Jean-François Husson : « Il faut du courage politique pour redresser le pays »
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Comment redresser les comptes publics avec un endettement à 120% et un déficit à plus de 5% ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous dites que vous avez une part de responsabilité dans la dégradation des finances ?
- 3:18RelanceRéponse directe
Bruno Le Maire dit que c'est le Parlement qui n'a pas voulu faire les économies nécessaires. Qu'en pensez-vous ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Est-ce que ce budget 2027 est le budget de l'impasse ?
- 6:02OuverteRéponse directe
Est-ce que la responsabilité d'Emmanuel Macron dans l'arrivée du RN et de LFI est engagée ?
- 7:07FerméeRéponse directe
Est-ce que les 54 milliards d'économies prévues pour 2027 sont réalisables selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34PrésentateurChiffre
« Un endettement de 120%, une charge de la dette à près de 80 milliards, un déficit à plus de 5%. »
- 2:20Invité politiqueFait
« On se fait tanser par le ministre de l'Économie de ne pas avoir tenu les objectifs de 5%. »
- 2:57Invité politiqueChiffre
« Quand il y a trois ans, on a proposé ici, pour la seule et unique fois, sous la Ve République, une assemblée à proposer 7 milliards d'économies. »
- 3:48Invité politiqueFait
« Nos entreprises, l'impôt sur les sociétés n'a jamais été aussi élevé. Il est plus élevé qu'aux années Mitterrand. »
- 9:55InvitéFait
« Le point d'indice des fonctionnaires sera gelé. Ça veut dire que les salaires des fonctionnaires n'augmentera pas du tout l'année prochaine. »
- 9:52InvitéChiffre
« Le ministre du Travail propose pour faire 2 milliards d'euros d'économie de s'attaquer aux arrêts maladie avec par exemple la possibilité d'allonger les délais de carence. »
- 12:55InvitéFait
« Les pensions de retraite qui sont situées entre 1260 et 2034 euros, au-dessus, elles seront complètement gelées. »
Temps de parole
- Jean-François Husson60 %
- Invité12 %
- Présentateur11 %
- Invité 211 %
- ?5 %
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Jean
-François Husson, vous êtes sénateur à l'air de Meurthe et Moselle, encore rapporteur général du budget pour quelques jours. On va en parler, c'est donc le jour J pour la présentation du budget. Le gouvernement qui va dévoiler comment il compte atteindre les 54 milliards d'euros d'économies alors que la situation des finances publiques est alarmante. Un endettement de 120%, une charge de la dette à près de 80 milliards, un déficit à plus de 5%. Comment redresser les comptes ? On va en parler dans cette demi-heure.
D'abord, un petit mot sur vous, Jean-François Husson, parce que renouvellement sénatorial et renouvellement des instances obliges, vous allez laisser votre poste de rapporteur général du budget alors que s'ouvre la discussion parlementaire sur le texte. Vous le regrettez
? Il
y a toujours, d'abord j'ai le sentiment
à
la fois d'avoir servi la cause et porté le débat
au
nom du Sénat, le sentiment du devoir accompli,
et
puis les règles, elles sont établies. Donc si vous voulez, c'est un peu comme en sport, il faut être fair-play, il faut passer la main, il faut passer à autre chose, il faut savoir s'en mettre en cause. C'est le sens de la vie. Mais puisque vous évoquez le sujet, moi j'ai été nommé, je dirais, en plein cœur de la crise sanitaire
en
6 ans.
Quelle
déception, quel effondrement de notre pays. Au moment où je m'exprime, je vous le dis, j'ai mal à la France.
La
France mérite mieux, les Français méritent mieux. Donc nous devons impérativement
nous
ressaisir. Il faut retrouver cette fierté d'une France
qui
ose, d'une France qui gagne, d'une France qui entreprend, d'une France qui travaille. Il y en a assez, des impôts, des leçons qui nous arrivent de manière trop verticale. Ça suffit.
Et vous laissez votre poste avec une situation des finances publiques. J'ai rappelé les chiffres qui est alarmante, qui est très dégradée. Est-ce que quelque part, vous vous dites, en tant que rapporteur général du budget, j'ai aussi un peu ma part de responsabilité, j'ai peut-être pas réussi suffisamment à imposer certaines choses
? C'est évident. On va revenir juste sur l'épisode de l'année dernière. On se fait tanser par le ministre de l'Économie de ne pas avoir tenu les objectifs de 5%.
Le
Sénat, évidemment, a été, je dirais, injustement et brutalement mis en cause.
Mais
je demande au gouvernement aujourd'hui de regarder sa copie.
Le
miroir, il n'est pas déformant, il est alarmant.
On
va être sur des déficits de plus de 5-4%. Le Premier ministre explique aujourd'hui qu'on est,
si
on ne fait rien, au bord d'une crise financière. Ce n
'est
pas faute d'avoir alerté. Ce n
'est
pas faute d'avoir proposé. Quand il
y
a trois ans, on a proposé ici, pour la seule et unique fois, sous la Ve République, une assemblée à proposer 7 milliards d'économies. Si le maire et consorts, à l'époque, nous ont dit, circulez, il
n'y a
rien à voir, votre copie ne vaut rien. Je demande à tous ces gens-là de se regarder dans le miroir. Mais honnêtement, il n'y a aucune fierté à avoir de ce travail.
Mais
Bruno Le Maire, lui, il dit l'inverse. Il dit, moi,
quand j'ai voulu redresser les comptes, c'est le
Parlement qui n
'a
pas
voulu faire
les économies nécessaires.
Quand on rend des copies, comme les gouvernements ont rendu, voilà, moi, je constate, sur 10 ans,
la
responsabilité, bien sûr qu'elle est collective, mais il y a quand même, c'est ceux qui exercent les responsabilités. Écoutez, quand vous avez une copie
d
'aussi mauvaise qualité, avec des résultats aussi préoccupants, en déficit, multiples et divers, en fiscalité, où on est les champions du monde, nos entreprises, l'impôt sur les sociétés n'a jamais été aussi élevé. Il est plus élevé qu'aux années Mitterrand. Écoutez, il faut regarder, et puis à un moment, déjà, on se tait.
Je
pense que les Français, moi, je les entends, la colère aujourd'hui, elle
est
à l'endroit de tous les Français. Il
y
a de la fatigue démocratique, il
y a
de la lassitude.
Mais
il ne faut pas renoncer, parce que ce n
'est
d'abord pas de notre tempérament, il
y
a une responsabilité, c'est de tout faire pour redresser le pays, mais pour redresser le pays, encore faut-il se parler, et puis que ceux qui ont commis des erreurs
sachent,
à un moment, faire preuve d'une grande humilité. Ce n
'est
pas ce que je constate en ce moment, d'où cette colère que je ressens également, parce que je pense que quand on est responsable, on assume ses responsabilités, et quand on rend une copie aussi vilaine, je pèse mes mots, il faut savoir se mettre en retrait. Le silence, en général, est une bonne manière de laisser la place au débat, parce qu'il a besoin aussi, ce débat d'être à nouveau nourri par de belles perspectives.
Il va être particulier, ce budget 2027, est-ce que c'est un peu le budget de l'impasse, le budget du kitoudoube
?
Il est surtout dans un contexte d'avant-présidentiel, d'un pays qui est fracturé, qui est même fragmenté dans sa représentation nationale. Et regardez, même ici au Sénat,
on
a un groupe qui n'était pourtant pas très important, qui se déchire, un groupe, je dirais, du socle commun, on a l'arrivée du Rassemblement national, on a deux LFI, ceux qui arrivent. Voilà, c'est l'image de notre pays qui se traduit, y compris au Sénat. Et là où on a besoin de recoudre, de rassembler, de réunifier, en fait, on s'aperçoit que c
'est
l'inverse. Comment voulez-vous que les Français ne soient pas, comment dirais-je, à la fois choqués, interpellés, même si cette représentation, elle est le fruit des votes des Français
?
Donc, si vous voulez, je pense que le
fameux… Et donc, le fruit d'une
réalité démocratique,
d'une réalité électorale. Bien sûr, et en
même temps, c'est tout et son contraire, ça finit par être le grand bordel.
Donc,
il y
a
une responsabilité d'Emmanuel Macron dans l'arrivée du Rennes et de LFI ?
Écoutez, il suffit juste de reprendre ces déclarations en 2017. On allait voir ce qu'on allait voir, le dépassement. Son objectif, un de ses objectifs majeurs, c'était de repousser le Rassemblement national. Non, il l'a fait grandir.
Le
gouvernement qui va donc dévoiler la copie de son budget pour 2027, aujourd'hui,
et
cette copie, Stéphane, elle promet d'être à mer.
Oui,
les objectifs d'économie n'ont pas disparu dans la bouche du ministre de l'Économie, puisque la dette française continue de cesser. Vous avez rappelé les chiffres, mais je vais quand même les rappeler, parce que la dette, ça représente 119% du PIB. Ça fait 3600 milliards d'euros, très loin de ce que permet la Commission européenne. Le déficit devrait atteindre cette année, vous l'avez dit, Jean-François, et son 5,4% du PIB. C'est au-dessus de ce qu'ambitionnait le gouvernement. Bref, les voyants sont au rouge. Donc, le gouvernement fixe la barre haute, 54 milliards d'euros d'économie en 2027 pour tenter de ramener le déficit à 5% à la fin de l'année 2027.
Un objectif que le ministre de l'Économie qualifie d'ambitieux, mais de réalisable. Est-ce que vous partagez son avis, Jean-François Husson ? C'est réalisable
? Ça
va être difficile, parce que, je dirais, vous avez parlé d'un budget amer. Non, il va être fortement vinaigré et poivré. C'est une salve d'impôts, de taxes. Alors, plus ou moins, comment dirais-je, elles sont diverses. Quand vous augmentez les taxes, vous pouvez augmenter les taxes sur les autoroutes, sur les concessionnaires, multipliées par trois, on sait comment ça finit. C'est soit c'est invalidé,
je
dirais, par les juges, soit c'est l'automobiliste qui paie. Quand vous voulez augmenter les taxes ou faire des prélèvements sur les complémentaires santé, c'est la même chose. C'est l'assuré social qui paie. Et pendant ce temps-là, comment on redresse nos comptes sociaux
?
Comment on les redresse ? Quand
?
Enfin, je ne comprends pas. Mais le gouvernement hérite,
je
dirais, finalement, de cette incapacité qui est lue à corriger le tir et à fermer les vannes à partir de 2022. Je vais juste vous donner un chiffre.
Les
dépenses de l'État, même retraité de l'inflation, enfin, retraité de l'inflation,
elles
augmentaient sous le mandat de Sarkozy de 4 milliards.
Sous
le mandat de Hollande,
de
25 milliards.
Et
sous Macron, de 48 milliards. 48 milliards
! Moins
de recettes, plus de dépenses. Je comprends la difficulté du gouvernement d'aujourd'hui. Mais ce gouvernement d'aujourd'hui, il s'inscrit dans la lignée des gouvernements précédents.
Et
en fait, il aurait été utile, intéressant, pour le pays, pour les Français, d'entendre les désaccords au Parlement. Enfin, on n'est pas un endroit, on n'est pas la poste, quoi.
Pour réaliser ces 54 milliards l'année prochaine, le gouvernement a déjà dévoilé quelques pistes. Stéphane, qui va payer ?
Alors, une petite partie des économies sera réalisée par l'État lui-même. Ils veulent montrer l'exemple.
C
'est ce qu'ils disent. En tout cas, Roland Lescure l'a dit le 18 septembre. On l'écoute.
L
'État, c'est un gel avec des priorités. Pour autant, on va évidemment continuer à investir dans la défense. On va investir dans l'avenir aussi, l'enseignement supérieur et la recherche. Et on va investir sur l'écologie, avec une hausse du budget de
l
'écologie. Mais ça veut dire que les autres ministères feront des efforts importants, y compris ici à Bercy. Conséquence de cette décision, le point d'indice des fonctionnaires sera gelé. Ça veut dire que les salaires des fonctionnaires n'augmentera pas du tout l'année prochaine. Pour les ministères qui feront des efforts, il
y a
le ministère du Travail qui va réduire la portée du compte personnel de formation, le CPF. Pour diminuer le budget de la sécurité sociale, le ministre du Travail propose pour faire 2 milliards d'euros d'économie de s'attaquer aux arrêts maladie avec par exemple la possibilité d'allonger les délais de carence.
Juste Jean-François Hisson,
est
-ce que quand vous entendez Roland Lescure, les pistes citées par Stéphane,
ça
va dans la bonne direction ?
Il y en a certaines, oui. Nous, on avait proposé il y a deux ans, comment dirais-je, globalement, un gel des revalorisations, qu'elles soient d'ailleurs des retraites, de la fonction publique, parce que nous pensons qu'à un moment, il faut créer un élan.
il
y
a
une situation internationale qui est extrêmement préoccupante et je dirais grave, jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Ça s'entend.
Je
pense en même temps que ça se met en scène. Finalement, les Français perçoivent difficilement ce chaos.
On
le voit avec le sujet du détroit d'Hormuz. J'ai envie de dire, ça pète partout. À un moment donné, je pense que le Premier République aurait été avisé
de
donner une situation peut-être d'ailleurs de manière un peu plus régulière sur la gravité de ce qui se passe. Et donc,
quand il y a... Il n'y a pas
suffisamment de transparence de la part des manières ? Non,
ce n
'est
pas ça, mais il faut expliquer aux Français. Si vous voulez, dans le flot continu d'informations,
d
'intérêts divers ou en général, justement, l'opinion a tendance à réagir à l'immédiateté, à mille et une choses assez horribles ou glauques. Il faut élever le niveau et il faut redonner des perspectives. Les périodes de tensions internationales
et
d'enjeux géopolitiques qui s'opèrent actuellement sont préoccupants. C'est des tensions des foyers de guerre un peu partout et puis c'est ces enjeux commerciaux.
On
voit bien quand le président Trump reçoit le numéro 1 chinois, je trouve que derrière, il faut expliquer ce qui est en train de se passer.
Il a fait un venteur la semaine dernière
Emmanuel Macron pour expliquer ces conséquences. Il y a quelques jours,
je dis, je pense, mais que globalement, le Président de République, le gouvernement, il a besoin de mettre un bon niveau de débat parce que sinon, on reste un peu au niveau au ras des pâquerettes et quand on est au ras des pâquerettes, on a tous tendance à trouver qu'on n
'a
pas ceci, qu'on n
'a
pas cela. Or, on a besoin de faire un effort. Moi, j'ai souvent dit, écoutez, il faut qu'on remuscle un peu comme le sportif. Quand on remuscle un peu notre économie et notre morale, ça donne de la tonicité, ça donne de l'envie de réussir. Voilà, il faut retrouver cette France des Jeux Olympiques, je le redis. C'est une France qui, collectivement,
a
gagné et c'est la France d'aujourd'hui multicolore.
Le
gouvernement qui veut que pour ce budget, les efforts soient justes et partagés, c'est ce que dit le ministre de l'Économie.
Oui, que personne, finalement, n'échappe aux économies qui sont prévues, y compris les retraités qui supporteront 5,5 milliards d'euros de l'effort total. Concrètement, si vous êtes retraité, le projet du gouvernement c'est d'abaisser le plafond de l'abattement de 10% dont vous bénéficiez. Il faudra percevoir moins de 3 000 euros de retraite par mois pour continuer à en profiter. Deuxième piste, augmenter moins vite que l'inflation. Les pensions de retraite qui sont situées entre 1260 et 2034 euros, au-dessus, elles seront complètement gelées. Toucher les retraités pour se faire des économies, c'est nécessaire dans la période actuelle, dans le contexte que vous venez de nous décrire ?
Il faut que tous les Français participent à l'effort. On a voté
des
mesures qui s'inscrivent où le gouvernement propose des éléments aujourd'hui qu'il ne soutenait pas avant qui vont dans ce sens.
Faire
un effort quand le pays a des comptes dégradés, c'est logique.
Et
donc, il faut faire en sorte que ce soit le plus collectif possible. Je perçois et je soutiens l'idée de faire attention aux plus modestes pour ne pas que ce ne soit pas des trappes à précarité. Et donc, ce qui est proposé va dans le bon sens. Je veux juste dire
que
les retraités, aujourd'hui, ils seraient quasiment les seuls, là où le gouvernement propose des gels dans la fonction publique, il y a beaucoup d'agents qui ne vont pas être valorisés. Les retraités, jusqu'à maintenant, ils ont bénéficié de
la
révalidation annuelle de l'inflation. Alors, évidemment, c'est un retour en arrière puisque le gouvernement, les années passées, expliquait que oui, continuait d'aider les retraités.
Pas
que le gouvernement, Jean-François. Quand Michel Barnier a voulu désindexer les pensions de retraite, qui s'y est opposé, c'est Laurent Wauquiez.
Non, mais
nous,
ici, il
y a des
divisions chez les
LR. Mais
il y a malheureusement trop de désaccords partout dans la société parce que c'est plutôt le chacun pour soi que le chacun pour tous.
J
'entends que ce soit facile à prononcer pour certains,
mais
nous n'avons pas le choix. Est-ce que ce n
'est
pas le fruit aussi
d
'un pacte et finalement de la préservation, de la cohésion nationale ? Simplement, il faut que derrière, ces efforts, ils se traduisent par un redressement des comptes et par des lumières et des étoiles qu'on commence à apercevoir à nouveau. Sinon, les Français vont nous en vouloir terriblement en disant non seulement vous nous demandez un effort, mais quelque part, la gaffe J continue. Et aujourd'hui, malheureusement, si vous regardez, la dégradation des comptes publics, la dégradation de tous les indicateurs, elle est extrêmement préoccupante. Faut-il rappeler que nous sommes à un niveau de fiscalité exceptionnellement haut. Donc, c'est vraiment beaucoup trop.
Et c'est ça qui irrite aussi beaucoup nos concitoyens.
Et avec ce budget, le Premier ministre a également touché aux aides sociales.
Oui, un gel des APL, des allocations, logements aussi, un gel de la prime d'activité. Ces aides ne monteront donc pas d'un centime l'an prochain malgré l'inflation. Coup de rabot aussi prévu sur l'allocation de rentrées scolaires et le gouvernement prévoit aussi de restreindre l'accès aux aides sociales pour les étrangers arriver légalement en France. Il devrait attendre un an de résidence régulière pour espérer accéder à l'allocation de rentrées scolaires, aux APL ou encore à la prime de naissance. Est-ce que c'est bien raisonnable aussi de viser les aides sociales, Jean-François Hisson
? Il
faut, je dirais, un effort collectif. On va regarder dans le détail des mesures.
Le
gouvernement, jusqu'à maintenant, a plutôt raisonné ce qui est un peu nouveau. En chambre, il n'a pas associé. D'ailleurs, tout le monde s'en étonne, mais c'est ainsi. C'est la responsabilité du gouvernement. Mais je pense, nous redisons que de toute façon, nous n'avons aujourd'hui pas le choix. Est-ce que…
Même dans cette situation où on entend des gens qui parlent de précarité, qui parlent de vie, sur les manifestations, les aides sociales, ce n
'est
pas un minimum à conserver quand même ?
Je pense qu'il y a beaucoup de minimums. Enfin, on va dire la vérité. La vérité aujourd'hui, c'est que la France a un des meilleurs systèmes de protection sociale qui corrige des inégalités de départ. Je pense quand même qu'il faut le rappeler.
Et
il faut entendre aussi, c
'est
ceux qui considèrent aujourd'hui, à juste titre,
que
le travail ne paie pas assez. On ne travaille pas en nombre d'heures en France.
On
ne travaille pas assez. C'est comme ça qu'on va recréer de la richesse. Il ne faut pas se tromper. Il faut qu'on remette, je dirais, notre logiciel dans la bonne dynamique. Il faut retrouver, il faut créer plus d'activités, il faut travailler plus parce que dans ce cas-là, on a plus de recettes. Et si on a plus de recettes, évidemment, vous comprenez bien qu'on va commencer à réduire les déficits. Et il faut donc faire le pari de l'économie. Là, il y a beaucoup à oser.
Il y a aussi un dernier mot, Jean-François Husson.
Il
y a beaucoup d'économies dans ce budget. Est-ce que quand vous voyez les premières pistes, vous êtes plutôt parti pour le voter ou plutôt
parti pour le modifier ?
C'est trop tôt. On va regarder les détails. Mais je dis bien, il y a des intentions sur lesquelles nous nous étions déjà prononcés dans ce sens. Au Sénat,
on
ne
va
pas se renier. Il n'y
a
aucune raison. On veut quoi ? On veut redresser le pays ou on veut dire j'ai raison tout seul ? Moi, quand je crois j'ai français, je préfère recommanderer l'an d
'en
me disant vous me demandez des efforts. Mais je le redis, si ça contribue vraiment au redressement, c'est aussi le courage politique.
On
va voir l'actualité dans votre région. On va aller à Mulhouse. Bonjour Laurent Baudin. Merci beaucoup d'être avec nous Laurent, journaliste et éditorialiste à l'Alsace et aux dernières nouvelles d'Alsace. Laurent Stellantis a mis quatre usines à l'arrêt dont une à Mulhouse.
Oui,
bonjour Aurélien. Alors en fait, il faut bien comprendre. Il y a quatre usines en France du groupe Stellantis qui vont être mises à l'arrêt. Il y a deux raisons distinctes là-dessus. Mulhouse, Poissy, c'est principalement dû à des cycles de véhicules. Mulhouse va être transformée à partir de 2028 en usine totalement électrique et malheureusement, ça va se traduire par une baisse de charge conséquente pour faire toutes les transformations. Son jeu Rennes,
c
'est totalement différent.
En
fait, c'est un manque de batterie, des batteries françaises fabriquées à Douvrain dans le Nord par ACC qui est une filiale une contreprise entre Stellantis, Total et Mercedes. Et donc là, face à la demande de batteries électriques, ACC ne peut pas encore produire suffisamment et c'est lié à... C'est vraiment un problème d'approvisionnement. Derrière ça, je ne
vous
cache pas qu'on arrive à fin octobre, les résultats financiers seront clos au 31 décembre et évidemment, il y a une raison financière là-dessus, c'est que si un peu le chômage partiel peut, je ne
vais
pas dire cacher la misère, mais réduire ou en tout cas permettre à Stellantis d'afficher de meilleurs résultats, ce ne sera pas plus mal. Parce qu'en fait, Stellantis est quand même en très grande difficulté et on commence à percevoir quelques signes très inquiétants sur une possible scission en fait, avec des activités européennes qui vont relativement mal, voire très mal, et une activité aux Etats-Unis qui se porte plutôt bien à tel point qu'on s'interroge sur une scission du groupe qui n'est vraiment pas, alors que ce n
'est
pas à
l
'heure du jour officiellement, mais en tout cas, ça pourrait se profiler prochainement, voire éventuellement une cotation uniquement aux Etats-Unis ce qui permettrait de faire de Stellantis un fer de lance et de mettre en avant ces activités parce qu'il faut quand même savoir que le prix de l'action, le niveau de l'action de Stellantis a quand même été divisé par 5 depuis son lancement, on était hier un peu en dessous de 4 euros l'action et c'est très très faible et effectivement, ça ne donne pas, visiblement, les investisseurs ne croient pas du tout en Stellantis. Alors moi, il
y a
une question que j'avais à poser au rapporteur général du budget, monsieur le sénateur, bonjour, qu'est-ce que vous pensez de la décision de certains constructeurs, notamment Stellantis, de produire des véhicules chinois dans leurs usines, c'est le cas notamment à Rennes, ce qui permettra finalement de contourner les droits de douane européens sur les véhicules chinois. Qu
'est
-ce que vous en pensez de cette décision ? Est-ce que ce n
'est
pas faire rentrer le loup dans la bergerie
? Vous
savez, le loup, il est dans la bergerie depuis un moment. Je pense que c'est parce que l'industrie automobile et globalement, l'écosystème, a manqué peut-être de vision, d'anticipation qu'on s'est fait déborder. Il se trouve que nous étions avec une délégation de la Commission des finances au Sénat il y a quelques jours en Chine.
Il
y a un rouleau compresseur. Alors, soit on considère qu'on joue le bras de fer avec la Chine, je pense que c'est perdu d'avance, notamment sur le sujet des batteries, des métaux rares. Soit on se dit qu'à un moment donné, il faut être intelligent, il faut oser, c'est-à
-dire
qu'il faut effectivement coopérer avec la Chine. Il faut peut-être avoir des étapes comme celle-ci, c'est-à-dire pour rattraper le retard
plutôt
que d'avoir une économie du secteur automobile qui s'effondre, c'est de trouver de travailler en partenariat
et
de continuer à travailler sur l'innovation mais en le faisant peut-être à un rythme un peu différent et c'est là peut-être qu'on a perdu du temps. Pourquoi je dis le rythme différent ? C'est parce qu'on voit qu
'il y a
une transition et finalement, aujourd'hui,
les
choses arrivent vite.
La
Chine a un marché intérieur qui est en difficulté, par contre, elle gagne grâce à l'exportation
et
on voit bien que si la Chine est capable aujourd'hui, par des soutiens du gouvernement, de soutenir son secteur automobile, même à l'exportation pour baisser les prix et avoir des véhicules qui sont, en termes d'achat, à des prix très bas et des véhicules électriques. Nous, je pense qu'on a manqué d'anticipation. il fallait peut-être, il faut essayer de mieux répondre aux besoins des clients en France et en Europe
qui
ne peuvent pas aller aussi vite et en plus, on se met de fait dans les mains de l'industrie automobile chinoise. Donc, évidemment, je pense que nous n'avons pas le choix, il faut coopérer,
il
faut partager, il faut essayer de s'associer davantage que nous ne l'avons fait.
Laurent, rapidement, une seconde question.
Oui,
monsieur le sénateur, en fait, la question, c'est comment rendre aussi plus accessibles les véhicules électriques à tous les Français ? On sait que le bonus baisse régulièrement. Est-ce qu'il y a là-dessus que vous souhaitez un geste budgétaire de la part du gouvernement ?
Je pense que ce n
'est
pas la bonne solution. Je pense qu'il faut, alors pour le coup, je suis plutôt, enfin, je suis un tenant de l'économie libérale, il faut faire confiance aux entreprises pour voir de quelle manière à l'échelle nationale et européenne elles s'organisent et qui est finalement un travail très étroit et de collaboration parce qu'on voit bien que finalement, aujourd'hui, le véhicule électrique, qu'il n'est pas accessible au grand public, en tous les cas, dans notre production nationale et européenne. Je le dis, il se trouve qu'en Meurthe-et-Moselle, on a Renaud-Sauva-Babati qui aujourd'hui produit le
véhicule électrique, le master
électrique qui arrive finalement aujourd'hui, mais il y
a
eu 18 mois, très difficile.
Merci beaucoup, Laurent Baudin, merci d'avoir été avec nous. Regardez vos deux, une, la une de l'Alsace sur les violences sexuelles, la loi intégrale qui arrive aujourd'hui à l'Assemblée et la une des DNA, démographie,
l
'Alsace face au mur du vieillissement. Merci Laurent Baudin, merci Jean-François Husson.
C'est moi qui vous remercie.
Bon examen budgétaire. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Jean-François Husson