LE RING #12 - VÉRITÉ ET POLITIQUE - LE DÉBRIEF
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je ne dis pas, il y a des trucs qui ont des effets sur le pouvoir d'achat des modestes. Et ça, je ne l'ai jamais lu. J'ai dit qu'au total, ce qu'il a vraiment fait, c'est donner plus d'argent aux plus riches.
Quel est le point avec lequel votre adversaire vous a peut-être le fait plus réfléchir ou évoluer ?
Non, je ne sais pas, je ne vois pas grand-chose. Je comprends que dans une position proche du gouvernement, tu as tendance à voir les obstacles, que les choses avancent quand même. Mais je suis bof convaincu pour moi, quand tu proclames des objectifs ambitieux et que tu affiches que tu es là, je ne sais pas, pour la planète, pour le peuple, pour rester sur les deux derniers sujets, le pouvoir d'achat et le climat. Pour moi, tu es quand même un peu astreint à agir, j'allais dire à Deliver. Là, je commence à parler trop anglais, ça doit être mon Netflix qui rentre dans ma tête. Et du coup, je comprends la différence de perspective, mais ça ne me fait pas évoluer perso.
Je suis toujours exigeant.
Non, mais ça, c'est bien. Moi, ça m'a fait évoluer sur le fait qu'on a beaucoup fait, mais on n'a pas beaucoup communiqué. Et ce n'est pas communiquer pour se faire promouvoir ou se faire péter les bretelles. C'est communiquer aussi pour voir l'impact et comment c'était ressenti. Et je pense que c'est aussi important de le faire. Pour plein de raisons, on ne l'a pas fait ou pas bien fait. Je pense qu'il faut évoluer dessus, mais là, c'est la majorité, mais plus globalement, les politiques. Parce que ça permet un peu ces grands moments. Je ne sais pas si vous avez fait les grands débats, mais moi, j'en ai fait quelques-uns dans les salles, etc.
Je pense que c'est des grands moments où ça faisait du bien. Il fallait percer le truc, il fallait voir évoluer les choses, etc. Donc ça, tu m'as remis une piqûre de rappel sur ça. Donc ça, c'est top. Et ensuite, sur le deuxième sujet, mais là, tu prêchais le convaincu, sur la distanciation entre le politique et ceux qui sont censés représenter, c'est-à-dire nous, le peuple, parce qu'on s'y inclut aussi dedans. Et ça, oui, ça doit être un gros enjeu du quinquennat qui va venir. Et malheureusement, je continue à déplorer que la qualité des débats aujourd'hui en vue des présidentielles n'est pas à la hauteur. Les préoccupations des Français, ce n'est pas l'immigration.
Le sujet doit être abordé. Oui, le sujet doit être abordé. Mais ce n'est pas la préoccupation majeure des Français quand ils se lèvent le matin.
Pour moi, je ne sais pas, en socio, j'avais appris que le gouvernement, ceux qui sont au pouvoir, ont un pouvoir d'agenda et ont une responsabilité importante sur quelle est la tonalité du débat, de quoi on va parler, est-ce que c'est de ci ou de ça qu'on met au menu. Et j'ai l'impression que, tu vois, les lois sur le séparatisme, les multiples débats sur l'insécurité, la république, les valeurs, et l'islamo-gauchisme, j'ai l'impression que ces lois mises à l'agenda, tu vois, elles participent d'un univers, d'un espace médiatique où des questions prennent le dessus. Et du coup, c'est...
Non, mais il y a deux choses, regarde, il y a deux choses. Tu me parles de ces deux temps qui sont des sujets de sécurité au global. Tu me parles du séparatisme, machin, etc. Mais tu es bien d'accord avec moi ? Oui, on refait un peu le débat, très rapidement. Mais tu es bien d'accord, c'est plus fort que nous, en fait. Mais tu es bien d'accord avec moi qu'il n'y a pas eu que ça, parce que là, tu me parles d'un horizon d'un an, il n'y a pas eu que ça sur les un an. Je t'ai parlé tout à l'heure du SNU, je t'ai parlé du prolongement des dédoublants de l'endement des classes. Mais par contre, c'est vrai, et bien là... Oui, mais attends, attends...
Est-ce que ce n'est pas aussi rassurant que ce ne soit pas le gouvernement qui impose les thématiques médiatiques aussi ?
Non, non, attendez, on va se calmer tout de suite. La thématique en ce moment qui est Zemmour, ce n'est pas le gouvernement qui l'impose. Je te vois ce que je dis.
Ce n'est pas rassurant que ce soit le gouvernement qui mette les sujets médiatiques sur la table aussi ?
Certainement, moi j'étais en train de dire que quand il l'a fait récemment, on ne peut pas vraiment dire qu'il n'est pas jeté d'huile sur le feu.
On ne faisait pas que ça. Typiquement, les parlementaires, les élus, etc. ne travaillaient pas, n'étaient pas monomaniaques sur la sécurité. Oui, ça occupait beaucoup, mais l'espace médiatique, j'apprends rien. Les médias, c'est un pouvoir, on l'appelle, c'est un autre pouvoir qui est complètement indépendant. Et heureusement en France, et qui gère aussi, les médias gèrent leur agenda. Excuse-moi, tu n'as pas Macron, typiquement ici, toi tu l'es, tu es un média, tu es un média. Mais attends, ce que je suis en train de te dire, je veux bien qu'on commence à dire que Macron gère avec ses mains l'ensemble des médias en France, etc. Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
Je vais te donner un exemple. Quand je suis invitée sur une chaîne, parce que je suis invitée sur les chaînes en tant que porte-parole de la majorité présidentielle, pour aller parler des sujets, on ne me dit pas, coucou, tu veux parler de quoi aujourd'hui ? Parce que ça serait bien et tout. On m'impose les sujets. Après, je charge à moi, je charge à moi d'y aller. Oui, mais le gouvernement n'arrive pas dans l'opinion publique, tu vois. Et c'est pour ça que tout à l'heure je disais, ce n'est pas pour vous jeter des fleurs à tous les deux, parce que moi je ne le fais pas et ce n'est pas mon rôle, mais vous le faites et tant mieux.
C'est qu'heureusement qu'aujourd'hui, on a pléthore de moyens de communication et de médias, parce que vous pouvez, et qui intéressent aussi, vous pouvez vous mettre des sujets de fond, comme tu le fais, mais aussi des sujets dont on entend très peu parler dans le débat, que ce soit politique ou non d'ailleurs, des débats sociétaux. Et c'est ça qui est important. Mais venir croire qu'on choisit l'agenda de communication des médias, non, parce que sinon tu sais très bien qu'on ne serait pas en train de se dire que...
C'est clair, mais tu es quand même obligé d'accepter que quand un gouvernement ou un président fait une allocution, une conf de presse ou décide du calendrier parlementaire, ça décide en bonne partie de ce qui va être dit autour. Et du coup, ce pouvoir d'agenda, il est vraiment non nul. Et après, est-ce que les médias sont aux ordres ou complètement indépendants du pouvoir politique ? Il faut aussi regarder qui les détient.
Quel est à l'inverse le point avec lequel vous êtes le plus en désaccord et c'est un peu irréconciliable ?
Pas assumer le président des riches, ça me rend dingue. Je ne comprends pas. Pour moi, c'était complètement twisté tes arguments sur les 4 milliards en moins. Pour moi, il faut assumer. Le gars, il a choisi d'enrichir les plus riches. Il n'était pas obligé. Sana, le ruissellement n'a pas marché. C'est complètement un cadeau pour des amis. Et pour moi, c'est une faute originelle. Ça me fait vraiment mal au cœur pour le pays. Je ne comprends pas pourquoi on fait ça. Quand tu vois l'écho des travaux de Piketty auprès de Biden... Piketty.
Quand tu vois l'importance que ça a dans le débat public d'être plus juste dans la fiscalité, commencer ton quinquennat par un cadeau à des gens qui n'en ont pas besoin, pour moi, il faut assumer. Il faut dire « Ouais, ok, on comprend que ce soit mal perçu, ça fait de la division, ok, mais c'était important, c'est une promesse du candidat ». Je ne sais pas, j'aurais bullshité autrement, mais il faut au moins accepter que ce truc est un cadeau à des copains.
On est pas sûr sur la même chose d'une, c'est que je continue à penser qu'il faut de la nuance dans le débat. Tu peux effectivement dire ça, mais venir dire que le fait d'avoir supprimé la taxe d'habitation pour plein de foyers, et notamment plein de foyers modestes, ça n'a pas d'importance, c'est pas vrai. Venir dire que l'ensemble des mesures qui ont été mises sur l'éducation, et notamment pour les quartiers les plus défavorisés, c'est donné aux plus riches, je trouve que ça n'a pas de sens. Donc c'est pour ça... Oui, mais tu ne vois... C'est donné aux plus riches ? Regarde, regarde, regarde.
Le bilan de pouvoir d'achat général, c'est donné aux plus riches. Attends, je finis, je finis. Prisca, c'est que tu ne vois qu'un seul côté...
Voilà, c'est ça que je l'ai dit.
Mais tu vois, il y a des gens qui ont mesuré l'effet total. Mais moi, je te parle des Français.
C'est marrant, on a conclu tout à l'heure en disant, Prisca, mais de façon un peu... Voilà, Prisca, elle représente le gouvernement et toi, tu représentes le peuple. Très bien, bon, très bien. Mais moi, je te parle pour le coup des gens du quotidien, des gens que je rencontre, etc. Et je peux te dire que leur truc, ce n'est pas de me dire... Non, mais vous avez fait pour je ne sais pas qui, je n'ai même pas de nom à te donner, vous avez fait pour machin et tout. C'est de me dire, oui, en fait, moi, j'ai vu ma taxe d'habitation baissée. Moi, je suis contente qu'il y ait des petits-déj gratuits le matin.
Moi, je suis contente qu'il y ait des dispositifs devoirs faits parce que je fais trois boulots différents dans la journée et que je ne peux pas gérer les devoirs des enfants et c'est important pour leur avenir. Moi, je suis contente d'avoir...
Les chauveurs, les vieux, et les jeunes à l'aide alimentaire. Tu regardes la réalité avec ton prisme et je comprends que tu défendes le bilan. C'est normal, mais moi, je n'achète pas que tu n'aies le cadeau. Ça, je ne comprends pas.
Je ne te demande pas d'acheter.
Ça, je ne comprends pas. Tu as le droit de mettre un autre narratif, mais il faut dire oui.
Je ne te demande pas d'acheter. Je ne suis pas en train d'essayer de te convaincre. Ce n'est pas l'objet. Et d'ailleurs, on a bien compris. Je suis en train de te dire d'apporter de la nuance.
Je ne dis pas. Il y a des trucs qui ont des effets sur le pouvoir d'achat des modestes. Et ça, je ne l'ai jamais dit. Je dis qu'au total, ce qu'il a vraiment fait, c'est donner plus d'argent aux plus riches. C'est évident. Là, maintenant, c'est montrer, mesurer. En deux heures, tu n'as jamais eu cette deuxième partie de la phrase. En deux heures, tu n'as jamais eu cette deuxième partie de la phrase. Je t'ai directement dit. L'INSEE a montré qu'il a surtout donné de l'argent aux plus riches qui se sont enrichis, alors que les plus pauvres se sont relativement appauvrés. Tu as dit que c'est au détriment. Mais ça, c'est vrai. On va pas en faire le débat. Ça, c'est vrai.
On va pas en faire le débat.
Dernière question, est-ce que vous avez une citation, que ce soit de vous ou de quelqu'un d'autre, une punchline, que vous aimeriez que les gens gardent en tête dans leur vie, dans leur quotidien ? Est-ce que vous avez un maximum de vie ou un credo qui vous inspire et que vous aimeriez inspirer aux gens ?
Moi, il y a un truc que j'ai longtemps dit, mais je sais pas si c'est vraiment super classe, parce que c'est à la fois partagé par Milton Friedman et Bob Marley et un autre philosophe de je sais plus quand. Tu peux tromper les gens, quelques fois, mais pas tout le monde, éternellement. Tu vois, you can fool some people sometimes, but not all the people all the time. Et ça, moi, je l'ai souvent dit, et trop de gens disent ça. Et je pense qu'il faut qu'on se rende compte que se faire arnaquer et duper, ça ne dure qu'un temps. Et pas une espèce de couperet du réel.
Et une population, le peuple, ne peut pas se faire éternellement endormir, que ce soit par des fausses promesses de candidats élus ou des fausses promesses d'éternels opposants, machin. Ça, je pense que c'est important de se rendre compte que c'est pas éternel, qu'il n'y a pas de fatalité. Qu'il y a bien un moment où ça va bouger.
Ouais, moi, c'était beaucoup plus en dehors de la politique. C'est ne t'endors pas en ayant des regrets. C'est en sorte de jamais t'endormir avec des regrets. Et donc, du coup, je ne dors pas beaucoup. Mais alors, c'est ni Rindman qui l'a dit, ni Bob Marley. Mais c'est mon père qui me le disait. Et moi, c'est alors, on parle souvent des mamans, etc. Moi, une des grandes figures pour moi, c'est mon père. Avec le principe du, oui, il y a des choses qui ne vont pas. Oui, il y a plein de choses qui ne vont pas, machin, etc. Mais fais en sorte de prendre ta part au truc. Merci.
Merci. Merci.
Prisca Thevenot