Lycées : La jeunesse s'engage, qui va l'entendre ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:48OuverteRéponse directe
Que dites-vous de la réponse sécuritaire du gouvernement ? Est-elle disproportionnée ?
- 5:03OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'ils disent de la police, les jeunes que vous accompagnez ?
- 5:35RelanceÉludée
La question des relations jeunes-police est-elle réelle ?
- 6:06OuverteRéponse directe
Cette réponse sécuritaire est-elle un symptôme de surdité des gouvernements ?
- 7:32FerméeRéponse partielle
Ce sondage Ipsos (78% des jeunes se sentent moins écoutés) est-il une claque pour vous ?
- 8:13OuverteRéponse directe
Comment donner une voie aux jeunes dans l'action publique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:20Chiffre
« Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés, 89 personnels de l'Éducation Nationale et 761 policiers et gendarmes. »
- 2:40Fait
« Un jeune homme de 15 ans a perdu sa main il y a quelques jours à cause d'une de ses grenades. »
- 4:31Benjamin AminFait
« Je crois qu'on condamne toutes et tous toutes les violences, tous les débordements. Qu'ils viennent des jeunes, qu'ils viennent de quelques policiers isolés parce que moi je ne crois pas dans les violences policières »
- 8:13Benjamin AminPromesse
« On a créé un conseil municipal des jeunes qui me rend très fier parce que c'est un premier pas dans la citoyenneté. »
- 10:40Nawel Begnaia-DjeloulFait
« Cité des Chances est une association qui a été créée en 2018 et nous le message qu'on porte c'est tout le monde est légitime tout le monde est capable »
- 11:58Nawel Begnaia-DjeloulFait
« Le problème Parcoursup, il existe depuis 2018. Le problème Mon Master, il existe depuis 2023. »
- 13:17LennisterneChiffre
« 61 % des jeunes qui pensent que le pays a peur d'eux. »
- 15:13Nawel Begnaia-DjeloulChiffre
« 23 % des 15-34 ans qui sont bénévoles dans une association en 2025 contre moins de 15 % en 2010. »
- 18:02LennisterneChiffre
« Il y a 23 % des 15-34 ans qui sont bénévoles dans une association en 2025 contre moins de 15 % en 2010. »
- 25:27Chiffre
« 8 jeunes sur 10 entre 18 et 29 ans ont l'intention d'aller voter à la prochaine présidentielle. »
- 26:09Chiffre
« Jean-Luc Mélenchon récolterait 42 % des intentions de vote des 18-24 ans, 21 % pour Marine Le Pen, 9 % pour Edouard Philippe. »
- 36:22Fait
« Je n'ai jamais été un adolescent, je n'aime pas les adolescents, je ne les comprends pas. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Bonjour à toutes et à tous, c'est une édition spéciale de Sens Public que je vous propose ce soir avec une volonté comprendre le mouvement lycéen, étudiant et ce qu'il dit de l'engagement des jeunes français. Aujourd'hui, vous le savez, une nouvelle journée de manifestation est prévue demain. Quelle porte de sortie pour le gouvernement ? Pourquoi les moins de 25 ans se sentent -ils oubliés des politiques publiques ? Ces lycéens de terminale, ces étudiants iront-ils voter à la présidentielle ? Et si oui, pour qui ce sera notre premier débat dans une minute et puis dans la seconde partie de notre émission, on décortique l'une des causes du malaise, l'accès au marché de l'emploi de plus en plus précaire. Je n'arrive pas à trouver de travail. C'est une véritable galère.
J'ai postulé à plus de 40 annonces sur Indeed, j'ai appelé plus de 60 entreprises au téléphone et ça n'a rien donné. J'ai même des amis pour postuler au McDo alors qu'ils ont un bac plus 5, ils n'ont pas été pris. Des stages qui se prolongent, des salaires revus à la baisse pour les plus diplômés, la concurrence de l'intelligence artificielle et surtout, surtout un taux de chômage de plus de 21%. C'est le portrait d'une génération sacrifiée que l'on va brosser dans trois quarts d'heure. Et comme tous les jours, témoignez, réagissez en direct grâce à notre QR code. Dites-nous, racontez-nous ce que vivent vos enfants, vos petits-enfants. Et pour recommencer, on découvre les moments forts de cette journée marquée par les explications du ministre de l'Intérieur. Clémentine Louise.
Le mouvement lycéen auquel nous sommes confrontés, il est un peu différent. Il est un peu différent, il est assez inédit d'abord parce qu'il a basculé assez rapidement dans des violences qui sont graves, dans des violences graves. Enseignants agressés, tirs de mortier et cocktails Molotov, cet après-midi à l'Assemblée nationale, l Laurent Noniaz a dressé une liste des violences perpétrées depuis le début du mouvement. Face aux critiques, le ministre de l'Intérieur continue de défendre une réponse proportionnée des forces de l'ordre. Quand il y a des violences et des dégradations, nous intervenons. En revanche, quand il y a intervention, on applique la proportionnalité de l'action. Voilà, que les choses soient claires. Et donc je trouve qu'il est excessif de parler comme ça a pu l'être,
mais je pense que la question reviendra, de répression policière d'un mouvement. Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés, 89 personnels de l'Education Nationale et 761 policiers et gendarmes. Pour la première fois, Laurent Nunez a annoncé interdire l'utilisation de grenades assourdissantes. Un jeune homme de 15 ans a perdu sa main il y a quelques jours à cause d'une de ses grenades. Mais la mesure ne convainc pas complètement ces étudiantes C'est la moindre des choses, il était temps, mais c'est toujours pas suffisant quand on voit la quantité de CRS qui sont venus pour encadrer avec des énormes guillemets le blocus aujourd Aujourd'hui, je pense que cet ordre permet juste de
temporiser et de se donner bonne figure. Mais en réalité, le pire a déjà été fait et on l'a bien vu par les conséquences physiques sur certains Malgré des heures recensées encore aujourd'hui, la mobilisation était en net recul. Les cours ont été totalement ou partiellement suspendus dans 459 lycées. C'est presque deux fois moins que sur la journée d hier. Mais demain, l'union syndicale lycéenne et l'union étudiante appellent à de nouveaux cortèges pour un acte 4 de la mobilisation. La jeunesse s'engage. Qui va l'entendre ? C'est le thème de notre premier débat dans cette édition spéciale. J'accueille Benjamin Amin. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes sénateur du Haut-Rhin, porte-parole du groupe RDP. Vous prenez sens, on va simplifier, de Gabriel Attal, Nawel Begnaia-Djeloul.
Bonsoir, bienvenue. Vous êtes présidente de l l'association Cité des Chances. Lennisterne, bonsoir, bienvenue. Vous êtes essayiste, experte à la Fondation Jean Jaurès. Vous publiez Teen Spirit dans la tête d'une jeunesse incomprise aux éditions de l'Aube. Et Steve Jourdin, éditorialiste pour Sens publique. Bienvenue Steve et merci d'être là. On vient de le voir dans le sujet de Clémentine-Louise, Laurent Nunez venu défendre le travail des policiers devant les députés. Que dites-vous Benjamin de la réponse sécuritaire du gouvernement ? Est-ce qu'elle est disproportionnée ou pas ? Écoutez, je crois qu'on condamne toutes et tous toutes les violences, tous les débordements. Qu'ils viennent des jeunes, qu'ils viennent de quelques policiers isolés
parce que moi je ne crois pas dans les violences policières et il faut comprendre aussi le formidable travail que font les forces de l'ordre mais je pense que ce qui est important c'est de se projeter sur les aspirations des jeunes. Moi c'est ce qui m'aspire en tant que jeune sénateur, c'est ce qui m'aspire en tant que jeune citoyen. C'est de faire en sorte que chaque jeune de France, d'où qu'il vienne, puisse réaliser toutes ses aspirations. Grâce à l'école, grâce au travail, grâce au sport, grâce à l'art, grâce à la culture et je crois que le rôle des responsables politiques, c'est ça au fond. C'est de permettre à chaque jeune de France de s'épanouir. Je pense surtout d'entendre les raisons de la colère. Depuis des jours, on n'oublie jamais.
En général, d'ailleurs, là je ne le fais pas, mais on commence tous nos débats par les revendications, la mobilisation, et ensuite on parle des questions de sécurité. Là en l'occurrence, le fait marquant de cette journée, c'est quand même les explications de Laurent Nunez, donc je démarre avec ça, on n'y passera pas trop de temps effectivement. Qu'est-ce qu'ils disent de la police, Naouel Bagnaya-Djeloul, les jeunes que vous accompagnez ? Est-ce qu'ils sont en situation de défiance ? On ne demande pas aux jeunes ce qu'ils pensent de la police, on demande aux jeunes déjà qu'est -ce qu'ils veulent à travers leurs revendications. C'est vrai que concentrer le débat sur les violences et ce que pense la police de
ce mouvement c'est assez gênant je pense qu'il faudrait déjà revenir à l'essentiel à savoir leurs revendications encore une fois on le fait mais la question des relations jeunes police elle est réelle oui elle est réelle c'est une vraie problématique dans ce pays et la question de la relation police jeune question qu'est ce qu'ils disent de la police on va pas sonder les jeunes sur ce qui pense de la police on va sonder les jeunes sur ce qu'ils pensent de la police on va sonder les jeunes sur ce qu'ils pensent de leur place en tant que citoyens en 2025 ça vient jamais dans les débats que vous organisez sur la citoyenne c'est pas le premier sujet, le sujet c'est d'abord comment ils peuvent se faire entendre. Très bien, notre débat il porte sur l'aveuglement,
la surdité des gouvernements successifs face aux revendications des jeunes Linnisterne, est-ce que cette réponse d'abord peut-être sécuritaire c'est un symptôme de surdité, d'après vous. Alors oui, tout à fait, en fait, c'est au-delà d'un symptôme de surdité, c'est vraiment, en tout cas de mon point de vue, une volonté justement de continuer à infantiliser cette jeunesse, c'est-à-dire qu'on s c'est tous plutôt... Le discours qui est tenu depuis longtemps, c'est qu'on a affaire à une jeunesse désengagée qui se désintéresse de la politique. Et aujourd'hui, à mesure que les revendications commencent un petit peu à se construire et à devenir assez concrète. J'ai l'impression que, justement, le fait de mettre l'accent sur la violence,
c'est une manière de faire un écran de fumée et de s'intéresser surtout à, je dirais, une infantilisation véritable de sa jeunesse et donc l'idée de toujours la remettre à sa place, c'est-à-dire à la place d'un enfant. – Allez, comme promis, vous voyez le chapitre police, sécurité, assez court dans un débat de trois quarts d'heure. Une génération, qu'on surnomme la génération Z qui est engagée, qui ne se sent pas écoutée. Alors c'est ce que dit cette éducatrice spécialisée qui accompagnait hier ses filles dans la manifestation on l'écoute elle s'appelle laetitia des bois en fait ils sont pas écoutés quoi mais comme de tout temps en fait la jeunesse n'est pas écouté en 2002 on manifestait contre contre le fn à
la montée du fn aujourd Aujourd'hui, l'histoire se reproduit sans cesse et il y a un moment où il faut que le système bouge. Ce sentiment, c'est ce qu'on ressent ou ce qu'expriment les jeunes qui manifestent. Regardez ce sondage Ipsos BVA pour l'Université Aix-Marseille. Question. Avez-vous le sentiment que votre génération est moins écoutée par les responsables politiques que les autres générations ? C'est massif. Oui à 78%. Vous avez, je crois, 34 ans, c'est ça, Benjamin Alors ce sondage, c'est peut-être pas une claque pour vous, tout jeune sénateur, mais pour vos prédécesseurs quand même. Est-ce qu'il faut le recevoir comme ça ? On ne se sent pas écouté par les politiques. Mais je pense que c'est quelque chose d'assez récurrent même dans l'histoire de France,
on sait qu'il y a ces difficultés-là. Je pense que ce qui est intéressant, c'est de débattre sur ce qu'on peut faire pour les jeunes. Je pense qu'il y a plusieurs choses à faire. Il y a premièrement leur donner une voie, leur donner une voie dans l'action publique, avoir plus de jeunes investis en politique. Exemple, à Zimmerbar, comme dans beaucoup d'autres communes, on a créé un conseil municipal des jeunes qui me rend très fier parce que c'est un premier pas dans la citoyenneté. Leur donner une voie dans les instances des lycées, les instances des collèges, les instances des universités. Ensuite faire en sorte que les décisions prennent en compte leurs intérêts, les décisions budgétaires. Moi je suis très attaché dans l'examen qu'on fera du projet de loi
de finance et du projet de loi de financement de la sécurité sociale, à ce que les décisions budgétaires prises ne laissent pas une dette financière aux plus jeunes. Les prendre en compte dans les décisions qu'on prend sur l'environnement. Moi je pense que c'est essentiel aussi qu'on prenne des décisions qui abaissent la dette climatique et qui protègent l'environnement parce que ce sont les plus jeunes qui les subiront à la fin. – Sauf que par le temps il y a 54 milliards d'économies à faire puisqu'on parle du budget, il va falloir trouver si vous voulez investir sur la jeunesse et sur sur la lutte contre le réchauffement climatique. Je vous suis, il va falloir trouver de l'argent ailleurs. Et d'où ce qui serait très intelligent.
Dans les collectivités territoriales, il y a ce qu'on appelle, d'un point de vue budgétaire, une règle d'or. On n'a pas le droit de s'endetter pour le le fonctionnement, on ne peut que s'endetter pour l'investissement. Donc on n'a pas le droit de s'endetter pour aujourd'hui et pour hier, on ne peut que s'endetter pour préparer l'avenir. Il faudrait faire ça pour l'État et pour la sécurité sociale. Je ne suis pas sûr que si vous leur dites ça Maintenant, aujourd'hui, la règle d'or, ça fonctionnera. Et c'est pour ça qu'il y a d'autres choses. C'est aussi leur permettre de s'épanouir. Moi, je serais par exemple favorable à ce qu'on revoie les temps scolaires pour libérer une bonne partie de l'après -midi pour le sport, pour la culture, pour l'art.
Moi, je trouve que je suis un grand fan de foot, que je joue encore au foot en club. Et ce qui me frappe, c'est que j'ai jamais pu faire en même temps des très bonnes études et continuer à jouer au foot au niveau régional enseigneur où j'aurais pu jouer parce qu'en fait tout notre système scolaire ok et enfin il ya toutes les mesures bâtimentaires sur toutes les mesures bas sur les campus sur les lycées etc voilà ok ce 78 % ce 78 18 % presque 8 jeunes sur 10 qui dit on est moins écouté par les responsables politiques que les autres générations Nahuel Benyadjeloul l'association que vous représentez elle est là justement pour faire en sorte qu ils se sentent un peu mieux intégrés au processus citoyen écouté par les politiques
absolument cité des chances est une association qui a été créée en 2018 et nous le message qu'on porte c'est tout le monde est légitime tout le monde est capable donc on accompagne les jeunes issus de milieux populaires à soutenir à mieux comprendre les mécanismes démocratiques et institutionnels parce qu'on considère que c'est en comprenant mieux comment est décidée une loi comment ça apparaît dans l'espace public comment s'emparer des décisions et des débats qui ont lieu dans les affaires publiques qui vont pouvoir avoir un impact derrière et pouvoir se saisir de certains sujets et typiquement nous chez cité des chances notre maître mot c'est l'apprentissage de la citoyenneté par la pratique parce que ça part d'un constat qu'en vérité il y a très peu d'éducation à
la citoyenneté aujourd'hui dans les établissements scolaires soit ils sont relégués au second plan parce qu'il faut avancer le programme d'histoire géographie soit il n'y a pas de prof donc en fait nous ce qu'on fait c'est qu'on accompagne les jeunes pendant plusieurs semaines en organisant une simulation parlementaire donc sur le temps scolaire là où si on organise une simulation parlementaire sur le temps associatif on est conscient que c'est des personnes qui seront plus à sujet plus alerte qui vont s'en emparer mais donc sur le temps scolaire on accompagne les jeunes à se saisir de plusieurs thématiques donc pas forcément des sujets d'enfants parce qu'on veut pas les infantiliser mais on les invite à débattre sur l'assurance ce chômage, sur la réforme du chômage, sur la retraite,
sur la concentration des médias. Quand vous les voyez se mobiliser depuis plusieurs semaines, comment vous l'avez senti monté ça depuis des mois, cette... cette volonté finalement d'aller plus loin, parce que bon, ok, il y a des associations comme vous, il y a beaucoup d'initiatives pour faire ressentir aux jeunes le fait qu'ils ne sont pas laissés de côté. Sauf qu'on en arrive à un coup de gueule, comme ça, un cri de colère. Vous l'avez senti En vérité, le cri de colère, il est là depuis longtemps. Je pense qu'il n'a juste pas été mis en lumière. Mais le problème Parcoursup, il existe depuis 2018. Le problème Mon Master, il existe depuis 2023. Le fait qu'il y ait des rats qui se baladent dans des lycées, il existe depuis longtemps.
Je ne pense pas que ce soit depuis le 18 septembre que la colère des lycéens et des lycéennes et des étudiants existe. Seulement la mobilisation a permis de mettre en lumière ces problématiques et j'espère qu'elles vont pouvoir être réglées. Des jeunes qui ne se sentent pas écoutés, est-ce que ça n'a pas toujours été le cas génération après génération finalement ? Alors si si effectivement ça s'appelle le fossé générationnel d'ailleurs chaque Chaque génération considère en fait la jeunesse comme un espèce de miroir grossissant. Et du coup, cette jeunesse ne se sent pas comprise. Mais c'est vrai qu'auparavant, il y avait une distension culturelle. C'est-à-dire que quand on met en perspective, que ce soit les blousons noirs,
que ce soit derrière les rockabilly ou la génération des gamers ou même la génération des jeunes de banlieue parce que ça c'était très années 80. Disons qu'il y avait Il y avait des grandes différences et des marqueurs plutôt culturels. Aujourd'hui, on a quand même affaire à une génération qui est beaucoup plus insécurisée par le contexte ambiant et qui... J'ai une data que j'ai trouvée hyper intéressante, il y a quand même 61 % des jeunes qui pensent que le pays a peur d'eux. C'est énorme ! A peur d'eux. Le pays ? Le pays a peur d'eux. Et donc ça pose quand même une question assez concrète de quelle place on est supposé leur donner lorsqu'ils considèrent, en tout cas c'est en perception, que le pays a peur d'eux.
Est-ce que justement cette distance entre générations n'est pas plus forte qu'avant ? C'est peut-être la première fois où les parents ne comprennent plus du tout le monde dans lequel ils élèvent leurs enfants. Je veux dire, moi je vois par rapport à mon père, on était à peu près dans le même monde avec l'informatique, Internet qui arrivait, mais là maintenant, réseaux sociaux, intelligence artificielle, il n'y a pas une distance plus grande qui s'est creusée entre En fait, elle s'est creusée surtout sur la manière de gérer la relation, de créer des relations et de rester en relation. C'est-à-dire qu'en fait, les réseaux sociaux ont quand même pas mal rebattu les cartes. Et j'ai une image que je trouve plutôt intéressante.
Hier, ou même jusque dans les années 90, on voulait savoir à peu près à quel enfant on avait affaire ou quel ado. Il suffisait de rentrer dans sa chambre. Et on voyait dans sa chambre les posters. Si on était un peu malin, on allait regarder le petit carnet secret. On avait accès à son adolescent. Et en plus, on pouvait la ranger. Aujourd'hui, tout ce qui existait dans une chambre existe toujours, mais il y a une couche supplémentaire qui s'appelle le smartphone. Et maintenant, en fait, moi, je le vois en tant que maman d'ailleurs, d'une ado. C'est hyper difficile d'aller décrypter ce qu'il faut savoir. Déjà, difficile de savoir quoi chercher dans un smartphone parce qu'il y a X réseaux sociaux qui ont tous leur mode de fonctionnement différent.
Et donc, c'est moins évident et on a l'impression d'avoir justement une barrière invisible. Ça vous fait réagir. Benjamin. Oui, ce qui est assez frappant, c'est que dans les discours politiques, ça s'est traduit par deux types de discours qui manquent la réalité. Vous avez un type de discours, a fortiori avec ce qui se passe, qui ne voit dans les jeunes des casseurs, des racailles, Et vous avez un discours opposé qui les instrumentalise. Vous n'avez aucun discours qui sert juste à les entendre, à comprendre quelles sont leurs aspirations et à travailler avec eux pour faire en sorte que la France d'aujourd'hui et demain remette à chaque jeune de France de de s'épanouir. Et c'est ça, le but au fond. Donc je trouve que cette dualité d'un discours d'extrême-droite
qui ne voit en eux que des racailles et un discours d'extrême-gauche qui ne voit en eux que des gens qu'on instrumentalise, c'est très révélateur de tout ce qu'on se dit là, d'une incapacité presque cognitive de la classe politique à comprendre les jeunes. Alors, il y a une réaction de politique qui tourne pas mal sur les réseaux sociaux depuis 24-48 heures. C'est celle de Philippe Juvin, le député LR. Alors je ne sais pas si c'est du mépris, je vous laisse juge. Je dis simplement à ceux qui manifestent qu'ils ne se fassent pas manipuler par certains. Il est probable qu'il y a des gens qui manipulent les lycéens. Aux lycéens, je leur dis de retourner travailler, de travailler dur, parce que les petits copains en Chine, ils travaillent
wow les mystères les petits copains en chine oui c'est marrant c'est marrant non c'est pas très marrant c'est une réalité peut-être que certains nos téléspectateurs se disent mais il a raison En fait, c'est la réalité. Je trouve ça traduit parfaitement le regard justement des adultes sur cette jeunesse qui ne peut être que justement manipulé. Et c'est encore une manière de mettre de côté toutes leurs revendications, leur colère aussi. Et c'est une manière plutôt très, je trouve, toujours infantilisante et émotionnelle de gérer la crise lycéenne. Est-ce que vous la jugez cette génération d'Auel Benia Yadjeloul particulièrement engagée ? Oui, on en parlait tout à l'heure.
Mais oui, j'ai l'impression qu'il y a deux discours qui s'opposent, à savoir un discours politique qui dit que la jeunesse est désengagée, ne s'intéresse plus des sujets politiques, etc. Et sur le terrain, nous, on voit des jeunes qui sont engagés, qui se saisissent de plein de sujets, à savoir l'écologie, le féminisme, l'antiracisme, les discriminations, etc. Et les mobilisations actuelles montrent que la jeunesse est forcément engagée. Donc si on lit l'engagement au fait que c'est les jeunes qui boudent le plus les urnes, forcément, on n'arrive pas à comprendre. Mais en fait, l'engagement politique, en tout cas, voter ne doit pas être le seul moyen de faire porter sa voix dans l'espace public. – On va y venir, on vote des jeunes évidemment,
c'est un chapitre, ce sera une chronique en soi avec Alexandre Poussard dans un instant, mais cet Cet engagement, alors c'est un certain nombre de combats, vous en avez listé quelques-uns. Et alors on essaie, c'est toujours compliqué de comparer une génération aux précédentes, mais est-ce qu'elle vous semble peut-être même plus engagée que les précédentes, cette génération Alors oui, pareil, il y a des chiffres déjà. Il y a 23 % des 15-34 ans qui sont bénévoles dans une association en 2025 contre moins de 15 % en 2010. Donc on se rend compte que même de manière arithmétique, on a affaire à une jeunesse beaucoup plus engagée. Après, effectivement, moi, je rejoins totalement Nawel, c'est-à-dire qu'il faut vraiment arrêter de mesurer l'engagement
avec des instruments politiques du XXe siècle, ces instruments étant justement le vote, l l'encartement, la présence dans les cortèges. Oui, de ce point de vue-là, elle est peut-être moins engagée. En revanche, moi, j'ai rencontré beaucoup de jeunes adultes et adolescents qui s'engagent auprès de la collectivité, mais qui ne considèrent pas ça comme de l'engagement politique. Ils considèrent ça comme faisant partie de leur quotidien. Je peux vous citer par exemple Victor, justement pour revenir sur les violences policières, qui consacre une demi-journée par semaine, une demi-journée par semaine, c'est énorme à documenter des violences policières en Seine-Saint-Denis. C'est-à-dire qu'en fait, il vérifie les vidéos, il archive, etc.
Une autre qui s'appelle Esther, qui participe hyper régulièrement à la recyclerie itinérante de sa région d'autres effectivement qui sont vraiment dans je dirais l'entraide entre pairs donc l'entraide avec beaucoup d'empathie donc présence sur discorde pour gérer des situations de harcèlement etc ça c'est de l C'est un engagement. C'est un engagement politique qui doit être mesuré. 100 % d'accord, c 'est une forme d'engagement politique qui passe moins par les partis politiques. Ça pose une question quand même, Benjamin. Oui, puisqu'on en revient à l'idée qu'au Au fond, la parole politique aujourd'hui, premièrement, parce qu'il y a très peu de jeunes qui la portent. Deuxièmement, parce qu'elle est peu adaptée aux aspirations des jeunes, ne leur donne pas envie de s'engager.
Et c'est pour ça que je redis que tout doit être repensé pour donner envie aux jeunes de s'engager et de donner leur voix dans toutes les instances dans lesquelles il s'estime légitime pour donner leur voix est ce qui n'a pas quand même une impuissance justement du politique c'est à dire quand on voit voilà menace sur l'espèce transition écologique on est impuissant intelligence artificielle on propose pas voilà l'intelligence artificielle va vous prendre vos emplois et les politiques répondent de manière générale interdiction du portable lycée il ya aussi ça qui cette petite musique qui va là qui circule chez les lycéens peut-être bah titre personnel moi je trouve que l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et l'interdiction
des téléphones portables dans les lieux scolaires c'est une très bonne chose mais ce que je veux dire c'est que on peut en débattre mais ce que je veux dire c'est que la puissance publique sait faire des choses le dédoublement des classes dans les quartiers prioritaires moi je souhaite que ce soit généralisé dans les villages et plus généralement qu'il y ait beaucoup moins d'élèves par classe ce n'est pas de l'impuissance publique c'est de la force publique c'est plus d'éducation le pass culture permettra chaque jeune de consommer de la culture c'est pas de l'impuissance publique c'est de la puissance publique et on peut en être fier un petit mot réseaux sociaux ensuite on parle du vote des jeunes ça vous fait réagir vous pensez
que c'était une erreur d'interdire les réseaux sociaux non non je pensais en fait c'est pas forcément une erreur mais c'est encore une c'est une manière en fait c'est une manière de faire en sorte que les générations du dessus se dédouane c'est à dire qu'en fait on sait très bien que ça ne change rien d'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans il y a des stratégies de contournement protéger peut-être non et en réalité pour l'époque le rôle des adultes aussi pardon nous interrompt d'aider à protéger exactement c'est le rôle des adultes parce que tant que quand on interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans grande stratégie de contournement et on l'a vu en Australie on a vu qu'en fait ça n'avait aucun effet
ils réussissent de toute façon à se connecter parce que c'est là que se crée le lien non les dernières années très peu d'effet un effet très limitant les adultes ont toujours accès finalement aux réseaux sociaux ont toujours accès à leur téléphone ne se rééduque pas du coup sur l l'utilisation de leurs téléphones et de leurs réseaux sociaux et du coup considèrent encore, réinfantilisent la jeunesse. Par ailleurs, ce qu'il faut faire, c'est porter à l'échelle européenne, et ça c'est très important, c c'est ce qui est déjà fait, la notion d'interopérabilité. Donc interdire, retravailler le design addictif. Là, c'est le design addictif, c'est-à-dire le scroll infini. C'est ça le gros problème. En fait, l'addiction, elle vient aussi du design et des algorithmes.
C'est ça qu'il faut travailler. Donc c'était une bonne... La stratégie des petits pas, moi j'y crois pas trop, mais ça c'est très personnel. Interdire les réseaux sociaux, c'est bien, mais en fait ça conforte tout le monde dans l'idée qu'on a fait quelque chose alors que le problème existe Peut-être un complément sur les réseaux sociaux, si vous le voulez bien. On aime bien trop de temps. Ce qui serait intéressant, c'est qu'on aide chaque jeune de France à maîtriser son écran, à maîtriser les réseaux sociaux. Moi, je rêverais par exemple que dans le pays Voltaire, on commence chaque journée d'école, de collège et de lycée par une demi-heure ou une heure d'esprit critique, par exemple. Parce qu'on veut n'y vivre comme les Etats-Unis, où c'est les grands milliardaires de
la tech qui nous dirigent, on ne veut ni vivre en Chine où c'est l'État numérique qui nous contrôle, on veut vivre en France où on sait faire de l'intelligence artificielle, où on a des réseaux sociaux certes, mais on peut les maîtriser. On parlait d'anxiété, est-ce que cette génération qu'on On essaie de comprendre, grâce à vous. Elle lutte contre l'anxiété climatique, IA, etc., par l'action. Parce que c'est une façon de sortir de son éco-anxiété. Absolument, absolument. Et du coup, ça répond à la précédente question, à savoir les jeunes sont engagés, les jeunes sont de plus en plus conscients des risques, de tous les risques et de tous les sujets de société auxquels ils sont confrontés à travers les réseaux sociaux, Internet, le fait que ça aille plus vite, etc.
Et peut-être que ça accroît encore plus les écarts générationnels qu'il peut y avoir avec les générations précédentes. Mais du coup, oui, les jeunes sont investis, les jeunes sont là sur le terrain. Et pour être une personne de terrain, je les vois les jeunes investis, que ce soit sur le climat, mais aussi sur plein de thématiques. Donc oui. Et je voudrais peut-être revenir sur le fait que vous vouliez instaurer un temps critique au moins une heure à l'école. En fait, c'est le propre de l'éducation morale et civique. Sauf qu'en fait, aujourd'hui, on ne dispense plus d'EMC à l'école ou alors... D'où la et c'est... Voilà. Mais en fait, avant de prévoir une heure de temps critique, il faudrait remettre sur le devant des discussions et resacraliser
l'éducation à la citoyenneté parce qu'aujourd'hui, c'est un problème. Allez, comme promis, on parle du vote des jeunes. On d'écoute d'abord ce qu'en pense ce lycéen, il s'appelle Simon et il est en classe de terminale. Je vais voter, je suis quelqu'un qui est pour voter mais je pense que c'est pas ça qui va vraiment améliorer nos conditions peu importe les résultats et que faut pas se reposer sur le vote pour améliorer nos conditions et c'est vraiment la lutte qui va qui va forcer la main au gouvernement. Le vote des jeunes, c'est le thème de la chronique d'Alexandre Poussard tout de suite.
On se pose une première question avec vous Alexandre, les jeunes vont-ils aller voter à la présidentielle ? Eh bien Thomas en tout cas, ils en ont l'intention. Selon une récente enquête menée par l'Institut Ipsos, eh bien 8 jeunes sur 10 entre 18 et 29 ans ont l'intention d'aller voter à la prochaine présidentielle les 18 avril et 2 mai prochains. Alors ça
de la population, il y avait une abstention de 42 % lors de ce scrutin. 42%, c'est aussi le taux d'abstention des 18-24 ans à la présidentielle 2022 au premier tour. 'était 16 points de plus que l'ensemble des électeurs. Alors derrière ces chiffres, il y a évidemment une perte de confiance des jeunes dans le vote et puis aussi dans les responsables politiques. Oui, selon cette récente enquête Ipsos, un tiers des jeunes pensent que leur vote ne changera rien tout simplement. Et puis les deux tiers ne font pas confiance aux candidats à l'élection présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations. 31 % n'ont même pas confiance dans le système électoral français. Et alors parmi ces jeunes qui votent, quel camp politique attire le plus de suffrages ?
Si on regarde l'enquête électorale de septembre, encore réalisée par Ipsos, au premier tour de la prochaine présidentielle, Jean-Luc Mélenchon récolterait 42 % des intentions de vote des 18-24 ans, 21 % pour Marine Le Pen, 9 % pour Edouard Philippe. Dans l'hypothèse où Gabriel Attal se présenterait aussi, il récolterait d'ailleurs 7 % des suffrages des jeunes, tout comme l'écologiste Marine Tondelier. Une nette popularité de Jean-Luc Mélenchon, qui a d'ailleurs été observé lors de la précédente campagne présidentielle 2022. Au premier tour, il avait récolté 31 % des voix des 18-24 ans, 26 % pour Marine Le Pen et 20 % pour Emmanuel Macron. Merci beaucoup Alexandre Poussard, le vote des jeunes, n'est-ce pas ? Benjamin, on va faire un peu de politique.
Jean-Luc Mélenchon, finalement, qui va tirer profit de cet engagement, de cette mobilisation des jeunes. Ils seront peut-être plus nombreux à aller voter dans 6 mois. Mais moi, dans le discours de M. Mélenchon et puis de Laffy, je ne vois aucune proposition pour les jeunes. Je ne vois que de l'instrumentalisation. Parce qu'au fond, Jean-Luc Mélenchon, comme Marie Le Pen ne voit pas les jeunes pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire comme des Français. Dans le premier cas, celui de Mélenchon et de l'EFI, il les voit comme de la chair à canon politique, et on le voit avec les violences. Et dans le cas de Marine Le Pen, elle les voit comme des racailles qui cassent. Moi je pense qu'il faut voir les jeunes comme ce qu'ils sont, c'est-à-dire des Françaises et des Français avec des droits
et des devoirs. Et c'est tout le sens des propositions que fait Abriel Attal. Moins d'élèves par classe, des
vous n'êtes pas justement dans une forme d'infantilisation des jeunes, c'est ce que disait Mme Stern tout à l'heure. Non, mais la preuve qu'on ne les infantilise pas, c'est qu'on débat avec Jean-Luc Mélenchon dans six mois, ils sont manipulés. Non, non, la preuve qu'on ne ne les infantilise pas, c'est qu'on débat avec eux. Moi, je considère que voter Jean-Luc Mélenchon qu'on est 18 ou qu'on est 100 ans, c'est une erreur politique au sens où j'ai un désaccord profond avec LFI, avec le Rassemblement national, et c'est bien parce qu'on respecte leur vote qu'on débat avec eux. Moi, je leur dis n'écoutez ni ceux qui essayent de vous instrumentaliser, peu importe l'âge, n'écoutez ni ceux qui essayent de vous rabaisser, c'est écouter ceux qui proposent des choses pour votre avenir.
Tout simplement. Et ça, c'est ce que Gabriel Attal fait. Comment on peut faire prendre conscience... Comment les jeunes peuvent croire au fait que Gabriel Attal propose une réponse éducative adéquate alors qu'il a été ministre de l'éducation nationale et qu'il avait la possibilité d'agir et de proposer des solutions concrètes, là où il s'est arrêté seulement sur un sujet lié à la baïa ? Alors, il n'a pas fait que ça. Mais il n'a Avant, il n'a pas... Il a été ministre de l'éducation qu'elle, que moi. Et ensuite, il a été promu Premier ministre parce que, précisément, le président de la République a dû considérer qu'il avait été un bon ministre de l'éducation. Ce qu'il a fait, c la mesure marquante de son passage et le choc des savoirs et ça, c'est essentiel de remettre
les savoirs au cœur de l'école. Et ça, c'est une foi dans les jeunes, c'est de leur dire l'école est là pour vous apprendre à devenir des citoyens en vous apprenant à compter, à écrire, à lire. C'est ça. Et demain, à maîtriser l'intelligence artificielle, etc. Et donc, c'est ça le cap. Et surtout, la baïa, c'est au fond dire aux jeunes, l'école est un sanctuaire. L'école doit être libérée de toutes les incitations religieuses, marchandes, politiques, c'est ça le sens de l'abaya, c'est de permettre à chaque jeune d'être pleinement un citoyen ou une citoyenne au sein de l'école. – Nawel Bagnaya Djeloul. – Et donc, comment, en fait, on ne peut pas... Enfin, c'est compliqué parce que c'est un discours selon lequel il faudrait du coup encourager les jeunes à voter Gabriel Attal.
Après, il y a des raisons politiques qui font que vous portiez ce message. Mais en fait, ça conforte l'idée selon laquelle les jeunesses n'ont plus confiance aux institutions. Parce qu'en fait, comment on va porter un espoir sur un candidat qui n'a même pas pu apporter de solution à des problématiques qui sont relevées depuis 2017 et depuis avant encore ? Là où la focale a été placée sur la Abaya, il y avait encore la problématique Parcoursup. Il y avait encore la problématique des lycéens qui ont des cafards et des rats dans leur lycée. Il y avait aussi la problématique... Un mot de réponse. On n'est pas là pour le bilan de Gabriel Attal rue de Grenelle mais allez-y. Mais vous reconnaîtrez que grâce à Gabriel Attal, les savoirs fondamentaux sont à nouveau
au cœur de l'école et l'école est à nouveau un sanctuaire libéré des injonctions religieuses. Et ça c'est fort et ça c'est essentiel. Les savoirs et la République. C'est le cœur de l'action de Gabriel Attal, rue de Grenelle. Mais les jeunes ont quand même investi les rues. S'il avait eu plus de mois à la fois en tant que ministre de l'éducation et le Premier ministre. Et la question qu'on se pose c'est est-ce que cette mobilisation, cet engagement décrit depuis tout à l'heure qui est fort dans cette génération, peut se transformer en vote. Qu'est-ce que vous en pensez ministre ? Alors oui en fait déjà une mobilisation ça permet pas forcément de présumer que ces participants adhèrent à tout un programme donc effectivement moi je ce que j'ai pu regarder, ce que j'ai pu observer en allant
justement dans ces manifestations c'est que Jean-Luc Mélenchon était là et que Jean-Luc Mélenchon depuis longtemps instaure un véritable dialogue avec cette frange de la population qui est la jeunesse. Je crois qu'aussi la grande force, pas de Jean-Luc Mélenchon forcément mais plutôt de la gauche sociale démocrate c'est d'avoir considéré aussi toute la diversité dans cette jeunesse et pas une diversité culturelle, je parle de diversité de parcours et ça c'est intéressant. Est-ce qu'ils y auront voté pour autant ? Il y a la volonté puis ensuite il y a le geste d'aller voter. Est-ce qu'ils iront voter ? Deux choses, je pense que la jeunesse se mobilisera
à condition qu'il y ait un véritable projet défini non pas pour la jeunesse mais pour toute la société, un projet dans lequel la jeunesse a un potentiel pouvoir d l'action. On peut le noter par exemple, enfin l'exemple qui m'est revenu justement là en tête c'est les dernières élections européennes. Dernières élections européennes il y a eu un vote effectivement très confidentiel de la jeunesse, qui s'est remobilisé immédiatement trois semaines plus tard pour voter aux législatives. Il y a eu un bond de 17 points, c'est énorme. Donc quand il y a une raison, et la raison là c'était de faire bloc, quand il y a une raison ou quand il y a un projet, la jeunesse vote comme toute la frange de la population. – Tiens, question toute simple,
Nawel Benyayab Djeloul, quand vous organisez les sessions parlementaires, est-ce qu'il y a beaucoup de volontaires pour jouer le rôle du Rassemblement national alors en fait il n'y a pas de parti ah bon bon alors c'est pas une vraie simulation s'il ya pas de partie non parce qu'en fait on veut pas que les jeunes jouent un rôle et se déguise en jean-luc mélenchon se déguisent en Marine Le Pen se déguise en Gabriel Attal on veut qu'ils puissent construire concrètement à l'aide de données chiffrées, de rapports etc leur proposition de loi, leur argument etc. là où si on propose à un jeune député de la majorité qui veut supprimer l'AME de jouer Marine Le Pen. Mais en fait, ça va être plus théâtral qu'une vraie initiation à la pratique citoyenne.
Donc il n'y a pas de parti, mais il y a quand même du débat. – Vous voyez des vocations naître – C'est-à-dire des jeunes qui vous disent après, je vais faire de la politique. – Absolument, absolument, plusieurs fois à l'issue des simulations parlementaires, on a créé des espaces de dialogue entre des élus et les élèves, et à plusieurs reprises, On voit que des jeunes disent, j'ai envie d'être sénateur, sénatrice, j'ai envie d'être député, député. Enfin, député. Et eux. Et en fait aussi, on a fait le constat que les jeunes bénéficiaires qu'on a suivis dans le cadre de nos formations avec cité des chances certains sont devenus conseillers municipaux donc ça prouve que l'éducation à la citoyenneté ça marche ça sert et on en a besoin allez il nous reste
une dizaine de minutes ça file vite cette première partie de notre édition spéciale et on On voulait quand même avec vous, Steve, se pencher un peu sur le bilan d'Emmanuel Macron parce que ça fait bientôt 10 ans qu'il est à l'Elysée. Il avait fait de la jeunesse une priorité de son premier quinquennat. Oui, quand il se lance vers l'Elysée en novembre 2016, Emmanuel Macron a 38 ans il n'a pas encore les rides inquiète qu'on lui connaît aujourd'hui. L'annonce de sa candidature ne se fait pas n'importe où on est à Baumigny, vous allez le voir en Seine-Saint-Denis dans un centre de formation d'apprentis tout est déjà là, des jeunes, l'apprentissage, la banlieue, la promesse qu'on peut s'en sortir par le travail et par la formation.
Celui qui deviendra quelques mois plus tard le plus jeune président de l'histoire de la 5e promet de débloquer la société en en débloquant l'horizon de la jeunesse. Et effectivement, ils lancent un certain nombre de chantiers. Dédoublement des classes de CP et CE1 dans les quartiers prioritaires, mise en place de parcours sub, passe culture, pour que l'accès à la culture et à l'art ne dépendent plus seulement du milieu de naissance ou du milieu social, service national universel et surtout réforme de l'apprentissage avec un objectif casser l'idée qu'une vie réussie passe nécessairement par la voie générale. En 2017 il y avait 300 000 nouveaux contrats d'apprentissage chaque Chaque année, c'était une anomalie par rapport à nos voisins européens.
On est aujourd'hui autour de 900 000 contrats chaque année. C'est incontestablement, Thomas, l'une des grandes réussites des deux quinquennats. Même si les budgets de l'apprentissage sont plutôt en baisse depuis deux ans, mais alors il y a selon vous quasiment dès le départ une sorte de grand malentendu entre Emmanuel Macron et les jeunes Le président a beau être jeune il parle une langue de vieux Thomas une langue de vieux une langue très éloignée de celle de la nouvelle génération regardez on est en 2018 au Mont Valérien, juste après des commémorations de l'appel du 18 juin. Ça va Manu ? Non, tu ne peux pas. Tu es là, dans une cérémonie officielle, tu te comportes comme ils sont. Tu peux faire l'imbécile et aujourd'hui c'est la marseillaise des chants des partisans.
Je m'appelle monsieur le président de la République ou monsieur. Et tu fais les choses dans le bon ordre si le jour où tu veux faire la révolution, t'apprends d'abord à avoir un diplôme et à te nourrir soi-même. D'accord et à ce moment-là, t'iras donner le son. D'autres malus l'entendus suivront. Quand un jeune horticulteur au chômage lui explique qu'il ne trouve pas de travail, Macron lance « Je traverse la rue, je vous en trouve ». Des petites phrases, il y en aura d'autres, Thomas, dont une qui sonne presque comme un aveu lors d'un déplacement l'année dernière au Canada. Emmanuel Macron se confie à l'écrivain Emmanuel Carrère « Je n'ai jamais été un adolescent, je n'aime pas les adolescents, je ne les comprends pas ». Fin de citation.
Il y a des vieux qui restent de jeunes toute leur vie et des jeunes qui sont déjà vieux. Emmanuel Macron fait plutôt partie de ces derniers, Thomas. Merci beaucoup. Steve Stess, ça vous revoit quand même cette séquence ? La dernière. Ce rappel à l'ordre présidentiel. Est-ce qu'il doit... Je reviens à l Actu ? Est-ce que, d'après vous, il doit s'engager, intervenir, recevoir les représentants des lycéens, des étudiants ? Emmanuel Macron, les représentants des lycéens, étudiants... Là, il y a une dépêche qui est tombée il y a quelques minutes. Demande à être reçue à Matignon aujourd'hui est-ce que le président doit s'engager je pense que c'est je pense que c'est je pense que c'est toujours important en effet que le chef de l'état s'adresse à la nation
et à toutes ses composantes donc est ce qu'il dit est-ce qu'il doit recevoir les est-ce qu'il doit faire une allocution aux jeunes est ce qu'il doit faire est-ce qu'il doit recevoir les représentants est-ce qu'il doit faire un déplacement ça c'est à lui de le juger moi je pense que c'est important que le président de la république en tant que dépositaire de la nation avec le peuple, s'adresse au peuple dans toutes ses composantes. Les jeunes en sont une partie essentielle. – Est-ce que ce serait une réponse au sentiment d'être ignoré par la classe politique que de recevoir ? On pourrait dire aussi c'est de l'opportunisme etc etc mais en tout cas il y aurait là un symbole assez fort ok cette fois ci on vous entend il a fallu
des manifestations malheureusement aussi de la violence mais on vous entend je pense que ce que les ce que les jeunes attendent est ce que tous les citoyens attendent, c'est peut-être qu'on reçoive quelques-uns de leurs représentants. Mais je pense que ce qu'ils attendent surtout, ce sont des propositions concrètes pour leur avenir. Et c'est sur quoi on s'emploie avec Gabriel Attal, moins d'élèves dans les classes, des profs revalorisés, des remplaçants dès qu'il y a une absence, un système d'orientation beaucoup mieux pensé, des décisions pour l'avenir. C'est ça qu'on attend. Et surtout un discours de confiance, ni d d'instrumentalisation, ni de diabolisation. Ça c'est essentiel. Un discours de confiance. Allez leur parler tout simplement.
Vous nous rappeliez il y a quelques jours sur ce plateau le précédent 1990, si je ne me trompe. Et Mitterrand qui reçoit l'Élysée 1, et qui débloque 4 milliards de francs à l'époque. – Et demi de francs à l'époque, bon, en euros aujourd'hui, on n'en serait pas très loin, en tout cas certains les représentants… – Mais le parallèle intéressant, parce qu'à l'époque c'était Rocard qui serrait la ceinture sur le le budget, et Mitterrand avait contourné Michel Roca en recevant les lycéens, en débloquant ensuite de l'argent. Les mots, ils ont leur importance. Je ne sais pas comment vous... Peut-être avec vous, Lénistère, comment les mots d'un président peuvent être perçus comme une jeunesse et élargir ou étendre ce fossé générationnel dont on parlait tout à l'heure ?
Oui, les mots sont hyper importants. Et effectivement, j'ai un vrai sujet sur le fait qu'à mesure que la santé mentale, finalement, s'est imposée dans les conversations publiques, dans les médias, dans les discours politiques. En fait, on a dessiné le portrait d'une jeunesse dépressive, anxieuse, dépendante aux écrans, effectivement, éco-anxieuse, etc. Et donc mal préparée aussi au monde adulte. Et moi, je me pose la question de ça devient quoi, du coup, une société qui considère sa jeunesse comme particulièrement vulnérable ? Et ces mots-là, ce sont les mots qui sont utilisés par tous aujourd'hui et qui ne représentent pas. Alors, il y a une part de réalité. Il y a une part de réalité. Elle existe, mais elle est réelle. Exactement.
Parce qu'en fait, ça conduit à mettre un peu sa jeunesse à la jeunesse sous tutelle. Et quand on met une jeunesse sous tutelle comme un parent sous tutelle, c'est qu'on la considère incapable de prendre les bonnes décisions pour les générations futures. Moi, je trouve ça extrêmement dangereux. Allez-y. Non, je voulais revenir sur est-ce qu'Emmanuel Macron devrait ou par recevoir les représentants ou les jeunes lycéens à l'Elysée ? Je pense que oui, mais je pense que ce serait même encore plus intéressant qu'ils aillent à leur rencontre. Parce qu'en fait, aujourd'hui, ce qui manque fondamentalement, c c'est toujours, et ça revient dans tous les reportages, un sujet de considération. C'est très statutaire.
Ce n'est pas facile pour un politique parce que quand il le fait, on l'accuse de récupérer. Et s'il ne le fait pas, on l'accuse de snobber les jeunes. Donc ce n'est pas Qu'il fasse les deux, après tout. Je pense que le sujet mobilise suffisamment pour qu'on puisse un peu innover aussi dans la manière de reconsidérer la parole de la jeunesse et donc qu'il accueille les représentants et qu'il aille se Alors qu'il aille se frotter, ce serait aussi normalement le travail du ministre de l'Intérieur, mais aussi du ministre de l'Éducation nationale. Mais voilà, je pense que là, il y a nécessité en tout Mais vous pensez, Nawal Benyadjeloul, qu'il l'écoute encore, que la parole, parce qu'on est sur les mots d'un président. La parole présidentielle, elle peut encore porter sur cette génération-là ?
À quelques mois des filles. Parce qu'il le calcule pour essayer de parler Oui, parce que c'est quand même un président qui a été élu démocratiquement mais à quelques mois des présidentielles c'est compliqué de savoir s'il prépare un terrain politique derrière ou une reconversion quelconque ou alors s'il veut vraiment à être à la rencontre de ces jeunes. En tout cas, il l'a bien dit, il déteste les adolescents et je pense que les adolescents... Il n'a pas dit ça, il a fait un bon... Je n'ai jamais été adolescent. Il n'a jamais été adolescent. Mais il dit aussi que sa femme Brigitte, elle, elle comprend les adolescents et c'est pour ça que mais voilà c'est ça reste ça reste et ça se voit votre avis là dessus enfin je trouve que c'est un faux procès honnêtement
vous préférez retenir les actes la liste des réformes qu alors de un oui je pense que l'immense majorité des jeunes aussi je pense qu'ils préfèrent se dire que dans les quartiers prioritaires les classes sont dédoublées qu'une petite classe et au delà des mots je pense aussi que dans une cérémonie au Mont-Valérien, on ne dit pas au président de la République quel qu'il soit et qui qu'il soit, salut Manu. Je pense que c'est vrai pour le voir auprès de mes amis viticulteurs, artisans, restaurateurs qu'il y a des tensions sur l'emploi donc je pense que c'est aussi important qu'on se détache des simples mots même si les mots comptent et qu'on se préoccupe du fond et c'est ça qu'attendent les jeunes il y avait beaucoup de On peut le dire avec
beaucoup plus de sympathie et d'empathie, en disant attention, je suis le président. Il y a des pleines manières. Ça pose la question du respect, qui est une vraie question. C'est pour ça que je trouve que ce qui est important, c'est pas les petites phrases, ni de les prononcer, ni de de les commenter, c'est de faire des propositions à la jeunesse avec les jeunes, pour les jeunes, par les jeunes. Mais là, il va falloir aller plus loin que le pass culture parce qu'en fait, c'est ce qu'on retient du... Dans notre Constitution, il y a écrit le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, pour le Je pense qu'il faut appliquer ça à toutes les classes de notre nation, donc à les jeunes, pour les jeunes, avec les jeunes.
Et c'est ça qu'il faut penser, sur les propositions, sur le fond et sur demain. C'est ça qui est important. Merci beaucoup, merci à toutes et à tous d'avoir participé à ce premier débat votre livre Lénisterne dans la tête d'une jeunesse incomprise c'est aux éditions de l'aube je vous dis à bientôt sur Public Sénat je rappelle le nom de votre association, je le rappelle mais sauf que je ne retrouve pas ma fiche la cité des chances merci beaucoup et à bientôt sur notre antenne