il

4:09
Locuteur

y

4:09
Jean-François Husson

a une responsabilité, c'est de tout faire pour redresser le pays, mais pour redresser le pays, encore faut-il se parler, et puis que ceux qui ont commis des erreurs

4:18
Locuteur

sachent,

4:19
Jean-François Husson

à un moment, faire preuve d'une grande humilité. Ce n

4:22
Locuteur

'est

4:22
Jean-François Husson

pas ce que je constate en ce moment, d'où cette colère que je ressens également, parce que je pense que quand on est responsable, on assume ses responsabilités, et quand on rend une copie aussi vilaine, je pèse mes mots, il faut savoir se mettre en retrait. Le silence, en général, est une bonne manière de laisser la place au débat, parce qu'il a besoin aussi, ce débat d'être à nouveau nourri par de belles perspectives.

4:53
Présentateur

Il va être particulier, ce budget 2027, est-ce que c'est un peu le budget de l'impasse, le budget du kitoudoube

4:59
Locuteur

?

5:01
Jean-François Husson

Il est surtout dans un contexte d'avant-présidentiel, d'un pays qui est fracturé, qui est même fragmenté dans sa représentation nationale. Et regardez, même ici au Sénat,

5:12
Locuteur

on

5:13
Jean-François Husson

a un groupe qui n'était pourtant pas très important, qui se déchire, un groupe, je dirais, du socle commun, on a l'arrivée du Rassemblement national, on a deux LFI, ceux qui arrivent. Voilà, c'est l'image de notre pays qui se traduit, y compris au Sénat. Et là où on a besoin de recoudre, de rassembler, de réunifier, en fait, on s'aperçoit que c

5:40
Locuteur

'est

5:40
Jean-François Husson

l'inverse. Comment voulez-vous que les Français ne soient pas, comment dirais-je, à la fois choqués, interpellés, même si cette représentation, elle est le fruit des votes des Français

5:51
Locuteur

?

5:52
Jean-François Husson

Donc, si vous voulez, je pense que le

5:55
Locuteur

fameux… Et donc, le fruit d'une

5:56
Présentateur

réalité démocratique,

5:57
Locuteur

d'une réalité électorale. Bien sûr, et en

5:58
Jean-François Husson

même temps, c'est tout et son contraire, ça finit par être le grand bordel.

6:02
Locuteur

Donc,

6:02
Présentateur

il y

6:02
Locuteur

a

6:02
Présentateur

une responsabilité d'Emmanuel Macron dans l'arrivée du Rennes et de LFI ?

6:05
Jean-François Husson

Écoutez, il suffit juste de reprendre ces déclarations en 2017. On allait voir ce qu'on allait voir, le dépassement. Son objectif, un de ses objectifs majeurs, c'était de repousser le Rassemblement national. Non, il l'a fait grandir.

6:19
Locuteur

Le

6:19
Présentateur

gouvernement qui va donc dévoiler la copie de son budget pour 2027, aujourd'hui,

6:23
Locuteur

et

6:23
Présentateur

cette copie, Stéphane, elle promet d'être à mer.

6:26
Locuteur

Oui,

6:27
Invité

les objectifs d'économie n'ont pas disparu dans la bouche du ministre de l'Économie, puisque la dette française continue de cesser. Vous avez rappelé les chiffres, mais je vais quand même les rappeler, parce que la dette, ça représente 119% du PIB. Ça fait 3600 milliards d'euros, très loin de ce que permet la Commission européenne. Le déficit devrait atteindre cette année, vous l'avez dit, Jean-François, et son 5,4% du PIB. C'est au-dessus de ce qu'ambitionnait le gouvernement. Bref, les voyants sont au rouge. Donc, le gouvernement fixe la barre haute, 54 milliards d'euros d'économie en 2027 pour tenter de ramener le déficit à 5% à la fin de l'année 2027.

Un objectif que le ministre de l'Économie qualifie d'ambitieux, mais de réalisable. Est-ce que vous partagez son avis, Jean-François Husson ? C'est réalisable

7:10
Locuteur

? Ça

7:11
Jean-François Husson

va être difficile, parce que, je dirais, vous avez parlé d'un budget amer. Non, il va être fortement vinaigré et poivré. C'est une salve d'impôts, de taxes. Alors, plus ou moins, comment dirais-je, elles sont diverses. Quand vous augmentez les taxes, vous pouvez augmenter les taxes sur les autoroutes, sur les concessionnaires, multipliées par trois, on sait comment ça finit. C'est soit c'est invalidé,

7:39
Locuteur

je

7:40
Jean-François Husson

dirais, par les juges, soit c'est l'automobiliste qui paie. Quand vous voulez augmenter les taxes ou faire des prélèvements sur les complémentaires santé, c'est la même chose. C'est l'assuré social qui paie. Et pendant ce temps-là, comment on redresse nos comptes sociaux

7:53
Locuteur

?

7:55
Jean-François Husson

Comment on les redresse ? Quand

7:56
Locuteur

?

7:57
Jean-François Husson

Enfin, je ne comprends pas. Mais le gouvernement hérite,

8:03
Locuteur

je

8:04
Jean-François Husson

dirais, finalement, de cette incapacité qui est lue à corriger le tir et à fermer les vannes à partir de 2022. Je vais juste vous donner un chiffre.

8:14
Locuteur

Les

8:14
Jean-François Husson

dépenses de l'État, même retraité de l'inflation, enfin, retraité de l'inflation,

8:18
Locuteur

elles

8:19
Jean-François Husson

augmentaient sous le mandat de Sarkozy de 4 milliards.

8:22
Locuteur

Sous

8:23
Jean-François Husson

le mandat de Hollande,

8:24
Locuteur

de

8:25
Jean-François Husson

25 milliards.

8:27
Locuteur

Et

8:28
Jean-François Husson

sous Macron, de 48 milliards. 48 milliards

8:32
Locuteur

! Moins

8:34
Jean-François Husson

de recettes, plus de dépenses. Je comprends la difficulté du gouvernement d'aujourd'hui. Mais ce gouvernement d'aujourd'hui, il s'inscrit dans la lignée des gouvernements précédents.

8:43
Locuteur

Et

8:43
Jean-François Husson

en fait, il aurait été utile, intéressant, pour le pays, pour les Français, d'entendre les désaccords au Parlement. Enfin, on n'est pas un endroit, on n'est pas la poste, quoi.

8:57
Présentateur

Pour réaliser ces 54 milliards l'année prochaine, le gouvernement a déjà dévoilé quelques pistes. Stéphane, qui va payer ?

9:02
Invité

Alors, une petite partie des économies sera réalisée par l'État lui-même. Ils veulent montrer l'exemple.

9:07
Locuteur

C

9:07
Invité

'est ce qu'ils disent. En tout cas, Roland Lescure l'a dit le 18 septembre. On l'écoute.

9:11
Locuteur

L

9:11
Invité

'État, c'est un gel avec des priorités. Pour autant, on va évidemment continuer à investir dans la défense. On va investir dans l'avenir aussi, l'enseignement supérieur et la recherche. Et on va investir sur l'écologie, avec une hausse du budget de

9:23
Locuteur

l

9:23
Invité

'écologie. Mais ça veut dire que les autres ministères feront des efforts importants, y compris ici à Bercy. Conséquence de cette décision, le point d'indice des fonctionnaires sera gelé. Ça veut dire que les salaires des fonctionnaires n'augmentera pas du tout l'année prochaine. Pour les ministères qui feront des efforts, il

9:38
Locuteur

y a

9:38
Invité

le ministère du Travail qui va réduire la portée du compte personnel de formation, le CPF. Pour diminuer le budget de la sécurité sociale, le ministre du Travail propose pour faire 2 milliards d'euros d'économie de s'attaquer aux arrêts maladie avec par exemple la possibilité d'allonger les délais de carence.

9:55
Présentateur

Juste Jean-François Hisson,

9:55
Locuteur

est

9:55
Présentateur

-ce que quand vous entendez Roland Lescure, les pistes citées par Stéphane,

10:00
Locuteur

ça

10:00
Présentateur

va dans la bonne direction ?

10:00
Jean-François Husson

Il y en a certaines, oui. Nous, on avait proposé il y a deux ans, comment dirais-je, globalement, un gel des revalorisations, qu'elles soient d'ailleurs des retraites, de la fonction publique, parce que nous pensons qu'à un moment, il faut créer un élan.

10:21
Locuteur

il

10:21
Jean-François Husson

y

10:21
Locuteur

a

10:21
Jean-François Husson

une situation internationale qui est extrêmement préoccupante et je dirais grave, jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Ça s'entend.

10:30
Locuteur

Je

10:30
Jean-François Husson

pense en même temps que ça se met en scène. Finalement, les Français perçoivent difficilement ce chaos.

10:37
Locuteur

On

10:37
Jean-François Husson

le voit avec le sujet du détroit d'Hormuz. J'ai envie de dire, ça pète partout. À un moment donné, je pense que le Premier République aurait été avisé

10:48
Locuteur

de

10:48
Jean-François Husson

donner une situation peut-être d'ailleurs de manière un peu plus régulière sur la gravité de ce qui se passe. Et donc,

10:56
Locuteur

quand il y a... Il n'y a pas

10:57
Présentateur

suffisamment de transparence de la part des manières ? Non,

11:00
Jean-François Husson

ce n

11:00
Locuteur

'est

11:00
Jean-François Husson

pas ça, mais il faut expliquer aux Français. Si vous voulez, dans le flot continu d'informations,

11:05
Locuteur

d

11:06
Jean-François Husson

'intérêts divers ou en général, justement, l'opinion a tendance à réagir à l'immédiateté, à mille et une choses assez horribles ou glauques. Il faut élever le niveau et il faut redonner des perspectives. Les périodes de tensions internationales

11:21
Locuteur

et

11:22
Jean-François Husson

d'enjeux géopolitiques qui s'opèrent actuellement sont préoccupants. C'est des tensions des foyers de guerre un peu partout et puis c'est ces enjeux commerciaux.

11:33
Locuteur

On

11:33
Jean-François Husson

voit bien quand le président Trump reçoit le numéro 1 chinois, je trouve que derrière, il faut expliquer ce qui est en train de se passer.

11:45
Présentateur

Il a fait un venteur la semaine dernière

11:47
Locuteur

Emmanuel Macron pour expliquer ces conséquences. Il y a quelques jours,

11:50
Jean-François Husson

je dis, je pense, mais que globalement, le Président de République, le gouvernement, il a besoin de mettre un bon niveau de débat parce que sinon, on reste un peu au niveau au ras des pâquerettes et quand on est au ras des pâquerettes, on a tous tendance à trouver qu'on n

12:04
Locuteur

'a

12:04
Jean-François Husson

pas ceci, qu'on n

12:05
Locuteur

'a

12:05
Jean-François Husson

pas cela. Or, on a besoin de faire un effort. Moi, j'ai souvent dit, écoutez, il faut qu'on remuscle un peu comme le sportif. Quand on remuscle un peu notre économie et notre morale, ça donne de la tonicité, ça donne de l'envie de réussir. Voilà, il faut retrouver cette France des Jeux Olympiques, je le redis. C'est une France qui, collectivement,

12:24
Locuteur

a

12:24
Jean-François Husson

gagné et c'est la France d'aujourd'hui multicolore.

12:28
Locuteur

Le

12:28
Présentateur

gouvernement qui veut que pour ce budget, les efforts soient justes et partagés, c'est ce que dit le ministre de l'Économie.

12:32
Invité

Oui, que personne, finalement, n'échappe aux économies qui sont prévues, y compris les retraités qui supporteront 5,5 milliards d'euros de l'effort total. Concrètement, si vous êtes retraité, le projet du gouvernement c'est d'abaisser le plafond de l'abattement de 10% dont vous bénéficiez. Il faudra percevoir moins de 3 000 euros de retraite par mois pour continuer à en profiter. Deuxième piste, augmenter moins vite que l'inflation. Les pensions de retraite qui sont situées entre 1260 et 2034 euros, au-dessus, elles seront complètement gelées. Toucher les retraités pour se faire des économies, c'est nécessaire dans la période actuelle, dans le contexte que vous venez de nous décrire ?

13:07
Jean-François Husson

Il faut que tous les Français participent à l'effort. On a voté

13:10
Locuteur

des

13:11
Jean-François Husson

mesures qui s'inscrivent où le gouvernement propose des éléments aujourd'hui qu'il ne soutenait pas avant qui vont dans ce sens.

13:21
Locuteur

Faire

13:21
Jean-François Husson

un effort quand le pays a des comptes dégradés, c'est logique.

13:26
Locuteur

Et

13:26
Jean-François Husson

donc, il faut faire en sorte que ce soit le plus collectif possible. Je perçois et je soutiens l'idée de faire attention aux plus modestes pour ne pas que ce ne soit pas des trappes à précarité. Et donc, ce qui est proposé va dans le bon sens. Je veux juste dire

13:42
Locuteur

que

13:43
Jean-François Husson

les retraités, aujourd'hui, ils seraient quasiment les seuls, là où le gouvernement propose des gels dans la fonction publique, il y a beaucoup d'agents qui ne vont pas être valorisés. Les retraités, jusqu'à maintenant, ils ont bénéficié de

13:55
Locuteur

la

13:56
Jean-François Husson

révalidation annuelle de l'inflation. Alors, évidemment, c'est un retour en arrière puisque le gouvernement, les années passées, expliquait que oui, continuait d'aider les retraités.

14:06
Locuteur

Pas

14:07
Présentateur

que le gouvernement, Jean-François. Quand Michel Barnier a voulu désindexer les pensions de retraite, qui s'y est opposé, c'est Laurent Wauquiez.

14:13
Jean-François Husson

Non, mais

14:13
Locuteur

nous,

14:14
Jean-François Husson

ici, il

14:15
Locuteur

y a des

14:16
Présentateur

divisions chez les

14:17
Locuteur

LR. Mais

14:17
Jean-François Husson

il y a malheureusement trop de désaccords partout dans la société parce que c'est plutôt le chacun pour soi que le chacun pour tous.

14:26
Locuteur

J

14:26
Jean-François Husson

'entends que ce soit facile à prononcer pour certains,

14:30
Locuteur

mais

14:30
Jean-François Husson

nous n'avons pas le choix. Est-ce que ce n

14:32
Locuteur

'est

14:32
Jean-François Husson

pas le fruit aussi

14:33
Locuteur

d

14:34
Jean-François Husson

'un pacte et finalement de la préservation, de la cohésion nationale ? Simplement, il faut que derrière, ces efforts, ils se traduisent par un redressement des comptes et par des lumières et des étoiles qu'on commence à apercevoir à nouveau. Sinon, les Français vont nous en vouloir terriblement en disant non seulement vous nous demandez un effort, mais quelque part, la gaffe J continue. Et aujourd'hui, malheureusement, si vous regardez, la dégradation des comptes publics, la dégradation de tous les indicateurs, elle est extrêmement préoccupante. Faut-il rappeler que nous sommes à un niveau de fiscalité exceptionnellement haut. Donc, c'est vraiment beaucoup trop.

Et c'est ça qui irrite aussi beaucoup nos concitoyens.

15:12
Présentateur

Et avec ce budget, le Premier ministre a également touché aux aides sociales.

15:15
Invité

Oui, un gel des APL, des allocations, logements aussi, un gel de la prime d'activité. Ces aides ne monteront donc pas d'un centime l'an prochain malgré l'inflation. Coup de rabot aussi prévu sur l'allocation de rentrées scolaires et le gouvernement prévoit aussi de restreindre l'accès aux aides sociales pour les étrangers arriver légalement en France. Il devrait attendre un an de résidence régulière pour espérer accéder à l'allocation de rentrées scolaires, aux APL ou encore à la prime de naissance. Est-ce que c'est bien raisonnable aussi de viser les aides sociales, Jean-François Hisson

15:43
Locuteur

? Il

15:44
Jean-François Husson

faut, je dirais, un effort collectif. On va regarder dans le détail des mesures.

15:48
Locuteur

Le

15:49
Jean-François Husson

gouvernement, jusqu'à maintenant, a plutôt raisonné ce qui est un peu nouveau. En chambre, il n'a pas associé. D'ailleurs, tout le monde s'en étonne, mais c'est ainsi. C'est la responsabilité du gouvernement. Mais je pense, nous redisons que de toute façon, nous n'avons aujourd'hui pas le choix. Est-ce que…

16:08
Invité

Même dans cette situation où on entend des gens qui parlent de précarité, qui parlent de vie, sur les manifestations, les aides sociales, ce n

16:14
Locuteur

'est

16:14
Invité

pas un minimum à conserver quand même ?

16:16
Jean-François Husson

Je pense qu'il y a beaucoup de minimums. Enfin, on va dire la vérité. La vérité aujourd'hui, c'est que la France a un des meilleurs systèmes de protection sociale qui corrige des inégalités de départ. Je pense quand même qu'il faut le rappeler.

16:31
Locuteur

Et

16:32
Jean-François Husson

il faut entendre aussi, c

16:33
Locuteur

'est

16:33
Jean-François Husson

ceux qui considèrent aujourd'hui, à juste titre,

16:35
Locuteur

que

16:36
Jean-François Husson

le travail ne paie pas assez. On ne travaille pas en nombre d'heures en France.

16:43
Locuteur

On

16:43
Jean-François Husson

ne travaille pas assez. C'est comme ça qu'on va recréer de la richesse. Il ne faut pas se tromper. Il faut qu'on remette, je dirais, notre logiciel dans la bonne dynamique. Il faut retrouver, il faut créer plus d'activités, il faut travailler plus parce que dans ce cas-là, on a plus de recettes. Et si on a plus de recettes, évidemment, vous comprenez bien qu'on va commencer à réduire les déficits. Et il faut donc faire le pari de l'économie. Là, il y a beaucoup à oser.

17:09
Présentateur

Il y a aussi un dernier mot, Jean-François Husson.

17:12
Locuteur

Il

17:12
Présentateur

y a beaucoup d'économies dans ce budget. Est-ce que quand vous voyez les premières pistes, vous êtes plutôt parti pour le voter ou plutôt

17:17
Locuteur

parti pour le modifier ?

17:18
Jean-François Husson

C'est trop tôt. On va regarder les détails. Mais je dis bien, il y a des intentions sur lesquelles nous nous étions déjà prononcés dans ce sens. Au Sénat,

17:28
Locuteur

on

17:28
Jean-François Husson

ne

17:28
Locuteur

va

17:28
Jean-François Husson

pas se renier. Il n'y

17:29
Locuteur

a

17:29
Jean-François Husson

aucune raison. On veut quoi ? On veut redresser le pays ou on veut dire j'ai raison tout seul ? Moi, quand je crois j'ai français, je préfère recommanderer l'an d

17:37
Locuteur

'en

17:37
Jean-François Husson

me disant vous me demandez des efforts. Mais je le redis, si ça contribue vraiment au redressement, c'est aussi le courage politique.

17:45
Locuteur

On

17:46
Présentateur

va voir l'actualité dans votre région. On va aller à Mulhouse. Bonjour Laurent Baudin. Merci beaucoup d'être avec nous Laurent, journaliste et éditorialiste à l'Alsace et aux dernières nouvelles d'Alsace. Laurent Stellantis a mis quatre usines à l'arrêt dont une à Mulhouse.

18:00
Locuteur

Oui,

18:01
Invité

bonjour Aurélien. Alors en fait, il faut bien comprendre. Il y a quatre usines en France du groupe Stellantis qui vont être mises à l'arrêt. Il y a deux raisons distinctes là-dessus. Mulhouse, Poissy, c'est principalement dû à des cycles de véhicules. Mulhouse va être transformée à partir de 2028 en usine totalement électrique et malheureusement, ça va se traduire par une baisse de charge conséquente pour faire toutes les transformations. Son jeu Rennes,

18:25
Locuteur

c

18:25
Invité

'est totalement différent.

18:26
Locuteur

En

18:26
Invité

fait, c'est un manque de batterie, des batteries françaises fabriquées à Douvrain dans le Nord par ACC qui est une filiale une contreprise entre Stellantis, Total et Mercedes. Et donc là, face à la demande de batteries électriques, ACC ne peut pas encore produire suffisamment et c'est lié à... C'est vraiment un problème d'approvisionnement. Derrière ça, je ne

18:50
Locuteur

vous

18:50
Invité

cache pas qu'on arrive à fin octobre, les résultats financiers seront clos au 31 décembre et évidemment, il y a une raison financière là-dessus, c'est que si un peu le chômage partiel peut, je ne

19:03
Locuteur

vais

19:03
Invité

pas dire cacher la misère, mais réduire ou en tout cas permettre à Stellantis d'afficher de meilleurs résultats, ce ne sera pas plus mal. Parce qu'en fait, Stellantis est quand même en très grande difficulté et on commence à percevoir quelques signes très inquiétants sur une possible scission en fait, avec des activités européennes qui vont relativement mal, voire très mal, et une activité aux Etats-Unis qui se porte plutôt bien à tel point qu'on s'interroge sur une scission du groupe qui n'est vraiment pas, alors que ce n

19:32
Locuteur

'est

19:32
Invité

pas à

19:32
Locuteur

l

19:32
Invité

'heure du jour officiellement, mais en tout cas, ça pourrait se profiler prochainement, voire éventuellement une cotation uniquement aux Etats-Unis ce qui permettrait de faire de Stellantis un fer de lance et de mettre en avant ces activités parce qu'il faut quand même savoir que le prix de l'action, le niveau de l'action de Stellantis a quand même été divisé par 5 depuis son lancement, on était hier un peu en dessous de 4 euros l'action et c'est très très faible et effectivement, ça ne donne pas, visiblement, les investisseurs ne croient pas du tout en Stellantis. Alors moi, il

20:06
Locuteur

y a

20:06
Invité

une question que j'avais à poser au rapporteur général du budget, monsieur le sénateur, bonjour, qu'est-ce que vous pensez de la décision de certains constructeurs, notamment Stellantis, de produire des véhicules chinois dans leurs usines, c'est le cas notamment à Rennes, ce qui permettra finalement de contourner les droits de douane européens sur les véhicules chinois. Qu

20:26
Locuteur

'est

20:26
Invité

-ce que vous en pensez de cette décision ? Est-ce que ce n

20:27
Locuteur

'est

20:27
Invité

pas faire rentrer le loup dans la bergerie

20:29
Locuteur

? Vous

20:30
Jean-François Husson

savez, le loup, il est dans la bergerie depuis un moment. Je pense que c'est parce que l'industrie automobile et globalement, l'écosystème, a manqué peut-être de vision, d'anticipation qu'on s'est fait déborder. Il se trouve que nous étions avec une délégation de la Commission des finances au Sénat il y a quelques jours en Chine.

20:52
Locuteur

Il

20:52
Jean-François Husson

y a un rouleau compresseur. Alors, soit on considère qu'on joue le bras de fer avec la Chine, je pense que c'est perdu d'avance, notamment sur le sujet des batteries, des métaux rares. Soit on se dit qu'à un moment donné, il faut être intelligent, il faut oser, c'est-à

21:06
Locuteur

-dire

21:06
Jean-François Husson

qu'il faut effectivement coopérer avec la Chine. Il faut peut-être avoir des étapes comme celle-ci, c'est-à-dire pour rattraper le retard

21:15
Locuteur

plutôt

21:16
Jean-François Husson

que d'avoir une économie du secteur automobile qui s'effondre, c'est de trouver de travailler en partenariat

21:24
Locuteur

et

21:25
Jean-François Husson

de continuer à travailler sur l'innovation mais en le faisant peut-être à un rythme un peu différent et c'est là peut-être qu'on a perdu du temps. Pourquoi je dis le rythme différent ? C'est parce qu'on voit qu

21:34
Locuteur

'il y a

21:34
Jean-François Husson

une transition et finalement, aujourd'hui,

21:37
Locuteur

les

21:38
Jean-François Husson

choses arrivent vite.

21:39
Locuteur

La

21:39
Jean-François Husson

Chine a un marché intérieur qui est en difficulté, par contre, elle gagne grâce à l'exportation

21:46
Locuteur

et

21:47
Jean-François Husson

on voit bien que si la Chine est capable aujourd'hui, par des soutiens du gouvernement, de soutenir son secteur automobile, même à l'exportation pour baisser les prix et avoir des véhicules qui sont, en termes d'achat, à des prix très bas et des véhicules électriques. Nous, je pense qu'on a manqué d'anticipation. il fallait peut-être, il faut essayer de mieux répondre aux besoins des clients en France et en Europe

22:15
Locuteur

qui

22:16
Jean-François Husson

ne peuvent pas aller aussi vite et en plus, on se met de fait dans les mains de l'industrie automobile chinoise. Donc, évidemment, je pense que nous n'avons pas le choix, il faut coopérer,

22:26
Locuteur

il

22:26
Jean-François Husson

faut partager, il faut essayer de s'associer davantage que nous ne l'avons fait.

22:30
Présentateur

Laurent, rapidement, une seconde question.

22:33
Locuteur

Oui,

22:34
Invité

monsieur le sénateur, en fait, la question, c'est comment rendre aussi plus accessibles les véhicules électriques à tous les Français ? On sait que le bonus baisse régulièrement. Est-ce qu'il y a là-dessus que vous souhaitez un geste budgétaire de la part du gouvernement ?

22:46
Jean-François Husson

Je pense que ce n

22:48
Locuteur

'est

22:48
Jean-François Husson

pas la bonne solution. Je pense qu'il faut, alors pour le coup, je suis plutôt, enfin, je suis un tenant de l'économie libérale, il faut faire confiance aux entreprises pour voir de quelle manière à l'échelle nationale et européenne elles s'organisent et qui est finalement un travail très étroit et de collaboration parce qu'on voit bien que finalement, aujourd'hui, le véhicule électrique, qu'il n'est pas accessible au grand public, en tous les cas, dans notre production nationale et européenne. Je le dis, il se trouve qu'en Meurthe-et-Moselle, on a Renaud-Sauva-Babati qui aujourd'hui produit le

23:27
Locuteur

véhicule électrique, le master

23:28
Jean-François Husson

électrique qui arrive finalement aujourd'hui, mais il y

23:34
Locuteur

a

23:34
Jean-François Husson

eu 18 mois, très difficile.

23:36
Présentateur

Merci beaucoup, Laurent Baudin, merci d'avoir été avec nous. Regardez vos deux, une, la une de l'Alsace sur les violences sexuelles, la loi intégrale qui arrive aujourd'hui à l'Assemblée et la une des DNA, démographie,

23:46
Locuteur

l

23:46
Présentateur

'Alsace face au mur du vieillissement. Merci Laurent Baudin, merci Jean-François Husson.

23:50
Jean-François Husson

C'est moi qui vous remercie.

23:50
Présentateur

Bon examen budgétaire. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.