Congrès du PS : "Le problème d'Olivier Faure, c'est que sa légitimité va être faible", note le professeur Rémi Lefebvre
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:08ComplaisanteÉludée
Et le premier invité de la matinale, Marion Lourdes, à votre micro, il est professeur de sciences politiques à l'université de Lille.
- 1:52OuverteRéponse directe
Non mais un score aussi serré, on est à peut-être 200, 250 voix d'écart, c'est quoi ?
- 2:39RelanceRéponse directe
Le nombre de votants, je vous arrête deux secondes Rémi Lefebvre, le nombre de votants, c'est l'équivalent de la ville d'Abbeville dans la Somme, c'est minuscule pour un parti qui était...
- 3:58OuverteRéponse directe
Rémi Lefebvre, vous me dites un parti qui est encore important au sein de la gauche. Est-ce que la priorité maintenant de ce Parti Socialiste-là, plutôt que de parler des dossiers de fonds, ça va être de décider quelles alliances ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueChiffre
« donc Olivier Faure, après le deuxième tour de vote hier, 50,9% des votes, c'est précis, 49,1% au maire de Rouen, Nicolas Maillard-Rossignol »
- 0:35Invité politiqueChiffre
« et ça fait un écart de 250 voix environ si le nombre de votants est à peu près le même qu'au premier tour. »
- 1:44InvitéChiffre
« puisqu'en gros, le même nombre d'électeurs, à peu près 25 000 militants seulement, ont voté à ce deuxième tour de congrès. »
- 3:02InvitéChiffre
« Les LR ont voté il y a quelques semaines, il y avait 120 000 adhérents. »
- 3:08InvitéChiffre
« Effectivement, le Parti Socialiste avait 200 000 adhérents il y a une quinzaine d'années. »
- 3:30InvitéChiffre
« Il a quand même beaucoup de maires, il a 60 députés. »
- 4:54InvitéFait
« Le problème, c'est qu'il n'a pas eu un mandat de légitimité très important pour se lancer dans cette dynamique. »
- 5:07InvitéFait
« dans les instances nationales, Boris Vallaud va avoir... Il ne sera pas majoritaire, Olivier Faure. »
Temps de parole
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France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. Et le premier invité de la matinale, Marion Lourdes, à votre micro, il est professeur de sciences politiques à l'université de Lille.
Bonjour Rémi Lefebvre. Bonjour. Alors, qui pour diriger le parti socialiste ? Le PS a publié vers 4h du matin un communiqué qui a annoncé la victoire du premier secrétaire sortant, donc Olivier Faure, après le deuxième tour de vote hier, 50,9% des votes, c'est précis, 49,1% au maire de Rouen, Nicolas Maillard-Rossignol, et ça fait un écart de 250 voix environ si le nombre de votants est à peu près le même qu'au premier tour. En fait, c'est le congrès de Marseille de 2023 qui se rejoue des scores extrêmement serrés avec un résultat qui va forcément être contesté ou pas ?
Oui, on est dans une configuration qui est très très proche, sauf qu'apparemment Nicolas Maillard-Rossignol reconnaît sa défaite, apparemment, j'ai regardé sur les réseaux sociaux, il a reconnu l'élection d'Olivier Faure, ce qui n'était pas le cas au congrès de Marseille, où il avait contesté cette élection, il y avait eu une grande confusion, il y avait dû avoir une commission de récollement, et finalement, il y avait eu un compromis qui avait été trouvé, Nicolas Maillard-Rossignol était devenu secrétaire national délégué avec Johanna Roland. Donc là, apparemment, des informations dont je dispose, Nicolas Maillard-Rossignol reconnaît effectivement sa défaite.
En tout cas, à ce stade, on a l'impression de ça. Voilà, mais une défaite extrêmement serrée de la part de Nicolas Maillard-Rossignol, 250 voix sur un corps électoral qui a été guère plus grand que la dernière fois, puisqu'en gros, le même nombre d'électeurs, à peu près 25 000 militants seulement, ont voté à ce deuxième tour de congrès.
Non mais un score aussi serré, on est à peut-être 200, 250 voix d'écart, c'est quoi ? C'est le symptôme d'un parti, en fait, qui est définitivement fracturé entre son aile gauche et son aile droite ?
C'est un parti déjà concrètement très peu mobilisé, parce que quand on a un congrès avec des enjeux quand même aussi importants, avec une campagne qui a été quand même assez décisif, une trois motions, Boris Vallaud qui dépose son propre texte...
Donc c'est le chef des députés socialistes ?
Voilà, ça montre déjà un parti qui est effectivement dans un état de déliquescence confirmé, c'est-à-dire qu'il n'a pas du tout relevé, qu'il n'est pas du tout en dynamisme.
Le nombre de votants, je vous arrête deux secondes Rémi Lefebvre, le nombre de votants, c'est l'équivalent de la ville d'Abbeville dans la Somme, c'est minuscule pour un parti qui était...
Oui, c'est très faible.
Dont le président de la République, François Hollande, était président il y a quelques années encore.
Bon, c'est des niveaux... Bon, les Verts ont encore moins de militants, mais ce n'est pas un parti de gouvernement aussi important. Les LR ont voté il y a quelques semaines, il y avait 120 000 adhérents. Effectivement, le Parti Socialiste avait 200 000 adhérents il y a une quinzaine d'années. Mais aujourd'hui, c'est un petit parti, du point de vue militant. Il a beaucoup d'élus, mais très peu de militants. En voie de disparition ? Non, je ne pense pas. Non, ça fait 30 ans qu'on... Enfin, ça fait une dizaine d'années qu'on annonce la mort du Parti Socialiste. Il a quand même beaucoup de maires, il a 60 députés.
C'est un parti assez proche du parti radical, je dirais, sous la 4e ou la 5e République plus tôt. C'est un parti quand même qui est au cœur de la gauche, néanmoins. Ça témoigne aussi de l'effondrement des partis politiques, qui ne représentent plus grand-chose dans la société, qui ne représentent essentiellement que des élus locaux, que des professionnels de la politique.
Rémi Lefebvre, vous me dites un parti qui est encore important au sein de la gauche. Est-ce que la priorité maintenant de ce Parti Socialiste-là, plutôt que de parler des dossiers de fonds, ça va être de décider quelles alliances ? Est-ce qu'on fait une alliance de Ruffin à Glucksmann ? Ça, c'est ce que préconise Olivier Faure, ce que préconisait Olivier Faure. Est-ce que c'est ça, aujourd'hui, qui va se jouer ? Ça va être ça, la priorité, une question d'alliance à gauche ?
C'était déjà le cas pendant le Congrès. Ce Congrès a été assez à tonne, on peut le dire. Il n'y a pas eu vraiment de débat sur qu'est-ce que la social-démocratie aujourd'hui. Le débat a porté essentiellement sur la prochaine élection présidentielle. C'était le principal différent entre Olivier Faure et Nicolas Maillard-Rossignol. Et puis un peu la rénovation du Parti avec Boris Vallaud. Donc là, la question, c'était est-ce que le Parti Socialiste aura un candidat à l'élection présidentielle ou est-ce qu'il va être dans une dynamique de rassemblement à gauche ? Olivier Faure est pour la deuxième option.
Le problème, c'est qu'il n'a pas eu un mandat de légitimité très important pour se lancer dans cette dynamique. Donc, de fait, le problème d'Olivier Faure, c'est que sa légitimité va être faible. D'autant qu'il faut quand même préciser que dans les instances nationales, Boris Vallaud va avoir... Il ne sera pas majoritaire, Olivier Faure. C'est-à-dire que concrètement, il va devoir composer...
Il va devoir composer avec les autres candidats.
Le leadership est faible à un moment où le PS a besoin d'une grande impulsion.
Rémi Lefebvre, chercheur et professeur de sciences politiques à l'Université de Lille, merci de nous avoir répondu sur France Inter. La météo à suivre.