DE-CON-FI-NES ! Lire pour s’en sortir #5 | LCP
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je casse des cailloux sous le soleil brûlant. Je me suis battu contre la loi et la loi a gagné. J'avais besoin d'argent parce que je n'en avais pas.
J'ai quitté ma copine. Je me sens mal. J'imagine que les d sont jetés.
Elle était la meilleure fille que j'ai jamais rencontré. Je me suis battu contre la loi et la loi a gagné. J'ai braqué des gens avec un si coup.
Je me suis battu contre la loi et la loi a gagné. J'ai perdu ma poupée et ma joie. Je me suis battu contre la loi et la loi a gagné.
Les clashes 1977 générique. [musique] Salut à tous. Cette émission s'adresse une fois de plus à toutes les personnes détenues, à tous les personnels pénitentiaires, à tous ceux qui sont enfermés dans leur appartement ou dans leur maison partout ici et qui aimeraient bien comme chacun d'entre nous pouvoir sortir.
On pense à vous dans les murs mais bien sûr. Alors oui non oui alors ça change cette semaine parce que les deux étoiles de la cuisine maintenant nous viennent de Marseille. soupe de riz au moule et puis alors les deux équipes nationales de basket tu sais tro contre trois et bien elles sont dirigées par ce monsieur prédateur Jack il y a aussi cette histoire des deux seins de Cat Middleton tu te souviens c'était à la une de la press people et bien les deux seins ont été défendus par cet avocat trop de gens en prison oui non mais cette semaine deux artistes s'il te plaît deux oui un pour les paroles de nombre et un pour le live non le tout en de tu sais je suis doué c'est doux non c'est doux [musique] pas c'est tout doux c'est doux le contraire de [musique] Je pense aux gens seuls, une partie de de vous, [musique] j'espère pas tout le monde, vous êtes dans une solitude confinée avec cette menace invisible. [musique] Quel virus !
Vous partez dans combien de temps ? 5 minutes ? 10 minutes.
Je peux me mettre à votre place et faire une interview ? Pas de souci j'adore grand gourmand grand feignant pas tout maut que plus une que carbine c'est du patascon que je chante quand je prends le bus toujours. Non c'est parce que on va dans les landes et que j'ai rendez-vous avec Christelle Drouet.
Bonjour Christelle Drouet. Bonjour. Vous êtes la directrice de la prison de Montemarsan dans les Landes.
Comment se passe le confinement pour vous ? Ben nous, on a on a beaucoup de chance parce que parce qu'on est dans une région très peu touchée euh par le Covid. Il y a aucun cas tant chez les personnels que chez les personnes détenues.
Et puis on est ben dans un établissement qui est pas surencombré. [musique] Est-ce qu'on peut parler de prison modèle à Mont Marsan ? Je dis ça parce qu'il y a pas de surpopulation chez vous que les cellules sont doublées mais elles ont été prévues pour ça, qu'il y a une douche dans chaque cellule.
C'est un établissement très récent. Il a un petit peu plus de 10 ans. Donc donc oui, c'est les dernières constructions qui permettent tout ça.
Oui. Chez vous, il existe ce qu'on appelle le module de respect. Qu'est-ce que c'est ?
Vous nous racontez ? Oui. C'est en fait une modalité de de fonctionnement dans la détention sur quatre bâtiments.
On en a deux qui fonctionnent comme ça en module de respect. Les personnes détenues contractualisent en fait finalement euh le fait de respecter autrui, de respecter les règles. En échange de quoi euh il y a euh une liberté de mouvement euh sur euh sur le bâtiment, il y a des activités qui peuvent être proposées par les personnes détenues.
Et puis il y a aussi cette contrainte pour les personnes détenues, bah d'être d'être levé tous les matins, d'avoir 25 heur d'activité par semaine, de s'engager véritablement dans dans un processus de réinsertion. Ils sont en liberté comment les personnes détenues, elles sortent de leurs cellules quand elles veulent. Oui, à partir de l'ouverture le matin jusqu'à la jusqu'à la fermeture le soir et puis il y a 1 heure le midi où ils sont fermés.
Mais tout le reste du temps, tout est ouvert de la cellule jusqu'à la cour de promenade sur l'intégralité du du bâtiment. Depuis combien de temps il a été mis en place ? Euh le module de respect, il est en place depuis 2015.
Et ça a changé quoi ce module de respect ? C'est une vraie avancée parce que parce que on les sent investis, on les sent acteur de leur détention. par exemple là sur le le confinement et on aurait pu euh fermer ces ces secteurs en se disant bon si jamais on est atteint mais alors euh en fait le respect des gestes barrières est devenu une condition pour rester au sein des modules de respect.
Ils ont demandé des produits pour nettoyer le leur leur serrure de porte, pour tout nettoyer tout le temps, toute la journée, pour éviter de de propager le virus à l'intérieur. Enfin, c'est c'est un respect des règles du jeu qui est particulièrement aigu, qui vraiment mérite d'être salué. Et des murs en plexiglace à l'intérieur des parloirs entre les gens pour qu'ils puissent au moins se voir et que les parloirs puissent reprendre.
Je suis pas certaine que les personnes détenues euh apprécieront ce dispositif. Là aussi, je porte leurs paroles qu'ils n'ont pas pris dans leurs bras leurs enfants euh ou leurs conjointes. Admettre de ne pas pouvoir serrer dans ses bras sa famille.
Je pense que ce sera quelque chose de très très difficile à faire passer. Et si les parloirs ne rouvrent pas le 11 mai, combien de temps est-ce tenable encore sans parloir ? Le président de la République leur a donné une échéance.
Il n'entendrait pas que cette échéance soit pour eux repoussée très clairement. Merci beaucoup Christelle. Merci infiniment et Adichats.
Adichat. Alors je lance les paroles de l'ombre. Donc restez chez vous.
Non c'est pas Non c'est pas nécessaire. Non, en fait c'est un mytho. C'est un mytho parce que il mytonne quoi.
Je suis pas sûr que mythonner mythonné mytho mytho. Alors cette semaine c'est un mytho. Alors je je ferai comme ça.
Cette semaine c'est un mytho qui lit les contre-rendus de lecture. Évidemment dans les murs vous n'avez pas forcément internet, vous n'avez pas forcément vu sa dernière œuvre qui donne ça. Donc là l'extrait part.
Contrer-rendu de lecture avec l'excellent Jonathan Cohen. Et maintenant, je vous dévoile les dessous. [musique] Alors, bonjour, c'est Jonathan Cohen.
Voilà. et je vais lire euh une fiche de lecture d'un détenu dont malheureusement je connais pas de nom [grognement] et c'est une lecture sur le film et le livre Wild. Voilà, donc je suis très content de lire cette lettre, enfin du moins cette fiche de lecture.
Alors, après avoir vu le film Wild il y a quelques années, j'étais ravi et impatient de lire le livre. Je l'ai dévoré en deux jours. J'ai pas pu me détacher de l'histoire avec un plaisir certain à voyager au côté de Cheril.
Bien plus qu'une randonnée, elle chemine dans sa propre histoire, au plus profond de ses peurs, ses angoisses, ses émotions pour enfin se révéler. Son histoire m'a beaucoup touché car mon introspection entamée depuis mon incarcération m'a fait voyager dans des paysages désertique où planait la mort et dans aussi des paysages chaleureux et bienveillants habités par l'amour où au fil de mes pérégrinations, j'ai fini par reprendre contact avec moi-même. J'ai appris à accepté à me détacher de cet amour maternel nocif, étouffant, qui empêche d'être soi.
J'ai appris à reconnaître que les parents, malgré leurs efforts, ne sont pas parfaits et ainsi, j'ai appris à les pardonner. J'ai appris à reconnaître mes dysfonctionnements, mes erreurs, mes insuffisances pour continuer à avancer. À travers l'histoire de Chiril, on ressent la souffrance qui finit par se transformer en violence. la maltraitance de son corps, la dépression, le refus du bonheur, l'image négative de soi.
Mais lorsqu'elle s'autorise à ouvrir les yeux et reprendre contact avec elle-même, sa vie bascule et elle se libère. Il y a bien Pierre qui est le meilleur d'une prison, l'enfermement intérieur, l'inhibition des émotions. La vraie liberté est souvent au plus profond de nous.
J'aimerais finir sur la phrase qui conclut le livre si proche de ce que je ressens. Ainsi elle est la vie comme toutes les vies mystérieuses, irrévocable et sacrée, si proche, si présente, si mienne. C'était tellement bon de lâcher prise.
Voilà, fin de la lecture. C'est une fiche de lecture qui me touche tout particulièrement parce que parce que je me retrouve aussi dedans dans ce long voyage bah que peut être la vie et [grognement] surtout de ces parfois de ces poids lourds dont il faut se délester pour pouvoir avancer, pouvoir se trouver soi-même. Voilà, s'affranchir de son passé, de ses parents, de tout ce qui nous constitue, mais qui parfois peut nous bah nous empêcher d'être soi.
Pour ça que je suis très content de lire cette lettre, très content de l'avoir lu surtout et ben je vous salue fort. Quelle grande voix va nous surprendre cette semaine. Quelle robe noire avance dans le couloir du progrès. qui va nous surprendre.
Bonjour Jeanille. Bonjour madame. Merci d'être avec nous.
Comment allez-vous ? Je vais aussi bien que possible dans une situation qui est compliquée pour tous les Français enfin d'ailleurs pour tous les êtres humains qui sont sur cette planète. Le principe de la prison, c'est punir et réinsérer.
Vous nous dites que ça ne fonctionne pas. Non, ça marche pas. Ça marche pas pour plusieurs raisons.
D'abord parce que on met trop de gens en prison. À l'heure actuelle, il doit y avoir 71000 détenus, 60000 places, aux alentours de 1500 personnes qui dorment par terre. C'est une situation qui est intolérable, mais je suis assez content de pouvoir d'avoir été invité par vous aujourd'hui pour en parler parce que les Français peuvent se rendre compte de ce que est la prison, le confinement qu'ils vivent au quotidien eux-mêmes, ça permet d'appréhender un peu mieux peut-être les difficultés que vivent les détenus et les personnels pénitentiaires en de croire organiser le confinement et organiser la sécurité pour les uns comme pour les autres.
C'est ce sont des situations terribles et je plains l'administration pénitentiaire d'avoir à gérer cela. Maître Veille dans les années 50, c'est une autre veille. Simone, votre mère qui a fait beaucoup pour la question sanitaire en prison.
Est-ce que comme votre mère l'était, il faut être militant de la condition humaine partout tout le temps ? Oui, je crois que c'est très c'est très important. Alors, elle avait appris beaucoup euh au moment de son adolescence sur ce qu'est l'enfermement.
Oui. Euh et la peur. Et donc je pense que ce sont des problèmes avec lesquels elle était familière.
Je crois qu'elle a beaucoup fait, que ça l'a beaucoup passionné et puis euh elle a regardé beaucoup notamment le sort des femmes mais pas seulement. Un conseil de lecture pour tous ceux qui sont dedans, personnel pénitentiaire et personne détenue. On peut lire le compte de Monté Cristo et la manière dont Edmond Dantess après la Bfaria s'est évadé du château dif.
Et puis on peut lire des choses plus sérieuses comme par exemple surveiller et punir de Foucao ou d'autres d'autres livres sur ce qu'est la prison, ce que ça représente. Alors, c'est moingué mais c'est je crois tout à fait intéressant et ça permet de prendre conscience de ce que peuvent être les sanctions et la manière dont ils sont appliqués dans nos pays même démocratiques et où en principe les droits sont respectés grâce à la Constitution et à la Convention européenne des droits de l'homme. À quoi s'accrocher quand on est dans et hors les murs ?
J'enveille le respect des autres, la tendresse avec ses enfants, la solidité des couples et puis euh la solidarité avec les autres membres de l'humanité. Merci beaucoup, Jeanille. Merci beaucoup.
Alors, on va parler de sport maintenant. Moi le sport, je n'aime pas trop ça. Je suis plutôt comme Churchill.
No sport, voyez. Enfin bon, celui qu'on accueille aujourd'hui est un grand champion qui dunk, qui check, qui compte les secondes aussi. 1 2 3 Au-delà de 3, c'est la faute.
On va parler de basket de basket 3 contre 3. Vous êtes trois là. Moi je suis seul mais j'ai gagné de toute façon car il me souchu.
OK, on est parti sur Tabata. 20 secondes d'effort, 10 secondes de repos. On essaie d'envoyer, on change les idées.
C'est parti. Jumping jacks. OK, on va le doubler sur la deuxième série.
On va essayer de faire une alternative Predator Jack. Ça envoie un peu plus. C'est parti.
On explose. On essaie d'aller chercher haut. Top.
Repos. On va mettre [musique] un peu les montagnes climber. Bon exercice, ça permet de gainer, ça envoie un peu aussi.
Prêt ? C'est parti. On vient bien mettre les pieds à côté des mains.
On passe les coudes. Top. Soufflez bien.
Essay [musique] de récupérer entre tempemps. Classique plus vite possible. Hop, on est parti sur des fentes, main sur les hanches.
C'est parti. On reste gainé. Droit repos.
On est là, ça envoie. C'est bien ça. Même chose avec le twist.
Allez, c'est parti. Hop, on twist, on remonte. On twiste, on remonte.
On remonte. Top. On peu de gainage.
Petit race. Prêt ? C'est parti.
On va chercher le plus haut possible. Hop. On va se mettre un petit peu de skip.
Les genoux levés. C'est parti. On va essayer d'aller chercher un rebond.
On va aller le plus haut possible. Donc on va vraiment faire comme si on sautait. On finit sur la pointe des pieds le plus le plus fort possible.
C'est parti. On décolle pas les pieds, juste le talon. Allez, on va chercher le ciel.
Petit exercice de basket du latéral un peu. C'est parti. Les petits pas, on a bien le pai.
Un peu de squat sauter. Tout ce qu'on fait travailler les jambes les gainages au basket c'est essentiel. [grognement] Top en dernière talon aux fesses.
On se un peu en avant. C'est parti. C'est d'aller le plus vite possible.
Stop. Super. Bon, comme vous voyez, on peut envoyer une séance où on se met un peu minable, c'est bien, ça fait du bien.
C'est la tête, je sais que vous en avez besoin comme tout le monde. Alors, bon confinement et puis tenez bon, courage. [musique] Peut-on sortir de prison ?
Bah oui, bien sûr, parce que si c'est dur la sortie, c'est du sûr. Big up à dos. Non, la question c'est peut-on faire autre chose après avoir travaillé en prison ?
Et bien oui. Bonjour Joakim Feyot. Bonjour.
Merci d'être avec nous. Vous êtes député PS mais vous avez été directeur de prison. Vous avez dirigé FR, vous avez dirigé Fleurimerogis ou Rennes.
Et vous racontez d'ailleurs dans un livre euh des hommes et des murs un mur de souvenirs où vous racontez une prise d'otage que vous avez vécu, les mutineries, les mouvements sociaux, les suicides et puis aussi les amours interdites. La prison c'est le lieu de tous les possibles en fait. Je sais pas si c'est le lieu de de tous les possibles, mais une prison, c'est avant tout une communauté d'hommes ou de femmes.
Et et je pense que tout ce qu'on peut observer quelquefois à l'extérieur dans les comportements, on peut l'observer aussi dans la prison. L'amour à sa place en prison. Oui, bien sûr.
Il y a effectivement des relations affectives qui se font, qui se qui se défond. Il y a du respect, il y a l'intimité également. C'est tout cela également euh le l'enfermement.
Et d'ailleurs, je dirais c'est tant mieux. Ça humanise en réalité les relations. Si tout est froid, si tout est technique, et bien il y a pas d'humanisation.
Et moi, je pense que la prison, elle doit être humaine. Vous parlez dans votre livre d'amours interdites. C'est quoi des amours interdites ?
Des relations affectives entre détenus. que ce soit lorsque j'étais à Renn au centre pénitentiaire qui héberge des femmes ou des établissements qui héberger des hommes. Ça, j'ai pu observer même si c'est caché, même si on le dit pas, même si effectivement il y a la suspicion sur ce sujet-là, c'est un sujet tabou l'amour en prison.
Et puis il y a eu des relations affectives également entre un personnel et puis euh un détenu ou une détenue. C'est c'est déjà arrivé et moi dans mes fonctions, j'ai dû euh traiter ces problèmes délicats. Est-ce que vous militez pour l'autorisation des des relations sexuelles en prison ?
Alors, ça existe déjà Oui. Euh avec les les unités de vie familiale et moi j'étais partisan de ces unités de vie familiale où le détenu peut accueillir euh ses proches, sa famille et ses proches. Donc ça existe et moi j'ai toujours été favorable à à à cela.
Est-ce que le monde politique sait de quoi il parle quand il parle de prison ? J'espère que oui, mais de plus en plus de députés s'intéressent aux prison. D'une part, on a fait évoluer euh la législation parce que maintenant un député peut aller dans toutes les prisons euh s'il se souhaite visiter une prison, il peut s'y déplacer à n'importe quelle heure de la journée.
Et donc beaucoup de députés l'ont fait notamment lorsqu'ils ont une prison dans leur circonscription. Oui, mais Joacim Puot, pardon, mais je doute pas une seule seconde de votre sincérité, mais enfin depuis les années 50, on sait que nos prisons sont une honte, il ne se passe rien. Alors, je dirais que certaines prisons, c'est une honte, mais pas toutes parce qu'il y a eu quand même des constructions nouvelles, il y a eu des établissements qui ont été construits.
Ce qui est difficile pour moi en tout cas, c'est le fait que on on héberge plusieurs détenus dans une seule cellule quelquefois qui dépasse pas 9 m² et ça c'est pour moi inacceptable. Qu'est-ce que vous avez vu de plus beau en prison ? qui me fait j'ai vu d'une part des personnels totalement dévoués parce que les personnels, ils ont une mission difficile, compliquée.
Souvent pendant très longtemps, la leur fonction n'était pas valorisée. Quelquefois, on avait même honte de dire qu'on travaillait en prison. et j'ai vu euh des personnels extraordinaires.
Et puis également ce qui m'a rendu également très optimiste, c'est la façon dont certains détenus ont pu évoluer à travers une activité de formation, à travers du théâtre. Je crois à la culture, à la culture et on les a vu se transformer, ce qui a facilité à mon avis leur insertion et ça pour moi c'est un grand succès également. Est-ce que vous auriez un conseil de lecture Joakim ?
Oui, j'ai j'ai apporté un livre parce que c'est le livre d'Alice zénitaire, l'art de l'art de perdre. C'est une histoire qui m'a touché euh parce que l'héroïne de ce roman, Naima recherche un petit peu la vie de son grand-père, de son père parce que il y a eu une espèce de rupture. Et bien c'est c'est la recherche de de notre histoire, de notre identité.
Et dans les prisons, vous avez beaucoup de détenus qui recherchent un petit peu leur histoire parce que ils sont issus de plusieurs continent, parce qu'ils ont une histoire difficile, compliquée avec leur famille. Et ce cet ouvrage est une grande leçon de de liberté mais également d'humanité. C'est pour ça que je le recommande à tous d'ailleurs, aussi bien pour les personnels que pour les détenus.
Merci Joakim Foto. Merci beaucoup. Merci.
Au revoir. [applaudissements] Non, c'est pour le live de la semaine. Bernard Lavillé. [applaudissements] again.
I'm singing [musique] [musique] je pense aux gens seuls. Une partie de de vous, j'espère pas tout le monde, vous êtes dans une solitude confinée avec cette menace invisible. Quel virus ?
Je pense à ceux qui sont dans 20 m² ou à celle, ceux qui sont en prison [musique] aussi. Évidemment, c'est une chanson assez ancienne mais qui parle de ratière mais de solitude aussi. [musique] Tu n'as pas sommil, tu fumes [musique] et tu ver.
Tu es tout écorché comme un [musique] chat triste perdu sur la liste des objet trouvés la nuit carcérale [musique] sur les dalles et ce lit glacé [musique] aller venir soleil et sourire [musique] sont de l'autre côté [musique] ses murs, ses grillages, [musique] ses portes et ses cages, ses couloirs, ses clés, cette solitude [musique] si dure et si rude qu'on peut la toucher. Le rayon de lune [musique] sur le sol allume visage oublié [musique] de celui que tuaime qui tire sur sa chaîne comme un loup blessé. [musique] Bit, [musique] faut pas craquer. [musique] B, faut pas plonger.
Tu sais, [musique] ils t'ont couché là et puis ils ont [musique] fermé leur barreau d'acier. Béti, faut pas pleurer. [musique] Bêtis, faut pas trembler, [musique] je sais.
Tu vas rester là. [musique] J'aimerais plus te réveiller, plus jamais rêver. Je te dis je t'aime dans ce court poème dans ce [musique] long baiser.
Tu es ma frangine, juste une féminine que j'avais rimé. Je te donne ma force, mes mots [musique] et mes notes pour te réchauffer. Jei la morale, les prisons centrales, les maisons d'arrêt. [musique] Je n'ai pas sommeil, je fume et je veille.
Et j'ai composé [musique] une chanson d'amour, une chanson secoue pour l'autre côté. pour [musique] ceux que l'on jette dans les oubliettes, dans l'obscurité, pendant que les gens dorment au fond du conforme sans se réveiller. [musique] Bit, faut pas craquer. [musique] Faut pas plonger.
Je sais [musique] ils t'ont couché là et puis ils ont fermé leur barreau d'acier. [musique] Bis faut pas pleurer. [musique] Betti faut pas plonger. [musique] Tu sais qu'on se [musique] retrouvera là ailleurs en plein soleil. [musique] [musique] Qui veut un café m'a dit ?
C'est François che une pépille mais un truc de l'al. Vive le petit commerce. Oui Guyen non ben non, on a dû arrêter le tournage là parce que il pleut des trombes en fait.
Du coup on s'est replié à la méthode. On a eu des cartes. Non la méthode c'est un bar restaurant.
Bah oui, c'est ouvert, il faisait l'inventaire. Alors, on est là quoi. Non, je voulais bah là, j'allais faire le lancement d'Augustin pour la petite bibliothèque.
Ce garçon lit, vit, pense, littérature. [musique] Il a d'ailleurs tatoué sur ses bras une parole de chanson. Tiens d'ailleurs, écoute.
Voilà, c'est ça Johnny Mitchel case of you. Avec un peu de chance, on aurait pu voir ses bras. Il nous emmène dans sa bibliothèque.
Non, c'est Augustin. Augustin Trapnard. Non mais je t'entends plus la guilène.
Je t'entends plus. Salut à toutes et à tous. Je m'appelle Augustin et je vais vous parler d'un livre parce que c'est la seule chose que je sais faire dans la vie.
Alors, pourquoi je parle de livre depuis 15 20 ans maintenant ? Ben parce que j'ai envie de partager la force tout simplement qu'un livre peut apporter que ça a pu m'apporter à moi. Un livre, ça peut éclairer le monde parfois, ça peut éclairer la vie, euh éclairer euh un comportement, un événement, un sentiment.
Même moi, par exemple, j'ai appris à gérer ma jalousie en amour. avec la littérature, un livre, ça peut aussi aider à sortir de soi, à s'évader le temps de la lecture de 3 4 5 he de rencontrer une autre époque, un autre lieu, euh d'autres personnes, d'autres expériences et puis un livre parfois tout simplement ça peut être beau, ça peut vous transporter et pour longtemps. Alors évidemment, c'est très rare qu'un livre rencontre ces trois vertus de la littérature, mais ça arrive, ça m'est arrivé pour le livre dont je vais vous parler aujourd'hui qui s'appelle Martin Eden de Jack London qui est un livre qui a été publié en 1909.
Jack London, vous le connaissez peut-être, c'est un romancier américain qui a écrit l'appel de la forêt, qui a écrit Croblanc, des livres que vous avez pu lire quand vous étiez enfant ou que vous avez pu ou dont vous avez pu voir les adaptations au cinéma. Ça c'est son livre le plus intime, Martin Eden et c'est peut-être l'un des plus beaux livres qui a jamais été écrit pour moi. Martin Eden, c'est un marin qui a une vingtaine d'années et qui vient vraiment de rien.
Il va s'élever socialement pour conquérir la femme qu'il aime. Il va essayer de devenir écrivain. Alors, il traîne dans les milieux de la culture.
Il va lui arriver des galères. Il va vivre une vie de bohème, des tragédies aussi, mais il s'en amuse, il s'en sort toujours et comme c'est un génie et ben il va devenir écrivain, même un écrivain à succès. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'il restera toujours un outsider, Martin Eden, quelqu'un qui sait d'où il vient et qui se reconnaît pas dans le milieu qu'il a conquis.
Et ça, je trouve ça absolument passionnant parce que du coup, il regarde la bourgeoisie avec beaucoup d'ironie, avec une certaine mélancolie aussi, avec beaucoup d'esprits critiques. Alors, qu'est-ce qu'il va faire ? pour ne pas oublier d'où il vient.
Évidemment, je vous raconte rien, mais ce que je peux vous dire, c'est que c'est l'une des plus belles fins de tous les romans qui m'est donné été à lire euh dans ma vie. C'est un livre qui vous apportera euh à mon avis de la lumière, qui vous apportera aussi euh une évasion pendant un moment donné et surtout c'est un livre qui va vous émouvoir parce qu'il est absolument bouleversant. en ce moment où les visites sont rares ou impossibles, je serais content que vous le lisiez, que vous le partagiez avec moi.
Je vous embrasse de loin parce que c'est autorisé. Après le chef Marx, c'est un mousquetaire qui nous donne rendez-vous en cuisine. Deux étoiles toujours.
Nous avons rendez-vous avec un chef qui vient de Marseille, Michel Portos. Bonjour Michel Portos, chef de cuisine à Marseille. Aujourd'hui, une recette facile à réaliser en détention.
Cette recette se nomme soupe de riz, moule ou curry et condiment. Cette recette est faite à base de riz rond, un cube de légumes, une gousse d'ail, un peu de curry, du persil déshydraté ou du persil frise, un petit peu d'huile d'olive, quelques moules décortiquées et enfin quelques capres. On peut y aller.
Vous mettez du riz dans votre casserole. On va y rajouter 10 fois le volume de riz en eau et là on met en chauffe. On va remuer délicatement avec la cuillère au début afin d'éviter que le riz accroche au fond de la casserole.
On vient y rajouter le bouillon de légumes en cube. Au bout de environ 30 35 voire 40 minutes, on va obtenir ceci. Voici la soupe de riz cuite et qui est prête à emploi.
Vous voyez, c'est pas très compliqué. Nous allons procéder à la garniture. On récupère quelques moules décortiquées comme ceci.
On vient mettre un petit peu de curry à votre bon goût en fonction de votre palé. Un petit peu de poudre de persil, quelques capres, un petit peu d'huile d'olive et enfin on va hacher ou émincer un petit peu d'ail. On vient rajouter ça à notre préparation délicatement.
On vient mélanger l'ensemble. comme ceci et on obtient nos moules agrémentées d'huile d'olive de capre, un petit peu d'ail que l'on va pouvoir servir avec notre soupe. Enfin, on va rajouter notre préparation.
Et voici bonne dégustation. [musique] Alors, qui a-t-il au menu de l'archive de la semaine ? Blague.
L'archive de la semaine, c'est ce moment de télévision qu'on a choisi de vous montrer. Il s'agit de l'humoriste Pierre des proches. Pourquoi Pierre des proches ?
Parce que la vie est plus grande que la fiction. Pierre des proches qui était humoriste avait réussi à se mettre à dos l'ennemi public numéro 1, Jacques Messerrine qui une fois arrivé en prison et arrêté avait été vexé par un truc qu'avait dit Pierre Desprog et il lui écrit "Je n'ai aucune rancune contre vous. Si j'en avais eu le problème aurait été vite réglé." Bien nous allons donc retrouver cette interview mythique de Pierre des Proches dans la non moins mythique émission d'apostrophe commentée par le nom moins mythique Bernard Pivot.
Juste après, je vais prendre un carré de peur braisé dans mes rêves. L'établissement est fermé. [musique] Bon, alors vous avez vous avez de solide haine, hein.
Oui. Ah oui, solide haine. Alors, vous y a bon, je vais lire le petit passage là parce que là, vous les résumez.
Les coiffeurs sont l'élément le plus totalement inutile d'une nation avec les militaires, les académiciens, rouio Églésias et les crottes sur les trottoirs. Bon alors les coiffeurs, pourquoi ? Parce que Greur qu'on me tripote la tête par derrière en me racontant des conneries dans le dos. [rires] C'est une les académiciens.
Alors ça, les académiciens, vous le en voulez. Mais qu'est-ce que c'est ? Parce que ils possèdent la langue comme si elle était morte alors que c'est quelque chose de vivant.
Ouais. ici non mais vous dites des choses très graves sur eux. Vous les traitez de parasites de la société, de vieux croûons de vieilles tiges creuses, de guignol vert pomme avec des chapeaux à plume à la con et une épée de panoplie de zoro.
Vous laissez appeler, c'est malheureux. Il y a sûrement une faute d'impression. Je [rires] Oui.
Non mais c'est une c'est du ce sont des des querelles des des haines stériles. Je suis pas quelqu'un de haineux. Simplement j'aime bien le mot moi aussi.
Et puis quand je pars sur une idée, par exemple la haine du coiffeur ou de l'académicien, je pousse à bout. C'est une caricature un peu avec mes faibles moyens comme les caricatures de Morchine mais au lieu que ce soit avec des traits, c'est avec des mots. Voilà.
Et pourquoi les crottes de chien ? Parce que pas grave de march parce que merde [rires] enf un peu les éviter quand même. Et Rolieu Iglésias.
Ah bah alors lui non R Eglésias c'est quelqu'un pour Non là vous m'avez bien compris. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup. Ah bon ?
C'est dommage qu'il chante c'est tout. La seule chose qu'on puisse [rires] humainement. Ce que je retiens quand même, c'est que il dit à un moment qu'il n'a pas de haine.
Ça c'est c'est très très important parce que souvent on pense que les humoristes, surtout ceux qui ont la dendure, ils ont ils sont haineux. Mais non, pas du tout. Des proches des proches n'est pas haineux. tout simplement il il s'amuse, il a il est il a de l'ironie, il a du mordant, il a de euh et puis il s'amuse, il il s'amuse et tout ce qu'ils disent sur l'Académie française qui est complètement délirant est assez est assez drôle.
Certains disaient il ne respectaient rien. Oui, bien sûr qu'il ne respectait rien. Il riait avec cette cet esprit parisien qu'on dira ou esprit français comme vous voudrez qui n'avait rien d'académique, ça c'est le moins qu'on puisse dire mais qui a cet esprit a fait sa renommée et aujourd'hui encore beaucoup de d'écrivains de de son époque plus plus célébré que lui sont oubliés mais lui des proches et bien il continue on continue de le lire et c'est très bien ainsi. [musique] cour là-dedans.
Vous pouvez pas savoir comme ça nous a fait plaisir. Ça, ce sont vos lettres. Merci, merci beaucoup.
Merci infiniment. Merci à vous qui nous avez écrit de partout, de toutes les maisons d'arrêt, de tous les centres pénitenters. Merci à vous tous.
Évidemment, on lit toutes vos lettres. Évidemment, on va vous répondre. Mais franchement, je peux vous le dire, ils font les malins parce que derrière il vous filme mais franchement qu'est-ce que ça nous a fait plaisir.
Qu'est-ce que ça nous a fait plaisir. Ça nous a incroyablement ému. Alors, je vais vous lire un extrait de la lettre d'Amine et je remercie vraiment du fond du cœur tous les autres dont j'ai les prénoms.
Je remercie Nordine, je remercie Renault, je remercie Jean-Ive, je remercie Mustapha. Euh je vous remercie Dumbia également. Et donc Amine, vous nous écrivez "J'ai eu mes 20 ans ici en détention le 7 mars.
Je suis incarcérée pour trafic de stupe et port d'armes à feu. Je ne vous écris pas pour me lamenter mais que pour que certains réalisent que prison n'est pas synonyme d'un culte ou de rejeter de la société. La prison, c'est très très dur.
C'est comme si tu étais mort, sauf que là, tu vois qui vient poser des fleurs sur ta tombe. Personne ne pense à moi, à part ma mère et ma petite amie. Les gens sur qui j'avais cru pouvoir compter m'ont abandonné.
Chaque jour, je me lève avec la boule au ventre. La pression qui est sur moi est incroyable. Je n'ai tué personne.
Je suis un gamin. 20 ans, c'est jeune. Je n'ai rien à faire ici à part perdre mon temps.
Alors pour faire passer le temps, je lis la prison. Certains la voient comme une fierté, pas moi. Tout le monde parle de toi à l'extérieur.
Ta mère pleure, tu perds ton temps. Les jours se ressemblent tous. C'est presque une déshumilisation.
Moi, je ne suis pas bien ici. Je serai mieux chez moi qu'entre ces quatre murs. Il pense que la prison est la solution miracle alors que la réalité c'est que ça te rend pire.
Merci de nous écrire. Vous pouvez continuer de le faire à LCP 107 rue l'université 106 rue l'université 75007 Paris. Si vous avez des messages à envoyer à aux personnes qui sont détenues, vous pouvez le faire sur déconfinement euh lire pour sortir.org ou alors sur Twitter hd déconfiner.
Merci infiniment. Ça nous a touché droit au cœur et du coup vous avez un message personnel qui vous vient de Yannick Noir. Bonjour à tous, c'est Yannick pour ceux qui ne m'ont pas reconnu.
Euh c'est voilà, je voulais euh juste vous faire ce petit message. Je pense c'est une très belle initiative. Je pense souvent à vous.
Je pense souvent à ces moments que j'ai pu passer avec certains d'entre vous euh lors de rencontrre, lors de concert, d'échange qui était vraiment très très fort. Euh j'ai toujours été très sensible à ce qui se passait dans [soupir] le monde carcéral. Euh et voilà, je voulais porter un petit peu mon porter amener ma pierre à l'édifice, venir à la rencontre des détenus et des hommes et des femmes.
Et en fait, la première chose qui m'avait vraiment touché, c'était que en fait ben je rencontre pas des détenus, je rencontre des frères et des sœurs, quoi. et et que [raclement de gorge] aussi je me dis il y a tellement des moments on peut être au mauvais endroit, au mauvais moment, faire le mauvais choix et que voilà la société nous fait payer mais à la fin on reste des êtres humains quoi. On fait tous des erreurs.
Et donc ouais, la démarche pour moi c'était de venir mettre un petit peu essayer à mon petit niveau de d'amener un petit peu d'humanité, rencontrer des frères et les sœurs, voilà. Discuter, rigoler, euh chanter. même danser.
Voilà, j'ai passé des moments très forts. Donc dans ce moment de confinement où nous on est confiné à la maison, je sais que pour vous la plupart ça doit être tellement difficile. Donc même un petit message, voilà, c'est c'est juste une petite respiration.
Euh sachez qu'il y a des gens dehors, beaucoup de gens dehors qui pensent à vous et euh et euh les les les souvenirs que j'ai sont très très forts. Voilà. Et j'ai eu l'occasion parfois de rencontrer certains d'entre vous à la sortie.
C'était des moments donc que j'oublierai jamais. Des gens de certaines des familles qui m'ont aussi donné des témoignages très très émus. C'est très fort.
Voilà parce que on est voilà, on fait partie d'une belle famille aujourd'hui plus que jamais. Donc je vous souhaite vraiment beaucoup de courage à vous. Voilà, je [raclement de gorge] pense à vous.
Il y a plein de gens qui pensent à vous. Je me fais leur porte-parole. [grognement] Ils ont pas la possibilité de vous parler comme ça en direct comme je vous le fais.
Donc je je parle aussi en leur nom. Euh, soyez fort et courage, c'est dur, ça doit être dur mentalement. Donc voilà, je vous embrasse à tous.
Peace. Ciao les gars. Ciao mesdames, messieurs.
Salut. Vous savez ce que c'est un SPIP ? Un quoi ?
Un SPIP ? Pas du tout. C'est quoi ?
C'est un personnel pénitentiaire. Voilà voilà c'est ça. Bon, je pensais que c'était une abréviation d'OS 117 mais pas du tout.
Vous qui êtes dans les murs, vous savez ce que c'est qu'un spip bien entendu et nous allons tout de suite en retrouver un. Salut. Salut.
Au revoir. Bonjour Vincent Bois. Bonjour.
Bonjour. Je viens de dire que un SPIP c'était une abréviation de SS 117 drôle. Non ou c'est c'est pas tout à fait ça non ?
Alors le SPIP donc service pénitentiaire d'insertion et de probation c'est le si vous voulez la schématiquement c'est la deuxième entité qui compose l'administration pénitentiaire. Alors, vous êtes directeur du SPIP des Landes. Euh, est-ce que je peux dire que je peux le résumer comme ça, vous êtes le trait d'union entre ce qu'il y a dedans et dehors.
C'est ça. C'est exactement ça. C'est vraiment le lien dedans, dehors, le spit.
À la fois, on est dans les établissements pénitentiaires et à la fois on prend les mesures en milieu ouvert et très souvent des personnes qui ont été incarcérées lorsqu'elles sortent ont aussi une continuité de suivi en milieu ouvert. Donc c'est exactement ça. C'est-à-dire que tout au long du suivi, que ce soit en milieu fermé ou en milieu ouvert, il y a une évaluation continue de la personne heale, criminologique et on a des échanges réguliers avec les magistrats pour les aider à prendre leur décision.
C'est vous Vincent qui géraz les sorties et donc en ce moment vous avez beaucoup de boulot. on est débordé mais on arrive à faire face effectivement hein puisque de nouvelles dispositions ont été ont été prises hein pour favoriser des libérations anticipées dans le cadre de la crise sanitaire actuelle. Donc effectivement on est sur le front pour essayer de gérer au mieux ces sorties car si on favorise les sorties pour faire baisser la population carcérale, on ne le fait pas n'importe comment.
L'idée c'est quand même que la personne qui sorte sorte avec un hébergement, sorte avec un suivi et que toutes les dispositions ai été prises en amont pour que cette sortie soit une réussite, même dans un cadre accéléré comme actuellement. Et quand vous dites ça, ça veut dire que c'est vous qui êtes en charge de trouver le logement et le travail ? Alors très concrètement, actuellement un travail vu la situation c'est une mission excessivement complexe.
On se concentre sur l'hébergement. Les textes indiquent clairement que la priorité c'est un hébergement pour que les sorties euh puissent se réaliser dans des conditions à peu près acceptables. Donc voilà, on met tous les efforts sur la recherche d'hébergement actuellement.
Mais est-ce que vous vous recrutez par exemple Vincent Olibibou en ce moment ? Alors, il y a un plan un plan national hein qui a été qui a été lancé par la direction d'administration pénitentiaire de recrutement. On prévoit de recruter 1500 personnels supplémentaires dans les prochaines années.
Est-ce que vous avez vu en prison des gens qui n'y avait pas leur place ? Alors, c'est compliqué de répondre à cette question. Ce dont on est sûr, c'est que parfois euh des courtes peines d'emprisonnement euh peuvent finalement être un facteur de récidif.
Voilà, ça c'est euh c'est c'est il y a une forme de consensus là-dessus. C'est pour ça qu'aujourd'hui on essaie euh de participer avec les juridictions au développement des aménagements de peine dès le jugement, justement pour éviter certaines incarcérations de courte durée qui euh peuvent engendrer des problématiques considérables. Il faut quelle qualité pour faire ce métier de SPIP ?
Très simplement, il faut des qualités humaines parce que c'est euh on travaille avec de l'humain tous les jours, on est confronté à des problématiques euh très complexes. Voilà, on peut on voit des situations euh qui peuvent euh nous toucher personnellement. Donc il faut vraiment euh aimer le travail humain.
Voilà, ça c'est la qualité principale. Après, il faut des connaissances juridiques, des connaissances en lien avec le travail social parce que on est un petit peu au carrefour de différentes matières, mais la la qualité principale, c'est aimer travailler avec humain. Et quand est-ce que vous vous dites "Bon bah là on a réussi, c'est bon." Très concrètement quand pendant un certain temps on n pas revu une personne qu'on pouvait bien connaître.
Merci beaucoup Vincent Olibois. Merci infiniment. Merci à vous.
Adicat bonne journée. Au revoir. A chat c'est au revoir en patascon.
Je suis de là-bas je suis qu'est-ce que tu veux ? Les gestes barrières. Les gestes barrières. [musique] Le mot de la fin, mes amis, nous allons le donner à un homme extraordinaire qui a connu la prison, l'évasion, la cavale et la rédemption.
Donc forcément notre dame. Bonjour David Declo. Bonjour.
Merci d'être avec nous. Comment se passe le confinement pour vous ? Ben franchement, je dois dire que le que je le vis vraiment bien parce que avec tout ce que j'ai traversé dans ma vie, j'ai quand même fait 10 ans de prison euh en tout 5 ans de caval et donc là euh ce que je dis toujours c'est que le plus important c'est de pas attraper le virus.
Je le prends super bien et surtout que j'ai je reprends mes habitudes en mieux parce que je suis pas en prison mais comme quand j'étais en prison, je fais en sorte que ce temps soit utile. Il faut raconter que c'est fou ce que vous avez fait pendant votre caval. Vous avez trouvé un appart, vous avez évidemment avec une nouvelle identité trouvé un boulot et vous êtes monté sur scène pendant la cavale.
Est-ce que le système vous a aidé à sortir de la délinquence ? Ça vient de nous en priorité et cette force et bien ensuite va faire qu'on va faire des belles rencontres. Bien sûr, on va faire des rencontres des fois des portes qui se ferment, faut pas faut pas s'y arrêter.
Mais si on on garde cette volonté, cette rage de de d'avoir envie de s'en sortir, on va rencontrer des belles des belles personnes. Et là, donc on peut pas dire qu'on qu'on peut y arriver tout seul. C'est c'est le fait de ces rencontres qui vont faire que on va s'en sortir.
Quand vous allez arrêter de cavaler, il y a une juge qui a été fantastique avec vous. Ouais, franchement, c'est cette juge a été super. Elle a été elle a déjà ils ont fait les recherches pour voir que pour se rendre compte que je mentais pas, que tout était vrai, que j'avais travaillé au Samu de Paris, que que je je montais sur scène pendant ma cavale, que je montais des spectacles, que que je jouais mon spectacle.
Quand elle a vu que tout était vrai, elle a elle a dit "Mais mais elle en revenait pas." Elle a dit "Mais vous avez rien à faire en prison et je vais vous donner votre chance." moi qui étais classé complètement irrécupérable, j'étais multi m multiécidiviste, j'en étais à 10 ans de prison et elle m'a donné cette chance, elle m'a laissé sortir avec le bracelet électronique et donc il doit pas la rater cette chance.
David, on voit bien que vous êtes quelqu'un qui a un fort caractère. Est-ce que en prison vous étiez le même ? Vous étiez comme ça positif et puissant ?
J'ai toujours été comme ça sans sans voir c'est c'est ma nature. Euh j'ai eu des moments très difficiles en prison mais ces moments, ils sont indescriptible. C'est on on est pris, on a [raclement de gorge] le cœur, c'est le ventre, c'est c'est une douleur indescriptible.
Et ces moments-là et bien mon aurait pu me mettre un genou à terre ou me faire j'en ai connu qui se sont suicidés dans des moments comme ça. Je je repense à eux. Et donc moi je je prenais toute cette force en positif.
J'ai essayé de de de d'amener cette force à à ma femme au parloir, lui montrer que que comprendre le temps. La base en prison, c'est comprendre le temps. Se dire rappeler 5 ans en arrière c'était hier, 5 ans devant, ce sera demain.
Se le dire tout le temps, comprendre le temps et faire en sorte que ce temps soit utile. Écrire, moi j'écrivais, je je posais les bases pour mon futur, ce que je voulais faire. Je et j'avais cette force et puis surtout cette joie communicative que j'essayais de communiquer à tous ceux que je voyais, ils avaient pas le moral.
Je je racontais mes histoire avec humour et dérision. Je faisais rire la promenade, je redonnais le moral à tout le monde et voir le tout le monde avoir le moral, ça me redonnait mon moral à moi aussi. On on se galvanisait tous quoi.
On se on J'étais comme un meneur quoi qui portait tout ça. Est-ce qu'il y a un livre ou un disque qui vous a aidé à tenir ? Il y a eu deux livres.
J'ai dû les lire plusieurs fois tellement à chaque fois que j'avais une baisse de morale, c'était par exemple papillon d'Henry Carrière et au au nom de tous les mien de Martin Gray. Quand je lisais leurs histoires, je pouvais pas me plaindre. Papillon, c'est l'invasion du band mais il y a pas que son évasion, c'est les années de cachot qu'il a pas et c'était c'était autre chose que nos cachot à nous.
C'était vraiment la la réclusion quoi. C'était des années dans le noir et tout. Il il en a bavé et Martin Gray pareil l'holocaust les enfin voilà c'est au nom de tous les miens c'estes ces livres c'est voilà qui m'ont qui tu les lis tu relèves la la tête de ces livres tu dis tu peux pas te plaindre et tu tu fonces quoi.
Tuas tu te bats quoi. Tu dis waouh c'est faut y aller quoi. La semaine dernière, je donnais la parole à Loï Lef prent qui me disait avoir coupé tous les contacts avec les personnes détenues ou les personnels pénitentiaires parce que c'était trop douloureux.
Et vous ? Je sens que j'ai trop trop de messages à communiquer, trop trop de choses à leur dire pour essayer de leur faire comprendre ce que moi j'ai mis 20 ans à comprendre. Essayer de leur faire gagner du temps en comprenant qu'il faut le mettre leur culot, leurs talents, leur intelligence dans la dans l'honnêteté qui déchireront tout.
Donc j'ai plein de messages à leur donner et je dois retourner dans ces prisons, dans même même dans les écoles, les collèges, on va on va partout mais au moins déjà on va dans les prison et ce qui se passe c'est tout simplement magique quoi parce qu'on a vraiment les mots, on a vraiment le la façon de leur parler, le le spectacle les fait rire suivi du débat et surtout chose très importante, on amène des victimes avec nous, des victimes de cambriolage, d'agression parce que je suis persuadé que on on changera les choses que si on amène ces deux combats en même temps, sinon on va diviser et si on laisse les victimes sur le côté, on divisera. Et donc quand on amène les victimes avec nous, les les détenus se rendent compte ce que c'est qu'être une victime et les victimes se rendent compte ce que c'est qu'être détenu et et la vie qu'ils ont eu dans le passé, l'échange qu'il y a entre eux, c'est tout simplement magique. Un petit message pour ceux qui sont dedans aujourd'hui.
Ben, je leur souhaite vraiment vraiment plein de courage parce que je sais que les parloirs sont coupés, les conditions de détention sont très dures, mais tenez le coup mais surtout posez les bases pour pour le futur parce que ça va passer. La liberté vous l'avez pas pour l'instant mais elle va venir. Elle va venir et grande force à à vous.
Lisez, étudiez, préparez votre sorte. Merci beaucoup David Declos. Merci beaucoup.
Merci à vous. Merci à vous d'avoir pensé à moi. Bonne fin de confinement.
Merci. Salut. Voilà, c'est donc sur le pont et devant Notre Dame que nous allons nous quitter aujourd'hui.
On se retrouve bien entendu vendredi prochain à 19h30 sur LCP pour déconfiner. D'ici là, il y a bien entendu toutes les redifs pour vous qui êtes détenu à la télévision. Il y a aussi pour vous qui êtes dehors, qui avez internet la chaîne YouTube del CP.
On se retrouve de toute façon la semaine prochaine. Merci d'avoir été avec nous. N'hésitez pas à nous écrire merci de l'avoir fait.
Ça nous a infiniment touché. Merci de nous avoir envoyé vos lettres. On se retrouve vendredi à 19h30 [musique] qu'on soit dedans ou dehors.
Olivia Grégoire