"Laissez l’apaisement accompagner le dernier souffle" | Sandrine Rousseau sur la Loi de fin de vie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la canicule que nous vivons est politique et que le gouvernement comme cette assemblée devrait s'en saisir urgemment compte tenu de l'enjeu sanitaire qui est derrière »
- 0:45Invité politiqueFait
« Les conditions à remplir sont toutes cumulatives, toutes vérifiées par un médecin. Il est faux de dire que cette loi ouvre grand la porte à pouvoir mourir pour des personnes vulnérables. »
- 1:28Invité politiqueFait
« Je rappelle que nous avons renoncé aux directives anticipées, nous empêchant de répondre aux demandes pourtant formulées par quelqu'un comme Vincent Lambert »
- 2:12Invité politiqueFait
« Il ne reste au fil des lectures que les purs de ce texte sont squelettes. Il n'y a plus rien à en retirer ou alors ce texte deviendrait insuffisamment opérant »
- 2:57Invité politiqueFait
« nous ne voulons pas de préférence nationale dans les derniers jours de la vie. Nous ne voulons pas que nous regardions la nationalité, les justificatives de domicile ou d'employeurs, les papiers ou les récepserés à ce moment-là. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Le soignant présent n'aura pas fait valoir sa clause de conscience. Donc il n'y aurait sans doute aucun refus individuel d'exercer ce geste. »
- 4:26Invité politiqueFait
« N'ont-ils pas assez souffert ces patients ? N'ont-ils pas dit et répété qu'il et elle souhaitait mourir ? »
Temps de parole
- Sandrine Rousseau100 %
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Madame la ministre, monsieur le président de la commission des affaires sociales, monsieur le rapporteur, mes dames et messieurs les rapporteurs, chers collègues, avant toute chose et je fais une incise, puisqu'une membre du gouvernement est là, je voudrais rappeler que la que la canicule que nous vivons est politique et que le gouvernement comme cette assemblée devrait s'en saisir urgemment compte tenu de l'enjeu sanitaire qui est derrière, mais aussi de l'enjeu euh de notre avenir. Alors, j'entends voici donc la 6e lecture depuis 2022. J'entends que cette loi est dangereuse et qu'elle mettrait en danger les plus vulnérables, qu'elle ne serait pas compatible avec le système de soins actuel.
Il suffirait de d'appuyer sur un bouton pour mourir selon certains de ces détracteurs. Je dois le dire avec force, cela n'est pas vrai. Les conditions à remplir sont toutes cumulatives, toutes vérifiées par un médecin. Il est faux de dire que cette loi ouvre grand la porte à pouvoir mourir pour des personnes vulnérables. Cette loi ne s'adresse qu'aux personnes qui vont mourir et qui souhaitent abréger ces souffrances. Exactement de la même manière que des personnes décident d'arrêter des traitements parce que la maladie est trop avancée.
Exactement comme des personnes qui ont désormais le droit de demander la sédation profonde et continue, elles pourront désormais aussi demander l'aide à mourir. J'entends ici ou là que nous n'aurions jamais été à l'écoute des personnes qui s'y sont opposées, qu'aucun de leurs amendements n'aurait été intégrés. Je rappelle que nous avons renoncé aux directives anticipées, nous empêchant de répondre aux demandes pourtant formulées par quelqu'un comme Vincent Lambert dont le cas dramatique a permis de faire avancer dans l'opinion publique la nécessité d'une loi sur la fin de vie. Je rappelle que nous avons renoncé à l'accès à ce droit pour des mineurs.
Pourtant, nous souffrons de la même manière à 17 ans et à 18 ans. Je rappelle que nous avons refusé l'accès à l'aide à mourir aux personnes atteintes d'une maladie limitant les capacités cognitives et par conséquent non à même d'exprimer un consentement libre et éclairé. Pourtant, nous le savons, les maladies de Parkinson ou de Charco peuvent atteindre ses facultés cognitives et ainsi laisser des personnes en souffrance. Il ne reste au fil des lectures que les purs de ce texte sont squelettes. Il n'y a plus rien à en retirer ou alors ce texte deviendrait insuffisamment opérant pour donner véritablement accès à un nouveau droit.
Il y a deux sujets sur lesquels nous sommes sans doute allés trop loin, y compris en regard du compromis que cette assemblée est en capacité de porter. Le premier est le critère de la nationalité. Je le dis avec force, nous ne voulons pas de préférence nationale dans les derniers jours de la vie. Nous ne voulons pas que nous regardions la nationalité, les justificatives de domicile ou d'employeurs, les papiers ou les récepserés à ce moment-là. Cela ne nous honore pas. Cela n'est pas à la hauteur des valeurs défendues par notre pays. Cela n'a rien à voir avec l'égalité en droit que nous devons aux personnes face à la mort. Le second Le second est la libre administration du produit létal.
Choisir entre le faire soi-même ou le faire par un soignant. Nous regrettons vraiment que cette administration soit devenue un point de blocage, un point de tension qui conditionnerait le vote ou non de cette loi. Le soignant présent n'aura pas fait valoir sa clause de conscience. Donc il n'y aurait sans doute aucun refus individuel d'exercer ce geste. Au-delà, c'est d'une mesure d'humanité. Il faut affronter la maladie et son aggravation. affronter les traitements souvent lourds, affronter l'idée de partir, affronter le chagrin de celles et ceux qui nous ont été qui nous ont aider à rendre la vie meilleure.
Et là, vous ajoutez la nécessité d'affronter les antivitifs, le stress, le geste, mais aussi l'immense responsabilité de devoir en plus faire ce geste soi-même. N'ont-ils pas assez souffert ces patients ? N'ont-ils pas dit et répété qu'il et elle souhaitait mourir ? Encore faut-il qu'il fasse seul le geste létal ? Je trouve à titre personnel ça et je vous le dis inhumain. Je vous conjure revoyez cette position là-dessus. Ouvrons la possibilité que cela puisse se faire autrement. Mesurons le poids immense, la peur et l'angoisse qui peuvent chez certaines personnes accompagner ce geste. Je ne comprends pas que cela soit un point bloquant.
J'y vois un lien ambigu avec la culpabilité et la culpabilisation avec le fait d'assumer au sens moral sa décision jusqu'au bout, jusqu'au geste. Mais les malades assument, ils culpabilisent peut-être quoi qu'il en soit, ils seront ils se seront toujours posés des quantités de questions. Aucune de ces décisions ne se fait de guetter de cœur ou sur un coup de tête. Il est temps de soulager ses ultimes minutes pour n'en faire qu'un moment d'humanité et d'amour avec ses proches. Pas un moment de stress ni un moment d'angoisse. Laissez l'apaisement accompagner le dernier souffle. N'en faites pas un point dur.
libérer ces dernières inst ces derniers instants des tensions inutiles, le groupe écologiste et social portera avec conviction ces deux avancé.
Sandrine Rousseau