Le RN attend encore les actes de Bruno Retailleau ! - Thomas Ménagé (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 63 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:25OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous repéré dans l'actualité cette semaine ?
- 2:25FerméeRéponse partielle
Plus violent, selon vous, le second ou pas ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a cette tension-là aussi ? Un jeu politique ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Quelle est votre image cette semaine ?
- 5:40OuverteRéponse directe
Vous trouvez que Michel Barnier a le ton juste avec les Français ?
- 7:21FerméeRéponse partielle
Est-ce qu'il y aura des efforts sur les petites retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:17Invité politiqueChiffre
« 180 000 tonnes de viande de bœuf, 100 000 tonnes de viande de volaille qui arriveraient sur notre sol. »
- 9:21Invité politiqueChiffre
« En matière économique, 1 000 milliards de lettres supplémentaires. »
- 9:25Invité politiqueChiffre
« La baisse du chômage ? Qui augmente, vous avez vu les chiffres de l'Unique cette semaine. »
- 9:49Invité politiqueFait
« En matière d'immigration, on voit bien que le bilan est catastrophique. »
- 12:50Invité politiqueChiffre
« 45 % des amendements qui ont été déposés l'ont été par le Bloc Central. »
- 16:13Invité politiqueChiffre
« Nous avons été favorables à une augmentation sur les grosses fortunes : 250 000 euros pour une personne seule par an, 500 000 pour un couple. »
- 21:51Invité politiqueFait
« Si on abroge la réforme des retraites, ça va coûter plus cher. »
- 30:22Invité politiqueFait
« On l'a vu sur le tabac, ça fait plusieurs années. »
- 30:25Invité politiqueFait
« Mais ça fait plusieurs années où on augmente le prix du paquet et que ça ne permet pas que la prévalence tabagique diminue. »
- 31:18Invité politiqueChiffre
« Vous savez, les 20 milliards qui sont déjà prévus dans le budget, et c'est au total 22 milliards au total que nous proposons sur les surprofits. »
- 33:08Invité politiqueFait
« Bruno Retailleau permet de légitimer le programme du Rassemblement national, qui, depuis des années, dit un certain nombre de choses sur l'immigration, propose un certain nombre de mesures, et que le ministre de l'Intérieur en poste confirme la réalité, l'application possible de nos mesures. »
- 34:46Invité politiquePromesse
« Bien entendu. Si ça reprend tous les dispositifs que nous avions votés la dernière fois... »
- 36:35Invité politiquePromesse
« nous voterons en faveur, bien entendu, de tout ce qui va dans le sens de plus de fermeté et qui reprend les dispositifs que nous avions votés l'an dernier. »
- 37:11Invité politiqueChiffre
« Je peux vous dire qu'avec 100 000 adhérents, le Premier Parti de France a ces candidats. »
- 37:20Invité politiqueFait
« Ces cas qui étaient résiduels ont donné lieu à des exclusions puisqu'ils n'étaient pas conformes, à qui on a retiré même les investitures en cours d'élection. »
- 37:36Invité politiqueFait
« et on le voit au moment du budget, à quel point nous avons un poids politique dans cette Assemblée. »
- 37:51Invité politiqueFait
« Il y avait eu 80% des candidats qui avaient été investis, et c'est sur les 20% qui ont été investis en 48 à 72 heures, où il n'y a pas eu d'audition préalable, et où il y a eu des erreurs de casting. »
- 40:45Invité politiqueFait
« Non, je vous le dis sincèrement, on est très sereins, très sereins parce qu'on croit en l'innocence de Marine Le Pen, en sa défense. »
- 41:31Invité politiqueFait
« Vraisemblablement, vous le savez peut-être mieux que moi, je crois que c'est au mois de mars qu'il y aura un délibéré. »
Temps de parole
- Thomas Ménagé58 %
- Présentateur16 %
- Locuteur non identifié9 %
- Locuteur non identifié 28 %
- ?6 %
≈ 23,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée sur France Info, la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde. Après six jours de débats budgétaires, le texte initial du gouvernement a été largement remanié par les députés. 40 milliards d'impôts supplémentaires ont été adoptés, en plus des 20 milliards qui avaient été présentés dès le départ par le Premier ministre
Michel
Barnier, je ne
suis
pas sûre d'y arriver. Un Premier ministre qui, toute la semaine, a été mis en minorité. On va en parler avec notre invité
ce
dimanche, Thomas Ménager, député du Rassemblement National, l'un des porte-parole du groupe de l'Assemblée. Il est en questions politiques jusqu'à 13h.
Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.
Pardonnez-moi. J'espère que tout ira bien jusqu'à 13h.
Bonjour
Thomas Ménager.
Bonjour, merci de votre rédition. Bonjour mesdames.
Voilà,
n'ayez pas peur. A mes côtés, je ne suis pas seule, ouf, pour vous interviewer, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour à tous.
J
'ai
la voix un peu cassée quand même. Ah bah il y
a
l'engagement des signes après. Et bonjour Françoise Fresseuse du journal Le Monde. Bonjour à toutes et à tous. Allez, on entame cette émission comme chaque dimanche. Avec vos images de la semaine, vous allez nous raconter ce qui vous a marqué dans l'actualité et nous dire comment vous l'analysez. On commence avec vous, Thomas Ménager. Vous avez passé la semaine enfermé à l'Assemblée pour l'examen du budget. Mais qu'est-ce que vous avez repéré, malgré tout, dans l'actualité
?
Bon, on ne reste pas détaché de son territoire. Et donc j'ai choisi l'image pour les auditeurs de France Inter, qui est celle d'une reprise d'une crise agricole qui s'était terminée il y a quelques mois et qui est pour moi symptomatique du macronisme et aussi de la période de Gabriel Attal. C'est-à
-dire
qu
'on
se souvient des belles images de Gabriel Attal devant des ballots de paille, de la communication. Et nous avions interpellé le gouvernement en disant que si on ne règle pas les problèmes de fonds en matière agricole, la question des prix, la question des normes, de la concurrence déloyale, la question des accords de libre-échange, notamment sur le Mercosur, qui va arriver au mois de novembre et pour lequel ma collègue Hélène Laporte interpellera le Premier ministre ce mardi, il y aura une crise agricole. Parce que si on ne règle pas les problèmes profonds, structurels, on ne s'en sortira pas. Et les générations à venir, notamment les jeunes agriculteurs, sont très inquiets pour notre pays.
Et donc là, on est face à un nouvel épisode, malheureusement, qui va venir, de crise agricole et sur lequel il va falloir que l'Assemblée nationale se penche très rapidement.
Plus violent, selon vous, le second ou pas
?
Je ne le souhaite pas. Et nous, on appelle toujours, bien entendu, à ce que les manifestations se passent dans le calme, de manière pacifique, non-violente. Mais je vous dis, je vois dans mon département du Loiret des jeunes qui épousent un métier et qui se disent « Mais je ne
vais
pas pouvoir vivre de mon travail. Je ne
vais
pas pouvoir m'en sortir. » Et donc, automatiquement, quand vous avez l'impression que vous vous êtes fait balader, c'est le sentiment qu'ils ont aujourd'hui, avec peut-être le Mercosur, je vous le dis, qui, mi-novembre, fin novembre, serait peut-être acté. C'est-à
-dire,
je le tiens à dire, c'est 180 000 tonnes de viande de bœuf, 100 000 tonnes de viande de volaille qui arriveraient sur notre sol. Et puis, on est aussi dans des débats écologiques en ce moment. C'est une aberration écologique d'avoir voté l'accord avec la Nouvelle-Zélande, d'avoir, pas voté malheureusement, mais que la Commission nous ait imposé cet accord avec la Nouvelle-Zélande, où on va chercher des produits de l'agneau à 20 000 km. Là, aller au Brésil chercher du bœuf, de la volaille, qui en plus sont souvent traités avec des antibiotiques, avec des hormones, pas aux mêmes règles sanitaires et environnementales que nous, je trouve que
c
'est une folie.
Mais, ne soyons pas naïfs, il y a aussi des organisations syndicales qui préparent leurs élections, qui ont lieu dans quelques semaines, quelques mois. Est-ce qu'il y a cette tension-là aussi ? Est-ce qu'il
y
a un jeu politique, finalement, tout simplement ?
Après, les organisations agricoles et syndicats agricoles, oui, ont peut-être aussi d'autres objectifs. C'est ceux de défendre les intérêts. Donc, de défendre, ça passe aussi par des manifestations, par être un peu en leader sur ces mobilisations. Mais dans tous les cas, même s'il y a la question de ces élections de chambre qui arrivent, ça n'empêche pas qu'il y a un problème de fond sur les prix, sur les normes, et sur aussi l'adaptation, et ça, il va falloir les soutenir, aux évolutions climatiques. Et vous dites aux Français d'accepter de payer plus cher un certain nombre de choses, parce que c'est Français
?
Ça fait partie, bien entendu, des débats, et il faut le faire. Mais il faut en faire en parallèle avec des gains de pouvoir d'achat. C'est-à
-dire
que vous pouvez leur dire, vous pouvez payer un tout petit peu plus, à la rigueur, certains produits pour avoir des produits de meilleure qualité, pour protéger votre santé, mais que si on vous redonne les capacités de le faire. Parce qu'aujourd'hui, il y a des tas de Français dans notre pays qui aimeraient manger mieux, mais qui, quant au 10 du mois, n'ont plus la capacité financière déjà de se nourrir avec des produits bas de gamme, ne peuvent pas aller sur des produits de meilleure qualité.
Françoise Rousseau, quelle est votre image, vous, cette semaine ?
Alors moi, j'ai retenu une image de Michel Barnier, le Premier ministre, qui est à Givor, dans le Rhône, et qui est au fond à portée d'engueulade, c'est-à-dire qu'il va voir les Français,
juste
après les inondations, donc il va voir
les vêtements des
inondations. Il soigne un style particulier, Michel Barnier, qui est le contact, rester en contact le plus possible avec la population, parce qu'il est dans une petite cote d'alorsque en ce moment. Au début, on lui a fait confiance, on s'est dit, après tout, il y
a
un Premier ministre qui est arrivé, qui ne s'est pas roulé par terre pour être Premier ministre, dans une situation très difficile, et là, il commence à engranger une certaine impopularité, liée notamment à la discussion budgétaire qui s'enlise, ou la crainte des Français de payer trop d'impôts, et on sent qu'il a essayé de sortir de ce piège, en se projetant aussi dans l'avenir, depuis quelques jours, il voit pas mal de journalistes, il commence à distiller l'idée qu'il aurait un projet pour la France, un projet de progrès, qu'il veut élaborer en s'inspirant des cahiers d'oléance, donc il va soigner sa relation avec l'opinion, parce qu'au fond, c'est sa seule chance de durer, dans un univers où personne ne lui veut vraiment du bien.
Vous trouvez qu'il a le ton juste avec les Français, Michel Barnier ? Comment est-ce que vous l'observez depuis sa nomination, donc très récente encore
?
Moi, je pense que chaque jour qui passe montre une certaine duplicité de Michel Barnier. C'est vrai qu'on pouvait être assez tenté par un style beaucoup plus calme, moins véhément, qui avait dit qu'il voulait travailler avec l'ensemble des groupes politiques, qui avait compris qu'on était dans une situation inédite, et nous, nous l'avions entendu, nous avions dit que dans l'intérêt des Français, au vu qu'il n'y avait pas de possibilité de dissolution actuellement, il fallait faire le mieux dans le sens de l'intérêt général, mais on le voit au moment du budget. On nous avait dit qu'il y aurait un travail en commun, et on se rend bien compte
qu'on va... Il
vous laisse au moins débattre, il ne
fait
pas du 49
.3 tout de suite. Il nous laisse débattre, mais
en donnant consigne, semble-t-il, à ses députés de ne pas être présents, en laissant pourrir le débat, en laissant les
députés du NFP... Je ne suis pas sûre qu'ils disent
à ses députés...
Ou du moins, ses députés et les députés ne
soutiennent pas le
gouvernement Barnier, ne soutiennent pas le budget de M. Barnier. Donc il y
a
une certaine incohérence, parce qu'aujourd'hui, on n'a vu aucun des amendements du Rassemblement national être repris, aucune volonté, quand le ministre est au banc, d'ouvrir le débat plus que
celui qui se mène...
Oui,
mais
en fait,
ce
n
'est
même pas plus nous que les
autres, justement, mais vous avez raison,
donc il n
'y a
pas de co-construction.
Le budget, on
va en
parler pendant
l'imperiou. Le respect que vous demandiez, et
qui était même une des raisons pour lesquelles vous ne vouliez pas, Xavier Bertrand, vous l'avez, ce respect. Il vous téléphone quand il
y
a quelque chose qui ne va pas, est
-ce
que vous avez l'impression que c'est quand même une espèce de code de bonne conduite
? Concrètement,
encore heureux qu'il ait poli avec le premier groupe. C'est-à
-dire,
on ne va pas non plus se féliciter juste qu'il dise bonjour et qu'il soit poli. On attend
maintenant concrètement au moment du budget,
qu'il soit à l'écoute, et à l'écoute de tous les Français, et donc de tous les groupes politiques, quels qu'ils soient. D'accord, mais il y
aura,
par exemple, des efforts sur les petites retraites ? On va attendre de voir, on en parlera,
mais
on va attendre de voir, parce que vous avez raison, c'est un enjeu majeur.
On finit avec les images de la semaine, on finit avec la vôtre, Nathalie Saint-Claire. Alors, c
'est une image d'Emmanuel Macron au moment de la conférence internationale sur le Liban. Là, il n
'a
pas l'air spécialement joyeux. Non,
c
'est
moins compliqué de dire qu'il est tout seul.
Mais
c'était pour revenir au jour même.
Ce jeudi, il avait demandé à tous ses anciens ministres, premiers ministres du budget, de venir autour de lui. Alors, on devait parler budget, bien sûr, c'est le moment. Mais il les a quand même enjoint, avec un certain dynamisme. Un, d'aller vendre ce qu'ils ont fait, c'est-à-dire ne pas se laisser accabler par le bilan que Michel Barnier nous sort. Deux, parce qu'il considère que Michel Barnier a tendance un peu à forcer le trait et à charger la barque de manière à montrer que lui va être le sauveur quand Emmanuel Macron était un naufrageur.
Ensuite, il leur a demandé de se tenir bien, d'éviter de se battre entre eux de manière à ce que la Macronie puisse relever la tête et qu'il ne laisse pas dans l'histoire un souvenir absolument perturbé et perdu. Pourtant, à tel point qu'il a pris Elisabeth Borne dans un coin avec Gabriel Attal pour leur dire qu'il fallait qu
'ils
se tiennent bien aussi pour le parti. Il y avait Bruno Le Maire,
il
y avait Gérald Darmanin qui paraît-il boudé un peu. Mais il a voulu se montrer assez combatif et pas du tout l'homme dépressif que certains décrivent isolé à l'Élysée et qui se demande comment il va finir jusqu'en 2027. –
Mais il n'y avait pas grand monde quand même autour. –
Il
n
'y
avait pas grand monde, alors il y avait quand même Bruno Le Maire, Gabriel Attal, Elisabeth Borne, Stéphane Séjourné, Gérald Darmanin, Olivier Dussopt, Thomas Caznav, François Patria. J'en ai dû forcément oublier quelqu'un. Et Alexis Colère.
– Oui, bien sûr. – Et Stéphane Séjourné. – Voilà, secrétaire général de l'Élysée.
– Tous ceux qui ont participé globalement à l'échec des sept dernières années.
– Ça c'est votre commentaire ? – Moi c'est comme ça que je le vois.
– Est-ce qu'on n'est jamais mort en politique ?
–
Non, après ça c'est aux Français de choisir, qui est vivant, qui peut parfois ressusciter, et parfois l'histoire donne raison à certaines personnalités qui sont jugées durement. Mais aujourd'hui le bilan, vous dites, on leur demande d'aller vendre un bilan, ils n'ont pas grand chose à vendre. En matière économique, 1 000
milliards de lettres
supplémentaires. – La baisse du chômage ? – Qui augmente, vous avez vu les chiffres de l'Unique cette
semaine. – Oui d'accord, avant d
'augmenter
la baisse. – 5
millions et demi de chômeurs, on est en matière de taux d'emploi, 10 points derrière l'Allemagne, 14 points derrière les Pays-Bas. – La France
est redevenue attractive,
il y
a
des choses qu
'on
ne peut pas oublier.
– La balance
calabertiale n
'a
jamais été aussi en difficulté. En matière de sujets, sur les sujets régaliens, l'insécurité n'a pas reculé. En matière d'immigration, on voit bien que le bilan est catastrophique. Donc on leur demande de vendre un bilan, mais il faudrait qu
'ils
leur donnent des billes, parce qu'aujourd'hui ils n'ont pas grand chose en stock.
– Mais en
juin dernier, on se souvient d'une Marine Le Pen qui, à chaque intervention quasiment, ne la réclamait pas, mais en tout cas disait qu'il allait devoir démissionner. –
Est
-ce qu'on est encore dans cette temporalité de
la démission du président Macron ? – Nous on n'a jamais appelé du moins
à la destitution du président de la République, on n'a jamais vraiment appelé à sa démission.
– Non, je ne l'ai pas dit
appelé, elle disait que c'était inéluctable, qu'il
allait forcément devoir démissionner. – Malheureusement, aujourd'hui
on voit ce qui se passe à l'Assemblée nationale, on voit ce qui va se passer. Il se peut que, surtout que la dissolution n
'est
possible qu'une fois par an, à un moment le président de la République, il soit contraint pour débloquer une situation et permettre d'aller de l'avant aujourd'hui.
– Et vous,
est-ce que vous souhaitez que ça aille ?
–
Il pourrait
y
être
contraint. – Jusqu'en 2027
ou qu'il faut
arrêter
les frais avant
?
– Ça c'est au président de la République, moi je ne remets jamais en colosse la légitimité du président de
la
République, il a été élu. Après, si on est bloqué, il faudra le faire. Ce qui est certain, c'est que vraisemblablement ce qui va arriver à un moment ou à un autre,
c
'est plutôt la dissolution dans un premier temps, parce qu'aujourd'hui avec ces trois blocs, on n'y arrive pas à l'Assemblée nationale, le pays n'a pas de majorité et on est dans une instabilité
qui est vraiment
problématique.
– Qu
'est-ce qui vous arrange comme calendrier ? Parce qu'en fait, on a l'impression que chacun a un calendrier différent. Jean-Luc Mélenchon préférait que ce soit le plus vite possible, vous, il y
a
le procès de Marine Le Pen, vous vous dites à tel moment, on sera peut-être prêt, pas prêt, quel est le timing idéal pour vous ?
– Le timing, il ne dépend pas de nous, il dépend aussi de délais constitutionnels,
je
vous dis, la dissolution, elle, elle ne peut pas arriver. Et la démission, je veux dire, on n'est pas dans la politique fission, ça ne dépend pas de nous, moi je ne
vais
pas commenter
possible démission
– Nous, dans tous les cas, ce qui est certain, et on en parlera, c'est que nous nous préparons pour donner une majorité à la France dès le moment où la dissolution sera possible, donc dès le mois de juin, et nous avons tout mis en place pour cela.
– Et
nous, on est là, on argumente, on argumentera jusqu'au bout, et on ira évidemment jusqu'au vote, il reste encore 1500 amendements, donc probablement entre 3-4 jours, mais c'est vrai que le budget est tellement déformé aujourd'hui, il ne ressemble plus à rien, il y a des coalitions qui se font entre le Rassemblement National et le Nouveau Front Populaire, telle sorte que je nous vois difficilement, je nous vois difficilement maintenant voter ce budget tel qu'il est en train de
se produire. –
Le député Renaissance, Jean-René Cazeneuve, ancien rapporteur du budget, c'était cette nuit à l'Assemblée Nationale, juste après l'interruption des débats budgétaires, qui ne sont donc pas terminés sur le Valais Recette, et qui reprendront a priori le 5 novembre prochain. Donc les discussions vont se poursuivre, déçus ou soulagés, Thomas Ménager, que l'article 49.3 n'ait pas été dégainé
?
– Soulagés, parce que nous on veut débattre depuis le début, le groupe Rassemblement National appelle au débat, ce qui est juste gênant, c'est de voir que les débats s'enlisent malgré tout, premièrement parce qu'il y a eu un nombre d'amendements, de manière un peu dans une volonté d'obstruction déposée par le Bloc Central, les LR et Macronis,
c
'est-à-dire habituellement, pour que ceux qui nous écoutent comprennent, quand on est dans la majorité, qu'on est député de la majorité, on dépose quelques amendements, mais vraiment à la marge, là ils en ont déposé 1 500, 1 700 même sur près de 3 000. Donc aujourd'hui…
– 45
% des amendements qui ont été déposés l'ont été par le Bloc Central.
–
Et vous êtes des observatrices averties de la vie politique, c'est inédit. Jamais, quand on est dans la majorité, on dépose autant d'amendements, sauf si
on veut bloquer… – Oui, mais la situation
globale est inédite, il n
'y
a pas eu de coalition,
il n'y a rien de fait. – Alors attendez. – Mais quand
la majorité dépose plus d'amendements que l'opposition, c'est bien qu
'il
y
a
un problème, et c'est bien que la majorité veut bloquer les débats. Donc on les appelle, nous, à retirer leurs amendements. – Ils ont fait ? – Oui, à la marge, on est encore à 1 500 amendements, surtout qu'ils ne sont pas là pour réellement les faire passer, puisqu'ils sont totalement absents des débats, absents de l'émission.
– Mais
Jean-René Cazeneuve, dans le passage d'interview qu'on a écouté,
qu
'on a diffusé, dit « moi, en l'État, je ne vote pas le budget, vous le votez ?
»
–
Nous, on a toujours dit qu
'on
ne voterait pas le budget, parce qu
'on
est dans l'opposition et que
ce
n
'est
pas notre budget. Et que là,
encore plus,
avec les 40 milliards de fiscalité supplémentaire, mais qui est passé grâce à l'absence des députés LR et macronistes, et on en a évité, le Rassemblement national, grâce à sa surmobilisation, a permis d'éviter un certain nombre de ces taxes et d'impositions proposées par la gauche et l
'extrême-gauche. –
Mais vote contre ou abstention ?
–
Alors, nous, on a toujours dit qu'on voterait contre. Le débat sera de savoir si le Premier ministre enclenche le 49-3, si nous censurons le gouvernement ou non. Et
la
question, ça sera celle
-ci. –
Alors,
allons-y,
allons-y. – C
'est moi qui vous
introduis les questions.
– Le
gouvernement.
– Et donc, vous faites les transitions, c'est
parfait. – On
n
'avait pas l'idée, en fait.
– Donc, sur ce point, on a toujours été assez clair. Pour qu'on comprenne bien, la Constitution prévoit la possibilité de censurer un gouvernement. On censure le gouvernement, pas par plaisir, pas automatiquement, dès lors qu
'on
est dans l'opposition, mais dès lors qu'on se dit que le texte qui est proposé, et là, en l'occurrence, le budget, est tellement néfaste pour les Français, pour l'économie, qu'il est préférable d'entrer dans une forme
de
situation difficile d'un point de vue institutionnel, d'instabilité institutionnelle, en faisant tomber le gouvernement. Ça, on ne peut pas savoir. Tout dépendra du texte qui sera proposé
au moment du 49-3. – Qu'est-ce que vous attendez
comme signal de la part de Michel
Barnier ? – Vous n'arrêtez pas avec vos lignes rouges, comme
tout le monde. Chacun a des lignes rouges, maintenant.
– Nous, on a toujours été
assez clair. Ce que l'on attend, c'est qu'il y ait, un, des vraies réformes structurelles, c'est-à
-dire
qu'on ne fasse pas des coups de rabot et de l'impôt. Et malheureusement, ce qui a été proposé par le Premier ministre,
au final, c'est un vrai sujet.
Après,
il
faut bien entendu que les classes populaires et les classes moyennes soient épargnées de ce sujet, ce qui n'est absolument pas le cas avec aujourd'hui la taxe sur l'électricité, la désindexation des retraites, ou encore la hausse d'un certain nombre de fiscalités. Je pense au malus sur les automobiles, je pense à la hausse des mutuelles à venir avec, vous savez, la baisse du remboursement de la consultation par la Sécurité
sociale. – Mais on a quand même du mal à vous suivre, en fait, sur votre ligne.
–
Notre ligne rouge, c
'est
ce
qu
'on défend. – Non,
on
a du mal à vous suivre sur la
ligne budgétaire, c'est ce que je disais d'ailleurs en introduction. C'est un petit peu compliqué parce que vous dites, voilà, défenseur des classes populaires, et en même temps, vous avez défendu un certain nombre d'amendements pour les chefs d'entreprise, et parfois même pour les très grandes entreprises.
– Pour les très grandes
entreprises
?
– On peut défendre les classes populaires et les entreprises, on peut suivre une ligne sociale et libérale sur le budget ? –
C
'est un
équilibre, un budget c'est une colonne vertébrale. Aujourd'hui, il faut bien entendu qu'il y
ait
des réformes structurelles, des baisses de dépenses dans notre pays, et qu'il y ait en parallèle des recettes supplémentaires. Il faut aller chercher l'argent là où il est, et en même temps demander des efforts à ceux qui le peuvent. Mais aujourd'hui, les classes populaires et les classes moyennes ne le peuvent pas. – D'accord, alors
pour comprendre, sur les grandes fortunes, ou les plus fortunées, ce qu'on a dit, il y a eu l'idée de les taxer plus, là vous pensez quoi ?
– Nous, nous avons été favorables à une augmentation sur les grosses fortunes, 250 000 euros pour une personne seule par an, 500 000 pour un couple, dès lors que c'est de manière temporaire, premier point, et que, deuxième point, ça sert la redistribution fiscale. Ce que l'on souhaite, pour que l'on comprenne la philosophie générale, s'il y a des augmentations d'imposition sur les grands groupes ou sur les plus fortunés, il faut que cela permette une baisse de la fiscalité sur les classes populaires et les classes moyennes.
– Mais comment vous réussissez ? – Ça ne doit pas être là pour
compenser, baisser le déficit. Le déficit et la dette doivent être comblés par des économies structurelles et des baisses
de dépenses. – Sur l'augmentation
de la flat tax,
c
'est-à-dire l'une des propositions soutenues par le modem de passer de 30 à 33%, le prélèvement, là je n
'ai
pas totalement suivi ce que
vous…
– Alors je vais préciser, en commission des finances, vous approuvez, en tout cas vous laissez passer l'amendement, et en séance publique, vous dites non, il ne faut pas y aller au-delà de 33%. – Mais
rappelez ce qu'est une flat
tax, il faut que tout le monde suive.
–
En une semaine, il y
a
eu une sorte de virage sur l'aile, sur la fiscalité du genre, il ne
faut
pas trop quand même empoisonner les hauts revenus, les grandes entreprises et tout et tout. Est-ce que vous pouvez nous
résumer
votre philosophie ?
–
Et
j'ajoute, du
coup, parce que ça va avec ce que vient de dire Françoise, sur la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises, vous n'avez pas voulu voter ça.
– Ça dépend
de l'équipe, parce que nous on était
pour une taxe, mais le problème qu'il
y a, c
'est qu'il
y a
eu une multiplicité de taxes. On peut être d'accord pour une taxe, mais quand il y
en
a d'autres qui sont rajoutées, il ne
faut
pas que l'impôt devienne confiscatoire, il ne faut pas que pour nos grandes entreprises, ça devienne un enfer fiscal, tel qu'ils partent ailleurs, qu'ils délocalisent, et qu'on arrive à une situation où, alors même qu'il y a déjà eu, je vous le dis, 500 000 défaillances d'entreprises en 2023, la situation économique se dégrade, parce que si la situation économique se dégrade, la croissance diminue, les 60 milliards qu'on doit faire cette année, ça sera 90 l'année prochaine, 150 l'année d'après, et donc il faut trouver cet équilibre. Concernant la flat tax, nous n'étions pas favorables historiquement à la flat tax, nous souhaitons la progressivité,
éviter
ce prélèvement forfaitaire.
– Une
taxe
de
30% qui est forfaitaire pour tout le monde, et qui a tendance à avantager les revenus moyens, et à finalement être plus légère pour les très hauts revenus.
– Exactement, nous historiquement,
nous
souhaitons de la progressivité, pour que ceux qui sont les plus hauts revenus puissent être un peu plus, et ceux qui utilisent notamment la flat tax pour des revenus du travail, des TPE, des chefs d'entreprise, puissent eux être libérés. C'est pour cette raison
soulagée
du moins. C'est la raison pour laquelle nous
ne
souhaitons pas une augmentation, et nous souhaitons rester au taux de 30% actuel.
– Ce qui veut dire que
la
thématique
gros-petit n'est pas la vôtre
? Il n'y a pas
les gros qu
'il faut frapper et les petits
?
– Si, parce que sinon on ne serait pas favorable à cette nouvelle taxation sur les gros groupes, on ne serait pas favorable à une taxation des surprofits
comme on le propose. – Mais comment ça marche ? Qui décide
de quoi en fait ?
C
'est Jean-Philippe Tanguy qui est effectivement à la commission des finances et qui est plutôt fer de lance sur les questions économiques, qui décide ? C'est Jordan Bardella qui signe une tribune cette semaine et qui… –
On n'est pas en compréhension, c'est totalement sur la ligne. – On défend la politique
de l'offre et la croissance, c'est pas contradictoire mesdames.
–
Ah bon,
c'est
pas contradictoire ?
–
Ah non, c'est pas contradictoire.
Vous
pouvez être pour une pointe… Et Jean-Philippe Tanguy est totalement sur la ligne de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. –
Tout le monde est d'accord. –
C
'est un travail
en commun pour trouver, je vous dis, cet équilibre où bien entendu il faut soutenir nos entreprises, demander un effort aux entreprises qui le peuvent, mais ne pas aller tuer notre réseau de TI, de PME, de TPE qui font vivre notre pays en créant malheureusement des conditions qui pourraient mener à des licenciements, à des défaillances d'entreprises, tout en accompagnant ceux qui le souhaitent. Donc c'est un équilibre à trouver. Il n'y a absolument pas de différence de ligne entre les différentes personnes que vous avez citées.
– Allez, je voudrais qu
'on
parle à présent d'une proposition de loi que vous allez porter, Thomas Ménager, sur l'abrogation de la réforme des retraites. C'est l'un des textes annoncés par le Rassemblement National à l'occasion de ce qu'on appelle sa niche parlementaire qui sera discutée ce jeudi dans l'hémicycle. Je rappelle ce que c'est une niche parlementaire. C'est un droit qui a été récemment accordé aux différents groupes de l'opposition, le droit de fixer l'ordre du jour du Parlement un jour par mois et donc à tour de rôle entre les différents groupes d'opposition.
Sauf que, après son passage cette semaine en commission des affaires sociales, il ne reste plus rien ou vraiment plus grand-chose de votre texte qui contenait trois articles. Est-ce que vous allez le maintenir,
ce
projet de loi d'abrogation de la réforme des retraites ? Est-ce que vous le présenterez effectivement jeudi ? Est-ce qu'il a une chance de passer ?
Alors, bien entendu, nous allons le maintenir. Bien entendu, j'ai déposé des amendements pour réintroduire ce que la gauche et les macronistes ont au final supprimé du texte puisque la gauche,
par
son abstention, à l'exception au notoire, et je tiens à le citer et le remercier, le communiste M. Monet qui a voté en conformité avec l'engagement qu'il avait pris devant ses électeurs, ils se sont ligués dans une forme de partie unique pour détricoter ce texte pour lequel il y a aujourd'hui, soyons clairs, une majorité absolue à l'Assemblée Nationale. Et donc, bien entendu, je le souhaite, nous pourrons débattre le 31 octobre de cette abrogation parce que c'est attendu par les Français et il faudra... Vous
pourrez débattre à condition que la présidente de l'Assemblée Nationale accepte, au nom de l'article 40, ça c'est un peu technique, de réintroduire effectivement ces amendements dont vous parlez. Est-ce que vous êtes certain que Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée, va vous faire ça ?
Alors il
y
a un
antécédent,
il y a malheureusement...
Un antécédent, il
y a eu une évolution de la jurisprudence au moment du même texte déposé par le collègue Courson qui voulait abroger la réforme des retraites. Mais moi, j'interpelle Mme Broun-Pivet en lui demandant de respecter l'initiative parlementaire parce que je ne crée pas de charges nouvelles. Je redépose uniquement ce qui avait déjà été jugé recevable dans le texte initial. – Si
on abroge la réforme
des
retraites,
ça
va coûter plus cher.
–
Oui, mais le texte avait été jugé recevable en vertu de l'article 40 initialement, il est gagé par l'article 3 que vous avez cité, et il n'y a pas d'évolution de charges nouvelles. Donc Mme Broun-Pivet qui fait aujourd'hui le tour des plateaux télé pour dire « je défends l'institution, je défends la démocratie parlementaire, je défends l'initiative parlementaire » ne peut pas baïonner l'Assemblée Nationale en empêchant le débat, en prétextant, alors même que la jurisprudence historique permettait en fait qu'on réintroduise le dispositif initial par cohérence, par paralysme des formes, nous empêche de débattre le 31 octobre.
Donc je l'interpelle et je lui dis d'entendre notamment le résultat, au-delà de ces questions de procédure très juridiques, d'entendre le résultat du 7 juillet au moment des élections législatives où les Français ont été très clairs sur le sujet.
– Sur
le fond, quel est l'intérêt pour vous de vous arcobouter sur une réforme qui est passée, qui si vous la supprimez il y a 16 milliards d'euros de plus à trouver, alors que par ailleurs vous dites qu'il faut faire une série d'économies budgétaires partout pour éviter la hausse des prélèvements, honnêtement je ne comprends pas votre raisonnement.
–
Ce serait un raisonnement drôlement cynique,
c
'est-à-dire en gros certains ont mis une mesure très injuste, horrible pour ceux qui ont travaillé tôt, pour les femmes qui sont les plus grosses victimes de cette réforme. –
Non, Elisabeth Borne vient de détailler
dans son livre très précisément la revalorisation des petites pensions qui concernent notamment les femmes, le fait que beaucoup sont parties beaucoup plus tôt grâce aux carrières longues. Il y a eu 7 milliards d'aménagements au moment de cette réforme, donc on ne
peut
pas dire non plus que c'est d'une injustice totale.
– C'est la note du corps Madame
Fressos, c'est la note du corps qui dit que les femmes vont partir 4 mois de plus que les hommes suite à la réforme, ce n'est pas moi qui le dis, c'est le conseil d'orientation des retraites qui n'est pas à la main du Rassemblement national, donc ce que je veux vous dire, c'est qu'aujourd'hui nous, nous avons combattu une réforme, nous sommes contre, nous considérons qu'elle est inefficace.
– Elle a
été votée la réforme. – Elle a été votée comment ? Je ne
me
souviens pas du vote Madame Fressos,
elle est passée
par 49-3.
– Oui, et bien il n'y a pas eu de censure. – Donc ce n'est pas voté. – On ne peut pas changer aujourd'hui, on ne peut pas aujourd
'hui passer un texte aussi important pour les Français sans qu'il y ait un vote.
–
Mais c
'est parce que vous auriez pu censurer
le gouvernement là-dessus ?
– Mais parce que certains ont manqué de courage à l'époque, notamment les Républicains, et notamment les Républicains qui ont préféré sauver le gouvernement de l'époque. Aujourd'hui, il n'y avait pas de majorité. C'est pour ça qu'on est passé par 49-3, vous vous en doutez bien. S'il y avait eu une majorité, on aurait voté et le texte serait passé. Il n'est pas passé.
– Mais
vous
avez essayé de piéger la gauche et la gauche, il y a eu un message clair des Français.
– Vous avez essayé de piéger la gauche sur ce dossier, et la gauche vous a montré qu'elle était plus nombreuse que vous.
–
Mais c'est triste. En fait, ce n'était pas un piège, c'était juste une
volonté. De la
même manière que nous, on a toujours dit que
le 28 novembre… – La question qui se
pose, c
'est
est
-ce
qu'on n'est pas dans un théâtre d'ombre ? Est-ce que vous ne brandissez pas l'abolition de la réforme des retraites comme ça, sachant très bien que c'est une compétition avec la gauche et que ni l'un ni l'autre n'y toucheront ? Et il n'y a pas plutôt à se concentrer sur l'avenir, c'est-à-dire essayer de savoir où est-ce qu'on peut faire des économies pour éviter qu'il
y
ait du déficit, pour que ce soit le plus juste possible ? Est-ce qu'il n
'y a
pas une bataille à mener sur l'indexation ou la non-indexation des pensions retraites ? C'est ça que je ne comprends pas
très bien. –
Mais on peut mener plusieurs combats en même temps, Mme Fressos. Ce que je tiens à dire, c'est que nous, nous sommes cohérents. C'est-à
-dire
que nous avons voté, nous avions souhaité voter,
à
l'exception du fait que Mme Brune-Pivet avait bloqué le texte de M. Courson. – Elle va faire
la même chose jeudi, non ? –
Et si elle le fait, nous avons d'ores et déjà dit que nous, dans l'intérêt général, l'intérêt des Français, nous voterons le texte de la gauche, de LFI, non pas parce que je suis fan de la France insoumise, au contraire, je le combats, mais parce que s'ils proposent l'abrogation de la réforme des retraites, que c'est
attendu par ceux… – Dans un
amendement du
PLFSS
? –
Non,
non,
dans le cadre de l'orniche le 28 novembre. Dans
le cadre
de l'orniche, nous avons toujours dit que nous, nous voterions, parce que dans le cadre du PLFSS, c'est impossible, on ne peut pas abroger la réforme des retraites, puisque
c'est article
40,
M.
Coquerel l'a confirmé. Donc nous, nous sommes cohérents, on a été élus le 7 juillet dernier sur le programme de l'abrogation de la réforme des retraites. À la différence de la gauche qui a été élue sur le même programme, mais qui ne vote pas le texte du Rassemblement national, à l'exception des communistes, nous, nous sommes cohérents et nous voterons ce texte d'abrogation. –
Moi juste,
je
voudrais comprendre quelque chose, tant pour le budget, que pour les retraites, que pour tout. – Nathalie. – On entend un certain nombre de personnes, genre le NFP, qui dit qu
'on
ne votera pas une motion de censure du RN. Vous, vous voterez, si vous avez décidé de censurer le gouvernement, d'où que vienne cette motion de censure ? Vous la suivrez ? –
Bien entendu, enfin on est cohérents.
– Vous avez affiché complètement d'être…
–
Mais bien entendu, parce que quand on vote une motion de censure, on ne crée pas un contre-gouvernement, on ne s'allie pas. On est juste d'accord pour censurer le gouvernement,
c
'est-à-dire faire tomber ce gouvernement et avoir un nouveau gouvernement.
C
'est totalement hypocrite ceux qui vous disent « on ne veut pas le faire avec un tel ou une telle
»
parce qu'il faut le faire ensemble, sinon il n'y a pas de majorité. La gauche ment aux Français quand elle dit « nous on ne veut pas lier nos voix au RN pour faire tomber le gouvernement ». Mais si on n'est pas là, ça ne passera pas. Enfin vous savez, c'est de
l
'arithmétique niveau CP. Si on veut atteindre les 50% de l'hémicycle, c
'est-à
-dire la moitié de l'hémicycle qui censure le gouvernement, il faut qu'il y ait le NFP
plus
le RN.
– Mais ça veut dire que vous tout seul, vous n'êtes pas non plus en capacité de faire tomber le gouvernement. –
Mais
personne ne l'est.
Il
y
a trois blocs, il y a trois tiers.
–
Donc quand on dit
que le RN tient entre ses mains l'avenir du gouvernement, c'est faux ?
–
C'est en partie vrai, on ne le tient pas seul.
Il y a
une surveillance démocratique.
– Puisque le
NFP n'a pas envie de mêler ses voix au vote.
– Oui mais nous, le jour où le NFP dépose une motion de censure et va voter sa motion de censure, c'est nous qui déciderons de la voter ou de ne pas la voter et donc de faire tomber éventuellement le gouvernement. – Donc vous êtes
pensé par le NFP ? –
Le nombre de voix qui fait la bascule et qui permet la censure, elle est bien
entendu,
entre le groupe du RN qui
est le premier groupe. – Vous avez une précision,
pas sur votre réforme des retraites mais sur le sujet qui va occuper les semaines à venir, c'est
-à
-dire qu'est-ce que vous demandez à Michel Barnier sur le fait qu'une partie des retraités, en fait que l'indexation des retraites sur l'inflation sera différée en juillet, n'interviendra pas en janvier. Mais qu
'est
-ce que vous demandez comme amélioration pour...
–
Alors on ne demande pas, sur ce point-là,
on
ne demande pas d'amélioration, on demande la suppression, j'avais déposé
au nom du groupe Rassemblement National. – La suppression totale du dispositif,
que ce soit les grandes ou
les petites retraites ?
–
Oui, parce que les retraités ne sont pas des nantis, ils ont travaillé toute leur vie, ils ont droit à leur retraite, surtout qu'on le sait, c'est le régime général là. Parce que l'Agir Carco, la partie complémentaire, elle est déjà sous-indexée et ceux qui ont les retraites générales sont plafonnées et donc ça touche quasi exclusivement les petites retraites, cette désindexation, ce
report de
désindexation. –
Il y a un geste
sur les petites retraites, de manière à ce que le rattrape, alors il
y
a plusieurs solutions, soit donner un chèque tout de suite, soit au moment, en juillet, rattraper ce qui n'a pas été donné pour les moins de 1200 euros, si ce geste est fait, comme ça a l'air d'être le cas, par Michel Barnier, est-ce que ça vous suffit ? – Non,
mais non, on
a un contre-budget qu'on a proposé, qui a trouvé 15 milliards, proposé par Jean-Philippe Tanguy, l'ensemble du groupe, qui a proposé 15 milliards de plus que les 60 milliards, 75 milliards d'économies sur le budget de l'État. On a la capacité, c'est 3 milliards, 3 milliards
et demi
pour
la
désindexation, on a la possibilité de la financer. Les retraités ont subi de plein fouet l'inflation ces dernières années. Il y a déjà un retraité sur trois en France qui renonce à se soigner parce qu'il y a un reste à charge trop important. –
Mais
est-ce que vous
ne
faites
pas une confusion entre les petits retraités qui souffrent et les retraités beaucoup plus aisés qui souffrent moins, peut-être que les actifs, et peut-être que les jeunes que vous voulez aussi aider dans votre projet en essayant d'améliorer le logement, le transport ? Est-ce qu'il
n
'y
a
pas au fond un choix générationnel à faire en disant on va peut-être aider un peu moins les retraités aisés pour donner un peu plus aux actifs
qui
souffrent
? –
Il y a bien entendu des retraites, des retraites chapeau,
il
y a bien entendu des dispositifs sur lesquels, au moment de la réforme des retraites, on était favorable à plafonner, à demander des efforts supplémentaires. Mais aujourd'hui, comme on est sur le régime général, ça concerne majoritairement, quasi exclusivement, des retraites qui ne sont pas des retraites mirobolantes et des retraites de personnes qui sont dans ce qu'on appelle la classe populaire, voire la classe moyenne basse.
– Bon,
vous
êtes très clair. Thomas Ménager, est
-ce
que vous voulez être aussi clair sur cette autre question du jour posée par la ministre de la Santé, Geneviève Dariosec ? Est-ce que le RN est favorable à une taxation plus forte sur les sucres dans les produits transformés ? –
Alors vous savez,
c'est un vrai débat. Parce que l'enfer est pavé de bonnes intentions et on peut comprendre que, alors même qu'il y
a
des enjeux de santé publique, d'obésité, de diabète, que les jeunes sont exposés fortement au sucre, ça peut être un levier. Mais nous,
nous
ne croyons pas que ça soit un levier parce que cette fiscalité incitative ne marche pas, ne marche plus. On l'a vu sur le tabac, ça fait plusieurs années. Au début, ça a marché. Mais ça fait plusieurs années où on augmente le prix du paquet et que ça ne permet pas que la prévalence tabagique diminue. Par contre, ça va faire en sorte, malheureusement, que les classes populaires, les classes moyennes, et il faut les accompagner à avoir un pouvoir d'achat supérieur puissent aller sur des produits de meilleure qualité, moins sucrés, et ça va faire des baisses de compétitivité pour nos entreprises, nos entreprises qui produisent aujourd'hui ces boissons en France.
Donc ça n'a absolument aucun impact.
Ce
n
'est
pas en augmentant de quelques centimes chaque boisson que les jeunes vont se détourner. Ça passera par de la prévention, dès l'école, où l'on explique comment on se nourrit, comment on prend soin de son corps, comment on met en place ces enjeux de santé publique. Mais la
fiscalité de la même manière... Mais donc en attendant, les
industriels, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles
?
Non, mais
les
industriels, avec la taxation sur les surprofits, avec cette contribution qu'on leur demande, en plus, ceux qui font des profits importants, ces grosses entreprises, elles ne
vont
pas dormir sur leurs deux oreilles. Vous savez, les 20 milliards qui sont déjà prévus dans le budget, et c'est au total 22 milliards au total que nous proposons sur les surprofits, sur l'impôt sur la fortune financière, sur les rachats d'actions, les entreprises ne vont pas non plus avoir un paradis fiscal. On est déjà dans un pays qui est déjà très imposé et très difficile d'un point de vue fiscal. Mais ça n'aura aucun impact d'un point de vue santé publique, mais ça aura un impact sur la compétitivité d'entreprise et sur le pouvoir d'achat de ceux qui achètent ces boissons.
Quand vous dites que ça n
'a
pas eu d'impact sur la tabagie, par exemple, je crois quand même que les mesures qui avaient été prises ont permis...
Les premières années, mais aujourd'hui, ça
a juste développé le marché parallèle, l'importation de cartouches qui viennent de l'étranger, des usines de production parallèles avec des produits encore pires, avec des cigarettes qui sont encore dans des produits qui sont plus néfastes pour la santé. Donc il faut trouver l'équilibre, même si je comprends le débat, qu'il peut y avoir un débat, parce qu'il y
a
un enjeu de santé publique derrière.
Alors je voudrais vous faire écouter un concurrent, le ministre de l'Intérieur, qui était l'invité cette semaine de la matinale de France Inter. Il parle de l'un de ses sujets de prédilection, à savoir l'immigration. Bruno Retailleau.
Peu importe pour moi la bien-pensance, le politiquement correct, je dis les choses telles que je les pense. Et il se trouve que ce que je dis rencontre l'assentiment des Français,
de
façon très très large.
Et
je me battrai avec toujours, avant d'agir, une réflexion. C'est ce que je fais pour l'immigration,
avec
une stratégie qui consiste à une première ligne,
très
loin devant nos frontières européennes, avec des accords avec les pays de transit d'origine, les pays tiers. Ensuite, nos frontières extérieures, avec la renégociation que nous avons obtenue de la directive retour, et ensuite avec un dispositif français.
Thomas
Ménager, est-ce que j'ai raison de parler de concurrent ? Est-ce que vous le voyez comme un allié ou comme un redoutable adversaire, Bruno Retailleau ?
Bruno Retailleau permet de légitimer le programme du Rassemblement national, qui, depuis des années, dit un certain nombre de choses sur l'immigration, propose un certain nombre de mesures, et que le ministre de l'Intérieur en poste confirme la réalité, l'application possible de nos mesures, bien entendu, qu'il ne fait que légitimer ce que l'on dit. Après, le problème de Bruno Retailleau, ça peut être un porte-parole, ça peut être quelqu'un qui a du Marine Le Pen ou du Jordan Bardella dans le texte, je ne
vais
pas dire le contraire. Mais la vraie question, c
'est
est-ce que dans les actes, ça sera vraiment du Marine Le Pen et du Jordan Bardella, ou ça sera du Nicolas Sarkozy ? Et c'est un ancien UMP qui vous le dit, c'est
-à
-dire que c'est une
déception d'avoir des personnes qui
montent les muscles et
qui, au final, ne sont pas là. – Ça veut dire quoi, c'est une que
la Sarkozy ? Ça veut dire qu'en gros, on dit des
choses… – On parle de
Karcher, mais derrière,
il ne se passe rien. – C'est le
Karcher et au final, ça sera le filet d'eau tiède. Le vrai sujet,
il
est là. C'est qu'il en fait tellement trop que je pense que, dans les faits, on risque d'être très fortement déçus parce que les Français attendent énormément de fermeté sur cette question et je pense que Bruno Retailleau, premièrement, n'a peut-être pas la volonté politique et, deuxièmement, le gouvernement, dans sa globalité, notamment avec le ministre de la Justice, M. Mingo, n'est absolument pas aligné sur les positions de M. Retailleau. Voilà les deux raisons qui font que je suis, malheureusement, pas forcément optimiste sur sa capacité à
agir.
– C
'était une ligne rouge le fait qu
'on
présente une loi émigration au premier trimestre 2025. Sur cette présentation, normalement, vous êtes servi. Si le projet tel qu'il est, décrit par Bruno Retailleau, c'est reprendre le dernier, celui de l'année dernière, notamment avec tout ce qui a été invalidé par le Conseil constitutionnel pour des raisons de forme, pas forcément de fond, est-ce que ça, vous direz, ils
sont
courageux et on vote
? –
Bien entendu. Si ça reprend tous les dispositifs que nous avions votés la dernière
fois… – Vous n'allez pas chercher un truc qui n'est pas présent en disant… – On l'a voté la loi
émigration, on montre bien à chaque fois que dès lors qu'on est d'accord, on ne cherche pas à trouver des excuses et à se dérober, dès lors qu'on est d'accord, que ce soit sur l'abrogation tout à l'heure de la réforme des retraites avec la gauche ou que ce soit sur la loi émigration avec le boxe central, nous l'avons voté, parce qu'on essaie d'être cohérent, clair avec nos électeurs.
– Vous discutez avec Bruno
Retailleau et avec LR un peu… – Vous êtes reçu à bout de
temps ? – Vous savez,
on discute avec l'ensemble des ministres, c'est le rôle de l'opposition de porter nos propositions, d'aller les défendre, de faire pression sur ce gouvernement pour que le projet qu'il développe soit le plus proche des besoins des Français et le plus proche des engagements qu'on a pris devant les Français. Donc on le fera après, attention sur la loi émigration. Seule chose qui nous inquiète, c'est la reprise de ce qu'on a appelé les cavaliers législatifs, donc les éléments de forme qui avaient été empêchés par le Conseil constitutionnel, il n
'y
aura pas de souci. –
Il y aura d'autres qui
pourront être cassés par le Conseil constitutionnel. –
Ça, c'est un autre sujet, parce que dans tous les cas, on le sait, on le dit, il faudra, si on veut vraiment changer le concept et la
situation,
une réforme constitutionnelle par référendum, ce que souhaite M. Barnier, qui ne souhaite pas enclencher aujourd'hui de ne pas le demander au Président de la République, nous le regrettons, mais l'inquiétude qu
'on
peut avoir, c'est la volonté de transposer dans la loi les éléments issus du pacte d'immigration, notamment le fait que l'on perd une partie de notre souveraineté en
nous imposant d'accueillir… – Alors du pacte d'asile et
d'immigration, qui vient de l'Europe ?
– Qui vient de l'Europe, et qui nous impose d'accueillir des migrants.
–
C
'est
deux
textes à
part, il y aura trois textes au pied au total. – S'il
y a deux textes, ça sera très clair, nous voterons contre ceux qui transposent et qui nous obligent à répartir dans les villages et les villes de France sans nous laisser le choix des migrants, et qui nous imposent 20 000 euros par migrant d'amende si nous refusons, si la France refuse, et si c'est la Commission européenne qui prend la main sur notre politique migratoire et nos frontières, mais nous voterons en faveur, bien entendu, de tout ce qui va dans le sens de plus de fermeté et qui reprend les dispositifs que nous avions votés l'an dernier.
– Alors on aimerait en avoir un petit peu plus à présent sur le nouveau plan Matignon, s'il devait y avoir des nouvelles élections législatives. C'est vous, Thomas Ménager, les Français ne le savent pas forcément, qui êtes chargés de vous en occuper de ce nouveau plan Matignon. Alors avec Julien Audoul, un autre député, vous devez trouver et recruter les futurs candidats en cas de nouvelle dissolution, ce dont on parlait en début d'émission. Alors des candidats qui ne soient pas racistes,
qui
ne soient pas antisémites, qui ne soient pas homophobes, qui ne soient pas incompétents, vous allez les trouver où, tous ces candidats ? –
Je
peux vous dire qu'avec 100 000 adhérents, le Premier Parti de France a ces candidats, il faut aller les chercher, les trouver, les former. Les cas que vous avez évoqués,
–
Qu
'est
-ce qui
s'est passé il y a
trois mois alors ? – Ces cas qui étaient résiduels ont donné lieu à des exclusions puisqu'ils n'étaient pas conformes, à qui on a retiré même les investitures en cours d'élection. Nous, nous avons accepté, et Jordan Barilla l'a dit, qu'il y avait eu un certain nombre d'erreurs au moment de ces élections législatives, même si ça a été quand même une belle victoire, 11 millions de voix et le premier groupe, et on le voit au moment du budget, à quel point nous avons un poids politique dans cette Assemblée. – Mais
vous aviez déjà les
100 000 adhérents.
–
Non, non, non, on en a gagné quand même énormément. Le sujet, c'est qu'il y a eu une dissolution, et nous l'avons avoué, qui arrivait plus rapidement que prévu. Il y avait eu 80% des candidats qui avaient été investis, et c'est sur les 20% qui ont été investis en 48 à 72 heures, où il n'y a pas eu d'audition préalable, et où il y a eu des erreurs de casting, que nous assumons, parce que quand on aspire à gouverner, il faut avouer ses erreurs, les reconnaître, et travailler pour, parce que les Français attendent qu'on ait cette majorité, et on va mettre tout en
place pour le faire.
– Et c'est quoi ce qui vous guide ? C'est la professionnalisation ? Parce qu'il n
'y a
pas que des gens qui ont dérapé, ou plus que dérapé, il y
a
aussi des gens qui n'y connaissent rien. Enfin, il n
'y a
pas que chez vous d'ailleurs. –
Plus j'ai bien compétente pour les personnes
qui
ne connaissent vraiment rien. – Est-ce que vous cherchez des gens
qui aient des compétences dans un certain nombre de domaines, pour pouvoir exercer normalement leur fonction de député ? C'est quelque chose de compliqué de voter les lois, il faut quand même avoir une... Est
-ce que c'est ça que vous cherchez ?
–
Oui, mais il y avait énormément de profils de ce type, compétents, qui étaient aussi habitués à parler devant les médias, et il y en a d'autres qui sont issus notamment de la société civile, et on l'avait vu au moment de 2017, où c'était arrivé aussi à Emmanuel Macron, où on avait vu un certain nombre de ratages
en direct. – Ah mais oui, mais d'accord. –
Eh bien, il faut que nous, on passe à une étape de professionnalisation et surtout de formation, parce que comme on n'est pas un parti d'apparat chic, mais on repose sur la France, dans toute sa diversité, avec des personnes qui ont des métiers différents, qui sont enseignants, qui sont ouvriers, qui sont artisans, qui sont docteurs, mais ce
n
'est pas des personnes qui sont forcément habituées à aller parler devant un plateau et à défendre un programme
public, et donc il faudra les former. – C'est le
problème de la télé, c'est le problème de
comprendre
un certain nombre de
choses. –
Oui,
mais
ça reste, malheureusement, ça nécessite d'être formé, de faire de la politique, et même si ce sont des gens qui ont des convictions, qui ont envie de défendre la France, il faut qu
'on
leur donne aussi les moyens de le faire, de la manière la plus efficace possible, au quotidien, devant la presse et sur le terrain. –
Donc aménager, vous disiez à l'instant que vous acceptiez de reconnaître vos erreurs de casting. Est-ce que Christine, en grand, a été une erreur de casting ? Est-ce que vous l'avez retrouvée, cette députée, qui a mélangé ses frais de représentation avec ses frais personnels, qui a longtemps conduit avec un permis, pardonnez-moi, invalide ? Elle ne s'est pas présentée à la convocation du bureau du Rassemblement national, et aujourd'hui, le Rassemblement national nous dit qu'on ne sait pas où elle est. Elle est malgré tout députée.
– Elle est aujourd'hui en arrêt maladie, donc vous savez, en France, on ne peut pas non plus, sans procédure contradictoire, prendre une décision la concernant, sachant qu'elle ne vient pas aux convocations, comme vous l'avez très bien dit, mais nous avons pris, nous, la décision de la convoquer. Il y aura une décision dès lors que la procédure contradictoire sera passée. Donc nous avons pourri, bien entendu, pleinement à bras-le-corps ce problème, et c'est vrai que, et on la laissera se défendre,
mais
si les propos et les éléments qui ont été révélés sont conformes, il y
aura,
bien vraisemblablement, une sanction, mais je ne
peux pas précager au
préalable,
ce
qui peut aller jusqu'à l'exclusion, bien entendu. Ça, ça sera une décision qui devra être prise par le bureau du groupe. –
Un mot sur le procès pour emploi fictif de plusieurs collaborateurs du RN au Parlement européen. Est-ce que vous redoutez pour Marine Le Pen une sanction d'inéligibilité ?
–
Non, je vous le dis sincèrement, on est très sereins, très sereins parce qu'on croit en l'innocence de Marine Le Pen, en sa défense, et on ne peut pas croire qu'il y aurait une décision qui ne serait pas en droit et qui serait une décision politique. Donc aujourd'hui, vous savez, moi je suis détenteur d'une partie du pouvoir législatif, j'ai tendance à ne pas commenter des décisions judiciaires en cours et un procès en cours.
– Non mais ça va bouleverser votre
parti si
jamais Marine Le Pen… – Oui mais pour le
long,
on
ne fait pas de politique fiction, on n'est absolument pas dans cet état d'esprit, Marine Le Pen est sereine,
on est sereine. – Ces collaborateurs
ont du mal à se justifier, à s'expliquer ? – On ne va
pas faire
le procès
ici, ça
sera
au juge de le décider. –
C'est quoi l'échéance ? On sera fixé quand ? Puisque notamment l'inéligibilité pourrait perturber quand même l'avenir de la politique française. C'est quoi les dates ? –
Vraisemblablement, vous le savez peut-être mieux que moi, je crois que c'est au mois de mars qu'il y aura un délibéré. Vraisemblablement, mais je n
'ai
pas plus d'informations, je
n'ai pas de lien direct avec les
juges. –
Et
si elle est déclarée inéligible, ça s'applique tout de suite ?
–
Je n'ai pas les...
– Est-ce que l'on appelle les juifs concifs ? – Je ne suis pas dans cet état d'esprit du tout, Mme Saint-Cricq. Je ne vois pas comment
quelqu'un en France pourrait être déclaré inéligible, comment la première personnalité, celle qui est la mieux placée pour 2027, et alors même qu'elle est innocente, puisse être déclarée inéligible. Je ne
suis
absolument pas dans cet état d'esprit.
–
Merci Thomas Ménager.
Thomas Ménagé