Le coup de main secret de Macron à Le Pen
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Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur le Média, votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils. Tous les vendredis, il nous offre les indiscrétions du monde politique, les petits secrets des plus grands et avons-le, on aime ça. Alors au sommaire de cette édition, Marine Le Pen peut dire merci à Richard Ferrand pour son jugement en appel. Nils s'enquêtait sur le coup de main du macroniste au Rassemblement National. Et le Rassemblement National qui se l'amente, il ne trouve pas de banque pour financer sa campagne de 2027. En revanche, ça roule pour LFI. On vous explique tout ça dans quelques minutes. Allez, c'est parti pour les Indiscrets.
Bonjour Nils. Salut Amira, salut à toutes et à tous. Alors on me dit que Marine Le Pen est à la fête cette semaine. Ah oui, là c'est la grosse teuf pour Marine Le Pen depuis mardi, plus exactement. Regardez ça.
Et donc vous êtes, ce soir, vous dites que vous êtes candidate à l'élection présidentielle.
Donc ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle.
Et vous ne changerez pas d'avis ? Non, je ne changerai pas d'avis. Nous l'avons très bien vécu et je suis extrêmement heureux que nous puissions rentrer en campagne avec Marine. Parce que des millions de Français attendent aujourd'hui le changement, ils attendent un sursaut. Après dix années d'Emmanuel Macron qui ont fait un mal considérable à notre pays. Et donc je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne. Moi, je suis un directeur de campagne heureux ce matin en tout cas, puisqu'on était un petit peu en retard parce qu'on attendait le nom de notre candidat qui était suspendu à une décision de justice. Aujourd'hui, on a pris de l'avance.
Et on comprend pourquoi Marine Le Pen est heureuse. Elle a été condamnée en appel, mais c'est une bonne nouvelle pour elle et tu vas nous expliquer pourquoi. Et oui, en fait, la justice française est une justice de classe sociale, faut-il le préciser. Alors d'abord, sa peine a été considérablement réduite en appel. C'est une condamnation beaucoup moins sévère, jugée plutôt. Elle passe de quatre ans de prison, dont deux fermes, à trois ans de prison, dont un ferme aménageable avec le port d'un bracelet électronique. La mandale reste la même. 100 000 euros, une broutille pour cette riche héritière. Au passage, à la barre, Marine Le Pen a été obligée de détailler ses revenus.
C'est la loi qui oblige effectivement les prévenus à le faire quand vous êtes en procès. Donc, 11 000 euros de revenus issus de ses mandats, principalement celui de député. Une résidence personnelle coçue, dont elle était propriétaire. Et surtout, une succession en cours de 4 millions d'euros grâce à feu papy Le Pen. Pas mal pour celle qui s'autoproclame candidate du peuple. Pour résumer, Marine Le Pen est blindée. Et d'ailleurs, ça explique aussi son pourvoir en cassation. Comme Nicolas Sarkozy, comme François Fillon, comme d'autres politiciens avant elle. Marine Le Pen a les moyens, tout simplement, de se pourvoir en cassation. Parce que ça coûte beaucoup d'argent.
D'ailleurs, elle a pris un ténor du barreau. L'ancienne avocat de François Fillon, comme conseil. Donc, ce n'est pas forcément l'avocat le moins cher de Paris. Voilà. Donc, le RN, de toute façon, reste une entreprise familiale ultra rentable. Et d'ailleurs, pour son lancement de campagne, Marine Le Pen a organisé en Catimini un premier déplacement dans la Sarthe à la Flèche. Conquis par le RN, d'ailleurs, malheureusement, au dernier municipal. C'est sa sœur, Marie-Caroline, qui est candidate pour les élections sénatoriales. Et c'est Philippe Olivier, son beau-frère et son conseiller spécial, qui a préparé le déplacement.
Et d'ailleurs, la direction de la communication de la campagne présidentielle a été confiée à la fille de Marie-Caroline et de Philippe Olivier. Nolwenn Olivier, qui est d'ailleurs l'ancienne petite amie de Jordan Bardella. Bref, la politique chez Le Pen, c'est avant tout une affaire de famille. Et le RN va présenter une Le Pen comme candidate à la présidentielle, comme c'est le cas depuis 1974. Alors, ce qui nous intéresse dans cette histoire, Nils, tu vas nous le rappeler, c'est la peine d'inéligibilité à laquelle Marine Le Pen est confrontée. À la base, en première instance, il y avait quand même 5 ans d'inéligibilité. Ça fait beaucoup quand même.
Et là, elle passe à 45 mois, dont 30 mois avec sur 6, qui la rend éligible pour la présidentielle de 2027. Il faut en effet compter 15 mois à partir du 31 mars 2025, date du jugement de première instance, soit une peine purgée depuis le 1er juillet. Elle n'est pas belle, la vie ? Oui, elle n'est pas belle, la vie, Nils, mais elle a quand même été condamnée, Marine Le Pen. Oui, oui, oui. Et puis, bon, elle a aussi le droit, effectivement, d'épuiser toutes les voies de recours, comme tous les justiciables. Mais enfin, elle a quand même bénéficié d'un sacré traitement de faveur. Sur la date de son procès en appel, déjà, pour le citoyen lambda, c'est le parcours du combattant.
On rappelle que les tribunaux sont surchargés en France. Il faut prendre son mal en patience. Pas pour Marine Le Pen. Après le verdict en première instance en 2025, la Cour d'appel de Paris avait accéléré le calendrier de façon inédite en annonçant que le procès tomberait avant l'été 2026. J'ai posé la question à un magistrat, effectivement, sur l'audiencement, comme on dit en matière judiciaire, de ce procès. Et voici ce qu'il m'a confié.
Marine Le Pen a bénéficié d'un traitement de faveur en matière d'audiencement. Il s'agissait pour la Cour d'appel de faire un geste afin de répondre aux pressions politiques du RN et de la droite. Ce ne sont pas des menaces directes, mais une forte contrainte exercée sur les magistrats. Les juges qui ont condamné Mme Le Pen en première instance ont été menacés de mort.
Et oui, on le rappelle, la juge Bénédicte de Pertuis, qui présidait le procès de Marine Le Pen en première instance en correctionnel, avait même été placée sous protection policière, comme je l'avais révélé à l'époque avec d'autres médias. Marine Le Pen avait lâché en pâture la magistrate en direct sur TF1 le soir même du verdict. Voilà, ce n'était pas joli, joli. Et on le rappelle, Nils, les coups de pression sur la justice ne sont pas venus uniquement du RN. Oui, absolument. Pour accélérer le calendrier judiciaire, il y a eu aussi une intervention au sommet de l'État. Darmanin en personne, le ministre de la Justice.
Oui, ça m'étonne autant que vous, mais il est ministre de la Justice, était intervenu pour inciter la Cour d'appel à avancer le second procès. Il l'avait fait très publiquement au Garder à l'Assemblée nationale. C'était en avril 2025.
Nous avons à constater dix jours, vous le savez, pour que l'ensemble des personnes qui le voudraient puissent interjeter appel. Cet appel est de droit. Et je veux rappeler ici, comme ministre de la Justice, que tout citoyen, que toute citoyenne, doit pouvoir faire valoir son droit au recours, être jugé par une Cour d'appel.
Voilà, alors pas besoin de faire un dessin aux magistrats, qui sont des êtres humains avant tout. Comment juger sereinement dans ces conditions ? Et l'autre versant de l'affaire est bien évidemment politique, Nils. Et oui, Marine Le Pen, elle a bien été aidée par le Conseil constitutionnel. Alors rappelons-le, la Cour d'appel considère que la candidate du RN a déjà purgé sa peine d'inéligibilité via l'exécution provisoire depuis le 31 mars 2025. Et pour cela, les juges de la Cour d'appel se sont appuyés sur une réserve d'interprétation contenue dans une décision du Conseil constitutionnel en date du 28 mars 2025.
Alors cette décision, elle ordonnait au juge de pondérer l'inéligibilité avec la préservation, je cite, de la liberté de l'électeur. Et c'est bien ce motif qui a été retenu dans l'arrêt de la Cour d'appel. Regardez.
La Cour juge que l'exécution de la peine complémentaire d'inéligibilité a d'ores et déjà réparé l'atteinte à la probité dans une mesure compatible avec les garanties fondamentales reconnues aux citoyens. L'ignoré porterait atteinte au principe de liberté des candidatures, condition essentielle à une expression réellement démocratique du suffrage universel.
Alors autrement dit, la justice reconnaît un droit fondamental du citoyen à voter pour un délinquant ou une délinquante. Alors on se pince quand même. Est-ce à dire qu'il suffit qu'un candidat politique soit populaire pour bénéficier de la mensuelle étude de la justice ? J'ai posé cette question un brin embarrassant à Ludovic Fria, président de l'USM. C'est l'union syndicale des magistrats qui est majoritaire dans la profession. Écoutez-le.
Ce qui est certain, c'est une notion, ça pour le coup,
qui est empruntée au Conseil constitutionnel. C'est le Conseil constitutionnel qui utilise cette notion-là puisqu'il définit, on va dire que le juge de paix ou le gendarme de tout ça,
avec le Conseil constitutionnel, notamment pour statuer sur la validité des candidatures. Le Conseil constitutionnel emploie ces termes-là. Et notamment, on a parfois des jurisprudences, ça ne peut pas être pas raccord avec la jurisprudence de la Cour de cassation. On sait par exemple qu'il est inéligible, différent selon que vous ayez un mandat local ou un mandat national. On voit bien aussi dans ce dossier-là qu'il y a une espèce, on va dire, de dialogue de juge entre les différentes juridictions que sont le juge judiciaire, le juge administratif, c'est le Conseil d'État,
ou le juge constitutionnel, le Conseil constitutionnel. Devinez qui est à l'origine de cette décision au Conseil constitutionnel ? Richard Ferrand et ses petits camarades macronistes, dis donc. Et d'ailleurs, tu avais déjà enquêté sur la relation entre les deux à l'époque, Nils. Oui, absolument. Alors, il faut quand même souligner que, effectivement, cette décision sur l'inéligibilité, c'est l'une des premières décisions prises par le Conseil constitutionnel après la nomination très controversée de Richard Ferrand comme président de l'institution. Et d'ailleurs, il a été confirmé par le Parlement grâce à la clémence du RN, mais on va y revenir.
J'avais enquêté sur les relations entre Marine Le Pen et Richard Ferrand parce qu'il y avait eu une levée de boucliers peu communes face à cette nomination. Alors, même pour un président comme Emmanuel Macron, très impopulaire, et l'une de mes sources bien placées au sein de l'appareil d'État m'avait expliqué que Marine Le Pen et Richard Ferrand avaient discuté entre eux de cette nomination. Voilà, effectivement, ce que me confiait cette source, c'était l'année dernière.
Marine Le Pen et Richard Ferrand ont tous les deux vécu des démêlées judiciaires. Richard Ferrand sait à quel point c'est terrible pour les politiques d'être confrontés à la justice. C'est un fait qui a probablement joué en sa faveur pour sa nomination comme président du Conseil constitutionnel.
Marine Le Pen, qui d'ordinaire ne mâchait pas ses mots contre le Conseil constitutionnel, comme la droite, elle voudrait le supprimer, l'amoindrir, l'affaiblir, eh bien, elle a retenu ses coups face à la nomination de Richard Ferrand. Mieux, ses troupes se sont gentiment abstenues lors de sa nomination au Parlement, et Ferrand a obtenu son poste à une voix près. C'est assez inédit pour une nomination de cette catégorie. Et d'ailleurs, on parlait d'histoire de famille au Rennes, mais il n'y a pas qu'au Rennes au Conseil constitutionnel aussi. C'est un peu une histoire de copains là-dedans. Ah bah oui, tout à fait, puisque les macronistes siègent quand même en nombre.
Richard Ferrand a rejoint plusieurs copains, notamment Véronique Malbec, dont la photo s'affiche à l'écran. Alors, c'est l'ancienne procureure générale près la Cour d'appel de Rennes. Et c'est le parquet qui a classé sans suite pour prescription en 2017 l'enquête pour prise illégale d'intérêt dans l'affaire des mutuelles de Bretagne, donc effectivement qui a embarrassé Richard Ferrand. Elle a ensuite été nommée directrice de cabinet d'Éric Dupond-Moretti à la chancellerie, avant d'être nommée au Conseil constitutionnel en 2022, sur proposition d'un certain Richard Ferrand, qui était président de l'Assemblée nationale. Voilà, la boucle est bouclée.
Il a aussi retrouvé Richard Ferrand, l'ancienne sénatrice et ministre Jacqueline Gouraud, nommée par Emmanuel Macron la même année. Voilà, toujours à l'écran, vous voyez sa tête. Alors, ce n'est pas une juriste, elle est titulaire d'une licence d'histoire-géo, contrairement aux usages de l'institution, mais c'est une vraie politicienne à l'ancienne, comme l'ancien sénateur Jacques Mézard, lui aussi nommé par Emmanuel Macron. Voilà, donc on peut dire effectivement que c'est la République des copains. Bon, Nice, revenons-en à nos moutons. Le Conseil constitutionnel s'est donc prononcé sur l'exécution provisoire de l'inégibilité de Marine Le Pen.
Et oui, alors que Richard Ferrand était redevable à Marine Le Pen. Alors, je ne suis pas le seul, évidemment, à avoir relevé cette curieuse coïncidence. Il y a des élus, à gauche comme à droite d'ailleurs, de tous les courants politiques, excepté le RN évidemment, et les macronistes, qui avaient posé quand même cette question, et notamment le sénateur communiste Yann Brossat l'an dernier. Écoutez-le, c'était au Sénat.
Quel est donc le deal caché, l'accord de couloir, le marchandage d'arrière-cuisine qui s'est noué pour aboutir à cette abstention de l'extrême droite ? Et la question se pose avec d'autant plus d'acuité qu'une des premières audiences que Richard Ferrand pourrait présider porte sur une question prioritaire de constitutionnalité relative à l'exécution provisoire d'une peine d'inéligibilité d'un élu. Et il se trouve, comme par hasard, que c'est l'un des enjeux du procès pénal de Mme Le Pen.
Voilà, alors on peut difficilement accuser Yann Brossat de complotisme, tout comme Mathilde Panot qui avait protesté pour la gauche, et feu Olivier Marlex à droite. Effectivement, bon, il s'est donné la mort par la suite. Mais en tout cas, aujourd'hui, Marine Le Pen clame qu'elle a récupéré sa présomption d'innocence, alors même qu'elle a été jugée coupable sur le fond. Et elle se paye même le luxe de prendre un congé médiatique. On ne verra pas la députée à un événement public avant la semaine prochaine. Là, elle a vraiment vidé son agenda. Et donc, pour résumer, Marine Le Pen se dit innocente, alors qu'elle a été jugée deux fois coupable.
Elle bénéficie d'un traitement de faveur sur mesure judiciaire qui la place bien au-delà du peuple français qu'elle entend représenter. Qu'est-ce que ça dit de l'état de notre démocratie aujourd'hui ? Eh bien, Nils, comme notre justice, qu'elle est à deux vitesses. Allez, on va passer à notre deuxième sujet. C'est le financement de la campagne de LFI qui avance plutôt bien, contrairement justement au RN de Marine Le Pen. Et oui, moi, ça m'a fait sourire parce que les adversaires de Jean-Luc Mélenchon comparent souvent LFI au RN. Mais les Insoumis ont une différence majeure avec le parti de Marine Le Pen, la confiance de leurs banquiers.
On a appris cette semaine, via une indiscrétion du magazine Challenge, que Mélenchon allait pouvoir emprunter auprès du Crédit Coopératif, le groupe BPCE, composé des banques populaires qui portent bien leur nom, des caisses d'épargne et de BPCE. Donc, c'est le troisième groupe bancaire français quand même. Alors, c'est capital pour les candidats de pouvoir se faire financer. L'argent, c'est le nerf de la guerre. On en a souvent parlé dans cette émission. Les campagnes, c'est quand même ruineux à mener, surtout les présidentielles, au sens figuré comme au sens propre.
Souvenez-vous de la détresse de Valérie Pécresse quand elle a dû lancer une campagne de dons après sa campagne ratée en 2022 à la présidentielle.
J'ai besoin de votre aide, d'urgence. Nous n'avons pas atteint les 5% qui nous permettraient d'obtenir les 7 millions de remboursements de l'État que nous espontions. Ces 7 millions de remboursements mentent pour boucler le budget de la campagne. C'est pour cela que je lance ce matin un appel national aux dons, à tous ceux qui m'ont apporté leur souffrage, mais aussi à tous ceux qui ont préféré hier le vote utile et enfin à tous les Français qui sont attachés au pluralisme politique et à la liberté d'expression. J'ai besoin de votre aide, d'urgence. D'ici le 15 mai, vous pouvez donner en ligne sur le site valériepécresse.fr.
Il en va de la survie des Républicains et au-delà de la survie de la droite républicaine.
On se rappelle bien de ce petit moment un peu malaisant. D'ailleurs, on s'était bien moqué. Oui, effectivement. Alors, on se moque, on se moque. Mais mine de rien, sa stratégie a été payante car elle a réussi à rembourser ses dettes. Et donc, Jean-Luc Mélenchon va pouvoir se financer. L'un de ses proches m'a confirmé cette information.
Le Crédit Coopératif travaille depuis longtemps avec Jean-Luc Mélenchon, déjà sous le parti de gauche. On est connu avec les agences pour des besoins de finances et donc on a des relations de confiance.
Alors, l'autre enjeu, c'est le score électoral de 5% pour obtenir le remboursement des sommes par l'État. Alors, le Crédit Coopératif finance la vie démocratique en général. Le PS a fait appel à cet établissement pour les législatives en 2022, de même que la droite a plusieurs reprises. Bon, alors, il y a au moins ce point sur lequel le RN et LFI diffèrent. C'est le prêt bancaire. Du côté de l'extrême droite, c'est toujours la grande galère pour emprunter. Et d'ailleurs, ça donne lieu, tout ça, à des scènes très touchantes, Nils, n'est-ce pas ? Oui, ils ont tous la bouche en cœur. Regardez et implorez les banquiers.
Il y a la possibilité soit d'avoir un prêt bancaire quand on finit dans une campagne. Aucune banque ne veut nous prêter. Et ça pose la question de la Banque de la Démocratie vendue, proposée par Emmanuel Macron.
Que ce soit aussi un prêt auprès des banques qui semblent toujours aussi compliqués à contracter pour le parti Rassemblement National. Il y a un problème démocratique de votre point de vue ? C'est le moins qu'on puisse dire. J'entendais d'ailleurs le président de la Fédération Française des Banques ce matin qui disait que c'est quand même un problème, effectivement, que les banques ne prêtent pas
au Rassemblement National. Et on a eu des refus. On a eu des refus de tous les principaux groupes bancaires français. On a fait les choses méthodiquement. Et méthodiquement, on a eu des refus. Et à partir de là, on finance nos propres campagnes. On fait des apports. Mais c'est comme ça à chaque fois. Donc ça se finance, ces meetings, ce travail sur le terrain, ces tracts. Et pourquoi 4 millions ? Pourquoi l'essentiel ? Parce qu'il n'y a aucune banque. C'est sûr que vous pouvez inviter les autres, le Parti Socialiste, les Républicains, etc. Ils ont des prêts. Nous, aucune banque ne nous prête.
Selon mes informations, le défi financier qui attend l'ERN donne des sueurs froides aux partis. Et oui, en 2022, l'ERN avait pu compter une extrémiste sur un prêt hongrois qui avait sauvé Saint-Campagne. Ce qui explique d'ailleurs le soutien appuyé de Marine Le Pen à son amie Orban. Elle lui rendait visite en mars 2026. C'était avant les élections en Hongrie. Ça n'a pas fonctionné. C'était une catastrophe pour l'ERN. Une bonne nouvelle pour la démocratie. Puisque Orban a été chassé du pouvoir aux dernières élections. Alors l'ERN a bien tenté de se faire financer par une banque italienne. Le pays n'est-il pas contrôlé, après tout, par une néofasciste, Mélanie ?
Eh bien, c'était un échec cuisant, d'après Le Point qui publie un papier cette semaine. Difficulté supplémentaire, les partis doivent obtenir un prêt d'une banque européenne. Et oui, les banques hors UE sont interdites. C'est bien dommage pour l'ERN. Oui, c'est bien dommage. En tout cas, tu vas nous raconter, tu vas nous expliquer pourquoi l'ERN a tant de mal à se faire prêter de l'argent. Oui, mais on se le demande. On me dit donc, mais pourquoi donc ? Eh bien, peut-être à cause du lourd passif du Rassemblement national en matière d'argent et de banque. J'ai posé la question à l'une de mes sources, à l'extrême droite. C'est un cadre UDR, c'est le parti d'Éric Ciotti qui est allié au ERN.
Vous avez déjà vu une banque accepter de faire un prêt à quelqu'un qui est condamné pour détournement de fonds et escroquerie et qui ne rembourse pas ses dettes ? Oui, le ERN a un problème de crédibilité bancaire.
Voilà, il faut le rappeler parce que l'information a été bizarrement oubliée ces derniers temps par les médias mainstream. Mais l'ERN, ex-FN, a déjà été condamné dans l'affaire Jeanne, les fameux kits de campagne. Jeanne, c'était le micro-parti qui finançait les petites affaires électorales de Marine Le Pen et ses petits camarades. Et l'ERN a été condamné en 2016 comme personne morale pour recel d'abus de biens sociaux et des proches de Marine Le Pen comme Frédéric Chatillon, un ancien gudard, pour escroquerie, abus de biens sociaux, etc. Alors, ces peines, elles ont été confirmées en appel en 2023. Donc, le jugement est définitif. Et ça, les banques, elles n'aiment pas du tout.
Et c'est logique, puisque l'ennemi du banquier, c'est quand même le risque financier de ses clients. Et ce petit souci de crédibilité bancaire, il touche même les élus ERN, dont certains se sont plaints d'avoir vu leur compte fermé lors de leur élection à l'Assemblée aux dernières législatives. Voilà, c'est une information de France Inter. Il s'agit de Stéphane Rambeau, le député du Var, ainsi que trois figures médiatiques du parti proches de Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy, Franck Alizio et Thomas Ménager. Voilà, ils affirment avoir reçu un courrier de leur banque peu après leur élection, leur indiquant vouloir fermer leur compte. Et oui, c'est bien tris.
Alors, ils assurent ne pas connaître le motif de cette décision. Peut-être un petit souci de sécurité bancaire, vu le passif sulfureux du parti. Et est-ce que, Nils, en tant qu'était là-dessus, est-ce qu'il n'y a que des élus du ERN qui ont vu leur compte bancaire fermer ? Alors, j'ai activé mes sources, notamment à l'Assemblée nationale, où, effectivement, le ERN est arrivé malheureusement en force aux dernières élections. Bon, c'est quand même devenu le premier parti, effectivement, à l'Assemblée nationale. Eh bien, oui, en réalité, il n'y a pas eu vraiment de remontée de députés de gauche, de droite, voilà, pour...
que ce soit chez les écolos, que ce soit au PS, que ce soit à droite, que ce soit même chez les centristes, par exemple, ou au MoDem, il n'y a pas eu, effectivement, de remontée, de fermeture de comptes. Voilà, donc, effectivement, ça ne touche uniquement que les élus du Rassemblement national à ce jour. Alors, j'ai quand même fait un petit tour auprès de plusieurs élus de gauche. Quand vous êtes élu député ou maire, ou que même vous gérez les finances d'un parti, vous devenez une personnalité politiquement exposée, ce qu'on appelle un PPE, en termes bancaires. Par exemple, le 13h d'un parti m'a expliqué qu'il préférait avertir sa banque avant de faire une dépense importante en liquide.
Il m'explique qu'il faut prendre des précautions, voilà, parce que les entrées et les sorties d'argent sont plus contrôlées que pour une personne lambda. Et puis, ça lié au RN, c'est quand même compliqué pour les établissements bancaires. Il y a quand même un enjeu d'image. Rappelez-vous une polémique avec Boursorama en 2022 avec Marion Maréchal. La nièce de Marine Le Pen avait effectivement été invitée dans une émission économique par Boursorama. Grosse catastrophe médiatique. Et puis, les banques un peu effrayées se sont bien gardées de renouveler l'expérience.
L'autre difficulté pour une banque à la présidentielle, c'est que le candidat auquel ils vont effectivement prêter va obtenir d'une part les 500 signatures et puis d'autre part le seuil des 5%. Alors, pour Marine Le Pen, a priori, les 500 signatures, elle va les obtenir. Au municipal, ils ont quand même fait quelques victoires. Il y a eu, je crois, 120 mairies en tout qui ont été effectivement gagnées. Pour Marine Le Pen, le seuil des 500 signatures va être plus facile à atteindre. Il y a quand même 120 municipalités qui appartiennent aux RN depuis les dernières élections. Le seuil des 5%, a priori, il est atteint aussi.
Et effectivement, ce qui pose problème, effectivement, c'est la réputation du Rassemblement National en matière financière et de crédibilité. De manière générale, même pour les autres partis, y compris à gauche, le seuil de 5% à atteindre aux élections, il est contrôlé par les banques via des sondages. Voilà, donc il faut plusieurs sondages pour obtenir un prêt, plusieurs sondages favorables, évidemment. Ce qui pourrait d'ailleurs expliquer, au passage, ce sondage hallucinant publié par Les Echos la semaine dernière. Voilà, on y apprenait que François Hollande serait devenu le candidat le plus populaire à gauche. Mais c'est pas possible d'entendre des conneries pareilles !
Oui, le plus populaire, même devant Ruffin ou encore Glucksmann et même Mélenchon. Ah oui, interdit de rire ! Bon, alors on prend des pincettes quand même parce qu'en regardant de près, je me suis aperçu que le sondage était basé sur 1000 personnes avec la méthode des quotas et qu'ils font tous, en fait, tous les candidats font 40% avec 3% de marge d'erreur. Bon, peu importe pour Les Echos qui n'a pas vraiment signalé tout ça. Peu importe aussi que François Hollande soit également en deuxième place des opinions négatives de l'électorat de gauche derrière Mélenchon parmi les personnalités classées à gauche.
Le coup de com' de François Hollande, ça fait évidemment partie d'une dynamique électorale mais aussi financière. Voilà, ça permet effectivement de se présenter ensuite à l'établissement bancaire concerné avec un petit peu plus d'appui. Et puis, il y a aussi un enjeu financier derrière ces prêts bancaires. Pour un prêt important comme les 12 millions d'euros recherchés par le RN pour financer donc la campagne des présidentielles, le taux d'intérêt du prêt doit être supérieur au taux d'intérêt légal.
Et du coup, il y a parfois des soupçons qu'un prêteur mal intentionné pourrait essayer de se faire une plus-value sur le dos de l'État puisque les sommes sont remboursées en cas de score au-dessus des 5%. Alors, on va quand même le signaler, Nils, bien évidemment. On fait preuve d'impartialité. LFI également a été soupçonné de financement pas très net. Tu vas tout nous dérouler précisément.
Eh oui, début juin, on a appris que l'information judiciaire sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour 2017 se clôturait sur quatre mises en examen sans concerner l'association L'ère du Peuple en tant que personne morale, l'ancien trésorier de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, le député Bastien Lachaud, la mandataire financière Marie-Pierre Opprandi et Sophia Chikirou que l'on ne présente plus sur le média. Alors, elle était directrice de la communication et elle était à la tête du deuxième prestataire de la campagne. Je crois que c'était Mediascope.
Alors, cette enquête fait suite à un signalement de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques en mars 2018 à l'issue du contrôle des comptes de campagne du candidat Mélenchon et facture à l'appui. Les rapporteurs de cette commission se sont inquiétés de possible surfacturation de la part de prestataires proches de LFI intervenant dans la campagne. Or, toute facturation supérieure au prix du marché est illégale, évidemment, car les prestations sont effectuées dans le cadre des campagnes qui font l'objet d'un remboursement par l'État.
Donc, évidemment, si vous en profitez pour vous en mettre plein les poches au passage et que c'est remboursé par de l'argent public, il y a un problème. Alors, bon, les chèves d'accusation ne sont quand même pas rigolos. Prêt illégal de main-d'œuvre, faux et usage de faux, escroquerie aggravée, tentative d'escroquerie aggravée. Voilà, c'est quand même assez impressionnant. Alors, selon Le Monde, on s'acheminerait possiblement vers un procès. Du côté de LFI, on dément toute tentative de s'enrichir sur le dos de l'État et des contribuables. Toutes les personnes citées dans cette affaire sont d'ailleurs présumées innocentes. Mais en attendant, c'est bien le RN qui galère.
Regardez ce que m'explique un membre de l'état-major de Jean-Luc Mélenchon.
Le paysage médiatique tente de faire croire que LFI est pire que le RN en diabolisant Mélenchon. Aucun candidat ou élu LFI n'a de problème avec sa banque, contrairement à l'extrême-droite. Même si localement, il y a pu y avoir des difficultés avec quelques agences.
Voilà. Et aux dernières nouvelles, la Fédération bancaire française estime que l'État pourrait intervenir et donner une garantie aux établissements prêteurs. Pour une candidature RN qui se disait anti-système, ça ne manque pas de sel. LFI, de son côté, continue son petit bonhomme de chemin vers 2027. Merci beaucoup, Nils, pour toutes ces petites indiscrétions. Et je te dis du coup à vendredi prochain. À bientôt. Et puis prenez soin de vous en cette période de chaleur. Salut, Nils. À très vite. Salut. Vous l'avez compris, c'est la fin de cette émission. Si vous l'avez aimée, si vous aimez toutes les émissions du Média, continuez de nous soutenir. On a toujours autant besoin de vous.
À vendredi prochain. Sous-titrage Société Radio-Canada
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Marine Le Pen