Aller au contenu
Tous les transcripts
ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 3 février 2023 10 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsJusticeImmigration & asile

RETRAITES, DROITS DE L’HOMME : L’IMPOSTURE MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Locuteur 1Fait
    « Cette réforme, elle est indispensable quand on se compare en Europe et quand on regarde la nécessité que nous avons collectivement de préserver, sauver notre système de retraites par répartition. »
  • 0:30Locuteur 1Fait
    « Les Français ont parfaitement compris la réforme, ils ont parfaitement compris qu’ils allaient tout y perdre. »
  • 0:45Locuteur 1Fait
    « Cette réforme est une réforme de merde, et tout le monde l’a compris. »
  • 1:00Locuteur 1Fait
    « La totalité de la réforme repose sur les gens qui vont faire le moins d'études supérieures, qui vont avoir les emplois les plus difficiles, les moins payés, et l’espérance de vie la plus faible. »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « On dit aux gens : “Vous n’aimez pas le travail”. On se fout de qui ? »
  • 3:30Locuteur 1Fait
    « Il faut constamment décrypter les discours présidentiel et gouvernementaux car entre ce que disent les macronistes et la réalité des faits, il y a très souvent de très notables différences. »
  • 5:30Locuteur 1Fait
    « Le maréchal Sissi saute à pieds joints sur les droits humains. »
  • 6:30Locuteur 1Fait
    « Emmanuel Macron lui remet donc la grand-croix de la légion d’honneur lors d’un dîner de gala à l’Élysée. »
  • 7:30Locuteur 1Fait
    « Selon un tout récent documentaire de la BBC qui a été censuré par le gouvernement indien, Modi est directement responsable des abominables pogroms antimusulmans perpétrés en Inde en 2002. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Cette réforme, elle est indispensable quand on se compare en Europe et quand on regarde la nécessité que nous avons collectivement de préserver, sauver notre système de retraites par répartition. Quand on demande aux Français de travailler davantage, c'est toujours difficile. Mais le travail, comme j’ai pu le dire ce matin, c’est une belle valeur.

C’est un très mauvais sondage pour le gouvernement, très mauvais sondage pour la réforme des retraites, sondage Elabe-BFMTV, 72 % des Français sont désormais opposés au texte. Les Français ont parfaitement compris la réforme, ils ont parfaitement compris qu’ils allaient tout y perdre. On dit aux gens : “Vous n’aimez pas le travail”.

On se fout de qui ? On est là ici, justement, nous on représente la France du travail, qui est concernée par cette réforme et qui va en subir l’impact. Il s’agit de transformer les deux meilleures années de la retraite en deux pires années de travail.

Cette réforme est une réforme de merde, et tout le monde l’a compris. Donc on vient dire au gouvernement : Descendez un petit peu de là où vous êtes. Venez sur le terrain, le terrain c’est nous.

La totalité de la réforme repose sur les gens qui vont faire le moins d'études supérieures, qui vont avoir les emplois les plus difficiles, les moins payés, et l’espérance de vie la plus faible. Donc au bout d’un moment, les Français ils sont là, maintenant c’est bon, on va gagner et celle là en plus c’est possible qu’on la gagne. Le 29 janvier, 24 heures avant une nouvelle journée de manifestations contre la réforme des retraites, Clément Beaune, ministre des Transports, était invité à la télé, où il a bien sûr parlé de cette réforme.

On sait qu’une réforme d’effort c’est toujours une réforme difficile et une réforme qui peut susciter de l’impopularité. Il a ensuite ajouté, comme s’il faisait une énorme concession : Et puis oui, on doit expliquer un certain nombre de choses. Expliquer et convaincre le plus possible.

Ces quelques mots sont intéressants, non pas tant pour ce qu’ils disent explicitement que pour ce qu’ils sous-entendent. Lorsqu’il soutient qu’une réforme d’effort est toujours une réforme difficile qui peut susciter de l’impopularité, le ministre suggère par exemple, sans assumer complètement cette insinuation, que si cette réforme est impopulaire, c’est parce qu’elle nous impose un effort puisqu’elle nous obligerait, si elle était menée à son terme, à travailler plus pour ne pas gagner plus. Le premier sous-entendu est donc celui-ci : c’est parce que nous sommes des fainéants que nous ne voulons pas de cette réforme et pas du tout parce que nous savons parfaitement qu’elle est scandaleuse.

Il ne faut pas me prendre pour une conne, bien sûr. Et quand Clément Beaune soutient que le gouvernement doit encore expliquer un certain nombre de choses, il suggère, cette fois, second sous-entendu, que si nous sommes contre la réforme des retraites, c’est parce que nous l’avons, dans le meilleur des cas, mal comprise. Il n’y a pas marqué ici “connasse”, bien sûr.

C’est un vieux classique : à chaque fois qu’un gouvernement de droite a du mal à nous faire accepter une réforme scélérate, il nous explique que nous sommes un peu bêtes, et qu’il suffit donc de nous répéter plusieurs fois que cette réforme est juste et nécessaire pour que nous comprenions enfin que cette réforme est juste et nécessaire. En deux phrases, donc, Clément Beaune arrive à nous dire, sans nous le dire vraiment, que nous sommes des flemmards, et que nous sommes des idiots : jolie performance. Moi je ne voi pas un million de personnes dans la rue, je vois un million de personnes qu’il nous fait convaincre.

Nous ne voulons pas renoncer, nous voulons convaincre et dialoguer. Bien sûr… Il faut cependant reconnaître qu’il y a un point sur lequel on peut tomber d’accord avec les mots qu’emploie le ministre des Transports. Car depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, il faut effectivement expliquer un certain nombre de choses.

Plus précisément : il faut constamment décrypter les discours présidentiel et gouvernementaux car entre ce que disent les macronistes et la réalité des faits, il y a très souvent de très notables différences, pour le dire très gentiment. Premier exemple : le 29 janvier, toujours à propos de la réforme des retraites, un député insoumis a évoqué sur Twitter, le rapport de force entre, d’une part, le chef de l’État, qui redit régulièrement sa détermination à mener cette réforme à son terme en dépit de l’opposition de près de 70 % de ses administrés, et d’autre part le peuple révolté. Aussitôt, la députée Prisca Thévenot, porte-parole du parti présidentiel, a répondu à cet effronté parlementaire, en suggérant qu’il était insuffisamment attentif aux règles du débat démocratique : “Monsieur le député”, lui a-t-elle écrit, “je vous propose que le parlement élu au suffrage universel direct tranche sur le sujet.

Pas besoin de sortir les muscles, nous sommes suffisamment prêts pour un débat arguments contre arguments.” Dit comme ça c’est tellement beau que ça donne envie d’applaudir. Seulement voilà : dans la vraie vie, les macronistes ne veulent surtout pas du débat arguments contre arguments.

Plus précisément : ils n’ont aucune intention de tenir le moindre compte des arguments des députés qui ne sont pas du même avis qu’eux. C’est la raison pour laquelle, dans la vraie vie, les macronistes ont déjà recouru dix fois à l’article 49.3 depuis l’été dernier pour éviter, précisément, que le parlement élu au suffrage universel puisse trancher d’une manière qui ne leur convenait pas.

Et ça, personne ne peut le deviner en lisant le tweet de Prisca Thévenot : il est donc effectivement très important, quand les macronistes s’expriment, d’ expliquer un certain nombre de choses. Tu me prends vraiment pour un salaud, hein. Oui.

Autre exemple : la semaine dernière, Emmanuel Macron a voulu s’exprimer, dans une petite vidéo diffusée notamment sur les réseaux sociaux, sur ce qu’il appelle : un sujet important, cher à toutes les Françaises et tous les Français : la protection des droits de l’homme. Il a proclamé, avec beaucoup de gravité : La France est, et restera une terre d’accueil pour les défenseurs des Droits de l’homme. Et là aussi, c’était très beau.

Mais là aussi, ça nécessite quelques explications et quelques précisions. Car dans la réalité, la France macroniste accueille surtout des fossoyeurs des droits humains. Au mois de décembre 2020, lors d'un dîner de gala organisé à l’Élysée en l’honneur de cet invité de marque, Emmanuel Macron a ainsi, très discrètement, remis la grand-croix de la Légion d’honneur au chef de l’État égyptien, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi.

Pour bien mesurer toute la portée de cette émouvante cérémonie, il faut relire le dernier rapport d’Amnesty international sur les droits humains en Égypte, qui porte sur l’année 2021. Que dit ce rapport ? Il dit notamment qu’en 2021, les autorités égyptiennes s’en sont prises à des défenseurs des droits humains, à des responsables politiques de l’opposition et à des militants, au moyen de convocations irrégulières, d’interrogatoires coercitifs, de mesures de probation extrajudiciaires, d’enquêtes pénales, de procès iniques et de l’inscription sur une prétendue “liste des terroristes“.

Il dit aussi que des milliers de personnes, notamment des défenseurs des droits humains, des journalistes, des étudiants, des responsables politiques de l’opposition, des commerçants et des manifestants pacifiques, se trouvaient toujours en détention arbitraire, et que plusieurs dizaines d’entre elles ont été condamnées à l’issue de procès d’une iniquité flagrante ou jugées par des juridictions d’exception alors qu’elles n’avaient fait qu’exercer pacifiquement leurs droits humains. Et ce rapport dit encore que les disparitions forcées et la torture ont continué d’être utilisées sans relâche, que les conditions de détention restaient cruelles et inhumaines, et que les personnes incarcérées étaient privées de soins de santé appropriés, cette situation ayant conduit ou contribué à au moins 56 décès survenus en détention. Ce rapport d’Amnesty constate en somme que le maréchal Sissi saute à pieds joints sur les droits humains.

Mais voilà : ce tyran est aussi l’un des plus fidèles clients de l’industrie française de l’armement. Plutôt que de s’arrêter au minuscule détail qu’il persécute ses opposants, Emmanuel Macron lui remet donc la grand-croix de la légion d’honneur lors d’un dîner de gala à l’Élysée. Et ce n’est pas du tout un cas isolé.

Le 26 janvier dernier, le même Macron, juste avant de déclarer sans rire : La France est, et restera, une terre d’accueil pour les défenseurs des droits de l’Homme, a aussi transmis ses vœux les plus chaleureux à son cher ami Narendra Modi, le premier ministre indien, qui avait lui aussi été reçu en grande pompe à l’Élysée quelques mois plus tôt. Or, selon un tout récent documentaire de la BBC qui a été censuré par le gouvernement indien, Modi est directement responsable des abominables pogroms antimusulmans perpétrés en Inde en 2002. Et cela nous emmène vers un dernier exemple illustrant que pour être complètement comprises, les déclarations des macronistes nécessitent toujours des explications ou des rectifications.

La Première ministre Élisabeth Borne a présenté, le 30 janvier, en présence, notamment du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, C’est le rendez-vous des glandus là ou quoi ? son nouveau plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine. Dans le cours de cette très touchante cérémonie, elle a notamment très belle déclaration : Avec les associations, avec tous les acteurs engagés, le gouvernement est pleinement mobilisé contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations.

C’est un combat qui nous rassemble. Un combat qui nous guide. C’est agir pour l'égalité des chances.

Agir pour défendre la République et les valeurs de la France. Malheureusement, Elisabeth Borne a oublié de préciser que l’une des premières initiatives d’Emmanuel Macron avait été, un an après son élection, de préparer un hommage au maréchal Pétain, complice actif de l’extermination des Juifs d’Europe, que le président de la République considérait alors comme un grand soldat. Je ne fais aucun raccourci mais je n’occulte aucune page de l’histoire.

Et le maréchal Pétain a été pendant la Première guerre mondiale aussi un grand soldat. Elle a aussi oublié de préciser que Gérald Darmanin, qui assistait donc à la présentation de ce plan national contre l’antisémitisme et les discriminations, a écrit, dans un livre publié en 2021 : “Napoléon s'intéressa à régler les difficultés touchant à la présence de dizaines de milliers de Juifs en France. Certains d'entre eux pratiquaient l'usure et faisaient naître troubles et réclamations.” Et elle a encore oublié de préciser que le même Gérald Darmanin soutenait, il y a quelques mois : Une partie des étrangers dans les grandes métropoles commettent l’essentiel, plus de la moitié en tout cas, des actes de délinquance.

Et ce sont souvent des multirécidivistes. Déclaration dont même un enfant de trois ans comprend immédiatement qu’elle entretient précisément les discriminations liées à l’origine. Le macronisme, finalement, c’est comme le cinéma coréen : sans les sous-titres, on en perd l’essentiel.