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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 25 juin 2025 3 min

La langue française est-elle le fruit de la «créolisation» ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La langue française est déjà elle-même en résultat de créolisation. La créolisation n'est pas une dissolution de ce qui la précède. La créolisation est notre maître mot.

C'est ce qu'a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors d'un colloque sur la francophonie à l'Assemblée nationale le 18 juin dernier. Le triple candidat de la France insoumise à la présidentielle a une nouvelle fois défendu la créolisation mais cette fois appliquée à la langue française. Et je préférerais qu'on dise que nous parlons tous le créole parce que ça nous arrangerait mieux que de dire que nous parlons français car cela sera sans doute plus vrai.

Mais la langue de Molière est-elle vraiment le fruit d'une créolisation ? L'expression, probablement un emprunt direct au portugais apparaît en 1688 avant d'être reprise au 19e siècle. Notons que le mot créole, sans précision désigne un créole français, langue nationale au séchell, à Maurice ou en Haïti et langue maternelle de la grande majorité des Antillers.

Jusqu'à la fin du 19e siècle, les créoles ne sont pas reconnus comme de véritables langues et sont considérés comme une altération du français, de l'anglais, du néerlandais, du portugais ou de l'espagnol. On a cru longtemps et peut-être Mélenchon le croit-il encore que le créole était du français à Battardi. Ce sont des langues à part entière.

En faisant du français une langue de créolisation, il méprise ces langues-ci symboles de résistance. Alors, parler de créolisation est-il un contresens ? Les langues créoles, ce sont bien plus que des langues qui ont emprunté des mots étrangers à d'autres.

Ce sont des langues nées sur plusieurs substrats africains, en l'occurrence ceux des esclaves déportés en Afrique qui arrivaient dans les plantations. On arrivait à les dispersé, ce qu'il fait qu'il n'avaiit pas la possibilité de parler entre eux. Les maîtres communiquaient entre eux par des ordres, soit des verbes, soit des noms.

Petit à petit, ces mots de vocabulaire français se sont incorporés au français. Jean-Luc Mélenchon justifie son propos par le fait que le français a emprunté des mots à d'autres langues. Voilà pourquoi il y a tant de mots d'arabançais.

Il y en a 400. Il y en a 100 qui sont des mots russes, il y en a 400 en espagnol. Il y a de l'hébreux, il y a de tout dans la langue française et c'est bien normal et c'est tant mieux.

La langue arabe est la première invoquée par Jean-Luc Mélenchon. Notre lesséiste Sami Biassoni, auteur de malaise dans la langue française alors qu'en terme d'apport, elle arrive loin derrière le latin, le grec ancien et langue germaniques et l'italien. Il n'existe pas de langue absolument fermée sur elle-même.

Le fait que le français ait été renouvelé par des vocables venus d'ailleurs ne change rien à sa colonne vertébrale. Des forces extérieur qui ont nourri le français. Certes, il s'agit d'une simple dimension sans tripè.

Cet homme politique déteste l'idée d'une assimilation et il résume par conséquent le français à un 1000 feuilles avec un brassage équilibré alors qu'il va lui-même citer pompeusement des étymologies greques et latines. Il y a une hypocrisie absolue dans cette affaire. Au fond, les linguistes interrogés par le Figaro estiment que la créolisation revendiquée par Jean-Luc Mélenchon n'est qu'un étendard.

Ça ne l'embête pas de ne rien connaître à l'histoire des langues. Ce qui l'attaque, c'est le caractère fédérateur du français. On doit à tous ceux que l'on accueille une langue juste et forte.

Un homme politique de gauche devrait au contraire s'occuper de ceux qui souffrent de la pauvreté lexicale. Ça nous arriverait mieux que de dire que nous parlons français car