Marine Le Pen représentera le RN pour 2027
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle lui a laissé la possibilité d'être une 4e fois candidate à l'élection présidentielle. M.Le Pen s'exprimait sur le plateau de TF1.
Voici le débrief de P.Cohen. M.Le Pen sera donc candidate à l'élection présidentielle. - P.Cohen: Comme la justice lui en laisse la possibilité.
C'est la 1re chose qu'elle a affirmée sur le plateau de G.Bouleau. "Je suis heureuse qu'on rende aux Français leur liberté de voter.
Les Français seront libres de choisir. Mais comme je reste en désaccord avec l'arrêt de la cour d'appel, que je me considère comme innocente, je vais former un pourvoi en cassation qui me permettra d'être candidate sans entrave." - M.Le Pen: Ma conviction a été très rapidement faite.
J'avais indiqué que je ne ferais pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation, ce qui n'était pas le cas des autres hypothèses, et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique. Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle. - P.Cohen: M.Le Pen a fait le choix de lancer sa campagne en contestant à nouveau sa condamnation, l'hypothèse qu'on avait évoquée à 19h.
Le pourvoi est suspensif. La peine n'est pas prononcée. Mais la Cour de cassation a déjà fait savoir que si elle était saisie, elle rendrait son arrêt au plus vite, avant l'élection présidentielle, au début de l'an prochain, avec le risque considérable que la candidate purge sa peine dans la période la plus intense de sa campagne.
C'est d'ailleurs la seule question à laquelle M.Le Pen a refusé de répondre à G.Bouleau.
Que fera-t-elle en janvier si, par hypothèse, la Cour de cassation valide l'arrêt de la cour d'appel et que la peine devient exécutoire? Fera-t-elle l'an prochain ce qui lui semble impossible de faire aujourd'hui, c'est-à-dire campagne sous bracelet électronique? M.Le Pen a un peu parlé du dispositif de campagne, de sa campagne qu'elle va lancer.
Elle a évoqué le binôme complémentaire, cohérent, solide qu'elle forme avec J.Bardella. "Nous sommes complémentaires", a-t-elle répété plusieurs fois. - A.-E.Lemoine: On en parle ce soir avec nos invités.
Vous êtes les conseillers de M.Le Pen, maître R.Bosselut et maître S.Chirac-Kollarik.
N.Domenach, bonsoir. Vous êtes éditorialiste.
M.Le Pen se pourvoit en cassation. C'est un pari que vous faites avec votre cliente?
Ca comporte un risque. - Me R.Bosselut: C'est un pari, non.
Il faut savoir que dans ce dossier, le pourvoi sera inscrit. La question est de savoir quand l'arrêt sera rendu. La Cour de cassation avait décidé à un moment que le calendrier serait bousculé par rapport à ce qui est le délai habituel en cassation, qui est de 12 ou 18 mois en temps normal.
Mais ce bousculement du calendrier était justifié par l'existence d'une exécution provisoire. Il n'y a plus d'exécution provisoire. La question qui se pose...
Je pose cette question aux téléspectateurs et à tout le monde. Quelles sont les raisons, aujourd'hui, qui feraient que la Cour de cassation doit prendre un arrêt avant les délais habituels? - L.Sénéchal: Une clarification? - Me R.Bosselut: C'est un dossier d'une grande complexité.
C'est un dossier pour lequel il est prévu de soumettre à la Cour de cassation des vraies questions de droit. Il y a la question de l'applicabilité de l'arrêt... - P.Cohen: Ca a été jugé 2 fois conforme, par les juges de 1re instance et les juges d'appel. - A.-E.Lemoine: Deux cours se seraient trompées, en première instance et en appel? - Me S.Chirac-Kollarik: Le pourvoi en cassation existe pour qu'il puisse y avoir une nouvelle lecture.
Ca ne portera pas sur les faits, mais sur le pur droit. C'est tout à fait possible qu'un tribunal se trompe, qu'une cour d'appel se trompe. J'observe que nous avons plaidé la relaxe pour notre cliente. - A.-E.Lemoine: Vous n'avez pas été entendus par 2 fois. - Me S.Chirac-Kollarik: Mais les 3 premiers juges n'ont pas été sur un alignement parfait avec les 3 suivants.
Vous avez eu une réduction très notable du périmètre, une réduction notable des dommages et intérêts. On n'est pas sur une lecture commune. Il y a un accord sur le 432-15.
Le délai habituel, c'est 18 mois, pour le pourvoi en cassation. Rien ne motive que M.Le Pen soit traitée autrement qu'un citoyen lambda.
Il n'y a plus aujourd'hui d'exécution provisoire... - A.-E.Lemoine: Les Français voteraient sans savoir si M.Le Pen est définitivement reconnue coupable de détournement de fonds?
C'est ce que M.Le Pen demande aux Français. - Me R.Bosselut: Ce n'est pas ce qu'elle demande aux Français... - P.Cohen: La pression est sur les magistrats de la Cour de cassation.
C'est la 1re fois que j'entends des justiciables demander une justice plus lente pour eux-mêmes. - Me R.Bosselut: Une justice adaptée à la complexité de l'affaire.
En 1re instance...
Pourquoi il y a eu une accélération même de la décision de la cour d'appel? Parce qu'il y a eu une exécution provisoire prononcée, dont le parquet général a reconnu qu'elle était disproportionnée. C'est ce qui a complètement rendu ce dossier hors normes. - P.Cohen: Ca vous a permis de purger l'inéligibilité de M.Le Pen, qui n'est plus inéligible. - Me R.Bosselut: D'accord, mais dans une dystopie autre, s'il n'y avait pas eu d'exécution provisoire, il y aurait eu un rythme normal, peut-être une peine d'inéligibilité ferme ou avec sursis.
La cour d'appel n'aurait pas été bousculée dans son calendrier et la Cour de cassation aurait rendu une décision dans son calendrier. - A.-E.Lemoine: Vous n'avez aucune garantie sur la décision de la Cour de cassation.
Elle peut décider de maintenir le calendrier prévu. - Me S.Chirac-Kollarik: Nous n'avons jamais été en demande d'un arrêt de la Cour de cassation dans des délais restreints.
Ces délais restreints sont prévus dans des cas exceptionnels. On ne réclame pas autre chose que les magistrats de la haute cour prennent le temps d'examiner les faits. - P.Cohen: Vous n'avez pas réclamé que la justice soit plus rapide après le jugement de première instance? - Me R.Bosselut: C'est une décision de la présidente de la première instance et du parquet général.
J'ai eu connaissance de cette décision alors que j'étais sur un plateau de télévision. Je n'ai pas demandé une accélération de calendrier. Elle vient du fait du caractère atypique du prononcer de l'exécution provisoire sur l'inéligibilité. - P.Cohen: C'est l'émotion que ça a provoqué, aussi. - Me R.Bosselut: Le parquet général a voulu le reconnaître de manière très loyale en cour d'appel.
La cour l'a reconnu en ne la prononçant pas dans sa décision. On aurait très bien pu prononcer encore aujourd'hui une exécution provisoire. - A.-E.Lemoine: Est-ce que la Cour de cassation va être accusée de prendre une décision politique en décidant de rendre son arrêt en janvier prochain, en 2027, avant l'élection présidentielle ou dans les délais habituels? - Me R.Bosselut: Je n'ai pas d'anathèmes à jeter sur les uns ou les autres.
On est dans des dossiers tellement hors normes...
La question de la candidature à l'une des élections les plus importantes du système démocratique français, l'élection présidentielle...
Tout ça est coloré à l'extérieur du politique. Mais je ne fais de procès d'intention à personne. - P.Cohen: Cette enquête a été ouverte en 2015.
Vous n'avez pas à être d'accord sur le nombre de recours proposés...
Plus de 40. - Me S.Chirac-Kollarik: C'est la défense qui s'exerce.
Il y a plusieurs personnes mises en examen. - P.Cohen: Le parquet général a expliqué que si M.Le Pen se plaignait d'être jugée à quelques mois ou d'être condamnée à quelques mois de l'élection présidentielle, elle ne devait s'en prendre qu'à elle-même.
La multiplicité des recours a retardé cette procédure. Est-ce que ce n'est pas une bonne administration de la justice que de purger cette histoire et de la trancher avec un arrêt de la Cour de cassation avant la prochaine élection présidentielle? - Me R.Bosselut: Je réponds sur les délais...
Vous me dites que les délais...
L'enquête est ouverte en 2014. Pendant 2 ans, il ne se passe pas grand-chose. Il y a une ouverture d'une instruction en décembre 2016.
On commence la 1re audition de M.Le Pen pendant l'élection présidentielle de 2017. Elle avait dit simplement qu'elle se rendrait chez le juge après l'élection si elle n'était pas élue.
Ca a été le cas. De juin 2017, on a eu une décision rendue en 2021...
On a eu le covid. Il y a un nombre incalculable et très important de personnes considérées comme mises en examen dans ce dossier, dans un premier temps. C'est un dossier complexe qui porte sur des règles complexes.
Ca a pris le temps que ça a pris. Vous avez d'autres dossiers pénaux qui prennent autant de temps et qui ne sont pas la preuve d'une volonté d'avoir le pied sur le frein. Il n'y a pas de pied sur le frein.
Il ne faut pas qu'il y ait un pied sur l'accélérateur. - A.-E.Lemoine: Un mot sur cette décision, N.Domenach? - N.Domenach: C'est parti, politiquement, maintenant.
Le juridique est devenu secondaire. On est lancés dans la campagne, me semble-t-il. Elle mène une bataille...
Ca m'étonne un peu. Elle poursuit la fiction du binôme. - A.-E.Lemoine: Avec J.Bardella. - N.Domenach: Ca n'a jamais existé, ça n'a jamais fonctionné.
En 1969, il y a eu un binôme. Ils ont fait 5 %. L'élection présidentielle, c'est l'élection d'un homme ou d'une femme avec le peuple.
La fiction de cette entente parfaite avec J.Bardella...
On a déjà vu apparaître les failles sismiques entre les deux. Ca ne durera pas. Ils vont faire semblant encore un moment. - A.-E.Lemoine: De parler d'une seule et même voix? - N.Domenach: Oui.
C'est une blague. Le duo enchanteur, comme ça...
C'est pas possible. Ca ne tient pas en Ve République. - A.-E.Lemoine: La campagne est lancée, mais c'est une candidate qui se pourvoit en cassation, certes, mais qui a été condamnée 2 fois par une cour de première instance et une cour d'appel.
Ca pèse, dans une campagne présidentielle, sans bracelet électronique, jusqu'à ce que la Cour de cassation se prononce? Les 2 condamnations existent. - N.Domenach: C'est difficile de mesurer pour l'opinion, mais ça offre, pour les adversaires, une cible.
Ils se sont précipités pour la cribler sur cette question, sur le fait qu'elle a été condamnée et sur le fait qu'elle avait pu déclarer autrefois que jamais un homme politique condamné devrait pouvoir se représenter. Elle a changé. Elle a le droit.
Pour ce qui est de l'opinion, je ne suis pas sûr que ça ait un impact aussi fort que ce que ses adversaires imaginent. - A.-E.Lemoine: Si la Cour de cassation confirme la condamnation, M.Le Pen devra donc faire campagne en janvier prochain sous bracelet électronique, ce qu'elle ne voulait pas faire. - Me R.Bosselut: Déjà, il faut savoir qu'entre le moment où la décision serait définitive dans votre hypothèse de janvier ou février et le moment où un juge d'application des peines serait saisi, que le SPIP est désigné, que les 1res investigations... - Me S.Chirac-Kollarik: Il y a plusieurs étapes avant l'effectivité du bracelet. - Me R.Bosselut: Peut-être que le SPIP aura un oeil plus aigu sur l'exécution...
C'est assez compliqué de mettre tout ça en place, mécaniquement. Il faut des gens disponibles. Je n'arrive pas à me projeter dans une décision de mars ou d'avril avec la campagne qui se déroule.
Les choses ne sont pas forcément avec, effectivement, un bracelet, au moment de la campagne. - A.-E.Lemoine: La procureure générale près de la cour d'appel de Paris dit qu'elle prendra la semaine prochaine une décision quant à un éventuel pourvoi en cassation.
M.Le Pen a dit qu'elle n'avait pas besoin de le faire. C'est votre avis? - Me S.Chirac-Kollarik: C'est elle qui décidera.
On peut s'interroger sur l'objet d'un pourvoi en cassation. En l'espèce, il n'y a pas eu de relaxe. Les réquisitions ont été suivies sur la culpabilité.
On serait sur un pourvoi en cassation qui porterait sur une peine. Ca m'interroge un peu. Si le parquet général n'était pas d'accord sur l'application du 432-15, on le saurait déjà. - N.Domenach: J'attends avec un certain appétit le récit qu'elle va nous faire.
Celui qui gagne la présidentielle est celui qui tricote ce récit. Elle a de quoi le faire sur la résilience, sur la femme qui a traversé tant d'épreuves. Mais elle n'a pas attaqué la justice terriblement comme elle a pu le faire lors du premier jugement.
On est au début de cette aventure. La présidentielle commence maintenant. - A.-E.Lemoine: Vous ne doutiez pas une seconde qu'elle serait candidate à l'élection? - N.Domenach: Pas une seconde.
C'était son bain amniotique, toute sa vie. J'étais sûr de cette affaire. Elle a ça dans le sang, dans la tête, dans le corps, dans les tripes.
Elle a noué avec les Français, en particulier lors de la campagne, une relation affectivo-politique d'une qualité que les adversaires vont avoir du mal... - P.Cohen: Vous étiez présents aux réunions de cet après-midi? - Me R.Bosselut: Il y a un secret professionnel.
Je ne vous répondrai pas. - L.Sénéchal: Les adversaires sont déjà en train de se positionner.
E.Philippe dit que M.Le Pen devra expliquer le choix d'être candidate.
Les Républicains accusent même M.Le Pen de prendre en otage les Français et de fragiliser les institutions. - Me R.Bosselut: Ca échappe à nos compétences respectives.
Je pense que M.Le Pen est assez grande. Elle n'a pas besoin de ses 2 avocats pour répondre à ce genre de considérations, qui sont franchement politiques. - P.Cohen: Ce qui fait partie de vos compétences,
Marine Le Pen