Intervention de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale (19 mai 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13Invité politiqueChiffre
« la France avec l'Espagne, l'Italie est un des pays qui a connu le plus de victimes alors que des pays comme la Pologne ont eu 20 fois moins de victimes par habitant. »
- 0:37Invité politiqueFait
« 'ai entendu le Premier ministre lors de la conférence de presse parlant du déconfinement nous indiquer qu'il fallait maintenant revenir au nombre de lits de réanimation qui existaient avant la crise de 5000 lits. »
- 1:07Invité politiqueFait
« la représentation nationale et le pays auraient tort de croire que l'hôpital a tenu comme le répète le gouvernement car en vérité il a tenu parce que de très nombreuses personnes âgées ont été refusées de soins à l'hôpital. »
- 1:26Invité politiqueFait
« La presse allemande qui a rappelé que dès le mars en Alsace et le chef des urgences de Mulhouse le disait, il a été obligé de refuser les patients au-dessus de 75 ans. »
- 1:37Invité politiqueFait
« Le canard enchaîné qui a rappelé une note de l'ARS d'Ile-de-France indiquant clairement qu'il fallait prendre en compte l'âge dans les critères d'admission à l'hôpital. »
- 1:49Invité politiqueFait
« une enquête très documentée hier du journal Marianne qui montre avec des témoignages des EHPAD qui montre que les personnes âgées au-delà de 70 ans ont été pendant quelques semaines en Ile-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est, refusées. »
- 2:58Invité politiqueChiffre
« Un rapport de l'OCDE très précis, de 2019, montre qu'il y a en France 3,1 lits de soins aigus pour 1000 habitants, quand il y en a 6 en Allemagne, 7,1 en Corée, 7,8 de mémoire au Japon. »
- 3:41Invité politiqueFait
« ces lits de réanimation ont été réduits au fil du temps, des hôpitaux ont été fermés. »
- 3:56Invité politiqueFait
« des personnes de 70 ans, 75 ans, qui ont été refusées, auraient pu être réanimées et auraient pu être sauvées. »
- 4:02Invité politiqueFait
« C'est la secrétaire générale qui le dit hier dans le journal Marianne du syndicat des EHPAD de France. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan96 %
- ?4 %
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Monsieur le Président, Madame la Ministre, ma question porte sur les leçons à tirer de la débâcle sanitaire que nous avons connue malheureusement dans notre pays avec un record de victimes.
Je
rappelle que la France avec l'Espagne, l'Italie est un des pays qui a connu le plus de victimes alors que des pays comme la Pologne ont eu 20 fois moins de victimes par habitant. Et je ne parle même pas des pays du sud-est asiatique, je ne parle pas d'Israël et je ne parle pas de la Russie. Cela veut dire qu'il y a eu des failles béantes. Moi je voudrais insister sur les leçons que l'on peut tirer de ces failles, notamment celles des services de réanimation.
J
'ai entendu le Premier ministre lors de la conférence de presse parlant du déconfinement nous indiquer qu'il fallait maintenant revenir au nombre de lits de réanimation qui existaient avant la crise de 5000 lits. Et là j'avoue que je fus stupéfait. Stupéfait pourquoi ? Parce que dire que l'hôpital a tenu c'est faux.
Il
a tenu oui grâce au dévouement exceptionnel des personnels soignants, médecins, aides-soignantes, infirmières, anesthésistes, ambulanciers qui ont fait des miracles. Cependant,
la
représentation nationale et le pays auraient tort de croire que l'hôpital a tenu comme le répète le gouvernement car en vérité il a tenu parce que de très nombreuses personnes âgées ont été refusées de soins à l'hôpital.
Ce
qui a été caché pendant des semaines par le gouvernement apparaît aujourd'hui grâce à des témoignages courageux. La presse allemande qui a rappelé que dès le mars en Alsace et le chef des urgences de Mulhouse le disait, il a été obligé de refuser les patients au-dessus de 75 ans. Le canard enchaîné qui a rappelé une note de l'ARS d'Ile-de-France indiquant clairement qu'il fallait prendre en compte l'âge dans
les
critères d'admission à l'hôpital. Et puis une enquête très documentée hier du journal Marianne qui montre avec des témoignages des EHPAD qui montre que les personnes âgées au-delà de 70 ans ont été pendant quelques semaines en Ile-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est, refusées.
Alors,
quand dans un pays qui a le plus fort taux de prélèvement obligatoire,
des
dépenses de santé, un hôpital structuré, un dévouement incroyable des personnels de santé, on en arrive sur le simple critère de l'âge à laisser mourir nos concitoyens, on doit s'interroger, on doit rechercher les coupables et les responsables et on doit surtout prendre les mesures pour que cela ne se reproduise pas.
Voilà
pourquoi
je
vous demande, Madame la Ministre, quelles sont les réelles intentions du gouvernement ? Est-ce vraiment,
comme
le Premier ministre l
'a
dit, de revenir à 5000 lits de réanimation seulement, alors qu
'on
sait pertinemment aujourd'hui que si en Suisse, en Allemagne, en Corée, au Japon, il y a eu beaucoup moins de morts, 4 à 5 fois moins de morts en Allemagne, c'est parce qu'on avait gardé dans ce pays un réseau d'hôpitaux de proximité avec le nombre de lits de réanimation et de soins aigus nécessaires.
Un
rapport de l'OCDE très précis, de 2019, montre qu'il y a en France 3,1 lits de soins aigus pour 1000 habitants, quand il y en a 6 en Allemagne, 7,1 en Corée, 7,8 de mémoire au Japon. Cela veut dire que la question majeure, outre les cafouillages scandaleux dont vous devrez rendre compte sur la gestion des masques, la gestion des tests, etc., etc., l'un des critères majeurs de la capacité à affronter cette crise, c'est le bon dimensionnement
des
services de réanimation. Or, ces services, sous la pression de décisions des gouvernements précédents, mais aussi du vôtre, sous la pression de la gestion bureaucratique des ARS, qu'a rappelé mon collègue Évrard, que tout le monde reconnaît, ces lits de réanimation ont été réduits au fil du temps, des hôpitaux ont été fermés. Et voilà le résultat. 10 000 morts dans les EHPAD, alors que certains, pas tous, bien sûr, les plus âgés, n'auraient pas pu être réanimés, mais en revanche, des personnes de 70 ans, 75 ans, qui ont été refusées, auraient pu être réanimées et auraient pu être sauvées. C'est la secrétaire générale qui le dit hier dans le journal Marianne du syndicat des EHPAD de France.
Alors, ma question est très simple. Est-ce que vous allez enfin prendre conscience
des
dégâts de votre politique ?
Est
-ce que vous allez renoncer au plan de fermeture des ARS ? Je pense à mon département de l'Essonne, où il y a toujours le projet de fermeture de trois hôpitaux. Je pense dans le Grand Est. Je pense à cet entêtement des ARS et de votre gouvernement à vouloir fermer des hôpitaux toujours. Est-ce que vous allez même en rouvrir
? Monsieur
Dupont, il
faudrait
une réponse, parce que la
ministre n'aura qu'une
minute pour répondre. Est-ce que vous souhaitez en rouvrir ? J'ai proposé notamment la réouverture du Val-de-Grâce, qui aurait pu permettre d'accueillir des malades. La question est très précise. Allez-vous rester à 5 000 litres de réanimation ou remonter à 10 000 pour égaler la loi ? Merci beaucoup, Madame la ministre.
Vous
avez la parole. Merci, Monsieur le Président. Monsieur le député, je pense que votre question est très large et qu'elle n'appelle pas de réponse aujourd'hui. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan