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InterviewSud Radio· 4 septembre 2024 22 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉducation & rechercheÉconomie & entreprises

Karim Bouamrane : "Je ne voterais pas la destitution d'Emmanuel Macron si j'étais député"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avez-vous beaucoup parlé de vous cet été ?

  • 0:30FerméeRéponse directe

    Êtes-vous membre du bureau national du PS ?

  • 1:00FerméeRéponse directe

    Emmanuel Macron vous a-t-il proposé de devenir Premier ministre ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Votre nom a circulé à cause des Jeux Olympiques ?

  • 4:00RelanceRéponse directe

    Les partis politiques sclérosent-ils la vie politique ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Le PS doit-il mettre l'intérêt général au-dessus des tactiques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Karim BouamraneFait
    « Je n'ai pas eu de proposition officielle. »
  • 2:00Karim BouamraneFait
    « Il y avait eu des échanges à plusieurs reprises avec ses conseillers, et surtout avec le président de la République. »
  • 4:00Karim BouamraneFait
    « Les chefs de file de LFI sont souvent des enfants d'aristocrates et de bourgeois qui veulent tuer le père. »
  • 7:00Karim BouamraneFait
    « Ce qui m'a profondément marqué, c'est l'absence de réaction de notre premier secrétaire. »
  • 8:00Karim BouamraneFait
    « Les chefs de file de LFI sont souvent des enfants d'aristocrates et de bourgeois. »
  • 9:00Karim BouamranePromesse
    « Je n'irai pas à manifester et je n'appelle pas à manifester pour le 7 septembre. »
  • 12:00Karim BouamraneFait
    « À Saint-Ouen, à partir de 22h, les mineurs n'ont plus le droit d'être dans la rue. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ce matin, notre invité est un nom que vous connaissez depuis cet été, mais vraiment. Karim Bouamran, bonjour. Bonjour M.

Bourdin. Pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup parlé de vous cet été.

Vous êtes le maire de Saint-Ouen. Vous êtes membre du Parti Socialiste. Est-ce que vous étiez hier soir à la réunion du PS ?

Au bureau national, non. Au bureau national, non, vous n'êtes pas membre du bureau national. Non, je n'étais pas, j'ai eu des retours.

J'y étais, mais je n'y suis plus. Vous n'y êtes plus. Karim Bouamran a beaucoup parlé de vous cet été, parce que le Premier ministre n'a toujours pas été choisi, parce qu'Emmanuel Macron cherche toujours.

J'ai l'impression qu'il est enfermé dans une nasse, d'ailleurs. Les jours passent, plus de 50 jours, toujours pas de Premier ministre. Est-ce que cet été, Karim Bouamran, le président de la République, vous a proposé de devenir son Premier ministre ?

Je n'ai pas eu de proposition officielle. Comme je l'ai dit, je n'ai pas fait acte de candidature. Non, vous n'avez pas fait acte de candidature, mais il ne vous a pas appelé pour vous proposer le poste.

Non, je n'ai pas reçu de SMS, de lettres, de courriers, de FedEx, me disant, cher Karim Bouamran, vous êtes conviés à devenir Premier ministre. En revanche, il y avait eu des échanges à plusieurs reprises avec ses conseillers, et surtout avec le président de la République, qui est venu à plusieurs reprises dans le cadre des Jeux Olympiques, dans le cadre de l'inauguration du village olympique. On discute politique.

Donc les échanges avec le président de la République ont toujours existé. Et concernant une proposition éventuelle en tant que Premier ministre, comme je dis tout le temps, M. Bourdin, je dis la vérité, rien que la vérité, mais si ça avait été le cas pour des raisons de respect et d'élégance, je ne l'aurais pas divulguée.

Bon, donc il n'y a pas eu d'appel. Les choses sont claires. Votre nom a beaucoup circulé.

Mais tout ça vient, ça. Tout ça parce que vous étiez ensemble au cours des Jeux Olympiques ? Je pense qu'il faudrait lui poser la question.

Mais concernant ce qu'on fait à Saint-Ouen, M. Bourdin, on a suivi, on a vu les Jeux Olympiques, on voit ce qu'on fait en termes de santé, en termes de logement, en termes de politique publique. On a vu la dernière sortie de M.

Le Maire à ce sujet, on aura peut-être l'occasion d'y revenir. On est dans une situation politique, vous l'avez évoqué, inédite. Au bout d'un moment, moins le qui, c'est le comment, le pourquoi et le quand.

Là, on rentre dans le dur. J'ai fait la rentrée scolaire hier, avant-hier dans ma commune. Les sujets, que ce soit à Saint-Ouen ou que ce soit au fin fond de Bessèges ou que ce soit au fin fond de Fort-Bac, c'est le nombre d'enseignantes et d'enseignants, c'est le pouvoir d'achat, c'est comment se soigner.

On l'a encore vu ce matin dans les différents rapports concernant les hôpitaux, c'est le nombre de policiers, c'est le rapport avec l'autorité, c'est le civisme. C'est ça dont il s'agit. Et moi, franchement, ce qui m'attriste, c'est le manque de responsabilité, aujourd'hui.

C'est le manque de responsabilité. Qu'on parle du qui pendant quelques jours. Très bien.

Et vous avez vu la rigolade que ça devient, là, aujourd'hui. Ça devient un ridicule. C'est pour ça que j'ai un appel à la responsabilité de toutes et tous.

C'est comment on arrive à sortir de ce bourbier au regard des élections. Le NFP, notre coalition politique, ma formation politique, le Parti Socialiste, est arrivé premier dans le cadre de ce NFP. C'est comment, tout de suite, on arrive à dégager des mesures pour améliorer la vie des gens.

Mais oui, mais même au NFP, vous n'êtes pas d'accord, Karim Bouhamran. Même au Parti Socialiste, il y a eu débat encore hier soir pendant 4 heures pour savoir si, éventuellement, on pourrait censurer ou ne pas censurer Bernard Cazeneuve. Les partis politiques sont en train...

Est-ce que les partis politiques ne sont pas en train de scléroser ? Bon, le président de la République a sa responsabilité lourde. Mais est-ce que les partis politiques, ses ambitions pour 2027, ne sont pas en train de scléroser et de figer la vie politique française ?

Je pense qu'aujourd'hui, il commence à y avoir un ras-le-bol global qui, s'il n'y a pas une prise de responsabilité générale de tout le bloc républicain, peut conduire notre pays au fond de l'abîme. Au fond de l'abîme sur le plan économique, sur le plan culturel, sur le plan social, sur le plan écologique. La question que vous posez, elle est très frontale.

Elle est claire, elle est nette, elle est précise. Est-ce qu'aujourd'hui, les partis politiques doivent se ressaisir et mettre au-dessus des intérêts tactico-tactiques, pour reprendre une expression footballistique, le sens de l'État, être serviteur de l'État, l'intérêt général ? Si on a des différences, heureusement qu'on a des différences, M.

Bourdin, sans ça, on serait LR, on serait centriste, ou on serait liotte, ou on serait membre de la majorité présidentielle. Nous sommes socialistes. Et dans cette coalition, il y a des militantes et des militants insoumis, il y a des membres de LV, d'Europe Écologie Les Verts, il y a des communistes, il y a des radicaux de gauche.

Comment derrière, on arrive à se dire, nous sommes arrivés premiers, et nos électrices et nos électeurs ont exprimé une demande de mesures sociales ? Mais ça veut dire, Karim Bouaman, qu'à gauche, on ne doit pas avoir peur d'une coalition ou de compromis. C'est ce que vous dites.

Ah, c'est ce que je dis depuis le début. Moi, qu'est-ce que je dis depuis le début, M. Bourdin ?

C'est très clair. Je dis, je rêverais, je rêverais que notre programme, Nouveau Front Populaire, soit 100% appliqué. Est-ce que, au regard...

Mais c'est impossible. Exactement. 1 plus 1, ça fait 2, 2 plus 2, ça fait 4.

Est-ce que, en disant, c'est des faits arithmétiques, en disant cela, est-ce que ça fait de nous des complices du bilan d'Emmanuel Macron ? Absolument pas. Est-ce que nous combattons toutes les mesures libérales qui auraient pu être prises par Emmanuel Macron ?

Oui. Est-ce que, derrière, nous souhaitons que des mesures sociales en urgence soient votées au plus vite ? Oui.

Comment on fait ? Soit on est en capacité d'avoir un gouvernement 100% Nouveau Front Populaire et en négociant mesure par mesure avec le Parlement. C'était la proposition de Mme Castet, dont acte.

Il aurait fallu essayer. C'est dommage, c'est regrettable. Vous avez dit, vous avez soutenu, à un moment donné, Mme Castet.

Sa démarche était louable, était bonne le 23 août. Sauf qu'elle disait, sous la pression peut-être d'Alefi, toutes les mesures du NFP, rien que les mesures du NFP. Si vous me permettez, elle avait eu un petit bouger.

Souvenez-vous, souvenez-vous, légèrement bouger le 23 août en disant au président de la République « Faites-moi confiance, M. le Président, je viens avec un gouvernement de cohabitation, 100% Nouveau Front Populaire, et je serai en capacité de faire voter mesure par mesure avec les différents parlementaires. » Mais elle a été remise à l'ordre par LFI tout de suite.

C'est vrai ou faux ? Il faudra lui demander. Non, non, mais...

Je pense qu'elle a été rattrapée par la patrouille des Insoumis sur le thème « Le programme, rien que le programme ». Et c'est là où, comme dirait Shakespeare, la démarre l'embarras. Parce qu'au bout d'un moment, lorsqu'on parle du comment et du quand et de quel type de mesures, ça devient nécessaire et ça devient urgent.

Vous avez vu la rentrée scolaire ? Oui, j'ai vu. Oui, j'ai vu.

Le nombre d'enseignantes et d'enseignants criants ? Des problèmes dans votre commune ? Dans ma commune, on n'a pas eu de sujet.

En revanche, dans notre département, oui. En Ile-de-France, oui. Mais ma lecture du sujet éducation nationale, elle n'est pas au travers du prisme local-local.

C'est aujourd'hui démocratiser l'excellence républicaine, c'est dans toute la France. Aujourd'hui, le sujet, lorsqu'on est au fin fond de la France ou au fin fond de la Sainte-Saint-Denis, au fin fond du Nord, c'est comment s'assurer que derrière chaque classe, il y ait un enseignant. C'est comment s'assurer que les enseignantes et les enseignants puissent bénéficier d'un pouvoir d'achat digne de ce nom.

Nous sommes la France, et la France, c'est démocratie de l'excellence républicaine. Alors, avant de revenir sur ces sujets, et notamment sur ce que vous faites à Saint-Ouen, et ce qu'il faudrait faire, Karim Boamran, je voudrais quand même avoir votre sentiment. Vous avez été sifflé à l'initiative de Clémentine Autain lors des dernières universités PS.

Ça vous a fait mal, j'imagine, non ? Ce qui m'a fait du bien, déjà, c'est tout le soutien des militantes, des militants, des héros de la République, des défenseurs de la République. Vous savez, M.

Bourdin, moi, ce n'est pas ma façon de faire de la politique. Jeter en pâture des camarades, surtout quand on est dans une réunion de socialistes, ce qui m'a profondément touché, ce qui m'a profondément marqué, c'est l'absence de réaction de notre premier secrétaire. Il aurait été appréciable que tout de suite, ces propos soient stigmatisés, condamnés, en expliquant que, c'est le fameux, que nul d'entre ici, ce n'est pas géomètre de Platon.

On peut avoir une vision nuancée en termes de méthode, et ne pas être condamné, ou...

D'autant plus qu'à plusieurs reprises, comme vous l'avez rappelé, M. Bourdin, j'ai toujours été clair dans ma démarche. J'ai toujours dit qu'en tant que socialiste, je soutiens le nouveau Front populaire, et le nouveau Front populaire, c'est ma coalition.

Je n'ai jamais émis une seule seconde l'idée de dire « je serai le Premier ministre d'Emmanuel Macron pour poursuivre sa politique ». Oui, mais vous avez quand même émis de sévères critiques à l'encontre de la France insoumise. Est-ce que le PS sert de carpette à la France insoumise ?

À Jean-Luc Mélenchon. Les critiques que j'avais émises...

Vous voulez que je lise ? Allez-y, allez-y. Je vais lire, je vais lire.

Très bien. Les chefs de file de LFI sont souvent des enfants d'aristocrates et de bourgeois qui veulent tuer le père et se chargent de distribuer les bons et les mauvais points de gauche. Je suis surtout très inquiet de voir comment leur capacité à communautariser le pays au travers du prisme ethnico-religieux fragilise le ciment républicain.

Et je ne vais pas lire tout le reste, mais vous êtes très sévère avec LFI. Je suis très sévère, non pas à l'endroit des électrices et des électeurs de LFI qui, au travers de leur vote, expriment une espérance et un espoir pour plus de social. Je suis très sévère à l'encontre de certaines et certains qui, comme vous, comme moi, ont une filiation forte avec le peuple et qui subissent des distributions de bons et de mauvais points.

Un, c'est insupportable. Et j'en ai encore vu et subi les conséquences lors des universités d'été de Blois. Premièrement.

Deuxièmement, ce que je ne supporte pas, mais vraiment, et c'est dans mon ADN politique, je ne supporte pas l'irresponsabilité de certains, certains responsables politiques LFI dont l'angle politique est de communautariser et de monter les communautés les unes contre les autres. Les juifs contre les musulmans, les croyants contre les non-croyants, les blancs contre les noirs. Ce n'est pas ma conception de la République.

Ce n'est pas ma conception de la République de monter les communautés entre les genres, entre les profils, entre les territoires. Ma conception de la République, et c'est pour ça que je suis progressiste et c'est pour ça que je suis socialiste, c'est des valeurs universelles, c'est des principes républicains. Et la laïcité ?

C'est un principe républicain, la laïcité. Quand on parle de valeurs républicaines, c'est liberté, égalité, fraternité, sororité. Et lorsqu'on parle de principe, c'est une démocratie sociale, unie, indivisible et évidemment laïque.

Oui, évidemment laïque. Ce que vous faites respecter dans votre commune. Absolument, c'est les principes consubstantiels de notre pays.

Bien, la destitution d'Emmanuel Macron, parce que la France insoumise propose cette résolution, elle a été déposée pour avoir recours à l'article 68. Est-ce que vous la voteriez si vous étiez député ? Absolument pas.

Absolument pas. Lorsqu'on parle d'être républicain, ma conception de la République, ce n'est pas de destituer un président parce que je suis totalement en désaccord ou majoritairement en désaccord avec ce qu'il porte. Ce n'est pas ma conception de la République.

C'est la raison pour laquelle je n'appellerai pas à voter le 7 septembre et pour moi...

Vous n'irai pas, oui, à manifester, à voter, à manifester, à manifester le 7 septembre ? Je n'irai pas, absolument. Vous n'irai pas ?

Je n'irai pas à manifester et je n'appelle pas à manifester pour le 7 septembre. En revanche, ce que j'appelle, c'est trouver rapidement les chemins du compromis pour éviter que notre pays sombre au fond de l'abîme. Il est temps là, il y a urgence.

Il y a urgence, il y a urgence. Regardez les différentes études de M. Bourdin qui sortent.

Oui. Le ras-le-bol. Le ras-le-bol.

Le ras-le-bol. L'anxiété. Je disais encore une étude ce matin, la France explose, les Françaises, les jeunes Françaises et les jeunes Français explosent la consommation d'antidépresseurs.

Je vois le manque de perspective, le manque d'espoir. Comment on écrit un récit collectif si ce n'est pas un manque d'espoir, si ce n'est pas le goût du bonheur ? Vous avez vu la parenthèse qu'on a pu avoir pendant les Jeux Olympiques ?

Le lien entre la police, la population, les jeunes, les moins jeunes, les retraités, les touristes. On avait la fierté d'être Français. Et là, on retombe dans cette espèce d'anxiété partagée.

C'est pour ça que j'ai un appel à la responsabilité des politiques. Et vous l'avez évoqué tout au début de l'émission, M. Bourdin.

Au bout d'un moment, les responsables politiques doivent prendre leurs responsabilités. Est-ce qu'on continue dans un schéma ou dans un agenda tactique, électoraliste ? Je me positionne, je fais mes sorties en fonction de 2027, en fonction de 2026, en fonction de mon petit calendrier personnel.

Moi, ce qui m'importe aujourd'hui, parce que, honnêtement, M. Bourdin, j'aurais pu la jouer, comme on dit dans le milieu épique, placée. Je suis maire, je suis vice-président du département, je suis président de la société du Grand Paris, société du Grand Projet.

Le travail que nous faisons dans notre territoire est très bon. On a un très bon retour. Les Jeux Olympiques furent un succès.

Mais là, c'est le sens des responsabilités. Ça me fait mal, ça me fait mal, ce que je vois. Mais Karim Bouhamran, vous savez pourquoi, à gauche, beaucoup ne vous aiment pas ?

Parce que vous avez travaillé dans la silicone ? Parce que vous avez travaillé dans la Silicon Valley ? Parce que vous avez gagné de l'argent à une époque de votre vie, dans cette activité ?

On n'aime pas ça, vous avez réussi professionnellement, Karim Bouhamran. C'est faux, ou vrai, ce que je dis ? Moi, je ferais un principe de reversibilité, M.

Bourdin. C'est pourquoi des parcours comme le nôtre peuvent incarner et peuvent inspirer ce que devrait être la République. Lorsqu'on est fils d'ouvrier, fils d'agriculteur, lorsqu'on est en France, grâce à la République, grâce à l'école, grâce à l'éducation, grâce à la démocratisation de l'excellence, on peut être l'architecte de sa propre vie.

C'est grâce à la République que vous avez réussi ? Oui, c'est grâce à la République, c'est grâce à mes parents, c'est grâce à l'éducation, c'est grâce à mon environnement. Je vais vous donner un exemple très concret de ce qu'on fait à Saint-Ouen, par exemple.

Lorsqu'on inaugure trois nouvelles d'école, 60 millions d'euros. Donc, un petit passage, merci M. Le Maire, parce que derrière, lorsqu'on nous stigmatise et on condamne les collectivités territoriales, très concrètement, elles participent au ciment républicain.

Lorsqu'on contribue à faire en sorte qu'on ait un partenariat avec Rio, avec Los Angeles, pas plus tard qu'avant-hier, j'étais au collège Joséphine Baker de Saint-Ouen, pour faire des passerelles avec un collège de Los Angeles. Dites-moi, c'est extraordinaire, Saint-Ouen jumelé à Los Angeles, mais comment avez-vous fait ? C'est votre passé dans la Silicon Valley qui vous a permis ça ?

C'est la volonté de, vous savez, à Los Angeles, c'est Rio de Janeiro, c'est capacité, capacité à donner des perspectives fortes pour toute une génération et ne pas les brimer, ne pas les brider et les brimer. Leur donner la possibilité de se dire, avec un accompagnement du service public fort, tout est possible. Le côté, lorsqu'on veut, on peut, j'y crois pas.

C'est lorsqu'on veut, on peut pas toujours. Et lorsqu'on veut, le service public doit nous accompagner, doit vous accompagner. Mais Karim Ouamran, on vous reproche, vous le savez bien, d'avoir réussi.

Certains vous reprochent d'avoir réussi. J'aimerais bien savoir le profil de toutes celles et ceux qui nous font le reproche de réussir. Et c'est quoi la réussite ?

Est-ce que c'est subir ? Choisir sa vie ? Moi, j'ai jamais voulu subir ma vie.

Et ce que je souhaite, et quand je me déplace directement dans les écoles, les tout jeunes, la première question que je leur pose, c'est, qu'est-ce que vous voulez faire ? Qui veut être maire ? Qui veut être président de la République ?

Qui veut être astronaute ? Qui veut être avocat ? C'est leur donner des perspectives, comme quoi c'est possible à partir du moment où on développe l'estime de soi, et on se donne des perspectives.

Mais pour cela, il faut un environnement sain. Le logement, l'éducation, la démocratisation de l'excellence, la culture, les infrastructures sportives. Et ça, c'est porté par qui ?

Les collectivités territoriales. C'est pour ça qu'on a été foncièrement...

J'ai été plus blessé par les déclarations de Bruno Le Maire que celles de Clémentine Autain. Clémentine Autain, pour moi, ça renvoie à une façon de faire de la politique, qui est de stigmatiser la différence, parfois. Mais Bruno Le Maire, en tant que ministre des Finances, qui est en train de plonger la France au fond de l'abîme, et dont la première attitude, la première réaction, est de stigmatiser les collectivités territoriales, gauche ou droite.

Quand je discute avec des maires de droite au fin fond des Cévennes ou au fin fond de la Vendée, quand je discute avec mes collègues maires droite ou gauche, quand je discute avec David Vissnard, discutez avec lui, vous allez voir ce qu'il va me dire. La première barrière de corail pour lutter contre les inégalités, ce sont les maires, ce sont les présidents de départements, ce sont les présidents de...

Un gouvernement de maire, ça serait une bonne idée, non ? Vous avez vu que lorsqu'il y a eu un maire, un Premier ministre maire, en l'occurrence, lorsqu'il était Jean Castex, c'était...

Surtout, il parlait maire. On peut avoir des nuances, on peut avoir une vision parfois différente, une vision sensiblement différente, mais il était ancré dans le territoire. Et quand vous dites parler vrai, parlons vrai, qu'est-ce qui vous caractérise, vous, M.

Bourdin ? Vous savez ce que c'est prendre le métro ? Vous savez ce que c'est discuter avec des supporters ?

Vous savez ce que c'est discuter avec des journalistes ? Je pense que ce qui manque aujourd'hui, il y a une bonne partie de la classe dirigeante politique. Et ce n'est pas d'être populiste que de dire cela, c'est d'être totalement en adéquation.

Lorsque vous dites par les maires, les maires ont un sens de la responsabilité. Comme l'évoquait le chroniqueur juste avant que j'arrive en plateau, les maires doivent voter des budgets à l'équilibre. Ils doivent voter des budgets à l'équilibre.

Sans ça, vous tombez sous la tutelle du préfet. Les maires sont en frontale avec la réalité. La violence conjugale, le gamin qui n'a pas...

La sécurité, la violence des mineurs, absolument. La délinquance des mineurs. D'ailleurs, à Saint-Ouen, à partir de 22h, les mineurs n'ont plus le droit d'être dans la rue.

C'était un arrêté qu'on avait pris. Vous l'aviez pris ? On l'avait pris.

Vous l'avez regretté ? Absolument pas. Ça a été efficace ?

Ça a été efficace. Mais l'efficacité, elle n'est pas uniquement au travers de l'arrêté. L'efficacité en termes de sécurité, elle est multifactorielle.

C'est de la prévention. C'est du répressif. C'est la qualité de vos logements.

C'est travailler avec les bailleurs. C'est travailler avec la justice. C'est travailler avec le ministre de l'Intérieur.

Est-ce que ça fait de moi, entre parenthèses, un pro de la politique d'Emmanuel Macron en travaillant avec le ministre de l'Intérieur ? Absolument pas. Ça fait quelqu'un qui est foncièrement de gauche parce que les personnes qui sont victimes d'insécurité sont souvent les classes populaires et les classes moyennes.

Et je n'ai aucun tabou sur les questions d'autorité, de respect, de civisme et de sécurité. J'ai trois questions avec des réponses courtes, s'il vous plaît. Le village olympique à Saint-Ouen.

Ensuite, que va devenir ce village olympique ? Réversibilité, c'est-à-dire que vous allez avoir 1000 logements, des logements sociaux pour faire en sorte que les classes moyennes, les classes populaires puissent bénéficier d'un logement décent avec un loyer décent. Réappropriation de la scène.

On travaille le projet Navé de Fluvial. L'académie Tony Parker, vous qui connaissez bien le sport, donc on a une grande académie qui va concilier culture, sport de haut niveau et parc et ensuite deux écoles qui nous seront livrées prochainement et une trentaine de commerces. Donc un quartier neuf qui intègre de la mixité pour toutes et tous, quels que soient les profils sociaux avec toujours l'image qu'on a de la République, que tout le monde s'y sente bien, le goût du bonheur.

Si on reparlait un peu de goût de bonheur et d'espérance et d'espoir, ça serait bien ? Oui, ça serait bien. Et ça fait plaisir, vous avez le sourire.

Oui, mais j'ai toujours, je suis optimiste. La France devrait leur trouver le sourire. Oui, vous avez raison, Karim Boimran.

Est-ce qu'il faut garder les anneaux olympiques sur la Tour Eiffel ? Moi, ce que j'aimerais bien, c'est surtout garder les anneaux olympiques dans le village olympique de Saint-Ouen. Ah bon ?

J'adorerais. Vous allez les garder ? Oui, vous allez les garder, ces anneaux olympiques.

Et ce n'est pas acté, ça, M. Bourdin. Ce n'est pas acté.

C'est le CIO qui décide. C'est le CIO et puis c'est des restrictions vraiment en termes de propriété, en termes de procédures qui sont relativement rigides. Mais on compte sur notre capacité de persuasion et de motivation pour faire en sorte que...

Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de visiter le village olympique. C'était d'une beauté exceptionnelle. Là où j'ai grandi.

Exactement là où j'ai grandi. Donc, dans la rue Socrates. Socrates ?

Oui, on a une grève, la première rue au monde. Socrates ? Socrates, Socrates.

Et Socrates, le footballeur, le frère de Raï. Le frère de Raï. Ah d'accord.

Bien, dernière question. Périphérique à 50 km heure, vous êtes pour ou contre ? Périphérique à 50 km heure, je suis pour ou contre ?

Je pense que la question, c'est de voir quel est l'impact en termes de santé publique. Il n'y a pas eu vraiment d'études. Donc, j'aimerais bien avoir les éléments concrets pour pouvoir juger.

Sans ça, on risque de tomber dans un débat binaire. Moi, ce qui m'importe, c'est la sécurité des automobilistes, la sécurité des citoyennes et des citoyens. Et si d'ailleurs, comme les 30 km heure, dans certaines agglomérations, ils m'ont convaincu que ça permet d'améliorer la sécurité des citoyennes et des citoyens, très bien.

Le reste, c'est moi qui vous remercie. Merci d'être venu nous voir ce matin sur l'antenne de Sud Radio. Merci de nous avoir suivis et accompagnés depuis 7h ce matin.

Patrick Roger, avec vous, derrière les infos.