Macron / Le Pen : on refait le match ? #cdanslair 16.05.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 54 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 40 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:45OuverteÉludée
Macron, Le Pen, on refait le match ? C'est comme ça que ça va se passer ?
- 2:30OuverteÉludée
Est-ce qu'il y aura un renversement de tendance à 10 jours du scrutin ?
- 4:12RelanceÉludée
Est-ce possible un renversement de tendance à 10 jours du scrutin ?
- 5:16OuverteÉludée
Le Président s'expose. Il fait plus semblant. Pourquoi ?
- 7:22OuverteÉludée
Est-ce que ce n'est pas un jeu plutôt à trois, en réalité ?
- 9:22RelanceÉludée
Pourquoi ça se passe comme ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 12:54PrésentateurChiffre
« C'est annoncé aujourd'hui 8,4%. C'est le chiffre le plus bas depuis 10 ans. »
- 14:36Invité politiqueFait
« Vous m'avez vue à Strasbourg, tous les mois, me battre précisément pour obtenir ce premier pas sur la réforme des travailleurs détachés. »
- 15:09Invité politiqueFait
« S'il avait un peu de panache et qu'il avait le sens des responsabilités dont il se réclame en toutes circonstances, eh bien s'il arrive en seconde position compte tenu de son comportement, oui, effectivement, il devrait prendre la décision de partir s'il n'arrive pas en tête de cette élection. »
- 15:41InvitéChiffre
« Je suis vraiment très optimiste parce qu'on a démarré à 8%, on était en dessous de M. Dupont-Aignan et maintenant on se retrouve à 15-16. »
- 20:19InvitéFait
« D'abord, c'est un acte de politique intérieure. Elle fait cette interview, c'est un acte pour elle de prise de position. »
- 20:34InvitéFait
« Souvenez-vous, Marine Le Pen à François Hollande, vous êtes le vice-chancelier, vous n'êtes pas le président de la France, vous êtes le vice-chancelier. »
- 25:01PrésentateurChiffre
« Elle était arrivée très haute. On comparera d'abord effectivement aux élections européennes de 2014 où le Front national avait été en tête avec 25% des voix. »
- 26:36PrésentateurFait
« D'abord, le référendum anti-Macron, l'occasion de donner une claque à Macron. Ça n'a pas marché du côté Mélenchon, ça marche du côté Marine Le Pen. »
- 26:50PrésentateurChiffre
« 80% et même un peu plus sûr. »
- 27:46PrésentateurChiffre
« Quand même, il y a 25% des électeurs et même parfois plus qui disent « On y va pour punir le gouvernement ». »
- 29:15PrésentateurChiffre
« Il y a 5 ans, elle avait aussi gagné les élections et de quelle manière avec plus de 24%. »
- 31:36InvitéFait
« Je soutiens la liste de Manon Aubry France Insoumise. »
- 33:06PrésentateurChiffre
« Seuls trois de ces listes de gauche pourraient atteindre les 5% fatidiques pour siéger au Parlement européen. »
- 33:38InvitéChiffre
« Crédité de 3%. »
- 36:39InvitéFait
« Ils estimaient qu'il fallait un plan B c'est à dire on négocie les traités ou sinon on sort des traités. »
- 40:52PrésentateurChiffre
« 19% à la présidentielle pour la France Insoumise ils sont donnés autour de 8%. »
- 43:29InvitéFait
« Ségolène Royal devrait soutenir Emmanuel Macron. »
- 45:39PrésentateurFait
« Ils sont européens ils sont sociolibéraux ou libéraux sociaux. »
- 49:29PrésentateurFait
« À qui appartient l'écologie politique ? »
- 51:09PrésentateurChiffre
« Les verts emmenés par Daniel Cohn-Bendit avaient obtenu 16%. »
- 54:57PrésentateurFait
« La banque du climat les mille milliards. »
- 57:26PrésentateurFait
« Le quinquennat a hyper présidentialisé la 5ème République. »
- 58:47PrésentateurChiffre
« Ce sont les meilleurs chiffres depuis dix ans. »
- 59:34PrésentateurChiffre
« On a 8% de travailleurs qui sont en dessous du seuil de pauvreté. »
- 59:34PrésentateurChiffre
« on a 8% de travailleurs qui sont en dessous du seuil de pauvreté »
- 1:01:23PrésentateurFait
« le problème de Macron est plus d'avoir la capacité politique d'appliquer ses idées que de ne pas avoir d'idées »
- 1:02:12PrésentateurFait
« si le président ne le fait pas, c'est qu'il a mal interprété les institutions qui va continuer à s'affaiblir politiquement »
- 1:03:13PrésentateurFait
« elle a vu les gilets jaunes et moi je trouve très intéressant de voir qu'elle se mettait toujours en retrait »
Temps de parole
- Présentateur75 %
- Invité11 %
- Invité 24 %
- ?4 %
- Invité 33 %
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Bonjour
à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Les deux parties se disputent la première place dans les sondages. La République En Marche et le Rassemblement National font la course en tête et se sont installés dans un duel avec un espoir tout de même rejouer la présidentielle. Emmanuel Macron fait campagne, s'expose sur une affiche sans sa tête de liste qui a bien du mal à s'imposer et espère bien profiter des bons chiffres du chômage publiés aujourd'hui. Marine Le Pen, elle, fait du président sa seule cible, demande qu'il quitte le pouvoir s'il perd dans dix jours et enregistre un ralliement issu de la France insoumise.
Dans ce contexte, les autres parties à gauche et à droite dénoncent un débat confisqué, s'offusquent de ce face-à-face écrit à l'avance et en appellent à la mobilisation de leurs électeurs pour déjouer les pronostics. Macron, Le Pen, on refait le match ? C'est une question, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express. Aziz Kamener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de l'hebdomadaire Marianne. À l'une de votre magazine qui sort demain, une grande interview d'ailleurs de Jean-Luc Mélenchon intitulée Mélenchon sans concession.
Jean Garay, vous êtes historien, vous enseignez à l'université d'Orléans et à Sciences Po Paris. Votre dernier ouvrage, La République incarnée, de Léon Gambetta à Emmanuel Macron, est publié aux éditions Perrin. Enfin, Edouard Le Cerf, vous êtes directeur général adjoint de BVA. Selon votre sondage publié en avril, 6 Français sur 10 se disent intéressés par les élections européennes. Est-ce qu
'ils
vont aller voter ? Ça, c'est une autre question et on va en parler dans un instant. Bonsoir à tous les quatre.
Merci
de participer à ce C'est dans l'air en direct. On refait le match ? C'est comme ça que ça va se passer, Christophe Barbier ? C'est à ça que ça ressemble quand on lit les sondages ? Ce n
'est
pas tout à fait les mêmes joueurs. Il n
'y a
pas Macron sur la liste, même si Marine Le Pen, elle, est en queue de liste de son côté. Ce n
'est
pas le même sport non plus, puisqu'on a un tour à la proportionnelle et puis derrière, ça se joue au Parlement européen. Or, ni les amis de Marine Le Pen, ni les amis d'Emmanuel Macron ne seront majoritaires et dominants tout seuls au Parlement européen. Donc, ils auront un autre match à jouer dans une poule supérieure. Et puis enfin, ce n
'est
pas le même public. Parce qu'on frise les 80% de participation quand on a une présidentielle, et là, on en est à la moitié. Les Français ne donnent pas la même importance aux élections européennes, et ils ne vont pas voter pour la question qu
'on
leur pose. On a des taux de réponse à la question « votez-vous pour des motifs européens » très faibles. Le motif national, et notamment encourager pour peu d'électeurs, punir pour beaucoup plus d'électeurs le gouvernement en place, domine la motivation des électeurs, alors que ce n
'est
pas le sujet de
l
'élection. Et dans le Cerf, on a le sentiment, regardons les enquêtes les unes après les autres, que c'est entre ces deux parties-là, en tout cas, que ça se joue avec Marine Le Pen qui s'expose, et Emmanuel Macron, on va le voir dans un instant, qui désormais fait plus semblant et s'affiche dans la campagne. Ils ont à la fois intérêt de le faire, naturellement, pour pouvoir focaliser les regards sur eux, mobiliser leurs électorats, parce que, comme le disait Christophe Barbie, la question première, c
'est
la question de la mobilisation. Ils seront, de toute façon, l'un et l'autre, extrêmement loin des scores en nombre de voix de ceux de l'élection présidentielle, parce que la participation est très en berne. Mais c'est vrai que c'est une élection dans laquelle on a le sentiment, malgré tout, quand on va regarder les résultats, qu'il y
a
plusieurs divisions. Il y
a
la première division, où il n'y a que deux participants, les deux en tête. Et puis, il
y a
une deuxième division. Alors, je vais être un peu dur pour certains et un peu bon pour d'autres. Mais c'est vrai, la deuxième division, ceux autour des 10%, ceux qui se disent qu'il faut limiter les dégâts, parce qu'on en est là, par rapport au score, justement, de la présidentielle, que ce soit les Républicains ou que ce soit la France insoumite, c'est plutôt qu'on essaie de limiter les dégâts. Pour les écolos, c'est toujours une élection un peu particulière, mais on va les mettre dans cette division-là. Il
y a
une troisième division, c'est la division de « attention à la relégation ». Les 5%, est-ce que je vais être au-dessus ? Est-ce que je vais être en dessous ? Et là, on a le Parti Socialiste et la liste de Raphaël Luxman, qui est justement un peu à ce niveau-là. Et puis, si on veut descendre dans le détail, il y a ensuite ceux qui ont la question de « est-ce que je vais passer les 3% ? » être remboursé un peu de mes frais de campagne. Et puis, il
y
a ceux qui sont là pour figurer. C'est parce qu'une division d'honneur, en tout cas, je suis là pour figurer quelque chose, ou pour faire de ce match quelque chose de complètement impalpable. – Donc, certains essayent de faire de la figuration, mais on est bel et bien installés dans un duel. C'est possible un renversement de tendance à 10 jours d'un scrutin ? – Alors, si on regarde ce qui se passait en 2014, en 2014, c'est intéressant, c
'est
à la fin avril que le Front National, à l'époque, passe devant l'UMP et le reste dans les sondages. Et le restera, puisqu'il va être la force politique la plus importante.
Quand
vous regardez
la
façon dont les intentions de vote, certains de nos collègues font des intentions de vote quotidiennes, donc permettent de voir quand ça bouge. Alors, est-ce que ça bouge quotidiennement dans la tête des Français ? Je ne suis pas sûr. Mais en tout cas, quand on regarde cela, ça ressemble plus à une mère plate qu'à une mère des Kinox, c'est évident. Donc, il y
a
un peu aussi logique qu'ils ont intérêt de focaliser le débat sur eux et de faire en sorte d'amener un enjeu qui
n'existe pas. – Un duel, une tension. – Même
si l'enjeu n'est pas l'enjeu de l'Europe, l'enjeu, ça va être « est-ce que je suis premier, est-ce que je suis second ? » Et justement, aujourd'hui, qui est premier, qui est second ? – Alors aujourd'hui, c'est plutôt le Rassemblement National qui a l'air, sur les toutes dernières intentions de vote, notamment celles de mes collègues, d'être légèrement devant. Mais compte tenu du nombre de Français qui disent pouvoir encore changer d'avis, eh bien, encore une fois, on sera quelque chose de très, très fragile. – Et Swazik Kemener, c'est pour ça que le Président s'expose. Il fait plus semblant. Il y a eu un moment où on disait « est
-ce
qu'il va se mêler à cette campagne ? » Il avait fait sa lettre aux citoyens européens qui a lancé la campagne des Européennes. Aujourd'hui, on le voit sur une affiche. Ce matin encore, il était au salon Vivatec. Il a dénoncé « ceux qui veulent fragiliser le projet européen, cela reviendrait à condamner nos start-up, nos agriculteurs », comme s'il était lui-même tête de liste de cette campagne des Européennes.
–
Oui, il a pris ses opposants homos, qui voulaient faire un référendum anti-Macron. Lui, il fait un référendum pour Emmanuel Macron. C'est ce qu'il est en train de dire. Stop ou encore au travers de ce scrutin. Alors, c'est vrai que c'est une stratégie qui, au début, a été assez mal vue par certains dans la majorité, en disant « mais nous, on est des Européens, on voudrait parler d'Europe et on ne voudrait pas personnaliser à ce point-là cette élection. » Parce qu'il y a la suite, Christophe Barbier en parlait. Il va y avoir l'élection pour la présidence de la Commission européenne. Il va y avoir les discussions pour les groupes. Enfin, on n'est qu'au début d'un processus.
On va avoir une élection le 26 mai, on va regarder les résultats nationalement, mais ça continue ensuite et ça va continuer encore pendant quelques semaines, voire des mois, puisqu'on va avoir la période de transition, on aura des députés britanniques. Il y a plein d'étapes encore derrière. Et donc, au sein de la majorité, on ne comprenait pas pourquoi ils faisaient ça. Certains même disaient « c'est une stratégie stupide, mais elle est tellement stupide qu'elle peut fonctionner
».
Effectivement, c'est ce que fait là le président de la République en laissant de côté, finalement, les valeurs européennes, même s'il en parle un petit peu, mais en personnalisant à fond, en disant « c'est pour moi qu'il faut voter ». Et on continue avec cette affiche qui va être placardée dans toute la France, 60 000 exemplaires, où la tête de liste est même rayée. On ne voit plus qu'Emmanuel Macron. Alors, ça avait déjà été fait par Nicolas Sarkozy en 2009, ça avait plutôt réussi.
Mais il fait ça pour mobiliser, parce qu'il veut mobiliser ceux qui, du premier tour de la présidentielle, les électeurs, qui n'ont pas pour l'instant, ces électeurs, qui n'ont pas encore l'intention de participer au vote, un vote qui est, en général, assez peu suivi par les Français. Et là, on est sur des taux de participation
très bas. Mais c'est quand même une
sacrée prise de risque, non
? Je
ne pense pas que ça soit une trop grande prise de risque. Ce que je voulais dire, c'est que je me demande si ce n
'est
pas un jeu plutôt à trois, en réalité. Parce que c'est un fait acquis, qu'il y
a
une binarisation, ou une dichotomisation du scrutin d'affrontements Marine Le Pen-Macron. Et c'est la seule logique, finalement. C'est assez cohérent, puisqu'on rejoue le match de 2017. En revanche,
moi, il me semble... Ce n'était pas écrit qu
'on allait rejouer le match. Ça aurait pu se passer autrement. Ça aurait pu se passer autrement, mais je veux dire que c'est dans une certaine cohérence. C'est vrai que la dernière élection européenne, les socialistes avaient été très largement battus. Ils étaient retrouvés troisième. C'est ça. Ce ne sera pas le cas d'Emmanuel Macron. Mais justement, pour savoir qui va gagner entre Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, au fond, il
y a
un arbitre. Et à mon sens, cet arbitre, ce troisième homme, c'est François-Xavier Bellamy. Parce qu'il me semble que dans cet espace d'à peu près 6%, qu'il y a entre le score de François Fillon à la présidentielle et celui que représente à peu près Bellamy aujourd'hui, c'est-à-dire 14%, il y a 6% d'électeurs, qui sont des électeurs du centre-droit, de droite modérée. Et que si Emmanuel Macron veut battre Marine Le Pen, c'est peut-être dans cet électorat-là, dans ces 6%, qu'il a peut-être une chance d'y aller. Donc, de la réussite de la campagne de François-Xavier Bellamy, ce fameux effet Bellamy, auquel personnellement je ne crois pas, mais dont on parle beaucoup...
On ne le voit pas encore dans les sondages. On ne voit pas quand même... Petit effet, peu durable.
Peu durable. De la réussite de cette campagne peut dépendre aussi la réussite de la campagne d'Emmanuel Macron. D'où cette idée que c'est plutôt un jeu à trois qu'à deux, en fait. Parce que, du coup, ça nécessite une stratégie de
campagne qu'on
va voir de
la part d'Emmanuel Macron, d'aller chasser
sur les terres
de la
droite. Ils se sont choisis. C'est ce qu'on entend beaucoup. Parce que ce duel, même si on dit, voilà, ils refont le match de la présidentielle, hérissent, naturellement, ceux qui sont en division 1, 2 et division d'honneur, comme vous nous l'avez expliqué tout à l'heure, en disant, mais il
y
a de l'espace pour rien. On est dans le match nationaliste contre progressiste. Chacun choisira ses mots. Fermez le banc. Oui, mais personne n'oblige les sondés à répondre, Le Pen ou Macron, Bardella et Loiseau, aux questions qu'on leur pose. Donc il y
a
une liberté quand même de l'électeur. Les sondeurs ne menacent pas les sondés. Donc pourquoi ça se passe comme
ça ? Non, on
confirme.
Pourquoi ça se passe comme ça ? Parce que
personne n'a réussi à revenir dans le match depuis 2017. Alors évidemment, ça arrange Marine Le Pen, qu'on disait éliminée, déclassée, par son débat raté et par la fracturation de son parti. Eh bien, ce
n
'est pas Mélenchon, le premier opposant de France, c'est toujours elle. Et puis ça arrange Macron. Ça l'arrange parce qu'il peut encore jouer « Si c'est pas moi, c'est elle. Si c'est pas nous, les modérés, ça sera eux, les extrêmes. » Il transfère ça au niveau européen où quelque part, ça l'arrange d'avoir cette dichotomie, les populistes et nationalistes contre les raisonnables pour
un jeu européen.
C'est plus compliqué que ça parce que dans les populistes et les nationalistes, il y a de tout. Il
y
a des membres du PPE, Orban, il y
a
des gens qui se coagulent, Salvini Le Pen essaye de s'entendre. Et puis il y
a
des gens qui sont à part. Le Piste polonais, par exemple, les Brexiteurs britanniques, ils vont être à part. Donc c'est un peu faux, en tout cas c'est caricatural, mais ça arrange Macron. Il a besoin d'une Marine Le Pen forte en France. Il faut la battre. S'il ne la bat pas, il a un problème politique.
Pourquoi
il en a besoin ? Il en a besoin parce que si les nationalistes sont assez nombreux au Parlement européen, ils ne gagneront pas, ils ne
seront
pas majoritaires,
ils
ne
vont
pas changer l'Europe. Mais ils peuvent être un facteur de blocage et de nuisance. Et empêcher le PPE, la droite, de gouverner soit seul, soit dans une espèce d'alliance, d'alternance, de cohabitation avec la gauche, comme ils le font depuis cinq ans. Et donc de permettre à un petit parti charnière, composé des macroniens et de quelques-uns de leurs amis, par exemple les libéraux, en Belgique il y en a, il y
en
a dans plusieurs pays, d'offrir au PPE une majorité stable, en échange de quoi ? En échange des postes qui évoquaient tout à l'heure Soisy-Kemeneur. Rappelez-vous les régionales en Nord-Pas-de-Calais en 92, c'est vieux. Mais rappelez-vous comment l'écologiste Marie-Christine Blandin était devenue présidente de région, c'est la première fois dans
l'histoire
qu'une femme écologiste était présidente de région, parce qu'elle avait de tout petits sièges, mais sans elle, la gauche perdait. Ah ben je vous aide à gagner, mais vous me donnez la présidence. Est-ce que Macron pourra faire la même chose ? Avoir un président de commission européenne acquis à sa cause,
voire
un français,
parce
qu'il aura apporté au PPE
une
alliance clé en main. C'est loin d'être fait. Il faut d'abord qu
'il
gagne dans son pays, sinon il n'aura pas le poids. Il faut que le PPE s'y prête, mais le PPE a des fragilités. Donc c'est ce jeu-là que pense Macron.
Donc on aurait tort de penser qu
'il est dans un jeu national et qu'il veut juste... Il y a ça,
il en a besoin pour la suite de son quinquennat et on va y revenir. Il a besoin de mettre chez lui.
Mais c'est aussi au Parlement européen,
c'est
intéressant ce que vous racontez. J'ajouterais juste que la politique, ce n
'est
pas que des calculs de la stratégie. Il faut leur donner crédit quand même que peut-être ils ont aussi quelques convictions. Et que je pense que les convictions d'un Européen comme Emmanuel Macron le poussent à s'inquiéter un peu de ce qu'est quand même la montée de populismes très différents, identitaires, sociaux, etc. d'europhobie, d'euroscepticisme, avec des gradations très importantes. Mais il est de fait qu'on est dans un moment historique.
Je
suis historien, je regarde ça avec un peu de recul. Qui est justement ce moment-là, ce moment du danger. Et qu'au début de sa campagne, moi je trouve qu'il avait bien fait d'identifier, ça lui a été beaucoup reproché, d'identifier ce combat. Même si ce combat lui permet évidemment d'éliminer tout ce qui est... Le
problème que disent
ses adversaires, c'est qu'on ne
peut
pas résumer cette campagne à ce combat en disant il y a les méchants et les gentils, choisissez votre
camp. Le problème c'est surtout, à
mon sens, qu'en entrant dans l'arène comme il l'a fait, il a renationalisé ce qui, à mon sens, était au départ un enjeu purement européen et qui là pouvait être plus porteur. Alors, on y vient. Alors que le Rassemblement National reste, vous nous l'avez dit, en situation de l'emporter peut-être dans 10 jours, le chef de l'État ne fait plus semblant. Il s'affiche donc dans cette campagne, réfléchit même à d'autres interventions d'ici au 26 mai. Son camp compte bien capitaliser aussi sur les bons chiffres du chômage. C'est annoncé aujourd'hui 8,4%. C'est le chiffre le plus bas depuis 10 ans.
Macron, l'Européen, vous l'avez dit, qui a dû répliquer un tacle venu d'Allemagne, de son allié Angela Merkel. Mélanie Nunez et Pierre Dornes.
C
'était en mai 2017, à Berlin. Première rencontre traditionnelle entre la chancelière allemande et le jeune président. Le charme au père dans le couple franco-allemand. Mais deux ans plus tard,
jour pour jour, le ton est nettement différent.
Nous
avons des confrontations. Il existe entre nous des différences de mentalité, ainsi que des différences dans la conception de nos rôles respectifs. Il en a toujours été ainsi. Et Emmanuel Macron n'est pas le premier président français avec lequel je travaille.
Un
désaccord
historique.
Une mise au point qui tombe mal dans cette dernière ligne droite de la bataille contre les eurosceptiques.
Moi, je ne crois ni à la confrontation stérile, ni à l'entente stérile.
Je
crois à la confrontation féconde. C'est-à-dire, on propose,
on
teste le partenaire, et on essaie ensemble de bâtir un compromis.
Une
confrontation qui permet à Emmanuel Macron de réaffirmer son leadership et de reprendre les rênes de la campagne qu'il compte mener lui-même. Son visage placardé sur les affiches. Exit. Celui de la candidate officielle, Nathalie Loiseau, malmenée par son
rival, le Rassemblement National, et sa jeune tête de liste, Jordan Bardella, 23 ans, est déjà l'aisance d'un politicien rompu au débat. On n'a jamais entendu parler de vous. On vous a découvert, je vous ai découvert, moi, comme beaucoup de Français, au débat face à Marine Le Pen lorsque vous avez annoncé votre candidature. À quel moment vous avez défendu les intérêts de la France
?
Vous m'avez vue
à
Strasbourg, tous les mois, me battre
précisément pour obtenir ce premier pas sur la réforme des travailleurs détachés.
Au
coude à coude dans les
sondages,
Emmanuel Macron espère booster les intentions de vote pour son
parti grâce au bon chiffre du chômage, 8,4% le plus bas depuis 2009. Un
président
omniprésent qui se pose en seul rempart à son ennemi désigné, Marine Le Pen, laquelle souhaite faire des élections européennes un référendum contre le chef de l'État.
S'il avait
un peu
de panache et qu'il avait le sens des responsabilités dont il se réclame en toutes circonstances, eh bien s'il arrive en seconde position compte tenu de son comportement, oui, effectivement, il devrait prendre la décision de partir s'il n'arrive pas en tête de cette élection.
A
droite, la tête de liste, François-Xavier Bellamy, voit dans les sondages des raisons d'y croire. Hier soir à Paris, en tout cas,
pas besoin de chauffeur de salle, l'enthousiasme est de retour.
« Bellamy ! Bellamy ! Bellamy ! »
Je suis vraiment très optimiste parce qu'on a démarré à 8%, on était en dessous de M. Dupont-Aignan et maintenant on se retrouve à 15-16, donc on a vraiment doublé notre score. Donc vraiment, moi je suis très content, c'est une campagne fabuleuse.
Plutôt 14 que 16 dans les sondages, pour eux l'important c'est de renvoyer l'image d'une unité retrouvée derrière le protégé de Laurent Wauquiez qui veut s'affranchir du match Macron-Le Pen et faire entendre une troisième voix.
On va continuer pendant les dix jours qui viennent de rester à l'écoute des Français, de travailler patiemment, humblement pour aller partager avec eux notre projet. On croit que la politique ne peut pas se réduire à ce faux débat stérile entre M. Le Pen et M. Macron qui cherchent à piéger cette élection européenne dans un débat qui n'a rien à voir. On a besoin de penser l'avenir de l'Europe.
Dix jours de campagne, un gros débat entre tête de liste la semaine prochaine à la télévision. Le parti compte désormais tout miser sur le terrain. Des meetings et tractages partout en France pour s'immiscer dans le duel annoncé et faire revivre une droite qui n'y croyait plus.
En
tout cas, on voyait des militants assez fervents. L'effet Bellamy a eu lieu sur les militants de droite qui avaient un peu des états d'âme. Ah oui, c'est pas rien. C'était quand même la dépression profonde chez les militants qui croyaient la victoire acquise quand François Fillon a gagné la primaire au Lamain fin 2016 et qui ont vu tout s'effondrer. Non seulement la présidentielle, mais surtout 15,7 aux législatives. Et l'impression que derrière, la droite n'arrivait pas à se réinventer. Repartait dans des divisions. Xavier Bertrand, Pécresse. Donc il y avait un vrai désespoir à droite.
Et voilà qu'avec cette campagne Bellamy, on retrouve une ferveur militante, une homogénéité idéologique, très à droite, identitaire, la ligne Wauquiez. Et donc la capacité sur cette ligne-là de voir que peut-être, en vampirisant le Rassemblement National, en convergent un jour, en tout cas les possibles sont ouverts, dans un paysage où la gauche est en miettes, la prochaine fois ça se jouera
à
trois, sauf qu'il faut être l'un des deux. Il y aura Marine Le Pen, Macron et le candidat des Républicains, il y en aura trois pour deux places. Et donc ça redonne de l'espoir. Ça ne
va
pas être bon là, parce que même s'il fait 13 ou 14, c'est beaucoup moins bien que Fillon à la présidentielle, c'est beaucoup moins bien que les Européennes de 2014. Donc ça sera objectivement un mauvais résultat électoral pour les Républicains, mais un bon résultat psychologique et idéologique. Après, à Wauquiez de transformer ça en début de quelque chose, et c'est loin d'être fait.
La
riposte est déjà en cours. Édouard Philippe, en inventant la droite trocadéro, a essayé de prendre en compte ce phénomène de ferveur retrouvée et de l'enfermer dans l'espace idéologique du trocadéro, c'est-à-dire début mars 2017, le meeting où on attendait la résignation de Fillon et où au contraire, il
y
a eu la résurrection de Fillon et il est allé jusqu'au bout. Et c'était sur une ligne de droite très très dure. La droite trocadéro,
c
'est une droite qui est un bloc, donc indestructible dans la minorité, mais inconstructible dans une majorité. Ça ne sera jamais 51% les idées de M. Bellamy. Donc comment on fait pour passer de Bellamy à Sarkozy 2007 ? La réponse de Laurent Wauquiez, c'était
la
droite trocadéro, c'est mieux que la droite solferino.
Voilà,
il a essayé de répliquer au Premier ministre qui est clairement en mission pour décrocher une partie de l'électorat de droite au profit de La République en marche. C'est vrai qu'on a vu Jean-Pierre Raffarin en meeting aux côtés de la tête de liste Nathalie Loiseau. C'était une prise de guerre.
Oui,
c
'est une prise de guerre importante, d'autant que Jean-Pierre Raffarin, il est un peu, pas totalement, mais un petit peu retiré de la politique. Il a démissionné de son mandat au Sénat, donc il est un peu présent dans le paysage politique, mais pas tout le temps. Donc le fait qu'il se déplace pour un meeting, oui, ce n
'est
pas du tout anecdotique. Et ça montre exactement ce qui était en germe depuis le début du quinquennat. C'est
-à
-dire, c'est lui d'ailleurs qui avait inventé le terme « les constructifs
»
pour dire ceux de la droite qui pouvaient venir vers Emmanuel Macron. Et ça avait été d'ailleurs le préalable à l'arrivée d'Edouard Philippe à Matignon. Donc on n'est pas vraiment le père de la droite Macron, mais il y a quand même beaucoup contribué.
Il
paraît que ça inquiète le chef de l'État, cet effet Bellamy. Il a réuni quelques députés de la Commission des lois à l'Élysée. Il leur a dit qu
'il
faut aller récupérer ceux qui sont tentés par l'effet Bellamy. Donc c'est pour ça qu'il y
a
un discours et qu'il y a beaucoup d'Edouard Philippe dans les médias ces derniers jours, clairement. Clairement, cette stratégie, elle est là. Et puis il y
a
le problème des maires. Les maires de grandes villes qu'on pensait macroniens ou macron compatibles qui ont dit on va voter Bellamy. Arnaud Robinet à Reims, Christian Estrosianis, ça veut dire qu'ils se disent le parti La République En Marche, c'est un échec. L'appareil sur le terrain, dans la France profonde, il n'existe pas. On n'a plus besoin de faire des risettes à Macron. Alors avant de revenir au match La République En Marche, Rassemblement National, un mot sur Angela Merkel. Est-ce que ça gêne la campagne d'Emmanuel Macron quand Angela Merkel parle de confrontation ? C'est
vrai
que c'est assez inhabituel pour la chancelière allemande ? Certainement pas, au contraire.
D'abord,
c'est un acte de politique intérieure. Elle fait cette interview, c'est un acte pour elle de prise de position. Je suis toujours là, même si on parle de satisfaction, etc. Je suis toujours là en Allemagne. Et ensuite, pour Emmanuel Macron, j'allais dire que c'est presque du pain béni. Ça dit, parce que, effectivement, toutes les critiques sur... Souvenez-vous, Marine Le Pen à François Hollande, vous êtes le vice-chancelier, vous n'êtes pas le président de la France, vous êtes le vice-chancelier. Tout ça, c'est un élément qui pèse chez certains en disant, écoutez, on est juste le laquet de l'Allemagne, on ne fait que pour l'Allemagne.
Et donc, la construction européenne, ne nous racontez pas d'histoire, c'est juste quelque chose où c'est l'Allemagne le moteur et les autres essayent d'être à la traîne derrière, y compris la France. Ça donne aussi le sentiment que la France a une forme de maîtrise. Oui, on peut s'opposer à
l
'Allemagne, qui apparaît effectivement comme la force motrice, sans doute, de cette Europe. Et donc, c'est plutôt bon.
C'est
bon pour aller chercher les euros sceptiques, ceux qui sont un peu plus critiques
? Je pense que c'est surtout
bon pour rassurer ceux qui ont déjà fait un choix. Je ne suis pas sûr que ça amène beaucoup
de monde
qui viendra en se disant c'est formidable, il a des bisbis avec Angela Merkel et du coup, je vais aller voter pour lui. Non, ça, je ne pense pas. Mais en tout cas, ça rassure sur le fait qu'effectivement, le président de
la
République française a la capacité à pouvoir porter de la voix de la France dans un environnement européen plus large.
Cette
question qui nous est posée ce soir, le président Macron transforme ce scrutin en référendum, devra-t-il démissionner s'il le perd ? On a entendu sa principale adversaire, Marine Le Pen, dire très bien, s'il est derrière, il s'en va. Si Marine Le Pen a entrepris de transformer les institutions de la Ve République, grand
bien lui
face. Mais en l'occurrence, elle sait bien, tout le monde le sait, que ce serait totalement absurde. Personne ne l'y oblige. Alors certes, le général de Gaulle avait démissionné la suite d'un référendum en avril 1969. Enfin, c'était une condition très spéciale et puis c'était le général de Gaulle. Donc, il n'y
a
aucune raison après. Alors, qu'est-ce qu'aurait dû faire François Hollande il y a cinq ans quand il a pris des culottés, on peut dire, aux élections européennes ? Qu'est-ce que ça avait changé il y a cinq ans ? C'est important ce que vous dites parce que dans ce qu'entendent, les gens au quotidien, sur les télés, partout dans les débats,
il
y a cette idée de dire, notamment dans la voix de Marine Le Pen et de son Jordan Bardella, c'est le meilleur moyen de changer la suite du quinquennat.
Si
vous votez pour nous, on peut faire barrage à Emmanuel Macron et tout changera.
Moi,
je crois que ça n'avait rien changé ou à la marge de ce qu'était d'abord une désaffection croissante à l'égard de François Hollande, mais aussi dans ce qu'avait été l'évolution du quinquennat de François Hollande où les virages avaient été pris avant d'ailleurs ces élections européennes, le changement de Premier ministre, etc. Ça n'avait rien changé ces élections européennes. Simplement, on peut dire que ça avait marqué une nouvelle sanction de ce qu'était justement ce désaveu en train de se créer vis-à-vis de François Hollande, la fronde aussi de ceux qui commençaient au Parti Socialiste, qui continuaient à le désavouer.
mais à part ça, ça n'avait pas eu d'impact, ce qui finalement, pourrait être à déplorer, parce que ça veut dire aussi que ces élections européennes n'ont pas forcément un rayonnement, une prolongation très très forte dans l'esprit des Français, mais ça,
c
'est pas une
vautée.
C
'est compliqué du coup
d'aller dire aux Français « aller voter, ça ne changera rien ». C'est compliqué. C'est d'autant plus compliqué que moi, là aussi, si on prend un peu de recul, ce qui est le plus grave, me semble-t-il, dans ces élections, dans cette campagne électorale, c'est qu'on n'y parle pas ou qu
'on
n'y parle pas assez d'Europe, en tout cas. C'est très clair. Et peut-être faut-il se poser la question aussi de la nature même de ces élections.
C
'est-à-dire qu'à une époque,
vous
savez, Daniel Cohn-Bendit évoquait l'idée de listes qui soient des listes européennes. On peut se demander si, justement, aller de l'avant, comme ça, en essayant de construire des listes véritablement européennes, ce
ne
serait pas une manière de mobiliser un petit peu plus et surtout de dénationaliser les enjeux. Parce que là, on a vu qu'ils sont extrêmement nationalisés.
Mais tout
le monde joue ce
jeu-là. Le Premier
ministre interrogé chez nos confrères de France Info ce matin a écarté tout changement de cap si le Rassemblement national arrivait en tête. Donc s'il
y avait
une forme de défaite pour La République en marche. Donc en gros, ça ne changera rien. Ça ne changera rien. Alors effectivement, ça peut se poser la question. Ça veut dire aussi que l'enjeu est européen. C'est une manière de dire écoutez, ça ne changera rien en France. On a une ligne de conduite, on ne la changera pas. Mais c'est important pour l'Europe. Alors c'est un peu compliqué,
c
'est un peu tiré par les feux. Je reviens une seconde sur Marine Le Pen qui
demande
au président de
la
République de partir. Elle pourrait se l'appliquer.
Elle
n
'est
pas au pouvoir, mais elle pourrait dire écoutez, c'est très bien. Si jamais le Front national, le Rassemblement national, pardon, arrive en seconde position, eh bien je démettrai de mes fonctions à la tête du Rassemblement national. Quel est l'effet ? Elle aurait son plus de poids même à dire cela. Encore une fois, institutionnellement, ça ne tient pas du tout, mais elle pourrait se l'appliquer également.
Comment est-ce qu'on
saura si c'est un échec pour le Rassemblement national ? S'il arrive en tête naturellement ou si c'est une victoire pour le Rassemblement national ? Il faudra comparer avec les précédentes élections. Elle était arrivée très haute. On comparera d'abord effectivement aux élections européennes de 2014 où le Front national avait été en tête avec 25% des voix. Donc on va regarder à la fois l'étiage, à la fois le rang et
on
va presque s'arrêter là. Il faut se souvenir malgré tout que les élections européennes sont des élections, on l'a dit, intermédiaires, dans lesquelles il y
a
peu d'investissement des Français. Elles donnent souvent lieu à des surinterprétations de ce que cela veut dire sur la politique nationale et la manière dont elle va être bouleversée. Parce qu'en général, oui, ça dira quand même quelque chose, d'une forme d'opposition, mais si on a 40-45% de participation, encore une fois, il
y a
la moitié des électeurs qui se déplacent habituellement qui ne seront pas allés. Et je me souviens, Christophe Barbier disait tout à l'heure qu'on peut penser que la technique d'Emmanuel Macron va d'aller chercher des électeurs qui ont l'intention de voter pour la liste de François-Xavier Bellamy. La réalité,
c
'est qu
'il
faut qu'il aille d'abord chercher ses électeurs de premier tour dont la moitié et plus ne viendront pas ou a priori, nous disent qu
'ils n'iront pas
voter. Mobilisez son camp quand vous avez une participation basse. Mobilisez votre camp et vraiment le premier élément. C'est sans doute pour ça aussi qu'il est à la tête d'Emmanuel Macron sur tous les affifs. Rappelez la campagne présidentielle et mobilisez de la même manière si possible. C'est un électorat, vous avez l'air de dire, moins mobilisé que celui du Rassemblement National
? Alors,
les deux électorats sont les mieux entre guillemets mobilisés se reproduisent mieux et se retrouvent mieux ceux de la... Mais avec toute la décrue que l'on a sur cet élément-là, mais d'autres se retrouvent moins bien. On va parler de la gauche, on parlera de la
gauche. On va en parler.
Effectivement, c'est terrible de ce côté-là. Il y a une dynamique
en
faveur de Marine Le Pen
?
Oui, oui. Oui ? Il
y
a une dynamique pour deux raisons. D'abord, le référendum anti-Macron, l'occasion de donner une claque à Macron. Ça n'a pas marché du côté Mélenchon, ça marche du côté Marine Le Pen. Avec, en plus, parmi ceux qui disent on va voter Rassemblement National, une certitude de ne pas changer de choix d'ici dimanche 26.
D
'accord. 80% et même un peu plus sûr. Du côté de La République en Marche, c'est 10 points de moins. Du côté de la droite et de Mélenchon, c'est encore 10 points de moins. Chez les écolos, on est à 50%. Chez certains candidats de gauche, comme Glucksmann ou Hamon, on est à près de 40% seulement. C'est-à
-dire
que 6 sur 10 disent « Oui, j'ai décidé Hamon, mais je peux changer d'avis. » C'est dire la fragilité. Mais au soir du 26, ça veut dire quoi ? Perdre. Est-ce que ça veut dire être derrière d'un demi-point ou d'un point ? Ou est-ce que La République en Marche ne va pas s'en sortir en comptant le nombre de députés élus
? Ils
vont dire « Oui, d'accord, on est 0,8 points derrière le bardère, mais on a le même nombre de députés. » Ça peut être une bouée de sauvetage. En revanche, si vous avez 4 points de retard, c'est une vraie défaite politique. Ça ne veut pas dire que Macron va démissionner. Évidemment, Mitterrand a fait avec sa liste 20% en 84. C'était Jospin qui l'a mené. La droite avait fait 43. Juppé-Veil, il n
'a
pas démissionné Mitterrand. Il a même été réélu en 88. Mais il a changé de Premier ministre. Et la fragilité, la foudre, elle peut tomber si la défaite est nette. 4-5 points, elle tombera sur Edouard Philippe. Quand même, il y a 25% des électeurs et même parfois plus qui disent « On y va pour punir le gouvernement. » Donc si ceux-là font la différence, Macron ne peut pas être sourd à 6 mois de gilet jaune et à ce résultat-là. Sa seule possibilité, c'est de changer de Premier ministre. Sauf qu
'on
ne voit pas trop quel est le remplaçant idéal. Un mot d'Europe et un mot encore de Marine Le Pen. Elle voit Matteo Salvini ce week-end. À Milan, elle a fait une sorte de tournée européenne en Lettonie notamment. Est-ce que ça, ça pèse dans une campagne ? Le fait, parce que pendant des années, on a expliqué qu'elle était seule. Aujourd'hui, il
y a
un mouvement des populismes européens dans divers pays. Est-ce que ça, ça peut peser dans sa campagne en interne ou est-ce qu'elle joue la suite, ce que vous nous avez expliqué au Parlement européen ? Oui, il faut être capable de montrer qu'une fois qu'on monte à Strasbourg et à Bruxelles, on a des amis
pour continuer
à jouer. Parce que si on a fait un bon score tout seul dans son coin et qu'on est vraiment seul au Parlement, c'est un peu compliqué. Donc les macronistes doivent prouver qu'ils peuvent être au cœur d'une alliance des libéraux, des démocrates et éventuellement d'une alliance environnementale et elle, que tous les nationalistes sont derrière elle. C'est loin d'être le cas parce que Salvini va faire un bon score mais derrière lui, il risque d'avoir une crise interne en Italie. Orban va faire un bon score.
Pourquoi une
crise interne ? Parce que son accord avec Di Maio et le mouvement 5 étoiles est en train de se briser. Ça va tenir jusqu'aux européennes mais on aura peut-être en Italie des législatives anticipées. En tout cas, la situation est volcanique. Orban va faire un très bon score en Hongrie mais il est PPE. Les Polonais sont très indépendants. Qui sera avec Marine Le Pen pour incarner les Européens de l'Europe des nations
?
Juste rappeler qu'il y a 5 ans, elle avait aussi gagné les élections et de quelle manière avec plus de 24% et que d'ailleurs on pourrait évaluer les résultats du 26 mai à l'aune de ce qui s'était passé il y a 5 ans en disant finalement qu'est-ce qui se passe au fond ? Le Rassemblement National qui était l'ex-Front National il n'a pas véritablement progressé.
Qui avait
au fait de cette victoire.
C'est ce qui est
intéressant et justement qu'est-ce qu'elle a fait de cette victoire au Parlement européen ? Rien si ce n'est éventuellement des collaborateurs parlementaires un peu comment dirais-je
contestés en tout cas par la
justice ? Mais on voit bien que depuis qu'elle s'est lancée dans cette élection elle avait fait une interview notamment à Valeurs Actuelles pour dire je ne suis plus seule au niveau européen ce qui était tout à fait nouveau dans la bouche de Marine Le Pen et elle dit aussi je ne suis plus seule au niveau national puisqu'elle a enregistré des ralliements qu'elle n'avait pas eu jusqu'à présent. Ça aussi
c'est... Et on va venir sur ces
ralliements parce que ça touche la France insoumise et on va faire un point sur la situation à gauche. Face au duel annoncé on l'a dit Macron-Le Pen la gauche a bien du mal à exister. La France insoumise doit gérer le passage de l'un des siens au Rassemblement national. Le PS ne fait pas le plein derrière sa tête de liste Raphaël Glucksmann la gauche en ordre dispersée dépoussolée qui vous allez le voir a du mal aussi sur le terrain à capter l'attention de ses sympathisants des électeurs. Mélanie Nunes Tom Abouillet. Désemparé, perdu voire écœuré pour ces électeurs de gauche à Montreuil difficile de savoir pour qui voter dans quelques jours.
Complètement perturbé il y a trop de listes
je
ne sais pas pour qui voter je vais aller voter c'est normal
mais
pour qui
je
n'en sais rien. J'ai l'impression que là on ne sait plus qui est qui qui fait quoi qui veut quoi qui se présente pour quoi.
Est-ce
que vous pouvez me citer des candidats à gauche par exemple
? Tu vois je ne sais pas.
Personne ?
Depuis Hollande je ne sais plus qui fait quoi. à chaque fois on se disperse on fait des tout petits pourcentages un petit peu partout au lieu de se
réunir
oui
c'est dommage
ça va encore laisser passer la droite voire peut-être l'extrême droite un jour.
Bonjour.
Une gauche en lambeaux qui doit livrer bataille
les
élections européennes c'est la liste faire connaître sa tête de
liste
comme Alexis Corbière de la France Insoumise.
Je vous donne un tract pour les élections européennes vous
savez le
6 mai je soutiens la liste de Manon Aubry France Insoumise si vous voyez qui c
'est
à peu près non pas
trop
ok super fort de son score à la présidentielle avec 19% des voix le parti refuse toute alliance et snob les appels du pied des autres candidats
aujourd'hui personne ne croit sérieusement si je vais les voir en leur disant j'ai une grande nouvelle à vous dire je vais m'allier avec monsieur Jadot monsieur Glucksmann on sait pas sur quoi on va s'allier mais on va s'allier on n'est pas d'accord avec notre vision de l'Europe mais on va s'allier mais les gens ils vont dire tout ça c'est un micmac dégueulasse pour avoir des élus donc le problème c'est pas cette espèce de on va se réfugier tout petit et peut-être que si j'ajoute deux à deux ça fera quatre c'est pas ça le sujet il faut comprendre d'abord les millions de gens qui eux ont prévu de ne
pas
aller voter si vous voulez tout à l'heure à 19h il y a à 19h ouais croix de chavot vous savez sous la halle on fait une réunion en plein air et la tête
de liste elle sera
là
alors pour éviter une déroute Manon Aubry tête d'affiche multiplie les meetings tractage porte à porte chaque semaine
quand on ouvre la porte des gens et quand on discute avec les gens souvent ils ne savent pas qu'il y
a
une élection européenne mais moi ce qui me marque c'est que la première chose qu'ils nous disent c'est Emmanuel Macron
seuls
trois de ces listes de gauche pourraient
atteindre
les 5% fatidiques pour siéger au Parlement européen en bas du classement lutte ouvrière pour Nathalie Arthaud pas question pour autant de changer de cap
nous lutte ouvrière nous n'avons jamais fait partie de cette gauche gouvernementale jamais d'ailleurs on a passé notre temps à dénoncer sa politique quand elle était au pouvoir moi ce que j'entends que ce soit du côté de la France insoumise ou du parti communiste ou de Hamon c'est qu'il faut faire l'Europe sociale etc etc mais écoutez il n
'y
aura pas d'Europe sociale tant que ce grand capital domine crédité de 3 % le parti de Benoît Hamon génération mise sur l'héritage historique
un
clip sans l'apparition du candidat lui qui incarnait pourtant le visage de la gauche lors de la dernière présidentielle vive l'Europe libre un slogan qui rappelle celui d'une autre liste place publique et leur formule envie d'Europe
des
drapeaux pareil toujours des choses telles que sur la justice et le climat contre les lobbies l'EPS qui a tenté un coup de poker en proposant une candidature commune portée par Raphaël Glucksmann ces derniers mois ce novice en politique a convaincu les radicaux de gauche et Nouvelle Donne de s'allier alors pas question de porter la responsabilité de la division
ben
non mais désolé c'est pas nous nous on a fait le rassemblement j'ai des copains moi sur à peu près toutes les listes de gauche donc y compris je n'arrive pas à titre personnel alors que je suis candidat à taper
sur les autres listes parce que j'ai pas envie parce que ce sont des amis
des
amis irréconciliables qui réfléchissent à changer de stratégie après les européennes avec l'idée quelque peu
ambitieuse de la création d'une fédération des gauches
nous
avons tous réagi à l'écoute de ce reportage de ce militant qui dit c
'est
pas nous c'est pas de notre faute la division effectivement j'ai des copains dans toutes les listes de gauche c
'est ça
l'échec en
réalité mais
oui c'est parce qu'ils auraient pu trouver des points communs ils auraient pu trouver des solutions alors des fois ça prend beaucoup de temps souvenez-vous pendant la présidentielle quand Yannick Jadot et Benoît Hamon avaient discuté pendant tout le mois de février pour finalement ne pas réussir à dissonner leur intention de vote mais c'est vrai que là on est dans un éparpillement total et puis on est il y avait quelqu'un il y avait Jean-Luc Mélenchon qui était quatrième à la présidentielle qui pouvait espérer exister dans le paysage politique à l'occasion de ces européennes et ça ne fonctionne pas ça ne fonctionne pas en partie parce qu'il n
'est
pas très clair sur la question européenne sur son plan A sur son plan B vous savez il menaçait de sortie de l'Union européenne ça c'était pendant la présidentielle il a bougé comme d'autres ont bougé sur la question européenne et ça contribue à
c'est à dire il a bougé il a
arrondi les gens il y
a
une
question
qui nous est posée d'ailleurs précisément sur ce thème là pourquoi Mélenchon a-t-il autant de mal à faire vivre sa liste parce qu'il n
'est
pas clair sur le fond c'est curieux ce que vous dites pardonnez-moi c'est parce que depuis le début on explique que c'est un enjeu national donc il pourrait surfer sur une colère sociale qu'on a
beaucoup
commenté ces
derniers mois c'est ce qu'il a essayé de faire en parlant notamment d'un référendum anti-Macron lui aussi sauf que ce référendum anti-Macron il profite à la liste menée par Jordan Bardella pour le Rassemblement National et pas à sa propre liste parce que lui il doit faire face à des divisions internes sur des questions liées à la souveraineté au communautarisme donc on sait que c'est très compliqué pour la France insoumise actuellement et ils ont aussi ils voulaient mettre en avant les questions européennes mais ils ont un problème sur les questions européennes ils
sont pas d'accord ?
ils sont pas non ils ont bougé ils estimaient qu'il fallait un plan B c'est à dire on négocie les traités ou sinon on sort des traités ça c'est ce qu'on entendait pendant la présidentielle et à présent on négocie les traités ou sinon c'est la désobéissance donc c'est moins c'est moins violent ça vient moins loin parce qu'il espère agglomérer de l'électorat ex-socialiste mais c'est plus compliqué que ça et il se retrouve dans une situation où à 10
jours dans ce cretin il a un très proche élu de la France insoumise
qui
rejoint le Rassemblement National donc là c'est un il rejoint c'est l'opposé sur l'échiquier politique même si au fond on se rend compte qu'il
y a
peut-être des passerelles plus évidentes que ça entre la France insoumise et le Rassemblement National c'est anecdotique on a entendu Jean-Luc Mélenchon dire parler de traîtrise et de non-événements est-ce que c'est un coup dur ? c'est un coup dur c'est un coup dur même si c'est symbolique ce n'est qu'un élu et pas un élu majeur personne ne le connaissait avant c'est un coup dur parce qu'il montre cette capacité cette porosité éventuelle entre les rouges et les bruns comme on dit c'est entre la gauche la plus radicale et la droite la plus radicale pourquoi il y a cette porosité pourquoi c'est possible ?
parce que cet élu se fait un raisonnement apparemment simple on nous dit qu'il faut battre Macron quelle est la meilleure manière de battre Macron ?
c'est de rejoindre celle d'Élise qui porte la colère populaire la mieux en forme c'est le Rassemblement National je les rejoins par ailleurs il s'agit de combattre un certain capitalisme une organisation de l'Europe et là aussi on peut retrouver du côté du Rassemblement National une efficacité qu'il n'y a pas du côté de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise alors bien sûr ça ne donnera jamais une alliance des chefs et une fusion des valeurs il y a des gouffres éthiques des gouffres philosophiques entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen entre les amis de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Marine Le Pen mais à la base dans un électorat populaire qui a été communiste qui a voté Jean-Marie Le Pen qui a cru en Mitterrand puis qui a été déçu qui a cru en Sarkozy cet électorat populaire changer de boutique ça ne lui pose pas de problème ce qu'il veut c'est l'efficacité et Jean-Luc Mélenchon depuis 2017 dit le premier opposant c'est moi je vais bloquer Macron dans la rue avec des manifs ça a raté il y a eu en plus l'épisode de la perquisition qui a perturbé son image il y
a
eu un soutien inconsidéré aux gilets jaunes Eric Drouet mon héros tout ça a perturbé un électorat dans ce cas là pourquoi ne pas aller au bout d'une démarche révolutionnaire et il y a du révolutionnaire dans les deux camps tout à gauche et tout à droite la convergence rouge-brun est de toutes les époques le populisme est un style ça n'est pas une idéologie donc c'est au fond assez facile enfin c'est assez cohérent qu'un militant de la France insoumise puisse aller de l'autre côté là aussi où on parle le même langage populiste où on s'oppose le peuple contre les élites l'Europe qui est tentaculaire du capitalisme tout ça peut fédérer même si on sait bien que d'un côté on est dans un populisme de type identitaire qui est surtout recroquevillé face à l'immigration et l'autre au contraire de type social qui veut transformer véritablement les structures c
'est la vraie divergence
insurmontable avec une partie de la France insoumise
le
sujet
de l'immigration oui
sauf que le militant ou peut-être celui qui calcule un tout petit peu se dit moi je peux faire ce grand saut et ce qui est intéressant d'un point de vue historique c'est qu'au fond ce grand saut il s'est déjà produit dans l'histoire précisément dans une période similaire à la nôtre qui est celle des années 30 non pas que les populistes d'aujourd'hui soient les totalitaires de l'époque Hitler ou Mussolini pas du tout mais simplement à cette époque là vous avez un certain nombre de grandes figures même de la gauche comme le numéro 2 du parti communiste qui s'appelait Jacques Doriot qui a terminé au PPF qui était très clairement hitlérien vous aviez une des figures de la SFIO socialiste Marcel Déat qui est devenu l'un des grands collaborationnistes un radical qui s'appelait Raoul Bergerie la même chose vous voyez ce sont des choses qui sont faisales parce que quelque part les idéologies ou plutôt les styles peuvent se elle
joue là-dessus
Marine Le Pen elle s'adresse clairement aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon dans son discours d'autant plus que j'allais dire cette greffe a été rendue possible par l'évolution du Front National c'est-à-dire qu'on ça aurait été beaucoup plus impensable du temps de Jean-Marie Le Pen mais avec un Front National qui aujourd'hui est étatiste interventionniste social les choses sont quand même plus faciles à circuler 19% à la présidentielle pour la France Insoumise ils sont donnés autour de 8%
oui
8% un peu plus alors
ils
prétendent qu'ils arriveront à 10% avec certaines études qui réaliseraient de leur côté les mettraient autour de 10% ils mettent en cause clairement les sondages oui clairement ils mettent en cause les sondages mais c'est un peu de bonne guerre à chaque fois ça vient toujours à peu près du même endroit et avec le même type d'argument on verra et d'ailleurs peut-être qu'ils feront 10% peut-être qu
'il
y
aurait
une mobilisation aujourd'hui on est quand même très loin et l'impact que peut avoir cet événement un peu spécifique de passage de l'un à l'autre moi je crois que c'est d'abord parce que oui Marine Le Pen d'une certaine manière fait appel mais pas avec des éléments idéologiques avec les éléments dont parlait Christophe Barbier en disant il faut une efficacité et bien ça fait passer au second plan les éléments d'idéologie et quand on dit ensuite que les français ont en tête finalement l'Europe c'est une élection pour se défouler etc et si on trouve un enjeu cet enjeu particulier c'est contre Macron et bien oui il y
a
moins de culpabilité éventuellement à aller d'un côté ou de l'autre l'enjeu n'est plus celui des idéologies centrales en tout cas pour un certain nombre d'électeurs ce que vous nous disiez tout à l'heure c'est qu'en se montrant comme il le fait dans la campagne il surjoue aussi ce référendum ce qui remobilise autour de la candidature de Jordan Bardella et du Rassemblement National exactement alors un mot quand même sur Ségolène Royal on apprend aujourd'hui que Ségolène Royal puisque nous parlions à l'instant de la gauche et des difficultés de la gauche emmenées par Raphaël Glucksmann qui porte les couleurs aussi du parti socialiste et bien une ancienne une socialiste historique candidate à la présidentielle du parti socialiste qui s'apprêterait à soutenir la liste d'Emmanuel Macron est-ce que là c'est un coup dur encore pour Raphaël Glucksmann qui a du mal avec les anciens éléphants du PS qui ne l'aide pas beaucoup
oui
c'est un gros coup dur d'autant qu'il essaie d'avoir des personnalités importantes autour de lui Christiane Taubira Bernard Cazeneuve bientôt donc il essayait de reconstituer un peu l'écosystème des socialistes autour de lui avec les grandes figures et c'est vrai qu'il n'y arrive pas avec François Hollande qui pour l'instant reste un peu sur la réserve et il n'y arrive pas on va voir si ça se confirme mais selon une information des échos qui est sortie aujourd'hui effectivement vous le disiez Ségolène Royal devrait soutenir Emmanuel Macron alors on avait eu un petit moment précurseur un des signaux précurseurs puisqu'elle avait salué la tribune dont vous parliez tout à l'heure d'Emmanuel Macron sur l'Europe après avoir été très dur au moment du début de la crise des gilets jaunes sur la taxe carbone en disant qu'il s'agissait d'écologie punitive et que le gouvernement actuel n'avait rien compris à la façon dont la France fonctionnait et à la révolte du carburant qui était en train de se lever mais aujourd'hui entre temps Ségolène Royal a essayé de créer une liste pour les européennes elle a essayé de tendre la main à Yannick Jadot ça n'a pas fonctionné et là on voit bien qu'elle est dans une autre période une période qui s'ouvre peut-être un remaniement alors Emmanuel Macron a laissé planer cette hypothèse lors d'un conseil des ministres histoire de mettre ses ministres au garde à vous on ne sait pas
il n'a pas été très agréable en gros il leur a
dit le 26 mai moi je serai là vous on ne sait pas voilà donc
bougez
-vous ça voulait dire
ça voilà
ce qui était nouveau d'ailleurs dans le vocabulaire d'Emmanuel Macron donc certains et Ségolène Royal n'est pas la seule en coulisses on en entend beaucoup qui sont en train de se pousser du col en disant mais s'il
y a
un remaniement au début de l'été ou à la fin de l'été il aura besoin de politique et Ségolène Royal peut faire facilement ce raisonnement là c'est une politique et elle montre en annonçant ce ralliement sans doute là que c'est une fine politique parce que c'est exactement le
bon moment
en tout cas si on met côte à côte c'est vraiment dur en même temps Jean-Pierre Raffarin et
Ségolène
Royal dont on sait qu'ils se sont affrontés en Poitou-Charente pendant des années on se dit il y
a
une forme de de talent d'arriver à les réunir un talent mais
attention
aussi au danger parce qu'on parlait tout à l'heure des électeurs potentiels de
François-Xavier Bellamy qui
trouveront là une manière de dire écoutez vous savez où ils sont et bien ils sont là vous pouvez les retrouver tous ceux que vous n'aimiez pas que vous soyez à gauche ou que vous soyez à droite et bien ils sont au même endroit donc le mouvement de Ségolène Royal va peut-être pas dans le même sens que
celui d'Angela Merkel ça peut être contre
-productif c'est ça que vous voulez dire ça peut être contre-productif pour des électeurs de droite potentiellement tentés en disant ah non s'il
y a
Ségolène Royal qui les soutient franchement ça veut dire qu'ils sont là d'accord chacun voit midi à sa porte mais pour ces électeurs là ces électeurs de droite pas forcément tout de suite mobilisés hésitants pourquoi pas entre la liste LREM et la liste les républicains se dire voilà c'est un moyen de trancher on vient de faire un choix
oui
mais je rappelle quand même que les électeurs ils ont quand même suivi Emmanuel Macron sur le et à droite et à gauche en 2017 donc alors
c'est vrai ils sont du renouvellement oui mais
je veux dire qu'au fond si on prend un petit peu de recul là encore c
'est l
'historien
qui prend toujours de recul est-ce qu'il y a des différences majeures
entre Jean-Pierre Raffarin et Ségolène Royal sur la vision de la société de futur ils sont européens ils sont sociolibéraux ou libéraux sociaux enfin c
'est
-à
-dire
qu'il n'y
a
pas des différences majeures et peut-être que le lectorat il est aussi de plus en plus mûr par rapport à ça et puis surtout il s'aperçoit que il s'aperçoit que les républicains sont sur une ligne qui les écarte justement de ce qu'ont représenté les hommes comme Jean-Pierre Raffarin Juppé et les autres ça ça compte aussi dans l'esprit donc est-ce que ça sera négatif pour eux de voir cette nouvelle alliance un peu contre nature ou est-ce que au contraire ils se diront peut-être que là il y a une voie qui est assez raisonnable pour peut-être autre chose de centre droit on va dire bon c'est très difficile parce qu'on est dans un espace très mouvant il me semble que Emmanuel Macron avait réussi à récupérer une partie de cet électorat au moment de la phase autoritaire ou répressive vis-à-vis des gilets jaunes il a semblé un petit peu reperd du terrain il pourrait en reprendre aujourd'hui bon c'est et il faut dire aussi une dernière chose c'est que du côté de la République en marche ils sont quand même assez nombreux des Auréliens Taché et d'autres à dire attention n'oublions pas qu'il faut marcher aussi sur le pied gauche et que donc là une prise de guerre
comme celle de
Ségolène Royal ce serait peut-être pas mal rappelez-vous en 2007 dans l'entre-deux-tours les approches entre Bayrou et Ségolène Royal la fameuse scène du balcon on était déjà dans ce genre de frontières impalpables c'est ça qu'Emmanuel Macron a réussi à concrétiser
et
bien on va au troisième reportage si la campagne surfe sur un enjeu national il y a néanmoins un thème
qui
a fini par s'imposer à tous les partis c'est celui de l'écologie tous de l'extrême droite à l'extrême gauche tentent de ravir au parti écolo la marque verte Magali Lacroze-Pierre-Dorne
Bonjour
messieurs dames
Bonjour Nous
on est là pour défendre le climat
Oui
c'est important
Merci Il
a l'économie du verbe Yannick Jadot
Bonjour mesdames c'est pour le climat
Un
seul mot en guise de programme
et
pour faire campagne la tête de liste Europe Ecologie Les Verts revendique sa légitimité
L
'écologie il y a ceux qui en parlent et il
y
a ceux qui agissent
Bonjour madame Sur le
marché des Nimbomont
Les
Verts tentent de sensibiliser les électeurs à l'écologie politique tout un programme Quand vous mettez un bulletin vert vous avez une députée un député qui va siéger au groupe vert qui est le groupe qui obtient toutes les avancées sur l'environnement et la santé donc il va falloir voter efficace pour ces élections européennes il va falloir voter pour ceux qui sont cohérents pour ceux qui sont clairs sur le combat écolo et c'est le vote vert
En
campagne on croise beaucoup de monde et les adversaires ne sont jamais très loin
Ah bah la France Insoumise tout le monde est là sur le marché Bonjour Bonjour
J
'ai pas envie de vous saluer monsieur Pas de problème
Et
quelques pas plus loin voilà Steve Briouat du Rassemblement National
Ah le collègue
Pas
candidat cette fois
? Cette
fois-ci non hélas
Tant
bien pour nous
Un
peu crispé Yannick Jadot
parce
qu'au Rassemblement National à présent aussi on
parle écologie pour faire valoir la préférence nationale
Le
modèle de la mondialisation sauvage qui consiste à baisser toutes les barrières douanières à supprimer toutes les frontières nationales consiste et d'ailleurs aux frontières de l'Union Européenne consiste à les produire très très loin dans des normes sanitaires sociales environnementales sous une forme d'esclavagisme humain qui sont complètement délirantes pour ensuite rapatrier les produits en Europe à des populations de facto touchées par la précarité et par le chômage de masse pour ensuite aller faire retraiter en Afrique je pense que ce modèle c
'est
le pire ennemi de la planète alors aujourd'hui on fera pas d'écologie sans frontières
Dans
cette campagne l'écologie s'est invitée dans les programmes à droite chez les républicains les souverainistes au centre à gauche à la gauche de la gauche tous les candidats s'affichent en vert
Mais
alors à qui appartient l'écologie politique
? Pour
Daniel Kohn-Bendit qui défend aujourd'hui ses positions dans le camp LREM l'écologie n'appartient ni à son ancien parti ni à Yannick Jadot
Il
n
'est
pas le pape de l'écologie
Il
ne peut pas excommunier quelqu'un C'est pas parce qu'il est tête de liste Europe Écologie Les Verts qu'il est le seul écologiste au monde et qu'il a le droit maintenant d'excommunier à droite et à gauche
Alors
les politiques tous verts
? En
campagne pour la liste Urgence
Écologie
Delphine Bateau se bat contre la prolifération des algues vertes en Bretagne et celle des nouveaux écolos de la politique
Pour
l'ancienne
ministre de l'écologie qui n'a pas hésité en 2013 à démissionner du gouvernement de Jean-Marc Ayrault L'écologie politique c'est un engagement total ou rien
Le
choix que je fais aujourd'hui de m'engager pour l'écologie intégrale
c
'est en étant informée de la façon dont les partis politiques traditionnels effectivement au moment des élections mettent un petit peu de peinture verte sur leur programme parce que ça fait bien Le libéralisme et le socialisme conditionnent leur projet de société à la croissance économique c'est à dire qu'ils sont dans l'idée qu'ils font continuer à produire plus à consommer plus après il y a des débats sur la répartition des richesses mais on n'est pas dans un changement de modèle or il se trouve que la croissance économique c'est aujourd'hui un indicateur de la destruction de la nature et donc il y a
si
vous voulez les idéologies du siècle dernier
elles
sont obsolètes par rapport à l'urgence écologique dans laquelle dans laquelle nous sommes
en
2009 les verts emmenés par Daniel Cohn-Bendit avaient obtenu
16% aujourd'hui même si les sondages sont moins optimistes l'ambition elle reste la même voire encore plus forte tant l'urgence environnementale s'est accrue
c
'est une question qu'on peut se poser après ce reportage le thème de l'écologie est devenu central fait-il vraiment gagner des électeurs c
'est
vrai que c'est un sujet qui est devenu absolument important c'est un des sujets qui au début de l'année on a mesuré l'évolution des principales préoccupations des français il avait gagné 17 points en même temps qu'avait gagné 17 points la préoccupation sur la hausse des salaires et sur le pouvoir d'achat donc les deux sont devenus importants est-ce que ça fait gagner des électeurs ça fait gagner en tout cas de l'attention potentiellement parce que c'est aussi un sujet sur lequel les français lorsqu'on les interroge considèrent que c'est au niveau européen que cela doit se passer plus qu'au niveau national donc on va dire que ça peut mobiliser maintenant ça mobilise quand c'est un peu concentré quand on a le sentiment que ça va être le sujet central et principal alors Yannick Jadot est sans doute le plus dans l'antériorité de ces éléments-là pour les autres on va dire que c'est un passage obligé presque malheureusement parce que chacun chacune des listes doit dire aujourd'hui oui j'ai cet aspect-là parce qu'il est important pour autant le point important
ce
sera
les
élections municipales parce que mais oui parce que les élections municipales c'est un moment où c'est très compliqué de devenir d'être écolo autant sur un sujet qui est important pour tout le monde qui reste un peu éloigné dont on se dit que c'est au niveau de l'Europe qu'il faut le faire ok ça
peut mobiliser c
'est relativement facile si au niveau municipal on arrive sur un sujet où c'est vous c'est votre sujet c'est votre quotidien c'est là où ça va se passer c'est vous qui devez prendre des engagements par rapport à la transformation par rapport à cet élément-là c'est là où sera vraiment le juge de paix de la capacité de l'écologie c
'est votre avis
à pouvoir être intégrée et se transformer en vote la question que doivent se poser les gens qui nous regardent c'est très bien d'accord mais c'est quoi voter écolo aujourd'hui ce qu'on a vu dans le reportage tous les partis ont le chapitre d'ailleurs qui est assez haut dans les campagnes ça devient régulièrement sur les plateaux Jordan Bardella hier on ne fera pas d'écologie sans frontières donc là c'est le Rassemblement National ce n'était pas du tout son terrain de jeu qui se met à défendre localisme oui une sorte de
l
'économie circulaire ça fait partie de son programme oui il y a de l'écologique partout donc pourquoi choisir de l'écologiste d'autant qu'Yannick Jadot a commencé en disant l'écologie c'est ni à droite ni à gauche et puis dans une deuxième partie de campagne il fait un grand virage à gauche en attaquant spécialement Macron dont il sent qu'à travers Canfin, Cohn-Bendit il a lancé des hommes à ses trousses il fait un virage à gauche aussi parce que
son
appareil électoral les verts sont très à gauche quand vous entendez Julien Bayou leader des verts à Paris vous entendez un homme de gauche radical et c'est tout à fait honorable donc il y a un trouble identitaire chez les écologistes ils sont verts ou ils sont verts rouge et au municipal en effet ils auront des difficultés sauf à faire des listes d'alliances et ça sera dans 90% des listes de gauche dans 90% des cas donc ça veut dire que personne ne peut en profiter c'est une préoccupation majeure pour les français surtout pour des européennes mais ce sera une attention diluée dans l'électorat il faut attention aussi à un autre élément ce qu'on appelle le greenwashing ça existe pour les entreprises depuis très longtemps ça
existe pour les
politiques aussi et là ils sont en train de faire du greenwashing et l'effet, le contre-effet à moyen terme de greenwashing c'est que plus personne n
'y
croit plus personne ne pense que quelqu'un va réellement faire quelque chose
Oui,
paradoxalement ça peut être aussi l'indice d'une sorte d'acclimatation de la société à ses idées il y a quand même qu'on le veuille ou non notamment chez les jeunes on voit bien que les motifs les lieux d'engagement pour une partie de la jeunesse on l'a vu avec tout ce mouvement international autour de la jeune suédoise ça peut être justement l'écologie c'est quelque chose qui imprime moi j'ai été frappé par la manière dont la République en marche a totalement écologisé son programme qui est vraiment centré la banque du climat les mille milliards etc c'est quelque chose de très important sur lequel d'ailleurs ce serait bien aussi qu'on puisse avoir des débats de fond parce qu'on voit bien là aussi qu'une fois de plus le débat se nationalise et qu'on ne réfléchit pas qu'est-ce que signifie le projet de Yannick Jadot de ce traité européen qui subordonnerait tout justement à la transition écologique est-ce qu'on ne peut pas
le
mettre
en oeuvre
la
loi
fondamentale de l'Union Européenne est-ce que ce n
'est
pas justement un projet qui mérite d'être débattu vous
avez l'air de
regretter que ce soit une campagne qui est un peu à la surface des choses mais
est-ce que ce n'est pas
toujours le cas
lorsqu'on
parle de campagne européenne évidemment c'est toujours le cas mais il faudrait peut-être sortir justement de ce cynisme d'autant plus je le répète qu'il me semble que précisément s'il
y a
un moyen de réenchanter un peu la politique auprès des jeunes c'est en passant justement par ces aspects de transition écologique ou par exemple d'animalisme etc qui sont des vraies thématiques qui portent chez les jeunes et on a vu une mobilisation citoyenne effectivement assez forte
sur
notamment l'affaire du siècle la pétition etc
ce
qui est intéressant c'est de voir où est placé Nicolas Hulot parce que Nicolas
Hulot
peut être un repère pour pas mal d'électeurs en se disant voilà qui va-t-il choisir et il refuse pour l'instant de répondre à cette question alors c'est intéressant il s'est exprimé chez nos confrères du Point cette semaine et il cite trois listes alors il cite Urgence écologique qui est une petite liste dans laquelle se trouve Delphine Bateau mais qui est menée par Dominique Bourg qui est un philosophe et qui est proche de Nicolas Hulot historiquement donc il y
a
un peu de Nicolas Hulot
là
il y en a un petit peu chez Raphaël Glucksmann dit-il on sait qu'il avait discuté avec le leader de place publique et qu'il était intéressé par Raphaël Glucksmann et puis il cite aussi Pascal Durand et Pascal Confin qui sont eux sur les listes de La République en marche il
ne cite pas
Yannick Jadot il ne cite pas Yannick Jadot c'est assez significatif et donc il cite ces trois listes là et l'électeur qui a envie de voter vert ou un peu vert devrait à son avis
choisir
dans ces listes donc c'est assez intéressant que lui pour l'instant laisse cet éventail des possibles ouvert
et
nous revenons maintenant à vos questions
mais
Emmanuel Macron est candidat aux élections européennes je croyais qu'il était président de la République merci pour cette question parce que dans mes souvenirs il y avait quand même l'idée que le chef de l'État ne se mêlait pas des élections intermédiaires était un peu au-dessus de la mêlée là c'était avant c'était le monde d'avant c'était le monde d'avant mais c'était le monde d'avant qui a commencé quand même avec Nicolas Sarkozy il s'en est mêlé fortement c'était le monde d'avant le quinquennat
le
quinquennat a hyper présidentialisé la 5ème République elle l'était déjà beaucoup depuis De Gaulle elle l'était encore plus c'est-à
-dire
que le président on le rend comptable de tout responsable de tout bénéficiaire de tout quand ça va bien et il doit s'occuper de tout dans les manifestations des Gilets jaunes il n
'y a
pas une pancarte contre Édouard Philippe il y en a un peu contre Castaner parce qu'il est ministre de la police tout est contre Macron donc à partir du moment où il prend tous les coups c'est à lui de les donner et quand il se met dans la balance il peut espérer l'effet positif je rassemble mon électorat de premier tour mais il y a aussi l'effet négatif évidemment ceux qui sont allergiques à ma personne se mobilisent aussi donc c'est pour ça
le
débat qu'on vient d'avoir vous venez de citer les Gilets jaunes elle est où la colère des Gilets jaunes dans les enquêtes d'opinion il y a trois listes Gilets jaunes mais ça a été quand même un mouvement historique qu'on a commenté pendant plus de cinq mois elle est où cette colère dans les enquêtes d'opinion elle n'y est pas vraiment simplement parce que ça n'est pas un mouvement qui est transformable politiquement à travers les élections c'est même l'essence même de ce mouvement la
capacité à pouvoir
se représenter à avoir un programme qui agrège et la capacité à pouvoir mobiliser ensuite des gens à voter pour eux ça n'était pas le mouvement des Gilets jaunes on
peut
en reparler mais c'est vrai que ça n'est pas transmissible
elle peut être dans l
'abstention dans l'abstention on va retrouver des Gilets jaunes dans l'abstention c'est-à
-dire
dans cette colère dans l'envie de ne pas participer au système oui
les
bons chiffres du chômage est-ce un bon argument de campagne pour Emmanuel Macron alors ce sont les meilleurs chiffres depuis dix ans ça pèse dans une campagne à dix jours dans ce scrutin
c
'est pas non plus un effondrement du chômage on n'a pas perdu deux points comme ça avec une sorte d'explosion des créations d'emplois est-ce que les gens voient baisser le chômage dans leur environnement proche un gamin diplômé qui a 27 ans trouve son premier boulot un quinquagénaire qui depuis trois ans est au chômage qui retrouve c'est ça pour les gens concrètement la baisse du chômage par ailleurs la dimension pouvoir d'achat ou pouvoir de vivre a pris une telle importance chez les gens qu'on se demande si elle escamote pas un petit peu la dynamique chômage peu importe si j'ai un boulot ou pas qu'est-ce que j'ai pour gagner ma
vie
si c'est une allocation si c'est des primes des petits boulots un revenu voilà c
'est ça qui m'importe c'est un peu
ingrat quand même parce que ça fait des années qu'on dit oui tant que le chômage ne baisse pas on
aura échoué
mais les gilets jaunes ont mis l'accent sur un phénomène social que beaucoup de français ignoraient qui est celui des travailleurs pauvres on a 8% de travailleurs qui sont en dessous du seuil de pauvreté ça c'est j'allais dire c'est presque une sorte de découverte collective de la France des gilets jaunes et effectivement ça a tendance à minorer les bons résultats parce qu'ils sont plutôt bons sur le chômage Macron ne propose que le choix éculé entre les gouvernants et le rassemblement national n'a-t-il donc rien à dire sur l'avenir de l'Europe
?
c'est ça c'est toute la question puisque souvenez-vous c'était au mois d'octobre septembre-octobre dernier on avait l'impression justement que la campagne des élections européennes en France allait être très très sur les sujets sur les vrais sujets européens on se disait enfin une vraie campagne européenne et elle n'a pas eu lieu alors elle n
'a
pas eu lieu pour plein de raisons il y a eu des des périspécies particulières la fin de la crise des gilets jaunes la conférence de presse l'incendie de Notre-Dame on pouvait penser que ça allait repartir et puis il y a eu cette libération des otages et malheureusement la mort de deux soldats français la semaine dernière donc c'est une campagne elle
n'a jamais pu s'installer cette campagne il y a eu plein
de faux départs mais elle ne s'est jamais vraiment installée peut-être que c'est maintenant d'ailleurs
il
ne faut peut-être pas en imputer la faute à Emmanuel Macron parce qu'il me semble
quand même que non non pas du tout
mais ce n
'est
pas Soisy qui dit ça mais je l'ai entendu un peu partout même si c'est un jeu un peu pervers entre Macron et Le Pen il faut quand même lui reconnaître au moins cette vertu qu'il a toujours fait de la construction européenne d
'un
de ses chevaux de bataille et que le programme de manière objective même si on peut ne pas y croire mais le programme de la liste de Nathalie Loiseau c
'est
un programme qui est quand même assez volontariste en matière de construction européenne que ce soit le Conseil de sécurité européen la Banque pour le climat etc. il y a quand même beaucoup de choses il
y
a une volonté de faire avancer l'Europe le
problème de
Macron est plus d'avoir la capacité politique d'appliquer ses idées que de ne pas avoir d'idées le discours de la Sorbonne à tribunes il y
a
des idées est-ce qu'il sera capable de les faire partager
il a eu du mal jusque là
il a eu du mal le soutien de Royal à la liste de la République en marche pourrait-il lui être favorable ? à la liste de la
République
en marche oui je pense qu'il peut quand même y avoir des effets positifs c'est vrai qu'à droite ça peut un petit peu effrayer mais je pense qu'un électeur qui hésite entre Bellamy et En Marche et qui voit Ségolène Royal et qui dit ben non j'y vais pas parce qu'à Ségolène Royal c'est un électeur qui était déjà Bellamy parce que sinon il est de la droite modérée juppéiste il n
'est
pas si éloigné que ça des positions de Royal sur l'Europe et Royal n'est plus dans la course pour la présidentielle elle ne représente plus si j'ose dire un danger pour cet électeur-là donc ça reconstitue la grosse omelette l'omelette qui va de Juppé à Valls
il n'y a plus
Juppé ni Valls c'est de Raffarin à Ségolène Royal Doit-on s'attendre à un grand remaniement ministériel si la liste de la République en marche arrive en deuxième position ? si le président ne le fait pas c'est qu'il a mal interprété les institutions qui va continuer à s'affaiblir politiquement je lui souhaite bon courage pour l'automne social entre un gouvernement épuisé discrédité par un résultat électoral et un président contesté entre nous ça ne servirait à rien
ça
ne servirait
à rien mais c'est obligatoire
quand même politiquement c'est obligatoire mais au niveau de l'opinion un remaniement même un changement de premier ministre ça fait un petit ok dans l'opinion mais si comme on le dit la ligne ne changera pas à la fin dans l'opinion ça ne changera pas c'est pas ça qui fera changer l'opinion que les français portent sur Emmanuel Macron dont on va ne cesser de dire qu'il était le point central de focalisation des amours et des haines mais ça peut servir à Ségolène Royal
comment
Marine Le Pen qui ne fait rien de spectaculaire arrive-t-elle à garder ses électeurs visiblement
Marlène à la réunion considère que c'est pas une bonne campagne c'est parce qu'elle ne fait
rien de spectaculaire qu'elle garde ses électeurs c'est parce que sa politique a été après ce moment traumatique du débat de second tour de l'élection présidentielle d'entre deux tours pardon de l'élection présidentielle qu'elle a réussi à prendre alors voulu ou forcer ce recul par rapport aux événements elle a vu les gilets jaunes et moi je trouve très intéressant de voir qu'elle se mettait toujours en retrait les idées ou les mouvements en avant elle en retrait aujourd'hui elle est en train de recoller un peu les deux et elle est en train de réussir pas mal les retraités qui s'estiment spoliés par la politique de Macron ne vont-ils pas utiliser cette élection pour le sanctionner ?
oui une partie du succès de Bellamy est là mais une partie de ces retraités récupère un peu d'argent depuis le 9 mai est-ce que ça les calmera ? ces retraités votent beaucoup ces retraités n'aiment pas trop l'extrême droite ne veulent pas trop de désordre leur cœur va balancer leur tête aussi merci à vous tous c
'est
la fin de cette élection de cette élection
de
cette émission c'est pas la fin de cette élection cette élection c'est le 26 mai de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h20 demain vous retrouvez Axelle de Tarlet tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5
Marine Le Pen